• PIKKU dans le décompte !
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Akim Serar

Akim Serar

dimanche, 26 mai 2013 03:00

Dans le cercle des fées

C’est marrant. Je ne devais pas être là…

Il doit être plus ou moins 22h00, et le set des sœurs Casady est déjà bien entamé. Or, depuis près d’une heure, je passe un excellent moment, en leur compagnie. Les yeux rivés sur la scène en contrebas. Une demoiselle en tutu accomplit une chorégraphie un rien saccadée. Une voix de soprano bat des ailes sous la coupole de ce cirque. Quelques envolées d’arpèges pleuvent en cascade d’une harpe aux pouvoirs féeriques. J’avoue n’avoir jamais prêté qu’une attention distraite au parcours de ce groupe articulé autour de la personnalité de ces deux demoiselles dont j’ignore toujours si elles sont jumelles, oui ou non (NDR : en vérité, il semble que non). Récemment désigné pour suppléer un imminent collègue appelé au chevet d’un festival ensoleillé, je me suis donc penché sur la discographie de CocoRosie.

Tantôt intrigué, tantôt irrité, souvent distrait, je ne me suis que trop mal préparé à ce qui se déroule maintenant. Ou bien est-ce justement l’effet de surprise qui joue ce rôle prédominant dans le plaisir enfantin que me procure le concert de ce soir ? Quoi qu’il en soit, le spectacle est captivant et prouve que j’ai été bien inspiré de prendre la relève. Merci Eric !

La sonnette retentit et annonce le début du spectacle.

Trop tard pour chercher sa place dans les strapontins, j’imite les retardataires et m’installe discrètement en haut d’une volée de marches, alors que le trio Scarlett O’Hanna distille timidement les premières notes servant d’introduction à cette soirée.

Si je suis quelque peu sceptique d’entrée de jeu, c’est que cette musique très intimiste peine à trouver ses marques dans l’ampleur de cet environnement Royal.

Néanmoins, au fil des minutes, les compositions semblent prendre corps, et la voix de la jeune Bruxelloise d’adoption parvient à conquérir l’espace, ainsi qu’un public des plus attentifs.

Une très belle voix, au demeurant, même si pas franchement originale (je ne peux m’empêcher de penser à Chan Marshall) mais qui possède assez d’arguments pour accrocher.

Fort logiquement fière du succès rencontré, elle peut donc quitter l’estrade sous les applaudissements nourris de paires de mains bientôt jointes dans une communion solennelle…

Dans l’intervalle, parmi le brouhaha d’une assistance qui gonfle à mesure que les minutes s’égrènent, trois notes répétées en boucle installent un climat hypnotique. Elles préparent la célébration d’une messe…

Puis les lumières s’effacent et tandis que les cris d’engouement se détachent des gorges serrées ou extasiées, les six membres du collectif prennent tour à tour possession des lieux.

De la scène d’abord, mais très vite de l’ensemble du Cirque Royal.

L’une des sœurs, dans une robe mystique, l’autre surplombée d’une très Led coiffe (des dizaines de points lumineux éparpillés en grappes autour de sa tête).

L’effet visuel est, en outre, assuré par des projections en fond, qui illustrent tantôt par petits films, tantôt par des captations live, le contenu musical de ce show haut en couleurs fluorescentes.

Un contenu époustouflant de maîtrise et d’audace qui va me laisser littéralement sur mon séant, posé négligemment en travers d’une allée.

Alliant magistralement les styles et les formes techniques, le sextet retranscrit parfaitement, en live, l’univers loufoque et quelquefois baroque des sœurs Bianca et Sierra (ok, qui est Coco, qui est Rosie ?)

Le préposé au human beatbox déchaînant quant à lui l’enthousiasme général pendant un break au cours duquel sa virtuosité est mise pour la seule fois de la soirée en exergue.

Alliant pendant près de deux heures les ingrédients disparates de leurs féeries musicales, CocoRosie développe avec classe et panache, l’étendue de son savoir plaire.

Après un rappel au cours duquel figure le très demandé « Beautiful Boyz » (évidemment sans Antony Hegarty), le concert set se termine, laissant derrière lui comme une impression lumineuse sur le négatif de mes préjugés.

Un superbe moment, la tête projetée dans les étoiles, en compagnie de Bianca (Coco) et Sierra (Rosie).

(Organisation : Botanique)

 

jeudi, 23 mai 2013 19:13

Chez le Yé-Yé

Amoureux de mélodies (Nelson ?) pétillantes et fraîches, voici de quoi vous mettre la limonade à la bouche !

Le label Freaksville Records s’apprête à sortir en vinyle (c’est une première) le très recommandable album d’April March And Aquaserge sorti tout récemment en format digital.

Une petite touche vintage qui rend parfaitement hommage au contenu de cet opus aux couleurs Pop sucrées.

Reste à collecter les précommandes pour que ce projet puisse voir le jour.

Par ici, messieurs, dames, vous ne le regretterez pas !

www.ulule.com/april-march-et-aquaserge/

 

vendredi, 17 mai 2013 09:53

Carte postale de la cuisine d’Éric

Petite escapade pour Eric In The Kitchen qui ose le pari d’un titre déclamé en français.

Textures sonores et ambiance de film noire pour ce morceau à paraître prochainement en EP.

 « From Thermopolis To Shoshoni » ne préfigure pas pour autant un changement de cap, après l’excellentissime « A Heart Of Clouds And Stars » chroniqué en ces colonnes (voir ici)

Ce titre est une extrapolation de l’univers d’un artiste décidément productif, talentueux, et généreux qui plus est, puisqu’il nous offre ici la version brute de ce morceau.

Un bien joli cadeau.

https://soundcloud.com/eric-in-the-kitchen/from-thermopolis-to-shoshoni

 

mardi, 14 mai 2013 03:00

Sans crier gare

Il est des promesses douces à caresser, des rêves de grandeur non démesurés, qui au fil du temps s’étiolent néanmoins jusqu’à prendre des proportions plus modestes en risquant au final d’avoir raison de tout espoir.

À première vue, les membres du groupe de Leeds semblent toujours afficher la même foi inébranlable en leur musique, mais qu’il doit être difficile d’appréhender l’étroitesse et le confort précaire de certains clubs –et c’est le cas ce soir– quand les débuts si prometteurs les propulsaient d’office sur des scènes bien plus appropriées aux tourments soniques qui agitaient leurs compositions, dès les premières notes de « Progress-Reform », en 2006.

Si David Martin et sa clique ne semblent pas sourciller, attablés en terrasse, devant l’Escalier, ce soir, je ne peux m’empêcher de nourrir une certaine crainte de voir le découragement ruiner leur projet, dans un futur proche.

Mais une image chasse ces sombres pensées.

Je souris intérieurement.

Ainsi, depuis l’angle de vue sous lequel j’observe cette scène, les membres d’I Like Trains se tiennent dans l’embrasure de la porte du café d’à côté.

Le nom du bistrot est inscrit en blanc sur fond rouge : ‘L’aller Simple’.

Il est de ces clins d’œil du hasard…

La mentalité liégeoise et la tolérance du voisinage permettent à l’Escalier d’assouplir son timing, souvent dicté par le bon vouloir des artistes, mais aussi d’un public qui tarde à se déplacer.

Et celui-ci n’a pas l’air de vouloir quitter ses pénates de trop bonne heure aujourd’hui.

Post War Glamour Girls s’installe donc devant un parterre de curieux plutôt parsemé.

Et d’emblée, le combo est confronté à un sérieux problème technique, car le micro du chanteur refuse obstinément de retransmettre la voix, censé donner le ton.

Problème qui ne trouvera solution que bien plus tard, car le leader se dédouble et manifeste un certain don d’ubiquité (comme je le constaterai plus tard dans la soirée) pour utiliser tour à tour les microphones destinés aux backing vocals.

Ces quelques avatars n’altèrent en rien la fraîcheur et la spontanéité du band, ajoutant une touche de bordel dans une esthétique sonore au demeurant un peu brouillonne, mais éveillent, au passage, la sympathie de l’assistance (toujours bien maigre).

S’éclipsant après leur single « Jazz Funerals », les musicos remercient sincèrement chaque membre d’ILT. Pourtant, ils ne semblent pas avoir fait l’unanimité au sein du public. Mais leur set reste, à mon humble avis, une bonne surprise.

Fidèles à une esthétique sombre et romantique, c’est tout de noir vêtus que les cinq wagons d’I like Trains se mettent en branle, sur le coup de 22h30, alors que l’atmosphère de l’étroit couloir qui sert de salle devient compacte.

Alignés sur le quai, le souffle retenu, les sens suspendus, nous assistons durant l’heure qui suit à la mise à mort des derniers doutes concernant une éventuelle remise en question de l’avenir du band.

Car plutôt que d’assister au chant du cygne, la prestation de ce soir va bien vite remettre les pendules à l’heure.

Proposant une setlist sensiblement identique à celle du Nijdrop, lors de leur concert accordé en novembre dernier, mais bénéficiant de la présence d’un membre supplémentaire (en l’occurrence le chanteur guitariste de Post War Glamour Girls, préposé à la Fender Mustang), responsable d’interventions de gratte incisives, la formation va bien mettre en exergue l’aspect abrasif de sa musique.

Entre envolées crépusculaires et déchirements retentissants, la voix grave de son leader en figure de proue, I Like Trains se transforme en navire scindant en deux des mers entières de fiel et de tristesse contenues, des océans de chagrins au fond desquels gisent mille espoirs disloqués, bravant des vents mauvais et à jamais tourmentés. Tout en fixant ce minuscule objectif lumineux, un point de mire vers lequel il faut tendre vaillamment, I Like Trains montre la voie à suivre (et quelle voix !)

Après un final hautement sollicité, « Sea Of Regrets » clôt le chapitre de cette nuit, mais laisse entrevoir de magnifiques voyages ultérieurs, entre ciel, terre et mer, mais toujours sur les bons rails.

Le merchandising de désemplit pas, signe de l’engouement général pour cette fantastique prestation.

Quant à votre serviteur, comme toujours dans pareil cas, l’émotion étreignant encore ma gorge, je m’éclipse sans mot dire, guidant mon corps vers la nuit où mon esprit l’attend déjà.

(Organisation : Silenceless Shows)

 

mercredi, 15 mai 2013 18:54

Somewhere Else

Ce matin, les infos propageaient une nouvelle étonnante. Un tsunami de glace se serait abattu sur le Nord de l’Amérique, et cette situation m’a fait penser à Indians.

Bien que les couleurs de « Somewhere Else » renvoient plus qu’évidemment à l’automne ou du moins à ces chaudes journées d’un été qui se traînerait en longueur, le premier album de Søren Løkke Juul colporte cette même information envahissante que le phénomène météorologique ci-dessus relaté.

Lent, mais caractérisé par sa force dévastatrice exponentielle qui gonfle au fil des écoutes, les dix titres de ce premier elpee s’installent en dégageant sans ambages tout ce qui est autour, investissant les lieux avec un calme glacial.

Poussant en dehors de la marge les doutes qui tentent maladroitement de se cristalliser à la première écoute.

Révélé par le label mythique 4AD, ce projet est un voyage introspectif où tous les contours sont bercés d’un halo vaporeux, sans doute hérité des superbes paysages danois.

Une force tranquille qui vous capture et vous met du baume au cœur.

 

lundi, 13 mai 2013 20:18

Malibu Stacy met les bouts

Après presque neuf années de cause commune, le groupe liégeois Malibu Stacy a décidé de tirer un trait sur ses projets communs et ses membres de s’en remettre chacun à leurs parcours respectifs (Piano Club, It It Anita, Pale Grey).

Mais pas sans un dernier adieu.

Celui-ci aura lieu aux Francofolies de Spa le jour de notre fête nationale.

On leur souhaite bon vent!

 

samedi, 11 mai 2013 03:00

La valse des illusions

Ostensiblement, la différence entre l’aspect visuel d’un groupe peut être inversement proportionnelle à l’énergie qu’il déploie tout au long de ses enregistrements ou tout du moins de l’idée qu’on s’en fait.

A l’écoute, on se forge une idée mentale, dessine une image glamour autour des sonorités qui happent nos sens et les étourdissent, et on reconstitue ainsi une image d’Epinal conforme à nos fantasmes.

Comme lorsqu’on se représente les protagonistes du roman qu’on lit.

Et bien sûr, la réalité n’est pas toujours conforme à notre imagination.

Mais au-delà d’une éventuelle déception physique, le plus important reste l’impact sonique.

À moins que ?

Direction le Trix ce samedi soir pour un énième rendez vous en compagnie de The Lumerians. Mais avant de les découvrir (enfin) sur scène, deux groupes sont à l’affiche, dont les très attendu KVB. Compte rendu d’une soirée où le son doit prendre le pas sur l’image…

De Beach, il est difficile d’apprendre quoi que ce soit. En choisissant un patronyme bateau, il risque en effet de s’échouer sur les bancs de sable de l’indifférence générale.

Pas que leur musique ne fasse pas de vagues. Non !

Musicalement, ce trio belge tient la barre. Mais il risque de perdre le cap.

Conduites par des consonances Punk, dégradées en nuances ‘post-ce-qu’on-veut-qui-rime-avec-bruit’, leurs compositions sont efficaces et carrées, mais délivrées avec force et panache.

Pour le reste, pour agréable que soit ce moment en leur compagnie, j’aurai tôt fait de les avoir effacé de ma mémoire.

Et il y a peu de chances pour qu’ils y refassent surface…

Bien plus excité à l’idée de découvrir The KVB, je m’installe au devant de ce qui va s’avérer être un autel.

Après un moment, je comprends vite qu’il est préférable de fermer les yeux.

Pas que les deux membres du groupe soit laids.

D’ailleurs, elle est bien ‘minouchette’ la petite Kat Day, qui s’évertue derrière son Korg à triturer les sons à qui mieux-mieux.

Mais son ennui visible conférant à la dépression suffirait à pousser au suicide des hordes entières de pinsons.

Pour m’imbiber de leurs sons, je me glisse donc les paupières mi-closes dans les projections qui défilent en arrière-plan.

Là, effectivement, l’aura de The KVB prend son amplitude et transcende le concert derrière un voile de couleurs jaillissantes et de bruit blanc.

Quarante minutes plus tard, la messe est dite.

Mais fallait il encore prêcher un convaincu ?

Enfin, après de multiples tentatives avortées pour maintes raisons obscures et sans doute cabalistiques, je vais assister à un concert des Lumerians.

Quelques années qu’ils sont dans mon collimateur ; et après quelques tentatives d’approche, je les aperçois enfin, dans mon champ de mire.

Entrevus furtivement la semaine dernière au Botanique, je sais déjà qu’ils ne correspondent pas du tout à ce que j’avais imaginé depuis la découverte de leur sensationnel et éponyme premier essai, datant de 2007.

En fait, les Lumerians ne ressemblent à rien. Et certainement pas à la musique qu’ils créent.

Ce qui devrait du reste n’être qu’un détail m’interpelle néanmoins.

J’essaie de me détacher de cette impression, mais elle me colle aux basques.

Je prends plaisir à l’écoute de leurs ‘vieux’ titres comme des nouveaux. Mon corps répond favorablement aux ondes psyché qui émanent de ce drôle d’aquarium placé sur l’un des claviers. Ma tête oscille d’avant en arrière, de gauche à droite sur « Burning Mirrors », mais je n’arrive pas à l’état de transe ultime.

Comme maintenu au sol par d’invisibles mains.

Et puis je réalise.

Je suis esclave de mon imagerie mentale.

Je ne peux me détacher complètement et m’abandonner dans la seule foi musicale, prisonnier de mes schémas fantasmagoriques.

Aussi stupide que puisse être ce constat, voir The Lumerians est comme un fantasme qui se réalise dans toute l’absurdité d’une déception injustifiée.

Je les rêvais en toges noires, mystiques et inaccessibles comme les habitants oubliés d’une cité disparue (La Lémurie) et je me trouve face à des quidams, certes, fichtrement bons dans leur art, mais désespérément communs.

Je me sens comme l’enfant démuni face au démantèlement du mythe de Saint Nicolas.

Et j’ai beau me dire que cette situation n’a pas d’importance, que seule la musique compte… je n’y arrive décidément pas.

Néanmoins, j’apprécie le set, et malgré ces considérations, je me fais une raison.

Car dans les sillons de mes vinyles ou le reflet argenté de mes cds, The Lumerians resteront néanmoins ces mystérieux habitants de l’inconnu.

Je quitte donc Anvers perplexe, chiffonné et repu, ne sachant pas très bien ce que je pense.

A moitié déçu, à moitié content, mes attentes à demi en suspens.

Mes oreilles n’ayant pas vu ce que mes yeux désiraient entendre…

(Organisation : Heartbreak Tunes)

 

jeudi, 09 mai 2013 03:00

Qu’elle est belle la jeunesse !

Une rencontre improvisée sur le parvis de l’AB.
Un échange de bons procédés.
Une noire chevelure tombant sur le brun d’une veste en cuir, une ombre noire qui s’avance vers elle.
Un soleil radieux à ses côtés.
Des sourires de contentement et nos pas qui pénètrent dans l’antre.
Merci SophieSophie, car sans toi, je n’aurais apprécié qu’à moitié ce qui suit.
Et ce serait bien dommage…

C’est au trot que je saisis les Horses par les rennes.

Les animaux semblent calmes.

Ils sont jeunes. Très jeunes. Et affichent déjà pas mal de maturité.

Ce qui dans notre paysage musical n’est vraiment plus incompatible, du reste.

Charmant sans être incisifs, je les trouve plutôt agréables.

Me laisse bercer par la mélancolie contenue qui s’échappe de leurs mélopées.

Puis dans un élan fugace, les montures s’emballent subitement et partent au galop sous un tonnerre d’applaudissements.

C’est qu’effectivement, quand les Horses se la jouent sauvage, il est difficile de rester insensible à ce type d’envolées où mélancolie et désespoirs s’unissent dans une montée fulgurante.

Une recette certes éculée, mais qui fonctionne toujours quand elle est pertinemment appliquée.

Petit bémol : vu la banalité du nom de scène, il sera bien difficile de les distinguer dans la masse des chevaux fous et ils seraient bien avisés, au moins, d’ajouter un adjectif devant celui de leur canasson.

Dans l’interlude permettant au staff technique de s’affairer, je distingue difficilement quelques rides dans l’assistance, au milieu de tous ces visages prépubères.

Des filles, des filles, des filles.

L’aura de Max Colombie n’est donc pas une histoire qu’on lit aux enfants.

Si Pierre criait au loup intempestivement, Oscar l’a depuis longtemps apprivoisé de sa voix capable de percer les mystères bleutés des amours ombragées.

Ainsi, presque sur la pointe des pieds (à pas de loups, bien sûr !), aussi naturellement qu’une brise d’été se posant sur une nuque dorée, la musique d’Oscar And The Wolf se déploie magistralement dans l’air confiné de l’AB Club, qui soudain prend des allures de chapelle.

La gravité solennelle de quelques notes éparses enveloppant cet organe vocal et ce n’est plus de musique mais d’ensorcellement dont il est question.

Alors que les nouvelles compositions offrent de nouvelles pistes à suivre, pistes suavement sinueuses et tortueuses, les extraits de « Summer Skin », la seule trace réellement tangible d’une discographie encore balbutiante, amarrent nos cœurs qui chavirent dans un port d’oubli et d’abandon où l’on revient inlassablement une fois goûté ce fruit vénéneux.

« Ribbons », « Orange Sky », « All We Want », comme autant de potales où viennent se nicher les rêves et illusions  d’une jeunesse éternelle.

C’est sans artifice que le groupe se livre, sans ambages. 

Avec un naturel frondeur et déconcertant.

Sans attacher d’importance aux choses futiles, en se concentrant sur l’essence de sa musique, tournoyant autour de l’incroyable voix de son chanteur charismatique qui malgré un look improbable, capturerait un lion à mains nues, ce groupe est l’un des trésors les mieux gardés de notre si excitant vivier, et son album à paraître va sans doute les positionner un peu plus près de la place qu’ils méritent. A savoir le firmament.

Au final, les onze titres joués ce soir n’ont rien dévoilé que je ne savais déjà.

Je le crie haut et fort, à qui veut l’entendre : 'Au loup !!!!!!!!'

(Organisation : AB)

 

vendredi, 10 mai 2013 20:24

334 Distance

Qui est Alice Guerlot Kourouklis ?

Son nom est bien singulier pour une musique loin d’être singulière…

Cette fascinante Nantaise exilée à Paris se veut avant tout illustratrice sonore, et son premier album se regarde les yeux grands ouverts vers l’intérieur, là où les rêves et les sourires et les pleurs d’enfants s’éparpillent en flocons légers dans la sphère du souvenir.

Dessinant ses paysages escarpés en dix-huit actes, l’artiste prend le risque de la longueur mais prouve au final que ce travail de longue haleine ne l’a pas essoufflée.

Travaillant principalement à la conception de bandes son pour l’Art visuel, l’album est directement influencé par cette approche, mais ne souffre pas de cette mise en forme.

Evitant le piège de l’anecdotique, AGK propose un recueil de pièces dont l’assemblage, tel un minutieux puzzle, dessine peu à peu les contours de son propre monde. Et dont chaque morceau guide nos pas, nos sens, jusqu’au crépuscule étoilé de « Celesting », dernière plage en suspens, qui tournoie au dessus de nos têtes comme un module enchanté.

« 334 Distance » est gorgé de sonorités, de subtilités, de finesses et invite à l’abandon. Un vrai plaisir solitaire qui se découvre au milieu d’un cercle de fées…

 

vendredi, 10 mai 2013 20:14

In The Light (Ep)

Amateurs de Dream-Pop-Shoegaze très susceptible de voltiger dans les volutes ouatées qui s’élèvent de flots où baignent de voluptueuses sirènes aux chants irrésistibles, ce disque devrait vous plaire.

Car cet elpee possède un aspect transcendent certain et assurément hypnotique.

En fait, telle une vague multicolore, « In the Light » ondule sur elle-même et vient sans cesse rouler à nos oreilles, reflétant constamment les scintillantes écumes miroitant à sa surface.

Combinant habilement boucles éthérées et montées en puissance, le combo de Brooklyn se sert de cet axe rotatoire pour répandre une lumière blanche diffuse qui devrait leur permettre d’allumer leur étoile au milieu de la vaste constellation des groupes Psyché du moment.

Et si leur écho a tardé avant de nous atteindre, reste à s’accrocher à ces six titres jusqu’à ce que pointe la silhouette d’un album, là bas sur l’horizon.

 

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