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Akim Serar

Akim Serar

mercredi, 27 février 2013 15:15

Urban Turban

Réunion disparate de titres pour la plupart collectés sur leur propre site en offrande à leurs fans, cet opus des Londoniens suit le très jouissif « Judy Sucks A Lemon For Breakfast »,  paru en 2009.

Intervalle où le groupe s’est donc essayé avec plus ou moins de succès à différentes sauces, Talvin Singh son leader-chanteur ne prêtant sa voix qu’à de brèves occasions.

Collaborations multiples et éternelle insouciance face au fric business transforment donc ce recueil en un énième coup de pied (de leur part) aux us et coutumes d’un milieu se prenant trop souvent au sérieux.

Rois incontestés de l’Hindie Pop, Cornershop tâte donc aussi bien des tablas que du Disco Funk Baba Kool & The Gang avec panache et désinvolture.

Les titres soulignent la fantaisie Pythonesque de ce groupe hors norme (« Beacon Radio » par exemple) où les invités apportent cette petite pincée de sel qui fait prendre le curry (« Soko ») ou le rendent indigeste de second degré (Céleste sur l’improbable « Non Stop Radio »).

La démarche est louable, le résultat parfois laisse à désirer, mais l’esprit iconoclaste reste le maître mot de ces Paki du coin qui font la nique aux supermarchés.

 

jeudi, 24 janvier 2013 17:03

Luna Gritt (Ep)

Comme la tache qui se dessine au verso de cet elpee, d’allure symétrique et pourtant nuancée, la musique de Luna Gritt se décline en auréoles subtiles. Comme pour paraphraser Magritte et souligner que les apparences sont trompeuses.

Tel un vernis sombre qui protégerait la tendre mélancolie tramée là-dessous, cette tache uniforme se découpe le long d’un méridien imaginaire.

Des contours nets et précis mais qui masquent difficilement le tremblement de l’imprévu, de l’inattendu.

Des repères évidents jalonnent ces quatre titres. La précision mécanique d’un enregistrement soigné qui laisse transparaître la liberté d’un travail ancré dans la tradition DIY, non pas dans la version sale et Punk de ses premiers jours, mais au sein du confort d’un présent décliné proprement au travers de quelques erreurs binaires.

Un soin particulier, presque scolaire, mais qui n’ensevelit pas pour autant la passion ici protégée, comme dans un écrin.

Les mélodies opèrent un travail remarquable, précis, encerclant les chansons de broderies enjoliveuses. Tout paraît évident. Mais en suspens, la valse des illusions continue à s’imprimer sournoisement.

Et puis, il y a cette voix. Qui serpente et s’installe en hôte de ces lieux.

Elle aussi, trompeuse.

Comme la maîtresse du rêveur égaré, elle promet de se donner mais s’esquive comme la marée. Jamais rattrapée, toujours une longueur d’avance. Juste assez que pour être frôlée.

Pas assez que pour se laisser posséder.

Caresse d’un  éphémère confort, d’une brûlure cuisante et pourtant désirée.

Luna Gritt est une dualité maîtrisée, qui joue de ses atours comme une catin dissimulant ses chagrins tout en pudeur et jouant avec talent d’une beauté évidente, tellement qu’elle en devient provocante.

Un masque de perfection qui dissimule une faille, une faille qui invite secrètement à la chute.

 

mercredi, 31 août 2011 02:00

...love you

Adieu The Loves. Ce dernier album, commis après 10 années de bons et loyaux services, sonne le glas de ce groupe iconoclaste et joyeusement marginal.

Léger sans être mièvre, ce dernier opus est sans doute le plus abouti de Simon Love, qui pour l’occasion s’est entouré de collaborateurs au pedigree irréprochable : Liz Hunt (The School), Emma Hall (Pocketbooks), Rob Jones (The Voluntary Butler Scheme), Simon Trought (Tompaulin) et last but not least, Doug Yule du Velvet Underground pour la voix de Jésus sur “It’s…The End Of The World”, morceau absolument magistral dont le second degré suinte par tous les pores.

Cette retro bubble gum pop aux résonances Yéyé est tout simplement irrésistible et collerait un sourire béat en travers des visages les plus taciturnes.

En dix titres, débonnaires et résolument pas prise de tête, The Loves rend hommage aux sixties avec bon goût et bonhommie, dans une veine que Saint Etienne avait jadis explorée.

Mention spéciale à « King Kong Blues » et son final disco-noise décapant.

 

mercredi, 03 août 2011 19:37

On Recording The Sun

Si pour des raisons climatiques évidentes, il paraît fort improbable de nos jours, pour un groupe belge, d’enregistrer le soleil qui darde ses rayons sur nos terres, le groupe anversois de Koen Kohlbacher dispose par contre d’un certain talent pour apprivoiser les oscillations mélancoliques de notre facétieuse météo.

Bercées d’un halo de lumière captées au travers d’un prisme déformant, les jolies mélodies toute en subtilité renvoient à diverses émotions et humeurs changeantes comme le temps.

Caractérisé par ses arpèges boisés, « Woods » constitue incontestablement l’arbre cachant la forêt qui s’étend sur le long de ces dix titres délicats et reposants.

On pense tour à tour aux Beatles du « Sergent Pepper’s », à Dylan, Mark Linkous ou encore Devendra Banhart, aussi bien qu’aux beautés de la nature, quand celle-ci s’offre à nos regards sous un jour nouveau.

« Oh so tired » fait feu de tous bois, « Lullaby » nous berce à la clarté des étoiles ; mais c’est surtout l’hypnotique « Never ending first of may » qui révèle l’énorme potentiel de ce groupe. Fantastique ballade à travers champs et plaines, le morceau étend sa ramure sur plus d’onze minutes que l’on savoure jusqu’au bout de la nuit.

« Oh what a day » clôture de façon enjouée ce très bel album aux sonorités psyché/folk de très, très bonne facture.

 

mercredi, 12 janvier 2011 21:05

Nightfall Prayers

Dès l'intro, surgit déjà, entre deux bandes froissées, le fantôme de Syd Barrett. Et il hante constamment l’esprit évanescent de ce disque sorti en 2009. L’expression sonore de cette formation française est empreinte d’une mélancolie certaine et d'une certaine mélancolie.

Vaguement cold wave dans l'âme et parfois noisy en background, chacun des titres se compose comme une bande son épique d'un grand film choral. Souvent théâtrale, la musique de Demian Clav peine à sortir de certains clichés grandiloquents et irrite parfois (« Me, myself and I (you »)

A l'auditeur de fermer les yeux et de se laisser guider. On peut s'amuser à retrouver à quel film appartient tel passage, tel dialogue, tel intro de chanson ou se laisser bercer sans demander son reste. Dans un univers ou Syd Matters, on se dit que finalement, Roger matters aussi...

A noter que « Wisteria Lodge », troisième opus du groupe, est paru en 2010.

 

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