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dimanche, 11 février 2018 18:39

Lingering

Derrière Sleep Party People se cache le Danois Brian Batz que l’on a déjà pu remarquer aux côtés de Trentemøller et de Tomas Barfod, le batteur de WhoMadeWho. Trois ans après gravé "Floating", le multi-instrumentiste est de retour et propose un quatrième LP intitulé "Lingering". Comme le précédent, il est sorti sur le label américain Joyful Noise (Son Lux, Deerhoof, Lou Barlow, Why?, …) S’il assure l’écriture de son répertoire et toute l’instrumentation, hormis les percussions, il est seul à la composition et assure tous les instruments hormis les percussions. Le Scandinave a cependant reçu le concours de choristes pour enrichir des morceaux pourtant déjà forts fouillés. On peut notamment entendre la voix du leader de The Antlers, Peter Siberman, sur « Dissensions ».

L’univers de Brian Batz est particulier. On s’y perd aux premières écoutes, avant de finir par s’y blottir. En superposant des nappes de claviers, de guitares et autres instruments plus difficilement identifiables, il élabore des morceaux de pop/psyché sur lesquels vient se poser sa voix douce et moelleuse. Entre les plages plus atmosphériques rappelant des groupes tels que Flaming Lips, Mercury Rev ou Tame Impala, il parvient à insérer des passages plus rythmés qui peuvent rappeler Animal Collective. Et surtout, il ne néglige pas pour autant le sens mélodique…

La musique de Sleep Party People est complexe et mérite de s’y attarder. Le résultat est d’autant plus intéressant lorsque l’on sait qu’il a accompli le travail quasi en solitaire...

 

dimanche, 11 février 2018 18:37

Refractions

Hormis les valeurs sûres telles que Mogwai et Explosions in the Sky ainsi que quelques satellites aujourd’hui confirmés comme And So I Watch You From Afar, il faut bien avouer que depuis quelques années le post-rock ne parvient plus à accoucher que de pâles copies des groupes précités. Souvent ils se contentent de reproduire des schémas usés jusqu’à la corde. Il est même de plus en plus difficile d’en sortir un du lot.

Le dossier de presse de Meniscus stipule que le post-rock est une nouvelle fois mis à l'honneur. Pas de quoi susciter l’engouement chez votre serviteur. Pourtant, après une écoute attentive, il faut bien avouer que la musique de Meniscus est très intéressante. Issue de Sydney, cette formation affiche une belle carte de visite. Au cours de sa carrière, débutée en 2005, le quatuor australien a eu l'occasion de sillonner les routes européennes. On a pu l’apercevoir, par exemple, du côté de Zottegem, dans le cadre du Dunkfestival. Il a également eu l'occasion de partager la scène avec des combos mieux connus comme Caspian ou This Will Destroy You. Face à ce dernier, Meniscus n'a d’ailleurs pas à rougir.

"Refractions" constitue son troisième elpee. Il y maîtrise parfaitement les codes du genre. Mais surtout, il parvient à jongler entre différents tableaux. Sur "Doom", les riffs lourds et lents sont entrecoupés de passages plus atmosphériques, rappelant Isis voire Caspian. Tout au long de "Simulation", alors que le tempo s’accélère, les musicos démontrent leurs aptitudes techniques. Pourtant, le climat est aussi susceptible de virer à la mélancolie, à l’instar de "Daturas". Mais bien souvent, l’oppression, la dextérité et les variations rythmiques alimentent un seul et même morceau.

Pour tout amateur de post-rock, Meniscus est donc un groupe à découvrir au plus vite.

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

The Weather Station

The Weather Season, c’est le projet de Tamara Lindeman. Avant d’embrasser une carrière musicale, cette jeune torontoise a incarné quelques rôles dans quelques séries TV et au cinéma. Elle a ainsi notamment tenu un second rôle dans le ‘Crimson Peak’ de Guillermo del Toro. Rien de bien transcendant, cependant…

Avant de publier cet LP éponyme, elle avait déjà gravé trois long playings, qui n’ont guère eu d’écho sur le Vieux Continent. Et pourtant, elle possède des atouts indéniables.

Ce nouvel essai explore une forme country/folk, circonstanciellement teintée d’accents jazzyfiants. Superbe, la voix de Tamara évoque celle de Lisa Hannigan. 17 musiciens viennent jouer, à tour de rôle, banjo, violon, guitare slide ou encore de l’orgue. Parmi ceux-ci, figurent Daniel Martin Moore, Nathan Salsburg (Joan Shelley), Ben Boye (Ryley Walker) ou encore Mika Posen (Timber Timbre, Agnes Obel). Une œuvre qui nécessite, voire mérite, plusieurs écoutes avant d’en déceler la subtilité des mélodies, la variation des tonalités et la richesse ainsi que l’excellence de l’instrumentation. Partagées entre plages rythmées et paisibles, ce disque mérite clairement le détour. Cette artiste talentueuse, parfaitement entourée, a concocté un opus dont la beauté se révèle au fil de ses écoutes.

 

samedi, 20 janvier 2018 12:43

Elastic

Amy Oelsner, alias Amy O, est américaine. Et plus précisément originaire de Bloomington, dans l’Indiana. Au départ, elle faisait cavalière seule, mais au fil du temps, elle s’est entourée de musiciens, pour finalement driver un véritable groupe, dont elle assure, bien sûr, le leadership.

« Elastic » constitue son second album (mais le premier enregistré dans un véritable studio). Il fait suite à un premier paru en 2016 et intitulé « Arrow ». Elle nous y propose douze plages énergiques, sculptées dans un indie rock sans grande prétention, mais agréables à l’écoute, qui ne marqueront cependant pas l’histoire du rock de leur empreinte. Paradoxal, si certains thèmes de ses compos sont plutôt douloureux, comme celui de la mort d’amis proches, les mélodies paraissent particulièrement légères. Mais néanmoins efficaces, à l’instar de « Cherry Blossom » ou encore « Soft Skin ». Dominées par les guitares et la voix d’Amy O, les titres sont quelquefois soulignés par des chœurs ou soutenus par une ligne de clavier…

 

samedi, 20 janvier 2018 12:39

Bienséance, étiquette et galanterie

Excellente Attitude est un duo récemment formé, réunissant deux Mouscronnois exilés dans la capitale. Le tandem a décidé, depuis quelques mois, de répandre une énergie positive et communicative sur la capitale européenne. Un état d’esprit que traduit parfaitement son premier Ep, baptisé « Bienséance, étiquette et galanterie ».

Derrière ce doux patronyme se cache un projet aussi basique qu'efficace. Exit les guitares et autres claviers, Excellente Attitude a décidé de se limiter à la basse et la batterie, l’expression sonore autorisant, épisodiquement, quelques effusions vocales naviguant entre le chant et la déclamation. Difficile donc d'épurer davantage...

Malgré cet apparent minimalisme, les 5 plages de cet Ep gardent constamment l’esprit du mélomane en éveil. L’accroche est permanente. Outre les frappes lourdes et métronomiques du drummer, la ligne de basse dicte la marche du morceau tout en assurant la mélodie. Le duo ne privilégie donc pas la débauche d'énergie au détriment de la subtilité, comme de nombreuses autres paires. Il parvient à agréger ces deux composantes essentielles.

Bref, la musique d’Excellente Attitude évolue au sein d’un univers proche du combo français,

Gâtechien, puisant probablement son influence majeure chez Fugazi. IL y en a d’autre, mais on vous laisse le soin de les déceler… 

N'hésitez donc pas à prendre une bonne dose d'ondes positives, lors des concerts accordés par Excellente Attitude. Quand ? Le 8 mars au Rock Classic Bar et le 24 juin au Magasin 4…

 

dimanche, 31 décembre 2017 02:00

Selfless

Derrière le pseudonyme de Joni Voice se cache le Français Jean Cousin. Originaire de Lille, il s’est établi à Montréal, en 2012, pour y suivre des études de cinéma. Avant de sortir ce premier album, il a notamment publié quelques Eps sous le pseudo de Johnny Ripper. En peu de temps il est parvenu à se forger un nom dans la ville québecquoise, puisqu’il a eu la chance de pouvoir signer sur le prestigieux label Constellation (Godspeed You ! Black Emperor, Silver Mount Zion, Do Make Say Think, …)

Avant d’être compositeur, Jean Cousin est avant tout un bidouilleur hors pair. Sur ce premier opus, aucune ligne n’a été composée par le Français. La totalité des morceaux a été créée grâce à des samples que Joni Void sélectionne et colle bout à bout afin d’obtenir des pièces musicales originales d’une grande qualité.

« Selfless » est un album hétérogène qui, au-delà de la technique utilisée, présente des univers différents. Ainsi, si « Song Sienne », la plage qui ouvre l’elpee, trace des lignes de piano, « Doppler » lorgne vers l’électronica, mais dans l’esprit de Boards of Canada ; et alors que « Yung werther (ogun’s song) » adopte un profil hip hop, « Abjection » véhicule des accents indus, inspirés par Aphex Twin.

Même si l’opus est inégal, il faut reconnaître que l’artiste impressionne par sa technique ainsi que la force visuelle véhiculée par certains morceaux. On suivra donc avec intérêt, la suite de la carrière de Jean Cousin…

 

samedi, 30 décembre 2017 02:00

Snowdonia

Le parcours de Surfer Blood est loin d’être un long fleuve tranquille. Après avoir convaincu la critique musicale, grâce à un superbe premier album gravé en 2010 (« Astro Coast »), le groupe a été poursuivi par les malédictions. Outre des problèmes judiciaires et de label, il a été confronté à la maladie de son guitariste. Atteint d’un cancer, Thomas Fekete quitte d’ailleurs la formation, juste après la sortie du troisième elpee, « 1000 Palms ». Et décède quelques mois plus tard. Kevin Williams, le bassiste, tire également sa révérence. Pour d’autres raisons. Il est remplacé par Lindsey Mills, alors que le guitariste Michael McCleary rejoint le nouveau line up. Les deux remplaçants sont cependant d’anciens potes d’école des musicos originels.

Malgré le contexte difficile au sein duquel ce quatrième LP a été concocté, la musique de ce combo floridien n’a pourtant jamais parue aussi allègre, même si en filigrane, à travers les lyrics de certains morceaux, le deuil remonte à la surface (« Dino Jay », « Frozen »). Paradoxalement ensoleillées, les compos baignent dans une forme de pop/rock aux mélodies limpides et accrocheuses. Les riffs de guitare sont particulièrement efficaces et s’autorisent parfois une ligne en solo. Les chœurs soulignent judicieusement les refrains, à l’instar du single « Matter of time ». Certaines plages bénéficient de brisures de rythme. S’étalant sur un peu plus de 7’, et dans l’esprit de Whitney, le titre maître en est la parfaite illustration. Bref, en 8 pistes, le band yankee nous replonge au cœur des 90’s, évoquant tour à tour Weezer, Pavement ou encore Teenage Fanclub.

Une excellente surprise, à laquelle, franchement, on ne s’attendait pas…

 

samedi, 30 décembre 2017 02:00

Burst

Ce trio louvaniste a eu la bonne idée d’abandonner les reprises de metal pour se consacrer à son propre répertoire. Et franchement, sans ce virage à 180°, on serait certainement passé à côté de l’une des révélations belges, pour l’année 2017. Depuis la sortie de leur premier elpee, Stephanie Mannaerts, Stijn Vanhoegaerden et Peter Mulder ont connu une ascension fulgurante. Outre la multiplication de concerts aux quatre coins du Vieux Continent et sa participation à tous les grands festivals belges, Brutus vient de signer chez Sargent House, label qui héberge des artistes notoires (And So I Watch You From Affar, Russian Circles, Boris, Deafheaven, Chelsea Wolfe ou encore Earth).

Enregistré à Vancouver par Jesse Gander (Japandroids, White Lung, …), « Burst » est un album riche en influences tout au long duquel on ne décroche pas une seconde. Stephanie en est la figure centrale. Outre son excellent drumming, ses prouesses vocales sont chargées d’émotion tout en évitant de sombrer dans le lyrisme exacerbé ou de déraper dans les beuglements. Ses deux compères affichent une excellente technique. Et tout particulièrement Stijn, le guitariste, qui alterne interventions subtiles et percutantes. En outre, en jonglant entre les genres, le groupe rend sa musique imprévisible… 

Si « All Along » lorgne vers le hardcore, « Drive » et « Bird » baignent dans le post-rock/metal. Et « Crack/Waste » adopte un profil carrément math-rock. Des exemples, parmi tant d’autres, qui démontrent toute la richesse de style du band.

Tout comme Oathbreaker, Brutus est un nouveau groupe flamand à suivre de très près. Drivées par des chanteuses à la forte personnalité, ces deux formations parviennent à détacher le métal de ses codes machistes…

 

samedi, 30 décembre 2017 02:00

Animal

Réunissant Guy Tournay (ex-Siamese Queens), Jérôme Damien (ex-Siamese Queens, Black Sheep ainsi que des très éphémères Coming Soon) et Hugo Claudel, Animal Youth constitue incontestablement, une des révélations belges pour l’année 2017. Avant d’enregistrer son premier opus, le trio basé à Bruxelles a accumulé une solide expérience en fréquentant les salles noir-jaune-rouge ainsi que plusieurs festivals estivaux, comme celui de Dour.

Si le noyau dur de la formation émane du punk-hardcore, il faut admettre que les jeunes animaux puisent surtout leur inspiration au cœur des 80’s. Ainsi, les mélodies glaciales et mélancoliques qui hantent « Darkest Place », « Rainy Day » ou encore « Sunday » adoptent certains codes institués par des groupes tels que The Cure, Jesus and Mary Chain. Notamment. La reverb dans les vocaux et les accords de grattes sont omniprésents. Les nappes de claviers sont discrètes. La ligne de basse est caoutchouteuse. Cependant, les instincts primaires ne sont pas toujours gommés. Et ressurgissent épisodiquement. Les cordes de guitare deviennent alors davantage incisives, acérées même. Celles de basse, tranchantes. Ainsi, « Eat you Alive », « Love You (When You’re Dead) » et « To Burn is the Next Big Thing » partagent une même vision post punk que des combos comme Protomartyr ou A Place to Bury Strangers.

Quoi qu’il en soit, proche de l’hibernation ou de la furie, les pistes du premier long playing d’Animal Youth sont alléchantes. Et d’une efficacité redoutable !

 

dimanche, 17 décembre 2017 12:39

Live - Platinum Tips + Ice cream

Depuis le split acté en 2001, Royal Trux, l’un des duo les plus rock’n’roll de ces dernières décennies, était resté plutôt discret. Après avoir quitté Washington D.C pour Los Angeles, Jennifer Herrema a monté RTX, rebaptisé par la suite Black Bananas, mais s’est également lancée dans des domaines plus lucratifs, dont une ligne de jeans et la création de bijoux. De son côté, Neil Hagerty a poursuivi sa carrière chez The Howling Hex.

En 2015 les anciens comparses se sont retrouvés pour accorder quelques concerts. Ce qui a sans doute poussé le tandem à publier un album ‘live’. Deux ans plus tard, Hagerty et Herrema décident de sélectionner 12 titres représentatifs de leur parcours (NDR : jalonné d’une dizaine d’elpees, gravés entre 1987 et 2001) et de les interpréter, sans aucune répétition, lors de deux shows, l’un à New York et l’autre à Los Angeles. Intitulé « Platinum Tips and Ice Cream », cet opus résume donc ces événements, en douze pistes. Soutenu par un drummer et un bassiste, le tandem nous y réserve un rock/garage brut de décoffrage. Et rien n’a été n’a été planifié pour en faciliter la digestion. Le duo ne semble pas s’être assagi et continue à entretenir son mythe créé sur les excès du passé. Difficile de comprendre, au-delà de l’intérêt financier que l’on imagine, celui que revêt cette production…

 

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