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Didier Deroissart

Didier Deroissart

‘Leuze en folie’ c’est d’abord LA fête de l’année qu’attendent tous les Leuzois ! Depuis plus de 25 ans, habitants du centre-ville et des villages se rassemblent le 30 avril (veille du 1er mai, jour férié) pour profiter d’une grande fête populaire et d’une braderie sur la Grand Place et ses alentours. Et c’est dans ce cadre qu’un festival musical est organisé par l’association les Jeunes Leuzois Actifs-JLA. La foule flâne parmi les échoppes et s’arrête de temps en temps pour assister aux concerts. Il y a même des saltimbanques, des échassiers, des cracheurs de feu et des graffeurs qui participent aux festivités…

Le premier groupe qui grimpe sur le podium n’est pas musical, mais une troupe de danseurs baptisée Orpheo Teamdanceforever. En bas collants noirs, des jeunes exécutent des superbes chorégraphies sur des rythmes latinos, r’n’b, funk ou disco. Un défilé qui va durer près de 45 minutes…

Les histoires sérieuses commencent par Des Bruits et Du vent, une formation tournaisienne qui appartient au collectif ‘La Fanfare Toi-Même’. Cinq multi-instrumentistes (Justin et Martin Desmet, Pierre Roekens, Thibaut et Florian Fauquet) qui se partagent ukulélé, basse, guitare à 5 cordes, percussions, accordéon et cuivres. Ils passent d’un instrument à l’autre avec une facilité déconcertante et chantent tour à tour dans la langue de Shakespeare ou de Molière. Etonnant, bien que composant son propre répertoire, le groupe pratique une musique qui oscille entre folk, rock et world, musique du monde très susceptible de nous entraîner, tour à tour, dans les Balkans, le Brésil ou encore l’Afrique, depuis la côte Ouest jusqu’à Madagascar. Et les titres font mouche, car les spectateurs dansent et chantent. Vraiment une chouette découverte !

Circus Café est un combo qui s’est formé à la faveur des nuits bruxelloises. Finaliste de l’édition 2016 du concours ‘L’Envol des Cités’, il implique le chanteur/guitariste Anthony Circus, alias Antoine Petit, le sixcordiste Steven Mayence, le bassiste Bastien Scutnaire et le préposé aux synthés Jackson Fiasco, aka Martin de Gennes. Fondé en 2014, le quatuor est responsable d’une pop hétérogène, brute, enivrante, fruitée et tonique, née des différentes influences des musicos, des influences qui oscillent de Guns N’Roses aux Wombats, en passant par Justice et Red Hot Chili Peppers.

Le set s’ouvre par « Gran Canaria », un morceau qui trempe dans l’électro/funk. L’absence de drums est compensée par les samples des synthés ; ce qui n’empêche pas la section rythmique de se révéler consistante. Mais si la voix est puissante, ce sont les interventions de la basse et de la guitare qui font la différence. La première est souvent jouée en slapping alors que la seconde, distincte et percutante, emprunte tour à tour des sonorités latines à Carlos Santana voire Diego Higueras ou funkysantes à Nile Rodgers. Une musique très excitante qui a incité bon nombre de spectateurs à remuer le bas des reins… comme sur un dancefloor…

Setlist : « Gran Canaria », « She’s Seen Heaven », « Burning Man », « Santiago », « Magdalena », « Monsters Inside Us », « Lose Your Senses »

Il n’y a pas grand-monde sur la Place devant le podium lors du soundcheck de Juicy. Votre serviteur y assiste. Faut dire qu’il est devenu accro au r&b des deux filles. Elles lui ont même avoué qu’elles égaient des ‘Miss Catastrophe’. On en reparlera. Et notamment lors d’une interview qu’elles ont eu la gentillesse d’accorder à Musiczine et qui sera publié d’ici quelques semaines.

Malgré les problèmes techniques rencontrés –micro pour Julie Rens et gratte pour Sasha Vonk– la prestation va se révéler convaincante. Chaque concert de Juicy est différent. Que ce soit à travers la chorégraphie, les mimiques, les costumes et même l’interactivité. C’est une constante chez les Bruxelloises…

Dès les premiers accords de « LTGL », la foule rapplique sur la place. Faut dire que même électroniques, des sirènes qui retentissent ont de quoi interpeler ! Les filles ont enfilé des fringues de couleur noire à capuche. Elles se plantent face à la toile de fond, dos au public, les bras en l’air, sous un éclairage de teinte bleue. Mais à cet instant, la nuit n’est pas encore tombée. Et ce n’est qu’au fil du concert que le light show produira son incidence. Elles enchaînent par « Mouldy Beauty », morceau propice aux contorsions. Elles se consacrent toutes les deux aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Ce qui ne les empêche pas de troquer leurs instruments. Elles amorcent « Mouldy Beauty » en mode dubstep, mais light ! Elles se tortillent maintenant sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Ce qui émoustille le public. Le moment est alors idéal pour communiquer avec cette foule et faire monter en pression. Sasha est passée maître dans cet exercice de style. Julie se plante derrière son synthé et active le MPD. Le tandem nous propose une version plutôt paisible de « Seed & Ride ». Pas de guests ce soir, elles assument seules le show. Ce qui n’est pas un problème, car elles sont complices, presque fusionnelles. Elles pourraient être frangines… Après un bref conciliabule, elles attaquent « La Boulette », le morceau préféré de votre serviteur. Julie le pointe du doigt et le dédicace au fan ‘number one’. Sympa ! Très rythmée et entraînante, cette compo met une belle ambiance dans la fosse. D’ailleurs, et c’est une bonne habitude, Juicy est parvenu à faire danser la foule. Le duo se produira dans la plupart des festivals d’été : Couleur Café, Les Francos de Spa, Ronquières, Dour et Solidarités à Namur.

Entre le set de Juicy et celui de Gustave Brass band, on va assister à un joli feu d’artifice… ponctuant cette édition 2019 particulièrement réussie…

Setlist : « LTGL », « Mouldy Beauty », « Seed & Ride », « Hard Nut To Crack », « Didn’t Knock », « What You Can’t Confess », « Over My Shoulder », « La Boulette », « GHB », « Mama Told Me », « See Me Now », « Count Our Fingers Twice ».

(Organisation : Les Jeunes Leuzois Actifs)

DJ Pourri And kardel + Gustave Brass Band + Juicy + Circus Café + Des Bruits Et Du Vent + Orpheo Teamdanceforever

L’Ancienne Belgique accueille ce soir deux poids lourds de la scène rock : Alice In Chains et Black Rebel Motorcycle Club. Si les souvenirs de votre serviteur sont exacts, c’est la première fois que le groupe issu de Seattle se produit dans la salle de la Rue des Pierres. Pour la formation originaire de San Francisco, mais établie à Los Angeles, il s’agit de la troisième (2008 et 2013). Par contre, elle a déjà foulé à quatre reprises les planches du Botanique, un endroit qui correspond mieux à l’esprit indie de sa musique. La salle est soldout depuis bien longtemps, c’est normal vu la présence de ces deux combos…

Black Rebel Motorcycle Club (BRMC) est un groupe californien, dont le patronyme est inspiré du film ‘L'Équipée sauvage’, un long métrage datant de 1953, mettant en scène Marlon Brando, chef d’une bande de motards. Le line up réunit les chanteurs/guitaristes/bassistes Peter Hayes et Robert Turner (NDR : aka Robert Levon Been, il a choisi un pseudo afin s'affranchir de l'influence de son père, feu Michael Been, qui n’était autre que le chanteur de The Call), ainsi que la drummeuse Leah Shapiro (NDR : cette ex-Raveonettes a intégré le groupe en 2008). Son dernier et neuvième elpee, « Wrong Créatures », est paru en 2018. 

En fond de scène, une toile a été tendue sur laquelle figure le logo du band ; en l’occurrence une tête de mort soulignée par deux pistons croisés. Un light show de couleur bleue inonde le podium pendant que le trio s’installe derrière son matos. Le band va nous proposer exclusivement des anciens titres. Ainsi le concert s’ouvre par « Red Eyes And Tears », issu du premier opus (NDR : un éponyme !), publié en 2001 et puis va se contenter de nous balancer une setlist constituée de standards du groupe. Bref, pas de surprise au cours de ce show un peu trop monocorde, mais qui néanmoins s’est certainement révélé agréable pour celles et ceux qui apprécient le rock alternatif teinté de psychédélisme, de blues et de garage de ce trio yankee…

Setlist : « Red Eyes And Tears », « Awake », « Beat The Devil's Tattoo », « Berlin », « Spook », « Spread Your Love ».

A l’instar de Pearl Jam, Nirvana et Soundgarden, Alice in Chains est un des pionniers de la scène grunge. Né en 1987, il s’est accordé une brève pause début du millénaire. Faut dire que son leader et chanteur, le charismatique Layne Staley, est décédé en 2002, après des années de combat contre une addiction aux drogues dures. Il a été alors remplacé par William DuVall. L’éventualité d’un changement de patronyme a même circulé au sein du band. Mais il n’en sera rien. Outre cette parenthèse, le combo n’a quasiment jamais arrêté de tourner. D’ailleurs, l’an dernier, il se produisait encore sur la scène principale de Rock Werchter.

De chaque côté de l’estrade du drummer, deux immenses murs de baffles dans lesquels sont intégrés 48 spots sont érigés. De temps à autre, ces lumières se transforment en écrans vidéo à LED afin de créer différents effets vidéo.

Le set va nous réserver 21 titres bien structurés, partagés intelligemment entre ancien et nouveau répertoire dont, bien sûr, des extraits du dernier opus paru l’an dernier, « Rainier Fog » (NDR : il s’agit de son sixième, et son titre doit son nom au mont Rainier, le volcan toujours en activité qui domine la ville de Seattle).

Le set s’ouvre par « Bleed the Freak », un extrait du premier elpee d’Alice In Chains, « Facelift ». La température dans la fosse est déjà élevée ; et elle ne fera que grimper au fil du show. La foule manifeste déjà son enthousiasme. William la salue et on sent déjà une belle osmose entre la formation et l’auditoire. Manifestement, il s’est très bien réapproprié les anciens morceaux ; ce qui permet au combo de s’en donner à cœur joie lorsqu’il s’attaque à les réinterpréter. Et puis la section rythmique apporte une base solide à DuVall pour prendre son envol vocal et compléter le travail discret mais efficace du gratteur et autre membre fondateur, Jerry Cantrell. A contrario, la voix de ce semble avoir perdu de sa superbe. Mais aux cordes, s’il ne déchire pas souvent, il accorde des solos remarquables. A l’instar de « Stone », « Man In The Box » de « Got Me Wrong » et même de « Rooster », une ballade éblouissante. Des solos mélodiques et sophistiqués dont il le seul à avoir le secret, tout en tissant ses lignes principales sur celles, rythmiques, de DuVall.

Le set principal s’achève cependant par deux des plus grands succès du groupe, « Angry Chair » et « Man in the Box ». Et après avoir littéralement retourné la foule, Alice In Chains est revenu nous accorder quatre morceaux. Un concert d’anthologie pour les nombreux fans présents ce soir…

(Pour les photos, c’est ici)

Setlist : « Bleed The Freak », « Check My Brain », « Again », « Never », « Themes Bones », « DamThat River », « Hollow », « Your Decision », « Rainier Fog », « Down In A Hole », « No Excuses », « Stone », « Red Giant », « We Die Young », « Nutshell », « Angry Chair », « Man in the Box ».

Rappel : « The One You Know », « Got Me Wrong », « Would ? », « Rooster ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

mardi, 28 mai 2019 11:19

Du Moyen-Orient à l’Himalaya…

Refugees For Refugees est un collectif qui a l'origine était à géométrie variable. Au fil du temps le line up s'est stabilisé et réunit aujourd'hui les 10 mêmes musiciens. Issus d’horizons différents, ils sont réunis par la musique, mais aussi et le plus souvent, par leur statut de réfugié. Tout d’abord, et ce sont les plus nombreux, de Syrie :  Tareq Alsayed Yahuo (oud), Souhad Nayme Tammam (kanun, une lyre orientale), Al Ramadan (flûte) et Fakher Madallal (chant). D’Afghanistan : Mohammad Aman Yusufi (dambura, une sorte de luth à long manche équipé de deux cordes). Du Pakistan : Asad Qizibash (sarod, un luth hybride). Du Tibet : Dolma Renqingi (chant) et Kelsang Hula (luth dramyen, mandoline, chant). Et enfin de Belgique Tristan Driessens (oud) et Simon Leleux (percus).

A ce jour, la troupe a publié deux albums, « Amerli » en 2016 et « Amina » en février dernier, un disque qu’elle est venue défendre ce vendredi, à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve.

Organisé par l’ASBL Muziekpublique, une association dynamique qui promeut la world, tant à travers la danse que la musique, le concert est sold out et a attiré une majorité de quadras et de quinquas.

Les 10 musicos de Refugees for Regugees sont tous assis en demi-cercle, sur des sièges, face à l’auditoire. L’hétérogénéité des formations, des cultures, des langues et des histoires, souvent difficiles, exige de chacun un surcroît d’effort et d’attention pour tenter de composer avec les autres. Mohammad Aman Yusufi, grand interprète de dambura, un instrument à long manche équipé de deux cordes, a reçu une formation musicale issue de la culture rom afghane, tandis que le parcours de Tammam Al Ramadan, un flûtiste d’Alep, est plus classique. Ils sont plusieurs à avoir fréquenté les célèbres conservatoires le long de la route de la soie (Damas, Bagdad, Alep) ; d’autres sont des musiciens populaires. Chacun a sa culture différente à défendre et y va de sa petite compo, alors enrichie par les interventions instrumentales ou vocales des autres.   

« Punarjanm (Trad. de l’hindi : ’Renouveau’, une valeur hautement défendue par le collectif) ouvre le set. Yusufi chante et joue du dambura et Asad Qizibash, du sarod. Les interventions de Leleux aux percus sont élaborées. Essentiellement instrumental, ce morceau permet au mélomane de plonger dans l’ambiance. Chaque musicien ou chanteur a l’opportunité de prendre son billet de sortie. Le voyage s’opère en douceur et en profondeur. Chacun y participe, sans perdre la magie de son âme tout en faisant abstraction de certaines frontières que le déracinement partagé rend d’autant plus fragiles. Mohamed Aman Yusufi a dû laisser derrière lui sa compagne « Amina » qui donne le titre de l’album. Il a quitté son pays l’Afghanistan, pour errer au Pakistan, en Inde, avant d’aboutir au plat-pays. Dolma Renqingi (NDR : elle est originaire des montagnes de l’Amdo) chante debout. Sa voix est à la fois incantatoire et mystérieuse. Le mantra tibétain est déclamé a capella de manière chamanique et se réchauffe au son des oud, qui introduisent ensuite un chant soufi typiquement syrien. Le percussionniste semble servir de fil rouge. L’expédition nous conduit de la Palestine vers l’Orient. Le périple se poursuit naturellement à travers une intonation hazari afghane. Mais au fil du concert, on se rend compte que c’est Tristan qui sert de fil rouge. C’est d’ailleurs lui qui présente les différents titres. On se balade ensuite dans les campagnes afghanes, grâce au chant troubadour du poète Yusufi qui raconte les récits de vie qui s’y déroulent, à travers « Perahan ». Tristan y intègre ensuite les sonorités de son oud. Magique ! Et direction le soleil. Le chant de Usufi est chargé de mélancolie. Bien que dominée par les tambourins et la flûte, l’instrumentation implique tous les musiciens. La cerise sur le gâteau ! Chacun partage son bagage, ses affinités musicales, et son savoir-faire avec les autres membres du groupe. Cap vers la Syrie, en compagnie de la lyre magique de Souhad Nayme, une lyre colorée par les interventions des oud, des tambourins et de la flûte. La caravane travers le désert sous le soleil brûlant, mais l’oasis n’est plus très loin. Le Moyen-Orient dans toute sa splendeur ! Fakher Madallal se lève de son siège pour exécuter un chant soufi tout en délicatesse. Il invite les spectateurs à frapper des mains en cadence saccadée. Lorsque Dolma Renqingi se place en tailleur au milieu du podium, c’est pour dispenser ses incantations shamaniques en direction des plateaux de l’Himalaya, alors que de nouveau la lyre s’immisce furtivement dans l’ensemble. Et quand Souhad vient épauler la chamane au chant, le résultat est presque divinatoire.

Ce plaisir des oreilles, issu de ce brassage de différentes cultures, finit même par vous flanquer des frissons partout !

(Organisation : La Ferme du Biéreau, UCLouvain Culture et Muziekpublique)

Nouvelle princesse de la pop anglaise, Anne-Marie Rose Nicholson (NDR : elle est originaire de l’Essex, en Angleterre) a le vent en poupe. Non seulement ses singles cartonnent (NDR : notamment « 2002 » écrit en compagnie d’Ed Sheeran, « Friends », pour lequel elle a reçu le concours de Marshmello, « Don’t Leave Me Alone », celui de David Guetta, « Let Me Live », de Rudimental et « Rockabye », Clean Bandit), mais elle se produit depuis deux ans dans des salles combles et même dans le cadre de grands festivals. En outre, elle a publié son premier album, l’an dernier, « Speak you mind ».

Le supporting act est assuré par Lennon Stella. Frangines, Lennon & Maisy sont chanteuses, musiciennes et actrices. Ces Canadiennes sont connues pour leurs rôles de Maddie et Daphné Conrad dans la série Nashville, diffusée sur ABC depuis 2012. Ce soir, Lennon se produit donc en solo, uniquement soutenue par un claviériste/guitariste (NDR : il a un bonnet enfoncé sur le crâne). Elle va nous proposer, de larges extraits de son Ep 5 titres « Love Me », paru en novembre de l’an dernier. Mais également son nouveau single « Bitch ». Alors qu’on aurait pu s’attendre à un concert de country, la belle Lennon nous livre une forme d’indie pop teintée d’électro, bien dans l’air du temps. Elle va cependant se consacrer à la gratte semi-acoustique pour une jolie ballade…  

Deux estrades ont été installées sur le podium. L’une est réservée aux deux claviéristes/guitaristes/bassistes, instruments qu’ils jouent, suivant les circonstances, et la seconde au drummer. En l’occurrence, l’ex-Rudimental, Beanie Bhebhe. Les baffles crachent « Bad Girlfriend », un morceau aux chœurs samplés, pendant 5 bonnes minutes. Puis les musicos s’installent. Anne-Marie débarque à son tour. Resplendissante, elle est toute de blanc vêtue, les cheveux blonds tressés vers l’arrière. Son sourire contagieux et ses mimiques pétillantes reflètent une personnalité chaleureuse et empreinte de sensibilité. Elle salue le public avant d’ouvrir le bal. Qui s’ouvre par « Cry ». La foule est participative, surtout le public féminin, particulièrement réceptif au discours de l’artiste. Le début de set baigne dans l’électro, le dubstep et le drum&bass. Beanie parvient à marier technique et sauvagerie dans ses interventions. Anne-Marie installe rapidement un climat intimiste, n’hésitant pas à se mettre son âme à nu à travers les lyrics, en évoquant ses ruptures amoureuses sur « Bad Girlfriend » qu’elle dédie à un ex-petit ami ou quand elle étale ses complexes su son physique, sur le catchy « Perfect » où elle clame assumer enfin ses formes. Elle a le discours facile et son charme naturel ne peut que faire mouche.

Les hits défilent, mais la set list nous réserve, bien sûr, des morceaux issus de son elpee, dont « Trigger », mais également l’explosif « Breathing Fire, un titre datant de décembre 2017. On aura droit aux inévitables illuminations des smartphones. Et après 70 minutes de prestation, la troupe va se retirer. Un show bref, mais solide qui démontre que la petite protégée d’Ed Sheeran est à l’aube d’une grande carrière….

Anne-Marie se produira dans le cadre de l'édition 2019 du Pukklepop ce samedi 17 août (infos ici et tickets )

Setlist : « Bad Girlfriend », « Cry », « Do It Right », « Heavy, « Perfect », « Trigger », « Cia Adios »,«  Can I Get Your Number »,« Don't Leave Me Alone » (cover David Guetta), « Alarm », « Then », « Rockabye » ( cover Clean bandit), « 2002  », «Friends » (cover Marshmello)

(Organisation : Live Nation)

 

Après avoir foulé les planches des festivals des Ardentes et de Ronquières ainsi que celles du Cirque Royal de Bruxelles, LP se produit pour la quatrième fois, en Belgique, ce samedi 4 mai. Pour la circonstance, en la salle de La Madeleine. Elle est venue présenter son cinquième album, « Heart To Mouth ». Une file de 100 m de long s’est formée à l’entrée de la salle, avant l’ouverture des portes. Le concert est bien sûr, sold out.

LP ce sont les initiales de Laura Pergolizzi, une chanteuse américaine androgyne (NDR : elle est native de l’Etat de New York) qui compte aujourd’hui quatre albums à son actif. Elle a donc choisi cet acronyme comme pseudo. Elle cartonne autant sur la toile que dans les charts. Avant d’embrasser une carrière solo, elle a prêté sa plume, notamment, à Cher, Rihanna, les Backstreet Boys et Christina Aguilera. Tout en empruntant les clichés du rock, de la pop ou de la soul, sa musique n’est pas facile à cerner, même si l’artiste puise ses influences majeures chez Jeff Buckley, Kurt Cobain, Chrissie Hynde, Joni Mitchell, Robert Plant ou encore Jim Morrison.

Powers assure le supporting act, un duo établi à Los Angeles. Fondé en 2014, il réunit le guitariste Mike del Rio et la bassiste Crista Ru. Aussi fusionnel que Rive, il pratique une musique qui mêle funk et électro. Une électro truffée de samples mais aussi de percus. Assez interactive, Crista pratique régulièrement le slap tap. Le duo s’affronte également manche contre manche, reflétant une belle complicité dans le couple. Qui ne va, bien sûr, pas oublier d’interpréter son single, « Georgie », gravé en 2017. Une bonne première partie…   

Particulièrement bien éclairée, la scène est surmontée de deux estrades de couleur blanche, des estrades sous lesquelles des faisceaux lumineux vont se focaliser sur LP. Elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste, également planté sur une estrade à droite. Deux rampes d’escaliers situés de chaque côté du podium sont éclairées de petites leds rouges et blanches. LP descend la rampe d’escalier de droite, alors que, dans la fosse, les spectateurs allument les smartphones qui brillent de mille feux.

« Dreamcatcher » ouvre le bal. Puissante la voix de Laura campe un hybride entre P. J. Harvey et Patti Smith. De teinte noire, sa chevelure est bouclée comme celle de… Bob Dylan juvénile… ou alors d’Alain Souchon. Filiforme, elle a enfilé une veste blanche –veste qu’elle laissera rapidement tomber– sur une chemise ouverte noire et blanche qui laisse entrevoir des inscriptions tatouées sur le haut de son torse.

Lorsqu’elle empoigne une guitare ou un ukulélé, comme pour « When We’re High » et « Girls Go Wild », on dirait qu’elle affronte le public comme une guerrière. Elle le pointe souvent vers le public quand elle ne le braque pas d’un geste inquisiteur. Elle siffle instinctivement lors de certaines chansons. Elle est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, et notamment dans les aigus comme seules de très rares vocalistes sont capables d’y parvenir ; mais également de l’utiliser comme un instrument ou encore d’emprunter un timbre délicat. Elle possède une personnalité forte et fragile à la fois. Interactive, elle est partout sur le podium et dégage une fameuse aura. Elle se sert d’un micro sans fil, mais tient toujours, à sa droite, son pied de microphone, qu’elle ne quittera que très rarement. Elle adresse un signe aux spectateurs qui la suivent depuis longtemps.

Panne électrique pendant qu’elle interprète sa dernière chanson, « Shaken ». Laura improvise alors a capella avec une facilité déconcertante. Toute la troupe quitte ensuite le podium. LP revient vingt minutes plus tard pour accorder un set acoustique, limité à sa voix, ses sifflotements et son ukulélé. Et c’est sous cette forme qu’elle viendra interpréter trois titres lors du rappel, et notamment « Muddy Waters » et « Strange » de nouveau a cappella, avant d’achever la prestation par son hit qui l’a fait connaître, « Lost On You ».

Setlist : « Dreamcatcher », « When We’Re High », « Dreamer », « When I’m Over You », « No Witness », « The Power », « Died For Your Love », « Tightrope », » One Night In The Sun », « Girls Go Wild », « House On Fire », « Shaken ».

Rappel : « Muddy Waters », « Strange », « Lost On You ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

lundi, 06 mai 2019 09:33

A la gloire de la Saite-Trinité…

Né à Dublin le 21 avril 1970, Glen Hansard a fondé The Frame en 1990, un groupe responsable de 7 elpees à jour (NDR : dont « Longitude » en 2015, après un hiatus de plus de 10 ans). En 2006, il avait délaissé son band pour lancer un nouveau projet, The Swell Season, pour lequel il va publier trois long playings. Sa carrière en solitaire, il ne va réellement l’embrasser qu’en 2011. Depuis, ce chanteur, compositeur, guitariste et acteur irlandais, a sorti quatre albums solo, dont le dernier, « The wild willing », est paru en avril dernier…

Le supporting act est assuré par Joe Quartz, un duo réunissant Jeanne Suzin et Olivier Schlegelmilch. La première se consacre au chant, au piano et parfois au melodica, Le second, multi-instrumentiste, se réserve le violoncelle, les drums, et se transforme en human beat box, lorsqu’il reproduit le son de la trompette à l’aide de sa bouche. Etabli à Paris, le couple est responsable d’une expression sonore qui mêle jazz, musique classique et contemporaine. La chanteuse raconte que le tandem avait rencontré Glen, lors d’une jam, il y a un peu plus de 2 mois. Dans la foulée, Glen les a invités à assurer la première partie de sa tournée européenne. A ce jour, la paire a publié deux Eps, et un premier album, « Self Afraid », en 2018, un disque qui avait quand même bien marché. Elle va puiser au sein de ses deux derniers essais pour alimenter sa setlist. 

Le timing est bousculé ; et pour cause, Joe Quartz entame les hostilités dès l’ouverture des portes, devant une salle presque vide. Douce et claire la voix de Jeanne est susceptible d’envolées atmosphériques. Etonnant, Olivier est capable de cumuler en même temps interventions au violoncelle et à la batterie. Et il faut reconnaître qu’il est particulièrement doué dans ces exercices de style. Baignant au sein d’une pop frenchy, « The New World » est dynamisé par des rythmes endiablés qui sentent bon les plages de Kingston… 

Lorsque Glen Hansard et sa troupe grimpent sur l’estrade, le Cirque Royal est à la moitié de sa capacité. L’artiste est soutenu par 9 musiciens, dont un trio à cordes (deux violons et un violoncelle), un claviériste, également préposé aux backing vocaux, un drummer, un saxophoniste qui jongle entre baryton, basse et alto, quand il ne joue pas de la clarinette, un bassiste, deux guitaristes, dont celui à la sèche (NDR : il joue dans un style flamenco) double à l’oud et l’autre qui passe naturellement de la sèche à la semi-acoustique. Le décor est assez sommaire et le light show plutôt dépouillé.

Glen voue une grande admiration à Van Morrison, Dylan, et Cohen, légendes qu’il a d’ailleurs baptisées ‘La Sainte Trinité’. Il raconte avoir assuré une première partie de Dylan et qu’en back stage après avoir pris un verre ensemble, ils sont devenus amis. Dès « Fool’s Game », on se rend compte qu’une grande importance est laissée à l’improvisation. On y décèle également des influences orientales et notamment iraniennes qui transparaissent sur son dernier long playing en solitaire, disque sur lequel les frères Khoshravesh ont participé. Armé de sa gratte semi-acoustique, Glen susurre ses mots, d’une voix légèrement vocodée, sur ce morceau d’une durée de plus de 6 minutes. Les cordes des violons communiquent un climat mélancolique aux compos. Mais ce sont surtout les interventions délicates de l’oud et des ivoires qui apportent une coloration originale à l’ensemble. En fin de parcours, la voix de la préposée aux ivoires semble sortir des profondeurs de l’enfer. Deux autres plages du nouvel LP embraient, en l’occurrence « I’ll Be You, Be Me » et « Don't Settle », des compos particulièrement abouties. Boosté par les cordes et le cuivre, « Don't Settle » monte en puissance et en crescendo, alors que la voix de Glen semble hantée et émaner du fond de ses tripes…

Extrait de l’éponyme « The Swell Season », « My Little Ruin » et dominé par les ivoires. Excellent, le morceau impressionne par la maîtrise des musicos, les interventions au piano débordant sur le titre suivant, « When Your Mind's Made Up  ». Aux ivoires, Glen murmure paisiblement ses mots. Ces instants de quiétude permettent à Glen d’asseoir son interactivité auprès de ses fans. Une discussion s’engage ainsi avec une dame… Les arrangements sont parfaits, la combinaison entre cordes de violons et du violoncelle, de la guitare flamenco ainsi que du cuivre subliment la compo qui s’achève par une communion parfaite entre l’artiste et l’auditoire, ce dernier reprenant en chœur le refrain.

Plus folk, « Bird Of Sorrow » est empreint de délicatesse et d’émotion. Extraite du dernier opus, « Mary » est une ballade aux accents celtiques et orientaux à la fois. Une perle ! La setlist est bien équilibrée. Alimentés par des guitares percutantes et des cuivres somptueux, « Way Back In The Way Back When », « Lowly Deserter » et « Fitzcarraldo » libèrent toute leur puissance, alors que « Winning Streak » trempe dans un americana pur et dur. Avant d’attaquer « The Closing Door », Glen nous parle de Bob Dylan et de la conception de la chanson, inspirée de cette rencontre unique. Tout au long de l’unplugged « Grace Beneath The Pines », on n’entend même pas une mouche voler. Dans un même registre, Glen, seul à la semi-acoustique, nous réserve « Leave a light ».

Après « Her Mercy », Joe Quartz débarque pour participer à l’interprétation de « Fitzcarraldo », une adaptation limitée au piano, à la voix et à la contrebasse. Tous les musicos sont de retour et se placent en ligne pour aborder le « Passing through » de Pete Seeger, un final acoustique au cours duquel, Hansard va jongler entre sèche, mandoline et contrebasse, une cover a cours de laquelle chaque musicien va se réserver un couplet de cette composition.

En 21 chansons sur plus de 145 minutes, Glen s’est livré littéralement corps et âme à son public…

Setlist : « Fool’s Game », « I’ll Be You, Be Me », « Don't Settle », « My Little Ruin », « When Your Mind's Made Up  » (cover The Swell Season), « Bird Of Sorrow », « Mary », « One Of Us Must Lose », « Winning Streak », « The Closing Door », « Race To The Bottom », « Didn't He Ramble », « Leave A Light », « Way Back in the Way Back When », « Grace Beneath The Pines » ( en acoustique), « Falling Slowly » (cover The Swell Season), « Her Mercy », « Fitzcarraldo » (cover The Frames), « Good Life Of Song », « Song Of Good Hope »

Rappel : « Passing Through » (cover Pete Seeger)

(Organisation : Live Nation)

samedi, 23 mars 2019 10:19

Même pas eu le temps de souffler…

En arrivant à destination, on constate que le ‘tour bus’ de No One Is Innocent occupe une bonne partie du parking réservé au Zik Zak. Doit y avoir un sacré matos ! Le band se produisait la veille au Reflektor de Liège, et apparemment y a mis le souk… 

Fondé en 1994, N.O.I.I. a publié son neuvième elpee, « Frankenstein », en février 2018. Fruit d'un cocktail entre punk, garage, metal et rock, sa musique est explosive. Ses coups de gueule virulents et ses revendications politiques humanistes véhiculés dans les lyrics déclinés dans la langue de Voltaire, reflètent un engagement jamais pris en défaut. Son patronyme ? C’est le titre d’un single des Sex Pistols ! Pas étonnant que le groupe cherche constamment à casser les codes traditionnels. Lors de leurs derniers concerts, ils ont même invité des survivants de Charlie Hebdo. Enfin, le band tourne régulièrement en compagnie de Tagada Jones, le Bal des Enragés ou Ultra Vomit, des formations qui partagent les mêmes convictions...

Le supporting act est assuré par une formation habituée des lieux : Z Band. Un quatuor réunissant Matt (Matthieu Van Dyck) au chant, Jay (Jerry Delmotte) à la batterie, Dweez (Morgan Twizir) à la guitare et Mich Michel Vrijdag à la basse. Le quatuor puise au sein de ses deux elpees, « No Loose Behavior », paru en mars 2018 et « Apocaliquids » en novembre 2018, pour forger sa setlist, des opus favorablement reçus par la critique. 

Tel le justicier qui pointe de la pointe de son épée le ‘Z’ de Zorro, le band assure souvent les premières parties au Zik Zak, un peu comme s’il servait de rampe de lancement idéale pour les têtes d’affiche. Et ce sera encore le cas ce soir. Les musicos mouillent leur chemise, à l’instar de Matt qui déambule parfois dans la fosse, alors qu’elle commence seulement à se remplir. Musicalement, le band semble surtout s’inspirer de Soundgarden, Rage Against The Machine et System Of A Down, mais probablement aussi de Red Hot Chili Peppers. Bref, back to the 90’s…

Setlist : « Into The Wild », « Always Running », « I Got A Mission », « Stretching My Mind », « YYYY’I D », « Diamonds In The Rough », « El Fush », « Right Here Richt Now », « Sweet Fruit », « Jezebel », « Mozzarella ».

Il est presque 22h00 lorsque No One Is Innocent débarque. Le line up réunit Kemar au chant, Thunder B à la basse, Popy aux drums ainsi que Shanka et Gaël aux guitares. De nombreux fans se sont agglutinés aux premiers rangs. Il est donc impossible de s’approcher du podium, Dès le premier morceau, « A La Gloire Du Marché », on est rassuré, le groupe est en forme. Et puis, les musicos ont de la bouteille et maitrisent parfaitement leurs instruments. Sa musique libère une fameuse dose de violence, une violence qui est portant dénoncée dans les textes des compos, fustigeant tout aussi bien le colonialisme que la guerre. Tout en n’oubliant pas d’incendier l’extrême-droite hexagonale, surtout quand Kemar balance que ‘La jeunesse emmerde le Front National. Le gratteur rythmique possède une excellente technique. Kemar crie son amour pour la foule et le démontre en se jetant dans la fosse pour se laisser porter à bout de bras. Mais les deux sixcordistes ne laissent pas Kemar monopoliser tout l’espace scénique. Ils s’autorisent d’ailleurs chacun leurs solos. Le public est survolté et la température dans l’auditoire grimpe par pallier. Kemar clame ‘Venez- vous prosterner’, alors que les quatre autres membres sont rassemblés autour de lui et du drummer. La formation avale les kilomètres sur les planches tentant de battre le record du monde du saut de kangourou.

Les morceaux défilent à plus de 100 à l’heure dont « Nomenklatura », qui s’achève par une série de ‘ya basta’, déclamés par un Kemar, d’une voix toujours à la limite de rupture. Et pas la moindre pause, puisque « Les revenants » n’est pas même prévu dans la setlist. A l’issue d’un étonnant mais bref solo, Shanka s’amuse à chanter dans le microphone de sa gratte. Pendant « Charlie », interprété en hommage aux disparus de Charlie Hebdo, la foule reprend les paroles en chœur. Une foule qui en demande et en redemande. Mais la prestation s’achève par un « What The Fuck » de circonstance…

Setlist : « À La Gloire du Marché », « Silencio », « Kids Are On The Run », « Ali », « Nomenklatura », « Djihad Propaganda », « La peau », « Solo Shanka », « Bullet », « Liar », « 20 ans », « Chile », « Frankenstein », « Charlie », « What The Fuck ».

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Lorsque l’Alan Parsons Project est à l’affiche près de chez vous, il ne faut pas rater l’aubaine, car il se produit rarement en concert. Le show est sold out. D’ailleurs toutes les places sont vendues depuis des lustres. L’APP est venu défendre son ‘Alan Parsons Live Project’. C’est en 1975 qu’Alan a imaginé ce concept, en compagnie d’Eric Woolfson (NDR : il est décédé en 2009). Alan Parsons a entamé son parcours pro comme ingénieur du son (NDR : depuis il est considéré comme un maître dans ce métier ; d’ailleurs, établi aujourd’hui à Santa Barbara, en Californie, il se sert aujourd’hui des dernières technologies, dont le format multipiste 5.1.). Il a participé à la mise en forme d’albums légendaires, comme « Abbey Road » et « Let it be » des Beatles ou encore le « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd. Notamment. A cours de sa carrière, l’APP a vendu plus de 45 millions d’albums et décroché toute une série de hits, dont « Eye In The Sky », « Sirius », « Don’t Answer Me », « Games People Play », « Old and Wise », « Time », « Prime Time », « I Robot » et « Standing on Higher Ground » ; et paradoxalement, tout au long de cette période faste, la formation ne montera jamais sur scène…

A 20h00 pile, les lumières s’éteignent. La scène est divisée dans le fond en 3 estrades. Celle de gauche héberge le drummer, Danny Thompson, la centrale, équipée d’une rampe (NDR : âgé de 70 balais, il éprouve de petites difficultés de mobilité) et de droite, le claviériste Tom Brooks. Le line up est complété par le bassiste Guy Eros, les guitaristes Don Tracey et Jeff Kolmann ainsi que les deux chanteurs PJ Olson, épisodiquement gratteur, et Todd Coper, coiffé d’un stetson, ce dernier se consacrant également au saxophone et aux cymbalettes. Parsons alterne entre claviers et semi-acoustique.

Chaque musicien aura l’occasion de mettre son talent en exergue au cours du show.

Alan reste en retrait, il présente cependant « One Note Symphony », « Miracle » et enfin « As Lights Fall », mais aussi ses musiciens. Il nous parle aussi de sa longue carrière et demande, en français, aux spectateurs d’allumer les smartphones et de les éteindre lorsqu’il baissera le bras ; ce que l’auditoire va accomplir avec enthousiasme. Il se réserve quand même le lead vocal sur « Don't Answer Me », « As Lights Fall », « Prime Time » et lors du final, « Eye In the Sky », moment choisi pour descendre de son estrade et se planter face à la foule. Mais manifestement, sa voix manque d’assurance. Les interventions au micro des deux chanteurs principaux sont à contrario exceptionnelles ; celles de PJ Olson sont magistrales tout au long de « Damned If I Do » et « Don't Let It Show », et de Todd remarquables pendant « Breakdown » et « Limelight ». Pourtant, difficile d’oublier les voix de feu Eric Woolfson ou de Colin Blunstone. Au balcon, la sécurité rencontre quelques difficultés auprès de récalcitrants qui s’asseyent sur les escaliers alors que de bonnes places sont libres, ailleurs.

La setlist va puiser dans l’ensemble du répertoire de l’Alan Parsons Project. Le spectacle rencontre quand même quelques petits problèmes de balances, notamment lorsque le drumming étouffe les interventions des claviers. Pourtant, le préposé aux fûts s’acquitte remarquablement de rythmiques souvent assez complexes, avec précision et fluidité, se distinguant particulièrement sur la caisse claire, dont la sonorité est à couper le souffle. On en oublierait presque les accès frénétiques de guitare dispensés par Jeff Kollman, pour dynamiser une musique fondamentalement prog/rock.

Enfin, invité, Jordan Huffman vient poser sa voix lumineuse sur « I Can't Get There From Here ». Bref un concert qui a ranimé de nombreux souvenirs chez votre serviteur qui regrettait toutefois qu’Eric Woolfson ne soit plus de la partie ; mais son spectre a plané tout au long de la soirée… 

Setlist : « One Note Symphony », « Damned If I Do », « Don't Answer Me », « Time », « Breakdown, The Raven », « I Wouldn't Want to Be Like You », « Miracle », « Psychobabble. », « Luciferama », « Don't Let It Show », « Limelight », « Can't Take It With You », « As Lights Fall », « Standing On Higher Ground », « I Can't Get There From Here », « Prime Time », « Sirius », « Eye In the Sky ».

Rappel : « Old and Wise », « (The System of) Dr. Tarr and Professor Fether », « Games People Play ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

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Grand espoir de la scène belge, Thomas Mustin, aka Mustii, est un fameux showman ! Baptisé ‘An intimate portrait of the 21st Century Boy’, son spectacle proposé ce soir est une première. Thomas est aussi à l’aise sur les planches d’un théâtre (NDR : il y a joué le rôle de ‘Hamlet’ dans une adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare), d’une salle de concert ou à l’écran, que ce soit à travers les téléfilms ou les longs métrages. Il ne lui a fallu qu’une petite année pour réinventer le concept unique de son premier opus alors que certaines stars n’y parviennent 10 ou 15 ans plus tard.

Le supporting act est assuré par la Canadienne Emilie Kahn. A l’origine, elle se produisait sous le patronyme d’Emilie & Ogden, soit l’artiste et sa harpe. Puis, elle a décidé d’opter pour sa véritable identité. Ce soir, la Montréalaise va nous proposer de larges extraits de son nouvel opus, « Outro ». Elle grimpe seule sur les planches pour y jouer de son instrument privilégié… en chantant d’une voix douce, presque enfantine. Plutôt timide, elle se concentre sur ses cordes, à la manière d’Agnès Obel. En cours de show, un musicien la rejoint sur l’estrade pour tapoter sur un MPD ou la soutenir à la basse. Parfois, sa musique baigne au sein d’un climat proche de celui entretenu par Marie-Michèle Beausoleil, aka M’Michèle (NDR : elle s’était illustrée dans le cadre des Francos de Spa, en 2014). ‘Tabernacle’ comme dirait René-Charles, le Canada est une mine d’or, musicalement parlant…

Le décor est sobre. Il se limite à un immense drap replié contre le mur et quatre téléviseurs vintage qui vont diffuser des images consacrées aux thèmes des chansons. L’estrade destinée à l’artiste est blanc, tout comme le light show qui va jouer sur le contraste entre la lumière et les ombres projetées par Thomas sur la scène. Tout vêtu de noir, élégant (NDR : pour lui, la mode est un moyen d’expression qu’il apprécie), il est soutenu par un claviériste.

En débarquant, il déclare : ‘Bienvenue à tous dans mon salon’. Rayonnant, son aura en impose, un peu comme un Benjamin Clémentine qui aurait le teint clair et la chevelure blond platine. D’une très belle voix, il interprète ce répertoire de manière singulière, intimiste, théâtrale et interactive, en même temps. Très technique mais impeccable, la prestation du préposé aux ivoires révèle une grande complicité entre les deux artistes. Bien que prévu pour 70’, son show ne durera qu’une bonne heure ; mais le Bruxellois va se livrer corps et âme. Ce qui explique sans doute pourquoi il n’accordera pas de rappel ni ne rencontrera ses fans, à l’issue de sa prestation.

Il propose la set list de son premier elpee, dans le désordre, sous des versions totalement revisitées, mais concède quand même deux covers ; tout d’abord le « Strange weather » d’Anna Calvi, puis, non pas l’hommage au Duke, « I’m Deranged », mais le « Playground Martyrs » de David Sylvian. Pourtant, tout au long de cette représentation, le fantôme de David Bowie a plané. Faut dire que c’est l’idole de Mustii, dont il cherche manifestement à marcher sur les traces…

En cassant les codes, Mustii nous a réservé, ce soir, un concert exceptionnel, même si on espère le revoir lors d’un même type de spectacle, mais un peu plus long…

Setlist : « Intro », « 21 St Century Boy », « The Darkest Night », « The Ride », « People (Are Running The Streets) », « Simple Slave », « Safety Zone », « Strange Weather » (cover Anna Calvi), « Get Down », Turn It Off », « Where Do I Belong », « I’m Deranged (cover David Bowie).

Mustii (Création) + Emilie Kahn

(Organisation : Botanique)

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Soirée rock’n’roll dans le cadre des Nuits Botanique, ce jeudi 25 avril sur l’ensemble du site. Votre serviteur a choisi la Rotonde où se produiront Raketkanon, qui vient de publier son troisième elpee, sobrement intitulé « RKTKN # 3 », et en supporting act, Daggers. La première formation est gantoise, la seconde liégeoise.

En entrant dans l’hémicycle le personnel de la sécurité invite les spectateurs à rester debout, car la salle risque d’être blindée.

Daggers est un quatuor qui implique le drummer Yannick Tönnes, le bassiste Thomas Fagny, le guitariste Thierry Tönnes et le chanteur Gregory Mertz. Une formation qui compte déjà 12 années d’existence et jouit d’une certaine notoriété à l’étranger. Son dernier elpee, « It’s Not Jazz, It’s Blues », remonte quand même à 2014, et il va nous en dispenser de larges extraits. C’est ce disque qui avait permis au combo de s’exporter. Dans la salle, on aperçoit des membres de Cocaine Piss. On peut toujours rêver, mais pourquoi pas une jam ? On va tout de suite couper les ailes au canard, les musiciens de la Cité Ardente resteront bien sagement à leur place.

La voix du chanteur est particulièrement rauque. Le band pratique une musique alternative, fondamentalement rock mais fruit d’un cocktail entre garage, doom, metal, prog et sludge. Bien équilibré, le set va démontrer toute la maturité du combo sur les planches et puis surtout va permettre de bien chauffer la salle. Comme si on n’était pas déjà plongé dans une fournaise… 

Raketkanon vient donc de graver un tout nouvel opus. Intitulé « RKTKN # 3 », il a été mis en forme, et pour la troisième fois, par célèbre Steve Albini (Pixies, Nirvana, P.J. Harvey et bien d’autres). A l’instar des trois précédents long playings, les compos portent le titre d’un prénom masculin ou féminin (NDR : « Nico Van Der Eeken » a aussi droit au nom de famille !).

Ce quatuor réunit le chanteur Pieter-Paul Devos, le bassiste/claviériste Lode Vlaeminck, le guitariste Jef Verbeeck et le drummer Pieter de Wilde. Placé à droite du podium, Devos fait face à son micro et à une table truffée de manettes en tous genres, destinées à moduler sa voix. Et il a préparé un fil suffisamment long pour son microphone, afin de se lancer dans la foule. C’est un rituel !

Mais grosse surprise, le morceau d’entrée, « Robin » est plutôt paisible. Pieter-Paul caresse sa semi-acoustique, en susurrant ses mots. Le groupe se serait-il assagi ? Que nenni ! Dès le deuxième titre, « Hanz », en à peine plus de 3 minutes, le set s’embrase. Devos chante d’une voix nerveuse, un peu distordue, en flamand en anglais et dans une langue qu’il a inventée : le rocket cantonais. Plutôt noisy, la musique est entretenue par des riffs de gratte graisseux, huileux, chargés de testostérone ainsi que par un drumming tribal, sauvage, mais métronomique.

Si le band est totalement déjanté sur l’estrade, Devos plonge régulièrement dans la foule qui le porte à bout de bras, tout en continuant à chanter. Et à travers ce show, on sent une grande complicité entre la foule et le band. Finalement, on est surpris lorsque le band se retire. Mais rapidement, il revient pour nous réserver trois derniers titres, tout aussi percutants et énergiques. Probablement déjà un des meilleurs moments de cette édition 2019 des Nuits. Si vous n’avez jamais assisté à un concert de Raketkanon, ne les manquez surtout pas quand il passera près de chez vous. C’est un groupe vraiment taillé pour le live !

Setlist : « Robin », « Hanz », « Nico Van Der Eeken », « Florent », « Harry », « Fons », « Suzanne », « Herman », « Ricky », « Ernest », « Lou ».

Rappel : « Mélody », « Judith », « Abraham ».

Raketkanon + Daggers

(Organisation : Botanique)   

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