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    4, tout simplement ! Après avoir décroché trois albums certifiés disques d’or, Elsa Esnoult nous propose son quatrième opus qui a pour titre tout…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

lundi, 31 décembre 2001 01:00

I Don´t Wanna Be Your Dog

Patrick Delabie n'en est pas à sa première plaque, bien au contraire : The Acorns, Diablos Innocentos, Bad Influence, sont autant de groupes à inscrire sur son cv de musicien multi-instrumentiste. Roulant sa bille dans le circuit alternatif hollandais depuis une quinzaine d'années, il sort cette fois-ci un album solo, où ses talents de guitariste, batteur et producteur s'entremêlent dans un joyeux capharnaüm digne des artistes les plus fêlés du ciboulot (John Frusciante, Stephen Jones, Syd Barrett, ce genre). Son titre, évidemment, annonce la couleur : on est ici en terrain punk accidenté, entre les déflagrations sonores de Minutemen et les grosses gueulantes de Black Flag. Mais bien plus qu'un simple album à réminiscences " No future ", " I Wanna Be Your Dog " emprunte aussi des chemins de traverse, louchant parfois vers la pop (à la Hüsker Dü) et le planant, et tout cela avec seulement deux bras et deux jambes. Une chose est sûre : cet Hollandais volant est un spécimen rare.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Ghetto Stylez

Le trio hollandais Speedboat FC nous donne envie d'haïr le sampler : sur la dernière plage de leur nouveau CD, on est surpris de croiser cette vieille canaille de Bukowski au détour de quelques bleeps pourris, salissant l'aura du grand Buk et sa voix rocailleuse d'outre-tombe. En réactualisant des artistes oubliés par ses méthodes d'emprunt et de citation, le sampling a toujours été un fabuleux travail de mémoire… Sauf qu'ici, le résultat (sans doute parti d'une bonne intention) est pitoyable, non pas en raison de l'utilisation d'un poème de Bukowski, mais en raison de son intégration dans une trame musicale plus que faiblarde. Du début à la fin, cet album pue le renfermé. Les membres du groupe aiment dire qu'ils font de la " sample-pop ". On y voit seulement du bric et du broc. Les titres s'enchaînent et se ressemblent, collent tous à la même étiquette de produit périmé, bon pour la poubelle. Sans doute pourrait-on y voir un symbole de la culture lo-fi ou " DIY ", prônant la création à la maison, avec les moyens du bord. Mais peut-être que les Speedboat FC auraient dû sortir de leur cuisine pour nous épargner cette déconfiture. " Leur donneriez-vous de la viande faisandée qu'ils (les jeunes) se jetteraient dessus ! " nous dit Bukowski dans son journal intime, à propos de la musique de ‘djeunes’. S'il parle de Speedboat FC, il a foutrement raison. Sauf en ce qui concerne la deuxième partie de la phrase.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Songs For Worship

Dès les premiers accords de ce nouvel album des Canadiens, le ton est donné : plus lourd que ça tu meurs. Selon le leader du trio, Ken Baluke, ce " Songs Of Worship " " contient les morceaux les plus heavy connus de l'humanité "… Sans doute qu'Ozzy et ses acolytes approuveront, tout comme Chris Goss (Masters of Reality) et Joshua Homme (Queens Of The Stone Age). Mais à la différence de ces derniers, qui font le stoner aujourd'hui, Ken et ses amis se posent davantage comme les ambassadeurs d'un rock psychédélique qui serait inscrit au Guiness Book, dans la catégorie ‘très, très gros son’. En accordant leurs guitares au plus bas, les Sons Of Otis dégagent une puissance dantesque, renvoyant tous les Kyuss du monde au rang de groupes pour midinettes. La quatrième dimension, diront certains à l'écoute de ces riffs, tant leur effet sur l'oreille renvoie aux hallucinations que pourraient nous procurer un voyage dans le vortex, entre spirales bourdonnantes et fractales hypnotiques. Ce n'est plus de la musique, c'est une expérience ‘synesthésique’, un voyage dans l'infini, déroulant ses volutes heavy comme un cordon de Moebius, d'où l'on ne sort pas indemne… Dix batteurs se sont déjà succédés derrière les fûts de ce gang intersidéral : sans doute n'ont-ils pas survécus aux décharges à neutron des guitares les plus heavy du monde, que dis-je de l'univers. Si vous n'avez pas peur de vous perdre dans les univers parallèles du heavy rock (au sens large), plongez dans ce disque sans vous retourner, vous en reviendrez transformé (NDR : l'écoute de Sons Of Otis n'est pas remboursée par la mutuelle).

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

In a perfect world…

Rod Laver est l'énième groupe de nu-metal. On pense à Papa Roach, Alien Ant Farm, Limp Bizkit, voire à Die Krupps et Clawfinger au niveau des voix. En clair à rien de bien neuf sous le soleil. Evidemment ça dégage pas mal d'énergie, ça suinte l'adrénaline, mais ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard… Riffs et refrains éculés, on est loin du monde parfait du titre. La planète métal semble d'ailleurs dans une impasse : pour un bon groupe, combien de daubes ? Pour un Master of Reality ou un Slipknot, combien de Staind et de Creed ? La scène s'essouffle, et pourtant les kids en redemandent. Où est passé le sens du discernement, que diable ? A choisir entre un Linkin' Park soi-disant méchant (mais qui n'est finalement qu'un boys band d'headbangers pré-pubères formaté pour MTV) et la hargne de Mario et de JP lors de la finale de la Star Academy, mieux vaut ne pas s'abstenir. Pour voter Mario, tapez 1.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Pleasure Forever

Le plaisir éternel… Tout un programme pour ce groupe (ex-Slaves) qui nous vient tout droit de San Francisco, là où le Flower Power a fait tourner les têtes dans les années soixante. A l'écoute de ce premier album, c'est justement à cette période que l'on pense, tant les morceaux sentent bon le patchouli, une odeur de décadence mêlée de suavité, proche aussi de l'ambiance cabaret des années trente. Avec des titres comme " Stay Precious " ou " Magnus Opus ", on a l'impression d'entendre du Kurt Weill mâtiné de Doors, avec les Bad Seeds en backing band. La combinaison piano, guitare, batterie fonctionne à merveille, donnant une touche d'autant plus mélancolique aux chansons que la voix d'Andrew Rothbard rappelle celle de Michael Stipe imitant Tom Barman (mais là je dis n'importe quoi). Bref, ça flaire bon les fins de soirée bien arrosées, quand tout le monde est parti et que vous êtes accoudé au bar d'un vieux troquet genre " Casablanca ", sauf qu'ici Sam se la joue trip psychédélique, faisant les yeux doux non pas à Ingrid Bergman mais à Nina Simone.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

20 000

L'électro allemande n'est plus à présenter : depuis Kraftwerk, Can et Amon Düül II, les Teutons ont su prouver qu'ils savaient manier un sampler et un séquenceur mieux que quiconque; et ce ne sont pas Gonzales, Tarwater ou Mouse on Mars, leurs dignes descendants, qui vous prouveront le contraire. Néanmoins, Plexiq préfère éviter toute étiquette et refuse d'être assimilé au côté élitiste de certains de leurs confrères et compatriotes. Ainsi, à tous ceux qui voudraient par exemple les mettre dans le même sac que Notwist, les membres de Plexiq répondent qu'ils " n'appartiennent pas à cette faction de groupes rock semi-conventionnels qui saupoudrent leurs morceaux d'un peu d'électro pour être dans leur temps ". Voilà qui est dit sans détours… Malheureusement pour Plexiq, et avec tout notre respect, il ne s'agit pas, dans le cas d'un groupe comme Notwist par exemple, de retournement de veste, mais d'évolution sincère et significative. Des musiciens comme les frères Acher (Notwist, Lali Puna,…), comme Markus Popp (Oval) ou Alec Empire proposent sans doute une musique à certains égards élitiste, mais en aucun cas insipide, comme peuvent l'être certains titres de cet album. Quelque part entre Ozark Henry et Playground, " 20 000 " mélange le disco et l'electronica ; mais sans cette touche de génie qui ferait de Plexiq un groupe allemand à retenir pour les années à venir.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Addition By Substraction

Produite par Neil Kernon, la musique instrumentale de ce trio oscille entre fusion, rock progressif et programmations électroniques. Souvent l'alchimie fonctionne, bien que certains morceaux frisent le magma sonore, et les oreilles bourdonnent. Réservé avant tout aux amateurs de technique et de surenchère, ce CD rappelle parfois les heures glorieuses du krautrock, quand expérimentation rimait avec invention. Truffé de soli et de breaks de batterie à faire pâlir tout fan du Mahavishnu Orchestra, " Addition By Substraction " est une mine à trésors pour les abonnés au jazz-rock. Les autres passeront sans doute leur chemin, préférant Eric Truffaz (pour le côté jazz), Squarepusher (pour le côté rythmé) ou Muse (pour le côté surenchère).

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Lemonjelly.KY

Il y a un an et demi, ce disque merveilleux attirait l'œil du chaland sur les rayons de tous les bons disquaires : les couleurs vives et l'absence de toute référence sur la pochette intriguaient, à se demander quel était cet objet tape-à-l'œil qui ressemblait plus à un emballage de friandises qu'à celle d'un CD normal. Une fois inséré dans le lecteur et le casque sur les oreilles, quelle n'était pas la surprise de l'auditeur aventureux d'entendre que cet O.M.N.I. (Objet Musical Non Identifié) n'était autre qu'un petit chef-d'œuvre d'électro soyeuse et sensuelle, bâti comme une cathédrale de sons rieurs et de boucles enivrantes. " Lemon Jelly " s'appelait cette splendeur, en fait un duo britannique de gentils freaks, bien connu dans le milieu du clubbing londonien mais beaucoup moins ailleurs. Leur album, trois Ep's sortis en édition très limitée de 1998 à 2000, resta longtemps dans le lecteur, répandant harmonieusement ses symphonies de poche dans l'atmosphère, tout à coup respirable. L'allégresse provoquée par certains morceaux (" Nervous Tension ", samplant… Nana Mouskouri, " Homage To Patagonia ",…) rendait ce disque indispensable au réveil comme au coucher : Lemon Jelly devint la meilleure pommade musicale du moment, parfaite pour les blasés du quotidien et les militants anti-techno, à frictionner (au moins) une fois par jour pour garder la forme. Puis l'album disparut des bacs des disquaires, comme par enchantement. Ou plutôt comme par maléfice, tant notre oreille s'était habituée à ses mélodies mille-feuilles enchanteresses. Lemon Jelly, un (beau) rêve, une hallucination ? Et puis voilà que réapparaît cet album un an plus tard, en 2002, après des mois de doute et d'abattement à coller des avis de recherche sur les murs de tous les disquaires (" Wanted : Lemon Jelly, a cure for life ", ou quelque chose comme ça…). Une fois réinséré dans le lecteur, les doigts tremblants et les yeux fébriles, la même sensation que la première fois se fait à nouveau ressentir… Sauf que maintenant ce n'est plus une surprise, mais une certitude : cet album ne nous quittera plus et ses mélodies nous berceront pour toujours.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

The cover doesn´t matter

‘J'ai voulu faire un disque de rock extrêmement puissant’, déclare Richard Lloyd dans le livret qui accompagne cet album. De rock, il s'agit effectivement : les guitares sont omniprésentes, des soli magistraux aux riffs nettement plus dispensables. Mais c'est du rock comme on n'en fait plus, dans la lignée des grands bluesmen du Delta, avec un pied dans ce que le progressif nous a laissé en héritage; cette pénible arrogance de ceux qui déboulent avec leur maestria technique un brin usagée. Point de White Stripes, de Strokes ou de Hives ici : on est dans un rock " adulte ". Intéressant pour les vendeurs hi-fi qui veulent faire tester leurs enceintes stéréo (" L'album a été mixé asymétriquement, pour que les guitares puissent être entendues une fois à gauche, une fois à droite ", renchérit Lloyd), mais pas pour ceux qui pensent qu'un Lou Reed sous " Ecstasy " ou qu'un David Gray sans Orbital sont aussi bandants qu'un vieux vinyle de Todd Rundgren. L'album s'intitule " The cover doesn't matter ", parce que Richard Lloyd, se rendant compte qu'il n'arriverait jamais à vendre cette resucée du pire Eric Clapton, a préféré le produire lui-même et le mettre sur le réseau, sans doute persuadé qu'aucune maison de disque se risquerait à encore sortir ce genre de disque aujourd'hui. Sur ce coup-là, il a bien eu raison.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

11

‘To keelhaul’ est un terme employé en navigation qui signifie littéralement ‘faire passer sous la quille en guise de châtiment’. Le châtiment qui nous est ici infligé dure une grosse demi-heure. Mais comme on dit : ‘qui aime bien châtie bien’. Et donc toute tentative de ‘faire passer sous la quille’ cet album ne sera qu'un prétexte à la mauvaise foi. Oui, les vocaux sont ignobles ; oui, les guitares vous arrachent des maux de tête ; oui, la batterie frappe nos sens telle une grosse massue ; mais bon dieu, quelle tannée réjouissante ! Hardcore, grindcore, stoner-metal, que sais-je, pourvu qu'on ait l'ivresse… Ce quatuor (ex-Claw, ex-Integrity et ex-La Gritona) nous fait penser à Neurosis : même volonté d'exténuer les tympans, de passer sur les corps des auditeurs abasourdis tel un rouleau-compresseur, de pousser la résistance auditive à ses derniers retranchements… Certains diront que c'est la quille, d'autres la gaule, en tout cas Keelhaul ne fait pas dans la dentelle. Il suffit d'écouter " Lackadaisical Chinese Tubesock ", une pièce bien montée de riffs abrasifs à du 100 à l'heure; et d'enchaîner avec " Iwn ", ballade nuptiale à six pieds sous terre qui clôt l'album, pour être convaincu que ces white trash de Cleveland n'aiment pas ceux qui font dans leur culotte.

 

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