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Une leçon de vie…

Écrit par Philippe Blackmarquis
Une leçon de vie… {"image_intro":"images/concert/2012_11/marillion_2012_11_15.jpg"}

Marillion est un cas particulier dans l’univers du rock. Fondé il y a 30 ans, en Angleterre, ce groupe associé au revival du rock progressif continue à remplir les salles sans aucun support de l'industrie du disque ou des médias. Comment ? Tout simplement en entretenant une relation privilégiée, très émotionnelle avec ses fans. Et dans ce domaine, ils sont des précurseurs. Avant tout le monde, ils ont exploité le potentiel de l'Internet et lancé des appels de fonds pour permettre la production de leurs œuvres (ce que l'on appelle aujourd'hui le crowd-funding). Aujourd'hui, Marillion a enregistré 17 albums, qui se sont vendus dans leur ensemble, à plus de 15 millions d'exemplaires et s’est produit devant plus de 3 millions de spectateurs. Leur style musical a évolué au fil du temps, particulièrement quand le premier chanteur, Fish, a été remplacé par Steve Hogarth (ex-Europeans). Aujourd'hui, Marillion évoque tout autant Radiohead, Talk Talk, Simple Minds, Razorlight, Waterboys, Split Enz ou Coldplay que Genesis et Yes.

Une preuve de l'engouement suscité, le concert prévu au Splendid à Lille est très rapidement décrété sold-out. Ce qui a décidé les organisateurs à prévoir une seconde date au même endroit, le lendemain. En tournée pour promotionner "Sounds That Can't Be Made", Marillion va nous réserver au total 5 titres de cet excellent album. C'est d'ailleurs par "Gaza" que débute les hostilités. Un choix osé, car il s'agit là d'un monstre de 17 minutes. Un tour de force caractérisé par moult changements de rythmes et d'ambiances. Mais les musiciens s'exécutent en affichant une déconcertante facilité. Steve Hogarth, porte un large t-shirt sur lequel est imprimé le symbole de la paix, une allusion claire au conflit actuel dans la bande de Gaza. Parmi les autres extraits de "Sounds" figurent le magnifique "Power", sur lequel Pete Trewavas révèle d'étonnantes aptitudes aux backing vocals, les très paisibles "Pour My Love" et "The Sky Above The Rain", sans oublier la plage éponyme.

"Beautiful" démontre que Steve Hogarth est capable de composer de très belles ballades romantiques. On est étonné par son incroyable maitrise vocale. Il parvient à atteindre les notes  les plus hautes, alternant passages doux et intimes et incantations déchirantes. Son contact avec le public est aisé et empreint d'une totale authenticité. Après "You're Gone" et le très beau "Cover My Eyes",  Marillion opère une incursion dans le répertoire de la période ‘Fish’ et attaque "Slàinte Mhath", issu de "Clutching At Straws". Dans la dernière partie du morceau, Steve peine quelque peu à reproduire les vocaux plein de puissance et de fureur de Fish. Aux réactions du public, on constate l'attachement, toujours vivace, des aficionados pour le géant écossais.

"Neverland" est un autre point culminant du set. Un véritable chef-d'œuvre, extrait du long playing "Marbles", considéré par certains comme le meilleur du groupe version ‘H’. Ce sont 10 minutes de pur bonheur, surtout lors des solos très ‘gilmouresques’ dispensés par un Steve Rothery toujours particulièrement concentré. Si Steve Hogarth est très mobile et en interaction avec le public, les autres musiciens se montrent, en général, plutôt discrets. Pete Trewavas, le bassiste, est très efficace et évite les fioritures. Mark Kelly trône aux claviers sur son podium, mais on doit constater que son rôle dans le groupe est moins conséquent qu'auparavant. Il n'aura guère que deux ou trois occasions de placer un de ses fameux solos. Quant à Ian Mosley, aux drums, il est d'une précision et d'une perfection tout simplement métronomiques. 

Steve Hogarth dédicace ensuite "A Voice From The Past" à John Lennon et "Real Tears For Sale" à Sinead O'Connor, en référence au fameux clip où elle pleure ("Nothing Compares To U"). Au moment de "Three Minute Boy", un problème technique aux claviers force Hogarth à meubler en improvisant seul au piano des paroles de circonstances ("Three Minutes to wait for the keyboards, ..."). Quand, enfin le contretemps est résolu, le public est invité à chanter les ‘La La La’ du refrain et il s'exécute avec enthousiasme! La partie principale du concert se termine par "The Great Escape" ("Brave") et le band revient très vite pour aborder "No One Can", tiré de "Holidays In Eden" et enfin, un second extrait de "Clutching At Straws", "Sugar Mice".

Manifestement, et ce concert en est une nouvelle illustration, c'est principalement sur scène que Marillion prend sa pleine dimension, en créant une véritable communion avec ses fans. La foule chante les chansons qu’elle connaît par cœur, criant et applaudissant sans cesse. Le concert a duré environ 2 heures ; mais, vu la très riche discographie du groupe, on aurait préféré ne pas devoir se farcir une première partie (Carrie Tree, une jeune folkeuse anglophone) et que Marillion joue (encore) plus longtemps. Mais ne boudons pas notre plaisir, car cet excellent concert a été accordé par un groupe tellement attachant et dont la longévité est une véritable leçon de vie…

Pour voir la vidéo de "No One Can" sur Youtube, c’est ici  

Pour lire l'interview de Steve Hogarth, c’est  

Setlist

Gaza
Beautiful
You're Gone
Cover My Eyes (Pain and Heaven)
Slàinte Mhath
Sounds That Can't Be Made
Neverland
A Voice from the Past
Power
Three Minute Boy
Pour My Love
Real Tears for Sale
The Sky Above The Rain
The Great Escape
Encore:
No One Can

Sugar Mice

Organisation : A Gauche De La Lune

(Voir aussi notre section photos ici)

Informations supplémentaires

  • Band Name: Marillion
  • Date: 15-11-2012
  • Concert Place: Splendid
  • Concert City: Lille
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