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Akim Serar

Akim Serar

mardi, 28 octobre 2014 11:08

Une Seconde Chance

Quand l’évidence Pop tient la dragée haute à une esthétique intègre, qu’elle ose se désaper et laisser ses attributs faciles au vestiaire, elle nous apparaît alors dans son plus bel appareil.

Quand elle épouse les contours rugueux d’une pédale de distorsion, qu’elle écrase d’un pied sûr les conventions, elle sait nous aguicher.

Et quand elle surgit de derrière une tenture d’atmosphère sombre et soyeuse comme un velours usé, elle sait se montrer mystérieuse et nous entraîner.

C’est donc d’elle dont il est question sur ce six titres.

Cette Pop aux multiples facettes et aux multiples tenues de scène.

La scène, justement, parlons-en!

Un élément incontournable de la Pop créée par Matthieu Malon.

Mais nous y reviendrons.

Car avant tout, attardons-nous sur l’homme et revenons sur ses différentes identités.

Rencontré en 2002, au creux d’un univers sombre et mystérieux sous les traits opiacés de Laudanum et au travers de trois albums crépusculaires entre Electro et déclinaisons Wave (dont “System : On”, inclassable oeuvre d’une noirceur éclatante), on le perd ensuite de vue,  malgré une activité jamais prise en défaut (notamment au sein de Ex Ex et sous son propre nom). Et aujourd’hui, Matthieu Malon nous revient à la face, tel un boomerang ivre.

Rapproché à juste titre de Daniel Darc, à qui il rendait un vibrant hommage au soir de sa disparition en publiant “28.02.2013”, il signait en mai dernier un retour remarqué aux affaires.

Ainsi, “Peut-être un jour” retraçait les points de suspension au dessus du vide laissé par “Froids”, son premier album paru sans l’artifice d’un pseudonyme au crépuscule du siècle passé, et ce malgré l’existence cachée du très beau “Les Jours Sont Comptés”, un disque oublié car jamais gravé.

Aujourd’hui sort donc cet Ep, “Une Deuxième Chance”.

Dont le titre éloquent tend les bras vers le ciel et nous invite à l’embrasser.

Une franche accolade au départ qui se transforme vite en virile et tendre empoignade.

“Je Veux Du Fric”, en effet, est une entrée en matière plutôt enjouée et un parfait contre-pied à l’univers de Laudanum.

Une déstabilisante incursion dans un registre sympathique sans être racoleur.

Mais bientôt l’étreinte se resserre à l’écoute de “L’Air De Rien”. A cause des sonorités saturées et des nappes synthétiques qui font valser les illusions.

Une électricité grésillante qui sert d’écrin à la voix de Matthieu Malon, celle-ci s’y logeant avec une élégante distance, susurrant les mots plus que les chantant.

“Loin” s’éclaire de choeurs féminins et de clappement de mains sans se départir d’une certaine urgence et “Une Deuxième Chance” retrace ce lien ténu entre cinéma et prose Rock par le biais d’un dialogue teinté de Diabologum.

Une version revisitée de “28.02.2013” souligne l’évidente influence de l’ex-Taxi Girl, mais sans révérence pompeuse et puis il y a cet extrait Live.

Caractérisé par sa trame opaque, “La Fin De mes Nuits” s’autorise une version lézardée d’éclairs électriques. Comme une nuit d’encre striée de flashes, offrant des images stroboscopiques à des paupières closes.

Une adaptation magistrale, tout en retenue, d’où s’échappe un flux résonnant et obsédant.

À l’instar de Matthieu Malon lui-même, “Seconde Chance” affiche donc sa dualité assumée, son envie irrépressible de défricher le paysage sonore et de s’aventurer sur des pentes escarpées comme sur des chemins d’apparence plus linéaires.

Une seconde chance qu’on aimerait voir ne pas filer. 

 

mardi, 28 octobre 2014 11:03

Time For The Happiness

On nous a donc menti ?

Depuis le temps qu’on est persuadé que le bonheur, c’est chiant.

Non, pas pour ceux qui le vivent.

Non.

Plutôt pour nous qui sommes parfois forcés d’écouter ces heureux qui n’ont plus rien à dire.

On pensait que le bonheur tuait toute créativité, on le devinait sans pitié pour l’imagination, tel un grand anesthésiant du génie de l’artiste.

En plus, on avait plein d’exemples qui corroboraient nos appréhensions sur le bonheur.

Et puis, d’album en album, Aube Lalvée nous prouve le contraire.

D’album en album, elle découvre le bonheur.

D’album en album, en se découvrant, elle nous couvre de bonheur.

Pas le truc guimauve et dégoulinant qui colle aux dents.

Non. Plutôt ce truc vivifiant et qui fait chaud dedans.

Une chaleur graduelle.

Parce que forcément, le bonheur, ça ne vient pas comme ça.

Il faut d’ailleurs souffrir un minimum pour y goûter à ce fameux bonheur.

Ça s’appelle le chemin.

Et du chemin, Aube en a parcouru avant d’arriver à cet état extatique.

Alors, forcément, quand elle partage ce bonheur, non seulement, il est communicatif, mais en plus, on en perçoit encore toute sa fragilité, toute sa beauté délicate.

On devine ses veines sous la peau laiteuse, et on les imagine courir jusqu’à cet immense cœur, qui se gonfle, nourri par l’amour.

« Time For The Happiness ». Notez bien l’importance du déterminant.

Ce ‘THE’, il est important. Parce qu’il ne s’agit pas de n’importe quel bonheur.

Tout comme dans la discographie d’Aube, ce sixième opus est donc déterminant.

Parce qu’il ne s’agit pas de n’importe quel album.

C’est celui de l’éclosion, de la révélation.

Non pas au monde (lui, il attendra), mais à elle-même.

Des disques qu’elle enchaîne toujours aussi rapidement.

Une collection généreuse mais pas prolixe.

Chacun des œuvres précédentes révélant le chemin.

Jusqu’à nous mener ici.

En sa compagnie, en haut de cet escalier en colimaçon, dont les marches se dessinent au fur et mesure sous les pieds.

Mélange d’électronique et d’organique, cet album dépeint ce point frontière entre réel et irréel, ce point tangible où l’ivresse devient satiété.

Ou la peur s’estompe et devient moins effrayante.

Où le doute qui s’immisce en tout, qui s’immisce en nous, se laisse apprivoiser.

Cet instant propice où l’abandon nous fait lâcher prise.

Invitation à passer cette limite, le premier titre s’intitule fort justement « Cross The Line ».

C’est un instrumental vaporeux, empreint de magie.

S’ensuit alors le thème principal de ce long playing, développé dans ce titre-phare, car lumineux dans la nuit : « Time For The Happiness ».

‘Happiness’not an easy way’. Non. Point de facilité, ici.

La voix, qui joue à travers différents registres, s’élève et nous surplombe.

Car la vue est plus dégagée là haut, et permet de voir venir.

Et on se rend compte très rapidement du tour de force extraordinaire de cet essai.

Celui de marier dans les mêmes harmonies joie et tristesse, comme un soleil éblouissant au creux de nuages que peu à peu le vent viendrait à chasser.

Car il émane une mélancolie de chaque titre, légère et impalpable.

Selon l’humeur, on percevra donc ces huit morceaux, ces huit éclats de vie, de manière différente.

Écoutes après écoutes, on se surprendra à le découvrir et on découvrira combien il peut encore nous surprendre.

Enregistré et produit par Aube elle-même dans son propre studio, niché entre ses murs parisiens, il marque donc une transition dans le travail d’Aube.

Une évolution qui ressemble à une mue.

Certaines sonorités ne sont pas sans rappeler The XX, certains climats aussi.

C’est sans doute le seul lien tangible que je puisse établir avec une quelconque scène.

Quant à la scène, c’est sans doute la seule chose qu’Aube ne partage pas.

Assumant tous les rôles, cette délicieuse femme orchestre son univers autour de ses instruments.

Prenez donc, puisque c’est offert !

Goûtez-y à ce bonheur, il ne se refuse pas.

Découvrez la, elle n’attend que ça.

Le succès, lui, peut se refuser à elle.

Mais pas vous !

Non, car personne ne devrait se refuser à Aube L.

 

mardi, 28 octobre 2014 11:01

L’Homme Du Soir

« La Nacelle » était un dirigeable dans le ciel hexagonal.

Grâce à ce titre, paru en 96, Hugo allait prendre son envol.

Étrange et séduisant, alliant un sens du raffinement Pop à d’étranges textes surréalistes, l’album « La Formule », dont il était extrait, trouvait écho auprès d’un certain public, amateur d’une esthétique musicale foncièrement mélodique et fortement influencée par les productions anglo-saxonnes telles House Of Love ou autres Prefab Sprout.

Avec la précision horlogère d’un métronome cryogénisé, sortait alors au rythme improbable d’un album tous les neuf ans, la suite de la discographie de notre homme.

« L’Homme Du Soir » est donc le troisième opus d’un artiste qui visiblement, privilégie la qualité à la quantité.

Tant mieux est-on tenté de souligner.

Quant à la recette, elle n’a pas changé.

On retrouve donc avec bonheur cet amour immodéré pour une Pop enjouée (une évidence mise en exergue par la reprise du « Here She Goes » des La’s) et ce sens de l’irréel qui baigne chacun des textes.

Petits bouts d’histoires brodées autour d’harmonies ciselées finement, les dix titres originaux de cet album sont autant invitation à l’imaginaire.

D’une voix fragile, Hugo serpente ces petites montagnes de dentelles russes en prenant la hauteur nécessaire à l’observation d’un univers mystérieux, perdu entre brumes et éclaircies, entre averses et nostalgie.

Vibrant mais parfois trop soigné, comme un hommage un peu engoncé, « L’Homme Du Soir » nous propose une relecture personnelle du mythe de la Pop parfaite.

Hugo sera bientôt de passage chez nous.

Le 20/11 au Mad Café de Liège
Le 21/11 au Botanique et
Le 22/11 au Belvédère, à Namur.

 

vendredi, 10 octobre 2014 01:00

Le passé recomposé

Arrivé plus tôt que prévu, j’assiste à une scène pour le moins intrigante : Miles Michaud et Matthew Correia, soit respectivement le chanteur et le batteur du groupe, font le mur pour passer du côté rue du Botanique.
Un mur de deux mètres cinquante surplombé d’une barrière hérissée de pointes acérées. Les fugitifs sont chargés d’encombrants bagages en tout genre (vieilles valises, sachets en plastique et autres sacs à dos de randonnée).
Ciel ! Les Allah-Las se feraient ils la malle ?
Alors que je m’interroge, le reste du groupe arrive paisiblement par la porte principale, et après avoir rangé leur joyeux bordel dans le van, ils reviennent tranquillement et me saluent poliment.
Fausse alerte ! Peut être un manque d’exercice. Cependant, pas décidés à se dérober, les jeunes Californiens s’éclipsent pour mieux revenir quelques heures plus tard.
Profitant de cette fin de journée ensoleillée, prémisse à un voyage dans le temps, je m’arrête devant la vitrine d’une boutique, sise juste en face.
Truffée d’objets des années 50, 60, et 70, elle fleure bon le vintage.
Une petite jeune fille aux escarpins rouge à pois vient déposer dans ma main une carte de visite. Au verso, la typo me renvoie à un site web.
Je réfléchis au contraste amusant entre l’aspect rétro de ces objets et leur immersion heureuse dans le monde actuel. Et j’établis le corollaire avec les Allah Las, qui eux, recyclent à leur manière le patrimoine musical en y incorporant une subtile dose de modernité.
Levant les yeux au ciel, un oiseau passe et me demande :
- ‘Alors, voyageur du temps, es-tu en place ?’
- ‘Et comment !’

Petits protégés de Nick Waterhouse, les Allah-Las peuvent paraître passéistes (le son, le style, voir même la dégaine de ses membres), ils n’en restent pas moins un groupe novateur à sa façon.

Par touches délicates, ils ont ce talent, cette facilité déconcertante de rendre hommage à une époque sans tomber dans la révérence nostalgique.

De fait, le public ici présent est loin de se limiter à des Bobos quadragénaires (il y en a bien sûr), mais brasse dans différentes catégories d’âge.

Preuve s’il en faut que le combo n’est pas une caricature du genre.

Pendant une heure quart, il revisite donc la côte ouest en version Instagram, filtre ‘Earlybird’ vissé à la caméra 8mm et guitare en bandoulière.

Difficile de résister.

Les pieds dans le sable, le regard accroché au soleil, on s’évade en (bonne) compagnie de ces jeunes gens fort sympathiques.

Nettement plus surf que Psyché à mon sens, la musique des Allah-Las séduit et semble mettre tout le monde d’accord.

« Catamaran » et « Tell Me (What’S On Your Mind) » avaient tracé la route du succès pour le groupe de Los Angeles.

Il est fort à parier que leur second album, « Worship The Sun », sorti en mai dernier, ne fera qu’enfoncer le clou dans le bitume qui les mène doucement vers un semblant de notoriété.

Finalement, il est sage de voir le groupe préparer ses chansons dans une vieille marmite, parce que la sauce prend vraiment bien !

Du coup, tout, tout le monde semble heureux d’être (Allah) là.

S’échangeant de temps à autre les rôles derrière le micro et les instruments, chacun des éléments apporte son équilibre à un ensemble séduisant.

Nettement plus à l’aise que quand je les avais vus la première fois (Pukkelpop 2013), alors qu’ils m’avaient déjà séduits, ils enchaînent les titres comme autant de perles sur un collier.

Un rappel plus tard, ce sont eux qui remercient l’auditoire pour l’enthousiasme non feint dont celui-ci fait montre au final de la dernière note.

En quittant la salle, on aperçoit les musicos hilares qui observent le public s’échapper par les portes de sortie, le sourire figé aux dents.

Voici donc un groupe sur lequel on peut compter.

Ce soleil là n’étant pas près de se coucher !

(Organisation : Botanique)

 

 

mercredi, 08 octobre 2014 11:51

V For Vaselines

L’histoire des Vaselines, longtemps faite de pointillés, prend donc un nouveau virage, vingt-cinq ans après leur première sortie de route.

Groupe atypique s’il en est, le combo d’Édimbourg, constitué principalement du duo Eugene Kelly – Frances McKee, n’a jamais cherché le succès et ne l’a d’ailleurs jamais trouvé.

Forcément, on doute que les événements changent aujourd’hui.

Mais pour autant, il ne faudrait surtout pas mésestimer le potentiel de ce sympathique combo et de son tout nouveau bébé.

Injustement méconnu, The Vaselines ne doit sa relative notoriété qu’à l’admiration sans borne que leur vouait un certain Kurt Cobain, de son vivant.

Trois reprises (dont le magnifique « Jesus Doesn’t Want Me For A Sunbeam » lors du MTV unplugged), qui l’espace d’un instant, éclairaient le monde sur un des joyaux de la Reine, jalousement gardé par une frange d’adorateurs d’une certaine Pop aux couleurs délavées et jetaient la lumière sur ce modeste groupe écossais.

Alors catalogué groupe mythique sans pour autant susciter un quelconque intérêt, tout laissait présager que le groupe allait connaître la fin obscure que lui même s’était dessinée en 89 (en se séparant la semaine même de la sortie de « Dum Dum », leur premier elpee).

Ressortis de la naphtaline par le label Sub Pop (déjà en 92), les petits protégés de Stephen McRobbie (The Pastels) se languissaient jusqu’en 2010 avant de  sortir leur deuxième opus.

Et toujours dans une semi indifférence.

Au final, donc, quatre années seulement nous séparent de ce dernier essai, prompt à réveiller la curiosité de certains d’entre nous.

Alors, quid de ce « V For Vaselines » ?

D’abord, il y a ce titre, en forme de boutade, rappelant à qui veut l’entendre que le groupe ne s’est jamais pris au sérieux.

Ensuite, épinglons la pochette, où le duo s’affiche plus rebelle que jamais.

Cuir et casquette, comme au bon vieux temps de ‘l’Équipée Sauvage’.

Et de fait, le premier titre « High Tide Low Tide » pétarade d’entrée de jeu.

Papapa papa pa Papapa papa pa Papapa papa pa !

La suite est du même acabit.

Les mélodies sont accrocheuses, entraînantes, faussement niaises, délicieusement candides, et s’enchaînent sans s’essouffler.

La complicité reste palpable entre les deux voix, et souligne le lien ténu qui les unit, portant les chansons sur de solides épaules.

Finalement, c’est peut-être la recette simple et imparable d’une Pop intelligente et éternellement fraîche ?

Quant aux intros, elles sont généralement directes et efficaces, de manière à saisir l’attention immédiatement.

Sans surprise, dès lors, le charme opère tout du long.

« V for Vaselines », comme deux doigts frondeurs et qui narguent le succès du haut de la juvénile insouciance de ses membres fondateurs.

L’art de trousser des morceaux irrésistibles aux accents indémodables, même quand ils frôlent un semblant d’insipidité (« Single Spies »).

Derrière cette façade à la dualité affichée comme des rideaux aux fenêtres d’une maison close (entre douceur et vice) se glisse le propos irrévérencieux de deux têtes bien pleines et qui ont encore leur mot à dire.

Décidément, avec The Vaselines, tout passe nettement mieux !

lundi, 06 octobre 2014 09:55

Showstar brille de nouveau

Le nouvel album devrait atterrir entre nos oreilles début 2015.

En attendant, Showstar nous offre en éclaireur l’extrait suivant .

Mélodie accrocheuse montant vers les étoiles et guitares faisant feu de tout bois au bout de six minutes d’escalade, « Happy Endings » signe le retour heureux d’un groupe bien loin d’être fini.

Vivement la suite !

vendredi, 26 septembre 2014 01:00

Court mais incisif…

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

vendredi, 26 septembre 2014 01:00

Colossal…

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

 

vendredi, 26 septembre 2014 22:13

Indoor Living (Reissue)

Superchunk ou l’archétype du groupe sympa au succès (plus que) mitigé.

Sorti en 97, « Indoor Living » signe un cap dans la discographie du groupe toujours en activité de nos jours (même si leur parcours semble aujourd’hui s’opérer en dilettante).

Sixième album de leur discographie (aux côtés de nombreux Eps), il fait suite à « Here Where The Strings Come In », soit leur essai le plus convaincant en terme de succès commercial (mais tout est relatif).

Mis à l’écart pendant de nombreuses semaines dans un coin perdu (déjà entendu parler de Bloomington dans l’Indiana, vous ?), le groupe va se consacrer à l’enregistrement de leur elpee le plus mature jusqu’alors.

Arrivé à un croisement de chemins crucial, il sait qu’il est plus près du néant que des étoiles, et que sans doute, ses heures de gloire sont déjà derrière lui.

Tranchant radicalement avec une méthode de travail qui leur réussit plutôt bien jusqu’alors (enregistrer à la hâte et dans des conditions parfois précaires à la cadence élevée d’un long playing par an), les quatre amis s’attèlent donc à concevoir cet opus charnière.

En résulte donc une production plus attentive aux détails (incursions de mélodies au synthétiseur par ci, harmonies vocales parfois bancales par là) et qui sonne comme un adieu désespéré à l’insouciance juvénile.

Désespéré mais jamais dépressif, Superchunk n’est d’ailleurs pas du genre à s’épancher en mode mollasson.

C’est donc bien entendu encore truffé de giclées de guitares bien bruyantes et de refrains enlevés que ce long playing s’étire en quarante-huit minutes des plus plaisantes.

Et si on peut y trouver trace d’une certaine fatigue ou du moins de certaines remises en question, il semble donner un nouveau souffle à la carrière de Superchunk.

Un souffle qui les aura donc portés jusqu’à nos jour, sans trop d’encombres.

Modeste et effacé, Superchunk n’a jamais signé le moindre hit digne de ce nom.

Affichant une certaine insouciance, il reflètera éternellement l’image de ces petits groupes adulés par une infime frange de fans eux aussi oubliés.

 

vendredi, 26 septembre 2014 21:59

Lost in The Dream

C’est bien entendu l’un des albums de l’année et beaucoup de choses ont déjà été dites, et écrites à son sujet.

Réveillant les passions secrètement endormies dans les alcôves de nos souvenirs de mélomanes aguerris, « Lost In The Dream » est un album-phare, n’ayons pas peur des mots.

Synthétisant l’essence même du Rock en dix plages.

Comment ?

La formule reste jalousement gardée par son mentor, Adam Granduciel, qui du reste, sans en être pleinement conscient, restitue ici la trame des albums dits ‘classiques’.

Car tout y est, du début à la fin.

D’abord, cette production tout en finesse, qui enveloppe les titres sans en faire trop, une production assurée par Granduciel lui-même et qui confine à l’excellence.

Riche en détails et pourtant d’apparence si brumeuse, quasi-mystérieuse.

C’est que l’ami Adam aime prendre son temps. Et on ne saurait que lui donner raison.

Pourtant, et c’est là toute la force de cette production, la spontanéité n’est jamais prise en défaut.

Si le mix final s’est compté en heures, semaines, mois de labeur (frisant parfois la folie), aucun détail n’est superflu.

Et puis ensuite, bien sûr, il y a les morceaux en eux-mêmes.

Là encore, on est sans cesse secoué, renvoyé aux grands mythes de l’Americana, de Springsteen à Dylan ou tout simplement embarqués dans leurs enivrantes bal(l)ades intérieures propres.

Les chansons de The War On Drugs ont leurs propres codes, leurs propres vie.

Elles sont comme les couches de peau qui habillent le squelette de leur géniteur.

Le propos ne respire pas l’optimisme (au sortir de la tournée de l’album précédent, Granduciel est tombé dans la dépression et la conception de cet album a donc été sa catharsis), mais ne sont pas lestées de grandiloquence défaitiste. Au contraire, certaines envolées lumineuses sont autant d’appels à l’espoir.

De ce rêve dans lequel Granduciel n’est donc pas le seul à se perdre, il y a tant à retenir qu’il n’est dès lors possible que d’y plonger entièrement.

Et au petit matin, quand la lumière s’invite au travers des paupières closes, c’est pour espérer prolonger encore un moment la magie de l’instant.

 

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