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Akim Serar

Akim Serar

vendredi, 23 août 2013 18:58

Wounded

On ne vous fera pas l'injure de vous présenter BRNS, the next thing to be qui-l'est-déjà.

Fort de sa réputation acquise en 'live', restait à graver sur galette tout le potentiel scénique, cette énergie brute mêlée à des mélodies imparables ; bref, à ne pas se louper lors de la confection de ce premier album.

Si on ne dénombre que sept titres (ce qui est un peu mince), ceux-ci sont à la hauteur des attentes.

On retrouve donc avec bonheur « Deathbed » et son entêtant refrain ('I Love You So'), l'incontournable « Mexico » qui nous emmène sur des montagnes aztèques fichtrement russes, ou « The Story Of Bible » dont la ritournelle obsédante et les vagues chatoyantes d'ondes électriques s'échouent en cascades tout en se rappelant joyeusement à nos mémoires.

Et si le band jouit d'un succès amplement mérité en Belgique, mais aussi de plus en plus au-delà, s'il est encensé par les critiques étrangères, loué par ses pairs et pointé comme l'un des groupes à découvrir urgemment par sa Sainteté la BBC, ce n'est que justice, en regard du talent de ces jeunes gens.

Les rythmiques fracturées qui construisent des ponts dorés vers des cieux lumineux de « Our Lights » achèvent ce trop court périple en pays d'excellence.

En résumé, si vous l'ignoriez encore, BRNS est la sensation à ne manquer sous aucun prétexte !

 

vendredi, 23 août 2013 18:57

Putting Things On Top Of Other Things

Si on comprend bien le titre de l’elpee, certaines choses ont été mises en avant, quitte à en recouvrir d'autres… Un peu comme si la somme d'expériences, accumulées au fil du temps et d’aventures vécues au sein de différentes formations musicales, avait permis de donner naissance à un album d'excellente facture.

De La Vierge Du Chancelier Rolin dans la première partie des nineties à Ceili Moss depuis 96, Laurent Leemans a forgé sa voix grave dans un Folk sombre et tourmenté.

Un besoin d’émancipation le pousse aujourd'hui à extrapoler et trimbaler cette valise imaginaire emplie de rêves et d'illusions volatiles.

Dans un registre différent mais pas éloigné.

La biographie fait état de nombre de références que j'avoue ne pas avoir retrouvées, mais l'essentiel procède justement de l'originalité du projet.

Théâtral et hanté, très varié, cet opus voyage au cœur de paysages souvent plombés par un ciel orageux, mais où quelques éclaircies sont les bienvenues.

Si « Frozen Feathers » aurait pu, par exemple, naître de la fusion charnelle entre les Levellers et Wovenhand, on songe parfois aussi aux Virgin Prunes.

Soignée, la production enrobe, tel un écrin soyeux, des compositions qui flottent comme un banc de brume au dessus d'Avalon.

Et Laurent de nous guider en barque au milieu des roseaux comme le ferait la dame du lac.

 

vendredi, 23 août 2013 18:55

Wake Up The Joy

Un rayon de chaleur descend et vient caresser une peau ornée de roseaux tatoués. Un sourire s'étire généreusement en travers d'un visage baigné d'une douce lumière comme un lever de soleil sur une nouvelle Aube.

Si la joie s'invite sur ce cinquième album, comme jamais auparavant, elle revêt des atours scintillants mais n'oublie à aucun moment qu'elle est le fruit de noces ténébreuses entre  blessures d'hier et délicieuses promesses de demain.

Mise à nu dans une perception pleine du bonheur, Aube L continue son chemin, loin de toute balise, libre comme l'air et reconnaissante envers la vie.

Un chemin intérieur qui à la croisée des doutes, se fait fort d'appeler en renfort l'Amour.

Universel tant que personnel, celui-ci est le soleil qui guide les notes, les intonations de l'extraordinaire voix de cette artiste en tout point différente et d'une générosité hors du commun.

Pas de sensiblerie de pacotille, mais autant de témoignages sincères que de chansons formidables ici.

Aux 8 titres s'ajoute la production gourmande d'une jeune femme qui au travers de sa musique transcrit parfaitement le cheminement intérieur la conduisant aujourd'hui à cette sérénité.

Chaque plage est un hymne à la joie, une ode au bonheur, comme une leçon tirée au suc de la vie. Un suc parfois amer, mais qui mûrit en des fûts de scènes, celles que parcourt cette artiste aujourd'hui comme hier elle arpentait les allées du métro parisien.

Au fil de ses albums Aube acquiert de l’expérience et cette confiance se traduit par une production sobre mais en exacte harmonie avec ses chansons.

Et quand retentit les intonations graves et les envolées déchirantes de « Hold Me », à la fin de l’opus, on reste encore un long moment étreint dans une douce félicité.

 

vendredi, 23 août 2013 18:54

Vicissitude

Le dictionnaire de l'Académie Française nous apprend que vicissitude se dit de toute révolution, changement par lequel des choses différentes se succèdent les unes aux autres.

Évolution plus que révolution, en fait, puisque comme la queue d'une comète, le projet de James Chapman trace sa voie dans la constellation Maps en suivant un corps astral appelé à s'éteindre dans un futur plus ou moins proche (et au vu de la distance qui nous sépare, cette comète s'est peut être déjà éteinte sans que nous le sachions).

Suivant un chemin balisé dans un ciel bercé d'une aurore boréale.

Un peu légère, cette électro pourrait cependant servir de bande sonore pour la prochaine nuit des étoiles...

 

vendredi, 23 août 2013 18:52

Relation Cheap

Cet album déboule comme la semi-remorque d’un camion, lancé en pleine course, dans une descente folle, et vous choppe au passage.

Et si on le prend en pleine gueule, force est de constater que c'est un peu notre faute, vu qu'on marchait en dehors des clous.

Lizzy Mercier Descloux, dont le fantôme semble bien présent, calé dans le siège passager, le sourire frondeur et la mèche au vent.

Mais outre cette pionnière de l'avant-garde new-yorkaise made in France, on rencontre du joli monde en termes d'influences.

Et comme Mell sait manifestement s'entourer, « Relation Cheap » offre dix titres directs comme autant d'uppercuts assénés avec un gant de velours.

Car bien sûr, sous leurs allures solides et enduites de cambouis, ses chansons sont emplies d'humour et de subtiles nuances qui ne sont pas sans rappeler le Bashung d'une époque, le Gainsbourg d'une autre.

Et à l'autre bout du spectre, éloigné de ses filiations qui sonnent frenchie, on pourrait citer Iggy Pop (à qui Mell a emprunté Toby Damnit, l’ex-batteur de l'iguane, pour la production de l'album « Western Spaghetti », en deux mille onze), Nick Cave (pour le côté classe du costume sans cravate, mais un nœud coulant autour de la gorge quand la mauvaise graine d'Australie saigne la bête qui s'ébat en lui) ou encore un paquet d'autres sources majeures mais pas forcément évidentes à la première écoute.

Et on pourrait ajouter Kerouac pour l'esprit aventureux et libre des lyrics, cet esprit vagabond qui hante cet elpee.

Cette référence littéraire n'est pas fortuite, puisque l'artiste se fend de trois ouvrages écrits.

C'est donc à un personnage de caractère qu'on est confronté.

Pour preuve, on notera que ses débuts musicaux sont nés d’un pari.

À l'écoute de ce disque, louons donc celui ou celle qui lui aura jeté ce défi comme un pied dans la face (« Un Pied Dans La Face », premier album sorti en deux mille trois sur le label indé A.N.D. Music)

Sous des allures débonnaires, « What's Your Name Again » entame donc la découverte de l'univers atypique de Mell.

A premier abord on s’amuse des textes ('… Comme un travesti au Pakistan / Je sors de ma cachette de temps en temps...') et on est séduit par cette nonchalance qui se décline sur un air Rockabilly, plus Burnette que Johnny.

Mais déjà, on décèle que quelque chose de différent se trame là-dessous.

Les titres se succèdent et il paraît évident qu'on y reviendra vite.

De fait, l'album s'achève à peine, qu'un désir irrépressible d'y retourner vous envahit. De replonger la tête la première dans ce bain bouillant.

Et il serait stupide de s'en priver.

Ainsi on se délecte de ses subtilités qui tentent de vous échapper à première écoute (tant musicales qu'au niveau de l'écriture) et deviennent bien vite évidentes, puis indispensables.

« Relation Cheap » est donc crapuleusement addictif et divinement jouissif de bout en bout. Un opus décalé (la cover de « Succès Fou » de Christophe), intelligent, osé, drôle, tendre, subtil, et...

Bref, ce genre de disque qu'on se passe en boucle et vers lequel on revient en cas de blues ou les jours de fêtes.

Indispensable !

 

vendredi, 23 août 2013 18:51

7''

En se servant d’un jeu de dialogues brisés entre instruments et voix, les Nantais de Papier Tigre tracent leur voie sinueuse au cœur du paysage français sans feindre de se retourner. Faut dire, qu’ils émargent au Math Rock.

Énergique en diable et brutal comme une montée de sève dans un conduit cérébral, « Personal Belongings » crève en douceur les tympans communiquant ce plaisir immédiat qu'on ressent à l'écoute de quelques attaques basiques de guitares conjugués à des montées mélodiques branlantes sous les assauts d'une batterie rageuse.

« The Difficult Age » poursuit dans la lignée de cette traînée de poudre, et à intervalles irréguliers, se libère en explosions juvéniles.

Signés sur Sick Room Records et distribué par Africantape, le band devrait voir grossir le rang de ses fans dans les mois à venir.

En attendant, ce seven inches devrait ravir les a(math)eurs du genre.

 

vendredi, 23 août 2013 18:49

Tigre De Papier

A première vue, ce tigre de papier mâché semble bien inoffensif.

Son folk rock voudrait parfois montrer patte blanche et laisser percevoir les événements sous un autre angle, mais il n'arrive pas pour autant à réellement décoller.

Oui, quelques sonorités recherchées laissent circonstanciellement transparaître une volonté certaine de se détacher d'une chanson française formatée, mais si les bonnes idées sont présentes, le résultat lui, laisse sur sa fin (faim ?)...

Bienvenues, certaines digressions (comme ces ambiances, par exemple, qui enrobent « Animal ») sont hélas contrebalancées par des travers gauches du genre mielleux (NDR : « A La Bouche », dont l’intonation de voix me fait grincer des crocs) ou de quelques mélodies d'une vilaine banalité (« Ailleurs »).

Clairement, « Polaris » n'est pas pour autant un mauvais album. Il souffre juste d'un trop grand besoin de bien faire et de plaire.

Cependant, si vous avez aimé le duo Bauer -Zazie, vous pourriez y trouver votre compte...

 

samedi, 17 août 2013 03:00

Pukkelpop 2013 : samedi 17 août

Tout au long de cette troisième et dernière journée, les organismes émoussés tentent de retrouver vigueur et enthousiasme au fil d'une affiche démarrant sagement pour se terminer en feu d'artifice, comme le veut la tradition.
Une affiche toujours répartie sur huit scènes et imposant bien sûr quelques choix cornéliens.

Day 3

Pauvre Regina Spektor !

Et pauvres fans désabusés.

Victime de problèmes sonores récurrents, la chanteuse ne pourra offrir que trois titres à celles et ceux venus l'applaudir ; et encore, en formule voix/piano uniquement qui, en l’occurrence, la loge plus près du spectre de Tori Amos que d’An Pierlé.

Sensibles, ces chansons pour filles soulèvent néanmoins, en l'espace de ces dix minutes, quelques poils rescapés de toute récente épilation.

Un pétard mouillé mais qui n'altère pas l'humeur générale.

Ainsi l'arrivée d’Alabama Shakes est accueillie chaudement, non seulement par un ciel à présent parfaitement dégagé, admis par une assistance qui doucement s’amasse devant la Main Stage.

Brittany Howard possède un savoir-faire digne d’un vieux crocodile issu du bayou, et suscite l'admiration. En témoigne quelques bouches figées en un 'O' béat.

La Sudiste a du coffre et tout en réveillant quelques vieux démons féminins, elle ferait bien frémir les plus sceptiques.

Certes l'originalité n'est pas l'élément principal de cette musique aux accents très Roots, mais porté par la voix de sa chanteuse, charismatique sans être belle, elle nous transporte vers les horizons dégagés de l'Alabama où souffle quelques fantômes séculaires chuchotant l’une ou l’autre histoire depuis longtemps oubliée.

De quoi gommer la déception provoquée par le forfait de Neil Young, la veille.

Comparativement, les jeunes de Kodaline ne sont guère transcendants, et leurs compositions outrageusement Pop sont juste bonnes à contenter les amateurs de Coldplay délavé.

Recette éculée et sans inventivité qui suffit à me faire bâiller.

La musique de Holy Other est certes contemplative mais dégage nettement plus d'émotion, quant à elle.

Bien qu'un poil statique, le set du jeune homme élève l'auditoire dans un état de grâce, grâce ( ?!?!) à ses sonorités sensuelles et charnelles.

À l'image de ces mains qui en arrière-plan se saisissent de différentes matières (de la soie à l’aluminium), les malaxent, les triturent, et les froissent lentement.

Par analogie, les sons prennent ainsi forme et se matérialisent sous nos yeux.

Une subtile expérience qui laisse rêveur.

Quelques enjambées plus loin, première incursion dans le Dance Hall pour assister à la prestation ludique des !!! dont les déhanchés so sexy du leader suscitent l'amusement. Moulé dans son petit short Rolling Stone, Nic Offer s'offre en spectacle sans peur du ridicule.

On nage clairement dans le Disco Funk à tendance Pop, et l'attitude débonnaire du chanteur tranche radicalement avec le sérieux des autres membres du band.

Leur set hédoniste se partage entre fans et non fans. Il évolue à la croisée d’une multitude de chemins tout en se jouant des codes en vigueur.

Mais le temps presse, et les aiguilles de mon GPS (Groupes Principalement à Suivre) s'affolent alors que les noms se chevauchent sur le mur de mes désirs.

Puisqu'il choisir, je reviens vers The Soft Moon qui m'avait personnellement déçu lors de son concert au Magasin 4.

Celui de ce soir va démentir ma première impression.

Soit une prestation hermétique oscillant entre une Cold Wave pornographique (en référence bien entendu à l'album de Cure) et une distance digne de Jesus And Mary Chain (bien que Luis Vasquez semble plus timide qu'animé d'une quelconque volonté d'ignorer le public) mais qui génère de véritables secousses de plaisir.

Scellé dans un moule austère, la musique se cristallise et ses éclats teintés d'un gris sépulcral figent l'air chaud emprisonné dans le Castello, jusqu'à lui donner des allures de mausolée.

Comme un long tunnel dont la lumière scintillante au bout vacillerait et menacerait de s'éteindre à tout moment.

Où quand le Rock se fait linceul et vous drape dans son étreinte glaciale.

Pour me réchauffer, je cours vers le Marquee où Bat For Lashes allume les premiers feux d'une féerie enchanteresse.

Enrobée d'une combinaison aux apparences hippies, Natasha Khan va émouvoir (oui, j'ai vu des larmes couler sur les joues de mon voisin) et ravir toutes celles et tout ceux qui se pressaient sous l'immense tonnelle.

D'un naturel déconcertant, elle se révèle drôle et touchante mais surtout extraordinaire.

À l'instar de Björk, son registre vocal et sa technique imposent l'admiration, mais n'étouffent en rien la richesse musicale des arrangements.

Sorte de prisme chamanique conduisant l'oreille jusqu'aux pavillons lointains de rêves contenus dans une petite boîte à musique dont seule l'artiste possède la clé.

Et quand elle-même se perd dans les méandres de ce jardin secret (« Moon And Moon », interrompu faute de s'en rappeler) son sourire guide alors nos pas et nous invite à l'excuser, ce qui du reste nous paraît particulièrement évident.

Absorbé, je mets entre parenthèses la prestation de Crystal Castles qui semble retardée selon un message communiqué sur les écrans géants bordant la scène.

C'est donc Franz Ferdinand qui va prendre le relais en ce qui me concerne.

Un show difficile à aborder, vu de la distance qui me sépare de la grande scène.

Mais ce n'est sans doute pas là l'unique point noir sur le visage éternellement juvénile de ce groupe écossais.

« Walk away » pris en marche, le constat semble le même tout au long de leur discographie. Et si le propos est certes sympathique et que les talons frappent encore volontiers le sol à l'écoute de l'incontournable « Take Me Out », il n'en reste pas moins que FF n'a rien de plus à proposer aujourd'hui qu'en 2004. Se reposant donc sur leurs lauriers, il est donc flatteur pour eux d'occuper encore actuellement une place aussi privilégiée (constat valable pour The Prodigy argueront certains d'entre vous, à la différence près que ces derniers, s'ils n'ont pas d'activité récente, signaient hier un retour remarqué).

Une position qu'il leur faut laisser à l'événement majeur de la soirée ; et pour certains, l’avènement même de ce Pukkelpop 2013.

Mais avant cette apothéose, un petit regard curieux s'impose du côté du Marquee où The Knife Shaking The Habitual Show secoue les mines sceptiques autant qu'il divertit.

Pour leur retour après sept années d'absence, Karin Dreijer Andersson et Olof Dreijer misent sur le show Arty balancé entre avant-gardisme et mauvais goût prononcé.

Pour le peu que j'ai pu en voir, je reste circonspect (NDR : normal, lorsqu’on débarque au moment où est enseigné un énigmatique cours d'aérobic annoncé en grande pompe tout au long du jour) et ne peux condamner un concept à peine entrevu.

Reste une impression colorée et foutraque de joyeux bordel articulé autour d'un bien étrange projet aventureux.

Mais place à la grâce et à la majesté de The XX.

Attendu comme les messies par certains, ignoré pour l'absence de spectacle par d'autres, le trio avait pour mission de justifier sa place sur la Main Stage, en programmation nocturne.

Le fait que la plupart des morceaux bénéficiaient d'une relecture complète jumelée à l'intime connivence palpable entre d'une part Olivier et d'autre part Romy, soit les deux voix qui s'entrelacent comme deux corps épris d'un amour non charnel, ne tardent pas à apporter la réponse à cette équation à deux inconnues.

Car non, définitivement, ceux-là ne forment pas un couple dans la vie ; et si leur entente parfaite dessine en ‘live’ des arabesques suaves, il ne faut en rien négliger le travail du troisième larron, à savoir Jamie Smith qui se réserve les rythmiques synthétiques.

Ces trois musicos tissent donc la trame d'un univers délicat où les mélodies simples se couchent encore brûlantes sur le corps d'une basse aux cordes nouées et sensuelles.

Et au travers du jeu des voix entrelacées mais aussi des regards profondément ancrés dans un désir refoulé, c'est là que se déroule le spectacle.

Plus encore que dans un light show savamment étudié soulignant habilement la richesse de ce spectacle.

Quatorze titres et un épilogue en forme de ‘happy birthday’ pour la chanteuse visiblement émue et qui l'espace d'un instant abandonne sa réserve étudiée cachant mal une timidité maladive.

Un show bouleversant. Et au bout d’une heure dix, il faut reconnaître que le succès était amplement mérité.

Enfin, il restait aux Courtraisiens de Goose à refermer le chapitre.

Balançant sans vergogne son Electro Rock formaté pour plaire au plus grand nombre.

Qu'on ne s'y méprenne. La finalité de cette prestation n’est pas de rejoindre l’inaccessible étoile, car le contrat est rempli haut la main.

Efficace en diable, elle assure un épilogue tout en énergie contrôlée.

Sans doute trop contrôlée.

Une puissante décharge parfois émaillée de sonorités foireuses. Malheureusement. Mais judicieusement rattrapée par un savoir-faire épatant.

Enfin, comme un dernier trait éclatant dans le ciel, cette édition va s’achever dans un bouquet final scintillant de mille feux, dessinant la voie d'une vingt-huitième anniversaire tandis que les derniers fêtards vont s’entasser au sein du Boiler Room…

Organisation Pukkelpop

 

vendredi, 16 août 2013 03:00

Pukkelpop 2013 : vendredi 16 août

La nuit à peine achevée et le site déjà remis à neuf, la seconde journée peut débuter avant même midi.
Au fil des heures, le menu va devenir plus consistant, apportant quelques couleurs à une affiche apparemment, d'allure plus frugale.
Comme toujours plus porté par les concerts d'envergure humaine, voire pertinemment intimistes, que par les déferlements bestiaux, votre dévoué serviteur n'hésite pas à parcourir la plaine de long en large pour vous apporter son point de vue sur ce deuxième jour de festivités. Et pourtant, ce vendredi est plombé par une chaleur transformant certains endroits en hammam ou sauna…

Day 2

Quand Prodigy allume le feu sur le coup de minuit quarante (soit un peu en avance sur l'horaire, preuve de leur faim d'en découdre), le bilan semble encore quelque peu mitigé.

On craignait une apothéose graveleuse, on en sera pour nos frais.

Enchaînant les hits à une cadence vertigineuse, les papys pionniers du Transe-genre vont durant une heure-quart transformer la plaine en immense rave party.

Bénéficiant d'un light show épatant, animés d'une énergie galvanisante malgré leurs âges respectables (sic!), Keith Flint (NDR : et sa légendaire coupe de cheveux) et Maxim Reality n'ont rien perdu de leur superbe et vont donner une leçon à beaucoup de pseudo-artistes qui alignent les cachets sans apporter la moindre chose au schmilblick musical (boulet rouge tiré à l'attention de l’effroyable show de Major Lazer appelé en renfort suite au désistement de Neil Young, et qui tôt dans la programmation avait suscité l'engouement général, en ne proposant qu'un simulacre de dj set saupoudré d'interventions délibérément abjectes).

« Firestarter » n'embrasera qu'une plaine déjà consumée d'avance et envahie de « Voodoo People » totalement acquis à la cause d'un groupe qui pourtant, n'avait rien de nouveau à présenter.

Un ‘Best Of’ incendiaire qui prouve à nouveau l'impact de ses fiers dinosaures sur la production actuelle.

En parlant de dinosaures, après vingt ans de carrière, le parcours de Low reste irréprochable.

Les trois compères jouent définitivement dans une sphère particulière, quelque part en suspens dans le temps et jouissent d'un succès qui ne dépasse guère l'estime mais force le respect de beaucoup de leur pairs et d'une frange de fans inconditionnels.

La batterie de Mimi Parker, toujours aussi minimaliste, toute en apesanteur, retenue comme un cœur qui s'étouffe dans une poitrine chargée de sanglots, et la voix d'Alan Sparhawk posée sur cette guitare aux accords susurrés du bout des doigts.

Parfois, l'élan électrique emporte les mélodies dans une salve de bruit, mais en général, le meilleur atout de Low reste la mesure. Alors, quand la tension retombe, chaque note prend encore plus d'importance. Solennelle communion avec ceux qui lisent entre les lignes mélodiques et savourent intensément ces moments d'intimité procurés par des chansons qui leur parlent...

Depuis « On My Own » jusqu'à « Murderer » qui achève une pièce jouée avec bonheur sur des airs de tristesse transfigurée en lumière apaisante.

A l'opposé de cette sobriété de velours, l'excentrique Mauro Pawlowski propose un énième projet à la hauteur de son génie gargantuesque.

Simplement baptisée Gruppo Di Pawlowski, la formation dispense un rock aux consonances Birthday Party. Mais surtout délivre le guitariste de dEUS de ses contraintes au sein du combo belge le plus notoire tout en lui permettant d'exprimer sa folie, bien sûr identifiée à plus d'une reprise, nous remémorant ainsi les éclats des Evil Superstars.

Expérimental, trash et sans concession, l’insaisissable Mauro laisse libre cours à son imagination débridée et à des délires dont la haute teneur en testostérone est faussement maculée de Jeanfoutre pour tout grimage.

Sans jamais sombrer dans le ridicule, et tenant fermement le public par les attributs, la bande à Pawlowski s'amuse et ça se voit.

Feignant un faux départ, maltraitant ses bongos, triturant une trompette l'espace d'une seule et unique note, se jouant des conventions et incapable de freiner son élan (NDR : l’interminable et jouissive agonie d’« I Can't Stop Talking »), le fantastique leader porte sur ses épaules un projet qui entre d'autres mains ou dans d'autres caboches, tournerait vite à la farce.

Un vent de folie qui va permettre d’oublier la chaleur qui règne sous le chapiteau du Wablief !?, fier podium de la crème de la crème nationale.

Une scène hautement représentée en ce jour puisqu'on pouvait redécouvrir l'immense ascension de BRNS, assurément l'un de nos piliers à l'étranger, et qui continue à progresser au fur et à mesure de son parcours.

Dans une atmosphère étouffante, sous une boule à facette reflétant leur étincelant talent, les quatre  jeunes gens ont accordé une prestation simplement implacable et prometteuse d'un tout grand avenir.

Mais il y en avait pour d'autres goûts, ici, dont l'énergie brute et teintée de noir dispensée par The Black Heart Rebellion. Malgré ses contours ouatés par une sombre mélancolie, son rock rugueux est déchiré de cris gutturaux.

Comme un ciel d'orage traversé de lumière stellaire.

Ou encore Dez Mona dont les ambiances feutrées sont bercées d'un spleen aux allures de cabaret hanté.

Certes, les étonnantes inflexions vocales de Gregory Frateur peuvent déconcerter, mais il n'en demeure pas moins qu'elles apportent à l'ensemble une personnalité et une identité originale.

Sorte de Gospel étreint dans la main du diable, la musique de ces Bruxellois communique un feeling qui ne manque pas de charme.

Ailleurs, les sons se mariaient à la moiteur des corps et se diluaient parfois sous l'effet d'une légère dépression.

Ainsi en allait-il de Chvrches dont on attendait plus et dont le show ne décollait guère.

Une prestation anodine qui ne mérite pas d’être relatée en ces lignes…

Entre Local Natives et The National, il y a des connivences. Cependant la pop de la formation californienne manque de panache et peine à convaincre l'assistance, malgré quelques éclats parsemés vaillamment, ci et là.

Le registre relativement entraînant de Ms Mr va néanmoins susciter un élan d'enthousiasme, malgré la torpeur figeant un auditoire privé d'air au milieu du Castello.

Le set d’Unknown Mortal Orchestra va se traduire par une éprouvante expérience. A cause d'un son totalement inadapté aux lieux.

Mais rassurez vous, du positif, il en reste encore à vous relater !

À commencer par la bonne surprise du jour, j'ai nommé Factory Floor.

Un crescendo Electro Noise du meilleur acabit.

Au demeurant, les ambiances prennent un peu de temps à s'installer. Mais une fois passé le rodage, impossible de rebrousser chemin.

La tête prisonnière de ce grand sac de plastique –ou si vous préférez l'espace clos du Castillo– je pense un instant m'éclipser, mais imperceptiblement je sens poindre un événement qui se trame.

Derrière cette voix lasse et répercutée dans l'écho se dessine l'aube d'un tressaillement qui bientôt prendra de l'envergure jusqu'à devenir un tsunami de bruit élégiaque.

Textures analogiques et digitales se combinent, de manière à construire les murs d'une cathédrale bruissant sous l'effet d'ondes chaotiques.

Manquant singulièrement de présence scénique, le trio londonien déjoue cette lacune par le tissage méticuleux de ces sonorités postées à mi-chemin entre le Post Punk et l'Electro minimale.

Une ascension progressive qui (rave)ira certains, dont votre serviteur.

Dans un registre différent mais combinant lui aussi boîtes à rythmes et guitares noyées d'effets, Cloud Boat va aussi marquer les esprits.

Formule duo et donc référence obligée à The XX avant l'heure (c'est à dire samedi à vingt deux heures).

Emmenées par la voix du chanteur aux inflexions susceptibles d’évoquer une voix de castrat, et bercées d'un spleen shoegaze, les compositions de ce groupe insulaire vont confirmer les bons échos qui jusqu'ici nous étaient parvenus.

Pour le plaisir d'un public certes écrasé par une chaleur étouffante mais surtout attentif et respectueux face à une musique qui ne prend son essor qu'en de bonnes conditions.

Au rayon Electronica, la prestation de Slow Magic, remplaçant haut la main XXYYXX, ne laissera pas d’empreinte ineffaçable même si la volonté de bien faire était présente dans le chef bariolé de cet anonyme paré d'un masque imposant (et on souffrait pour lui!)

Et que dire de la prestation de Mount Kimbie ?

Et bien rien, puisqu'il était impossible de pénétrer l'enceinte du Castello affichant sold out.

Dommage.

Enfin, tandis qu’Eels soulevait un engouement difficile à percevoir de ce côté ci de la frontière linguistique (et j'avoue pour ma part avoir cessé de suivre les aventures de Mark Olivier Everett dès « Novocaïne For The Soul » et ses influences post-traumatiques de 96) Poliça se rappelait à mon bon souvenir.

Dynamisée par la présence de deux batteurs, la prestation semble souffrir d'un léger souci de synchronisation, mais sans ternir le show très professionnel du groupe de Minneapolis.

Plaçant son incroyable organe vocal en équilibre sur les intonations Dub, Channy Leaneagh s'approprie l'espace, en manifestant une aisance déconcertante.

Si l'ensemble manque parfois de contrastes, et en particulier de quelques passages de cordes (frappées ou pincées), le tout tient rigoureusement la route ; et sans sombrer dans l'excès World, voyage néanmoins dans différentes régions du globe.

Un métissage de genre qui ne dénature en rien l'esprit Rock du projet auquel de nombreux fans se sont déjà joints.

Vous veillerez à pardonner mon absentéisme pour le concert de Girls In Hawaii (partout porté aux nues) ainsi que mon total désintérêt pour le énième retour de Skunk Anansie qui avait à cœur d'effacer le traumatisme subi voici deux ans.

En effet, il me fallait ménager ma monture...

Organisation : Pukkelpop

 

jeudi, 15 août 2013 03:00

Pukkelpop 2013 : jeudi 15 août

Affichant la volonté farouche d'effacer le chagrin sans pour autant oublier, le Pukkelpop mettait cette année encore les bouchées doubles, triples, et plus encore, pour transformer la plaine de Kiewiet en une immense scène de réjouissances musicales.
Si le souvenir de la catastrophe de 2011 flotte toujours comme un drapeau en berne aux vents de la mémoire collective, les moyens mis en œuvre par les organisateurs, ainsi que par une ville entière et sans doute plus encore, font de cet événement un des pions majeurs de l'échiquier festivalier en Europe.
Beaucoup de groupes annulés suite à la tempête funeste éprouvée il y a deux ans avaient donc répondu présents à l'appel.
Place donc à cette édition 2013 qui tendait de plus en plus vers cette mode consistant à mêler goûts populaires et découvertes pointues. Un grand écart qui assure une fréquentation de masse et le mécontentement des plus exigeants.
Mais difficile néanmoins de ne pas trouver son compte parmi la pléthore de groupes ou d’artistes présentés en l'espace de trois jours sur les différentes scènesMême si l'annulation in extremis de Neil Young laissait un vide béant dans la programmation du vendredi, certaines prestations allaient définitivement sceller le sort d'une éventuelle morosité.
Compte rendu jour après jour.

Day 1

L'histoire s'écrit en lettres de sang, avec la sueur et la poussière. Trois ingrédients qui hantent la musique de Savages.

L’arrière-goût ferreux de l’hémoglobine coule dans le grincement blanc métallique qui émane de la guitare de Gemma Thompson. Des interventions qui auréolent l'espace comme une tache sombre de bruit perdu dans l'écho d'une nuit électrique. Un sang incolore, livide, mais qui bouillonne dans des veines tendues comme six cordes prêtes à rompre à tout moment.

La sueur comme un dépôt suave déposé à la lisière des consciences et qui dégouline en perles saccadées, crachée de la bouche de Camille Berthomier, hier moitié de John & Jehn, aujourd'hui totalement habitée par Jehnny Beth, son identité au sein de Savages.

Enfin la poussière, âcre et sulfureuse, soulevée par une rythmique infernale et impeccable, assurée par la section rythmique, soit Ayse Hassan à la basse et Fay Milton derrière les fûts.

Les présentations sont donc faites.

Comme dans leur musique, le noir est la couleur prédominante sur l’estrade.

Seuls les escarpins rouges vermillon de Jehnny tranchent dans l’obscurité tandis que son chemisier d'un blanc immaculé réverbère la lumière autour d'elle.

Le set s'ouvre Par « City's full ». La tension sexuelle est palpable. Les déchirements livides de grattes rappellent Bauhaus voire les échos industriels des premiers Einstürzende Neubauten, tandis que vibrent et résonnent les lignes de basse soutenues aux vents mauvais par une batterie fiévreuse.

Le regard qui perce au travers du visible, la voix qui transpire au delà du tangible, la langue qui claque comme un fouet dans l'air.

Il y a de la Siouxsie dans cette forme qui s'agite spasmodiquement sous le chemisier blanc et entre-ouvert, dans cette poitrine ornée d'un pendentif qui oscille comme un pendule.

Du Ian Curtis dans cette façon d'être imprégnée de toute cette électricité.

Une décharge qui secoue aussi l'assistance, réunie sous le chapiteau du Club.

Les poils se hérissent sous les assauts qui les prennent à revers.

N'attendez pas de Savages de faire dans la dentelle.

À l'instar de leur premier album, « Silence Yourself », les quatre filles désossent tout éventuel confort et aiment secouer les consciences, malmener le mélomane pour mieux fuir la banalité et le conventionnel d'un Rock poseur et insipide.

Forçant le respect du public et imposant sa marque dans le paysage sonore.

'I need something more in my ears', scande Jehnny sur l'un des deux inédits, tandis que les notes s'agitent dans l'air empli d'ions dansants.

« Husbands » clôture ce show haletant dans une atmosphère suffocante ; et tandis que les musicos saluent la foule, Savages imprime son nom dans l'histoire du festival comme l'une de ses prestations majeures.

Point culminant d'une journée placée majoritairement sous le sceau des guitares.

Grattes déployées rageusement et énergiquement par Parquet Courts qui malheureusement se produisait très (trop) tôt dans la journée et mériterait assurément un détour prochain par l'une des salles du royaume pour alors installer confortablement ses larsens et délires dissonants dans nos conduits auditifs saignants.

Accusant des réminiscences empruntées à Sonic Youth mâtinées de Pavement, voire de Silver Jews, le combo de Brooklyn capte mon attention au passage, devant le Marquee, dès mon arrivée.

Captivé tel le papillon par la lumière, je viens coller mes ailes à la paroi opaque d'un mur du son qui hélas, vient clôturer une prestation que les aléas du voyage m'ont fait manquer.

Néanmoins, quelques notes suffisent parfois à instaurer une curiosité avide et restant sur ma faim, je reporte à plus tard mon envie immédiate d'en découvrir davantage à leur sujet et continue mon chemin vers le Club où se produisent les encensés Allah-Las.

Basant leurs compos sur quatre accords, les Californiens atterrissent sur la plage horaire portés par une vague sixties et remontent les aiguilles du temps pour accomplir un voyage un rien trop passéiste.

Certes fort agréable, ce moment vécu en leur compagnie, s'il ne laisse pas de marque indélébile, reste néanmoins fort plaisant en ce début de festivités.

« Tell Me (What'S On Your Mind) », diablement irrésistible, semble porter le set à lui seul, même si la plupart des morceaux du groupe sont d'excellente facture.

Il n'en demeure pas moins que dans le même registre, Miles Kane va tirer autrement son épingle du jeu, quelques heures plus tard, sur le podium du Marquee.

Si lui aussi semble projeté d'une télé en noir et blanc ayant soudain ingurgité un kaléidoscope de couleurs télescopiques, son aura et son talent de showman suffisent à faire la différence.

Sur les pas de ses glorieux aînés que sont les Kinks ou les Who, l'ancien Rascals et Last Shadow Puppets semble définitivement installé dans sa carrière solo et porte fièrement (et de très impressionnante manière) l'étendard d'une certaine Brit Pop abandonnée depuis longtemps dans les boutiques de souvenirs à l'effigie des frères Gallagher.

Si de renouveau il est question, nul doute que Miles Kane apporte suffisamment de Verve et de savoir faire à un genre bien entendu immortel.

Entamant son set par « Taking Over » et le clôturant sur « Come Closer », le British so British a, l'espace de cinquante minutes, instauré sa patte unique et marqué les esprits.

Esprits tournés au même endroit trois quarts d'heure plus tard sur le retour de Johnny Marr.

Rose blanche à la bouche et en travers de sa six cordes, la légende des Smiths n'hésite pas à reprendre quatre compositions du back catalogue de ceux-ci, mais aussi « Getting Away With It », titre rescapé de sa collaboration avec Bernard Sumner au sein d'Electronic, ainsi qu'une reprise des Crickets.

Se pliant volontiers au jeu des poses du manuel du Rockeur tout en optant pour le second degré délicieusement taquin, il délivre quelques unes de ses nouvelles compositions, honnêtes sans pour autant friser le génie. Le Briton assure un set dont les points culminants sont sans contestation possible « Big Mouth Strikes Again » et « There's A Light That Never Goes Out » qui déchaînent l'ivresse du public, ravi de renouer avec la magie de Smiths.

Ainsi, si Morrissey s'est essoufflé au cours de ces dernières années et cache de plus en plus mal son détachement face au passé, le plaisir de retrouver le jeu de guitare de Johnny Marr confère à ses chansons incontournables un goût d'excitation juvénile.

Le son est intact, la joie de jouer aussi, et le plaisir est communicatif.

Et comme me le soufflait un ami, si les Smiths sans la voix du Mozz ne peuvent pas être les Smiths, il est quand même préférable d'avoir Johnny Marr aux vocaux plutôt que Big Mouth à la gratte.

Pendant ce temps, sur la Main Stage, le show Nine Inch Nails s'ébroue déjà.

Axé principalement sur un lightshow et un visuel dantesque, il est étonnant que leur set soit programmé alors que les rayons du soleil dardent encore de leurs derniers éclats, le site limbourgeois.

De loin, le spectacle semble intéressant, mais comme cité plus haut, l'événement se déroule ailleurs, et il est hors de question que je m'attarde ici.

Ce qui clôt le chapitre des pointures. Enfin, celles qu'il m'a été donné de voir. Ne pouvant juger de la prestation des Deftones, entraperçus au loin et qui semblaient plutôt patauds.

Parmi ceux qui auraient besoin d'un coup de pied au derrière, penchons nous sur le cas des Canadiens de Godspeed You ! Black Emperor.

D'emblée, l'univers semble hermétique et quelque peu cadenassé autour des membres plongés dans une obscurité qui ne quittera pas la scène.

La longue (trop longue?) intro de « Hope Drone » instaure certes un climat écrasant, mais génère déjà l'ennui.

Élitiste, leur musique l'est sans doute certainement et le groupe ne s'encombre pas de considérations inutiles au moment de perpétuer son monotone chant aux consonances revêches.

Reste qu'en termes de messe noire drapée d'images sépia de propagande contestataire, le band propose une sorte de mantra qui laisse de nombreux spectateurs lambda sur le carreau, mais contente ses fidèles, agrippés comme des mormons au bastingage de l'arche de Noé.

Une expérience ardue mais qui comblera les rescapés entrés par une porte sensorielle dissimulée dans les tréfonds d'un magma sonore en perpétuelle rotation cabalistique.

Épinglons avant de clôturer le résumé de ce premier jour la prestation cinq étoiles de Badbadnotgood, trio mêlant Math Rock et Free Jazz sans tomber à aucun moment dans la prétention. Fusion improbable de Neu ! (dont le claviériste arbore fièrement un T-shirt)  Tortoise et Brad Mehldau. Le public est conquis par ce mélange de genres peu évident et étonnamment digeste.

Quand la virtuosité technique se met au service d'excellentes idées, il en résulte de bonnes surprises.

Et enfin, ne nous attardons pas trop sur le pitoyable passage des Suédois de Kate Boy dont l'Electro Pop baveuse semble à peine à la hauteur d'une salle de gymnastique où Zola Jesus sous bad trip se désarticulerait en cadence dans un bain acide.

Quant aux autres, ceux manqués, de Fucked Up et son Punk hargneux à Hurts en passant par Quicksand ou encore Eminem (en playback selon la rumeur persistante), il ne reste plus qu'un souvenir évaporé dans les cendres du temps écoulé.

Organisation : Pukkelpop

 

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