Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Nos partenaires

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait
Béber

Béber

lundi, 14 octobre 2019 09:43

En digne héritier de Curtis Mayfield…

Durand Jones and the Indications

Il y a plus ou moins deux ans, le Vieux Continent découvrait Durand Jones, grâce à un premier elpee éponyme sur lequel l’Américain était parvenu à se réapproprier l’ensemble des caractéristiques de la soul. En mars 2019, toujours accompagné de ses Indications, il nous livrait l’excellent “American Love Call”, un opus au cours duquel il dénonçait les injustices sociales qui gangrènent le pays de l’Oncle Sam. Suite à la sortie de ce deuxième long playing, le groupe s’est lancé dans une nouvelle tournée européenne, un périple qui transitait par le Botanique, ce lundi 14 octobre. Une occasion de (re)découvrir celui qui marche sur les traces de feu Charles Bradley voire de Lee Fields. 

Pour assurer sa première partie, Durand Jones a embarqué dans ses bagages The Dip, une formation originaire de Seattle. Pendant une grosse demi-heure, le groupe réunissant trois cuivres, un bassiste, un guitariste, un guitariste/chanteur et un batteur est parvenu à chauffer la salle, et dans les règles de l’art, en interprétant un répertoire vagabondant entre le blues et la soul. Si les musiciens connaissent parfaitement leur sujet, on peut quand même regretter cette absence de ce petit plus, de ce petit ‘supplément d’âme’ qui fait vibrer le mélomane…  

Un ‘supplément d’âme’ dont Durand Jones et ses Indications ne manquent certainement pas. Il est 21h lorsque le groupe monte sur les planches. Durand Jones se plante au centre du podium. Il est épaulé par les quatre membres des Indications ainsi que deux préposés aux cuivres. Dès les premiers accords, on a la conviction que le set sera de toute bonne facture. Musicalement, il frise même la perfection. Les balances sont impeccables. Les différents instrumentistes connaissent parfaitement leurs rôles. La basse groove, les cuivres réchauffent l’atmosphère tandis que la guitare et le clavier remplissent le peu d’espaces sonores demeurés vides. Superbes, “Morning in America”, “Make a Chance” ou encore “Smile” font mouche. Et puis, il y a surtout la voix de Durand Jones, un organe sculpté lorsque sur les bancs de l’église, il participait aux chœurs gospel (NDR : au-delà des stéréotypes, c’est véridique !) En une fraction de seconde, elle est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Lorsqu’elle s’emballe, elle déclenche des applaudissements au sein de l’auditoire. Son bonheur de chanter est communicatif. Et en quelques mots, il est également capable de mettre une fameuse ambiance dans la fosse. Sympathique, il n’hésite pas se tenir en retrait afin de laisser ses musicos s’autoriser l’un ou l’autre solo et même à céder le micro au drummer Aaron Frazier, afin qu’il interprète “Don’t you Know”, de sa voix androgyne.

En un peu plus d’une heure, la troupe va dispenser la quasi-totalité de son répertoire ainsi qu’une reprise de son père spirituel, Curtis Mayfield. Tout heureux de pouvoir participer à une fête clairement réussie, les trois membres de The Dip sont même invités à rejoindre le band sur l’estrade.

Dans l’univers de la soul, au même titre que les géniaux St Paul and the Broken Bones, Durand Jones and the Indications est manifestement une des formations les plus intéressantes du moment.

(Organisation : Botanique)

jeudi, 10 octobre 2019 15:28

Titanic Rising

Depuis que Nathalie Mering, alias Weyes Blood, s’est lancée en solo, son style évolue constamment. Ainsi, si son deuxième album (“The Innocence”, paru en 2014) lui a permis de prendre place sur la scène musicale américaine, publié en 2016, l’excellent “Front Row Seat to Earth” et ses multiples tournées ont favorisé sa conquête du Vieux Continent. Elle a ensuite enchaîné les collaborations auprès de figures marquantes de l’indie rock telles que Ariel Pink ou encore Perfume Genius. Cette notoriété croissante a débouché sur un changement de label. Elle est donc ainsi passée de la ‘petite’ écurie Mexican Summer (Allah-Las, Ariel Pink, Cate Le Bon, ...), au légendaire Sub Pop.

Pour mettre en forme “Titanic Rising”, son quatrième opus, elle a reçu le concours du très sollicité Jonathan Rado (moitié de Foxygen et notamment producteur pour Whitney, Alex Cameron et Adam Green). Il en résulte un elpee de pop/psyché richement orchestré. Pour caricaturer, Weyes Blood pourrait être le pendant féminin d’un Father John Misty (avec qui elle a également coopéré). La seule mais grande différence procède du message moins sarcastique des textes. Sinon, comme chez l’ex-Fleet Foxes, Weyes Blood adore les envolées lyriques à grand renfort de cuivres, de chœurs et de cordes.

Caractérisé par ses variations de rythmes et d’ambiances ainsi que ses mélodies émouvantes et soignées, ce long playing est accrocheur de bout en bout. Que ce soit les mélancoliques “Mirror Forever” et “Picture Me Better”, le plus énergique “Everyday” ou les lyriques “Andromeda” et “A Lot’s Gonna Change”.

En gravant « Titanic rising », la talentueuse songwritrice californienne vient à nouveau de frapper un grand coup. Les dix plages sont autant de pépites qui méritent cependant une oreille attentive afin qu’elles puissent se dévoiler pleinement…

jeudi, 10 octobre 2019 15:17

The Beast You Are

Il y a bien 15 longues années que Big Business, un duo réunissant le bassiste et chanteur Jared Warren et le batteur Coady Willis (tous deux intermittents au sein de Melvins), nous balance subtilement son cocktail de métal, stoner et punk, rappelant, entre autres, les belles heures de Kyuss. Grâce au drumming vif et puissant ainsi qu’à la densité des riffs de basse, le tandem parvient à libérer une énergie écrasante comme peu de groupes sont capables de dispenser, démontrant ainsi qu’il n’est pas nécessaire de superposer les guitares et d’additionner les effets pour faire trembler les murs. Ce qui impressionne surtout chez ces Californiens d’adoption, c’est leur capacité à intégrer un aspect harmonieux, presque pop, dans leurs compos, et notamment grâce à la voix mélodieuse…  

A ne pas manquer si vous vous rendez au Desertfest, ce 18 octobre, à Anvers.

samedi, 05 octobre 2019 18:16

Superbe, mais tellement sombre…

Dans le cadre de l’Autumn Falls, le Botanique accueille, ce mercredi 2 octobre, Emma Ruth Rundle, une Américaine qui possède un fameux cv. Etablie aujourd’hui à Louisville, dans le Kentucky, elle a d’abord milité chez The Nocturnes, un duo folk partagé auprès de sa sœur, puis de Red Sparowes, un groupe mésestimé de post-rock-métal, comme guitariste. Sa voix profonde, qui n’est pas sans rappeler Chelsea Wolfe, on ne la découvre cependant qu’en 2012, lorsqu’elle fonde Marriages, un trio dont l’aventure cesse en 2015. Elle avait enregistré « Electric guitar », un premier elpee solo, en 2011. Mais elle n’embrasse vraiment son parcours individuel qu’en 2014, en gravant « Some heavy ocean » sur le label Sargent House (Brutus, Deafheaven, Chelsea Wolf, Russian Circles, ...) ; une œuvre basiquement folk, mais enrichie d’une instrumentation puissante, à coloration post-metal (NDR : pensez à Isis, Caspian, Russian Circles , ...) Son dernier long playing, « On dark horses », est paru en 2018, un disque plutôt sombre…

Il revenait à Fvnerals, un duo originaire de Brighton et aujourd’hui basé à Bruxelles, d’assurer le supporting act, un tandem qui pratique une musique née de la fusion entre doom, post-rock, shoegaze et dark ambient… 

A 21h, la Rotonde est pleine à craquer. La température dans la salle est déjà élevée. Emma Ruth Rundle grimpe sur l’estrade flanquée de quatre musicos. Evan Patterson (Jaye Jayle), son compagnon sur scène comme à la ville, se plante à sa gauche. Il se consacre à la seconde gratte. Barbu, Todd Cook se charge de la basse et se plante à droite et Dylan Naydon, des drums. Après une brève présentation, elle enfourche sa guitare et balance les premiers accords. Le son est parfait. Légèrement et subtilement réverbérée, sa voix est soutenue par une section rythmique solide et lourde. Cependant, les interventions aux cordes de Patterson apportent moult nuances à l’ensemble. Emma Ruth Rundle alterne les passages ambiants et les riffs directement inspirés du post-métal. Le jeu de lumière suit parfaitement ces variations. En une heure, l’Américaine enchaîne les morceaux issus de son dernier LP. Ce qui ne va pas l’empêcher d’aller piocher dans l’ensemble de son répertoire, au sein duquel l’excellent “Protection” fait mouche. Après une bonne heure de set, au cours duquel elle ne s’est guère épanchée, la jeune songwritrice et son backing group se retirent et laissent un auditoire comblé par la prestation, mais aussi soulagé de s’extirper de cet univers sombre au sein duquel il a été plongé. Il se dirige alors inconsciemment vers le bar et commence ainsi à reprendre des couleurs…

(Organisation : Botanique)

lundi, 30 septembre 2019 15:46

Abdication… For Your Love

Il y a déjà 5 ans que l’on attend une suite à l’excellent album “Shattered”. A défaut de nouvelles compositions, la formation originaire de Memphis réédite un Ep, alors paru en 2011 sur un label inconnu. A l’époque, les huit morceaux produits par Dan Auerbach (The Black Keys) n’avaient été pressés qu’en quelques exemplaires sur vinyle et cd. La formation toujours drivée par Greg Cartwright (également croisé au sein de The Oblivians, Parting Gifts, Compulsive Gamblers, 68 Comeback, Deadly Snakes et Detroit Cobras) compte alors encore en son sein le drummer Lance Willie ainsi que le bassiste David Wayne Gay. Ils quitteront le groupe juste après la sortie de ce disque et seront remplacés par Mikey Post et Benny Trokan.

Il a donc fallu huit ans et l’opportunité d’être aujourd’hui signé chez Merge pour voir réapparaître “Abdication… For Your Love”, un essai au sein duquel on retrouve tous les éléments qui ont forgé la renommée de Reigning Sound. A l’instar de « Lyin’Girl », plage qui ouvre l’Ep, tout au long de laquelle on retrouve bien toute l’énergie punk du band. Et puis des ballades mélancoliques qu’affectionne tout particulièrement Cartwright (« Not Far Away »). Les guitares aux sonorités 60’s ainsi que l’orgue alimentent généreusement l’expression sonore pour réaliser un cocktail de rock, country et soul à l’accent particulièrement vintage.  On ne peut qu’adhérer et espérer un prochain long playing rapidement…

lundi, 16 septembre 2019 16:14

Careful

Au cours des dernières années, on a pu observer l’intérêt croissant d’un certain public pour les sonorités héritées des eighties que l’on associe fréquemment à des formations telles que Joy Division, Bauhaus, Siouxsie and the Banshees ou encore The Birthday Party. Une nouvelle vague de groupes dont la musique se caractérise par une ligne de basse imposante, un rythme (plus ou moins) entraînant et des claviers plongés au sein d’un climat relativement glacial voire ténébreux. Ce mouvement a accouché de bands comme Preoccupations, Protomartyr ou encore Whispering Sons, en Belgique, et la liste est loin d’être exhaustive, mais révèle au fil des mois de nouveaux visages. A l’instar de Boy Harsher, un duo originaire du Massachusetts. Formé en 2013, il a d’abord choisi pour patronyme Teen Dreamz, avant d’en changer l’année suivante. Augustus Muller (synthés et rythmes) et Jae Matthews (chant) ont récolté des critiques unanimement positives pour ce deuxième album paru sur leur propre label Nude Club.

Sur cet opus, la formation a bien assimilé ses classiques en proposant un mélange entre électro kitsch, indus et post punk, tout en adoptant les spécificités du style décrit ci-dessus. L’expression sonore baigne au sein d’une atmosphère bien froide pour ne pas dire gothique et pénètre rarement dans la lumière. Ce qui ne signifie pas que les compos suscitent la morosité. On imagine d’ailleurs parfaitement être entraîné par Boy Harsher jusqu’au bout de la nuit au cœur d’étranges clubs suintant de transpiration. Mais surtout, la paire parvient à transcender ses compos minimalistes grâce à des mélodies accrocheuses et la voix envoûtante de Jae qui débite pourtant des paroles loin d’être réjouissantes.

Les nostalgiques des 80’s apprécieront certainement. Et peut-être même que Boy Harsher parviendra à emmener de nouveaux adeptes dans sa spirale. “Careful” possède en tout cas les atouts pour y parvenir.

dimanche, 08 septembre 2019 14:59

This Mess is a Place

Si vous êtes fatigués par la résurgence des 80’s (claviers, boîte à rythmes, …), il serait sans doute judicieux de vous plonger dans le catalogue de Sub Pop. De manière générale, le label mythique de Seattle privilégie la formule classique guitare/basse/batterie plutôt que la synthétique. Tacocat colle parfaitement à l’étiquette du label. En effet, depuis 2007, la troupe principalement féminine (trois filles pour un garçon), originaire de cette plus grande ville de l'État de Washington et du Nord-Ouest des États-Unis, propose un pop/punk décomplexé. Après avoir gravé deux elpess chez Hardly Art, le groupe vient de publier son premier, sur Sub Pop.

Tout au long de “This Mess is a Place”, Emily Nokes et sa troupe nous réservent des morceaux qui agrègent énergie punk contagieuses et mélodies aussi sucrées que colorées. Le combo yankee structure ses compos suivant la formule refrain/couplet, sans jamais aller plus loin. Une recette qui a cependant fait ses preuves… Si la guitare domine le sujet, les plages sont parfois enrichies de chœurs, à l’instar de “The Joke of LIfe” ou encore de quelques notes de clavier, comme sur “Grains of Salt”. Si le climat général se révèle bon enfant, certaines pistes sont davantage vindicatives, et en particulier « Hologram », titre qui ouvre le long playing… 

Enfin, si le quatrième LP de ce band américain est très susceptible de vous communiquer un bon coup de boost à l’approche de l’automne, pour l’originalité, il faudra repasser. M’enfin, c’est certainement le moindre des soucis de la formation… 

dimanche, 08 septembre 2019 14:54

Teenages

Avant de se lancer en solitaire, l’Américain d’origine pakistanaise, Naqvi Qasim, s’est forgé une petite notoriété sur la scène new-yorkaise ; et tout particulièrement en militant comme drummer au sein de la formation acoustique Dawn of Midi, mais également en plusieurs bandes-son

« Teenages » constitue donc son premier opus solo, un disque au cours duquel il une électro-(trop)minimaliste expérimentale. “Funerals” réunit six pistes, dont la dernière les 19 minutes. Autant vous prévenir, si vous vous entamez l’écoute de cette œuvre conceptuelle, ne vous attendez pas à des rythmes entraînants, des variations bouleversantes ou des mélodies enivrantes. Au fil des morceaux, Naviq Qasim s’amuse à superposer quelques loops et à les moduler selon son humeur. Mais au bout du compte, rein de concret ne se précise et surtout, il est extrêmement difficile d’accrocher à ces expérimentations. Si bien qu’après quelques, l’écoute de “Funerals” devient pénible.

Si ce n’est pour rédiger une chronique avec un minimum de substance, on ne voit personnellement pas l’intérêt de s’infliger cette dose d’ennui concentrée.

dimanche, 08 septembre 2019 14:49

American love call

Durand Jones and the Indications

A ce jour, Durand Jones et ses Indications ont publié trois elpees, dont un éponyme en 2016 et un excellent live en 2018. Celui qui s’est forgé sa voix sur les bancs de l’église et en écoutant les légendes de la soul-funk –d’Otis Redding à Charles Bradley en passant par James Brown– revient donc un an plus tard pour un nouvel opus qui s’inscrit dans la même veine...

Rien de surprenant cependant tout au long de cet « American love call ». On y retrouve toutes les caractéristiques de ce style musical. Haut-perchée, la voix est capable de monter ou de descendre d’une octave. Les guitares funky sont bien caoutchouteuses. Cuivres et chœurs spécifiques à cette musique alimentent également les différentes compos. A l’instar de ses idoles, Durand Jones nous raconte ses histoires de cœur et ses désillusions politiques.

Durand maîtrise parfaitement son sujet au cœur d’un elpee qui recèle quelques excellents morceaux. Enfin, si le long playing ne recèle aucune plage révolutionnaire, certaines sont très susceptibles de communiquer des frissons aux amateurs du genre. D’ailleurs, si vous êtes tombés sous le charme de ce combo, vous aurez tout le loisir d’aller l’applaudir, ce 14 octobre au Botanique de Bruxelles. Qu’on se le dise !

lundi, 26 août 2019 11:40

Night of the Worm Moon

Un an après avoir gravé un excellent album en compagnie de La Luz, Shana Cleveland revient sur le devant de la scène. Délaissant le surf-rock, la native du Michigan débranche son ampli pour reprendre sa carrière solo là où elle l’avait laissée en 2015, lorsqu’elle avait publié son premier album, “Oh Man, Cover the Ground”. Pour la circonstance, lors des sessions d’enregistrement, l’Américaine a opté pour un petit comité en laissant de côté les Sandcastles (sauf leur batteur, Kristian Garrard) qui l’épaulaient jusqu’alors.

Tout au long de cet opus, la sèche et bien sûr la voix langoureuse de Shana Cleveland, s’imposent. Cependant, les dix morceaux proposés ne s’enferment pas dans un folk strictement acoustique. La subtilité est une des principales caractéristiques du songwriting de la frontwoman de La Luz. Ses mélodies particulièrement travaillées sont enrichies d’une orchestration équilibrée incorporant ci et là des touches de psychédélisme (déjà illustrées par l’artwork de la pochette directement inspiré des 60’s). La production est elle aussi particulièrement léchée n’abusant jamais de la reverb’. Enfin, Shana Cleveland n’hésite pas à casser l’homogénéité de l’elpee en sortant du cadre, grâce notamment au blues, “Solar Creep”.

En gravant « Night of the Worm Moon », Shana Cleveland poursuit donc un parcours discographique jusqu’ici sans faute. Pour votre info, sachez que la Californienne d’adoption se produira au Botanique de Bruxelles, le 25 octobre prochain. 

Page 1 sur 85
FaLang translation system by Faboba