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Une maturité nouvellement acquise

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Nonobstant son prénom, Julien Rose Baker est bien une fille. Elle est originaire de Memphis, dans le Tennessee. Cette auteur, compositrice, interprète et guitariste, milite également chez The Star Killers (NDR : jusque 2015, le band répondait au patronyme de The Forristers), un groupe de rock alternatif, qu’elle a formé en compagnie de Matthew Gilliam. Elle a également décidé de se lancer, en parallèle, dans une carrière solo. Et a publié son premier elpee, il y a deux ans. Intitulé « Sprained Ankle » (Trad : cheville foulée), il a été bien accueilli par la critique. Elle vient de sortir un second album « Turn Out The Lights », plus personnel. Une sorte de tourbillon d’émotions pour cet album écrit sous le signe de la sincérité, de la force et de la délivrance. Et elle se produisait au sein de l’Orangerie du Botanique, ce lundi 3 septembre…

Le supporting act est assuré par Becca Mancari. Mais lorsqu’elle entame son set, l’auditoire est encore clairsemé. Née à Staten Island, New York, d’un prédicateur italo-irlandais et d’une mère portoricaine, Becca Mancari a pas mal bourlingué. Fan de Big Thief et Kevin Morby, elle voue une profonde admiration pour Alabama Shakes et a partagé la scène avec la chanteuse du groupe Brittany Howard (qui est également celle d’Alabama Shakes), dans le cadre de son side-project, Bermuda Triangle. 

Si Becca joue de la steel guitar, ce soir, elle va se consacrer uniquement à la gratte semi-acoustique ou à la Fender bien électrique. Sur les planches, elle est soutenue par un guitariste. Un barbu qui assure également les backing vocaux, et lorsque leurs voix se conjuguent en harmonie, c’est vraiment superbe ! Elle est toute vêtue de rouge, mais sa veste est décorée de motifs finement bordés, représentant des cactus, des palmiers et des guitares. Becca est venue défendre son premier elpee, « Good Women », paru en octobre 2017, dont elle va nous proposer de larges extraits. C’est son premier passage en Europe. Sa musique est le fruit d’un cocktail entre country, folk et indie rock et ses chansons sont empreintes de mélancolie douce, une mélancolie particulièrement perceptible dans la voix. Le duo est interactif. Les interventions aux cordes sont subtiles. « Arizona Fire » ouvre le show, une piste qui nous entraîne immédiatement au milieu du désert. Elle se réapproprie le « Never Tear us Apart » d’INXS, une compo qui avait notamment été reprise par Ben Harper. L’adaptation est plus paisible et surtout dépouillée. A contrario, « Devil Mouth » est un titre rock bien nerveux. Une bonne première partie !

La salle est bien remplie, quand Julien Baker grimpe sur l’estrade. Ce petit bout de femme se sert d’une Fender, d’un synthé et d’une loop machine, afin de restituer les sonorités de percus, de basse, de piano et d’orgue Hammond. Le temps de six morceaux, elle reçoit le concours de la violoniste, Camille Faulkner. Paru en single, « Appointements » entame le concert. Délicates, subtilement appuyées par les tonalités du piano, les cordes sont manifestement hantées par The Edge (U2). Julien (Prononcez : ‘JOO’ - ‘lee’ - ‘uhn’) a acquis de la maturité. Ce n’est plus la jeune fille de 20 ans qui chantait d’un timbre monocorde, en novembre 2017, au sein d’une Rotonde pleine à craquer. Elle est capable de monter sa voix dans les aigus, à la limite de se rompre ses cordes vocales. Claire, lumineuse, tendre ou puissante, elle est chargée de spleen. Mais bien mieux maîtrisée, elle la module de manière judicieuse. Ses yeux se ferment pour permettre de se concentrer sur ce chant. Elle n’est cependant pas du genre à crier sa joie de vivre sur tous les toits ou à nous raconter des contes de fées. Elle semble avoir le vécu d’un vétéran de 50 balais. Outre la vie et la mort, elle aborde des sujets comme les relations humaines, les désillusions, l’addiction ainsi que la foi. Elle a simplement décidé d’en parler ouvertement, d’une manière désarmante, sans cacher sa sensibilité et sa profonde sincérité. Quand Julien chante à 50 cm du micro, a cappella, on en a des frissons partout. Tout au long des 75’ de prestation, on aurait pu entendre un moustique voler, tellement l’auditoire était concentré et buvait ses paroles, comme du petit lait. Pas de déclaration pendant le set, sauf un petit speech avant d’attaquer, lors de la finale, son hit, « Turn Out The Lights ». Et puis, elle est repartie, comme elle est venue, sans un mot. Si vous appréciez Gabriel Aplin et Agnès Obel, vous risquez fort de tomber sous le charme de cette artiste promise à une grande carrière…

(Organisation : Botanique)

Informations supplémentaires

  • Band Name: Julien Baker
  • Date: 2018-09-03 00:00:00
  • Concert Place: Botanique (Orangerie)
  • Concert City: Bruxelles
  • Rating: 7