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    Un double album pour Coldplay… Coldplay Publiera son huitième album studio, « Everyday Life », ce 22 novembre. D’une dure de 53 minutes, il comprend deux parties…

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Akim Serar

Akim Serar

vendredi, 26 septembre 2014 01:00

Colossal…

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

 

vendredi, 26 septembre 2014 22:13

Indoor Living (Reissue)

Superchunk ou l’archétype du groupe sympa au succès (plus que) mitigé.

Sorti en 97, « Indoor Living » signe un cap dans la discographie du groupe toujours en activité de nos jours (même si leur parcours semble aujourd’hui s’opérer en dilettante).

Sixième album de leur discographie (aux côtés de nombreux Eps), il fait suite à « Here Where The Strings Come In », soit leur essai le plus convaincant en terme de succès commercial (mais tout est relatif).

Mis à l’écart pendant de nombreuses semaines dans un coin perdu (déjà entendu parler de Bloomington dans l’Indiana, vous ?), le groupe va se consacrer à l’enregistrement de leur elpee le plus mature jusqu’alors.

Arrivé à un croisement de chemins crucial, il sait qu’il est plus près du néant que des étoiles, et que sans doute, ses heures de gloire sont déjà derrière lui.

Tranchant radicalement avec une méthode de travail qui leur réussit plutôt bien jusqu’alors (enregistrer à la hâte et dans des conditions parfois précaires à la cadence élevée d’un long playing par an), les quatre amis s’attèlent donc à concevoir cet opus charnière.

En résulte donc une production plus attentive aux détails (incursions de mélodies au synthétiseur par ci, harmonies vocales parfois bancales par là) et qui sonne comme un adieu désespéré à l’insouciance juvénile.

Désespéré mais jamais dépressif, Superchunk n’est d’ailleurs pas du genre à s’épancher en mode mollasson.

C’est donc bien entendu encore truffé de giclées de guitares bien bruyantes et de refrains enlevés que ce long playing s’étire en quarante-huit minutes des plus plaisantes.

Et si on peut y trouver trace d’une certaine fatigue ou du moins de certaines remises en question, il semble donner un nouveau souffle à la carrière de Superchunk.

Un souffle qui les aura donc portés jusqu’à nos jour, sans trop d’encombres.

Modeste et effacé, Superchunk n’a jamais signé le moindre hit digne de ce nom.

Affichant une certaine insouciance, il reflètera éternellement l’image de ces petits groupes adulés par une infime frange de fans eux aussi oubliés.

 

vendredi, 26 septembre 2014 21:59

Lost in The Dream

C’est bien entendu l’un des albums de l’année et beaucoup de choses ont déjà été dites, et écrites à son sujet.

Réveillant les passions secrètement endormies dans les alcôves de nos souvenirs de mélomanes aguerris, « Lost In The Dream » est un album-phare, n’ayons pas peur des mots.

Synthétisant l’essence même du Rock en dix plages.

Comment ?

La formule reste jalousement gardée par son mentor, Adam Granduciel, qui du reste, sans en être pleinement conscient, restitue ici la trame des albums dits ‘classiques’.

Car tout y est, du début à la fin.

D’abord, cette production tout en finesse, qui enveloppe les titres sans en faire trop, une production assurée par Granduciel lui-même et qui confine à l’excellence.

Riche en détails et pourtant d’apparence si brumeuse, quasi-mystérieuse.

C’est que l’ami Adam aime prendre son temps. Et on ne saurait que lui donner raison.

Pourtant, et c’est là toute la force de cette production, la spontanéité n’est jamais prise en défaut.

Si le mix final s’est compté en heures, semaines, mois de labeur (frisant parfois la folie), aucun détail n’est superflu.

Et puis ensuite, bien sûr, il y a les morceaux en eux-mêmes.

Là encore, on est sans cesse secoué, renvoyé aux grands mythes de l’Americana, de Springsteen à Dylan ou tout simplement embarqués dans leurs enivrantes bal(l)ades intérieures propres.

Les chansons de The War On Drugs ont leurs propres codes, leurs propres vie.

Elles sont comme les couches de peau qui habillent le squelette de leur géniteur.

Le propos ne respire pas l’optimisme (au sortir de la tournée de l’album précédent, Granduciel est tombé dans la dépression et la conception de cet album a donc été sa catharsis), mais ne sont pas lestées de grandiloquence défaitiste. Au contraire, certaines envolées lumineuses sont autant d’appels à l’espoir.

De ce rêve dans lequel Granduciel n’est donc pas le seul à se perdre, il y a tant à retenir qu’il n’est dès lors possible que d’y plonger entièrement.

Et au petit matin, quand la lumière s’invite au travers des paupières closes, c’est pour espérer prolonger encore un moment la magie de l’instant.

 

vendredi, 12 septembre 2014 17:54

Lion

A cinquante-sept ans, Peter Murphy poursuit la recherche de son propre absolu et nous gratifie d’un dixième elpee solo plutôt réussi.

Si cette recherche personnelle d’émancipation n’a pas toujours donné lieu à de grands disques, il faut saluer l’abnégation d’un artiste qui refuse les compromis tout autant que de se reposer sur ses lauriers.

Ainsi, « Lion » semble un excellent résumé de sa démarche intègre et de sa vision artistique.

Certes, le sentiment de claustrophobie règne encore en maître, comme une ombre menaçante, mais quelques pans de lumière qui choient ci et là en cascades, différencient nettement le travail solo de l’œuvre de Bauhaus.

Ici, l’ex-figure de proue de la mouvance Gothique se réinvente tout en usant brillamment de ses propres codes, évitant l’enlisement.

Et comme l’équilibre n’a jamais été le point fort au sein de Bauhaus, il était donc essentiel pour son leader de se retrouver seul, afin de structurer son travail, choisissant pour y parvenir, des collaborateurs sur la même longueur d’ondes.

Ainsi, produit par Youth (Killing Joke), « Lion » fait entendre la voix d’un Peter retrouvé, certes en lutte constante avec ses démons, mais suffisamment éloigné de ses fantômes que pour avoir encore, malgré le temps, toujours quelque chose à dire.

Le choix du titre de cet album n’est en ce sens pas anodin.

Le lion représentant la personnalité de notre homme, bien mieux que la chauve-souris qu’on associe volontiers à l’image qu’on s’en fait.

Bien sûr, quelques vielles guenilles traînent encore sporadiquement ; mais comparativement à certains de ces derniers travaux, on évite le piège de l’auto parodie.

Ne cachant pas son admiration pour Bowie, Murphy adapte son chant à des arrangements plus ouvertement accessibles (comme l’illustre « The Rose »), et semble surtout retrouver le plaisir tout au long de cet elpee.

Bien sûr, on reste dans un registre goudronné qui devrait séduire son cheptel de fans croassant, mais l’audace insufflée dans ces onze titres permet d’imaginer la suite de sa carrière sans l’éternelle étiquette qui lui colle à la peau depuis 79.

Après avoir apprivoisé ce « Lion », il sera donc à présent possible d’aborder Peter Murphy sans faire référence à son illustre passé.

Et c’est sans doute la plus grande réussite de cet album.

 

vendredi, 12 septembre 2014 17:55

The last Scream of Robert 'Throb' Young

Initialement bassiste de Primal Scream avant d’en devenir le guitariste dés 87 et ce jusqu'en 2006, Robert ‘Throb’ Young s’en est allé dans des conditions mystérieuses, dignes de toute star excentrique du R&R.

Son corps sans vie ayant été retrouvé dans un appartement de Hove, en Angleterre.

Âgé de  quarante neuf ans, il laisse derrière lui deux veuves, deux enfants, et le son unique des accords de « Loaded ».

vendredi, 12 septembre 2014 17:51

Endless Love

Lorsque le romantisme exacerbé rime avec classe, en se préservant de toute lamentation, vous pénétrez, sans le savoir, dans l’univers de l’ex-Madrugada.

Aux thèmes abordés faisant écho à la noirceur de l’âme tout autant qu’aux affres invariablement liées au sentiment amoureux, l’ami Sivert choisit une interprétation sensuelle et souvent rageuse, habitée inlassablement par son timbre de voix particulier.

Pour sa nouvelle échappée belle, le Kojak des fjords ne s’éloigne pas de son registre originel. Il creuse plus profondément les sillons qui partant de l’épicentre de son cœur, s’immiscent dans les sentiers de nos sens à l’écoute.

Entre Blues agité et fiévreux (sans être maladif), et envolées Rock un rien brumeuses, l’éventail de cet « Endless Love » résonne comme une descente en rappel dans les abysses d’un myocarde maudit.

Ici, les parois sont rugueuses et s’atrophient sous le joug d’un afflux sanguin bouillonnant, là, elles s’ouvrent sur des espaces grisants qui rappellent les plus beaux déserts.

Et si l’amour est conté est sans fin, il souffre néanmoins de ramifications cruelles qui étreignent la gorge de Sivert Høyem à plus d’une reprise.

Cet album est un plan, la carte secrète qui mène dans les tréfonds des âmes tourmentées, et permet d’éviter les écueils du genre (l’apitoiement, les pleurnicheries vaines et les larmes de crocodiles entre autres).

Tour du propriétaire en dix points.

L’entrée brûlante par le biais du single  éponyme (« Endless Love »), l’enivrante spirale de « Enigma Machine », le Gospel de « Handsome Savior », la tonalité désespérée de « Inner Vision », la fatalité de la ballade « Free As A Bird / Chained To The Sky », l’ivresse tangente de « Little Angel », les giclées électrifiantes de « Wat Tyler », les aspérités sinueuses de  « Görlitzer Park », l’orgue solennel de « At Our evening Table », et la trace chaude laissée sur le sable par « Ride On Sisters ».

Catharsis pour son auteur et simple baume pour son auditeur, ce disque est le révélateur d’un film noir et blanc inscrit sur une pellicule abandonnée à tous les vents.

mardi, 09 septembre 2014 01:00

Algorithme & Blues

Dépêché en dernière minute par la grâce d’un sms sur le coup de seize heures trente (et après avoir réalisé que l’événement avait lieu le soir même !), je m’engage donc dans la bouche fiévreuse de Bruxelles, remontant son reflux gastrique par le colon Montgomery pour arriver à l’ouverture des portes.
Si l’événement de ce soir mérite quelques chamboulements de dernière minute (exit la réunion des parents et bonjour l’étiquette de père indigne !), je peux me féliciter de m’être à ce point pressé, vu mon placement en première ligne.
Conditions idéales donc, s’il en est, pour revoir le groupe de Bristol, deux mois à peine après les Ardentes.
Premier constat : l’auditoire réunit presque exclusivement des quadragénaires ; une conséquence du coût déraisonnable des places. Mais à qui doit on en imputer la faute ???
C’est en tout cas une des raisons que mon esprit avance sur l’échiquier de l’analyse en préambule à ce concert à connotation unique. Unique, car il est fort à parier que le prochain passage du groupe se déroulera dans un espace bien moins agréable.
Jouissant du privilège d’invité, je m’abstiendrai donc de relancer la polémique sur la surenchère des prix de concerts et vais donc sagement me contenter de profiter pleinement du spectacle.
Et tout semble parfaitement en place pour celui-ci.

Vingt heures, la sono commence à diffuser les premières nappes de Dub, prévisible incursion vers les abysses lumineuses d’une Massive Attack.

S’y devinent, les sources d’inspiration du groupe qui ont, à l’aube des années 90, révolutionné le monde musical.

Au fil des minutes, certains spectateurs commencent à s’impatienter.

Près d’une heure plus tard, dans l’obscurité tapissée de fumigènes, presque sur la pointe des pieds, les silhouettes investissent le podium.

Ainsi débute la messe.

Pour concevoir l’entité du groupe précurseur du Trip Hop, il faut envisager le spectacle selon deux axes.

D’une part sa musique, bien entendu, mais aussi son visuel dans lequel les membres s’investissent largement.

Indissociables, l’un et l’autre forment une alchimie parfaite lors de leurs shows, renforçant l’impact de la prestation.

Les premières basses viennent s’écraser comme des lames de fond au-devant de la scène et en arrière, un gigantesque écran digital scindé en différentes sections, diffuse invariablement messages anti-propagandes et images de masse lobotomisantes.

Cette collision, loin d’être fortuite, génère un impact direct sur l’émotionnel et le ressenti de la partie musicale.

Mis de telle sorte en lumière, les morceaux de Massive Attack révèlent ainsi d’autant plus leur magnifique noirceur, mais aussi leur éclatante inventivité.

Bien sûr, rien n’est laissé au hasard, et si celui-ci s’invite à l’improviste sous la forme d’un grain de sable venu se loger entre les cordes vocales de Martina Topley-Bird ; lorsqu’elle interprète « Paradise Circus », il n’enraye pas pour autant la machine admirablement huilée.

Pourtant, cette quasi-perfection ne coule pas la performance du groupe dans un moule d’ennui.

Et si ses membres connaissent parfaitement leur partition numérique, ils semblent unis par une osmose interne les reliant les uns aux autres et leur permettant d’ajouter cette infime touche de magie noire qui fait la force de MA.

Tour à tour, Martina Topley Bird, Horace Andy et Grant Marshall (alias Daddy G) viennent prêter leurs voix aux différentes compositions qui se tissent comme autant de toiles lumineuses.

Ce à quoi un light show somptueux vient se superposer, de sorte à donner corps à l’âme du band qu’on peut apercevoir danser entre les faisceaux de lumière.

Manifestement incommodée par un léger refroidissement, la chanteuse semble jouer sur la réserve.

Qu’importe, puisque émane de sa gorge cette mystérieuse sensualité qui habille si bien les titres, s’appropriant avec grâce et élégance les morceaux chantés par d’autres sur disque.

Quant à l’icône du Reggae, fidèle à lui-même, il investit la scène de son aura intemporelle.

Ainsi se succèdent les hits du groupe, sans surprise, mais interprétés avec force et un savoir-faire qui semble décupler au fil des dates.

En guise d’aperçu de l’album à venir (et dont la date n’est pas encore avancée), quelques nouveaux titres se glissent dans la set list.

La méthode de travail a peut-être changé (Robert Del Naja évoquait récemment dans une interview aborder l’élaboration de ses morceaux de manière différente), mais le résultat reste tout aussi convaincant.

Avant un unique rappel, la troupe disparaît comme elle est apparue, soit en catimini.

Mais au final, après trois titres (dont l’incontournable « Safe From Harm » en apothéose) elle s’éclipsera sous les hourras de la foule, baigné dans une lumière crue, les révélant enfin, tous réunis, s’échangeant généreusement congratulations et embrassades sincères.

Fondamentalement, le concert de ce soir n’était pas très différent de leur prestation en festivals, mais dans ce contexte de perfection presque totale, était-il bien convenable de faire la fine bouche ?

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Le catalogue entier de Freaksville Records (Benjamin Schoos, Jacques Duvall, Mademoiselle Nineteen, et consorts) bientôt sur Youtube.

Les premiers albums sont d'ores et déjà en écoute ici

Servez-vous, c’est gratuit et il y en a pour tous les goûts.

mercredi, 27 août 2014 09:59

Jehnny Beth contre le Roi Pognon

 Faut il craindre le pire en terme de surenchère de prix pour nos prochains festivals ?

 C’est en effet la question qui se pose après le post sur Tumblr de Jehnny Beth, chanteuse de Savages et témoin récemment de scandaleuses pratiques.

 D’abord en tant que spectatrice, lors du show de Black Sabbath et Soundgarden, le quatre juillet dernier à Hyde park, ensuite à Istanbul, pas plus tard que la semaine dernière, lorsque Savages se produisait, notamment aux côtés de Portishead.

 De quoi s’agit il ?

 Peu scrupuleux, les organisateurs de ces événements (dont Live Nation pour le second cité) n’ont rien trouvé de mieux que de scinder le terrain en trois parties distinctes, accessibles en fonction des tickets achetés (et donc relatives aux prix concédés par leurs acquéreurs).

 En d’autres mots, un système de catégories visant à plumer les amateurs de musique qui se rendent avec dévotion au devant de la scène pour acclamer leurs idoles.

 Écœures par tant d’abjection, Geoff Barrow (Portishead) aurait tenté en vain toute la journée de faire retirer les barrières qui séparaient les différentes cases, quant à Jehnny, elle rappelle avec véhémence que la musique appartient à tous et ne doit pas subir la loi de promoteurs de plus en plus vénaux.

 Et de finir par un tonitruant : ‘Don’t let the fuckers make you pay more for a decent spot in the field.’

 Un appel à la révolution que je ne manquerai pas de relayer le cas échéant !

 

samedi, 16 août 2014 01:00

Pukkelpop 2014 : samedi 16 août

Depuis deux jours à présent, une étrange silhouette ressemblant vaguement à la mort, trône en soirée devant l’entrée du site.
En lieu et place d’une faucille, elle tient en équilibre précaire un amas de PMC composé principalement de bouteilles usagées.
Je n’arrive pas à décrypter son message barbouillé d’une écriture sale en néerlandais, mais j’y vois un appel désespéré à plus de bon sens.
Hélas, les photos immortalisées après le festival prouvent si besoin était, l’inconscience et la bêtise du plus grand nombre.
Heureusement que le site pouvait, lui, compter sur de courageux volontaires, qui tout au long de ces trois jours, ont arpenté le terrain, ramassant sans relâche les divers détritus abandonnés négligemment.
C’est donc sur une plaine encore clean que commence ce dernier jour de l’édition 2014 du Pukkelpop.

Quelques préparatifs liés aux contingences d’un départ agencé m’obligent à sillonner Kiewit de long en large avant de venir traîner mes guêtres du côté du Marquee.

Je suis bien inspiré, car j’assiste là à la très convaincante performance de Big Ups.

Boutant le feu à l’aide de ses brûlots hardcore aux résonances Punk, le groupe réveille mes sens engourdis.

Pas loin d’un Black Flag suintant d’huile et de sueur, d’un Fugazi sous tension ou plus près de nous, d’un Metz dévalant les escaliers qui conduisent à un tripot obscur où des Pavement nihilistes s’asticoteraient le manche en cachette, ces Américains proposent une musique ‘électrifiante’ et juste. Dans le ton et le propos.

Pour preuve, au sortir de scène, les musicos proposent d’acheter leurs T-shirts ici même sans passer par le stand officiel.

Attitude Punk avez vous dit ?

Il me faut d’ailleurs un peu de temps pour remettre mes neurones en place, et ce n’est sûrement pas l’insipidité de The Neighbourhood qui va m’y aider.

J’en profite donc pour recharger mon GSM auprès d’une borne prévue à cet effet, subissant au passage les échos venus de la Main Stage.

Le portable rechargé, je rejoins une nouvelle fois le Marquee, qui ce samedi, va devenir ma seconde résidence…

J’y découvre Sweethead groupe américain sonnant américain et très susceptible de ne plaire qu’aux Américains.

Très anecdotique, la musique du combo n’est pas spécialement mise en valeur par la préposée au micro. Cintrée dans une petite robe aux écailles argentées et aux allures de lampadaire, Serrina Sims aguiche le public (surtout les mâles) ; mais ni sa voix, ni son chant, ne se relèvent pertinents.

Par contre, du côté du Wablief ?, la découverte vaut le détour.

Emmené par le ‘pluriforme’ Tim Vanhamel (Millionnaire), Little Trouble Kids revisite la noirceur des bayous qui serpentent secrètement dans les entrailles de l’enfer.

Un trio complice où chaque membre est à sa place et connaît son rôle.

A commencer bien sûr par Tim, qui malmène sa gratte et joue du Substain avec tout le talent qu’on lui connaît, mais aussi de la chanteuse dont le timbre hanté fait cohabiter dans un même univers Anne Clark et Sonic Youth.

Ponctué par une reprise magistrale du « Mercy Seat » de Nick Cave, le set des Anversois tient en haleine d’un bout à l’autre et j’en ressors galvanisé.

Je pense à tort que la prestation de Bill Callahan va m’apaiser, mais celui qui jadis se produisait sous le patronyme de Smog, a décidé de brouiller délicieusement les pistes.

Transformant le Club en salon noyé de volutes grisantes, le songwriter étale son génie avec modestie et justesse.

Sa musique, interprétée par un band au grand complet, servant d’écrin à de belles histoires qu’il étend sur le fil du temps de sa voix de crooner.

Entre grâce et mystère, les quarante cinq minutes du show s’écoulent bien trop rapidement à mon goût, et le public réserve une belle ovation, amplement méritée à Bill et sa clique.

Tant qu’à côtoyer les moments de grâce, pourquoi donc se priver ?

Si Jake Bugg se produit sur la Main Stage, c’est tout naturellement vers le Marquee que je me dirige à nouveau.

Là, Fink déroule, en toute simplicité, comme d’accoutumée pour cet artiste exceptionnel.

Dans sa musique, jamais la technique ne vient damer le pion à l’émotion.

Il en est donc tout naturellement de même cet après-midi. Et le génial barbu de nous proposer un large éventail de son dernier elpee en date, « Hard Believer ».

Un autre moment de magie au sein d’une journée qui en est déjà émaillée, alors qu’on pressent que ce n’est pas fini.

Si Kellis attire ensuite la toute grande foule, c’est à un tout autre registre que je me réserve, puisqu’à quelques mètres de là, Red Fang s’apprête à en découdre avec une audience impatiente.

Une poignée de main générale entre les membres du groupe et le set peut commencer sur les chapeaux de roues.

Il ne faut pas longtemps pour que le public se mette à pogoter dans un esprit bon enfant (puisque même les filles sont invitées).

Le Stoner Rock impeccable des Yankees, loin de tout cliché, est riche, intelligent et sacrément bien exécuté ; et c’est donc à regret que je dois les quitter.

Mais déjà l’atmosphère est plus compacte à l’intérieur du Marquee et l’attente révérencieuse remplace ici la tension qui caractérise l’ambiance au sein du Shelter.

Concédant un peu de retard sur l’horaire, Darkside pénètre l’obscurité, mais très vite, illumine les ténèbres de ses sonorités plurielles.

L’Electro libre de Nicolas Jaar et les introspections guitaristiques de son comparse Dave Harrington se répondent parfaitement en échos hypnotiques et génèrent une ébullition au sein de la foule, partagée entre fans et curieux.

Un excellent show et sans doute la dernière occasion de les voir puisque le groupe annoncera dans la foulée, la fin prématurée de leur collaboration.

Il faut à présent patienter une heure, mais l’attente en valait la peine.

Quand Portishead monte sur l’estrade, introduit par « Silence », l’excitation est à son paroxysme pour certains dans le public.

Et on peut comprendre.

Ne comptant seulement que trois albums à son actif, le groupe de Bristol est du genre plutôt rare, et leurs concerts constituent dès lors des évènements.

Célébrant ainsi les vingt ans de « Dummy », premier elpee passé à la postérité en très peu de temps, Geof Barrow et Beth Gibbons proposent un Live en forme de Best Of.

Absorbée par son interprétation, possédée par ses paroles et préservée par un instinct timide, la chanteuse semble distante de son public, mais ce n’est là qu’une fausse impression, car dès la fin du concert, c’est en manifestant un enthousiasme enfantin et affichant un sourire béat qu’elle descend dans la foule pour communier auprès de ses fans.

Le retour au premier plan de Portishead attise déjà les plus grands espoirs d’un quatrième opus.

Enfin, Calvin Harris catapulte des milliers de fêtards dans les étoiles ; mais en ce qui me concerne, la tête bien pleine et des souvenirs plein ma besace, je prends le chemin du retour…  

(Organisation : Pukkelpop)

 

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