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Intemporel…

Écrit par Lina Chiefalo

Assister à un concert de Suede est toujours une expérience unique. Et si on y croise des sosies de Brett, le chanteur à la dégaine unique, c’est parce que les quadragénaires reconnaissent en lui l’incarnation du sex symbol absolu. Et ce soir sera une soirée bien particulière, car il ne s’agit que de la deuxième date de la tournée, entamée la veille, jour de l’anniversaire d’Anderson, à Berlin.

Mais avant de découvrir « The Blue Hours », le 8ème opus du groupe, en ‘live’, place à Gwenno, programmée en première partie. Et force est de constater que ce set va se révéler une toute bonne surprise. Signé chez Heavenly Records, label mythique qui a hébergé Slowdive et d’autres gloires à l’époque des shoegazers, Gwenno Mererid Saunders s’est échappée des Pipettes (NDR : en compagnie desquels elle a enregistré un album, après avoir remplacé la chanteuse originelle), pour se consacrer désormais à sa carrière solo… Particularité, elle chante en en gallois voire en cornique, dialecte de la région des Cornouailles. Fervente disciple de cet idiome en perdition, elle transforme toutes ses chansons en curiosités linguistiques. Et il faut admettre que sa démarche fonctionne, y compris face à un auditoire, clairsemé au départ, mais conquis à mesure que les titres défilent. Entre une jeune Chrissie Hynde pour le look et Björk pour la voix, son concert est aérien, constellé de moments de grâce, naviguant quelque part à la croisée des chemins du shoegaze et de la new wave. Entre chaque titre, Gwenno nous encourage à apprendre des langues en voie de disparition. La poésie singulière qui nourrit ses compos et les anecdotes qu’elle raconte nous ont permis de passer un agréable moment en attendant la tête d’affiche…

Car un concert de Suede se vit, se danse et communique d’excellentes vibrations… Suede, c’est 25 ans de carrière, une séparation, 8 albums et une verve intacte, probablement le seul représentant de la britpop qui s’en est sorti parce qu’il a continué à proposer une musique de qualité. Brett pourrait d’ailleurs écrire un manuel sur la manière de diriger un team tant il se donne toujours à fond.

21 heures tapantes, Brett apparaît en ombres chinoises et se dévoile doucement sur le 1er titre de l’opus en s’époumonant : ‘Here I am !’... et comment qu’il est là !!! « As one! », première plage du nouvel album est parfait pour introduire langoureusement le combo, dont le dernier concert accordé en Belgique, remonte à deux ans. Les guitares sont denses, sombres, et le morceau s’achève brutalement pour mieux enchaîner par « Wastelands » et faire la part belle, en ce début de set, à « Blue Hours ». Brett tend les bras et la salle s’enflamme. Elle n’attendait que ce geste pour littéralement exploser, malgré le côté calme, mais intense des deux premiers morceaux. Il ne faudra pas cependant pas attendre plus longtemps pour que le naturel de Brett revienne au galop. Dès le 3ème morceau, « I do not know how to reach you », toujours issu du dernier LP, chemise déboutonnée, cheveux au vent, il serre les premières mains...          

Brett harangue la foule et aligne les classiques comme autant de brûlots, transformant l’Ancienne Belgique en une gigantesque piste de danse : « She »,  « We are the pigs » ainsi que « So young », caractérisé par sa guitare si mélancolique, défilent. « Killing of a flashboy » termine cette première salve de hits. Rarement joué en live, cette flip side de « We are the Pigs », issue du premier long playing, constitue un des moments forts de la soirée.

L’ambiance descend d’un cran à l’entame de « Tides ». Le climat devient plus sombre, à l’instar de « Roadkill » au cours duquel Brett déclame plus qu’il ne chante.

« Sabotage » est subliment réarrangé pour mieux enchaîner sur « No Tomorrow », un des titres phare de « The Blue hours ». Les guitares crissent pour mieux se préparer à un retour dans l’histoire du groupe : « Filmstar », « Metal Mickey », « Trash », « Animal Nitrate » sont autant d’occasion pour Brett d’aller prendre un bain de foule qui exulte littéralement.

L’ambiance se feutre, le groupe dépose ses instruments à l’exception de Brett qui revient sur le devant de la scène, guitare à la main pour entamer « Europe is our Playground », seul, à la sèche. Sa voix est magnifique, pure et rocailleuse. Le concert s’achève par deux titres plus paisibles, « The Invisible » et « Flytipping », alors que le public attendait des morceaux plus énergiques…

Suede referme la soirée par « Beautiful ones », toujours aussi fédérateur et « Life is golden ».

Depuis 25 ans, Suede a toujours résisté à la tentation de se transformer en autre chose que Suede. Il a certes évolué, mais son ADN est intact et c’est sûrement ce qui le différencie des autres groupes de l’époque qui n’ont pas résisté à l’assaut du temps…

(Organisation : Live Nation)

Informations supplémentaires

  • Band Name: Suede
  • Date: 2018-09-30 00:00:00
  • Concert Place: Ancienne Belgique
  • Concert City: Bruxelles
  • Rating: 8