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Didier Deroissart

Didier Deroissart

Véritable machine à tubes, The Score est un groupe new-yorkais considéré comme le digne successeur d’Imagine Dragons. C’est le titre « Oh my love » qui l’a révélé en 2015. A son actif, un seul album, « Atlas », gravé en 2017 ; et puis 6 Eps, dont le dernier, « Stay », est paru en août dernier. Certains de ses singles ont servi de B.O. pour des films, des campagnes publicitaires et également la série Netflix ‘Riverdale’.

L’ombre du Coronavirus plane sur la planète, mais il y a du peuple, ce soir, pour accueillir le duo réunissant le chanteur/guitariste Eddie Anthony et le claviériste (également producteur) Edan Dover.

Le supporting act est assuré par Carvel’, un quatuor helvète, issu de Bâle très exactement, impliquant un chanteur/guitariste, un bassiste/claviériste, un bassiste et un second gratteur. Tous les musicos sont barbus, donc, ils ne peuvent qu’être sympathiques. De petites lettres de couleur rouge projettent le patronyme du groupe sur le dos du synthé. La formation pratique une forme de pop qui se nourrit aussi bien de sonorités organiques qu’électroniques. Pas de setlist, les musiciens se concertent juste avant d’attaquer leurs compos, suivant l’ambiance qui règne dans la foule et leur inspiration. Des compos très dynamiques, funkysantes, balisées par une solide section rythmique, que chante le vocaliste dans la langue de Shakespeare. Tout au long du set, il va, en outre, distribuer gratuitement du merchandising, tout en faisant la promo de son Ep, « Polarity », un disque publié en septembre 2017. Sur les planches, il ne tient pas en place, et à l’instar d’un Ricky Wilson (Kaiser Chiefs) et n’hésite pas à fendre la foule pour grimper sur la table de mixage, le bar et même le présentoir du merchandising. Une chose est sûre, Carvel’ a pleinement assumé son rôle de chauffeur de salle…

Ce soir, The Score est soutenu par une section rythmique, basse/batterie. « In my bones » ouvre le set. Eddie s’exprime régulièrement entre les morceaux. Il confie être content d’être parmi nous. Il incite régulièrement le public à jumper, applaudir ou sortir les portables pour illuminer la salle. Il signale que le duo vit aujourd’hui à Los Angeles. Et le tout en français. Pourtant, il s’excuse de ne pas bien parler la langue de Molière. Franchement, il est vraiment modeste. Puissant et dominé par les claviers, « Run Like A Rebel » se révèle davantage électro. Le concert s’achève par le single « Unstoppable », un morceau extrait du long playing « Atlas », moment choisi par le drummer pour étaler toute sa technique et démontrer sa force de frappe.

En rappel, le band va nous réserver une excellente reprise du « Sex on Fire » de Kings Of Léon. Bref, ce soir, on a assisté à une brève (50’) mais très efficace prestation d’une formation manifestement prête à se produire dans les grandes salles et lors des festivals. Ou si vous préférez, face à une foule conséquente…

Setlist : « In My Bones », « Higher », « Born for This », « Who I Am », «Run Like A Rebel », « Bulletproof », « Strange», « Miracle », « Dreamin », « Revolution », «Rush », « Stay », « Unstoppable ».

Rappel : « Sronger », « Sex on Fire », « Legend. » 

(Organisation : Ancienne Belgique)

mercredi, 04 mars 2020 09:30

Sans sabots, mais en fanfare…

Depuis plusieurs mois déjà, la fanfare techno Meute poursuit sa campagne de séduction en tournant intensément ; des trottoirs les plus clinquants de Paris (matinale chez Radio Nova, fin d’après-midi chez Yann Barthès) aux vastes chapiteaux de Bavière. Champions du souper saucisse/compote/frites, qui alimente les fêtes de la bière, les Hambourgeois ont décidé de passer à la vitesse supérieure, en publiant un quatrième elpee intitulé « Tumult ».

Sur les planches, le collectif est une véritable machine à danser. Pas pour rien qu’il est programmé, cette année, au Rock Werchter.

Ce soir, le concert est sold out et c’est Ätna  qui assure le supporting act. Un duo teuton dont le premier elpee, « Mad Bad Desire », est paru en février dernier. Très fusionnel, il réunit le drummer Damian et la pianiste/chanteuse Inèz. Mais ce qui surprend surtout chez Ätna, c’est la voix de la vocaliste. Atmosphérique, surprenante, mystérieuse et envoûtante, elle est capable de monter dans les aigus, sans la moindre difficulté, même si pour y parvenir, un boîtier qu’on pourrait qualifier de magique lui apporte un coup de boost…

Fanfare des tempes modernes Meute n’est pas un orchestre comme les autres. Originaire de Hambourg, cette formation atypique, fondée en 2015 par le trompettiste Thomas Burhorn, a osé le pari fou de reprendre tous les classiques de la techno et de l’électro à sa sauce. De « The Man With The Red Face » (Laurent Garnier) à « You & Me » (Flume) en passant par « Araya » (Fatima Yamaha) ou encore « Miss You » (Trentemøller), leurs reprises sont nombreuses et superbes. Et elles cartonnent sur la toile. Réalisées uniquement à l’aide de percussions et de cuivres sans l’ombre d’un ordinateur, la joyeuse bande de 11 musicos prend un malin plaisir à casser les codes de la musique électronique tout en balayant les clichés sur les instruments organiques. En fait, elle pratique de la guggenmusik, un style rencontré surtout en Suisse, mais également dans les pays limitrophes, lors du carnaval….

Si le line up originel compte 11 musiciens, sur les planches, il passe à douze. Vêtus de leurs rituelles vestes rouges bardées d’une fourragère jaune d’apparat d’officier de cavalerie, ils sont manifestement tirés à quatre épingles. Parmi les instruments, pas de guitare, de basse ou de synthé, mais de nombreux cuivres (trompettes, trombones à coulisse, euphoniums, sousaphones, clarinette ainsi que saxophones basse et baryton) et plus traditionnellement des fifres et des percussions (batteries mobiles, grosses caisses, woodblock), sans oublier le ou les glockenspiels en forme de lyre…

L’estrade est immense et comme d’habitude divisée en 11 compartiments de différentes hauteurs. Le light show est destiné à accentuer l’effet de masse des artistes qui se regroupent par 5 ou 6 pour, suivant les morceaux. Tantôt c’est la trompette, le trombone à coulisse, le bugle ou le fifre qui est mis en exergue, mais il est toujours accompagné d’un ou deux éléments de percussions. Ce qui permet aux autres artistes de souffler et de se préparer pour la tempête suivante. La setlist est judicieusement partagée entre anciens morceaux et la quasi-intégralité de « Tumult ».

Le set d’ouvre par deux titres issus du dernier opus, « Unfolding et « Endling ». Pour le premier, la part belle est laissée aux caisses claires, avec cymbales, et aux joueurs de  glockenspiel, soit le droit et celui en forme de lyre. La combinaison est improbable, mais fonctionne. Le glockenspiel droit emprunte les pistes du synthé, le tuba se mue en basse pulsante et une grosse caisse simule un Roland TR-808. En général, les cuivres ont recours à des sourdines pour reproduire le son d'un filtre passe-haut. Ce n’est pas le cas ici. Le groupe tout entier s'immisce dans une pause, comme si un dj avait ajouté un effet d'écho. Le second morceau est plus calme et s’ouvre par des coups de baguettes sur le bord d’une caisse claire ; le sousaphone et le saxophone basse sont accompagnés d’un léger son de trompette à sourdine. La température grimpe graduellement et atteint rapidement une parfaite communion entre collectif et public. Les spectateurs se mettent à jumper et rapidement, dans la fosse, c’est le souk. Manifestement ce sont les deux trompettistes qui forment l’ossature du projet. Thomas en est l’instigateur, mais c’est Hans qui se charge des arrangements et semble remplir le rôle de chef d’orchestre. La révolution est en marche, le printemps revient également au galop accompagné de son prince carnaval. Meute en est la preuve flagrante mais en mode électro. Sans sabots mais en fanfare. Meute a mis le feu ce soir avec talent, humour, générosité et passion.

Setlist : « Unfolding », « Endling », « The Man With the Red Face (cover Laurent Garnier) », « Push », « Cygnus », « Purple Noise », « Holy Harbour », «What Else Is There », « Araya », « Slip », « Raw », « Rej », « Mental Help ».

Rappel 1 : « Panda », « Acamar »

Rappel 2 : « You & Me (cover Disclosure) ».

(Organisation Live Nation et Ancienne Belgique)

   

vendredi, 06 mars 2020 09:26

Trop artificiel…

Charlotte Dos Santos se qualifie elle-même de nomade brésilo-norvégienne, puisqu’elle puise ses origines au sein de ces deux patries. Un métissage qui lui a apparemment inoculé la bougeotte, puisqu’elle a préféré les Etats-Unis à l’Europe ou à l’Amérique Latine. C’est en effet à New York –au Berklee College Of Music plus précisément– qu’elle a reçu une formation de chanteuse, compositrice et arrangeuse. Il lui a suffi d’un seul album pour faire chavirer le cœur de la critique musicale internationale, un disque de soul/jazz groovy intitulé « Cléo » et paru en 2017, sur le label Fresh Selects. Et « Harvest Time », un Ep 5 titres, sort ce 13/03/2019.

Aaron Taylor assure le supporting act. Un chanteur black légèrement grisonnant et barbu (NDR : donc sympathique). Il est 19h50 et il n’y a que 5 spectateurs dans la salle. Heureusement, l’ABClub va se remplir progressivement pour être comble vers 20h15. Aaron se produit seul en s’accompagnant au synthé qui reproduit cuivres, basse et guitare. Atmosphérique, capable de monter dans les aigus ou descendre dans les graves, sa voix est superbe. Il invite le public à le suivre dans ses envolées vocales, mais l’absence de véritables musicos gâche la prestation…

Setlist : « Tack », « Jaded », « You’Re The Reason Why », « Blue », « Shooting Star», « Redbone ( Gambino) », « I Thing I Love You Again », « Lesson Learnt », « Spaceship ».

Place ensuite à Charlotte Dos Santos. Même topo, elle est seule sur les planches et s’installe derrière son  synthétiseur. Elle est vêtue d’un ensemble pantalon blanc et body en dentelle blanche à mi-épaule. Elle signale qu’il s’agit de la première fois qu’elle se produit en Belgique et semble en être ravie. Il n’y a pas de setlist, mais elle va nous réserver plusieurs morceaux issus de son dernier Ep, dont le très cool « Josef ». La tessiture de sa voix est superbe, mais un peu trop monocorde. Si bien qu’après quelques minutes, le set commence à patiner. Et au bout des 60’ de concert, c’est un sentiment de déception qui envahit votre serviteur. Je me répète, mais si l’artiste avait osé s’entourer de véritables musiciens, le résultat aurait été totalement différent. La musique, c’est le fruit d’une création, une forme d’art, et pas seulement la reproduction de sonorités par l’entremise d’une machine…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Alex Crossan s’est inspiré d’un maître forgeron de sabres japonais, Sengo Muramasa, pour créer son nom de scène, Mura Masa. Une manière de déplorer que le Brexit a déchiré son pays pour renforcer ses frontières. Une chose est sûre, il ne sabrera pas le champagne pour célébrer cet évènement désastreux pour l’Europe et le Royaume-Uni. Il figure, en tout cas, parmi ceux qui estiment que toute tentative d’isolement est vaine, mais n’hésite pas à exprimer l’insatisfaction de la population de ce millénaire…

C’est cette musique de rébellion, hébergée sur des forums et des plateformes, qui a nourri son appétit au cours de sa jeunesse. Agé aujourd’hui de 23 ans, Il est devenu un producteur très prisé depuis qu’il a percé grâce au tube « Love$ick », enregistré en compagnie d’A$AP Rocky. En outre, il a levé bien des barrages pour que son electronic dance music (EDM) entre en symbiose avec la ‘Youth culture’ ; depuis la pop sophistiquée de Charli XCX à BTS, stars de la K-pop. Pour enregistrer son quatrième elpee, « R.Y.C. », il a reçu le concours de toute une volée de rappeurs et de chanteuses ; et pourtant, cet opus évoque surtout les hymnes à guitares qui ont bercé son adolescence à Guernesey

Il a baptisé sa nouvelle tournée, ‘Raw Youth Collage tour ‘, un périple qui transitait, ce 28 février, par l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Initialement prévu au Lotto Arena d’Anvers, ce concert a été transféré à l’Ancienne Belgique. Et il est sold out.

Le supporting act est assuré par la très jolie Martha Da’Ro que l’on avait déjà pu croiser au concert de Mahalia au Botanique. Mieux connue dans l’univers du cinéma, elle a débarqué, un peu par hasard, dans la musique. La jeune Belge aux racines angolaises vient de graver « Cheap Wine & Paris », un Ep 5 titres qui affole la toile.

Tout de noir vêtue, Martha monte sur l’estrade flanquée d’une Djette, comme au Botanique. Si sa musique oscille entre hip hop et soul, tour à tour chaude, enfantine comme celle de Yolandi Visser du band sud-africain Die Antwoord, ou sableuse mais bien maîtrisée, sa voix est plutôt singulière. De son set, on épinglera « Ayuwe » et surtout en final, l’excellent « Fool ». Dommage ces bavardages dans la fosse qui parasitent souvent la prestation des premières parties…

Setlist : « Summer Blues », « Trippin », « Sugarman », « Ayuwe », « STFU », « Fool ».  

Le décor est cosy et recrée un petit salon sur des toiles tendues. De chaque côté du podium, sont plantés un fauteuil en cuir et un lampadaire vintage, de couleur blanche. La même teinte immaculée que le costard de Mura Masa qui entre alors en scène. Il est soutenu par un bassiste, une guitariste et un drummer, installé en arrière-plan, ainsi que deux chanteuses, plutôt sexy, qui se relaient suivant les morceaux.

« Raw youth collage », titre maître du nouvel LP, ouvre le set. Les interventions à la guitare sont frémissantes. La voix de Mura Musa semble décalée, mais elle assure. Tout au long de « I Don't Think I Can Do This Again », trois faisceaux blancs se focalisent sur chaque gratteur. Alex se révèle un brillant multi-instrumentiste, que ce soit aux claviers, aux percus ou à la six cordes. Noyé sous les feux des projecteurs, il s’accroupit, comme s’il était autour d’un feu de camp scout. La setlist reprend la quasi-totalité des titres du dernier long playing, mais également l’une ou l’autre compo plus ancienne, comme « Nuggets » et « 1 Night ». Des tubes qui mettent le feu aux premiers rangs, constitués essentiellement d’ados boutonneuses, même si les versions proposées sont moins dansantes. Mais ce sont « No Hope Generation » et ses accords de gratte punkysants, « Lotus eater », ainsi que la cover de Foals, « Night swimmer », qui vont constituer les points d’orgue du show. Non seulement Flisss, la vocaliste, a le bon goût d’interactiver auprès de la foule, et notamment tout au long de « Deal Wiv It », mais elle affiche ses étonnantes capacités vocales sur « Teenage Headache Dreams ». Trois titres en rappel, dont l’inévitable « Love$ick ». Finalement, ce soir, l’AB ressemblait plutôt à un vieux club underground londonien…

Setlist : « Raw Youth Collage », « I Don't Think I Can Do This Again », « Nuggets », «1 Night », « Complicated », «No Hope Generation », « Vicarious Living Anthem », «  Doorman (cover Slowthai) », «Deal Wiv It », «In My Mind », « Lotus Eater », «Hell », « Night Swimmers » (cover Foals), « Today », « Live Like We're Dancing », « What If I Go? », « Teenage Headache Dreams ».

Rappel : « Blu », « Love$ick », « Firefly ».

(Organisation : Live Nation et l’Ancienne Belgique)

mardi, 25 février 2020 09:34

En route vers la gloire ?

Trois mois plus tôt, Sam Fender avait réussi à mettre la salle de la Madeleine dans sa poche. Ce soir, il se produit à l’Ancienne Belgique, dans le cadre de l’opération Liveurope, la première initiative pan-européenne destinée à soutenir les salles de concerts en matière de promotion d’artistes émergents. Et le concert est sold out. Le premier elpee de cet auteur-compositeur-interprète et musicien britannique, « Hypersonic Missiles », est sorti en septembre de l’année dernière. Et c’est un signe qui ne trompe pas, il ouvert les shows de Bob Dylan et Neil Young, récemment, à Hyde Park…

Pour la tournée européenne, The Pale White assure le supporting act, un power trio basse/guitare/batterie, originaire de Newcastle. Vous avez plus que probablement déjà entendu « That Dress », un titre qui cartonne sur la toile. Mais le tour de force de ce groupe, c’est d’avoir gravé un premier Ep 4 titres, intitulé « The Pale White », sans inclure cette bombe sonore, rappelant parfois Royal Blood voire Wolfmother.

Le trio implique les frères Hope, Adam et Jack, respectivement chanteur/guitariste et drummer. Le line up est complété par le bassiste Tom Booth. Le set s’ouvre par « That Dress ». Les interventions à la gratte sont nerveuses et redoutables. La section rythmique est efficace. Speedé et légèrement r&b, « Wisdom Tooth » permet au drumming de prendre son envol. Malheureusement, la foule, bien qu’attentive, est apathique. Le préposé aux fûts en est conscient et lui demande de réagir et au moins de frapper dans les mains. Il faudra cependant attendre le nouveau single « Polaroid », pour que l’ambiance commence réellement à décoller. Faut dire que ce morceau a le potentiel pour mettre le souk. The Pale White nous a rappelé que le rock’n’roll a encore de beaux restes…

Setlist : « That Dress » « Wisdom Tooth » « Unnatural » « Polaroid » « Take Your Time » « Swim for Your Life » « Medicine »

Place ensuite à Sam Fender. Agé de 25 printemps, ce beau gosse a tout pour plaire. Souriant, il débarque sur le podium en compagnie d’un backing group réunissant un second gratteur, un bassiste ainsi qu’un claviériste/guitariste et un drummer, perchés chacun sur une estrade. Et puis, il y a surtout sa voix d’ange, sa dextérité sur ses cordes et son charisme. Sans oublier ses textes sociopolitiquement engagés. « Play God » en est certainement la plus belle illustration. Mais si sa voix est superbe, lorsqu’il s’exprime entre les morceaux, on ne comprend pas grand-chose. Il a un accent à couper au couteau. Pire que celui de Sharleen Spiteri, la vocaliste de Texas ! Finalement, une intonation qui prête même à sourire et même à rire…  Depuis le single « Hypersonic Missiles », plage éponyme de son elpee, à « Leave Fast », « Dead Boys » et « That Sound », les morceaux du premier album défilent. Ils seront d’ailleurs pratiquement tous interprétés. Ponctuellement, un saxophoniste apporte son concours. A l’instar de « Hold out », au cours duquel ses interventions communiquent un sentiment de mélancolie à la compo. Le tube « Will We Talk ? » fait grimper la température dans la fosse. Et le concours de trois guitares, à ce moment-là, y est certainement pour quelque chose. A moins que ce ne soit le light show qui inonde alors l’auditoire de ses faisceaux. A cet instant, on se croirait lors d’un show de White Lies. Issu de l’Ep « Dead Boy », « Spice » est plutôt dansant. Particulièrement mélodieuses, les intros des compos évoquent l’univers indie rock de Fender, alors que les accords rythmiques de la ‘sixcordes’ semblent parfois hantés par The Edge de U2.

Lors du rappel, Sam va démontrer qu’il ne possède pas seulement un organe vocal puissant, mais qu’il est capable d’inflexions délicates, notamment sur les titres les plus paisibles, qu’il dispense en acoustique et en solo. Et au cours de cet encore, il va nous réserver une version très personnelle du « Dancing in the Dark » de Bruce Springsteen. Après un tel concert, nul doute que Fender ne se produira plus longtemps au sein de petites salles…(voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « Will We Talk? » « Millennial », « Greasy Spoon », «Hold Out », « All Is on My Side », «The Borders », « Dead Boys », «Spice », « Play God », « Hypersonic Missiles ».

Rappel : « White Privilege », « Poundshop Kardashians », « Saturday », « That Sound », « Dancing in the Dark» (cover Bruce Springsteen).

(Organisation Live Nation et Ancienne Belgique)

mercredi, 12 février 2020 09:12

Un set de bonne facture, mais un peu court…

Plutôt que de devenir une star du football féminin, Georgia Barnes a décidé de se lancer dans la musique, mais elle n’a conservé que son prénom comme patronyme. La chanteuse britannique a ouvert en ‘one woman show’, le festival de Werchter, l’année dernière. Soit sa voix, une batterie électronique, 4 cymbales Zildjian, un synthétiseur et des sequencers. Ce soir, à l’ABClub, elle est venue présenter son nouvel album, « Seeking Thrills ».

Bryan Mugande, aka Bryn, assure le supporting act. Ce dernier a fui le Rwanda il y a sept ans. Il a vécu quelques années en compagnie de ses parents et son frère au Centre de demandeurs d'asile à Vielsalm. La musique lui a servi d’exutoire et a marqué la véritable empreinte de son identité. Il a éprouvé les pires difficultés pour obtenir ses papiers, malgré le soutien de la population locale. Il n’a finalement été régularisé qu’à l’issue de longues démarches qui pourtant, au départ, semblées vouées à l’échec….

Le jeune artiste a tout pour plaire : une voix soul de tueur et un profil de beau gosse séducteur. C’est la première fois qu’il foule les planches à l’Ancienne Belgique. Il connait la salle pour y avoir vu ses idoles. S’il a le trac, il le cache bien et semble plutôt cool. Après être monté sur l’estrade, il observe l’auditoire, en attendant que l’ordinateur de son assistant se mette en route. Il se déplace, en chantant de jolies mélodies (NDR : en anglais, sauf « Du bruit », qu’il interprète dans la langue de Molière), sur toute la longueur du podium… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Teenage Dream », « Du Bruit », « Ego », « Pretties Boy », « Love That I Want Your », « City Kids», « A Degree », « Other Boys ». 

Georgia se produit seule sur les planches. Un hexagone lumineux, formé d’un fin néon rouge trône en arrière-plan. Elle est convaincante aux pads électroniques et surtout sur ses cymbales qu’elle frappe avec une dextérité impressionnante. Des percus qui se révèlent particulièrement généreuses tout au long de « 24 hours ».

Elle vient naturellement au contact de la foule tout en l’incitant à jumper et à danser. Il ne faut que quelques minutes pour que les premiers rangs réagissent ; et au fil du show, l’ambiance va devenir de plus en plus fiévreuse…

Percutants et contaminés par le drum&bass, « Ray Guns » et « Feel It » sont cependant dominés par les claviers. « Never Let You Go » est taillé pour le dancefloor. D’ailleurs ses compos s’avèrent bien plus nerveuses en live que sur disque.

Tout au long de « The Thrill », on ressent les influences techno puisées au sein de la scène berlinoise. Elle clôt son set par une version puissante mais étirée de « Started Out ».

Lors du rappel, elle va notamment nous livrer une adaptation dansante du « Running Up That Hill (A Deal With God) » de Kate Bush

Georgia ne compte que deux albums à son actif ; ce qui explique peut-être pourquoi son concert n’a duré que 50 minutes. Bref, un set de bonne facture, mais un peu court. Cependant, si vous êtes fan de la Danoise Lydmor ou de la Suédoise Robyn, vous devriez également apprécier la musique de cette jolie trentenaire à la crinière de lionne…. (voir aussi notre section photos )

Setlist : « Intro », « 24 Hours », « Ray Guns », « Never Let You Go », « Feel It », « Nothing Solution », « Honey Drip », « The Thrill », « About To Work the Dancefloor », « Started Out ».

Rappel : « Ultimate Sailor », « R.U.T.H. » (« Running Up That Hill (A Deal with God) »)

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Europe)

samedi, 08 février 2020 10:16

Liam le conquérant…

La commune de Forest a donc décidé d’instaurer une zone de parking payant, 1 km autour de la salle, au tarif de 5€ l’heure. Prohibitif ! Conclusion, votre serviteur a décidé de garer sa voiture à Uccle et d’emprunter le tram. Temps de parcours : 5 minutes ! Liam Gallagher se produit donc à Forest National. Il y a deux jours, il avait déclaré forfait à Hambourg, suite à des problèmes de voix. Mais hier, à Amsterdam, il a accordé un concert d’anthologie au Ziggo Dome. Toutes les conditions sont donc réunies pour que le bad boy remette le couvert, ce samedi 8 février…

Twisted Wheel assure la première partie. Il a été formé en février 2007 par deux ex-The Childrens, le chanteur/guitariste Johnny Brown et le bassiste Rick Lees. Ils ont ensuite été rejoints par le batteur Adam Clarke. Le groupe a emprunté, pour patronyme, le nom du club légendaire qui, de 1963 à 1972, a été l'épicentre de la scène mod mancunienne avant de devenir le lieu de naissance de la scène Northern Soul. Paul Weller et Liam Gallagher en sont devenus fans, raison pour laquelle ce dernier l’a choisi pour assurer le supporting act de sa tournée.

Votre serviteur débarque au beau milieu du set. Sur les planches, le trio est soutenu par un deuxième gratteur. Inspirée par Oasis, la musique trempe dans la britpop, mais en y injectant le punch de Franz Ferdinand. Le set recèle de bonnes compos, parfois chantées par le public, mais le groupe manque, malgré 13 années d’existence, encore d’identité. Une dernière condition, sans doute, pour pouvoir bientôt prétendre à un statut de stadium band… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Nomad Hat », « She's a Weapon », « Black and Blue », « DNA », « You Stole the Sun », « We Are Us ».

La dernière fois que Liam Gallagher s’est produit en Belgique, c’était à l’AB, dans une salle archicomble. Et ce soir, FN l’est également. 

Barbu, vêtu d’un imper de couleur jaune, Liam et sa troupe grimpent sur l’estrade à 21 heures. Il est soutenu par 9 musicos ; en l’occurrence un trio de jolies choristes, 3 guitaristes dont Bonehead, un drummer, un bassiste et un claviériste (synthés, hammond et orgue). Il ne manquait d’ailleurs plus que les cuivres pour donner une coloration néo-orléanaise à l’équipe.

Grâce à un gigantesque mur de leds derrière lui, Liam affiche immédiatement son rôle : celui d’une véritable ‘Rock‘ N ’Roll Star’. Il est, en outre, indiqué derrière le piano, planté sur une estrade, à gauche du drummer, ‘Rock’n’roll’. C’est d’ailleurs par la piste d’ouverture de « Definitely Maybe » qu’il ouvre le set. Après cette reprise d’Oasis, la formation enchaîne 5 plages issues de son dernier elpee solo, « Why Me ? Why Not », dont "Shockwave" et "Once", repris en chœur par la foule. Hymnique, ce dernier aurait d’ailleurs pu figurer au répertoire du défunt combo. Liam se sert régulièrement de cymbalettes ou de maracas. Un grand écran projette des images des musiciens ou de l’auditoire ; mais c’est "Morning Glory" qui va enflammer la foule. En outre, malgré le contrôle strict de la pyrotechnique, un feu de Bengale éclate. On imagine alors facilement assister à un match de foot à Manchester, alors que les chants des supporters montent dans les tribunes et que et la bière coule à flots dans les gosiers, quand elle n’est pas projetée dans les airs…

Les meilleurs titres d’Oasis ont été retenus. Bonne idée d’avoir laissé de côté les morceaux les plus ringards et d’avoir osé en sélectionner des moins notoires. A l’instar de « Columbia ».

Son fils a été invité à jouer du tambour sur "The River". Bonhead s’est particulièrement illustré, par son jeu raffiné et tendu sur les cordes, tout au long de « Supersonic ».

‘Y a-t-il des Britanniques ici ?’ balance Liam. Mais les applaudissements ont été plus nourris lorsqu'il a demandé s'il y avait des Belges. ‘Je suppose que nous sommes toujours en Europe alors’, s’est-il alors empressé d’ajouter. Une remarque à l’égard du brexit ? « Acquiesce » s’est transformé en exercice de karaoké. Liam ne peut clairement pas gérer les notes élevées de Noel, aussi le public l’a suppléé. Mais à une seule reprise, Liam évitant soigneusement de s’y frotter aventureusement. Bien sûr, il n’a pas manqué de ressortir sa critique à l’égard de son frère et de Bono : des branleurs ‘Fokkin’. Typiquement Liam ! C’est peut-être aussi la raison pour laquelle il est si apprécié (?!?!)…

On imaginait que le show allait s’achever en douceur, suite à la version dépouillée de « Champagne Supernova », lors du rappel. Mais il s’est conclu en apothéose par un « Cigarettes et alcool » rugissant et explosif, titre au cours duquel on a de nouveau eu droit à un solo de gratte éclatant de Bonehead. Chapeau au groupe pour la précision et sa fluidité de ses interventions. Il fallait le souligner ! Puis Liam a vidé les lieux en remettant sa capuche sur la tête.

De toute évidence, les propres chansons de Liam s'intègrent parfaitement au répertoire d’Oasis, même si ce sont ces dernières qui ont mis le feu à la salle. Ce qui explique, sans doute pourquoi, il gagne certainement en popularité par rapport à son frère.

Une réunion est-elle envisageable ? Tous les aficionados l’espèrent. En attendant, Liam Gallagher se produira dans le cadre de l’édition 2020 du festival Rock Werchter (voir notre section photos )

Setlist : « Rock ‘n Roll Star » (Oasis), « Halo », « Shockwave », « Wall of Glass », « ComeBack To Me », « For What It’s Worth », « Morning Glory (Oasis), « Columbia (Oasis) », « Stand By Me » (Oasis), « Once », «  Why Me? Why Not », « The River», « Gas Panic! » (Oasis), « Live Forever » (Oasis), « Acquiesce » (Oasis), « Roll with It » (Oasis), « Supersonic » (Oasis), « Champagne Supernova » (Oasis), « Cigarettes & Alcohol » (Oasis)

(Organisation : Live Nation)

mardi, 04 février 2020 09:58

Un festin gascon

Ce n’est pas la première fois que The Inspector Cluzo se produit en Belgique. Mais, ce mardi 4 février, c’est dans le cadre d’une tournée unplugged. La première en douze années de carrière ! Et justement, la paire est venue défendre son septième elpee, « Brothers In Ideals - We The People Of The Soil - Unplugged », un LP enregistré sous la houlette de Vance Powell (Stapleton, Raconteurs), à Nashville, en mai 2019. En fait, il s’agit d’une version acoustique de son précédent opus, « We The People Of The Soil ».  

Ce soir, Malcom (Laurent) Lacrouts et Phil Jourdain sont soutenus par trois musiciens issus de Nashville. Au piano, violon et violoncelle. Soit le claviériste Charles Treadway, et deux jolies dames, la violoniste Eleonore Denig et la violoncelliste Austin Hoke (NDR : comme on colle aux affiches !). La beauté au service de la musique et de ses cordes envoûtantes…

The Inspector Cluzo compte plus d’une centaine de concerts à son actif et a l’art de faire bouger les foules… Bien sûr, vu les circonstances, le concert sera moins nerveux que d’habitude et ne sera pas ponctué par un lancer de cymbales. Il sera donc plus paisible…

« A Man Outstanding In His Field » ouvre le bal. Charles se charge du préambule aux ivoires, dans un style bien jazzyfiant. Puis nos deux gentlemen farmers grimpent sur le podium. Suivant un même rituel, ils se tournent de gauche à droite en levant les mains, pour exécuter leur salut gascon. Michel Laborde a même droit à sa chanson. Aussi à l’aise sur le tracteur Massey Ferguson de 1963, bottes aux pieds, que le long de la Route 66 dans une grosse limousine américaine, santiags aux pieds, ils sont prêts à en découdre avec le blues et l’americana à la mode Johnny Cash, tout en se prêtant au jeu du funk. Lacrouts a une voix de tueur tout au long de "The Sand Preacher," un morceau dont le côté glacial et étrange est accentué par les interventions du violon et surtout du violoncelle, tout particulièrement lors de l’intro. Plutôt graveleuse, la voix de Lacrouts, proche de celle du mythique songwriter, élime plusieurs morceaux. Le light show est limité à de simples ampoules économiques. Jimi Hendrix signalait : ‘Le blues, si facile à jouer, si difficile à ressentir…’ Sorciers d’un blues déchiqueté, The Inspector Cluzo déclenche l’orage sur leur Far West à eux : le Sud-Ouest, les Landes, la ferme Lou Casse où, quand les hommes partent sur les routes, c’est pour attendre patiemment boucs, canards, oies et jars féroces. Mais l’appel des States et du large est plus important aujourd’hui. D’ailleurs, "Globalisation Blues" évoque un vieil enregistrement réalisé dans un bar au fin fond des States. En outre, on aura ainsi droit à quelques réminiscences empruntées à la musique des westerns spaghettis de Sergio Leone, un peu dans l’esprit de la Talisco. Sans oublier l’excellente cover du « Hey Hey My My » de Neil Young. A vous flanquer des frissons partout ! Pas d’excitation dans la fosse, le peuple est attentif. Cet exercice de style a quelque chose d’émouvant. La foule en réclame encore, et le rappel sera long. Très long même, débordant largement sur l’horaire prévu. Mais pour le plus grand bonheur de l’auditoire qui s’en est retourné rassasié, après un tel festin gascon….

Setlist : « A Man Outstanding In His Field », « The Sand Preacher », « Cultural Misunderstanding », « Ideologies », « The Run », « Lost In Traditions », « Fishermen », « Globalisation Blues », « The Best,We The People Of The Soil », « Hey Hey My My » (cover Neil Young), « Brothers In Ideals », « No Deal At The Crossroads », « Little Girls ».

(Organisation : Botanique)

vendredi, 31 janvier 2020 09:29

Gogolfeest 2020 : vendredi 31 janvier

Le Gogolfeest est un festival organisé par Gogolplex, une structure qui compte 10 années d’existence. Elle propose de venir fêter cet événement, en famille, au Recyclart (rue de Manchester à Molenbeek), car le VK est en réfection pour 24 mois. Tous les bénéfices seront reversés à la fondation Gogolplex Vidéo qui contrôle le financement du développement artistico-culturel bruxellois dans la capitale européenne. Pour cette année, le festival est partagé entre concerts et Dj sets, mais, festivités oblige, la consommation de boissons et saucisses est également au menu gastronomique. Sans quoi, à l’affiche musicale figure Stikstof, Juicy, Témé Tam, Les Pandores et parmi les Djs, Vega, YZ, Franco Néro, New Smile, Deer Pony et Alvarez. Mais votre serviteur s’est avant tout déplacé pour Juicy et Témé Tam.

Témé Tan entame les hostilités à 20 heures. C’est le projet de Tanguy Haesevoets. Né quelque part entre Kinshasa et Bruxelles, il a été bercé par les rythmes africains, au cours de sa jeunesse. On l’avait découvert en première partie du duo cubain Ibéyi, à l’Ancienne Belgique. Une prestation décevante, il faut le reconnaitre. En fait, il était venu seul avec ses machines. Ce soir, il est soutenu par trois musicos. En l’occurrence Maï Ogawa aux synthés (Alec et les Japonaises), Mathieu Vandermolen à la basse et la guitare ainsi que Gérard Dubru aux percussions. Les vêtements de ces derniers sont de couleur rouge, alors que Tanguy a opté pour le brun et le gris ; mais ce sont ses chaussures qui focalisent les regards. A leur disposition, il y a pas mal de percus africaines, mais également un ukulélé, une mini-guitare électrique et une semi-acoustique.

La formation est installée en carré au milieu de la fosse, jute devant la table de mixage. Elle rôde ce set acoustique depuis deux bons mois. Il s’agit d’ailleurs de la quatrième prestation sous cette configuration. Tanguy chante sans micro, et se sert d’une gratte, d’un ukulélé, de percus et d’un mpd. L’instrumentation ondule en sourdine, lorsqu’il pose sa voix sur ses chansons. Le set s’ouvre par une nouvelle composition. Précieuse, indolente et atmosphérique. Moment au cours duquel on entendrait presque une mouche voler. Outre 5 titres inédits, il va interpréter, sous une forme plus lente et unplugged, ses tubes « Se Zwa Zo », « Améthys », « Ça va pas la tête ? » et « Matiti », un morceau qui clôt un set captivant, au cours duquel il a permis à notre esprit de voyager entre le Congo et le Brésil, en passant par les Antilles, à travers sa tropical pop, qui plonge ses racines dans la world music et le groove africain, et qu’il épice de nu-soul, de funk, de hip hop, de zouk et de rumba…

Place ensuite à Juicy. Sasha Vovk et Julie Rens forment ce duo explosif, déjanté et un peu féministe. Un premier opus est en préparation et de larges extraits devraient être révélés le 28 avril prochain, dans le cadre des Nuits Botanique…  On annonce même 23 musicos sur les planches, pour cette soirée !

Dans une mise en scène sauvage et désinvolte, les filles font leur entrée, vêtues de pantalons blancs à franches, bodys noir sexy et vaporeux. La salle est bien remplie. La foule se laisse rapidement entraîner par les rythmes hip-hop ainsi que les voix soul/r&b des deux chanteuses. Mais également leur enthousiasme, leur humour au second degré ainsi que leur gestuelle. Les filles vont nous réserver leurs inévitables déhanchements sensuels, les exercices de gymnastique avec le balancement de la jambe d’avant en arrière, la petite pique adressée à Théo Franken, un light show dominé par le rouge et le blanc, assumer une rituelle panne de matos (pied de percu électronique de Julie qui rend l’âme), afficher leur capacité à interchanger leurs instruments, et achever leur prestation par l’excellent « Count Our Fingers Twice ».

Riches, leurs compositions puisent leurs sources dans le jazz. Si la progression des morceaux surprend et déstabilise parfois, on se laisse vite emporter par les voix envoûtantes de Julie et Sasha. Seules sur scène, elles sont à l’aise sur chacun de leurs instruments, que ce soit la guitare, le piano, le synthé, ou la batterie électro… Elles s'en amusent en échangeant leurs rôles au beau milieu des titres. En totale osmose, on assiste à un spectacle coloré et à une expérience musicale de qualité. Le public est conquis comme à chaque concert des filles. On a même droit à une nouvelle compo puissante et envoûtante, « I’m The One ». Ravi votre serviteur vide les lieux avec son fils et son pote, devenus depuis, également aficionados, et prennent alors le chemin du retour, des étoiles pleins les mirettes. Vivement les Nuits Botanique!

 Setlist : « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Not A Hard Nut To Crack », « What You Can’t Confess », «I Wanna, Yes, I Wanna », « Mama Told Me », « See Me Now », « I’m The One », « Count Our Fingers Twice ».

Juicy + Témé Tan

(Organisation : VK et Gogolflex)

The Colorist Orchestra feat. Gabriel Rios

The Colorist Orchestra est un collectif dont la mission principale consiste à adapter le répertoire d'un artiste bien spécifique. A l’instar d’un coloriste pour un film ou une bande dessinée. Ce qui crée de nouveaux arrangements aux compositions existantes, dont le remix acoustique ou le karaoké inversé. Au cours des dernières années, la Brésilienne Cibelle, la Suédo-japonaise Sumie Nagano, l’Islandaise Emiliana Torrini (CCHA, 2015), l'Irlandaise Lisa Hannigan ou encore l'Américain Howe Gelb, lors de concerts inspirants et étonnants accordés sur de nombreuses scènes belges et internationales, ont participé à ces expérimentations. De projets initiés par les percussionnistes Kobe Proesmans et Aarich Jespers (NDR : les 2 chevilles ouvrières de Zita Swoon) mêlant des artistes pour lesquels ils ressentent une grande affinité. En concertation avec l'invité (NDR : ce soir, il s’agira de Gabriel Rios), ils se servent d'une gamme atypique d'instruments pour apporter de nouvelles nuances sonores aux compos… Il s’agit du deuxième concert réunissant le groupe et Rios ; le premier ayant été accordé à Malines…   

Keto assure le supporting act. De son véritable nom Leah Sanderson, cette jeune Britannique est responsable d’une musique folk plutôt classique, qu’elle interprète en s’accompagnant à la gratte électrique ou semi-acoustique, jouée en picking. Atmosphérique, sa voix constitue un tremplin pour l’élévation de l’âme, un peu dans l’esprit de Low, Aldous Harding, Julia Jacklin ou Simone Felice. Et empreint de mélancolie, son univers sonore est de toute beauté. Bref, si le set de Keto –d’une durée de 30 minutes– n’était pas de nature à dynamiter la soirée, il était propice aux rêves les plus étoilés… 

Place ensuite à The Colorist Orchestra et son projet le plus récent, opéré en compagnie du très distingué Gabriel Rios. Son pouvoir narratif comme auteur-compositeur et sa recherche constante de défis musicaux l’entraîne régulièrement entre Porto Rico, Gand, New York et Amsterdam, et finalement constitue le point de départ de cette collaboration aventureuse. Talentueux, Rios se sent aussi à l'aise dans l'électro/pop que dans les chansons dépouillées, sobrement accompagnées au piano, à la guitare, au violoncelle et/ou à la contrebasse.

Outre les multi-instrumentistes Kobe Proesmans et Aarich Jespers, qui se servent de percussions insolites, le line up implique Wim De Busser (piano, synthé, Hammond), Tim Vandenbergh (guitare, contrebasse), la leader d’Amatorski, Inne Eysermans (synthés, machines et programmations), ainsi que Jeroen Baert et Karel Coninx (violons). Gabriel, Aarich et Be Busser se plantent en ligne, devant les autres musicos. Le light show dirige ses faisceaux depuis le fond de la scène, communiquant un climat mystérieux, voire mystique, au spectacle. Bien équilibrée, la setlist mêle judicieusement ancien et nouveau répertoire.

L’adaptation de « Gold » est une véritable perle. Mais une perle à vous glacer le sang, voire à vous flanquer des frissons partout. La concentration est maximale au sein de la foule et le public féminin est prêt à craquer. Dans la fosse, on entendrait même une mouche voler. Quand Rios se limite au chant, sa gestuelle à la Joe Cocker impressionne. Et ses déhanchements autour du pied de micro sont proches de l’envoûtement. Il s’absente pendant de « Swing Low » et « Dreamlands », deux morceaux qui pourraient servir de B.O. à un film. Plus ancienne compo, « Angelhead » est probablement la version la plus proche de l’originale. Percus, clochettes et basse ronflante alimentent régulièrement l’expression sonore. Mais on sent bien que Proesmans et Rios jouent régulièrement ensemble. Caractérisé par son groove infectieux, le particulièrement ludique « Skip The Intro » déride l’auditoire. Rios brille tant au chant (NDR : il possède vraiment une voix unique) qu’à la gratte semi-acoustique. Et en rappel, Rios interprète deux titres en espagnol. Un idiome qui colle parfaitement à ses compos. On aimerait d’ailleurs que le Portoricain chante plus souvent dans sa langue natale… Le meilleur concert auquel votre serviteur ait assisté depuis le début de cette année…  

Setlist : « Madstone », « King », « Burning Son », « Apprentice, « Good World », « Angelhead », « Gold », « Skip the Intro », « Let the Gods Grow Jealous », « Straight Song », « Impediment », « Swing Low ».

Rappel : « Dreamlands », « Ausencia », « El Raton ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

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