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Akim Serar

Akim Serar

vendredi, 12 septembre 2014 17:54

Lion

A cinquante-sept ans, Peter Murphy poursuit la recherche de son propre absolu et nous gratifie d’un dixième elpee solo plutôt réussi.

Si cette recherche personnelle d’émancipation n’a pas toujours donné lieu à de grands disques, il faut saluer l’abnégation d’un artiste qui refuse les compromis tout autant que de se reposer sur ses lauriers.

Ainsi, « Lion » semble un excellent résumé de sa démarche intègre et de sa vision artistique.

Certes, le sentiment de claustrophobie règne encore en maître, comme une ombre menaçante, mais quelques pans de lumière qui choient ci et là en cascades, différencient nettement le travail solo de l’œuvre de Bauhaus.

Ici, l’ex-figure de proue de la mouvance Gothique se réinvente tout en usant brillamment de ses propres codes, évitant l’enlisement.

Et comme l’équilibre n’a jamais été le point fort au sein de Bauhaus, il était donc essentiel pour son leader de se retrouver seul, afin de structurer son travail, choisissant pour y parvenir, des collaborateurs sur la même longueur d’ondes.

Ainsi, produit par Youth (Killing Joke), « Lion » fait entendre la voix d’un Peter retrouvé, certes en lutte constante avec ses démons, mais suffisamment éloigné de ses fantômes que pour avoir encore, malgré le temps, toujours quelque chose à dire.

Le choix du titre de cet album n’est en ce sens pas anodin.

Le lion représentant la personnalité de notre homme, bien mieux que la chauve-souris qu’on associe volontiers à l’image qu’on s’en fait.

Bien sûr, quelques vielles guenilles traînent encore sporadiquement ; mais comparativement à certains de ces derniers travaux, on évite le piège de l’auto parodie.

Ne cachant pas son admiration pour Bowie, Murphy adapte son chant à des arrangements plus ouvertement accessibles (comme l’illustre « The Rose »), et semble surtout retrouver le plaisir tout au long de cet elpee.

Bien sûr, on reste dans un registre goudronné qui devrait séduire son cheptel de fans croassant, mais l’audace insufflée dans ces onze titres permet d’imaginer la suite de sa carrière sans l’éternelle étiquette qui lui colle à la peau depuis 79.

Après avoir apprivoisé ce « Lion », il sera donc à présent possible d’aborder Peter Murphy sans faire référence à son illustre passé.

Et c’est sans doute la plus grande réussite de cet album.

 

vendredi, 12 septembre 2014 17:55

The last Scream of Robert 'Throb' Young

Initialement bassiste de Primal Scream avant d’en devenir le guitariste dés 87 et ce jusqu'en 2006, Robert ‘Throb’ Young s’en est allé dans des conditions mystérieuses, dignes de toute star excentrique du R&R.

Son corps sans vie ayant été retrouvé dans un appartement de Hove, en Angleterre.

Âgé de  quarante neuf ans, il laisse derrière lui deux veuves, deux enfants, et le son unique des accords de « Loaded ».

vendredi, 12 septembre 2014 17:51

Endless Love

Lorsque le romantisme exacerbé rime avec classe, en se préservant de toute lamentation, vous pénétrez, sans le savoir, dans l’univers de l’ex-Madrugada.

Aux thèmes abordés faisant écho à la noirceur de l’âme tout autant qu’aux affres invariablement liées au sentiment amoureux, l’ami Sivert choisit une interprétation sensuelle et souvent rageuse, habitée inlassablement par son timbre de voix particulier.

Pour sa nouvelle échappée belle, le Kojak des fjords ne s’éloigne pas de son registre originel. Il creuse plus profondément les sillons qui partant de l’épicentre de son cœur, s’immiscent dans les sentiers de nos sens à l’écoute.

Entre Blues agité et fiévreux (sans être maladif), et envolées Rock un rien brumeuses, l’éventail de cet « Endless Love » résonne comme une descente en rappel dans les abysses d’un myocarde maudit.

Ici, les parois sont rugueuses et s’atrophient sous le joug d’un afflux sanguin bouillonnant, là, elles s’ouvrent sur des espaces grisants qui rappellent les plus beaux déserts.

Et si l’amour est conté est sans fin, il souffre néanmoins de ramifications cruelles qui étreignent la gorge de Sivert Høyem à plus d’une reprise.

Cet album est un plan, la carte secrète qui mène dans les tréfonds des âmes tourmentées, et permet d’éviter les écueils du genre (l’apitoiement, les pleurnicheries vaines et les larmes de crocodiles entre autres).

Tour du propriétaire en dix points.

L’entrée brûlante par le biais du single  éponyme (« Endless Love »), l’enivrante spirale de « Enigma Machine », le Gospel de « Handsome Savior », la tonalité désespérée de « Inner Vision », la fatalité de la ballade « Free As A Bird / Chained To The Sky », l’ivresse tangente de « Little Angel », les giclées électrifiantes de « Wat Tyler », les aspérités sinueuses de  « Görlitzer Park », l’orgue solennel de « At Our evening Table », et la trace chaude laissée sur le sable par « Ride On Sisters ».

Catharsis pour son auteur et simple baume pour son auditeur, ce disque est le révélateur d’un film noir et blanc inscrit sur une pellicule abandonnée à tous les vents.

mardi, 09 septembre 2014 01:00

Algorithme & Blues

Dépêché en dernière minute par la grâce d’un sms sur le coup de seize heures trente (et après avoir réalisé que l’événement avait lieu le soir même !), je m’engage donc dans la bouche fiévreuse de Bruxelles, remontant son reflux gastrique par le colon Montgomery pour arriver à l’ouverture des portes.
Si l’événement de ce soir mérite quelques chamboulements de dernière minute (exit la réunion des parents et bonjour l’étiquette de père indigne !), je peux me féliciter de m’être à ce point pressé, vu mon placement en première ligne.
Conditions idéales donc, s’il en est, pour revoir le groupe de Bristol, deux mois à peine après les Ardentes.
Premier constat : l’auditoire réunit presque exclusivement des quadragénaires ; une conséquence du coût déraisonnable des places. Mais à qui doit on en imputer la faute ???
C’est en tout cas une des raisons que mon esprit avance sur l’échiquier de l’analyse en préambule à ce concert à connotation unique. Unique, car il est fort à parier que le prochain passage du groupe se déroulera dans un espace bien moins agréable.
Jouissant du privilège d’invité, je m’abstiendrai donc de relancer la polémique sur la surenchère des prix de concerts et vais donc sagement me contenter de profiter pleinement du spectacle.
Et tout semble parfaitement en place pour celui-ci.

Vingt heures, la sono commence à diffuser les premières nappes de Dub, prévisible incursion vers les abysses lumineuses d’une Massive Attack.

S’y devinent, les sources d’inspiration du groupe qui ont, à l’aube des années 90, révolutionné le monde musical.

Au fil des minutes, certains spectateurs commencent à s’impatienter.

Près d’une heure plus tard, dans l’obscurité tapissée de fumigènes, presque sur la pointe des pieds, les silhouettes investissent le podium.

Ainsi débute la messe.

Pour concevoir l’entité du groupe précurseur du Trip Hop, il faut envisager le spectacle selon deux axes.

D’une part sa musique, bien entendu, mais aussi son visuel dans lequel les membres s’investissent largement.

Indissociables, l’un et l’autre forment une alchimie parfaite lors de leurs shows, renforçant l’impact de la prestation.

Les premières basses viennent s’écraser comme des lames de fond au-devant de la scène et en arrière, un gigantesque écran digital scindé en différentes sections, diffuse invariablement messages anti-propagandes et images de masse lobotomisantes.

Cette collision, loin d’être fortuite, génère un impact direct sur l’émotionnel et le ressenti de la partie musicale.

Mis de telle sorte en lumière, les morceaux de Massive Attack révèlent ainsi d’autant plus leur magnifique noirceur, mais aussi leur éclatante inventivité.

Bien sûr, rien n’est laissé au hasard, et si celui-ci s’invite à l’improviste sous la forme d’un grain de sable venu se loger entre les cordes vocales de Martina Topley-Bird ; lorsqu’elle interprète « Paradise Circus », il n’enraye pas pour autant la machine admirablement huilée.

Pourtant, cette quasi-perfection ne coule pas la performance du groupe dans un moule d’ennui.

Et si ses membres connaissent parfaitement leur partition numérique, ils semblent unis par une osmose interne les reliant les uns aux autres et leur permettant d’ajouter cette infime touche de magie noire qui fait la force de MA.

Tour à tour, Martina Topley Bird, Horace Andy et Grant Marshall (alias Daddy G) viennent prêter leurs voix aux différentes compositions qui se tissent comme autant de toiles lumineuses.

Ce à quoi un light show somptueux vient se superposer, de sorte à donner corps à l’âme du band qu’on peut apercevoir danser entre les faisceaux de lumière.

Manifestement incommodée par un léger refroidissement, la chanteuse semble jouer sur la réserve.

Qu’importe, puisque émane de sa gorge cette mystérieuse sensualité qui habille si bien les titres, s’appropriant avec grâce et élégance les morceaux chantés par d’autres sur disque.

Quant à l’icône du Reggae, fidèle à lui-même, il investit la scène de son aura intemporelle.

Ainsi se succèdent les hits du groupe, sans surprise, mais interprétés avec force et un savoir-faire qui semble décupler au fil des dates.

En guise d’aperçu de l’album à venir (et dont la date n’est pas encore avancée), quelques nouveaux titres se glissent dans la set list.

La méthode de travail a peut-être changé (Robert Del Naja évoquait récemment dans une interview aborder l’élaboration de ses morceaux de manière différente), mais le résultat reste tout aussi convaincant.

Avant un unique rappel, la troupe disparaît comme elle est apparue, soit en catimini.

Mais au final, après trois titres (dont l’incontournable « Safe From Harm » en apothéose) elle s’éclipsera sous les hourras de la foule, baigné dans une lumière crue, les révélant enfin, tous réunis, s’échangeant généreusement congratulations et embrassades sincères.

Fondamentalement, le concert de ce soir n’était pas très différent de leur prestation en festivals, mais dans ce contexte de perfection presque totale, était-il bien convenable de faire la fine bouche ?

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Le catalogue entier de Freaksville Records (Benjamin Schoos, Jacques Duvall, Mademoiselle Nineteen, et consorts) bientôt sur Youtube.

Les premiers albums sont d'ores et déjà en écoute ici

Servez-vous, c’est gratuit et il y en a pour tous les goûts.

mercredi, 27 août 2014 09:59

Jehnny Beth contre le Roi Pognon

 Faut il craindre le pire en terme de surenchère de prix pour nos prochains festivals ?

 C’est en effet la question qui se pose après le post sur Tumblr de Jehnny Beth, chanteuse de Savages et témoin récemment de scandaleuses pratiques.

 D’abord en tant que spectatrice, lors du show de Black Sabbath et Soundgarden, le quatre juillet dernier à Hyde park, ensuite à Istanbul, pas plus tard que la semaine dernière, lorsque Savages se produisait, notamment aux côtés de Portishead.

 De quoi s’agit il ?

 Peu scrupuleux, les organisateurs de ces événements (dont Live Nation pour le second cité) n’ont rien trouvé de mieux que de scinder le terrain en trois parties distinctes, accessibles en fonction des tickets achetés (et donc relatives aux prix concédés par leurs acquéreurs).

 En d’autres mots, un système de catégories visant à plumer les amateurs de musique qui se rendent avec dévotion au devant de la scène pour acclamer leurs idoles.

 Écœures par tant d’abjection, Geoff Barrow (Portishead) aurait tenté en vain toute la journée de faire retirer les barrières qui séparaient les différentes cases, quant à Jehnny, elle rappelle avec véhémence que la musique appartient à tous et ne doit pas subir la loi de promoteurs de plus en plus vénaux.

 Et de finir par un tonitruant : ‘Don’t let the fuckers make you pay more for a decent spot in the field.’

 Un appel à la révolution que je ne manquerai pas de relayer le cas échéant !

 

samedi, 16 août 2014 01:00

Pukkelpop 2014 : samedi 16 août

Depuis deux jours à présent, une étrange silhouette ressemblant vaguement à la mort, trône en soirée devant l’entrée du site.
En lieu et place d’une faucille, elle tient en équilibre précaire un amas de PMC composé principalement de bouteilles usagées.
Je n’arrive pas à décrypter son message barbouillé d’une écriture sale en néerlandais, mais j’y vois un appel désespéré à plus de bon sens.
Hélas, les photos immortalisées après le festival prouvent si besoin était, l’inconscience et la bêtise du plus grand nombre.
Heureusement que le site pouvait, lui, compter sur de courageux volontaires, qui tout au long de ces trois jours, ont arpenté le terrain, ramassant sans relâche les divers détritus abandonnés négligemment.
C’est donc sur une plaine encore clean que commence ce dernier jour de l’édition 2014 du Pukkelpop.

Quelques préparatifs liés aux contingences d’un départ agencé m’obligent à sillonner Kiewit de long en large avant de venir traîner mes guêtres du côté du Marquee.

Je suis bien inspiré, car j’assiste là à la très convaincante performance de Big Ups.

Boutant le feu à l’aide de ses brûlots hardcore aux résonances Punk, le groupe réveille mes sens engourdis.

Pas loin d’un Black Flag suintant d’huile et de sueur, d’un Fugazi sous tension ou plus près de nous, d’un Metz dévalant les escaliers qui conduisent à un tripot obscur où des Pavement nihilistes s’asticoteraient le manche en cachette, ces Américains proposent une musique ‘électrifiante’ et juste. Dans le ton et le propos.

Pour preuve, au sortir de scène, les musicos proposent d’acheter leurs T-shirts ici même sans passer par le stand officiel.

Attitude Punk avez vous dit ?

Il me faut d’ailleurs un peu de temps pour remettre mes neurones en place, et ce n’est sûrement pas l’insipidité de The Neighbourhood qui va m’y aider.

J’en profite donc pour recharger mon GSM auprès d’une borne prévue à cet effet, subissant au passage les échos venus de la Main Stage.

Le portable rechargé, je rejoins une nouvelle fois le Marquee, qui ce samedi, va devenir ma seconde résidence…

J’y découvre Sweethead groupe américain sonnant américain et très susceptible de ne plaire qu’aux Américains.

Très anecdotique, la musique du combo n’est pas spécialement mise en valeur par la préposée au micro. Cintrée dans une petite robe aux écailles argentées et aux allures de lampadaire, Serrina Sims aguiche le public (surtout les mâles) ; mais ni sa voix, ni son chant, ne se relèvent pertinents.

Par contre, du côté du Wablief ?, la découverte vaut le détour.

Emmené par le ‘pluriforme’ Tim Vanhamel (Millionnaire), Little Trouble Kids revisite la noirceur des bayous qui serpentent secrètement dans les entrailles de l’enfer.

Un trio complice où chaque membre est à sa place et connaît son rôle.

A commencer bien sûr par Tim, qui malmène sa gratte et joue du Substain avec tout le talent qu’on lui connaît, mais aussi de la chanteuse dont le timbre hanté fait cohabiter dans un même univers Anne Clark et Sonic Youth.

Ponctué par une reprise magistrale du « Mercy Seat » de Nick Cave, le set des Anversois tient en haleine d’un bout à l’autre et j’en ressors galvanisé.

Je pense à tort que la prestation de Bill Callahan va m’apaiser, mais celui qui jadis se produisait sous le patronyme de Smog, a décidé de brouiller délicieusement les pistes.

Transformant le Club en salon noyé de volutes grisantes, le songwriter étale son génie avec modestie et justesse.

Sa musique, interprétée par un band au grand complet, servant d’écrin à de belles histoires qu’il étend sur le fil du temps de sa voix de crooner.

Entre grâce et mystère, les quarante cinq minutes du show s’écoulent bien trop rapidement à mon goût, et le public réserve une belle ovation, amplement méritée à Bill et sa clique.

Tant qu’à côtoyer les moments de grâce, pourquoi donc se priver ?

Si Jake Bugg se produit sur la Main Stage, c’est tout naturellement vers le Marquee que je me dirige à nouveau.

Là, Fink déroule, en toute simplicité, comme d’accoutumée pour cet artiste exceptionnel.

Dans sa musique, jamais la technique ne vient damer le pion à l’émotion.

Il en est donc tout naturellement de même cet après-midi. Et le génial barbu de nous proposer un large éventail de son dernier elpee en date, « Hard Believer ».

Un autre moment de magie au sein d’une journée qui en est déjà émaillée, alors qu’on pressent que ce n’est pas fini.

Si Kellis attire ensuite la toute grande foule, c’est à un tout autre registre que je me réserve, puisqu’à quelques mètres de là, Red Fang s’apprête à en découdre avec une audience impatiente.

Une poignée de main générale entre les membres du groupe et le set peut commencer sur les chapeaux de roues.

Il ne faut pas longtemps pour que le public se mette à pogoter dans un esprit bon enfant (puisque même les filles sont invitées).

Le Stoner Rock impeccable des Yankees, loin de tout cliché, est riche, intelligent et sacrément bien exécuté ; et c’est donc à regret que je dois les quitter.

Mais déjà l’atmosphère est plus compacte à l’intérieur du Marquee et l’attente révérencieuse remplace ici la tension qui caractérise l’ambiance au sein du Shelter.

Concédant un peu de retard sur l’horaire, Darkside pénètre l’obscurité, mais très vite, illumine les ténèbres de ses sonorités plurielles.

L’Electro libre de Nicolas Jaar et les introspections guitaristiques de son comparse Dave Harrington se répondent parfaitement en échos hypnotiques et génèrent une ébullition au sein de la foule, partagée entre fans et curieux.

Un excellent show et sans doute la dernière occasion de les voir puisque le groupe annoncera dans la foulée, la fin prématurée de leur collaboration.

Il faut à présent patienter une heure, mais l’attente en valait la peine.

Quand Portishead monte sur l’estrade, introduit par « Silence », l’excitation est à son paroxysme pour certains dans le public.

Et on peut comprendre.

Ne comptant seulement que trois albums à son actif, le groupe de Bristol est du genre plutôt rare, et leurs concerts constituent dès lors des évènements.

Célébrant ainsi les vingt ans de « Dummy », premier elpee passé à la postérité en très peu de temps, Geof Barrow et Beth Gibbons proposent un Live en forme de Best Of.

Absorbée par son interprétation, possédée par ses paroles et préservée par un instinct timide, la chanteuse semble distante de son public, mais ce n’est là qu’une fausse impression, car dès la fin du concert, c’est en manifestant un enthousiasme enfantin et affichant un sourire béat qu’elle descend dans la foule pour communier auprès de ses fans.

Le retour au premier plan de Portishead attise déjà les plus grands espoirs d’un quatrième opus.

Enfin, Calvin Harris catapulte des milliers de fêtards dans les étoiles ; mais en ce qui me concerne, la tête bien pleine et des souvenirs plein ma besace, je prends le chemin du retour…  

(Organisation : Pukkelpop)

 

vendredi, 15 août 2014 01:00

Pukkelpop 2014 : vendredi 15 août

Le marathon reprend de plus belle. Deuxième journée de festivités qui démarre de façon timide. Le public semble reprendre lentement son souffle, le site se remplit doucement de ses silhouettes caractéristiques.
Les premiers concerts de la journée se déroulent devant des parterres clairsemés.
Mais les bonnes surprises, elles, n’attendent pas.

A première vue, Lonely The Brave ne semble pas avoir une carrure suffisante pour revendiquer une programmation plus tardive sur un quelconque podium du festival.

Leur Rock conventionnel n’est, en outre, pas servi par l’attitude nonchalante du chanteur qui manifestement ne différencie pas le ‘live’ de son local de répète.

En fait, c’est sous le toit du Club que ça se passe.

Il est à peine onze heures vingt et quatre jeunes gens sont déjà occupés de foutre le feu à la baraque.

Exotique, leur patronyme ne définit pas vraiment leur style musical ; et pourtant, The Bohicas constituera la première sensation de la journée.

Hébergés sous le label Domino, le groupe originaire de l’Essex gagne facilement la sympathie d’un public d’abord amorphe, mais bientôt secoué de soubresauts précoces pour cette heure de la journée.

Des guitares bien saignantes et une basse bien ronde entretiennent un climat sonore au charme immédiat et hautement jouissif.

Des qualités dont ne peuvent se targuer les jeunes gens de Young Buffalo qui soulèvent à peine un sourcil ou deux devant une Main Stage ressemblant à ce moment du jour à une rizière dévastée.

Les New-yorkaises de Lucius (aperçues auprès de Nagui un soir de zapping) proposent une Electro Pop de facture on ne peut plus anodine.

Un face à face de blondes platinées au devant d’un band bien propre sur lui, pour un résultat certes pas désagréable, mais manquant néanmoins de piment.

Pendant ce temps, Nick Mulvey prend le soin de donner corps à ses chansons chaloupées (NDR : il a étudié la musique à Cuba) de manière un peu systématique mais du reste efficace ; commencées en mode mineur, sous les caresses de ses doigts parcourant les six cordes de sa guitare (et de fort habile manière), les chansons enflent à mesure d’une progression narrative assez captivante qui inévitablement, laisse en suspens quand le morceau se termine, amorçant l’attente du suivant.

Une recette qui a le don de plaire au public qui commence à enfler au sein du Marquee.

Après coup, la Pop plus évidente de My Little Cheap Dictaphone s’avère être encore plus rafraîchissante que d’accoutumée.

Un peu timoré au début, le groupe se lâche progressivement, gagnant l’attention d’un auditoire curieux de découvrir ces valeureux Liégeois.

Et s’il ne s’agit pas de leur meilleur set, il récolte néanmoins, sont lot de louanges.

Au sortit du Wablief ?, une Delorean m’attend et me conduit illico au Marquee où Fonzy et toute la bande de Happy Days font la bringue devant Nick Waterhouse.

C’est que notre homme, sorte de Buddy Holly ressuscité sait y faire dans un registre comme on ne fait plus que rarement et certainement pas comme lui le fait, c’est à dire de manière si authentique.

Erudit musical et grand consommateur culturel, il revisite la Soul, le Rock, le Jazz avec brio et talent.

Son show a tôt fait de conquérir une foule totalement absorbée par une magie rétro distillée par un band composé de musiciens hors pair.

Une violente averse disperse les festivaliers qui se réfugient partout où l’on peut s’abriter ; mais il devient difficile de se faufiler d’un côté ou d’un autre.

Hésitant entre Sharon Van Etten et Other Lives, c’est finalement auprès de ces derniers que j’échoue.

L’impact n’est pas immédiat mais les cascades d’harmonies qui émanent de la scène, là-bas, au loin, retentissent comme des sirènes ; et j’ignore par quelle sorcellerie, mais elles finissent par m’attirer.

La barbe hirsute qui mange le visage émacié du leader ne peut retenir le flot céleste qui s’écoule de sa bouche, et l’instrumentation élégante se charge d’amplifier l’aura d’une musique qui charme mes sens.

Si seulement il n’avait pas autant plu, alors, j’aurais pu m’approcher davantage de cet instant de grâce.

Un état dans lequel je resterais volontiers, mais qui n’est pas vraiment l’apanage de Cage The Elephant. Il mise plutôt sur l’énergie débridée de son charismatique chanteur. Celui-ci s’amuse fort bien, se jette régulièrement dans la foule et décroche l’effet fédérateur escompté. Personnellement, une certaine torpeur commence à m’envahir…

J’ai besoin d’une bonne dose de sauvagerie décousue.

Ça tombe plutôt bien, puisque en retournant dans le Castello, je suis accueilli par un uppercut crapuleux, salement assené par une bande de jeunes gens pas très fréquentables.

Bestial à souhait, The Amazing Snakeheads, le groupe glaswégien sait jouer des coudes et balancer son Rock cradingue comme une morve salvatrice dans un paysage gris et triste (l’Ecosse, les boulots de merde, la pluie, etc.)

C’est pervers comme du Cramps sous ‘amphètes’ (NDR : l’elpee est judicieusement intitulé « Amphetamine Ballads »), retors comme du James Chance, et hargneux comme du Birthday Party.

Le bassiste se voûte sur son instrument comme le diable sur une vierge, et le vocaliste impressionne par son physique patibulaire tout comme son regard habité.

Une sacrée trique parfaitement placée sur la grille horaire.

Une grille horaire où on se bouscule au portillon.

Tellement, qu’il en devient difficile de savoir où donner de la tête et où laisser traîner ses guiboles.

Balthazar étale sa classe au soleil, Kurt Vile sous le chapiteau du Club, Blaudzun au Marquee et Neneh Cherry rappelle quelle grande dame elle est dans le Castello.

Mais au demeurant, c’est Thurston Moore et son nouveau super band qui va ravir tous les suffrages du jour.

Doté d’une classe intrinsèque, l’ex-Sonic Youth possède toujours le culot de visiter le Rock sous ses coutures les moins apparentes et de restituer son âme par la magie de son jeu de guitare unique.

Aidé par le fidèle Steve Shelley, mais aussi Debbie Googe (My Bloody Valentine) et James Sedwards, Thurston n’a rien perdu de son talent, au point de ne pas nous faire regretter le moins du monde la fin de son groupe mythique qui impliquait Kim Gordon.

Le light show et la musique sont en parfaite harmonie avec le propos musical proposé, mais  le set semble bien trop court et donne envie de plonger tête baissée dans ce nouvel album aux relents de souffre.

De quoi aussi donner le tournis à The National qui fort heureusement pour eux, n’a pu assister à ce concert.

Propulsé sur la grande scène, c’est sans conviction que le groupe se contente de dispenser un concert mou du genou.

Pour leur quatrième apparition sur le sol de Kiewit, la messe a des relents de déception pour beaucoup, à commencer par votre narrateur.

Si le succès sans cesse grandissant du band les emmène vers des sommets toujours plus hauts, il serait grand temps qu’ils songent à se reposer, tant Matt Berninger, cheveux gras et dos courbé, semble au bout du rouleau.

Pas étonnant, vu l’incroyable série de dates accumulées sur deux ans, outre l’enregistrement d’un opus qui n’avait aucune chance de rivaliser avec le précédent.

Une âme qui s’effiloche, mais aussi des conditions peu favorables, même si The National est appelé à jouer plus souvent dans des structures gigantesques qu’à l’arrière de sombres sales où leurs chansons trouveraient certainement mieux leur place.

Tentant de gommer cette vilaine impression, je rejoins le Club, où The War On Drugs déploie la majesté de son dernier opus, au nom évocateur de « Lost In The Dream ».

Classieux et sans esbroufe, le combo de Philadelphie retrace le lien intangible que lui seul peut tendre entre Fleetwood Mac et Springsteen.

Neuf titres et un rappel pour définitivement convaincre les sceptiques de leur fantastique potentiel.

La nuit étend ses ailes, et je m’évade dans mes rêves, quittant la plaine pour mieux y revenir demain.

(Organisation : Pukkelpop)

 

jeudi, 14 août 2014 01:00

Pukkelpop 2014 : jeudi 14 août

De nouveau, c’est la météo qui est au centre des débats à l’entame de ce Pukkelpop.
Deux jours avant le début des festivités, d’étranges vents violents, nés d’un microclimat qui pourrait faire passer Kiewit pour le nouveau triangle des Bermudes, ont arraché les structures du chapiteau Club et ont fait craindre le pire à une organisation toujours traumatisée par les funestes événements qui se sont produits en 2011.
Consignes de sécurité encore renforcées et station météorologique propre (dotée de spécialistes de l’IRM et de l’armée), rien n’a pourtant été laissé au hasard ; et dès lors, malgré ce coup du sort, tout est parfaitement en place dès le mercredi pour accueillir les premiers festivaliers.
Au final, épargnée par des intempéries redoutées (si on excepte quelques averses régulières mais jamais traumatisantes), l’édition 2014 s’est déroulée sans accroc, offrant à un public de plus en plus nombreux, mais de moins en moins exigeant, une affiche truffée d’excellentes surprises et de confirmations prévues.
Quant aux déceptions, elles n’ont pas été légion et les noms qui sont venus s’inscrire au bas de cette liste semblaient même déjà connus avant que le festival ne commence.
Trois jours pleins, physiquement éprouvants, mais dont le générique final s’écrira en lettres lumineuses, pailletées dans le ciel limbourgeois.
Mais commençons par le début.
Entre deux nuages gris suspendus comme des édredons dans le ciel, une cohorte de pèlerins s’étire entre les sites de camping et la plaine supplantée de différents chapiteaux colorés, soulevant la poussière.
Nous sommes jeudi, et la première journée vient de commencer.

La plaine de la Main Stage doit paraître encore immense en ce début d’après-midi pour les très jeunes Strypes, nouvelles coqueluches anglo-saxonnes, rappelant sur disque comme sur papier le début des Arctic Monkeys.

Mais cette programmation précoce jumelée à la périlleuse perspective d’un montage de tente m’empêche de vivre cette entrée en matière.

C’est donc dans le chapiteau des découvertes, baptisé Wablief ? que j’entame mon parcours de cette édition 2014.

Bienveillant, The Spectors m’attend. Leur candeur Pop submergée de vagues noisy consitue une parfaite immersion en douceur.

Au sommet de ces vagues, le duo de voix féminines donne le ton (pastel) et enveloppé de ces guitares parfois rageuses, parfois limpides, se fraie un chemin en direction d’un univers proche d’un Instagram aux couleurs délavées.

Le groupe se produit régulièrement et, semble-t-il, a gagné en confiance par rapport aux dernières fois où je les avais vus ; aussi, le public, déjà nombreux, ne s’y trompe pas et réserve un chaleureux accueil à leurs Pop Songs délicates.

Dessinant un pont invisible entre Nico (et donc le Velvet) et des formations actuelles (bien que passéistes) comme The Pain Of Being Pure At Heart ou Memory House, le quintet est manifestement sur la bonne voie. Dommage qu’il n’accorde pas davantage de soin aux lyrics, qui dans ce style musical sont souvent avancés comme de simples prétextes à des mélodies sucrées.

Si les deux sœurettes de Say Lou Lou, filles de Steve Kilbey (The Church, pour l’anecdote), ne marquent pas de façon indélébile mon souvenir immédiat, c’est parce que je pense déjà à mon prochain déplacement.

En attendant, outre leurs jolis minois, elles m’offrent néanmoins une prestation correcte, audacieuse puisqu’elles n’hésitent pas à balancer leurs faces B (un terme certes tellement désuet de nos jours qu’il force la sympathie du nostalgique que je suis) et inédits.

Quittant le Marquee, je me dirige pour la seule et unique fois de ces trois jours vers le repère des amoureux de beats assassins et autres infra-basses convulsives.

Un excellent choix, indubitablement.

Dans le Dance Hall, s’est accaparé le devant de la scène et donne déjà le meilleur d’elle même.

Entourée de ses trois musiciens, elle assure le show, allant jusqu’à s’offrir un bain de foule.

Mi-femme, mi-enfant, la sexualité maladroitement assurée, elle libère une énergie positive forcément communicative et porte les morceaux sur des épaules dont la carrure grandit à vue de nez.

Les projections vidéo en arrière-plan fond renforcent l’impact de son répertoire, et elle fustige son auditoire de ‘Pukkelpop’ redondants mais efficaces.

Karen Marie Ørsted, de son vrai nom, démontre qu’il faut dorénavant compter sur elle.

Quant enfin elle entame « Glass », caractérisé par ses textes aux reflets adolescents (‘why does everyone have to grow old?’), et se jette de nouveau dans la foule, elle sait pertinemment bien que son contrat est rempli et qu’elle vient de livrer une prestation exemplaire, marquant là quelques points importants en vue de l’attribution des médailles d’honneur à l’heure des conclusions.

Tant qu’à faire, j’hume à quelque distance, le doux parfum d’une Electro bien sombre, et je laisse mon appendice nasal me conduire vers le chapiteau Castello.

L’ambiance y est nettement plus feutrée et correspond bien à l’univers de Forest Swords.

Une basse, un laptop, et un show troublant, mais aussi troublé par la puissance des basses fréquences qui, si elles renforcent l’impact Dub des morceaux, annihile aussi la volonté de nombreux festivaliers, vaincus par cette débauche tellurique.

Dommage, car le set semblait parfaitement balancé entre opacité extrême et illusions fantomatiques aux consonances asiatiques, marque de fabrique de Matthew Barnes.

L’après-midi s’enfonce dans le tunnel du temps ; et empruntant un de ses couloirs, j’atterris face à l’impressionnante artillerie de Die Antwoord.

Les tympans subtils ayant préféré se crapahuter à l’abri des chapiteaux environnants, le trio sud-africain va donner libre cours à son, show, euh… (NDR : cocher les bonnes réponses) putassier, fun, ébouriffant, grossier, abscons, provocateur, irrévérencieux, haut en couleurs, loufoque, décalé, graveleux, amusant (NDR : il fallait bien entendu sélectionner tous ces adjectifs ; d’ailleurs, les gagnants seront prévenus par télépathie).

Une avalanche de mauvais goût assumé qui, au delà du masque de carnaval, révèle quand même de la performance artistique.

Certes, la nausée côtoie le rire gras au fond de ma gorge ; mais je décèle dans ce salmigondis sonore quelques respectables références.

Un visuel outrancier qui ne laisse personne indifférent, en tout cas.

Enfonçant le clou dans ma patience par quelques ‘Fuck The Rules !’ repris en écho par un public survolté massé devant le podium principal, je bats en retraite, plus amusé qu’outré par ce spectacle que d’aucuns qualifieront d’abject.

Pour l’heure, Deaf Heaven et Mad About Mountains décident de se disputer mon ennui.

Les premiers en contrastant de manière horripilante shoegaze et logorrhées hurlantes, les seconds en revisitant les paysages désertiques d’inspiration d’une certaine Americana.

La claque salvatrice, elle arrive. Attendue, espérée, et diablement bien infligée par Temples.

Complètement absorbés par les seventies, ces jeunes gens ont tout compris de cette époque, et se moquent éperdument du présent.

Chevelures et looks à la T Rex, le combo restitue parfaitement cet état d’esprit nébuleux et teinté de couleurs psychotropes chères à leurs glorieux aînés ou à Tame Impala, dans un registre plus moderne (quoique ?)

Et quand « Shelter Song » prend définitivement possession de l’assistance, le nom de Temples s’écrit déjà en lettres d’or et d’argent dans le palmarès de cette année.

Nous sommes déjà nanti de très bonnes prestations, et nous n’en sommes qu’au début.

Décidant d’enfoncer le clou sans aucune bonne manière, les irrévérencieux Black Lips secouent alors le cocotier sans prendre de gants.

Ces gais lurons balancent leur ‘Flower Punk’ (un terme qu’ils ont pris soin d’inventer eux-mêmes) et génèrent les premiers pogos.

Attifés comme des prolos et mêlant entrain et fougue juvénile comme une bannière fièrement brandie au-dessus de leurs têtes, les ‘mimines’ moulinent et les moues grimacent comme dans un pastiche de Clash.

Pourtant, outre ce côté irritant, l’efficacité de leurs morceaux fait mouche et le charme évident de leur pléthorique discographie trouve naturellement écho auprès d’un public ravi de pouvoir enfin se fritter gentiment.

Au dehors, le ciel s’enveloppe de pourpre afin de permettre aux fans d’Editors de patienter.

Arrivée messianique à faire pâlir de jalousie Bono et maniérisme exacerbé semblent des apparats dont Tom Smith aime à se revêtir pour masquer l’ineptie des Editors en 2014.

Continuant de creuser sa tombe mais en prenant soin de l’orner de bibelots excentriques, le groupe semble en roue libre depuis quelque temps.

Le concert de ce soir ne fera que renforcer l’impression de malaise déjà fortement pressenti à la sortie de « The Weight Of Your Love ».

Comme si la foi avait disparu, le fond glisse comme le sable dans sa main ; et si la forme illusionne encore les moins exigeants, elle ne leurre plus ceux qui ont perçu l’irrévocable manque d’inspiration du band.

Des morceaux imparables comme « The Racing Rats » ou « Bones » sont désossés, avant d’être proposés en pâture comme des épouvantails abandonnés aux vents mauvais.

Seule éclaircie dans tant de grisaille, le retour en solo du leader dont l’interprétation de « No Sound But The Wind » rappelle que lui seul est encore capable de porter l’édifice Editors, qui décidemment, à bien du mal de se remettre du départ de Chris Urbanowicz, son premier guitariste.

A l’opposé de ce spectral spectacle, Slowdive avait fixé rendez-vous à tous ses fans demeurés fidèles, malgré la fin –provisoire– de son aventure.

Seuls les visages ont changé, et très vite, le décor est planté.

Groupe phare de l’ère Shoegaze, Slowdive n’a jamais prétendu être une formation de scène.

Comme tout groupe issu de cette mouvance dont le nom célébrait ironiquement une attitude plus qu’attentiste, le combo d’Oxford misait dans les années 90 sur un son très spécifique qui sera cependant envié, copié, mais jamais égalé…

Forts de quelques expériences très diverses, les membres étaient restés en contact et n’avaient jamais exclu l’hypothèse de se reformer.

Une rumeur qui à force d’amplifier est devenue réalité.

Bonheur immense pour tous ceux qui n’avaient pas eu la chance de les voir à l’époque, et bonheur tout aussi grand pour ceux qui les ont retrouvés.

Que dire, si ce n’est que les meubles sont restés à la même place ?

Entretenant des atmosphères uniques en leur genre, et développant des sonorités typiques et indémodables, le combo reprend les choses exactement au même endroit où il les avait abandonnées, c'est-à-dire au milieu des années 90.

Nostalgie et sensations retrouvées, le frisson peut à nouveau parcourir l’échine du fan que je suis.

Le final (la cover de Syd Barrett « Golden Hair ») se chargeant de sceller définitivement la filiation avec Mogwai et consorts.

Enfin, en ce début de nuit, Oscar And The Wolf plante son décor au milieu des palmiers.

Dans un Marquee comble à craquer, le groupe belge, sensation du moment, assied son succès.

Jouant avec la lumière comme des émotions, Max Colombie épanche sa voix si particulière et habille l’Electro subtile de ses compositions d’une aura de mystère et de romantisme un rien suave, qu’on pourrait qualifier de spleen lumineux.

Flottant dans l’air comme les mélodies d’« Entity », leur nouvel opus, le jeune homme s’affiche comme un personnage atypique dans notre paysage musical.

Une classe internationale qui devrait assurément porter le groupe au-delà de toute frontière géographique.

Ainsi sertie de mille lumières chatoyantes, la nuit peut enfin m’avaler.

Et Orphée me porter dans ses bras.

(Organisation : Pukkelpop)

 

 

mercredi, 06 août 2014 12:12

Super sonic Line Up pour Thurston Moore

L’inusable Thurston Moore est de nouveau sur les routes d’Europe pour présenter son nouvel album (« The Best Day ») et son nouveau band, composé de son éternel acolyte Steve Shelley (Sonic Youth), de Debbie Googe (My Bloody Valentine bassiste à ses heures) et du musicien Anglais James Sedwards (entre autre aperçu parmi les illuminés Baroques de Chrome Hoof).

Première halte, ce vendredi au Pukkelpop sur le coup de 21h40 dans le Club.

 

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