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dimanche, 10 décembre 2017 02:00

Thanks for braving the storm !

‘Thanks for braving the storm !’ ce sont les mots de remerciement adressés au public par Dan Bejar (alias Destroyer) pour clôturer son set. Il est vrai qu’il fallait s’armer de patience et de courage pour rejoindre la capitale quelques heures plus tôt. Tempête de neige et routes glissantes étaient au rendez-vous. Ce n’est d’ailleurs qu’au pied levé que votre serviteur remplace son confrère Adrien, forfait de dernière minute. Mais surprise à l’arrivée, bien que pas sold-out, la Rotonde est pleine à craquer, ce soir…

Nicholas Krgovich se charge d’ouvrir la soirée. Ce songwriter et multi-instrumentiste canadien est surtout connu pour avoir milité au sein de différentes formations. Il n’a entamé sa carrière solo que depuis quelques années. Ce soir, il berce l’assemblée de ses ballades folk réconfortantes. D’ailleurs la plupart des spectateurs restent assis. Seul au clavier et assez laconique durant une grande partie du set, le Canadien va se lâcher tout à la fin. Il nous parle longuement de son périple qui se termine ce soir et de la météo belge. Ou encore de sa crainte de reprendre l’avion par ce temps agité. Il invite ensuite plusieurs musiciens de Destroyer (le batteur, bassiste et saxophoniste) à le rejoindre sur les planches. Grand fan de Sade, il clôture le show par « Somebody broke my heart » (NDR : une histoire, inspirée de son histoire vécue, selon ses propos). 

Il est facile de voir que cette date est la dernière d’une longue tournée européenne. En effet Dan Bejar (alias Destroyer) arrive en titubant sur le podium. Visiblement éméché, il n’a pas moins de trois verres à la main (un de bière nationale, un de vin et un autre d’alcool). Il s’appuie tout au long du concert sur son pied de micro. Cheveux hirsutes, pantoufles aux pieds et chemise débraillée, il ressemble à un type, tout juste réveillé au lendemain d’une bonne cuite. Mais sa voix balaie rapidement la Rotonde, et nos doutes sur sa prestation vont vite s’envoler. La set list fait une part belle au dernier album « Ken » (NDR : ce qui tombe bien car il figure dans le Top 20 consacré à l’année 2017, de votre serviteur).

« Sky’s grey » ouvre le bal. Les compos oscillent entre titres introspectifs un peu sombres, et morceaux caractérisés par des envolées de guitares et cuivres. Un peu plus tard, « Tinseltown Swimming in Blood », au cours duquel les notes de basses sont bien accentuées, se révèle davantage post punk. L’ombre Mark Sandman (Morphine) plane aussi au-dessus de certaines compos. Sur « Chinatown », le saxophoniste passe allégrement de son instrument à une boîte de bidouillages sonores. Alors que « Cover from the sun » monte en crescendo, les vocalises semblent calquées sur celles de Brett Anderson (Suede). Bref, Destroyer est bien plus qu’une parenthèse dans la longue vie artistique du Canadien qui participe également aux aventures de  New Pornographers et Swan Lake. Et il le prouve une dernière fois lors du rappel en s’autorisant un « Bay of pigs » développé, au cours duquel le trompettiste et le saxophoniste vont se révéler particulièrement affûtés.

(Organisation : Botanique)

L’ouverture de la grande scène, à la Place des Palais, permet au BSF de prendre une toute autre dimension. Il s’agit déjà de la 7ème journée. Mais en ce samedi 12 août, il fait froid. Et il pleut. De quoi doucher l’enthousiasme des festivaliers. Car l’endroit n’est rempli qu’à moitié, alors que les années précédentes, il était carrément blindé de chez blindé. Pourtant, ce soir l’affiche est alléchante…

Rinôcérôse ouvre le bal et va nous réserver un retour gagnant. ‘Il y a plus de 7 ans qu’on ne s’était plus produit’, confie Jean-Philippe Freu, à l’auditoire, en début de set. Le combo montpelliérain (NDR : l’accent des musicos trahit ses origines, quand ils s’adressent à la foule !) n’a été actif qu’entre 1997 et 2009. Mais ce soir, le band va nous livrer un set sans le moindre temps mort  (NDR : hormis une petite panne technique provoquée par le chanteur). Jean-Philippe aurait dû préciser : « We are not the Infadels », titre du premier opus de ce band londonien, car l’ex-leader a rejoint son projet hexagonal. C’est bien Bnann Watts qui bondit d’un côté à l’autre du podium, comme au temps de son ancienne formation. Les beats électro émanent d’un minuscule synthé (NDR de la taille d’un autoradio !) contrôlé par l’un des guitaristes et balisé par la ligne de basse tracée par la (toujours) aussi charmante (et blonde) Patrice Carrié. Tour à tour, les différents membres se relayent au chant. De quoi donner l’impression d’assister à une démonstration entre les différents intervenants. Dans un style qui oscille de Primal Scream à Oasis, en passant par LCD Sound system. Quand les compos ne virent pas carrément au prog/rock, et notamment lors des morceaux les plus instrumentaux (NDR : dont certains ont servi à des campagnes publicitaires ou des génériques TV). Dommage qu’il n’y ait que quelques centaines de personnes dans la fosse. Car, suivant l’adage, les absents ont eu tort ! En espérant simplement ne plus devoir attendre (cent) 7 longues années avant les revoir, comme l’indiquent les Parisiens, quand ils parlent de leur cathédrale…

Goose a toujours joui d’une énorme popularité, au plat pays. On se souvient d’ailleurs, qu’à ses débuts, soit en février 2013, ses trois concerts prévus à l’Ancienne Belgique, avaient fait salle comble. Pas étonnant dès lors, qu’il y ait un peu plus de peuple. La fosse se transforme ainsi en immense dancefloor (NDR : enfin à l’échelle du BSF ; on n’est pas à Tomorrowland, non plus). « So Long », « Control », « Call me » et « Words » allient simplicité et efficacité. Bien que construite sur des beats électro, l’expression sonore invite riffs de gratte plus rock et ligne de basse new wave… Et si vous souhaitez en savoir davantage sur ce band courtraisien, rendez-vous dans ces colonnes, d’ici quelques semaines, pour lire l’interview réalisée par notre collègue, Philippe Blackmarquis…

Cap ensuite vers La Madeleine où l’ambiance est totalement différente. Et pour cause, le spectacle opère un retour aux 80’s, en compagnie d’Allez Allez. L’auditoire réunit essentiellement des quinquas. Devenu culte, le band belge a connu une carrière aussi fulgurante que courte, puisqu’elle s’est déroulée entre 1981 et 1985. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, il avait signé chez le label Virgin, s’était produit au festival Werchter et avait enregistré une ‘Peel Session’. Mais ce parcours a pris un fameux coup dans l’aile, lorsque la chanteuse, Sarah Osborne, a craqué pour le chanteur d’Heaven 17 (NDR : c’était une autre époque !) et a quitté définitivement la scène musicale. L’idée de la reformation est née, il y a tout juste un an, lorsque Serge Van Laeken, aka Marka (l’ex-bassiste du combo qui a ensuite embrassé une carrière solo), a invité ses potes dans le cadre du festival des Solidarités, à se réunir sur les planches. Et notamment le guitariste Kris Debusscher et le drummer Roby Bindels. Le nouveau line up implique le charismatique gratteur Paul Curtiz et le claviériste (NDR : un Tournaisien !) Thom Dewatt. Mais également deux chanteuses blondes (NDR : dont l’ex-Hooverphonic, Kyoko Bartsoen), qui se relaient sur le podium. Le set connaîtra quelques moments d’anthologie, dont « Marathon dance » et l’inévitable « African queen ». Moment choisi par le percussionniste africain de s’autoriser un pas de danse, et un chant liminaire. Après 1h10 de spectacle, le public exige un rappel en scandant le titre mythique « Allez allez ». Un hymne que le band va accorder lors d’un final déjanté…

La soirée s’achève au Mont des Arts, par un autre artiste belge, mais bien plus contemporain : Milow. S’exprimant dans un français parfait, Jonathan Vandenbroeck partage sa bonne humeur et sa joie de vivre entre les titres, ne cachant pas son bonheur de revenir au BSF. La réputation du songwriter n’est plus à faire. Très populaire au Nord du pays, il a aussi réussi à se forger un succès international. Sa voix est douce et lancinante. On se demande même parfois pourquoi il a engagé une choriste anglaise (NDR : encore une blonde, c’est la soirée !) Peut être pour exécuter ensemble, quelques pas sautillants. Malheureusement, le public ne semble pas très réceptif au concert. Les spectateurs qui squattent les premiers rangs se montrent les plus chaleureux ; mais la plupart des autres sont attroupés au bar ou préfèrent rester tranquillement assis sur les marches de la statue du Roi Albert Ier, sises à l’arrière de la place. M’enfin, il est vrai que la fatigue commence à envahir les organismes, et ce sont les oreilles bien remplies que nous quittons la capitale…

(Organisation : BSF)

Voir aussi notre section photos ici

 

vendredi, 28 juillet 2017 03:00

Suikerrock 2017 : vendredi 28 juillet

Le Suikerrock est un festival familial qui donne envie de vivre au Nord du pays. Dans un cadre agréable (sa grand-place, son beffroi) et facile d’accès, il propose une affiche variée et internationale. Nos nouveaux dirigeants wallons feraient bien de s’en inspirer pour redynamiser notre région…

Equal Idiots est un patronyme qui ne vous dit probablement rien. Pourtant, ce jeune groupe anversois jouit d’une belle popularité en Flandre. Faut dire que ses morceaux sont régulièrement diffusés sur Studio Brussel et qu’il figure très souvent dans la programmation des festivals flamands. Il s’agit d’un duo réunissant un chanteur/gratteur (NDR : un rouquin) et un batteur. Il pratique un rock teinté de folk et de garage, à mi-chemin entre celui de Allah-Las et de King Kahn & BBQ show. En fin de set, la paire tente une cover du célèbre « Ca plane pour moi » de Plastic Bertrand, mais la version aux paroles revisitées, s’avère (volontairement ?) brouillonne…

Quelques fans de Rival Sons se glissent aux premiers rangs. Faut dire que la formation californienne va bientôt embrayer. Elle est particulièrement appréciée par Ozzy Osbourne qui l’a d’ailleurs invitée à partager la tournée de Black Sabbath. Et après avoir participé à celle de Deep Purple, on peut affirmer que le combo jouit d’un fameux crédit auprès des vieilles gloires… Avant de monter sur l’estrade, les haut-parleurs diffusent la bande sonore de ‘Le bon, la brute et le truand’ d’Ennio Morricone. Le claviériste a adopté un look à la ZZ Top. Les quatre autres membres portent des cheveux longs et des barbes de hipsters. On s’en doute, le rock proposé sera plutôt classique, à la limite de la prog. Mais aussi plutôt stéréotypé, et ne réservant guère de surprise. Une exception qui confirme la règle : « Electric man », même si ce titre s’inspire largement du Led Zeppelin…

Nonobstant leur nom, The Black Box Revelation est bien belge et pas yankee. Jan Paternoster, le leader/chanteur/guitariste possède un timbre de voix très caractéristique. Ce qui lui a valu d’être invité sur les planches, par Seasick Steve, lors de son récent concert accordé à Werchter. Mais la prestation de TBBR va se révéler bien trop terne. Même une perle comme « I think I like you », compo qui date de ses débuts, ne parviendra pas davantage à accrocher. Et pour cause, elle a été sacrifiée sur l’autel d’arrangements bien dans l’air du temps. Le public se disperse d’ailleurs pour rejoindre les nombreux bars, en attendant la tête d’affiche de la soirée. 

Il a beau avoir soufflé ses 70 bougies, il y a quelques mois, Iggy Pop n’en reste pas moins hyperactif. Que ce soit sur disque (NDR : il a publié l’album « Post pop depression », en 2016), lors de festivals (NDR : il s’était d’ailleurs encore produit dans le cadre des Ardentes, il y a deux ans, et à Werchter, l’an dernier), l’Iguane est sur tous les fronts. Et suivant un même rituel, le show s’ouvre en force par un « I wanna be your dog » qui a du chien. Issu du répertoire des Stooges, « Gimme danger » calme quelque peu le jeu. Mais les riffs bien électriques repartent de plus belle dynamisant notamment « The Passenger », « Lust for life », « Skull ring » ou encore « I’m sick of you ». Pendant « Gardenia », on regrette de ne plus voir Josh Homme à ses côtés. Mais il faut bien reconnaître que son ‘post-pop depression tour’ tire en longueur, l’alternance entre dates en France et les States, accentuant la situation. Ce qui n’empêche pas James de faire son show. Mais s’il semble infatigable, ses déplacements sur le podium se révèlent parfois plus lents et laborieux, même s’il les compense par de grands gestes exécutés à l’aide de ses bras. « Loose » clôt le set. Cependant, le public ne veut manifestement pas le perdre. Ses musiciens ont déjà vidé les lieux depuis plusieurs minutes, alors qu’Iggy continue de remercier et de saluer son public. Un moment qu’il faut absolument vivre, car vu son âge, il pourrait bien décider, un jour, d’abandonner la scène. Avant qu’il ne quitte ce monde. La série noire qui a balayé de nombreuses gloires du rock, au cours de ces dernières années, nous le rappelle douloureusement. Et vu leur âge avancé, elle continue de planer. Elle a d’ailleurs emporté son ami David Bowie, dont le spectre semblait parfois planer, au cours de ce concert…

(Organisation Suikerrock)

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samedi, 01 juillet 2017 03:00

Open’er 2017 : samedi 1er juillet

L’Open’er se déroule à la même période que le festival Werchter. Et c’est un constat, il réunit une partie des mêmes têtes d’affiches. Mais la comparaison s’arrête là. Car tant l’hygiène que la surface de l’emplacement (NDR : verdoyants, ses 75 hectares couvrent une partie de l’aérodrome) permettent de se sentir à l’aise, malgré la foule, et de pouvoir respirer. Même lors du dernier jour de l’événement, en général le plus fréquenté. Aussi la rapidité pour rejoindre le site est impressionnante. Des navettes de transports en commun sont prévues, depuis la gare. Celles du RER son programmées toutes les 10 minutes ; et des bus circulent en continu. Y compris pour le retour. Côté météo, l’endroit est autrement exposé aux intempéries. La pluie tombe sans relâche depuis ce matin, poussée par le vent glacial de la mer Baltique. Dans ces conditions, difficile de rester longtemps sur place et un zapping entre scènes s’impose.

C’est sans doute ce temps qui incite la foule à se réfugier sous la Tent stage, où va se produire Tyga. Casquette bien vissée sur la tête, tatoué jusqu’au bout des doigts et arborant des chaînes en or, le rappeur américain est un parfait stéréotype du genre. Pas de grande surprise cependant pour ce set accordé dans la lignée de Drake ou autre Chris Brown.

La bonne surprise viendra de l’Alter stage où est programmé Benjamin Booker. Il a été bombardé ‘White stripe à lui tout seul’. Une épithète guère usurpée puisque Jack White, qui en est fan, l’a déjà embarqué en première partie de sa tournée. Et après avoir fait salle comble à la Rotonde du Botanique, on est en droit de voir ce qu’il a dans le ventre, lors d’un festival. Flanqué d’une blonde à la basse et d’un gratteur à la coupe afro, le Floridien dispense un rock/garage parfois bien brut de décoffrage. Une musique qu’il teinte parfois de blues, de boogie woogie ou même de glam, réveillant au plus profond de notre esprit, les fantômes de T Rex et de Chuck Berry.

The XX embraie pour une prestation d’une bonne heure, qui va faire bien pâle figure, par rapport à son prédécesseur. Les basses redondantes et les voix du duo, Romy et Jamie, deviennent rapidement soporifiques. Il est loin le temps de « Coexist », une œuvre parue en 2012 et qualifiée de magique, par de nombreux médias ; un opus qui avait suscité un énorme engouement pour la tournée qui avait suivi sa sortie…

La suite n’est guère plus réjouissante. Pourtant, Dua Lipa a le vent en poupe, en Angleterre. Une certaine presse la considère déjà comme la future Amy Winehouse voire Adèle, alors qu’elle n’a que 21 printemps. Et il est vrai que son timbre vocal est impressionnant. Mais elle n’a aucune présence sur les planches. Figée derrière son micro, elle est immuablement statique. De quoi lasser rapidement…

Lorde vient de fêter ses 20 ans. Néo-zélandaise, elle a entamé sa carrière très jeune et publié un premier elpee (NDR : sorti chez Universal), alors qu’elle en avait 17. Ce qui lui a permis de truster les récompenses aux ‘Brit awards’, l’année suivante. Elle a le bon goût de choisir en intro le « Running up that hill » de Kate Bush. Elle est cependant nettement moins prude que la célèbre Britannique. En dentelles, sa tenue laisse transparaître des sous-vêtements particulièrement sexy. Elle ne prend pas de risques en entamant son set par ses tubes « Tennis courts » et « Magnets ». Davantage electro/disco, la suite privilégie les plages de son dernier opus, « Melodrama », qui porte mal son titre. Dans un style qui oscille entre Lykke Li, Bjork et Florence Welch, elle s’autorise de jolies envolées vocales qui démontrent déjà une belle maîtrise, malgré son âge…

Mais c’est avec l’envie de terminer par une touche plus rock que votre serviteur rejoint la fin du set de Kevin Morby. Après avoir milité chez Woods et The Babies, ce songwriter a embrassé une carrière solo, il y a trois ans, et a publié autant d’album au cours de cette période. Il n’est pas sans rappeler Kurt Vile voire les Allah-las pour la touche folk désinvolte. Auteur d’une prestation quatre étoiles, ce natif du Missouri, va clore sa prestation par son single « Dorothy » et le rythmé « The ballad of Arlo Jones », dans un style proche de DIIV. De quoi oublier l’accumulation de fatigue et la sensation de froid éprouvée durant ce festival, pour le quitter les oreilles remplies de bonnes vibrations…

(Organisation : Open’er)

 

vendredi, 30 juin 2017 03:00

Open’er 2017 : vendredi 30 juin

La troisième journée est la plus chargée au niveau programmation. Un regret quand même, que l’Alter stage ne serve plus et qu’aux artistes polonais. Et exclusivement ! Dommage, car dans le passé, on avait pu y applaudir les prestations d’ambassadeurs de la scène alternative, comme Swans, Kurt Vile ou encore Thurston Moore. La Main et la Tent stage sont réservés aux grosses pointures.

Après The Last Shadow Puppets, FFS ou encore Giraffe Tongue Orchestra, Prophets of Rage est considéré aujourd’hui comme le supergroupe incontournable. Et pour cause, il réunit le guitariste Tom Morello, le bassiste Tim Commerford et le batteur Brad Wilk, soit les ¾ de Rage Against The Machine, les Dj Lord et le MC Chuck D., issus de Public Enemy, ainsi que le leader de Cypress Hill, B-Real. Le collectif déboule sur l’estrade, le poing levé, alors que les sirènes retentissent. Le team va nous réserver plusieurs tubes signés par les trois formations susvisées, mais également le classique de House of Pain, « Jump around ». Sans oublier de rendre un hommage à feu Chris Cornell, à travers le « Like a stone » d’Audioslave. Si la voix de Chuck D a quelques ratés, lorsqu’il la conjugue en harmonie avec B-Real, le résultat est bien plus concluant. Mais c’est Tom Morello qui joue le chef d’orchestre de toute cette équipe. Difficile de croire que le natif d’Harlem a plus de 53 balais. Il bondit sur les planches tout en alignant ses riffs comme de véritables uppercuts. Seul Flea était parvenu, un an plus tôt, à mettre tout le monde d’accord, dans le cadre de ce festival…  

Préado, votre serviteur était fan de Michaël Jackson. Mais peut-on le comparer à The Weeknd ? La question mérite d’être posée. Car en grimpant sur l’estrade, Abel Tesfaye semble manifestement s’en inspirer. Inévitablement, on ne peut que penser aux clips de The King of Pop, tournés à l’époque de « Thriller ». Que ce soit la bande son en intro, le light show ou les effets techniques. Sans oublier la voix du Canadien, dont le timbre n’est pas sans rappeler l’époque « Off the wall » (NDR : sans doute la meilleure !) Et les tubes vont rapidement s’enchaîner. Depuis « Starboy » en ouverture (NDR : mais malheureusement pour les yeux, sans assister à un défilé de lingerie ‘Victoria Secrets’), « Wicked games », le planétaire « Can’t feel my face », le ‘Daft-punkien’ « I feel it coming » et le plus intimiste « The hills », en outro. Un final vécu comme une véritable déferlante de hits. Mais bon ici s’arrêtent les comparaisons, car si Tesfaye est charismatique, semble aussi perfectionniste, et négocie parfaitement ses sorties médiatiques et ses contrats publicitaires (Apple, H&M, …), il lui manque encore cette aura et surtout ce pas de danse (moonwalk) que Bambi était capable de dessiner en live, comme lors de ses shows accordés sur la plaine de Werchter…  

Autre podium autre style. Quatuor féminin, Warpaint est accueilli à bras ouverts et sous les cris stridents des festivaliers. Pas étonnant, lorsqu’on sait que la drummeuse, Stella Mozgawa, est d’origine polonaise. Et au sein d’un pays aussi patriotique, pour ne pas dire nationaliste, ce type de réaction est inévitable. D’habitude très discrète sur les planches, elle va s’autoriser quelques déclarations entre les titres. De quoi épater l’auditoire. Mais le concert va souffrir de moments plus faibles. Les frontwomen Theresa et Emily affichent des mines fatiguées. Et il faut attendre la fin de parcours, au cours duquel le combo va nous réserver « Love is to die » et « New song », pour voir enfin, les filles se lâcher. M’enfin, globalement, la prestation est demeurée agréable à l’écoute… et surtout à regarder, tant elles affichent un charme certain...  

Les infra-basses assourdissantes résonnent au loin. Pas de doute le trio allemand Moderat a entamé son set. Particulièrement puissants, les faisceaux lumineux transforment cette gigantesque plaine en dancefloor. De quoi réjouir les clubbers les plus enthousiastes, mais pas trop votre serviteur qui rejoint doucement ses pénates, vu l’heure avancée de la nuit…

(Organisation : Open’er)

 

jeudi, 29 juin 2017 03:00

Open’er 2017 : jeudi 29 juin

La sécurité est devenue le maître mot dans les festivals. Sécurité humaine et sécurité des infrastructures. Le drame qui a secoué l’édition 2011 du Pukkelpop a entraîné de nouvelles mesures, y compris hors de la Belgique. Alors quand les prévisions météorologiques décrètent un avis de tempête, en fin d’après-midi, c’est le branle-bas de combat. Les organisateurs décident de chambouler le programme, et de le repousser en soirée, voire plus tard dans la nuit. Ce qui va écourter le planning de votre serviteur. Pour gouverne, le site sera épargné par ces intempéries…

En ce début d’après-midi, Charli XCX grimpe sur l’estrade. Sur la plaine, il y a du vent et il fait froid. Et pourtant, son show va faire remonter la température de quelques degrés. Vêtue d’un minishort et d’un top moulant (NDR : à la limite aussi vulgaire que celui porté par Miley Cyrus) et coiffée d’une casquette ‘up to date’ bien fixée sur le front, elle va multiplier les déhanchements. Le tout en se servant d’une recette toute simple pour enrober ses tubes : du r&b, des fumigènes et des cotillons. Et ses hits sont légion. Les ados se sont massés aux premiers rangs et ils reprennent les refrains en chœur, car ils les connaissent par cœur. Sans oublier de s’autoriser un selfie, en compagnie de la star, quand elle se rapproche de la foule. Qui semble prendre du bon temps. Votre serviteur, beaucoup moins…

En fait il attend, The Kills, un de ses groupes préférés. Surtout qu’il a loupé son concert intimiste, accordé au VK. Le combo se produit sur la grande scène. Et il fallait craindre que ce podium ne soit pas adapté à la prestation d’Alisson Mosschart et de Jamie Hince. Mais les doutes seront rapidement dissipés, balayés par de solides riffs de guitares. Le décor sur le podium est sobre. Seule une toile –dont le design semble inspiré par celui du dernier elpee, « Ash & Ice »– tapisse l’arrière-plan. La boîte à rythmes et le préposé aux fûts se conjuguent pour imprimer le tempo. Mais toute l’attention de l’auditoire est focalisée sur les deux leaders, VV et Hotel. Le public masculin est littéralement sous le charme d’Allison, comme s’il était hypnotisé. A cause de sa voix. Mais aussi de sa silhouette, qui pourrait facilement se prêter à un défilé de mode. Jamie a le sourire aux lèvres. En permanence. Tout en balançant ses solos de gratte. Un moment fort de la soirée… et du festival. 

Après cette claque rock, retour vers la Tent stage pour assister à la fin du set de M.I.A. Que de chemin parcouru par la Srilankaise depuis son passage à De Kreun, en 2010. Les écrans vidéo sont impressionnants et couvrent la largeur de la scène. Mathangi et sa choriste soignent les refrains et les pas de danse. Ils déambulent au bord de l’estrade, mais s’autorisent des incursions au sein de l’auditoire. L’artiste n’en oublie pas son tube « Paper planes », un titre qui sample le fameux « Straight to hell » du Clash, un morceau paru en 1982. Quand on pense que la plupart des spectateurs n’étaient pas encore nés à cette époque ! ‘I fly like papers, get high like planes’ s’exclame Maya. Et elle n’a pas vraiment tort, car une symbiose s’installe entre elle et la foule ; et cette forme de synergie la booste, manifestement…  

Il y a du peuple pour assister au concert de Foo Fighters. Beaucoup même. Et il s’ouvre en force par trois tubes : « All My Life », « Times Like These » et « Learn to Fly ». Mais la suite va se révéler moins fringante. L’accumulation de dates dans les stades et grands festivals semble influer négativement sur la voix de Dave Grohl. Elle est bien trop rauque. Faut dire qu’il ne cesse de pousser des cris pendant et entre chaque titre, alors que la présentation des compos pourrait être opérée en douceur. Les morceaux sont longs, pour ne pas dire tirés en longueur. Et les intros –dont certaines sont empruntées à Queen et Van Halen– ne sont pas de nature à réduire la voilure. Faut dire que le groupe a beau être généreux, il doit quand même assurer un show de 2h30 ! Au cours duquel, il va quand même nous réserver une vingtaine de titres, dont en final, « Best of you » et « Everlong »…

(Organisation : Open’er)

 

mercredi, 28 juin 2017 03:00

Open’er 2017 : mercredi 28 juin

Il s’agit déjà de la 16ème édition de l’Open’er, un festival polonais auquel participe votre serviteur pour la 5ème fois. L’événement a déjà décroché, à deux reprises, le très prisé ‘European Festival Awards’, dans la catégorie ‘Best Major Festival’. Ainsi que de nombreuses autres nominations. Toutefois, sa localisation excentrée attire un public, en grande majorité, local. Soit bien loin de celui du Sziget, qui en constante évolution, draine un auditoire international…

Notre journée débute par le set de Royal Blood, dont la carrière a démarré en force, dès 2014, lors de la sortie de son premier elpee. Un éponyme. Il vient de publier son second. Intitulé « How did we get so dark », il est d’aussi bonne facture, mais ne réserve plus guère de surprise. Les refrains y sont même plus pop et inévitablement accrocheurs. Le concert sera d’ailleurs accordé dans cet esprit. Mais ce n’est pas la cohue face à la grande scène. Pourtant, généreusement tatoué, le drummer –dont le matos est surélevé sur une estrade, du côté droit du podium– n’hésite pas à se lever pour inciter les spectateurs à taper dans les mains. Les riffs sont lourds et semblent calqués sur ceux de Queens of The stone âge. Mais la mayonnaise a du mal à prendre. Le public débarque au compte-gouttes. Faut dire que les nombreuses formalités et autres contrôles de sécurité retardent l’arrivée des festivaliers. Si les organisateurs se félicitent d’avoir introduit en primeur une montre qui sert de moyen de paiement électronique, il faut avouer qu’avant de se la procurer, il faut patienter dans une première file, et puis dans une seconde, pour la charger…

Il y a déjà un peu plus de monde pour James Blake. Son entrée en scène est à la fois sobre et discrète. Il s’installe seul, derrière son clavier, pour aborder la reprise du « Vincent » de Don McLean. Puis, il est rejoint par un drummer et un deuxième claviériste, avant de balancer son tube, « Limit to your love ». Ses longues ballades sont autant de berceuses. Mais au fil du temps, elles deviennent carrément… soporifiques. Et même l’excellent « Retrograde » ne parvient pas à sortir la fosse de sa léthargie. Aussi, progressivement, le public se disperse afin de mettre le cap sur Tent stage au sein de laquelle, la température devrait grimper d’un cran…

Et pour cause, Solange Knowles y est programmée. Après être restée dans l’ombre de sa grande sœur Beyoncé (NDR : elle était d’ailleurs simplement danseuse chez les Destiny’s Child), son heure de gloire est arrivée, lors de la sortie de son troisième opus, "A Seat At The Table". Paru à l’aube de ses 30 ans, cet elpee a reçu un excellente critique auprès de la presse. Qui s’est concrétisée par une première victoire aux Grammy Awards, en 2017, dans la catégorie ‘meilleure performance R&B’. Une belle leçon de persévérance pour cette jolie métisse qui avait déjà gravé sa première plaque, à l’âge de 16 ans. Ce soir elle est flanquée d’un band exclusivement afro. Afro, pas affreux, loin de là, car les deux jolies choristes sont particulièrement sexy. En outre, sveltes et élégants, les six musicos semblent avoir été triés sur le volet. Dès leurs premiers pas sur l’estrade, la belle et ses acolytes entament une chorégraphie. Et elle est particulièrement soignée. On se croirait presque au spectacle de son aînée. Mais les compos sont bien plus profondes. Et les refrains autrement puissants. Très juste, sa voix est digne d’une grande chanteuse de gospel. Elle ne cesse de nous bluffer tout au long d’un show parfait, mais un peu court. Seule ombre au tableau, le son. Les infra-basses sont trop écrasantes et étouffent la voix ainsi que la section des cuivres, déjà discrète, au demeurant…  

Retour sur la grande scène pour la première grosse tête d’affiche de ce festival : Radiohead. Pas de problème, le son est parfait. Comme d’habitude, pourrait-on ajouter. Et les morceaux interprétés ne souffrent d’aucune faille. Pourtant, on aimerait qu’un contretemps ou une improvisation bouscule ce set impeccablement rôdé. Que ce soit les introspections, au cours desquelles les artistes se montrent très concentrés sur leur sujet, ou les dérapages sauvages voire déjantés, tout est strictement maîtrisé. La fusion entre rock électrique et électro épileptique est infaillible. Thom Yorke vit profondément chacune de ses compos. Le light show et les vidéos nous en mettent plein la vue. Les morceaux s’enchaînent à un rythme hallucinant, ne laissant guère le temps à la foule de reprendre son souffle. Et la set list n’a qu’un seul objectif : déconcerter. Pas question de tubes, comme « Creep ». La notoriété du band n’est plus à faire, aussi, il trace sa voie à sa guise. Et qui peut lui donner tort ?

Le long chemin du retour se profile déjà, car le programme de demain est plutôt chargé…

(Organisation Open’er)

 

lundi, 06 mars 2017 02:00

Bipolaire…

La salle de l’Orangerie est pleine à craquer. Pas de doute, Blonde Redhead reste une valeur sûre et attire la foule. Une foule composée principalement de quadras. Des fans de Sonic Youth, entre autres. Faut dire que le groupe a débuté sur le label Smells Like de Steve Shelley. C’est d’ailleurs durant cette époque mémorable, en 1999, que votre serviteur les avait découverts. Et plus précisément au cours d’un festival montois. Sur le label 4AD le groupe a connu des fortunes diverses. Il a rencontré ainsi un franc succès lors de la sortie de « 23 », en 2007, alors que le bien trop insipide « Penny Sparkle », publié en 2010, a reçu un accueil plus que glacial auprès des aficionados ainsi que de la presse spécialisée.

A l’instar du light show, le show s’ouvre, en demi-teinte, par « Falling man ». Cependant, « Bipolar » (NDR : c’est un extrait de l’elpee « Fake can be just as good »), remet les pendules à l’heure. La prestation est pourtant bien bipolaire. Elle souffle donc le chaud et le froid. A plusieurs reprises, Kazu Makino semble sur une autre planète, et sa voix monte trop rapidement dans les aigus. A contrario, le timbre d’Amedeo Place est toujours aussi précis. Et son frère affiche encore cette même sérénité derrière ses fûts. Malheureusement, il faudra attendre la fin de parcours pour voir enfin le public –jusqu’alors passif– commencer à s’enflammer. Faut dire que le pétillant « Spring and by summer fall » y est pour quelque chose.

En rappel, Kazu se lâche enfin. Et tout particulièrement pendant le single « 23 ». Dans la foulée, elle s’adresse même à la foule : ‘We will play a new song you probably don’t know (NDR : « Give give ») but after we will still play another songs’.

A l’issue du spectacle, les puristes –et tout particulièrement les nostalgiques de la noisy issue des 90’s– estimaient que c’était mieux avant (NDR : dicton devenu tellement populaire !). Pourtant, le parcours de Blonde Redhead mérite le respect ; car la formation a toujours cherché à évoluer, à expérimenter, tout en conservant une même classe…

Set List :

Falling Man
Bipolar
Elephant Woman
Mind to Be Had
No More Honey
Where Your Mind Wants To Go
Three o' clock
Doll Is Mine
Dr. Strangeluv
Dripping
Spring and by Summer Fall

Rappel :

23
Give Give
Pink Love
Equus

Echo Beatty assurait le supporting act. Originaire d’Anvers (NDR : entre les titres, les musicos ne s’expriment que dans la langue de Vondel ou de Shakespeare), le trio a bonne presse au Nord du pays (NDR : De Morgen en fait une valeur montante). Pas étonnant que le public soit au rendez-vous et l’accueil, si chaleureux. Leur style est à la fois introverti et intriguant. La voix de la chanteuse évoque… Chelsea Wolfe. Une voix qui nous entraîne au cœur de paysages inattendus, se muant parfois en onomatopées. Annelies n’hésite pas à se saisir d’une gratte électrique ou d’une sèche pour extérioriser ses cris… A gauche de la scène, un bassiste/bidouilleur au look d’hipster injecte des sonorités électro ou plus pop/rock. Alors qu’au centre, le batteur semble bien concentré sur ses fûts, en imprimant un tempo soutenu aux compos. L’ensemble tient donc bien la route, même s’il est difficile de se forger un avis sur une prestation aussi courte (25 minutes).

(Organisation : Botanique)

 

 

lundi, 06 mars 2017 19:04

Ors

Il s’agit déjà du cinquième opus d’Artùs ; et à chaque fois la surprise est totale. Il fait suite à « Drac », paru en 2011, mais alors sous le patronyme de Familha Artús ; et sur le label alternatif du Folklore de la zone mondiale, au sein duquel militent également les Ramoneurs de Menhirs…

Eponyme, le deuxième revisitait le « Cantaplora » de Bernard Manciet, une œuvre qui invitait à voyager entre ciel et terre, mais du côté du pays basque…

Le périple nous entraîne aujourd’hui encore davantage vers le sud-ouest. C'est-à-dire au beau milieu des espaces pyrénéens. La bio nous apprend ainsi –et la journée de votre serviteur ne sera pas vaine– qu’Artùs vient du celtique ‘Arzh’. Et se traduit par ‘Ours’ (« Ors » en occitan). La boucle est donc apparemment bouclée. Quoique ! En fait, les textes et le climat de cet opus s’inspirent de ce roi déchu de la montagne. Car fidèle à ses références littéraires, c’est Jean Soust qui a, pour la circonstance, inspiré le collectif. On suit ainsi la bête à la trace, emprunte les itinéraires qui passent par les cols… au cœur des superbes paysages montagneux que nous réservent les Pyrénées. En 5 pistes, d’une durée qui oscille de 7 à 9 minutes, quand même.

Dont on épinglera tout particulièrement deux compositions. Tout d’abord « Aurost ». On pourrait fredonner cette chanson en chœur, au coin du feu, à la tombée de la nuit. Puis « Chasse party ». Une sonnerie prélude la battue. Des coups de trompe ou de corne décrètent le début de traque. La bête est en vue. Puis les percus nous glacent le sang. Une fusillade vient d’éclater… 

Le mot de la fin est d’ailleurs laissé à Jean Soust. Il y donne une version personnelle de cette œuvre : ‘Avec ce disque, l’ours retrouve une place dans les Pyrénées. Il redevient celui par lequel on s’émeut, on se raconte et on communique. De façon sensible et sensée. Il est redevenu celui qui inspire…’

Alors qu’on vient d’apprendre que Nick Cave allait se produire, au cours de l’automne prochain, au sein d’une grande salle anversoise sans âme, votre serviteur se rend, ce soir, dans une autre bien plus intimiste et conviviale : la Rotonde du Botanique. Facile d’accès, l’endroit est devenu le rendez-vous des mélomanes, des journalistes, des organisateurs indépendants de concerts et autres passionnés de musiques. Et tout ce beau monde semble émoustillé à l’idée d’assister au concert de Future of The Left. Qui est sold out depuis quelques jours. Et manifestement, l’hémicycle est plein à craquer.

Curieux, car si Future of The left est une référence en matière de rock alternatif, Ed Harcourt –pourtant à l’affiche du Rock Werchter en 2002– ne fait pas salle comble, à l’Orangerie, aménagée en configuration assise pour la circonstance.  

Passée une intro sonore vintage, « Adeadenemyalwayssmellsgood » s’ouvre par un a cappella répétitif : ‘Roll on, roll on,…’. Le ton est donné. Le set peut démarrer. Et sur les chapeaux de roues ! Bien sculptés, les riffs si caractéristiques du band déferlent…

Les compos de Future of The Left sont brutes de décoffrage et sans concession. Un peu comme les buts que nos Diables Rouges avaient encaissés, lors de la dernière coupe d’Europe, sans qu’on ne les ait vus venir. Blonde, charmante, rayonnante Julia envoûte l’auditoire de ses interventions de basse.

Avant « Manchasm », Andrew (NDR : c’est le leader) abandonne sa gratte et passe derrière le clavier. Lui, qui d’habitude est si bavard, communique enfin avec le public. Mais il va largement se rattraper, son discours divertissant la galerie. Il essaie même d’entourer de mystère la reprise que la formation va interpréter. Mais bon, la solution n’était pas trop difficile à trouver, puisqu’il s’agissait d’une compo de McLusky, au sein duquel le chanteur et batteur ont évolué. « Without MSG I Am Nothing» nous replonge donc brièvement dans l’univers de ce groupe culte. En nous rappelant également que le team avait dispensé un set particulièrement décapant, une chaude après-midi de 2002, dans le cadre du festival de Dour.

L’ambiance monte encore d’un cran. Le public s’enflamme et les premiers pogos éclatent enfin. Un peu tardivement, car le show est en fin de parcours.

Titre qui ouvre son dernier elpee, « The Peace & Truce of Future of the Left », sorti en avril 2016, « If AT&T Drank Tea What Would BP Do ? » renverse carrément tout sur son passage. Les premiers rangs s’agitent alors qu’Andy démonte littéralement les drums. Puis les lumières se rallument. Et on se doute qu’il n’y aura pas de rappel. Comme lors du dernier Euro, ce team gallois a fait le gros dos dans l’adversité, avant de nous terrasser, sans nous laisser un temps de réaction… nous privant même de prolongations tant espérées…

Set list (merci à l’ingé son) :

1. Adeadenemyalwayssmellsgood
2. Arming Eritrea leader
3. Chin Music
4. Miner's Gruel
5. Small Bones Small Bodies
6. The Limits of Battleships
7. Beneath the Waves an Ocean
8. Manchasm
9. You Need Satan More Than He Needs You
10. Without MSG I Am Nothing (Mclusky)
11. Robocop 4 - Fuck Off Robocop
12. Eating for None
13. If AT&T Drank Tea What Would BP Do?

(Organisation : Botanique)

 

 

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