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    Et puis encore Half Moon Run Quatre ans après avoir publié « Sun Leads Me On », un elpee décrété disque d'or, Half Moon Run est de retour…

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Depuis le blues du désert jusqu’au delta du Mississippi…

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Le blues du désert, c’est un peu celui du Delta du Mississipi –donc supposé lent– qui intègre des instruments traditionnels maliens. Le père de ce style musical était Ali Farka Touré, décédé en 2006. Il chantait en plusieurs langues africaines, dont le songhaï, le peul, le touareg et le bambara. Des idiomes également pratiqués par Samba. Il a milité chez Farafina Lolo, Super Lolo, Fondo mais aussi au sein du backing group d’Ali, avant de se lancer en solitaire. En mai 2018, il a publié son 8ème opus solo, « Wandé », sur le label Glitterbeat (Kel Assouf, Labi Traore, Jupiter And Okwess, Lobi Traore, Orkestra Mendosa, Tamikrest, …), dont il va nous réserver de larges extraits, tout au long de ce set accordé face à une centaine de spectateurs…   

Un peu après 20h30, stetson vissé sur le crâne, Samba Touré grimpe sur l’estrade. Il va se consacrer au chant et à la gratte électrique. Il est suivi par un trio vêtu de costumes traditionnels de l’Afrique de l’Ouest, dont un bassiste (NDR : une cinq cordes !), un drummer –qui s’installe sur une calebasse en bois retournée sur un cajon (NDR : une sorte de gita)– ainsi qu’un préposé au tama (percu de la famille des membranophones) et au n’goni (type de luth à cordes pincées), des instruments indigènes, dont il joue de deux modèles, mais de tailles différentes.

La première moitié du spectacle s’inscrit dans la lignée du blues traditionnel du Delta, si bien incarnée par John Lee Hooker ou Ry Cooder. Les solos de guitare sont nombreux et empreints de délicatesse. Statiques, les musicos semblent plongés ans une forme de méditation divinatoire, au sein de laquelle flotte la voix pure de Samba.

Fruit de la rencontre entre les racines maliennes et les influences occidentales, la musique de Samba, lorsqu’elle devient dansante, se charge d’intensité et libère énormément de groove. Et le second acte va se révéler davantage rythmé. Le tama dynamise les compos et quelques spectatrices remuent le popotin ou entament une danse africaine propice à l’envoûtement. Les interventions du préposé au n’goni et celles à la guitare Touré, parfois funkysantes, mais surtout hantés par son mentor Ali Farka Touré ou carrément Bo Diddley, rivalisent d’efficacité au fil de l’amplification des sonorités et du recours aux pédales de distorsion, alors que le préposé à la basse s’évertue à respecter une ligne de conduite douce et harmonieuse…  

La crise au Mali est peut-être terminée, mais les dangers demeurent toujours bien présents. Bien sûr les morceaux d’«Albala » sont moins sombres que sur le précédent LP, enregistré lorsque les Islamistes contrôlaient son village. Mais il nous rappelle sa colère, ses angoisses et ses souffrances, nées de l’indifférence manifestée par le monde extérieur, à travers le single issu de cet elpee, « Gandadiko », alors que « Woyé Katé » est un appel au retour des réfugiés… 

(Organisation : Ancienne Belgique + Glitterbeat Records)

Informations supplémentaires

  • Band Name: Samba Touré
  • Date: 2019-03-04 23:00:00
  • Concert Place: AB Club
  • Concert City: Bruxelles
  • Rating: 7
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