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Béber

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mercredi, 13 février 2019 12:23

IC-01 Hanoi

Unknown Mortal Orchestra est surtout devenu notoire pour son style musical mêlant pop, rock et psychédélisme. Et ses quatre opus, dont le dernier “Sex & Food”, paru en avril 2018, en sont les plus belles illustrations, des albums sur lesquels figurent même quelques titres incontournables. Ruban Nielson, le leader et chanteur du groupe est également un fameux guitariste. Si vous avez déjà eu l’occasion de voir et écouter le band en ‘live’, vous avez certainement dû vous en rendre compte.

Sur cette nouvelle production, U.M.O. a tenté un exercice de style un peu différent, puisque les 28 minutes du long playing sont découpées en 7 pistes strictement instrumentales. Ces ‘jam sessions’ ont été enregistrés à Hanoi, ce qui explique le titre de cet opus. Flanqué de son frère, de son père, qui se consacre au bugle et de Minh Nguyen, un musicien vietnamien, préposé au saxophone et bien sûr de son band, Nielson semble prendre du plaisir à mettre des accents jazzy à son psychédélisme. Et pas seulement, car si les influences sont multiples, elles intègrent également des références asiatiques. Vu l’endroit où l’album a été immortalisé et la présence de Minh Nguyen, ce n’est donc pas étonnant. Si certains passages sont lumineux et d’autres carrément hypnotiques, les plus expérimentaux se révèlent beaucoup moins abordables. Il faut d’ailleurs parfois bien s’accrocher pour ne pas perdre le fil.

Bref, si la parenthèse ouverte par U.M.O. peut s’évérer louable et intéressante, elle ne s’adresse qu’à un public averti ; les aficionados devront donc patienter jusqu’à la sortie du prochain opus...

mercredi, 06 février 2019 10:43

Fallen trees

En un peu plus de dix ans le label anglais Erased Tapes est parvenu à rendre ‘cool’ la musique néo-classique.  Aujourd’hui, des artistes tels que Olafur Arnalds ou Nils Frahm côtoient dans les grands festivals estivaux les formations de hip hop ou rock. Le plus grand mérite de cette écurie est incontestablement d’être parvenue à populariser la musique classique du pianiste Lubomyr Melnyk. Agé de 70 balais, cet Allemand d’origine ukrainienne au look reconnaissable va d’ailleurs fouler, pour la troisième fois en 3 ans, les planches du Botanique, et en particulier, ce 2 mais 2019, dans le cadre des Nuits Botanique.  

On ne peut que féliciter Erased Tapes pour avoir relevé ce défi, car devenue notoire pour son jeu ‘en continu’, l’œuvre de Menyk est tout simplement hallucinante. Le compositeur a une longue histoire. Il a ainsi débuté sa carrière à Paris en prestant pour des cours de danse moderne. Au cours des les 80’s, il a également établi plusieurs records mondiaux, notamment en exécutant 19,5 notes par seconde tout en maintenant cette vitesse de 13 à 14 pendant une heure. Au-delà de ces prouesses, finalement anecdotiques, la musique de Melnyk est envoûtante. A l’écoute de « Fallen Trees » (tout comme sur les précédents opus), on se sent submergé par le flux de ces notes. En outre, ses mélodies font mouche et il est difficile de ne pas y succomber.  

Chaque écoute d’une pièce est une expérience en soi dont ne peut que vous conseiller de vivre. Allongez-vous dans votre canapé, éteignez la lumière, et faites tourner le disque…

mercredi, 06 février 2019 10:37

Savage Young Dü

La sortie de “Savage Young Dü” a dû ravir les aficionados de Hüsker Dü. Ceux-ci ont, sans doute, dû ronger leur frein en se procurant les différents opus solos de Bob Mould. Il a, en effet, fallu attendre plusieurs années et la levée de barrières juridiques (NDR : une solution certainement facilitée par la mort récente du batteur Grant Hart, en septembre 2017) pour qu’enfin puisse être éditée cette compilation résumant la sortie d’un coffret qui recèle des photos, plusieurs cds (69 titres au total !) et autres objets divers. Pour tout amateur de punk et de punk-hardcore, Hüsker Dü constitue l’une des formations-phares. Les huit albums gravés par le trio originaire de Saint-Paul (mais basé à Minneapolis), entre 1982 et 1987, année de leur séparation, ont eu une influence majeure sur des groupes tels que Nirvana, Pixies ou encore Foo Fighters.

Réunissant 23 pistes, cette compile nous réserve des morceaux issus de cassettes, démos, live ou encore de chutes de bande studio. Elle permet de (re)découvrir Bob Mould, Greg Norton et John Hart, à leurs débuts, entre 1978 à 1982 (date de la sortie du premier LP). La production est souvent minimaliste et il faut quelques minutes avant de s’adapter à la qualité sonore. Si la forme est ‘brute’, le fond est immédiatement perceptible. On y retrouve notamment cette hargne et cette énergie si caractéristiques. Les pistes déboulent à cent à l’heure. Les riffs de gratte déferlent et touchent leur cible en plein cœur ! Et puis, on se rend compte que le songwriting est déjà d’une grande qualité.

“Savage Young Dü” est un véritable cadeau destiné aux fans, heureux de découvrir ou de retrouver des titres oubliés du band mythique. Par contre, si vous ne connaissez guère la discographie de Hüsker Dü, il serait préférable que vous vous intéressiez, d’abord, à ses classiques.

mercredi, 30 janvier 2019 11:15

Loud patterns

Kyle Molleson, alias Makeness, est originaire Leeds mais s’est installé à Londres. Ce musicien et producteur a grandi au sein d’une famille de musiciens et a emprunté rapidement la voie artistique.

Après avoir sorti un titre en compagnie d’Adult Jazz (NDR : des compatriotes !), Makeness publie son premier album. Intitulé “Loud Patterns”, il est paru sur le label Secretly Canadian. Si ses parents étaient des adeptes de la musique folk, Kyle a jeté son dévolu sur les machines, un choix bien dans l’air du temps. L’électro/pop de ce Britannique se nourrit de boîte à rythmes et de claviers, un style qui évoque des formations telles que Junior Boys, Caribou, Hot Chip ou encore Django Django, sous son format strictement électro. Les mélodies sont aussi complexes qu’accrocheuses, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee ou encore de “Stepping out Of sync”. Parfois le tempo ralentit pour laisser place à des plages plus paisibles, comme “Who Am I to Follo Love”. Si la fin de parcours est réservée à plusieurs instrumentaux, il faut reconnaître que ces morceaux n’ont pas le même impact, et hormis chauffer une salle, avant un concert, ils ne suscitent guère d’intérêt.

Bref, pour un premier essai, il faut reconnaître que ce “Loud Patterns” manque encore de consistance. Car si le songwriting est intéressant, il faut reconnaître qu’il s’essouffle en bout de course…  

mercredi, 30 janvier 2019 11:12

What’s in the fridge

Cet auteur/compositeur est surtout connu pour ses talents d’acteur. Récemment, on a notamment pu le voir dans le film “Eva” de Benoît Jacquot aux côtés d’Isabelle Huppert et de Gaspard Ulliel. Il a également été programmé en supporting act au Botanique et à l’Ancienne Belgique. Car le Belge n’en est pas à son premier essai. “What’s in the Fridge” constitue déjà son troisième LP (NDR : intitulé “Beings, son deuxième était paru en 2014).

Onze des douze pistes acoustiques et intimistes qui figurent sur cet opus sont interprétés dans la langue de Shakespeare. Seule la “La Neige” est chantée dans celle de Molière. Le folk/blues de Vincent Scarito véhicule des accents jazzyfiants. Il s’efforce de faire swinguer chaque note et se démène pour insuffler du dynamisme à chacune de ses chansons, notamment en haussant le tempo, à l’instar de “For My Friends”. Malheureusement, il faut bien avouer qu’on a du mal à accrocher aux mélodies, car elles font rarement mouche. En outre, sa voix ne sort pas de l’ordinaire, alors que l’instrumentation manque de relief.

Bref, cet album ne restera pas dans les annales…    

vendredi, 11 janvier 2019 22:08

Colt

Entre la mi-nineties et le début de ce millénaire, JJ72, formation irlandaise de pop/rock publiait quelques albums de toute bonne facture. Il s’était même produit dans le cadre du festival Rock Werchter. C’était déjà en 2001 ! A l’issue du split, Hilary a suivi des études artistiques, littéraires et cinématographiques. Ce n’est qu’en 2014, qu’elle décide d’en revenir à la musique. En solitaire, publiant quelques Eps, restés dans un parfait anonymat. « Colt » constitue son premier elpee, un disque paru chez Sacred Bones, un label qui a décidément le nez creux pour dégoter des artistes féminines talentueuses (Pharmakon, Marissa Nadler, Zola Jesus ou encore Jenny Hval).

Hilary Woods a cependant, depuis, troqué sa basse contre un piano. Ce sont d’ailleurs ces ivoires qui trament ses compositions. Des compos ténébreuses, indolentes, caractérisées par des nappes de claviers en couches, qu’elle chante d’une voix langoureuse et chargée d’effets. Elle prend d’ailleurs tout son temps pour entretenir un climat à la fois atmosphérique et envoûtant ; mais afin de maintenir nos sens en éveil, elle n’hésite pas à tâter de l’électro, tout en véhiculant des accents jazzyfiants, comme sur l’excellent « Jesus Said ».

Une excellente surprise !

 

vendredi, 11 janvier 2019 22:06

Sugar still melts in the rain

Originaire de Nouvelle-Zélande, Sarah Mary Chadwick a quitté son île pour tenter sa chance à Melbourne. En Australie, outre ses activités de graphiste (c’est elle qui réalise la pochette de cet album), elle milite alors au sein d’un groupe de grunge baptisé Batrider. Lasse des compromis artistiques, elle décide de se lancer en solo. Après avoir publié trois albums sur des labels obscurs, elle est enfin signée chez Syndelin (Cymbals Eat Guitars, Tim Cohen, The Fresh & Onlys, ...), écurie pour laquelle elle grave ce « Sugar Still Melts in the Rain ».

Quoique multi-intrumentiste, toutes ses compos sont tramées sur un piano, des compositions délicates qu’elle chante d’une voix chaude et éraillée. Dépouillée, sa musique est souvent enrichie d’un synthé, et parfois d’interventions de batterie et de basse. A l’instar de « Flow over Me » et « It’s Never Ok », deux superbes plages qui donnent le ton. Cependant, on ne peut pas dire les lyrics laissent beaucoup de place aux éclaircies, les 10 morceaux de cet opus épanchant les moments difficiles traversés par l’artiste au cours de sa vie.

En outre, à mi-parcours, l’excès de minimalisme étiole la concentration du mélomane et finit par lasser…

 

lundi, 24 décembre 2018 16:24

Hollow Ground

Après avoir publié plusieurs Eps, Max Clarke vient de franchir une étape supplémentaire dans son parcours, en gravant un premier elpee. Un disque paru sur le label américain Jagjaguwar (Bon Iver, Unknow Mortal Orchestra, Angel Olsen, ...) Pour concocter ce premier essai, le New-Yorkais (NDR : il est issu de Brooklyn) s’est bien entouré puisqu’il a bénéficié du concours de Jonathan Rado (tête pensante de Foxygen et notamment responsable de la mise en forme d’albums de Trevor Sensor, Alex Cameron et Whitney), à la production.

« Hollow Ground » nous replonge au beau milieu des golden sixties. En Angleterre, très exactement. Chœurs, guitares limpides et claviers rétro nous rappellent les Kinks ou encore les Beatles. Mais cette pop/rock vintage et plutôt riche est parfois enrichie de cuivres, à l’instar de « Coward’s Confidence ». Excellent songwriter, Max Clarke est capable de torcher des mélodies particulièrement accrocheuses, mais également de nous réserver des superbes ballades comme, par exemple, « Tomorrow Goes Away » ou des titres plus énergiques, à l’instar de « Cash for Gold »…

 

lundi, 24 décembre 2018 16:22

Angels of Death

Si le nom de Jennifer Castle ne vous dit pas grand chose, il n’en va pas de même dans son pays d’origine. Au Canada, son album « Pink City » a été nominé, en 2014, pour le Prix Polaris (prix de musique accordé par la critique pour le meilleur elpee, dans son pays) aux côtés de groupes tels qu’Arcade Fire, US Girls ou encore Alvvays.

Paru chez Paradise of Bachelors (Steve Gunn, His Golden Messenger,...), « Angels of Death » constitue son troisième LP, dont le titre annonce la couleur : il traite de la mort… Cependant, les dix plages réunies sur ce long playing ne sombrent pas dans un climat propice à la déprime. Ainsi, un morceau comme « Texas » relate, sur un air rythmé, son retour dans cet Etat, pour faire ses adieux à sa grand-mère. Oscillant du piano à guitare, en passant par la lap steel, l’instrumentation est assez riche mais n’est guère révolutionnaire. Musicalement, les compos trempent dans un country/folk plutôt classique, pour ne pas dire traditionnel, mais restent néanmoins agréable à écouter. Sans plus…

 

lundi, 24 décembre 2018 16:19

Persona

Ryan Lee West, alias Rival Consoles, est l’une des premières signatures d’Erased Tapes, avant même celles des deux têtes de gondoles, Nils Frahm et Olafur Arnalds, sur le label anglais. Issu de la scène rock, cet Anglais (NDR : il est originaire de Leicester) a évolué vers l’électronique il y a une bonne dizaine d’années. Depuis 2009, il a enchaîné les EP et LP en affinant son univers musical au fil des enregistrements.

« Persona » –dont le titre est inspiré d’un film d’Ingrid Bergman– constitue son quatrième long playing. L’univers sonore de Rival Consoles navigue quelque part entre ceux de Jon Hopkins et Boards of Canada. La part belle y est réservée aux claviers et effets électroniques. Ce qui ne l’empêche pas d’intégrer des instruments électriques et acoustiques. Si certaines pistes ténébreuses sont imprimées sur un tempo soutenu, à l’instar du titre maître, d’autres sont davantage planantes, voire atmosphériques. Parmi les douze compos de cet album, difficile d’en mettre une toute particulière en exergue ; aucune mélodie distincte ne ressortant de l’ensemble. Il est donc vivement conseiller d’écouter ce « Persona » d’une seule traite, et notamment lorsque vous devez vivre une soirée… en solitaire… 

 

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