• Une pointe d’érotisme !
    Une pointe d’érotisme ! ‘Nous l'appelions en plaisantant notre disque de rock classique à un moment donné, en faisant référence à The Turtles ou…

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mardi, 08 mai 2018 23:33

Microshift

C’est en 2013 que l’on découvrait ce quintet originaire du Nord de l’Angleterre, de Leeds très exactement, à travers son premier opus, « Pearl Mystic ». Son psyché/rock s’inscrivait directement dans l’esprit de celui pratiqué par Black Angels. Un an plus tard, il embraie par un deuxième elpee, également de toute bonne facture. Certaines épreuves vont cependant freiner son ascension. Comme lorsque son studio est ravagé par une inondation, en 2015. Il a donc fallu quatre années au groupe pour remonter la pente...

Contrairement aux elpees précédents, « Microshift » paraît résolument optimiste et se signale par ses mélodies réjouissantes. Sans pour autant négliger la forme psyché, toujours bien vivace. Les riffs sont hypnotiques, les claviers, omniprésents et les voix sous reverb’, persistantes. Sans oublier ce sens mélodique accrocheur qui contamine les plages de cet LP. C’est même plutôt impressionnant. Impossible de résister au jouissif « Ullwater » (NDR : plus de plus de six minutes, quand même) ou encore au planant « The Soft Season », qui aurait pu figurer au répertoire de Flaming Lips.

Après quelques années de disette, Hookworms revient en grande forme. Le changement d’état d’esprit qui le guide vers une musique plus colorée n’a rien enlevé au potentiel du combo insulaire... 

 

mardi, 08 mai 2018 23:27

Last night all my dreams came true

« Last Night All my Dreams came True » constitue une forme de testament pour Wild Beasts. En septembre dernier, la formation anglaise annonçait la fin de son parcours entamé début de ce millénaire. En une quinzaine d’années, ponctuées de cinq albums, Wild Beasts s’est inscrit sur la scène mondiale comme l’un des groupes de pop/rock les plus originaux.

Avant de nous quitter, le quatuor nous lègue un opus réunissant treize titres enregistrés en public au AT RAK Studio de Londres. La majorité des morceaux sont issus du dernier elpee, « Boy King », paru en 2016, mais quelques uns, de plus anciens long playings, à l’instar des excellents « Hooting & Howling » et « All the King’s men », deux plages qui figuraient sur leur meilleur opus, « Two Dancers », gravé en 2009. Tout au long de ce live, on peut se rendre compte de la qualité et la complexité des compos de ce band insulaire et surtout de la somptueuse combinaison entre les voix de Tom Fleming et de Hayden Thorpe.

Ce dernier essai paraîtra certainement inutile à celles et ceux qui possèdent déjà l’intégralité de sa discographie, car les versions ne diffèrent pas énormément des originales. Cependant, « Last Night All my Dreams came True » est un moyen parfait pour appréhender ce groupe que l’on regrettera certainement…

Après avoir ouvert une parenthèse, au cours de laquelle Tim Darcy (NDR : surnommé Tim Beeler, il est né en Arizona) a tenté une aventure en solitaire, Ought a enregistré un nouvel elpee. Paru sur le label Merge, « Room Inside the World » constitue le troisième opus du quatuor. Un combo établi à Montréal. Qui se produisait donc dans le cadre de l’édition 2018 des Nuits Botanique. Ce mercredi 2 mai, l’Orangerie accueille également la jeune Américaine Lucy Dacus et le combo suédois, Hater.

Malheureusement, votre serviteur est arrivé trop tard pour assister à la prestation de la formation scandinave. Ce n’est que partie remise…

Place donc à Lucy Dacus qui grimpe sur l’estrade devant un public plutôt clairsemé. Elle est épaulée par un trio classique, guitare/basse/batterie. Oscillant quelque part entre Cat Power et Angel Olsen, son indie pop ne manque pas d’allure, sur disque. En live, bien que mélodieuse, l’expression sonore fait un peu pâle figure. Le guitariste tire pourtant bien son épingle du jeu, mais la jeune dame ne parvient pas à transcender sa musique sur scène. Si bien qu’au bout de quelques minutes, l’attention de l’auditoire commence à se dissiper. Les spectateurs vident alors peu à peu les lieux ; si bien qu’au bout 30 minutes, temps dévolu à l’artiste, il n’y a plus grand monde dans la salle. Un concert qui ne restera pas dans les annales…

Après une petite demi-heure de break, retour dans l’Orangerie pour assister au set de la tête d’affiche. Et il s’agit déjà du troisième passage du quartet, au Botanique. Il est 22 heures, et la salle est à moitié pleine (NDR : ou vide, selon), quand Ought débarque sur les planches. Elle ne va se remplir qu’après quelques titres. Armé de sa gratte, Tim Darcy s’installe au milieu du podium entre le claviériste et le bassiste. Filiforme, le jeune dandy ne manque pourtant pas de charisme. Profonde, nasillarde, mais capable de monter dans les aigus, sa voix impressionne. Il interprète ses morceaux, comme si c’était un acteur. Un rôle qu’il joue à merveille. Il focalise tous les regards. Riche et diversifiée, la setlist ne compte aucun temps mort. Elle recèle de nombreux titres issus du dernier long playing, dont les deux singles, « Desire » et « Disgraced in America », compos qui s’enfoncent encore davantage dans un univers proche de Joy Division. Mais puise également au sein d’un répertoire plus ancien, à l’instar de « Men for Miles » et « Beautiful Blue Sky », deux plages issues du second LP. Et pour couronner cette prestation, il nous réserve les deux morceaux les plus excitants de sa discographie, « Today More than any other day » et « The Weather Song ».

Ce soir, Ought a démontré une nouvelle fois, qu’il avait un énorme potentiel, un groupe capable de torcher des mélodies implacables, mais également de concocter des compos progressives ou expérimentales. En outre, Tim Darcy confirme qu’il est des chanteurs les plus charismatiques de sa génération…  

Ought + Lucy Dacus + Hater

 

vendredi, 27 avril 2018 14:05

Froidepierre

Depuis la sortie de son premier elpee (« Symmetry »), Jean Jean a subi pas mal de bouleversements. Après avoir accompli une tournée de plusieurs mois à travers l’Europe mais également les USA et le Mexique, les deux membres fondateurs, Edouard Lebrun et Sébastien Terregossa avaient décidé de limiter leur projet à la formule duo avant de finalement intégrer un troisième larron. En l’occurrence le claviériste Gregory Hoepffner (Almeeva, Kid North).

Dès les premières secondes d’écoute de cet opus, le ton est donné. Alors qu’auparavant, Jean Jean nous proposait un math-rock énergique et enjoué, « Froiddepierre » baigne au sein d’un climat énigmatique. Les morceaux affichent une plus grande maturité et recèlent davantage de nuances. Outre l’énergie très ‘math-rock’ dont il a fait sa marque de fabrique, le combo français alterne ici passages atmosphériques et ondoyants. L’omniprésence d’un clavier apporte, à n’en pas douter, une dimension supplémentaire. Les conditions d’enregistrement (les sessions se sont déroulées dans un chalet au sein des Alpes) ont peut-être eu raison de l’humeur festive, vu le ton légèrement mélancolique des plages. Quoi qu’il en soit, c’est une réussite et on y adhère pleinement !

 

vendredi, 27 avril 2018 14:00

All Together again

A seulement 31 ans, l’Américain Peter Broderick peut se targuer de déjà avoir un sacré parcours. Outre sa dizaine d’essais (albums, vinyles, cassettes, 7 inches, etc.), dont certains sont parus chez Erased Tapes, et d’autres, sur Bella Union, il a participé à de nombreux projets et multiplié les collaborations. Bossant notamment en compagnie de M.Ward, Loch Lomond ou encore son compagnon de label, Nils Frahm. Sans oublier son concours apporté lors des concerts de la formation danoise, Efterklang.

« All Together Again » réunit des plages composées lors de la dernière décennie. Un opus hétérogène où il affiche sa parfaite maîtrise instrumentale. Et il le démontre, dès le morceau d’ouverture, « If I Were A Runway Model », imaginé dans le cadre d’un défilé de mode organisé à New York, au cours duquel piano et violon font bon ménage. Tout au long de la paisible croisière « A Ride on the Bosphore », on a l’impression d’être caressé par une douce brise. Plus folk, « Emily » a été écrit pour un mariage.

Polyvalent, Peter est aussi à l’aise pour composer des B.O. ou des morceaux symphoniques, en solo ou au sein d’un groupe…

vendredi, 27 avril 2018 13:59

Permo

Après avoir publié plusieurs singles, quelques cassettes et accordé de nombreux concerts, notamment sur le Vieux Continent, en première partie de Teenage Fanclub et Real Estate (l’année dernière au Botanique), il est enfin venu le temps pour ce quintet originaire de Glasgow de livrer son premier album. Il s’intitule « Permo » et est paru chez Geographic Music (The Pastels).

Contrairement à beaucoup de groupes de leur génération, les Ecossais n’ont pas cédé aux sirènes des claviers et ont opté pour les bonnes vieilles guitares. Spinning Coin consomme un pop/rock efficace qui allie à merveille les morceaux mélodiques apaisés, parfait pour l’été, et les plages plus tranchantes et énergiques. Deux faces du groupe qui sont incarnées chacune par l’un des compositeurs. Davantage imprégnées de cet esprit punk bien britannique, Jack Mellin, se réserve les plus nerveuses. Sean Armstrong, les plus mélancoliques. Et ces dernières, à l’instar de « Raining on hope Street » ou encore « Money for breakfast » lorgnent plutôt vers Real Estate voire Whitney.

 

dimanche, 15 avril 2018 17:27

Call it Love

Deux ans seulement après la sortie de son deuxième album, « All Around Us », et après avoir accompli plusieurs tournées aux côtés de Jesca Hoop ou encore Alex Cameron, Briana Marela nous propose un nouvel LP, paru de nouveau sur l’excellent label américain Jagjaguwar (Bon Iver, Foxygen, Dinosaur Jr, …). La jeune femme installée à Seattle n’a donc pas chômé et surtout rien perdu de sa muse. Elle confirme ainsi tout le bien que l’on pouvait penser d’elle.

« Call it Love » recèle dix titres inspirés qui traitent des relations sentimentales (comme son titre l’indique, d’ailleurs). Sa musique évoque parfois Beach House, surtout la voix sensuelle de la jeune femme. La songwritrice alterne morceaux atmosphériques tels que « I’m Sorry » et titres plus rythmés à l’instar de « Give Me Your Love » ou encore « Quit ». Briana Marela superpose avec grâce les nappes de claviers pour aboutir à une musique éthérée qu’on pourrait qualifier de dream-pop. Elle parvient également à torcher des mélodies recherchées qui parviennent à emballer l’auditeur sans jamais le plonger dans l’ennui.

Autant dire que « Call it Love » est album très plaisant à écouter. On suivra donc de très près l’actualité de l’artiste...

 

lundi, 02 avril 2018 13:50

Musik

Agé de 78 balais, William Eggleston est davantage notoire pour son talent de photographe –art dont il est l’un des représentants contemporains les plus éminents– que pour sa carrière musicale. Paru sur l’excellent label Secretly Canadian, « Musik » constitue d’ailleurs son premier elpee. Apparemment, le natif de Sumner (NDR : c’est dans le Mississippi) a toujours été un passionné de musique. « Musik » se réfère à l’un de ses compositeurs favoris, à savoir Bach. Le piano l’a accompagné tout au long de sa vie et il s’est toujours prêté à des improvisations. Cet opus est d’ailleurs constitué de ces pratiques opérées sur un Korg O1/W FD pendant un laps de temps plus ou moins long.

Au-delà du nom de l’interprète qui suscite la curiosité, il faut bien avouer que cette suite d’expérimentations (qui oscille de la musique d’église à la B.O. de film d’épouvante, en passant par le néo-classique) ne présente guère d’intérêt, si ce n’est celui de flatter l’égo de son auteur. Aucune mélodie n’émerge de ces exercices de style. Après seulement quelques minutes, ces exercices de style qui souffrent, en outre, d’une absence totale d’homogénéité, deviennent insupportables.   

A contrario de son œuvre photographique, « Musik » risque fort de ne pas passer à la postérité…

 

lundi, 02 avril 2018 13:45

Eulogy for evolution (reissue)

Dix ans après la création du label anglais Erased Tapes et afin de célébrer le dixième anniversaire de la sortie de son premier album, Olafur Arnalds a donc décidé de le rééditer. Pour la circonstance, les morceaux ont été remasterisés par son collaborateur occasionnel, Nils Frahm. Cette initiative est une bonne occasion pour redécouvrir les débuts de carrière de ce génie de la musique néo-classique. A l’époque, l’Islandais n’a que 21 ans. L’écriture des dix morceaux est guidée par le décès de son oncle. Il s’agit pour le musicien d’une première confrontation avec la mort. Tout aussi morbide que puisse être l’inspiration, « Eulogy for evolution » n’est pas austère. Sa musique, pleine de lyrisme, alterne les moments mélancoliques et les passages plus entraînants, voire même électriques, comme sur la dernière plage. Ses talents de musicien sont déjà époustouflants. Outre le piano, il assure également la batterie, le mélodica, la guitare et la basse. Et le tout est enrichi de cordes.

A l’écoute de ce premier opus, on comprend aisément que, dix ans plus tard, Olafur Arnalds (aux côtés de Nils Frahm) soit devenu le fer de lance de la scène néo-classique.

 

C’est en 2016 qu’Imarhan –qui signifie ‘ceux qui nous veulent du bien’– se révélait au grand public, en publiant son premier elpee. Un éponyme. Poussée dans le dos par le succès de groupes tels que Tinariwen ou Tamikrest, cette formation originaire de Tamanzasset (NDR : c’est dans le sud de l’Algérie) a rencontré un succès immédiat ; ce qui a permis une tournée européenne, ponctuée par quelques dates dans de grands festivals. Le subtil mélange entre le blues/rock et la musique touareg traditionnelle, concocté par les cinq membres d’Imarhan, alimente encore ce nouvel opus. Mais le combo est parvenu à passer un pallier supplémentaire, glissant de la tradition méditative du blues du désert, vers une solution sonore plus électrique, en invitant funk, fuzz, disco et rock. "Temet" (Trad : ‘connexions’) est un appel à l'unité, rappelant au monde que nous sommes tous connectés et que si ce moment est important dans le temps, ce n'est que par l'acceptation et l'adoption de cette union que nous pourrons résoudre les problèmes rencontrés aujourd’hui par toutes les cultures…

Vers 20h15, le public est encore clairsemé. On y croise, quand même, le Bruxellois d’adoption, Anana Harouna, leader du groupe Kel Assouf (représentant bruxellois du blues touareg). D’ailleurs, la salle ne va se remplir qu’au fil du show, avant qu’elle ne finisse, quand même, par être comble…

Il est 20h30 lorsque les cinq membres d’Imarhan grimpent sur l’estrade. Iyad Ag Ibrahim, le chanteur/guitariste, prend place au centre. Le percussionniste (djembe et calebasse) et le bassiste se plantent à droite. Et à gauche, le second gratteur ainsi que le drummer. Les premiers morceaux se focalisent sur le dernier long playing. Rythmée par la calebasse et la batterie ainsi que par les lignes de guitare dispensées par Iyad, la musique du band algérien parvient à dérouiller les jambes des spectateurs, dont certains commencent même à danser. Soutenu par des chœurs, le chant –en tamasheq– est envoûtant et particulièrement efficace. Le combo glisse quelques titres du premier LP, entre ceux du second. Dont le superbe "Id Islegh", au cours duquel le chanteur a troqué sa gratte électrique contre une sèche. Et puis le single, "Imarhan", soit le titre maître de ce long playing, une compo marquée par l’irruption d’un quidam, vêtu d’un costume touareg traditionnel, sur les planches, à la grande surprise des musicos. Sous les applaudissements et les sourires des musiciens, il redescend de l’estrade, à l’issue de ce morceau. Après une heure de concert, les musiciens vident les lieux.

Ils reviennent quelques instants plus tard pour un rapide rappel. Le public est entièrement satisfait et quitte l’Ancienne Belgique, avec l’impression d’avoir accompli un voyage au soleil, quelque part dans le Sahara algérien. Peut-être près d’un oasis. Mais en sortant de l’institution, le froid nous ramène rapidement les pieds sur terre.

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

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