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Akim Serar

Akim Serar

jeudi, 28 novembre 2013 19:19

Ruthless Sperm

Un titre d’album bien grivois et une pochette guère ragoûtante pour ces Transalpins accueillis à bras ouverts par Sub Pop.

Une esthétique volontairement peu appétissante qui illustre toute la noirceur d’un album déboulant pied au plancher.

D’entrée de jeu, « Death Climb » martèle sauvagement le désir de ces jeunes gens de se manifester dans le bruit et la fureur, un peu dans l’esprit de Pop 1280.

« Spit Dirt » embraie. Sa rythmique hypnotique et endiablée nous entraîne dans la « Death Valley 69 », pour y accomplir une virée en compagnie de squelettes aux yeux exorbités qui ont endossé des vestes de cuir. Huit minutes bien allumées et férocement addictives.

L’impact créé par « Sea Bug » est à nouveau plus direct. Les voix toujours bien énervées scandent les textes avec conviction. Les motifs de guitares sont découpés par des riffs en dents de scie (électrique s’entend) et dessinent des arabesques qui adoucissent les angles pourtant bien rugueux.

Les textes sont salaces à souhait et nous balancent dans le cambouis de visions cauchemardesques…

Éructés dans l’urgence et la rage qui ne se contient plus (mais on ignore si elle a feint de vouloir se contenir à un quelconque moment).

Et quand le calme revient, c’est plutôt fiévreusement. D’ailleurs l’ensemble de l’opus conduit à un certain état de folie orchestrée.

La douceur est maladive (« Red Earth ») et sans atteindre le degré d’aliénation du « Pornography » de The Cure, renvoie néanmoins à cet état d’esprit fébrile où il hésite entre sombrer définitivement ou tenir debout encore quelques brefs instants.

Le long playing s’achève en roue libre, submergé par une dernière perspective malsaine.

Une œuvre ténébreuse et dans l’ensemble assez convaincante, même si elle tend parfois vers la caricature.

Après une flopée de singles, His Electro Blue Voice signe donc un album prometteur qui donne résolument envie d’en entendre davantage.

 

jeudi, 28 novembre 2013 19:17

Me Moan

Alors que la plupart d’entre nous se demandent encore qui est ce Daughn Gibson, celui-ci se forge peut-être déjà une belle réputation outre-Atlantique.

Ou peut-être pas. Mais gageons qu’il s’en moque.

Car tout au long de cet album, cet illustre inconnu semble avant tout se révéler à lui-même.

Ancien camionneur (parmi d’autres boulots insolites issus de l’‘histoire de l’Amérique Glamour’ en treize volumes) et relativement peu connu pour ses faits d’armes comme batteur au sein de Pearls And Brass (ce qui du reste n’étonnera personne), cet homme est une sorte d’incarnation du mythe Américain.

Non pas celui qui privilégie l’arrivisme pour gravir les sommets, mais le mythe plus ancré à la terre et l’histoire de ces anonymes qui sont appelés à le rester, parviennent à atteindre la consécration de soi.

Cet éveil des sens fait naître, généralement et tardivement, l’excellence qui se cache au fin fond de la chair, dans les tourments de l’âme, et blablabla et blablabla…

S’il est encore tôt pour crier au génie, force est de constater que l’indéniable talent de cet artiste suinte comme la graisse de moteur sous le capot de cet album, son deuxième à ce jour.

Repéré par SubPop, ce baroudeur à la voix de baryton propose une relecture complète de la Country, du Blues  et du Folk ou en tout cas de l’ossature de ces grands mouvements migratoires made in USA.

En y incorporant de lumineuses incursions électroniques qui habillent élégamment des chansons tantôt chiffonnées, tantôt carrées comme la silhouette d’un bûcheron, l’ami Daughn (NDR : bonjour la prononciation !) soulève la poussière qui a tendance à se déposer sur la tombe de ses précurseurs, d’Elvis à Johnny Cash.

Aidé lors de l’enregistrement par John Baizley (Baroness) ainsi que Jim Elkington (Brokeback) et se servant parcimonieusement d’une multitude d’instruments, Gibson a pondu un album d’une solide consistance. Une œuvre chargée de subtilités qui se découvrent écoute après écoute et rehaussées de belles mélodies qui ne demandent qu’à mûrir dans l’espace auréolé de nos mémoires.

Un disque à écouter en version panorama.

 

jeudi, 28 novembre 2013 19:15

Lesser Evil

C’est un album terriblement excitant et pourtant bien difficile à appréhender.

Schizophrénique et loin d’être accessible, mais bourré de trouvailles et d’audaces.

Mû par une architecture interne complexe, née d’un cerveau bouillonnant et oscillant entre deux pôles.

D’une part une certaine évidence Pop contrebalancée d’autre part par un indéniable souhait de brouiller les pistes (de danse), de chambouler les canevas, de maltraiter les facilités.

C’est forcément un peu Arty (d’ailleurs Airick Woodhead, l’alien qui tire les ficelles derrière ce projet, a migré de Montréal à Toronto il y a quelque temps, se rapprochant d’une certaine scène au sein de laquelle figure notamment Grimes).

C’est surtout novateur.

Vitriolées, décomplexées, mutées en objets non identifiables, les mélodies qui parsèment cet elpee se tapissent sous le couvert de sonorités recherchées, travaillées, savamment torturées et s’immiscent dans le subconscient, presque à l’insu de l’auditeur.

Si rien ne semble évident ici, tout paraît pourtant judicieux.

Car rien n’est gratuit, tout est mûrement réfléchi.

Le résultat respire la liberté mais à aucun moment ne souffre d’un excès de zèle qui aurait ruiné l’ensemble, en le parsemant de détails encombrants.

C’est un voyage intrigant en terre de fantasmes syncopés, de rêves complexes et décomplexés, de visions binaires déclinées entre algorithmes pervers et claudicants.

Il nécessite sa part d’efforts, sous peine d’être déstabilisé, et de passer totalement à côté.

Mais une fois entré dans cet univers particulier, on réalise qu’il aurait été dommage de rater cette expérience…

 

jeudi, 28 novembre 2013 19:06

April March & Aquaserge

Inébranlable manne à hits, l’histoire ressert à volonté les plats qui ont fait les grandes heures de la musique et ravissent les grands enfants nostalgiques que nous sommes.

Resucée cyclique qui comme la roue de Lollipop, tourne pour la nuit des temps.

Ainsi, au fil des décades, chaque génération retrouve avec bonheur les recettes d’hier et les accommode à la sauce du jour, pompant généreusement l’héritage parental ou le spoliant sans vergogne.

Rien de mal à adopter cette démarche. Tout nouveau style se nourrit inévitablement d’influences diverses, quand d’autres se contentent de recréer le plus fidèlement possible les vestiges du passé.

Le véritable génie consiste alors à transcender les genres et en concevoir quelque chose de pertinemment nouveau, malgré le côté vintage, quitte à y associer des références pas spécialement évidentes.

C’est exactement ce que nous offre cette union entre la jolie Elinor Blake (alias April March), dont le fait d’arme le plus racoleur est sans conteste la reprise de « Laisse Tomber Les Filles » d’un certain Serge Gainsbourg, figurant au générique de ‘Death Proof’ de Tarantino et les musicos d’envergure que sont Julien Gasc (Stereolab), Julien Babagallo aux fûts (Tame Impala) ou encore Benjamin Glibert (Acid Mothers Temple), soit le collectif Aquaserge.

Même si leur collaboration n’est pas nouvelle, puisqu’on les avait vus se tripoter du côté de chez Tricatel.

Mais ici le fil conducteur procède d’un amour inconditionnel pour une certaine Pop aux accents Yé-Yé, même si quelques incursions psychédéliques sont tolérées en trame de fond.

Un Revival certes révérencieux, mais décliné sans faille et qui s’autorise quelques incursions inventives du meilleur effet.

La fraîcheur est au rendez-vous et si on accepte sans sourciller cette virée au volant d’une Cadillac décapotable, donc les cheveux au vent, en serpentant entre les collines bordées de friandises acidulées, on y prendra un certain plaisir.

Le charme désuet de l’objet étant d’ailleurs l’identité même du projet.

Une sucette multicolore (à l’inverse d’un packaging tristounet) qui se déguste nonchalamment, avec insouciance et sans inutiles attentes.

A côté de cet aspect faussement sage, on découvre, en contrepartie, une syntaxe musicale plus complexe qui éveille un intérêt différent que celui suscité par d’évidentes mélodies (et dont « Ready Aim Love » en est la parfaite illustration).

Mixé par John ‘Tortoise’ McEntire, cette plaque rend bien sûr hommage au grand Serge et à toute une époque, mais se détache du peloton de suiveurs pour gravir seule les cols conduisant au paradis (artificiel), jardin d’Eden où se côtoient Nico et le Velvet, Syd Barrett, et bien d’autres encore.

En somme, une virée de Beatniks chez les Yé-Yé.

 

jeudi, 28 novembre 2013 19:04

Le grand Discours

C’est un Irlandais qui roule sa bosse. Tout au long de ses pérégrinations, il enregistre ses chansons en bénéficiant de l’aide précieuse de ceux et celles qui croisent sa route et apportent leur contribution modeste à l’œuvre toute aussi modeste de ce vagabond céleste.

Ainsi on croisera sur cet album Antoine  Wielemans des Girls In Hawai ainsi que d’autres artistes figurant parmi les remerciements.

C’est un voyage au goût ferroviaire (l’arrière de la pochette illustre un Rail Pass, notre homme écume les gares depuis des années).

Un trajet à plusieurs vitesses, entre Dublin et Bruxelles, enregistré entre deux mille trois  et deux mille dix mais qui risque d’en laisser plus d’un à quai.

Foncièrement sympathique, le projet ne manque pas de charme, mais n’éveille pas non plus un réel enthousiasme.

C’est certes agréable, mais un aller simple aurait largement suffi...

 

jeudi, 28 novembre 2013 19:03

Sleeper

Ex-star des podiums de mode, Carmen Hillestad (NDR : c’est son véritable nom), n’a bien entendu rien d’un vilain petit canard.

Masquant son joli minois sous un tas de poils hirsutes, pour illustrer la pochette de son premier album, cette Américaine exilée à Londres peut aujourd’hui se consacrer à sa passion.

La démarche (sic !) n’est pas anodine et suggère qu’on s’attarde sur la musique en faisant fi de son physique de mannequin.

Du reste « Sleeper » recommande plutôt de s’attarder sur les coulisses sombres de la psyché de cette Mexicano-norvégienne (une dualité de tempérament qui fait surface dès la première écoute) plutôt que sur les strasses et paillettes qui aveugleraient notre jugement.

Le sombre « Obedience » résume à lui seul l’esprit de cet elpee qui fonctionne au feeling et à l’envie.

L’envie d’une jeune femme qui a écouté Sonic Youth et Royal Trux pendant que certaines de ses condisciples se rêvaient starlettes de cinéma.

Ambiances sombres et sensuelles (« Make A Shell », délicieusement noir comme une veuve énigmatique), pour un premier essai vraiment réussi.

Elle aborde pour thèmes la recherche perpétuelle de nouvelles sensations ou encore les tentatives d’évasion d’un monde qui ne la satisfait pas.

On pense à Jessica Bailiff, Ema et Bikini Kill avant d’oublier toute référence et de s’abandonner à l’univers personnel de Carmen.

Un premier pas décisif en dehors du tapis rouge.

 


 

dimanche, 17 novembre 2013 02:00

Crossing Border 2013 : dimanche 17 novembre

Rendez-vous annuel mêlant musique et littérature, le Crossing Border, comme son nom tend à l’indiquer, se moque des limites et des frontières, linguistiques ou autres.
Faisant escale à La Haye, Enschede et Anvers depuis quelques années, cet évènement fait la part belle à la poésie, qu’elle soit chantée, déclamée ou juste posée sur papier.
Une sorte de foire intellectuelle, sans aucun sens péjoratif, ni prétention, qui prend ses quartiers le temps d’une soirée dans le magnifique théâtre de l’Arenberg.

L’affiche y est donc bigarrée (et pas similaire d’une ville à une autre), et les précédentes éditions anversoises ont déjà vu défiler du beau monde.
Musicalement, cette année paraissait un moins rien audacieuse, et surtout, avait la particularité de proposer simultanément trois têtes d’affiche susceptibles d’attirer le même monde.
Au vu du line up, cette situation constituait une décision mystérieuse et pas très inspirée.
Il fallait donc opérer un choix ce soir, et ne pas se tromper.

D’un côté Savages, quatre indomptables donzelles qui transfigurent les genres (du Post Punk à la Cold Wave, au hasard). Des genres tellement laminés par des groupes se proclamant dignes héritiers ou tout simplement étiquetés à tort et à travers depuis maintenant trois décennies.
D’un autre côté, Aidan Moffat, l’Ecossais et son accent pâteux à couper à la scie circulaire qui depuis la fin de feu Arab Strap se décline en collaborations multiples et souvent ennuyeuses.
Enfin, les Anglais de These New Puritans, emmenés par leur singulière tête pensante, énigmatique génie transcendé par la douleur que lui réclame le long et difficile processus créatif débouchant sur des œuvres à nulle autre pareille.

Choix cornélien pour beaucoup, mais évident pour ma part.

Je débarque donc au rez-de-chaussée sur le coup de vingt-deux heures.

L’espace baptisé ‘Club De Ville’ se remplit rapidement. Signe qui ne trompe pas et souligne l’intérêt général : la plupart des artistes qui se sont produits jusqu’alors se concentrent, tantôt derrière la scène, tantôt devant.

C’est qu’il est fait grand foin de « Silent Yourself », premier album de Savages, et peut être encore plus de leurs prestations.

Votre serviteur, absolument convaincu par leur concert accordé au Pukkelpop, n’avait qu’une hâte : les revoir et me laisser joyeusement violenter les conduits auditifs dans un endroit encore plus propice à l’extase.

« I Am Here » pose le constat d’emblée.

Jehnny Beth, Gemma Thompson, Fay Milton, et Ayse Hassan ne sont pas venues pour faire de la figuration.

Leur musique, viscérale et charnelle galvanise. Et elles entendent bien l’exposer avec force et respect. Ainsi la leader n’hésite pas à imposer des codes stricts à leur auditoire. A prendre ou à laisser. Déjà, lors de leur passage au Botanique, un message barrant l’entrée de la salle demandait expressément l’extinction des GSMs.

Ici, ce sont les photographes qui se voient intimer la plus grande discrétion pendant l’exécution des titres.

Camille Berthomier (alias Jehnny, ex-John & Jehn) peut dès lors paraître prétentieuse ou tout du moins intimider.

Néanmoins, il est aisé de comprendre que le personnage qu’elle campe en ‘live’ exige un abandon total qui se nourrit en retour de l’attention totale des spectateurs et ne peut souffrir d’inutiles distractions.

Bien qu’enrhumée, sa voix n’en laisse rien paraître et ses yeux grands ouverts dans le vide captent l’énergie palpable qui se dégage autour d’elle comme un spectre sonore.

Le set gagne en intensité, alors que défilent les déjà incontournables « Shut Up », « City’s Full » ou encore « She Will » ou « Husbands » (malgré les problèmes techniques rencontrés par la bassiste lors de ce morceau).

Enfin, le point d’orgue, la sentence finale : ‘Don’t let the fuckers get you down’ susurre Jehnny avant que « Fuckers » ne prenne toute son envergure et explose à nos faces réjouies.

C’en est fini ! Les escarpins rouges de la frontwoman s’éclipsent dans la fureur du bruit.

Mes oreilles saignent.

Le rouge et le noir se sont encore épousés en des noces barbares.

Il me reste une vingtaine de minutes de These New Puritans à consommer. Alors je gravis quatre à quatre les marches menant à l’intimité de la salle de théâtre, pour la circonstance dénommée ‘La Zona Rosa.’

Je prends place dans un des sièges de velours rouge et laisse mon attention se faire happer.

Malheureusement, le set en est déjà à son amorce finale.

« Fields Of Reeds » résonne comme  une oraison funèbre et sonne le glas de cette nuit.

Quel regret tout de même d’avoir dû faire ce choix.

« V (Island Song)» achève leur prestation.

La réaction du public semble pour le moins partagée.

Alors que certains spectateurs quittent la salle à quelques minutes de la fin, je vois une jeune fille se dresser et manifester son enthousiasme en applaudissant à tout rompre.

Certes, le travail de Jack Barnett n’est pas des plus accessible, et l’étendue de son talent le dépasse parfois lui-même. Il n’est donc pas étonnant que sa musique, exigeant de nombreux efforts, laisse certains spectateurs non préparés à quai.

Pour le peu que j’ai pu voir et vu de la complexité de « Fields of Reed », son dernier opus paru cette année, je regrette donc d’avoir à peine eu le temps de goûter à cet étrange objet du désir.

Pour le reste ?

Un set enjôleur et convaincant de Radical Face, emmené par un Ben Cooper en grande forme, jouant sur les inflexions de son diptyque « A Family Tree ».

Un John Grant classe dont la prestation jouissait d’une grande qualité sonore.

Un RM Hubbert seul face à ses convives, pour la plupart plus absorbés par leur repas.

Armé de sa seule gratte folk, l’ex-El Hombre Trajeado a difficilement tiré son épingle du jeu. Et le renfort d’Aidan Moffat, en fin de parcours, n’a pas réellement sauvé la situation.

Enfin, signalons encore l’efficacité de Caveman, dont l’énergie et l’entrain ont visiblement compensé le manque évident d’originalité de leurs compositions.

Au final, reste cette pénible impression d’être passé à côté d’un grand moment en en ayant préféré un autre.

(Organisation : Crossing Border)

 

Une rapide inspection de ma mémoire se solde par un constat effarant.
La dernière fois que j’ai assisté à un concert de Nick Cave, c’était il y a déjà dix-sept longues années.
Oui. Dix-sept ans.
Un concours de circonstances heureuses et je fonce vers Esch-Sur-Alzette, en cette soirée qui sent déjà le début de l’hiver.
La Rockhal
est encore une des dernières salles à permettre de profiter d’un live de grande envergure dans des conditions optimales.
Malgré une foule de fans, le confort reste idéal et c’est un luxe par rapport à certaines autres installations.
L’endroit propice pour retrouver cette légende vivante après autant de temps.
Nick Cave m’a toujours impressionné. De par son aura, de par son talent, de par son insatiable gourmandise au travail.
Si mon admiration s’était quelque peu estompée, suite à la publication d’œuvres un peu trop anecdotiques voire moins inspirées (NDR : exception qui confirme la règle, le projet parallèle baptisé Grinderman), « Push The Sky Away », paru cette année, avait sensiblement ravivé la flamme de ma passion.
Et si par malheur, j’avais oublié quel incroyable monstre de scène l’Australien incarnait, et bien il s’est chargé de me le rappeler ce soir. Une gifle énorme assenée par sa main rouge, laissant la marque de la bête sur mon visage cramoisi.

Toujours impeccablement sapés, Nick et ses mauvaises graines s’emparent de la scène. Et dès les premiers instants de leur set, les fans agglutinés à leurs pieds sentent déjà le souffle brûlant de cette atmosphère qui va bientôt consumer l’auditoire.

Entamant leur parcours par deux perles du dernier album en date, à savoir « We No Who U R » et « Jubilee Streeet ».

Un début en douceur, mais qui prélude déjà la rage contenue ne demandant qu’à exploser.

Un orage qui ne tarde pas à venir cambrer la silhouette de Warren Ellis, comme agité de spasmes électriques ainsi que son violon transformé en guitare, éructe ses notes magiques sur « Tupelo »

On ne dira jamais assez combien Monsieur Cave sait s’entourer de personnages se comportant comme de véritables révélateurs de tout son génie.
Mick Harvey ou Blixa Bargeld hier, Ed Kuepper ou le phénoménal multi-instrumentiste à la longue barbe mystérieuse aujourd’hui.

Et de plus, nul homme sur terre n’est à mon sens capable de tirer de telles complaintes fiévreuses d’un violon.

Tandis que celui-ci échange son instrument fétiche contre une flûte traversière, une « Red Right Hand » jette son ombre sur les murs de la salle.

Une apogée cyclonique qui se prolonge dans l’immuable « From Her To Eternity ».

Un déchaînement rageur qui nécessite forcément une accalmie, de sorte à contraster violement et laisser l’ex-Birthday Party nous démontrer, si besoin était, qu’il maîtrise parfaitement les deux extrémités du spectre.

Chuchotements et caresses vocales viennent donc grossir les cœurs sur « Into My Arms » après avoir été déposées par un vibrant « West Country Girl ».

Insistant auprès de son public pour cueillir l’une ou l’autre proposition, le groupe entame alors « Sad Waters » puis enchaîne par « God Is In The House ».

Alléluia ! L’univers s’est rétréci et s’est lové autour de nous.

Il lui faut donc retrouver sa place initiale ou tout du moins ses infinies proportions, alors Nick Cave attaque « Higgs Boson Blues »

Maître du temps et de l’espace, il se jette alors tête en avant dans une version enflammée de « Mercy Seat » tandis que son compère Ellis balance une énième fois son archet dans les airs à la fin du morceau.

« Stagger Lee » et « l’introspectif « Push The Sky away » viennent clôturer la première partie du concert de Nick Cave & The Bad Seeds

« Give Us A Kiss » largue de nouveau les amarres, mais le navire australien n’accordera plus que trois escales supplémentaires.

L’incontournable « Do You Love Me », le poignant « Weeping Song » et le vénéneux « Jack The Ripper » viennent alors clôturer ce voyage fantastique.

Le choix des chansons aurait pu être plus pertinent pour le vieux fan que je suis, mais il n’en demeure pas moins que la prestation de ce soir m’a définitivement et absolument rendu impatient de revoir ce monstre sacré.Et dire que je ne puis me rendre à Anvers, ce lundi…

(Organisation : L'Atelier)

 

samedi, 16 novembre 2013 13:41

Haven

Vous n’avez pas pensé à associer le nom de Pieter Nooten à Clan Of Xymox ? Rien de préjudiciable, néanmoins.

Car « Haven » appartient à ces albums hors format qu’il est inutile d’étiqueter et qu’il suffit d’apprécier.

Bande originale d’un voyage spatial extatique, composé uniquement à l’aide de logiciels, ce double CD, révèle ce génie méconnu qui flotte dans l’apesanteur.

A des années lumières de la New Wave proposée en son temps par le groupe de Nimègue, mais peut-être plus proche de certaines ambiances développées par This Mortal Coil, auquel notre homme a collaboré, « Haven » ondoie en permanence dans l’esprit, ouvre ici et là des portes sur autant de paysages magnifiques, où la beauté et le calme se disputent l’attention de l’auditeur dans une danse sensuelle et étrangement organique quand on connaît le processus de travail caractérisant l’œuvre en question.

Des nappes synthétiques en suspension semblables à de brumeuses aurores aux parcours fiévreux de doigts qu’on imagine longilignes sur de virtuels claviers d’ivoires, tout ici confère au sublime, sans artefacts, comme une ode à la réalité née d’instruments qui n’existent pas réellement…

Là où la surabondance d’effets divers et la surenchère technologique aurait pu nuire à son projet, Pieter Nooten choisit la parcimonie et l’économie.

En résulte un chef-d’œuvre d’une éblouissante et intrigante splendeur (ah ! quand j’aime, je ne lésine pas sur les mots !) naviguant dans des eaux émeraudes qui ne sont pas sans rappeler les premiers Slowdive.

Etrange de faire référence à un groupe ‘guitares’ alors qu’on imagine plus Michael Nyman ou Philippe Glass en songeant à ce type de musique ?

Pas certain, dès que vous aurez découvert cet opus.

 

samedi, 16 novembre 2013 13:33

Ores & Minerals

Conan, Jack and Neil. They proviennent de la planète terre. Ont joué avec et dans d’autres formations. Sont influencés par toutes sortes de musiques et d’Art en général qui les ont précédés… Ils enregistrent des disques et se produisent sur scène.

Ce sont les présentations officielles formulées sur le site du groupe.

Pour rester fidèle à la définition de leur musique, on ajoutera qu’au sein de leur discographie, « Ores & Minerals » constitue leur second opus. Un second essai plutôt réussi, plus mature et même carrément moins foutraque qu’« A Thousand Heys » qui fleurait quand même bon l’esprit juvénile.

Imprégnés d’un esprit Kraut à la sauce Pop, ces onze titres trouveraient naturellement leur place au sein de n’importe quelle capsule spatiale à destination des étoiles.

De rythmiques elliptiques en mélodies vocales légères et aériennes, les compositions de ce groupe londonien s’envolent librement vers des sphères abandonnées par toute gravité.

L’étrange nébuleuse de « Leominster » vient cependant souffler comme une brise intemporelle au trois-quarts d’un album au demeurant pas si passéiste qu’on ne l’imaginait.

Et bon sang, le chant de Jack Cooper me rappelle celui de…

Mince ! Impossible de retomber dessus…

 

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