Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Nos partenaires

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait
Akim Serar

Akim Serar

dimanche, 19 avril 2015 01:00

Neither Virtue Nor Anger

Tout auréolé d’une couronne d’épines psychédélique sur le front, Sonic Jesus vient de débarquer.

Parrainé par Black Angels –une filiation concrétisée par un split single– ce combo italien est sans doute ce qui se fait de plus original dans un genre qui tend à se mordre la queue (NDR : même si la redondance appartient à ce mouvement).

Mais cette singularité procède surtout de sa large palettes d’influences, qui oscillent de Sisters Of Mercy à Can, en passant bien entendu par les inévitables et incontournables papes du style.

Ainsi « Locomotive », qui introduit ce premier opus, évoque l’ouverture du « Turn On The Bright Lights » d’Interpol.

Quand l’expression sonore est sur les rails, prête à traverser un climat ténébreux, perturbé et angoissant, une tempête sonique nous propulse dans la stratosphère avant de nous rabattre sur la terre, turbulence au cours de laquelle on croise des spectres de glace au profil gothique, rarement rencontrés sous ce format musical.

C’est sans doute ce qui fait la richesse de « Neither Virtue Nor Anger ».  

Drums martiaux, semblant émaner directement de l’enfer, voix d’outre-tombe, guitares fuzz fiévreuses, orgue dérangé et ligne de basse hypnotique, susceptible de broder des motifs en spirale ascensionnelles, alimentent cette atmosphère sépulcrale.

Dès les premières mesures, on est pris aux tripes. Peu de répit pour recouvrer son souffle, qu’on ne souhaite de toute façon pas reprendre.

C’est donc haletant qu’on arrive au bout du premier CD, se précipitant tout de go sur la suite.

Car Sonic Jesus ne se la joue pas à l’économie. Il y a de la quantité sur ces deux disques. 16 titres. Et surtout de la qualité.

À l’image de cette Pietà illustrant la pochette, le band confère à sa musique un romantisme torturé et une folie électrique, comme si un ange déchu avait été jeté dans le tourbillon des flammes de l’empire des morts, suite à une descente psychotrope hallucinée.

Puissant mais chargé de nuances, cet opus traduit un cri primal et urgent destiné à dépasser les cimes de l’indifférence. Un premier essai qui marque le premier pas d’une discographie qu’on souhaite prolifique.

 

mercredi, 25 mars 2015 00:00

Comme un long fleuve trop tranquille…

Détenteur d’un sésame, gagné haut la main chez nos amis de Rifraf (ben quoi, Noel Gallagher et Damon Albarn ne sont-ils pas copains comme cochons, à présent ?), je monte sur le pont de la péniche baptisée ‘Inside Out’, une embarcation amarrée depuis quelques années, sous la passerelle liégeoise.
Endroit insolite et au demeurant fort agréable pour assister circonstanciellement à une soirée endiablée ou comme c’est le cas ce soir, un concert au sein d’un climat feutré et quelque peu… tanguant.
Hélas ! Appelé à lever l’ancre prochainement, de manière définitive, le navire livre ses dernières représentations.
Mais pour l’heure, la jeune et prometteuse organisation PopKatari envahissait les lieux (elle remettra le couvert le 20 avril prochain et on vous en reparlera), pour une triple affiche aux douces effluves de champignons acidulés.
Capitaine ! Prêt à larguer les amarres ?

Accroché au bastingage, je prête une oreille aux premiers accents musicaux qui émanent du fond de la cale.

Intrigué, je descends les marches et me retrouve face à un quartet dont les musicos doivent avoir à peine dix-sept ans de moyenne, mais dont la gouaille et le talent efface vite toute trace d’immaturité prépubère.

Épatants de maîtrise pour l’un de leurs premiers concerts, les enfants de la région me font forte impression.

Si la somme de leurs influences semble confinée à un seul groupe, gageons qu’ils ne tarderont pas à se détacher de cette fratrie, même si fort élogieuse, elles sont encore un peu trop prononcées pour asseoir leur future réputation.

Bosko, dont le leader a une voix vraiment épatante, devrait donc bientôt percer au travers de la brume locale et dériver vers des eaux plus riches, en éveillant d’abord l’intérêt des fans d’Arctic Monkeys.

Puisque de singe il est question, commençons par celui qui dédaigne le dos de Willo, combo rouennais venu déposer ses rêves hallucinés, le temps de cette croisière, sur la Meuse.

« There’s No Monkey On My Back » ouvre en effet le set et démontre rapidement les limites du band, surtout sur le plan vocal. On cherche vainement l’émotion et rapidement l’ennui commence à vous envahir, comme un singe en hiver.

Les compositions sans réelle inspiration ne parvenant pas relever la sauce, le concert finit par provoquer ma fuite sur le ponton.

Peu de vent, pas d’embrun, ce groupe dont le style était annoncé quelque part entre celui de Grandaddy et des Flaming Lips, pour ses prestations énergiques, ne soulève guère de vagues.

Battant pavillon anglais, Virginia Wing approche enfin de l’embarcadère.

Escale portuaire avant de s’engager auprès de Notwist pour quelques dates outre-Rhin.

Placée en figure de proue, Alice Merida Richards et ses espadrilles (!) se fondent rapidement derrière ses synthés Korg ; mais sa voix trouve immédiatement place au milieu de réglages techniques imposés par un soundcheck hâtif.

Le psychédélisme post-kraut-pop parfumé d’essence nineties (oui, on pense effectivement à Stereolab), d’une belle efficacité sur disque (« Measures Of Joy » paru en novembre dernier) est censé prouver son potentiel sur scène, dépouillé des artifices du studio.

Si on ne tiendra pas trop rigueur à la formation pour les quelques approximations, notamment rythmiques dues, sans doute, à leur première date de leur tournée, on relèvera tout de même une sacrée perte de vitesse sur la longueur d’un set… qui n’aura duré que trente cinq minutes montre en main.

Plutôt emprunté et ne dégageant pas spécialement d’aura (le bassiste semblant si dépressif qu’on avait pris soin de retirer tout nœud marin des environs), la solution sonore s’enlise après le single « Marnie » et ne ressurgit des profondeurs du bassin liégeois que sur un final qui s’achève abruptement.

Sans l’ombre d’un rappel, les Londoniens filent alors en douce vers leur prochaine destination, nous laissant sur notre faim.

Si la péniche reste à quai, on attendait certainement que les artistes programmés ce soir, nous emmènent vers d’autres horizons.

Au final, ce sont les enfants du pays qui nous ont emportés au-delà de l’estuaire…

(Organisation : PopKatari)

 

samedi, 14 mars 2015 22:11

Between Wine And Blood

Plus besoin de présenter New Model Army, actif depuis mille neuf cent quatre-vingt, puisque ceux qui ignorent leur existence sont ceux qui ont choisi de les ignorer.

Pour le reste, pas grand chose à ajouter.

On ne prêche pas les convertis.

À l’instar de son titre évocateur, « Between Wine And Blood » poursuit la croisade entamée, il y a déjà trente-cinq ans.

Et à cet âge respectable, pour un groupe aussi intègre, il n’est plus besoin de bousculer les événements.

Du moins les fondations.

Car le contenu est toujours aussi excitant, passionné et viscéralement vivant.

Révolutionnaire, engagé, réponse hargneuse aux gentils Levellers et fier représentant d’un genre ignoré sur ses propres terres, NMA (pour les intimes) continue donc sa campagne contre vents et marées.

Parmi ces groupes fédérant un amour inconditionnel de la part de ses fans de la première heure, la bande à Justin pourrait être l’étendard brandi devant une armée de fantômes.

Mais de cela, NMA n’en a cure…

 

samedi, 14 mars 2015 22:03

Time Is Over One Day Old

Initié à l’aube de l’odyssée de l’espace, ce projet aux contours flous rebondit donc après treize années en apesanteur.

Évolution nébuleuse qui l’a vu atterrir sur la surface faussement plane du label Dead Ocean dès deux mille douze (l’album « I Love You, It’s Cool », épinglé en son temps par Pitchfork) et permet dès lors à Jon Philpot, la tête et le cœur de Bear In Heaven, de concrétiser ses idées en les matérialisant sous forme de groupe à part entière.

Ainsi, « Time Is… » relève autant des introspections de son mentor que du subtil équilibre susceptible de se créer au sein d’un band.

Bien entouré, le commandant Philpot met donc en orbite dix titres naviguant entre une électro maligne et une variante élégante du Krautrock.

La voix douce de notre pilote en chef fait office de parfait contrepoint à la pâleur fantomatique de l’ensemble aux sonorités clairement figées dans un âge de glace (à vrai dire, les eighties, l’âge d’or du genre).

Quelques incursions de guitares noyées de reverb’ se reflètent dans cet édifice de verre, pas aussi poli qu’on pourrait imaginer.

Maîtrisant son univers, Bear In Heaven ne craint pas de mettre ici des chœurs, là d’évidentes mélodies qui passent comme une hostie à la messe ou encore dans certains recoins,  d’obscures nappes de brume qui se dissipent avec grâce et lenteur.

Le voyage se déroule donc de manière on ne peut plus agréable, et c’est peut-être le seul reproche qu’on pourrait faire à cette œuvre, qui manque parfois d’un sursaut de gnaque.

Mais il est des rêves vaporeux qui se passent très bien de tout accroc.

 

samedi, 14 mars 2015 22:02

In The Silence (Deluxe edition)

Un bien bel objet que cette réédition limitée du premier album d’Asgeir Trausti Einarson (je vous épargne les accents et l’accent), sorti en deux mille douze.

Enième livrée d’un même opus, certes (voir chronique ici), mais présentée avec goût.

Récapitulons pour les absents :

Suite au succès national de son tout premier enregistrement dans la langue de ses ancêtres, le jeune Asgeir s’engage à conquérir le monde, comme ses glorieux aïeux, jadis.

Décidé à ne pas se les geler éternellement dans ses paysages givrés, il décide ensuite d’enregistrer le même disque, dans la langue universelle : l’anglais.

Une excellente initiative qui lui permet de lever les amarres et de voir du pays (et nous étions présents lors de ses passages aux confins de nos territoires)

Peu à peu, le lutin, architecte en congères, se fait une place au soleil.

Le reste appartient à la légende, consignée avec soin, à la fin du livret, par Asgeir en personne.

Mais plus qu’une jolie histoire, la musique d’Asgeir recèle bien des charmes.

D’abord, le petit farfadet possède un bien joli organe vocal et sa musique, subtilement boisée dans une forêt électronique, a de quoi faire chavirer bien des cœurs en dehors de son seul pays de glace.

Pourquoi alors ressortir à nouveau ce disque ?

Outre l’aspect marketing, il faut bien avouer qu’on ne décèle pas de véritable raison, si ce n’est contaminer d’autres fans, en attendant la sortie de nouveautés.

« In The Silence » reprend donc l’idée de la double version, mais l’édition limitée offre un troisième volet en bonus, sur lequel nous attarder ultérieurement.

Les deux premiers CD’s sont donc des jumeaux, à l’exception de la langue.

Bien sûr, à quelques exceptions près, au sein de notre lectorat, nous ne trouverons que des amateurs de la version anglaise. Certes, la VO est fort agréable à écouter en mangeant des marshmallows au coin du feu sur une peau de phoque synthétique. Mais nous garderons cette option pour les futures soirées d’hiver.

Pour l’heure, revenons à ce silence (in English, please), cher à Asgeir.

Un beat en suspension, bientôt rejoint par une caresse pianotée et la voix d’ange vient se poser délicatement.

Plus qu’une recette, presque une marque de fabrique.

Tout le monde n’aime pas la neige, mais au demeurant, presque tout le monde est d’accord sur le fait que voir danser des flocons dans un ciel étoilé a quelque chose de magique.

Et bien, c’est cette métaphore qui sied aux compositions de notre habitant des contrées nordiques.

S’ils s’en trouvent pour se lasser rapidement d’un tel spectacle, d’autres, à l’âme toute retournée, n’hésiteront pas à venir coller leur nez à la fenêtre encore et encore, à l’écoute de cet album, ma foi, fort bien réalisé, produit et exécuté.

Le jeune homme disposant d’un joli minois, on comprendra aisément que son auditoire se compose d’une majorité de cœurs sensibles et autant l’avouer, principalement féminins.

Les orchestrations sont fignolées (cuivres et cordes) et le résultat subtil et charmant.

Le single « King And Cross » se démarque quelque peu de la mêlée et justifie son choix de fer de lance.

Mais « Head In The Snow » remporte lui tous mes suffrages.

Un morceau limpide et lumineux, emmené par une électro grésillante au sein d’une pluie en arpège, et dont une batterie en suspens vient soulever les coins de mystère, avant d’en ralentir le rythme cardiaque dans un dernier souffle retenu.
 

Sinon, pour son efficacité, « Torrent » se pose là comme titre phare au milieu de cet opus, en embuscade dans cette fausse torpeur initiée par l’ensemble des chansons, avec ses assauts aux allures militaires de Vikings frondant les océans.

Un titre qui se dévoile ensuite pudiquement, mais en affichant la même grâce sur le troisième disque, consacré aux chutes de studio, remixes divers et… à une reprise déstabilisante.

Prenant soin de confronter le feu à la glace, l’Islandais nous gratifie d’une cover du « Heart-Shapped Box » de Nirvana ; mais du bout des doigts.

Sa voix de tête s’élevant bien au-dessus des cimes.

Bref, « In The Silence » enfonce le clou, là où « Dýrð Í Dauðaþög » traçait une voie royale aux pieds de ce talentueux bonhomme des neiges.

Et s’il s’agit du même disque, on s’en fout un peu, parce que au demeurant, comme dans un film, on optera pour la version qui nous plait.

jeudi, 26 février 2015 17:59

Beautiful Sad Stories

Attentif à offrir de belles mélodies sans brusquer l’auditeur, ce groupe ne prétend pas surprendre mais vise juste quant à proposer un agréable moment en sa compagnie.

Arrondies sous tous les angles, les mélodies, certes sages (à l’exception de quelques timides dissonances à l’entame de “Fire”) caressent dans le sens du poil et semblent même formatées pour certaines ondes radiophoniques.

Pas étonnant dès lors de retrouver deux titres en version ‘Edit’ pour rentrer plus aisément dans les plages horaires de grandes écoutes.

Faut-il pour autant condamner cette attitude?

Non, si on considère l’œuvre sous un angle relativement ouvert et en l’acceptant pour ce qu’elle est, n’évaluant intrinsèquement que ses réelles qualités…

À commencer par une voix pleine de charme qui se démarque immédiatement et séduit facilement.

Pour le reste, dans un registre qui lorgne vers le Post Rock (si on évoque cette étiquette dès qu’il est question d’intimes introspections conduites progressivement vers un certain paroxysme), les compositions de Volver héritent d’une luminosité chatoyante, même si parfois trop éclatantes.

Procurant leur lot d’émotions en usant d’évidentes ficelles, mais avec brio.

Forcément, ce vernis bien sage agacera les plus exigeants, puisque rien ici ne vient déranger l’apparente harmonie.

La faute aussi à une production léchée qui étouffe les bouillonnements en puissance et jugule les montées d’adrénaline.

Mais l’ensemble tient parfaitement la route et devrait plaire aux âmes romantiques teintées de sépia.

Sans rien bousculer, Volver pourrait donc très bien se faire une place au soleil et briguer quelques dates dans nos festivals cet été.

 

mardi, 27 janvier 2015 19:12

Spiral (Ep)

Alors qu’un florilège de jeux de mots pourrait évoquer ce projet avançant à demi-masqué, ce qui retient l’attention, et c’est bien là le principal, c’est la beauté qui en émane.

Oui, car c’est bien de beauté dont il est question ici.

Une beauté diaphane, mais palpable dès les premières mesures, qui se dévoile avec pudeur et discrétion, suscitant le désir au long de ses trois titres.

Et quand le désir naît lentement, il n’en est que décuplé.

Trois titres, c’est court, mais amplement suffisant pour adhérer à ce nouveau projet initié par un producteur italo-français exilé dans un studio londonien.

De quoi s’agit-il?

De compositions trempées dans un bain acide de Pop Psychédélique aux émanations Kraut et aux effluves enivrantes qui évoquent tour à tour un kaléidoscope d’images cinématographiques (Sofia Coppola ou Jésus Franco au hasard).

Musicalement, on évoque forcément quelques fiers représentants de ces diverses scènes, mais le traitement et l’approche distinguent Le Masque de toute comparaison hâtive et irrémédiablement réductrice.

Un petit Air de “Virgin Suicide” planant tout au long, dessinant les volutes de rêves évaporés.

En embuscade, “That’s All Over” clôture ce premier Ep en guise d’invitation à un retour qu’on espère des plus rapide.

À découvrir sans modération sur Bandcamp et c'est ici

 

samedi, 20 décembre 2014 20:09

Fluorescent Lights

Insipide et incolore, malgré les promesses de son artwork, ce projet recèle en soi autant de bonnes idées que d’occasions maladroites de les plomber.

À commencer par le chant ultra conventionnel de son égérie qui devra peut-être son salut par la grâce d’un quelconque télé-crochet organisé outre-Manche, si la chance s’en mêle.

« Low », le deuxième titre, évoque vaguement un souvenir ; mais je serais bien incapable de le déterminer. Et pour dire vrai, l’effort me paraît vain.

Comme entrée en matière, le site du band annonce : ‘Described as chiming vocal-led post-rock, Midas Fall have carved a unique sound’. Conclusion : l’identité de ce groupe repose sur un confetti.

C’est donc disculpé, que je m’en vais le ranger dans le fond d’un placard.

 

samedi, 20 décembre 2014 20:05

Heartbreak

Opération à cœur ouvert.

Bref mais incisif, cet album constitue une bonne surprise.

Qu’on n’attendait plus.

Mais fallait-il que son géniteur endure les pires tourments pour arriver à tel résultat ?

Peut-être.

Quoi qu’il en soit, ce « Heartbreak » est criant d’intégrité et de vérité.

Mais ce ne sont pas ses seules qualités.

Si ces compositions lorgnent toujours vers une Indie Pop matinée d’underground nineties (Catherine Wheel plutôt que Ride, vous voyez ?), Gabriel Dozin semble ici abandonner la casaque du looser sympathique pour endosser une armure qui, si elle dissimule mal les fêlures et cicatrices palpables à la surface de son âme, reflète suffisamment d’éclat que pour impressionner dès la première écoute.

Cette puissance placée d’emblée sur « Closer », titre audacieusement long qui ouvre l’album est cependant habilement contrebalancée par le suivant, « V12 », une compo caractérisée par ses arpèges mélodieux qui baignent dans une aura Shoegaze parfumée de chœurs optimistes.

L’opus est court et laisse sur sa faim, ce qui n’est pas nécessairement un inconvénient.

L’introspectif « Long Distance » parcourt des miles et des miles sur des versants qu’on jurerait écossais, quand les battements renversés de « Heartbreak » suspendent le temps aux accords de guitares saturées.

Enfin, passé l’introduction mastodonte, la testostérone grésille dans l’Asphalt », plantant le décor sans jamais se fondre dans l’ambiance.

La production rend fidèlement justice aux chansons en évitant d’en remettre une couche, laissant aux chansons la place pour s’exprimer.

Bref, « Heartbreak » soulève mon enthousiasme, ce que les précédents projets de notre homme (Championship Manager, Hypodrome ou Sealane bien avant) n’étaient pas encore parvenus à réaliser.

Opération réussie.

samedi, 20 décembre 2014 20:01

Morceaux De Lune (Ep)

L’identité musicale francophone a toujours éprouvé certaines difficultés face à l’hégémonie anglo-saxonne.

Enfin, c’était l’évidence, il y a quelques années.

On ne compte plus les groupes ou artistes qui ont tenté de se convertir au rock insulaire, en utilisant, au mieux, la langue de Voltaire comme lien salutaire (ou salivaire, c’est selon), et au pire un accent franglais qui faisait sourire, dans le meilleur des cas.

À côté de ces nombreux échecs cuisants, on discerne néanmoins quelques magnifiques exceptions, groupes frondeurs qui ont ouvert la brèche à la nouvelle génération.

Aujourd’hui, plus question de s’incliner respectueusement ou révérencieusement devant les pontes d’outre-Manche ou issus du Nouveau Continent.

Et de cette époque trouble et pourtant pas si lointaine, subsistent encore quelques fiers représentants.

Daytona, groupe lyonnais actif depuis 1990, appartient à cette race d’intègres défenseurs d’une identité propre, malgré de solides références étrangères.

Une Pop variée, non avariée, loin de la variétoche, en somme.

Dans cette mouvance initiée pat Noir Désir, Diabologum, Les Thugs ou encore Sloy, ramant à contre-courant, le pied enfoncé dans la fourmilière, il n’était pas toujours aisé de faire son trou.

En résulte une carrière en dents de scie pour Daytona, qui nous revient aujourd’hui sous un nouveau line up, mais en affichant une même et farouche intégrité.

Si le succès n’est pas une donnée scientifique sur laquelle on peut miser à coup sûr, ils n’en reste pas moins que les cinq titres de “Morceaux De Lune” ont le potentiel pour se démarquer du mælström musical actuel.

Poésie Pop et ouverture musicale, mélodies accrocheuses et riffs efficaces.

Tels sont quelques uns des ingrédients présents d’un bout à l’autre de ce disque.

Ma systématique réserve face à la langue de Molière, héritée de ces années citées en tête d’article ne semble pas avoir altéré mon jugement. Preuve de l’équilibre de l’ensemble.

Le phrasé lui-même s’avérant une arme de séduction redoutable (principalement à mon sens sur “Comment”).

Toute introspection n’est cependant pas exclue, car on se retrouve plongé dans un monologue cinématographique intriguant sur le palpitant “Ce Soir Là”, caractérisé par son accent ‘Mogwaien’ à couper au couteau.

Bref, oubliant toute appréhension passéiste, je découvre ce groupe avec grand plaisir et vous invite à faire de même.

Car outre l’évidence de morceaux hyper efficaces, on rencontre ici une certaine intelligence dans le propos qui rend cet Ep indispensable.

Et le premier qui fait référence à Indochine prend mon pied au c** !

 

Page 3 sur 22