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Un cocktail savoureux entre soul, r&b, hip hop, funk et jazz, qui laisse une bonne part à l’impro…

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Ce soir, le Botanique accueille deux formations néo-orléanaises, en l’occurrence Tank and the Bangas et en supporting act, Sweet Crude. Et l’Orangerie est comble pour assister à ces concerts censés plonger l’auditoire au sein d’une ambiance festive. Car lorsqu’on évoque la Nouvelle-Orléans, on pense immédiatement au Mardi Gras, au dixieland, à la zydeco et au cajun. Mais si le premier groupe est plus proche des racines, le second pimente son jazz –que l’on a également baptisé le ‘bouce’, à la N-O– d’une multitude de d’épices sonores.

Sweet Crude est un sextuor responsable de deux elpees à ce jour, en l’occurrence « Super Vilaine », en 2014 et « Créatures » en 2017. Drivé par Sam Craft (violon/chant) et Alexis Marceaux (chant, percus, synthé), il implique également un claviériste, un bassiste, un drummer/percussionniste et un préposé aux cuivres. Pas de guitariste au sein du line up. Soucieux de laisser transparaître ses racines cajuns dans sa musique, le combo mêle le français et l’anglais dans une grande majorité de ses textes, communiquant une coloration locale aux compos, même s’ils ne sont pas toujours très cohérents.

Morceau d’ouverture, « Parlez-Nous à Boire » est déjà explosif et passionné. Difficile de ne pas remuer lors de cette parade drum pop franglish. Faut dire que les compos sont particulièrement percussives et dynamiques ; ainsi, il arrive que quatre des six interprètes jouent de la batterie en même temps. De quoi remuer les tripes. Charismatiques, Sam Craft et Alexis Marceaux sont les véritables moteurs du band. Le premier possède une voix plus discrète mais atmosphérique et ses interventions au violon sont magiques. Celle de la seconde est puissante et sa présence scénique enivrante. Faut dire qu’elle a la danse dans la peau. Mais africaine, un peu comme Joséphine Baker, bien sûr, sans la ceinture de bananes. Parfois, elle me fait même penser à Merill Garbus de Tune-Yards. Enfin, leurs harmonies sont aussi rythmées que joyeuses.

Elle attaque a cappella « Mon Esprit », avant que les autres musicos la rejoignent ; un moment au cours duquel la fête a pris brièvement la pause. Et le show de s’achever par l’étincelant « On Est Paré ». Pour une première sur le sol belge, il faut reconnaître que le concert, d’une durée de 40’, a parfaitement chauffé l’ambiance…

Setlist : « Parlez-Nous à Boire », « One in the Hand », « Déballez », « Laces », « Mon Esprit », « Rougarou », « Porkupine », « Fingers Guns », « Logo », « On Est Paré ».

Les membres de Tank and the Bangas se sont rencontrés dans un bar à open mic (scène ouverte), le ‘Liberation House’, à la Nouvelle-Orléans. La formation a remporté le légendaire concours NPR Music Tiny Desk (principal réseau de radiodiffusion non commercial et de service public des États-Unis), l’année dernière, aux States. Sa musique ? Un cocktail savoureux entre soul, r&b, hip hop, funk et jazz, qui laisse une bonne part à l’impro. Elle s’était déjà produite, en Belgique, dans le cadre du Pukkelpop et à Couleur Café.

Tarriona Tank Bell en est la chanteuse principale. Bien en chair, elle focalise tous les regards, une sorte de chef d’orchestre dont la voix est capable d’osciller du rap à la voix enfantine en transitant par le discours évangélique. Celle d’Angelika ‘Jelly’ Joseph, qui l’épaule, passe aisément des graves aux aigus. Le line up est complété par un drummer, et deux préposés aux synthés, dont l’un se consacre également à la flûte et à la trompette, ainsi que Jonathan Johnson, un fameux musicien qui joue d’une basse à 5 cordes. Ses impros en ‘slap tap’, tout au long de « Quick », sont magistrales. Et son solo sur la reprise du « Descends » d'Anderson. Paak est d’une rare prouesse technique.   

Au bord des larmes, Tank s’épanche. Elle révèle sa déchirure vécue en se séparant d’un homme qu'elle aimait, au milieu de « Oh Heart », une jolie chanson minimaliste dont la finale soul est particulièrement riche. Ses paroles exprimées lors de ces improvisations sont toujours bien choisies et témoignent de son talent de puriste du langage. « Human » est chargé de sonorités jazzyfiantes. Au cours de la seule compo lente, « The Bradys », les musicos contemplent la fosse, qui a alors sorti les smartphones pour immortaliser l’instant.

Tanks est en perpétuel mouvement et touche des mains. Elle est particulièrement à l’aise sur les planches, alors que sa collègue est plutôt statique. Et comme le son était excellent, permettant d’entendre distinctement chaque instrument (NDR : bravo l’ingé-son !), tout en incitant la foule à se déhancher grâce aux grooves irrésistibles, imprévisibles, rafraîchissants et énergiques, on ne peut qu’espérer revoir rapidement la troupe nous dispenser un nouveau concert de la même trempe…

Setlist : « Crazy », « Levitate », « Quick », « Descends » (Anderson Paak), « Big Bad Wolf », « Rhythm Of Life », «Boxes And Squares », «Roses » (Outkast cover), « The Brady's », « Smells Like Teen Spirit » (Cover Nirvana)

(Organisation : Botanique)

Informations supplémentaires

  • Band Name: Tank and the Bangas
  • Date: 2019-02-11 23:00:00
  • Concert Place: Botanique (Orangerie)
  • Concert City: Bruxelles
  • Rating: 7
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