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Akim Serar

Akim Serar

mercredi, 03 avril 2013 21:29

English Electric

On sonne à la porte. Je regarde par la fenêtre.

Ah, zut ! Eux ?

J'enfile un ciré et chausse des bottes en caoutchouc.

Je vais ouvrir...

Je souris poliment à Andy McCluskey et Paul Humphreys.

- ‘Ah oui, on m'avait dit que vous alliez repasser. Quoi de neuf depuis votre naufrage en 2010 ?’

Et bing !

Je me reçois un gnon dans l'estomac.

Magistral de puissance. Un de ces coups de poing qui vous laisse haletant sur le carrelage.

D'ailleurs, c'est là, à même le sol, que je finis l'écoute d’« English Electric », le douzième opus d'OMD.

Et je ne suis pas prêt de me relever.

Je me suis fait avoir, en beauté.

L'effet de surprise a énormément joué, c'est sûr.

Comprenez ! Je ne m'y attendais pas. Absolument pas…

J'avais abandonné le groupe agonisant, il y a bientôt trois ans.

Un peu moqueur, j'avais nargué la bête blessée.

Faut dire que « History Of Modern » était une insulte définitive (ou semblait-elle définitive du moins) à la carrière de ce groupe aussi mythique que jadis authentique (ou l'inverse, je ne sais plus).

Nous en étions restés là, au bord d'un gouffre. Orchestral Manoeuvres complètement noyé dans le dark.

Bouffi, méconnaissable, la viande encore bien saignante, les plaies purulentes, les tripes à l'air, l'animal gisait presque mort. Un vrai carnage. La bête s’était dévorée elle-même.

Un exemple rare d'auto-cannibalisme avéré.

Pas beau à voir !

Un spectacle grisant d'horreur.

Le rictus facile, la morve exaltée par quelque vieux sentiment nostalgique, j'y étais allé personnellement de bon cœur à ruer de coups, ce corps flasque promis aux vers.

Ainsi, après l'effet d'étonnement suscité par son retour, je m'attendais à une nouvelle salve de vomi gluant et j'avais donc pris soin de m'équiper en conséquence.

Sans m'attendre le moins du monde au dénouement.

Pourtant, j'étais prévenu.

C'est écrit en blanc sur fond noir, sur l’arrière de la pochette : 1. ‘Please Remain Seated’

Pfff ! Faisant fi à cette sommation, j'avance le nez haut, la narine frétillante, cherchant à humer le parfum nauséeux de la barbac refroidie.

Et donc, je suis accueilli par cette fameuse estocade.

Les larmes vibrantes au bord des cils, un filet de bave scintillant à la commissure de mes lèvres ouvertes béatement dans un sourire médusé, je me recroqueville et me laisse emporter.

Les mélodies retrouvées, le sens aventureux, le regard fièrement jeté dans le rétroviseur, l'audace jetée sur les épaules comme un manteau d'humilité et non plus comme une peau de chagrin.

Ma vue est brouillée mais j'en suis certain.

Ces ombres qui se dessinent et ondoient nonchalamment au dessus de mon squelette ratatiné, forment à nouveau le corps de ce groupe auteur par le passé de ces succès dorés, tant de fois fredonnés, maintes fois dansés.

« Enola Gay », souviens-toi ! Oui, je me souviens. J'ai failli t'oublier. Depuis, je t'avais rangé dans les allées poussiéreuses de mes archives sacrées, de celles qu'on ne ressort qu'avec respect, tentant d'oublier le mal qui a été fait.

Bien sûr, j'aurais dû m'en douter !

‘Enola Gay, it shouldn't ever have to end this way’

Et donc, OMD est revenu. Revenu venger sa mémoire. Et rappeler ce qu'ils étaient. Ceux qu'ils étaient.

Inespéré !

Un frisson me parcours l'échine. En montant. En descendant. Une salvatrice dose d'« Electricity » qui surgit de ma mémoire.

Mais le bonheur est bel et bien présent.

Car là où tout foutait le camp sur leur dernier témoignage en date, des sons antidatés, périmés, vérolés, aux compositions branlantes, branleuses, biaisées, « EE » s'offre aujourd'hui une seconde jeunesse, un vrai retour aux sources.

OMD ne semble plus courir après le futur. D'ailleurs « The Future Will Be Silent ».

OMD embrasse à pleines lèvres son passé (« Kissing The Machine »), titre composé par McCluskey et Karl Bartos en nonante trois, après le départ de Kraftwerk et qui figure sur l'album « Esperanto » de ce dernier.

OMD revient et je ne veux plus le quitter (« Stay With Me »)

OMD est redevenu OMD

La belle esthétique enfin au service de la musique, tous deux enfin réconciliés, le graphisme comme support d'une musique retrouvée et non plus présent pour sauver les meubles dans un mouvement tangiblement fossile.

Alors, pendant que je m'épanche en sincères excuses, Andy et Paul me gratifient d'une « Final Song » qui jette une poignée de sel sur cette belle plaie sucrée ouverte sur mon cœur.

‘Vous partez déjà ? Et les gars, c'est quand que vous revenez ?’

En concert, le 20 mai 2013 à l'AB.

 

mercredi, 03 avril 2013 21:24

More

Retour gagnant pour Soldout, assurément.

Evitant l’écueil d’un enlisement prévu par certains, le duo se réinvente sur cet album en manifestant une verve synthétique mâtinée d’une sensualité à fleur de peau pour donner à ce « More », au nom plus que pertinent, une saveur bien particulière.

Entre hier et demain, sans même prendre la peine de se demander lequel choisir, Soldout choisit l’instant (« Right Now », en ouverture) et explose d’inventivité à chaque plage, nous offrant le plaisir de les (re)découvrir.

Qu’on ne s’y trompe ! Derrière chaque mélodie, au détour de chaque boucle, se dessine un travail ample et méticuleux contrebalancé par une spontanéité juvénile.

Et c’est sans doute là que réside le subtil équilibre qui régit le travail de notre duo.

Affichant une belle maturité et se drapant dans ses différentes ambiances aux nuances de gris, ce disque se déguste d’abord, puis se dévore ensuite avec bonheur.

Les yeux fermés, comme dans cet extatique moment d’orgasme que semble illustrer la pochette, se répétant à l’envi.

Arrivés à l’âge adultes, celui musical, Charlotte et David savent à présent doser parfaitement les différents ingrédients qui faisaient voici peu autant les défauts que les atouts majeurs de leur projet.

Intègres, ils s’investissent totalement dans leur travail et personne ne pourra leur reprocher de vouloir plaire à tout prix, à quiconque, même si au détour de cet elpee et des quelques dates de cette année, le succès devrait méritoirement leur ouvrir les bras, sur leur chemin.

C’est tout le mal qu’on leur souhaite!

 

Ex-Swervedriver, Adam Franklin est impliqué dans divers projets ; et notamment Variety Lights, dont nous relations ici même l’actualité, voici à peine quelques jours, mais également ses Bolts Of Melody. Ces derniers nous reviennent avec l’album « Black Horses » sur le label Goodnight Records.

La voix et les mélodies toujours imparables, le son d’une Fender qui cisaille en douceur. Pas de doute, on est en terrain connu, en terres conquises, adoptées depuis belle lurette, où il est bon de se laisser bercer par les rayons d’un soleil déclinant sur un horizon jamais tout à fait perdu de vue.

Venez donc prêter l'oreille de ce côté ci

Et l’œil par  

 

 

Un autre Mercury Rev, et pourtant le même ! LA différence s’appelait David Baker.

Entre 1989 et 1994, il a fait don de son âme en publiant deux disques brillants au cours desquels une douce folie scintillait à travers sa voix et ses textes allumés ("Chasing A Bee Inside A Jar", par exemple).

C'était le temps de concerts hallucinés (ceux qui avaient alors assisté à leur set mémorable, au VK, s'en souviennent encore) et d'un succès qui se résumait aux honneurs de John Peel et d'une poignée de fans.

Puis est venu le moment des désaccords internes et David s'en est allé...

La carrière de Mercury Rev est devenue ce qu'on l'on sait, et on a perdu de vue son chaman.

Et bien il est revenu. Et comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, le bonhomme est accompagné d'Adam Franklin, ex-Swervedriver, qu'on avait revu aux côtés de Sophia comme que guitariste et dont nous suivions toujours les pérégrinations musicales (Toshak Highway)

Le projet répond au patronyme de Variety Lights. Et dernière nouvelle, la formation entamera une tournée outre- Manche dès avril pour célébrer la sortie de "Central Flow".

On s'en réjouit grandement!!!!!

https://soundcloud.com/firerecords/variety-lights-establishment

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

Archeology Of The Future

Une véritable auberge espagnole, tant culturelle que musicale, c’est la description qui correspond le mieux à ce groupe aux allures de tour de Babel branlante sur ses propres structures.

Mais l’édifice tient bon, contre vents et marées.

Deux Italiens, un Mexicain, un Autrichien, un Anglais se sont réunis sous le ciel plombé insulaire et proposent une Pop décomplexée, baroque, joyeusement bric-à-brac.

Seulement, là où un tel brassage pourrait donner lieu à un bordel insignifiant, voire horripilant, « Archeology Of The Future » apporte une touche de nostalgie à un futur pas encore dessiné.

Certainement enfouis sous des tonnes d’indifférence, Vadoinmessico ressurgira un jour futur et enthousiasmera nos lointains descendants tout à la joie de découvrir qu’au vingt et unième siècle, de joyeux fêlés pouvaient encore se fendre de telles pépites dans un climat plutôt propice à la grisaille.

Un album foncièrement déconcertant et foutrement agréable, même si voué à l’oubli. Loin des modes, doté de sa propre norme esthétique, pluriel et à la fois si singulier.

Une trace intemporelle de l’éclectisme Pop faisant le grand écart entre les Continents du globe.

 

jeudi, 28 mars 2013 11:55

Go Ahead

C’est l’histoire d’une boulangerie perdue au milieu d’une grande métropole.

On n’y faisait qu’une seule sorte de pain. Blanc, simple.

Fade mais pas infect.

Juste un simple pain, quoi !

Peu de clients y étaient fidèles. Tout au plus l’un ou l’autre riverain trop paresseux pour aller voir plus loin.

Et bien sûr, cette boulangerie n’attirait aucun curieux, puis qu’elle ne proposait rien de spécial à découvrir.

Et le boulanger et la boulangère n’avaient d’ailleurs pas d’autres ambitions, que de contenter ces quelques clients polis qui venaient de temps à autre pour leur petit pain, s’en retournaient avec leur petit pain, pour le garnir de charcuterie sans goût, dans leurs vies sans goût.

Et tout le monde se foutait de cette histoire et continuera à s’en foutre encore longtemps…

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

Electric Hawaii

Que reste-t-il d’« Electric Hawaii » si on soustrait d’emblée la somme de clichés indéfectiblement liés au son de cet album et si on évite d’emblée les évidents raccourcis ?

Un excellent album de Pop dans son interprétation la plus large.

Faisons donc fi de la fratrie de Kody Nielson, qui serait bien là le seul point à mettre en commun avec Unknown Mortal Orchestra et chassons de nos esprits les encombrants spectres de Brian Wilson et consorts, qui reviennent aux lèvres comme l’écume à la bouche dès qu’il s’agit d’évoquer les sonorités des sixties, le surf et les veillées auprès d’un feu crépitant dans la nuit étoilée.

Car si c’est bien dans cette veine que le poison Opossom se distille avec allégresse, l’album se veut certes quelque peu irrévérencieux mais point iconoclaste.

Brassées dans un bain psychédélique, toutes les influences de ce Néo-Zélandais revenu en ses terres éclatent comme autant de bulles oniriques à la surface d’un océan de fausse candeur.

Car le spectre de couleurs auquel ces dix titres renvoient n’est pas à l’abri de certaines parts d’ombre.

Et si d’entrée, c’est de nos corps que « Girl » prend possession, emmenant dans son sillage un vent de fraîcheur ensoleillé (joli contre-pied pour un disque conçu principalement de nuit), bientôt, c’est de nos esprits que cet elpee aura raison.

Responsable d’un son ample, jouant avec l’espace et le temps, et ses airs de ne pas y toucher, Opossom, à l’instar du marsupial à qui il estropie le nom, colonise un terrain pas forcément gagné d’avance.

Et on ne songerait même pas à l’en déloger !

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

Ecotone

Tel un iceberg dérivant vers notre Continent, le son de cette jeune Norvégienne, dont le patronyme signifie précisément le son national, glisse imperturbablement entres nos écoutilles attentives à l’approche de ce qui pourrait bien être une révélation.

Pop dans ses gènes mais sans gêne quand il s’agit de mixer les genres, la DJ (connue sous le pseudonyme de Diis Paradis) propose une synthèse de ses influences qui à l’image d’un glacier retenant la lave d’un volcan, laisse exploser ses paradoxes au gré de ses envies.

Projetant en perspective un univers excitant où les styles musicaux se télescopent sous une chape de froid qui n’est que superficielle.

Car une fois au cœur de cette calotte glacière, la température monte d’un cran, frôlant même une transe purement primale propre à exciter les sens les plus introvertis (NDR : l’imparable « All In Love »).

A trop naviguer, l’embarcation s’égare parfois dans des paysages convenus et telles les ondes à la surface de l’eau, l’intérêt se perd peu à peu dans un océan de déconcentration.

Mais un nouvel écart en terres inconnues relance bientôt l’attention.

Soufflant ainsi en alternance le chaud et le froid, Rikslyd évite l’enlisement et suscite assez d’engouement pour que l’on prolonge le désir.

Fourmillant de bonnes idées, « Ecotone » s’avère un objet dansant non identifié, qui titille la curiosité et demande bien plus qu’une écoute distraite.     

 

mercredi, 20 mars 2013 19:28

Game

Circuit Bending.

Sous ce terme fantasmagorique se dissimule une âme d’enfant.

Cette petite flamme de curiosité brille dans les yeux du bébé qui décortique sa poupée ou démonte son jouet.

C’est un terme qu’on emploie pour désigner cette tendance à détourner les circuits électriques enfouis dans les jeux, pédales d’effets, et autres Casios d’une lointaine époque.

Recyclés, amalgamés, redirigés, assemblés, reprogrammés.

Monstres hybrides en circuits fermés.

Entre les mains de savants fous, de doux illuminés, de vrais passionnés.

Ainsi en va-t-il de Xavier Gazon, touche-à-tout de génie qui depuis deux mille six, mène le projet Playboy’s Bend (oui, Bend, comme Bending) du bout des rêves. De ses rêves. De nos rêves. Rêves éveillés. Rêves habités. Habités par une certaine Electro Pop aux vagues très eighties (Patrick Coutin, Taxi Girl, Plastic Bertrand, Lou & the Bananas, Fad Gadget, Kraftwerk, Liaisons Dangereuses, Android’s 80, Lio, et maintenant cherchez l’intrus).

‘J’ai quitté l’atmosphère de la terre à bord de mon vaisseau spatial’.

Le ton est donné.

Voyage ludique, empreint de nostalgie, entre univers enfantin et fantasmes adultes, « Game » est un album qui porte bien son nom et cache bien son… jeu.

Car il se moque des codes, des tendances, des modes et du temps.

Un univers décalé où l’on croise de jolis chœurs (Belleclose, Juliette Whatieu) qui accompagnent de facétieuses mélodies.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait craindre, un univers loin d’être aseptisé.

Si l’humour est omniprésent, l’esprit et la gouaille de ce playboy qui tient plus du rusé renard que du lapin assure une homogénéité salvatrice à cet ensemble au final très cohérent.

Cette suite à l’Ep « Needs », dont on retrouve ici le titre éponyme, ainsi que « Caroline », s’avère donc la confirmation de tout le bien que j’en disais en ces même lignes, il y a quelque temps.

Un elpee pour enfants pas si sages…

 

mercredi, 06 mars 2013 15:49

10:20

A en croire la bio du groupe, voire une certaine presse, The Twang n’est pas un soldat inconnu sur ses terres anglo-saxonnes.

Si musicalement, le groupe de Birmingham provoque effectivement quelques étincelles, leur notoriété a tout de même du mal à traverser la Manche, malgré la sortie de ce troisième album.

Ciselé dans leurs propres installations, « 10:20 » (titre hérité d’un message d’exaspération du voisinage pendant l’enregistrement, voir pochette) se caractérise par une production léchée et un soin particulier porté au son analogique, ce qui le démarque des deux premières productions du groupe.

Les chansons parlent avec fougue de la vie à deux (NDR : les lyrics sont parfois poignants, à l’instar du single « Guapa »), mais l’enthousiasme manifesté par le groupe pour interpréter les compos semble en décalage permanent avec les thèmes abordés.

Exemple frappant, la reprise du « Tomorrow » de Durutti Column, dont l’émotion originale semble violée par une maladroite envie de trop en faire.

Reste une gouaille accrocheuse, un accent attachant, quelques mélodies bien ficelées et un souci d’indépendance louable qui transforment ce disque un objet sympathique mais pas essentiel.

 

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