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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 30 janvier 2007 04:00

Singles

Cette compile réunit des singles mis en ligne par le groupe sur des plates-formes légales de vente. 15 morceaux parmi lesquels figurent deux covers. Tout d’abord « People in me », un des deux hits de Music Machine, formation californienne météorique, dont la notoriété n’a jamais dépassé l’année 1967. Et puis le « Get on your knees » de Los Canarios, un combo issu des Canaries qui a sévi entre 1967 et 1974. Ce quatuor espagnol pratique une musique garage largement contaminée par le funk. Pour vous donnez une petite idée, imaginez un Lenny Kravitz qui aurait décidé d’en revenir à des influences plus respectables : c'est-à-dire Jimi Hendrix, Sly & The Family Stone et le MC5. Pas pour rien que les quatre musiciens ont décidé de choisir pour pseudo nom de famille, celui du manager de la formation mythique de Detroit : Sinclair. Pour l’une ou l’autre compo, JC., R.R., R.J. et S.F. ont quand même reçu le concours d’un drummer/percussionniste et surtout d’un saxophoniste/trompettiste, histoire de donner une coloration latino-jazzyfiante à leur expression sonore (« When the shadows cross the river »). Deux plages (« Old man » et « Another day ») empruntent curieusement le sens mélodique complexe de Make Up, alors que « Your best friend is dead » trahit des réminiscences hardcore. Plus étonnant, « Summer days » s’abandonne dans une sorte de bossa nova lounge. T.S.D. s’autorise même une version acoustique de ce fameux « Old man ». Quant à la voix de J.C., son amplitude lui permet d’emprunter une multitude d’inflexions. Elles oscillent ainsi de Hugh Cornwell à Bryan Ferry, mais sans jamais en égaler le timbre. Mais ce type de vocaux correspond parfaitement à la musique de cette formation ; les chœurs falsetto des trois autres musiciens apportant un petit côté kitsch aux mélodies…

 

 



mardi, 09 janvier 2007 04:00

Costello Music

Ce trio pourrait bien devenir la nouvelle coqueluche des Britanniques. Et pourtant, ils ne sont pas londoniens, mais issus de Glasgow. Bénéficiant de la production de Tony Hoffer (Beck), « Costello Music » constitue leur tout premier album. Un disque, ma foi, fort réussi, très soigné, même s’il réverbère des échos de Libertines, Babyshambles, Dirty Pretty Things ou encore des Arctic Monkeys. Le chanteur, Jon, possède d’ailleurs un débit verbal proche d’Alex Turner ; quoique les intonations savoureusement éraillées de son timbre, me fassent davantage penser à John Lennon. A moins que ce ne soit à Ray Davies (« Vince the loveable stoner » et « Ole black’n’blue eyes » auraient pu figurer dans le répertoire des Kinks). Un groupe bien dans l’air du temps, donc. Encore que l’expression sonore est davantage ‘glam’. Un peu comme lors des débuts de Supergrass. Le spectre de Marc Bolan y est également très présent tout comme l’esprit de Bowie circa 1972. Ajoutez-y une pincée de Clash (les riffs de guitare tranchants, les compos hymniques), des mélodies contagieuses, beatlenesques, et vous obtenez une description plus ou moins exacte de la musique pratiquée par ces faux frères. Tiens, des faux frères ! Comme chez les Ramones, un groupe auquel les Fratellis vouent une grande admiration…

Et pour les textes, suffit de jeter un coup d’œil sur la pochette pour se rendre compte de l’univers ‘cartoonesque’ au sein duquel ils baignent. En bref, la plupart des chansons racontent les épisodes rocambolesques de la vie d’un type (Jon ?) qui drague les filles (surtout les plus inabordables !), les attire dans sa chambre (pas pour leur conter fleurette), reçoit et distribue des gnons à ses rivaux, boit, fume et rencontre des gens aussi fêlés que lui. Des histoires de bad boys, si vous préférez. Bref, si cet opus n’est pas révolutionnaire, il a au moins le mérite de vous mettre de bonne humeur. Et ce n’est déjà pas si mal !

 

 

mardi, 16 janvier 2007 04:00

Through the windowpane

En écoutant pour la première fois cet album, j’ai fait la moue. J’ai même failli remettre le disque dans son boîtier, après trois titres. Et pourtant, y figurent les deux singles « Made-up Lovesong #43 » et « Trains to Brasil ». Même que la presse spécialisée ( ?!?!?) s’était montrée dithyrambique lors de la sortie de ces disques. Pourtant, je me suis forcé à me farcir les presque soixante minutes de ce « Through the Windowpane », histoire de comprendre pourquoi ces Guillemots suscitaient un tel engouement. Onze plages plus soporifiques les unes que les autres et puis soudain, un « São Paulo », d’une durée de 11’41, absolument déconcertant. Digne du meilleur Divine Comedy. Une synthèse de leur potentiel, si vous préférez. Un potentiel que j’ai découvert lors de la prestation de ces drôles d’oiseaux (NDR : un guillemot est oiseau palmipède au bec long et pointu ressemblant au pingouin) accordée dans le cadre des Inrocks, à Lille. Très en relief, énergique, riche et diversifié, leur set a été pour ma part, la révélation de ce festival. Après cette claque, je me suis décidé à réécouter cet opus. Et il m’a fait le même effet. Je le répète, ils ont le droit d’aller casser la gueule au producteur ou au mixeur ou à celui qui a passé leur musique au chinois. Je veux bien que l’on parle d’influences puisées chez Burt Bacharach, Prefab Sprout et même Supertramp. Que leur style se repaît aussi bien de pop, de jazz, de lounge, de soul et de music-hall (NDR : qui a dit variétés ?). Que le chanteur, Fyfe Dangerfield, possède une superbe voix qui ne déparerait dans le cadre du concours Eurovision. Que la bassiste est très jolie, hyper sexy. Mais ce disque bande mou. Et c’est un affront vis-à-vis d’Aristazabal Hawkes ! Alors soit le groupe opte pour la molle bande ( ?!?!?) FM, soit il montre ce qu’il a dans le (bas) ventre. Mais qu’on ne vienne plus me raconter des salades. Surtout si elles sont montées…

 

 

 



mardi, 09 janvier 2007 04:00

Devoted to pleasure

En 2004, j’avais déjà mis en exergue le potentiel de ce quatuor rennais ; et en particulier lors de la sortie de son premier album (« Specially for you ») ; une formation au sein de laquelle on retrouvait deux ex Candie Prunes : Gilles Morrillon et surtout Laureline Prod’homme. Cette dernière avait ainsi tenu la basse au sein de Giant Sand, à l’occasion d’une tournée accomplie par la bande à Howe Gelb, en France. Bref, depuis lors, The Dude a pris de la bouteille. Et puis, vient d’enregistrer ce second opus. Un disque nettement plus orienté garage. Mais un garage directement inspiré par les Kinks du début des sixties (celui du tube « You really got me ») et constamment obnubilé par la dissonance mélodique. Pensez à Sonic Youth, Blonde Redhead, PJ Harvey –les vocaux laconiques de Laureline n’y sont pas étrangers– et même à BRMC sur l’hypnotique « I want you babe ». Encore que lorsque l’expression sonore prend des accents sauvages, c’est plutôt du côté des Stooges qu’on se met à lorgner. L’album s’achève par une cover de « Banana split », une compos signée Jacques Duvall/Jai Alanski et immortalisée en 1980 par Lio. Pas une réussite, même si son écoute peut rappeler de bons souvenirs. La ballade « Bearfly » et cette reprise sont d’ailleurs les seuls morceaux dispensables de ce « Devoted to pleasure »…

 

 

mardi, 09 janvier 2007 04:00

Tour de Chauffe

‘Tour de chauffe’ est un dispositif d’accompagnement aux pratiques amateurs mené avec le soutien financier de LMCU par trois structures culturelles de la métropole lilloise : le Centre Musical les Araces de Faches Thumenil, la Maison de la Musique-le Nautilys de Comines, la Maison Folie-Ferme d’en haut de Villeneuve d’Ascq.

Cette opération a permis à 18 groupes de la métropole de bénéficier, durant l’année 2006, d’une résidence de travail scénique, d’un enregistrement professionnel de 2 titres, d’une aide à la structuration administrative et à la communication, et de formations diverses et variées (législation du spectacle, MAO, mise en scène, master-class, chant…) Un festival dans les trois lieux et un double cd compilatif concluent cette année de travail. Une compile sur laquelle nous allons nous pencher…

Le premier disque nous entraîne à la découverte de 10 formations. Depuis Automaticq, version electro-pop de Noir Désir à Deinzen, responsable d’une formule electro-pop-jazz lorgnant tour à tour vers Perry Blake ou Thom Yorke, en passant par The Clercks, combo parisien vivant à Manchester dont le post punk (à moins que ce ne soit la cold wave) juvénile puise manifestement ses influences chez Joy Division, Blondie, Bis et Elastica, Day One A Porno et ses atmosphères ténébreuses, sombres, réminiscentes d’And Also The Trees et Sad Lovers & Giants, le post rock singulier de L’Objet, mêlant habilement cold et no wave (imaginez une rencontre hypothétique entre Cure, Sonic Youth et Slint), le hip hop teinté de Philly sound cher à Mic Familia, le post hip hop de MasKgaz, l’electro opératique de Maymun, susceptible de virer au minimalisme sous des accents dub ou empruntés à la chanson française, Valentine’s Day, sorte de Hooverphonic en moins trip hop et le jazz/prog de Six Reine (ou les prouesses vocales de Gentle Giant transposées chez Meredith Monk).

La deuxième plaque épingle 8 artistes ou groupes. Elle s’ouvre par Rodrigue, disciple de la chanson française, évoluant dans un registre plus proche de Cali que de Thomas Fersen, et s’achève par la world fusion de Borka. Un disque qui se révèle globalement plus intéressant. Mon premier coup de cœur va ainsi à Kinski Palace, dont la musique cinématique, à la croisée des chemins d’Enio Morricone, de CharlElie Couture, Calexico et Bashung est hantée par le baryton de Venko. Yukiko The Witch ensuite. Un duo responsable de 18 albums autoproduits à ce jour et pourtant qui végète toujours dans la zone crépusculaire de l’underground. Des artistes complets, puisqu’ils partagent leur passion musicale avec la peinture, la lutherie et la sculpture. Leur pop/rock mélodique semi-acoustique, mélodieuse (pour ne pas dire contagieuse) me rappelle même les meilleurs moments de Travis. Et la troisième bonne surprise nous vient de The Neverending. Parce que sa vision hardcore évolue dans un registre mélodique, cosmique, proche d’Isis. Le reste de l’elpee épingle encore le déglincore de Tronckh, qui se réclame autant de Primus de Cypress Hill que de Faith No More, le rap teinté d’exotisme de Fiensou et enfin nous invite à voyager à travers le riche patrimoine kabyle sous la houlette de Trad’Am…

 

 

 

mardi, 02 octobre 2018 13:29

Intramuros

Non, Oscar Wallas n’est pas un artiste (NDR : cette pratique devient une habitude !) qui se produit en solitaire, mais le patronyme d’un quatuor parisien. Une formation qui réunit trois ex-membres des Peulvens (Chritian Rouillé au chant et à la guitare, Jean-Marie Briand à la basse ainsi qu’Erwan Moreau aux drums) et Renaud Lhoest. Ce dernier est arrangeur. Bruxellois, il a notamment bossé pour Venus, Dominique A et joué en compagnie de Yann Tiersen. Mais surtout, joue du violon. Et c’est précisément cet instrument qu’il se réserve chez cette formation. « Intramuros » a bénéficié, en outre, de la collaboration d’Yves Baudhuin, mais surtout du mixing de Gilles Martin, dont la carte de visite mentionne quand même des participations aux mises en forme des albums de Miossec, Hector Zazou, Pierre Bondu, sans oublier de Colin Newman et de Tuxedomoon. Et puis de Venus aussi. Pas étonnant dès lors de retrouver Marc A. Huyghens comme guest. Pour un titre : « A musical day ». Mais venons-en à ce premier opus. Découpé en 11 fragments, il navigue quelque part entre pop, rock, chanson française et expérimentation classico-contemporaine. Enigmatique, inspiré, envoûtant, riche (les arrangements, les cuivres et les cordes sont souvent dignes d’un Tuxedomoon !), il peut évoquer tour à tour le lyrisme de Bertrand Cantat, mais sans l’électricité (le post boogie « La routine »), Kat Onoma (l’obsessionnel « La condition »), Robert Plant (la vision orientale de « Jérusalem », mais sans la voix de Bob), et même un Ravel qui aurait intégré une trompette mariachi dans sa boucle symphonique (« A musical day », compo à laquelle participe le leader de Venus). Le tout est enrichi par des lyrics décalés, hantés (NDR : Christophe Rouillé y cause, entre autres, de ses doutes, de la liberté, du clonage et de la routine), mais terriblement actuels. Une œuvre originale. Très originale même. Et surtout hors du temps et des modes…

 

 

 



mardi, 22 janvier 2019 16:41

Hellelujah

The Experimental Tropic Blues Band vient enfin de sortir son tout premier album. Mais il aura quand même fallu près d'un an avant qu'il n'atterrisse dans les bacs des disquaires. Fondé fin 2000, la formation n'avait jusqu'à présent commis que deux mini elpees, « Bastards » et « Dynamite Boogie ». Pour enregistrer cet opus, le trio a reçu le concours de quelques invités de marque, et en particulier d'Arno. Pour deux titres. Et pas pour chanter, mais pour souffler dans un harmonica. A la manière de John Mayall. Tout d'abord sur le déjanté « Twice blues », plage qui bénéficie également du concours de Stinky Lou à la basse, et puis sur le blues lent « Dry whiskey », réminiscent de Howlin' Wolf. Parmi les autres invités figurent Lio (Electric Ladies Blues et Le Prince Harry), un des musiciens d'Adrian Bouldt, sans oublier l'ingénieur du son John Roo, dont la participation a été très active, tout au long des sessions d'enregistrement. Musicalement, cet « Hellelujah » oscille entre psycho boogie hérité en ligne droite des Cramps, dont ils reprennent même ici le célèbre « Garbage man », rock'n roll, et blues. Psycho boogie (NDR : certains préfèrent le terme psychobilly) frénétique chez « Jealous rock » (titre qui figurait sur le précédent Ep) ou à couper le souffle sur « Mexico dream blues », mais aussi hypnotique pour « Rising from the dead »). Rock'n roll âpre, sauvage et dévastateur (« Snake vs Wolf ») et allègre, presque hymnique du titre maître (NDR : particulièrement virils, les refrains sont même repris en choeur). Blues inspiré par John Lee Hooker (« The gambler »), Bod Diddley (NDR : féroce, imprimé sur un tempo infernal, « Voodoo rise » me rappelle quelque part son « Who do you love »), mais aussi soumis à l'exercice du blues lent (voir ci-dessus). L'elpee s'achève par un titre plus roots, presque acoustique, « Evil can't be done ». Beaucoup de groove donc tout au long de ce disque, mais aussi de subtiles interventions produites à l'aide du bottleneck ; sans oublier le timbre vocal caverneux de Dirty Wolf qui hante régulièrement les mélodies. Un superbe album ! Et si vous souhaitez en connaître davantage, je vous invite à prendre connaissance de la longue interview que Dirty Wolf et Boogie Snake ont accordée à Musiczine.

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