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Akim Serar

Akim Serar

jeudi, 11 avril 2013 20:51

Pieces

Alors que vous êtes perdu dans un labyrinthe, quelqu’un vous regarde et semble proposer son aide.

Ce dédale ressemble à un parcours flirtant avec un passé aux relents parfumés de psyché, mais habilement teinté d’influences intemporelles diverses et pas forcément évidentes. Un coin de ciel africain qui s’entrouvre ici (« Amaye ») ou encore un spleen Jazzy transmis trop brièvement là bas (« The Letter »), avant de s’étendre paresseusement plus loin (« The Letter (Reprise) ».

Si la Grèce n’est pas le pays qui vient immédiatement à l’esprit quand on pense aux descendants de Syd Barrett ou de Can, Baby Guru s’en contrefiche et prend un malin plaisir à se jouer des codes, ainsi que des modes.

Le contenu de ce « Pieces » en laissera plus d’un sur le carreau, tant le trio s’amuse à brouiller les pistes, tentant de nous semer sans oublier de nous charmer.

Quand la filiation devient trop évidente, alors, Baby Guru jette son rejeton en pâture au Minotaure, et s’en va en courant.

« Children » ou « For Trish » réveillent le fantôme des Doors ? Alors, « Last Summer » lorgnera en oblique sur le versant Ouest de l’Amérique.

L’album lorgne continuellement vers le courant Kraut tout en gardant une certaine distance qui confère une certaine richesse à ces treize compositions.

La production, assurée par le groupe lui-même, définit quant à elle l’espace dans lequel les chansons prennent un réel essor.

Et au final, le périple s’achève dans un trip halluciné (« Bog ») où l’on retrouve cette Ariane guidant nos pas vers la sortie.

 

mardi, 09 avril 2013 03:00

Alliance

Sans doute perdu dans une forêt obscure, par une nuit sans lune, n’avais-je soulevé jusqu’à présent l’écorce de ce pinnipède intrigant qui se dressait devant moi ?

Plus tôt, en levant les yeux, mon regard s’était perdu vers ces cimes angoissantes, ces sombres ramures qui tentaient de m’étouffer ?

« Alliance » est une pièce industrielle dont le rideau opaque laisse entrevoir une chorégraphie syncopée qui se joue sur l’arrière-scène d’un esprit claustrophobe.

Autant prévenir d’emblée que le disque n’est pas empreint d’une franche réjouissance et renvoie à des climats plutôt angoissants.

Le trio explore ici un penchant dérangeant, s’évertue à trifouiller dans la chair en décomposition, plonge dans le métal hurlant.

C’est un univers trouble où l’on croise pêle-mêle, d’un côté comme de l’autre du miroir, des visages émaciés, rongés par la frayeur, ainsi que des corps qui ondulent voluptueusement dans les flammes.

La froideur incandescente de Throbbing Gristle, la brûlure glaciale de Cabaret Voltaire, la folie fiévreuse de Lydia Lunch et des visions floues et indistinctes issues de rêves perdus à la lisière des cauchemars.

K-Branding déjoue le piège de la facilité, de la gratuité et propose un essai à la fois intrigant et interpellant. Une pièce de théâtre montée sur une montagne d’images cathodiques dont l’électricité navigue au sein de l’esprit jusqu’à la note finale.

Idéal pour accompagner vos soirées psychotiques…

 

jeudi, 11 avril 2013 20:41

That’s right (Ep)

C’est un poil malin qui se cache dans la main, un poil qui gratte, démange, secoue le bas des reins.

Un poil retors, qui fait la nique à la bonne éducation et aux conventions.

C’est une tache qui s’étend, fait mauvais genre, fait du bien.

Une grosse tache de ketchup, et le ketchup, on le sait, ne part pas facilement, en machine ou à la main.

C’est un art, c’est un style, un poil macho, juste ce qu’il faut mais pas trop.

C’est une auréole de contestation, iconoclaste, qui se moque du bien pensé, et s’étend, roule comme la vague, vient lécher le sable et baiser nos pieds.

Un bain de jouvence, un bain de minuit, un bain séant.

Dans le clapotis d’une sauce qui prend au fond d’une vielle casserole, dans la rouille d’un cocktail qui fleure bon le Rock & Roll.

L’histoire est un plat qu’on ressert froid, mais qui passe tellement mieux arrosé de Tequila.

Echoué sur les plages de Wallifornie, Dick Dale s’étire longuement dans le panache d’un missile cubain oublié pendant cinquante ans sur la plage humide de désirs refoulés et portés à leur paroxysme. Moment choisi pour envoyer la sauce en une giclée de sperme rouge sucré. « That’s Right ! »

Les poulettes du coin se trémoussent dans leurs maillots deux pièces dont le tissu transparent peine à cacher l’émoi. « Bikini B**ch Party ».

La mort elle-même secoue son squelette en haut de la dune et glisse entre deux collines tropicales surmontées de tétons violacés. « Los Tres Tikis ».

Enfin, la lune s’étrangle dans un dernier orgasme alors qu’un avion espion pénètre son atmosphère en franchissant le mur du son. « Kelly Johnsson ».

Quatre titres qui donnent le ton, la couleur, le son de la bonne humeur.

 

mardi, 09 avril 2013 22:07

Everything Touching

‘T=O’

Ou comment placer d’emblée l’auditeur dans un carrousel dont la vitesse gravitationnelle s’amplifie au fil des secondes, atteint son apogée, puis freine sa course jusqu’à l’arrêt.

Sur le tableau noir du Math Rock, l’équation Tall Ships reste d’une évidente limpidité.

Les variables s’entrechoquent, se bousculent, frétillent, éclaboussent. Elles altèrent les mouvements circulaires comme les rampements reptiliens d’un vumètre en léthargie. Bref, ces paramètres tiennent de la recette savamment appliquée. Sauf qu’il y a cette étincelle qui à un certain moment fait jaillir le feu sacré.

Un morceau qui frôle l’extatique jouissance immédiate. Il s’intitule « Gallop » et emporte tout dans son sillage.

La voix se fait grave, caresse, embrasse, étreint, tandis que la montée d’adrénaline consume nos sens étourdis.

Un moment de grâce, une flamme, qui malheureusement s’éteint avant la fin de l’album.

Car ni « Send News » en interlude mal positionné, ni « Books » qui révèle les faiblesses vocales, ni « Murmurations » posté en épingle, lors du final, ne viendront raviver le plaisir de la sixième plage, celle où s’échoue les plus belles ambitions de Tall Ships.

Le carrousel a cessé de tourner, mais nous, nous avons toujours la tête qui tourne.

 

lundi, 08 avril 2013 03:00

Vices

Comme nous avons pu le constater dans le chapitre précédent (XXII, paragraphe trente, alinéa trois bis) l’électrodynamique des corps en mouvements entraîne irrémédiablement une immersion progressive des masses dans la courbure de l’espace temps.

L’équation du théorème d’Adam’s Castle se fonde, quant à elle, sur trois constantes intangibles, formant une rythmique inébranlable qui tient lieu de structure à la fondation basse + batterie + piano (Rhodes).

Une fois éliminés les parasites régulièrement rencontrés dans ce type d’atmosphère (voix et guitare entraînant généralement l’attention A de l’auditeur A’ vers un point nébuleux, vraie chimère cosmique), ces trois constantes établissent progressivement un noyau dur autour duquel gravite les poussières d’étoiles.

S’ensuit alors une série de chocs plus ou moins violents créant une énergie cinétique.

Bref, une théorie un peu math collant parfaitement au contenu un peu prog de ce trio instrumental légèrement conceptuel.

C’est techniquement irréprochable et un poil ébranlant sur la longueur. De quoi passionner assurément les amateurs du genre privilégiant les constructions complexes sur fond de savoir-faire clinique.

 

mardi, 09 avril 2013 21:23

Hung At Heart

Chevauche ton fier destrier, Ô abscons rebus de l’univers ! Que valsent les variations allotropiques réglées au dixième de seconde sur l’horloge de nos vies flétries.

Reprenez donc une de ces petites pilules colorées.

Non, pas celle là, plutôt celle-ci.

Oups ! Trop tard.

The Growlers s’invite dans les esprits irrigués par le flux morose de l’univers et réinvente les golden sixties pour les régurgiter dans un panache de couleurs.

Fenêtre ouverte sur une quelconque planète baignée d’une aura rosâtre, soleils déclinants sur de bleutées collines aux contours érodés par les vents de l’espace et les soupirs du temps qui passe.

Tel un organe expulsant une longue complainte psychotrope, « Hung At Heart » prend possession de nos sens par des chemins biaisés.

A l’image de la pochette, cette solution sonore ressemble fort, au premier plan, à un fameux bric-à-brac.

Et dans ce bordel, il y a fort à parier qu’il y ait à boire et à fumer.

Quinze titres, dont certains au sens plus qu’incertain (« Salt On A Slug », « Use Me For Your Eggs ») qui redessinent les contours psychédéliques de ce groupe de surfeurs signant ici leur troisième essai.

Le plus abouti, le plus riche aussi.

Sorte de trip à demi-éveillé qui voit s’entrechoquer les petites cuillères flottantes du film Drugstore Cowboy dans la caboche du chat du Cheshire, debout sur une planche flottante, trois pieds (ou trois pattes) au dessus d’une vague de coulis sucré multicolore : cet album régit à sa manière le genre évoqué.

C’est complètement allumé, génialement foutraque et pourtant diablement accrocheur.

Les mélodies adhèrent aux parois cérébrales du subconscient, le tremolo fait mouche, l’écho renvoie dans l’un de ces tubes aqueux s’échouant sur une plage de Californie, et on se sent bien. On se surprend un sourire béat figé au dessous du nez. Les globes oculaires roulant sur des pentes extatiques.

Tout a l’air si simple…

Mais qu’on ne s’y trompe ! Derrière cette aura pailletée se trame une mélancolie qui sans raviver un sentiment de tristesse ou de nostalgie, rappelle néanmoins qu’ici, tout n’est pas rose bonbon.

Donc, point de mièvrerie. Plutôt un carrousel d’images tendres et drôles qui dans la vitesse du mouvement se marient avec bonheur.

On se réveille groggy, la chemise hors du slip, mâchouillant une sandale ou faisant des papouilles au lapin angora.

Et même dans les rares moments de faiblesse, The Growlers nous tient par la main et nous propulse au-delà de l’arc en ciel.

Délesté de toute inutile sensation.

Un jeu kaléidoscopique dans l’optique tronquée d’un prisme scintillant.

Prenez ! C’est de la bonne !

En concert ce vendredi 12 avril chez Madame Moustache (Bruxelles) et le lendemain au Trix (Anvers).

 

mardi, 09 avril 2013 21:09

Nude

The Irrepressibles est un orchestre titubant dans l’atmosphère qui se raccroche à l’infini en s’agrippant désespérément aux cordes vocales de son leader, Jamie McDermott.

C’est beau, poignant, mais il manque quelque chose à cette belle aura. Comme la buée s’échappant d’une gorge chaude dans l’air glacé, prête à être cristallisée ; et qui au final s’évaporerait dans l’air ambiant.

La voix magnifique s’envole certes dans de hautes sphères qui ne sont pas sans rappeler tantôt Perry Blake ou Antony & The Johnsons, mais dégage elle aussi cette impression de froideur distante qui me laisse clouée au sol comme un enfant regardant la danse de milliers de flocons de neige.

Alors, oui, c’est foncièrement joli, mais un peu plat.

Ce « Nude » dégage une belle esthétique dans l’ensemble, mais semble si convenu, qu’au final, je me lasse.

Là où « Mirror Mirror » ouvrait une voie royale à cet ensemble baroque, « Nude » ne renvoie plus que de lointains échos qui se dispersent dans la longueur de cet elpee.

Une  statue de marbre, copie d’un Apollon, que le temps aura sans doute tôt fait de recouvrir…

 

mardi, 09 avril 2013 21:04

Concrete Light

Projet secret des forces intersidérales sises dans les entrailles de Madrid, le vaisseau Lüger est parti depuis quelques mois déjà et file actuellement à des années-lumière de notre astre terrestre.

Possible même qu’aidé par un trou de verre, il soit déjà quelque part dans un futur lointain, à se taper une Jam avec des singes sur une planète qui ressemblerait vaguement à la nôtre.

« Concrete Light » sert donc de testament, jusqu’à un retour improbable.

Comme les couloirs du temps ont tendance à s’entrecroiser, s’emmêler et bifurquer en tous sens, et à déformer l’espace par la même occasion, il n’est pas étonnant que l’expression sonore de ces Espagnols remémorent le Kraut d’autres contrées et d’une certaine époque.

Mais les influences ne s’arrêtent pas aux seuls Can et Hawkwind, car les traces de Stoner qu’on retrouve collées à la paroi synthétique de la capsule de navigation indiqueront sûrement à nos descendants qui auront (ont ? eurent ?) l’honneur de les accueillir ; que toute cyclique que nous semble être la musique en nos jours, elle reste la somme du passé conjuguée au plus qu’imparfait, la perfection étant à jamais d’un ennui profond.

L’album s’ouvre sur un instrumental spatial. « Belldrummer Motherfucker » nous propulse d’ailleurs en apesanteur.

La suite gravite autour de « Draculs’s Chauffeur Wants More », sans doute le titre le plus efficace, le plus direct aussi.

« Shirokovsky Pallasite » se décline en deux volets dont les nappes hypnotiques déjouent les lois de cette pesanteur.

Enfin, « Zwischenspiel / Quidquid Latet Apparebit » achève le voyage dans ces confins de l’espace-temps, à l’aide d’un sitar au mantra obsédant qui nous emmène dans une spirale aspirante.

Bref, « Concrete Light » ne servira pas d’étendard pour les générations à venir ; celles qui auront à cœur de se trémousser sur le dancefloor en s’aspergeant de boissons énergisantes. Mais comme disait Einstein : ‘Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement’.

 

mardi, 09 avril 2013 20:57

One Track Mind

C’est un rituel connu des Anciens. C’est le matin. On présente son visage à la lumière de l'Est. On avance de dix pas vers l’astre solaire.

Un. L’ombre du grand Velvet déploie ses ailes au dessus de nos têtes.

On se met à genoux, le dos voûté dans une humble posture…

Ensuite, on se retourne pour faire face à l'Ouest, reprenant en sens inverse le même sentier.

Deux. La basse grésille dans les circuits d’une pédale Fuzz. On soulève la tête et scrute l’horizon vertical.

La poussière se soulève. ‘We could go anywhere’ suggère une voix détachée.

La route s’ouvre un peu plus dans le ciel éclatant.

Trois. Les étoiles défilent dans la brèche et nous suivons le mouvement.

Quatre. Le voyage astral peut débuter, nous quittons l’enveloppe de nos corps flasques.

Cinq. Les parois du continuum espace temps se parent de couleurs violacées, ainsi que les battements de nos cœurs  ralentissent, suspendus au bord de l’univers. Haletants.

Six. Des images d’une vie rêvée, imaginée. Peut-être avons-nous vécu ?

Peut être étions nous ? Dans cette autre vie.

Sept. La lumière de la nuit enlace l’obscurité du jour, l’embrasse et sa langue se tortille, habile.

Huit. Dans les braises d’un feu oublié aux vents d’une mer chaude, les lueurs éclatantes de la ville dansent à jamais…

Neuf. C’est une chute en apesanteur. Depuis longtemps nos esprits ont cessé de lutter.

Dix. Telle des gouttes sur une pierre brûlante, nos pensées s’évaporent au contact de la réalité.

Onze. C’est un écho qui longtemps se répercute même une fois l’expérience finie.

Psychic Ills a manifesté dompté sa monture. Les brides fermement maintenues, les quatre New Yorkais frondent à présent les critiques qui sous-estimaient à tort leur réel potentiel.

Riche de sons organiques (du piano à l’harmonica), « One Track Mind » puise son inspiration dans l’histoire du psychédélisme (NDR : de Spacemen 3 à 13th Floor Elevators ») mais surtout éveille sans cesse l’intérêt au long de ses onze chansons (oui, je dis bien chansons !)

Sacred Bones signe encore ici un bien bel objet (l’esthétique n’est pas un vain mot pour ce label) et renforce encore l’idée que son catalogue est sans doute l’un des plus excitants du moment.

Reste à suivre les 4 lascars ce samedi 13 avril au Magasin 4 pour une affiche absolument renversante, qui tient du festival haut de gamme (Anika + les Afghans de Mater Suspiria Vision + les fous de Gnod + les illuminés de Teeth of The Sea et le duo Magdalena Solis, excusez du peu !)

 

mardi, 09 avril 2013 20:55

Sophia Verloren

The Somnambulist, fière équipée de funambules sprintant sur une corde raide, au-dessus d’un précipice.

En équilibre sur un fil conducteur, tendu au dessus du vide, il tend ses bras pour nous happer.

Quand celui-ci semble nous gagner, le collectif presse le pas et nous emmène dans son sillage.

De quoi parfois donner le tournis. Mais tout autour du vide, des nuées d’air s’engouffrent dans nos poumons alors qu’on se croyait au bord de l’asphyxie.

La voix éraillée glisse comme une lampée de Bourbon dans les crevasses sèches et arides d’une gorge montagneuse. Une autre coule parfois comme un torrent limpide.

Le ciel est bas par ici. Et terriblement lourd de sous-entendus.

« Sophia Verloren » est un mirage, un leurre, une imposture, une talentueuse évocation de l’impalpable.

C’est une œuvre construite sur le principe des poupées Russes.

Intimiste comme une pièce jouée dans le dernier théâtre du monde.

C’est aussi une œuvre en mouvement, qui ignore le statisme, mais manie habilement les pleins et les déliés de la forme musicale.

« Sophia Verloren » ne s’écoute pas distraitement ; il nécessite une plongée en apnée, dès lors qu’on accepte l’idée de s’y noyer.

Au bout du compte, une belle échappée.

 

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