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Sebastien Leclercq

Sebastien Leclercq

samedi, 02 juillet 2016 03:00

Open’er festival 2016 : samedi 2 juillet

Quatrième journée de l’Open’er. Focus sur At The Drive-In, Bastille, ChVrches et Pharell Williams. Après un vendredi caniculaire, au cours duquel le mercure a dépassé les 30 degrés, c’est la douche froide… un peu comme la veille, lors de la défaite des Diables Rouges...

On se presse cependant sous la Tent stage pour ne pas manquer le show d’At The Drive-In. Contretemps, le band accuse un bon quart d’heure de retard sur l’horaire. Résultat, le spectacle sera écourté ; car dans le cadre de l’Open’er, ce timing doit être scrupuleusement respecté. Pas question non plus de faire la fine bouche, car un mois plutôt, le combo avait dû annuler plusieurs dates de sa tournée américaine, suite à des problèmes de cordes vocales rencontrées par le leader, Cedric Bixler-Zavala. Après une courte intro de type western circa 70’s, les Texans déboulent sur les planches, prêts à en découdre. Le leader secoue des maracas et grimpe sur une timbale afin de se projeter en front de scène. Un démarrage en trombe ! Les pogos s’enchaînent et les aficionados se déchaînent ; notamment sur « Pattern against user ». La longue version de « Quarantined » baigne dans le psychédélisme. Mais si Omar Roriguez-Lopez dégaine de temps à autre, des riffs, plus vite que son ombre, on regrette l’absence de Jim Ward (NDR : membre fondateur d’ATDI, il milite également chez Sparta, mais ne participe pas au nouveau périple). En fin de parcours, Cedric s’excuse pour le manque de ponctualité. La veille, la formation se produisait à Werchter et l’avion qui devait les conduire en Pologne avait pris un certain retard. Il promet cependant de revenir rapidement sur ce territoire. Juste avant que le groupe n’attaque le titre de clôture « One armed scissor », un morceau qui déclenche à nouveau des vagues de ‘moshing’ et autre ‘circle pit’s dans les premiers rangs. Après un tel set mené tambour battant, on espère revoir très vite ATDI, mais en salle.

Autre scène et autre ambiance sur le podium principal en compagnie de Bastille. Relativement narcissique, Dan Smith (NDR : c’est le leader !) a choisi ce patronyme, car il est né un 14 juillet. Il est soutenu par quatre autres beaux gosses. Ce qui explique pourquoi les premiers rangs réunissent des jeunes filles en chaleur (NDR : l’ambiance a changé, vous vous en doutez…) Le groupe nous réserve « Good grief », une plage issue de son futur elpee, dont la sortie est prévue pour septembre 2016. Mais également la reprise du « Rythm of the night » de Corona (NDR : les Polonais raffolent de la disco/pop ‘old school’). Ainsi qu’en final, le single « Pompei ». Devant un public visiblement comblé… on ne sait trop par quoi ni pourquoi, mais comblé quand même…

Retour sous la Tent stage pour assister à la prestation de ChVrches. Dès le début, on se rend compte que le band est bien plus à l’aise, sur le podium, que dans le passé. En ouverture, « Never ending circles » bénéficie d’un fabuleux light show. Le single « We sink » baigne au sein d’un climat ténébreux. Vêtu d’un short en cuir, Lauren Mayberry est particulièrement sexy. Elle chante d’une voix fluette et (faussement) innocente. Martin Doherty abandonne ses claviers et se plante devant l’estrade pour se réserver le lead vocal sur « Under the tide ». Enfin, « The mother we share » confirme cette impression que le trio écossais a acquis une maîtrise nouvelle (NDR : Regardez ici) pour en avoir la confirmation), maîtrise qui devrait lui permettre de faire décoller sa carrière.

Pharell Williams a bâti sa notoriété sur son job de producteur. Où il est franchement irréprochable. A contrario, ses apparitions en ‘live’ n’ont jamais vraiment été concluantes. Il a beau recourir à des tas d’artifices, s’entourer de jolies danseuses qui se déhanchent sensuellement ou bénéficier du concours d’excellents musiciens –en l’occurrence un drummer et un bassiste qui ont probablement effectué leurs premiers pas dans l’univers du jazz avant d’emprunter un chemin de travers(e)– le résultat est toujours aussi décevant. Pourtant, le spectacle est digne des MTV awards. Sans relief ni éclat, les titres se succèdent. Et il a beau essayer de rallier l’auditoire à sa bonne cause, son discours est complètement ‘bateau’. Il invite une bonne quinzaine de jeunes Polonaises sur l’estrade avant d’attaquer « She wants to move » (NDR : NERD). Elles sont toutes prêtes à se dandiner au plus près de la star ; mais lui rechigne à s’y frotter. « Get lucky » ne nous rend pas vraiment chanceux, pas plus qu’« Happy » ne nous remplit de joie. Et après une longue intro aux messages pacifistes, « Freedom » nous libère de ce concert exécuté par un artiste, manifestement plein de bonne volonté, indubitablement respecté, mais dont les prestations ‘live’ continuent à faire pâle figure...

(Organisation : Open’er)

 

vendredi, 01 juillet 2016 03:00

Open’er festival 2016 : vendredi 1er juillet

‘Désolé j’ai piscine’ ! Oh la belle excuse. Et ce soir elle va se transformer en ‘Désolé mais ce soir, la Belgique joue un ¼ de finale, dans le cadre de l’Euro 2016 de football, à partir de 21 heures’. Les excuses sont faites pour s’en servir, mais cette dernière tient mieux la route. D’autant plus qu’initialement, cette rencontre ne devait pas être diffusée. Mais suite à l’insistance des médias sociaux, les organisateurs ont accepté de la retransmettre sur écran géant. Une bonne nouvelle, car ce vendredi 1er juillet, l’affiche est moins intéressante que celle des deux premiers jours.

On vous l’avait signalé, lors d’un précédent article, le rock doit de plus en plus souvent concéder du terrain à d’autres genres musicaux plus populaires, lors des grands festivals. Ainsi, au cours de cet après-midi, la grande foule s’est agglutinée pour applaudir Zbigniew Wodecki. Un chanteur très apprécié en Pologne. Son style ? Quelque part entre Frank Michaël et Patrick Sébastien. Il fête perpétuellement son retour sur scène. Et célèbre même ses 40 ans de carrière. Sur le podium, on peut d’ailleurs y lire un panneau qui indique fièrement ‘1976-2016’. Il se prend même pour Frank Sinatra en croonant « My way » (NDR : « Moja Droga » dans la langue d’Henryk Sienkiewicz), une des rares compos signées Clo Clo, rappelons-le quand même. Il est soutenu par une dizaine de musiciens (Mitch&Mitch Orchestra) et deux jolies choristes qui comblent les lacunes d’un chant –ma foi– parfois défaillant. Artiste décalé ou ‘has been’, il est quand même programmé sur le podium principal. A quand Paul Severs à Rock Werchter ?

Aujourd’hui, c’est Wiz Khalifa qui a été choisi comme tête d’affiche. Ben, pas vraiment le type d’artiste pour lequel on se déplacerait d’ordinaire. Ni celui qui recueillerait les faveurs de Musiczine. Mais quand on a l’esprit critique, il faut aussi pouvoir assumer. Bref, au sein des premiers rangs, on ressent les good vibes. Et on sent aussi l’odeur de la marijuana (NDR : comme le suggère l’image d’une feuille, en toile de fond, derrière l’Américain). Cependant, les fragrances sont moins répandues que dans les festivals qui se déroulent en Europe de l’Ouest, car la réglementation est bien plus stricte à l’Est. Sur les planches, le rappeur est uniquement accompagné d’un MC. Des conditions qui donnent l’impression de vivre un ‘one man show’ à la Iggy Pop. Il se retrouve d’ailleurs rapidement torse nu, pour y exhiber ses tatouages. Il enchaîne ses tubes, dont les incontournables « Black and yellow » (NDR : un morceau qui témoigne de son admiration pour l’équipe de baseball de son Pittsburgh natal) et « Work hard, play hard ». Il est victime de quelques périodes d’absence –qu’on lui pardonnera facilement– sans doute dues à l’excès de cannabis. Comme lorsqu’il affiche un long sourire béat d’une bonne minute, en fin de set. Qui s’achève par un autre hit, « See you again » (NDR : pas sûr que la prochaine fois ce sera le cas).

Nothing But Thieves est le groupe britannique qui a actuellement le vent en poupe. Il figure d’ailleurs dans la programmation des plus grands festivals insulaires. Hors de la Grande-Bretagne, il a acquis une certaine popularité en assurant le supporting act de Muse. A leur invitation, il faut le préciser. Les deux formations partagent d’ailleurs pas mal de similitudes. Et tout d’abord, le timbre du chanteur et leader Conor Mason, très proche de celui de Matthew Bellamy. En outre, il pastiche la tenue de scène du trio de Teignmouth. Différence, la musique est à la fois plus éclectique et plus électrique. Faut dire que le line up implique trois gratteurs. Une impression confirmée par la cover haute en couleurs du « Where is my mind » de la bande à Frank Black, précédée d’une question à l’adresse de l’auditoire : ‘Are there Pixies fans in the audience ?’

Cap ensuite vers l’écran géant. Il y a bien une bonne trentaine de belges, démontrant ainsi qu’ils sont de plus en plus nombreux à  braver les kilomètres pour participer à ce festival… Pendant la mi-temps, on en profite pour jeter un œil et une oreille au set de Kurt Vile & The Violators. De quoi s’évader quelques instants, au fil des longues ballades folk/rock. Mais le Pennsylvanien éprouve toujours autant de difficultés à communiquer avec son public. Sa longue chevelure cache la moitié de son visage, un peu à la manière de Jay Mascis (NDR : pour lequel il a collaboré au sessions d’enregistrement de l’album « Several Shades of Why »). Son attitude de shoegazer évoque parfois Thurston Moore (NDR : ils ont d’ailleurs partagé quelques tournées ensemble). Mais quand le band s’attaque à « KV Crimes », on entre dans une autre dimension. De quoi alors faire taire, toutes ces critiques.

Malheureusement le foot reprend rapidement ses droits. Même si l’issue de cette rencontre se soldera par une élimination des Diables. Deux ans plus tôt, votre serviteur était dans la même situation, lors du match Belgique-Argentine, dans le cadre du Mondial. Il est vrai que les horaires de ce festival et des grandes compétitions de foot ont tendance à se chevaucher. Et les résultats finaux à ne pas être favorables aux Belges.

(Organisation : Open’er)

 

Ce soir, la foule est en effervescence. Et pour cause la Pologne rencontre le Portugal, dans le cadre de la coupe d’Europe de football. Le sujet alimente la plupart des conversations. Dans le bus qui nous conduit vers le site du festival, l’ambiance est déjà chauffée à blanc, et le déroulement de la rencontre est répercuté par les cris et les soupirs de la population indigène.

Suite aux mesures de sécurité, donc aux fouilles imposées aux festivaliers, il ne sera pas possible à votre serviteur d’assister au concert de Foals. De loin, on entend bien la longue intro musicale de « Two steps twice », un morceau caractérisé par l’accélération des drums. Vu les cris poussés par le public, on imagine que le show de ces Britanniques était à la fois remuant et dansant.

Red Hot Chili Peppers vient de publier un nouvel opus. Décevant ! Les Californiens semblent avoir gommé leurs aspérités funk qui communiquaient une énergie vivifiante à leurs compos. Pensez à « Mother milk » ou « Uplift Mofo party plan », deux albums incontournables publiés respectivement en 89 et 87. « The getaway » est tellement lisse, tellement mainstream, qu’il finit par exaspérer. Heureusement, il reste le ‘live’ pour sauver la face. La foule est nombreuse pour accueillir les 4 Apaches. Les premiers rangs sont confrontés à des mouvements de foule plutôt brusques, causés par des spectateurs qui tentent de se faufiler, afin d’arriver le plus près possible du podium. Conclusion, plusieurs jeunes filles sont victimes de malaises et doivent être évacuées, alors que l’intro du set vient à peine de commencer.

Sur fond de drapeaux aux couleurs rouge et blanc, l’entrée en scène du band est tonitruante. Soit les musicos ont décidé de supporter l’équipe locale (NDR : qui mène alors au score), soit c’est une opération de com’ destinée à mettre le public dans sa poche.

Pas de prise de risque, puisque le spectacle s’ouvre par le bondissant « Can’t Stop », suivi de l’inévitable « Dani California ». Mais dès que le quatuor s’attaque aux titres du nouvel opus (« We turn red », « Dark necessities ») l’ambiance retombe d’un cran. Pourtant, lorsqu’en guise d’intermède, Flea entame en solo « Polska, Biało-Czerwoni » (Trad : ‘Pologne, blanc-rouge’), des dizaines de milliers de spectateurs reprennent cet hymne footballistique en choeur. « Californication », « Around the world » et « By the way » permettent de garder tout le monde en haleine (NDR : surtout les supporters !) Mais lors du rappel, moment au cours duquel le Portugal s’impose aux tirs au but, l’atmosphère diminue fatalement d’intensité. Josh, le guitariste, revient seul pour interpréter le « Warsawa » de Bowie. Limité à quelques riffs de gratte, cette version est aussi déprimante que celle composée par feu David Robert Jones, lors d’un voyage le conduisant depuis la capitale polonaise à Gdansk. Heureusement, en finale (NDR : pas de l’Euro, hein !), « The getaway » et « Give it away » vont parvenir à faire bondir, une dernière fois, les aficionados. L’honneur des Red Hot est sauf. Le ‘live’ leur a de nouveau permis de faire la différence…

Sous le chapiteau, le climat est morose. La défaite de l’équipe nationale y est certainement pour quelque chose. Mais pas seulement. Beirut termine son set. En observant Zach Condon sur les planches, on constate qu’il n’a toujours pas remonté la pente. Il est soutenu par un bassiste, un batteur, un pianiste/accordéoniste et surtout trois cuivres, dont les interventions sont particulièrement grinçantes. Après avoir interprété « So allowed » (NDR : issu du dernier album « No, no, no », paru l’an dernier), Zach signale que le groupe va attaquer une compo qui n’a plus été jouée depuis 5 ans. Faut dire qu’entre 2011 et 2015, la formation s’était autorisée un long hiatus. Mais ce « Mount Wroclai » n’a rien perdu de sa superbe. Et avant que les cuivres ne s’élèvent, le chanteur s’avance seul en front d’estrade. En clôture, le combo va nous réserver « Nantes », démontrant ainsi qu’il n’est pas encore un vestige du passé…

Fondé en 1999, M83 a fait du chemin. Son septième elpee, « Junk » est paru en avril dernier. Mois au cours duquel le groupe français s’est produit dans le cadre du festival Coachella. Faut dire que le précédent opus (NDR : plutôt mainstream, quand même) « Hurry Up, We’re Dreaming », sur lequel figurait le tube planétaire « Midnight city », lui a donné des ailes. C’était déjà en 2011.

« Junk » est un disque plus difficile à cerner. Plus sombre. Et inévitablement, les titres de cet opus communiquent un feeling davantage ténébreux au spectacle. Un climat accentué par le light show dominé par les teintes bleues, mais tamisées. Le line up s’est enrichi d’une jolie chanteuse, Mai Lan. Tout en se trémoussant, elle pose sa voix douce sur certains morceaux, et tout particulièrement « Go ! ». Anthony Gonzales –c’est le leader– affiche un comportement plutôt contrasté. Des contrastes qui se répercutent dans la musique, par ailleurs, oscillant entre la pop et le psychédélisme. Soit Anthony reste planté discrètement derrière ses claviers, soit il opère des incursions au sein de l’auditoire. Un show presque à l’américaine. Faut dire qu’il s’est exilé depuis longtemps aux USA…

(Organisation : Open’er)

 

La Pologne ne se distingue pas seulement par son équipe de football, dans le cadre européen; mais aussi par ses festivals. L’Open’er, au fil de ses 15 éditions, s’est taillé une solide réputation dans le paysage pourtant déjà dense des grands festivals.

Pour preuve, dès notre départ en matinée à l’aéroport de Bruxelles, on remarque la présence de nombreux jeunes. Ils ont emporté leur matériel de camping et s’apprêtent à faire le (long) déplacement. Il faut dire que les tarifs pratiqués –pass d’entrée, boissons et nourriture– sont bien moins élevés qu’en Belgique. Comptez carrément la moitié des prix. De quoi compenser le coût du billet d’avion ; finalement pas très élevé non plus, d’ailleurs…

Et la soirée débute par un retour très attendu, celui de PJ Harvey. Elle vient défendre son dernier opus, « The Hope Six Demolition Project », qui succède, au sublime « Let England shake » (NDR : un titre bien d’actualité vu le Brexit ; communauté et foot compris). Manifestement, Polly n’a rien perdu de sa superbe. Elle est soutenue par 9 musiciens, dont ses fidèles John Parish et Mick Harvey (NDR : qui rappelons-le n’a aucun lien de parenté avec elle). Et à l’instar de « Chain of keys » proposé en en ouverture, les touches de jazz et de blues sont accentuées par les deux saxophonistes. En outre, les lumières tamisées et le décor de fond (un mur lounge au relief en 3D) donnent l’impression d’être plongé au sein d’un grand club de jazz. Elégamment (NDR : malgré ses 47 balais) la toujours jolie brune vient poser sa voix. Les titres du dernier opus sont presque joués dans l’ordre (« The Ministry of Defence », « The Community of Hope », « The Orange Monkey », « A Line in the Sand », etc.) Il faudra attendre la fin de set pour qu’elle attaque son répertoire plus ancien, dont le décapant « 50th queenie » enchaîné aux « Down by the Water » et « To Bring You My Love ». Avant que ne se produise le point d’orgue de la soirée (NDR : et peut-être du festival), lorsque les 10 artistes vont se pencher, deux par deux, sur les cinq micros en front de scène. Et achever « River Anacostia » en chantant a cappella le refrain ‘What will become if God's gonna trouble waters?’ Un morceau qui reflète bien l’aspect sombre des textes du dernier opus de PJ. Des lyrics qui s’inspirent de la pauvreté qui sévit à Washington DC, mais également de la guerre en Afghanistan ou au Kosovo, pays qu’elle a visités, pour trouver l’inspiration. Sur le long playing, la rythmique du sax est omniprésente (NDR : tout comme sur les planches, il sont trois à assurer cette mission, dont Polly elle-même) et les percus sont hypnotiques. En extrapolant, on imagine facilement des sirènes inhérentes aux conflits armés ; mais également des défilés patriotiques. Et en fin de parcours, les musicos quittent sobrement et un par un, l’estrade, de manière quasi-militaire. Avant que le public, visiblement comblé, réclame haut et fort un rappel. Qui tardera à se concrétiser. Mais les plus patients ont eu raison d’attendre le long ‘encore’. Au cours duquel le band va nous réserver en finale « A perfect day Elise », qu’on aurait pu modifier pour l’occasion en ‘A perfect evening Polly’ !

Lorsqu’elles s’étaient produites à l’Orangerie (NDR : à deux reprises !) les Savages avaient fait un tabac. Sous un énorme chapiteau (NDR : vu la météo, heureusement que cet Alter stage est couverte cette année), la formation britannique est bien en place. Vêtues de tenues sombres, classes et sexy à la fois, le quatuor féminin fait rapidement le ménage (NDR : oui elle est facile, je l’admets…). Le public est dans les cordes. Faut dire que Jehnny Beth et ses copines alignent uppercuts et crochets qui font mouche, comme si elles étaient sur un ring de boxe. Girl power !

La soirée est décidemment bien féminine. Florence and The Machine est programmé au même moment sur la grande scène. Que de chemin parcouru depuis sa prestation accordée dans le cadre du mini festival des Inrocks à Lille en 2009 (NDLR : voir le compte-rendu ici)

C’est la grande foule à l’entrée du site. Et le show sera à la hauteur. La jolie rousse aligne ses tubes, tels un bon vieux juke-box qui tourne sans jamais vouloir s’arrêter. On aura ainsi droit aux incontournables « Shake it out », « Sweet nothing », « Cosmic love » et «You’ve got the love». Florence Welsh est de bonne humeur et elle varie ses chorégraphies. Elle descend même régulièrement dans la fosse (NDR : a contrario de la plupart des artistes qui figurent à l’affiche de ce premier jour). Mais la musique reste de la pop bien gentillette ; et si elle communique avec le public, son discours entre les morceaux est un peu trop fleur bleue, parlant essentiellement de l’amour idyllique…

Pour assister à un spectacle un peu plus original, il est nécessaire de retourner sous l’Alter stage, où Mac DeMarco est programmé. Caractérisées par ses riffs déjantés, ses compos naviguent quelque part entre celles de Pavement et la nouvelle coqueluche, DIIV. Des morceaux noisy/punk aux refrains parfois carrément humoristiques. Et il draine, lui, heureusement, un auditoire bien plus rock’n’roll que sur le podium principal. Car oui, le ‘rock’ a de moins en moins de place dans les festivals ; et il faudrait que les organisateurs pensent tout doucement à retirer ce terme de leur appellation. Suffit de prendre connaissance de la programmation affichée par la plupart des festivals estivaux, pour s’en rendre compte…

(Organisation Open’er)

 

 

dimanche, 05 juin 2016 19:31

Better day

La scène électro/pop française ne se limite pas à Air et M83. Hello Bye Bye en est un bel exemple. Outre le style susmentionné, le combo intègre également dans son expression sonore influences indé et tout particulièrement psychédéliques voire shoegaze. Mais cette structure hybride sert de base de travail à leur Dj (Moule). Qui parvient à trouver un subtil équilibre entre électronique, à la fois dansante (NDR : ces beats hypnotiques !) et planante, instrumentation organique, envolées vocales et mélodies contagieuses.  

Imaginez un peu un mix entre The Kills, Ting Tings (surtout pour l’enthousiasme de la chanteuse, qui rappelle Katie White), Metronomy, LCD Soundsystem ainsi que les Chemicals Brothers, et vous aurez une idée plus ou moins exacte de la musique proposée par Hello Bye Bye.

 

dimanche, 05 juin 2016 19:30

Dissemble

Autobahn est un patronyme qui trahit une connotation ‘ossi’, c’est-à-dire relative à l’ex-Allemagne de l’Est du début des eighties. Et pourtant, ce combo n’est pas germanique, mais britannique. Issu de Leeds, très exactement. Un groupe post/punk qui s’est forgé une solide notoriété sur la scène alternative.

« Dissemble » s’ouvre par le subtil « Missing in action ». La rythmique accélère progressivement, tel un train qui prend de la vitesse avant d’atteindre celle dite de croisière. « Immaterial man » embraie. Paru en single, cette piste baigne au sein d’un climat particulièrement ténébreux. A cause de cette ligne de basse très années 80, mais surtout de la voix du leader, Craig Johnson, qui n’est pas sans rappeler feu Ian Curtis. Une voix nasillarde, chargée de spleen, qui vient systématiquement contrebalancer cette rythmique. Faut dire que tout aussi sombres, les lyrics ne sont pas propices à la bonne humeur. Et un titre comme « Beautiful place to die » en est certainement le plus bel exemple.

A l’instar de The Horrors et d’Eagulls, Autobahn entretient une forme de revivalisme qui séduit les nostalgiques de la fin des 70’s et début des 80’s. Et tout particulièrement ceux qui vouaient un culte à Cabaret Voltaire et Chameleons, dont il incarne probablement le chaînon manquant. Quand au mélomane lambda, tout dépendra de savoir s’il estime le tempo hypnotique ou répétitif. 

 

dimanche, 05 juin 2016 19:28

Reset

C’est en 1999 que votre serviteur a découvert Atari Teenage Riot, dans le cadre du festival de Dour, et sous une chaleur étouffante. Et il reconnaît avoir pris une claque monstrueuse… 

Peu après, la seconde choriste, Hanin Elias, avait tiré sa révérence. Mais c’est surtout le décès de Carl Crack, dans des conditions obscures, qui avait remis l’aventure du band en question. Cependant, malgré un long hiatus traversé jusqu’en 2010, il a continué sa route, de manière intermittente. Et tout particulièrement sur les planches, ne publiant qu’un seul elpee studio, en 2001, « Is this hyperreal ? ». 

Le duo charismatique Alec Empire et Nic Endo a donc gravé un nouvel opus, en 2015, « Reset », tout en continuant à enflammer les scènes. Une œuvre découpée en 10 pistes qui entretient la flamme du digital hardcore.

D’entrée « J1M1 » démontre que non, non rien n’a changé, mais tout a évolué. Les beats numériques cognent toujours aussi dur. Dans l’esprit de leurs cousins germains Scooter ou encore des Insulaires The Prodigy. Surtout en ce qui concerne le rythme breakbeat. Les guitares sont perpétuellement tranchantes et c’est le backing vocal de Nic qui vient booster l’ensemble.

Le titre maître du long playing rappelle que l’engagement sociopolitique du combo est intact (‘Nous vivons dans une décennie au cours de laquelle la violence engendre davantage de violence. Les forces destructives sont au travail ! Il est temps de se poser les bonnes questions. Prenez votre destin en main’).

Certains morceaux semblent avoir été enregistrés en public ou carrément au milieu d’un centre urbain (« Modern liars »). 

L’énergie est palpable tout au long de cet album, et il a fort à parier que ces compos devraient prendre davantage d’ampleur en ‘live’. Atari Teenage Riot se produira d’ailleurs dans le cadre de l’Ieper Fest, ce 13 août 2016.

 

samedi, 30 avril 2016 03:00

Une voix très british, Sir !

Rien de mieux, pour oublier une semaine pourrie par une météo quasi hivernale, que de se réfugier dans une salle de concert, ce samedi soir. Pénétrer dans l’antre du Botanique et traverser son long couloir vitré constitue d’ailleurs toujours une forme de réconfort.
Rover n’est pas seulement le nom d’une ancienne marque de voiture automobile britannique ; c’est aussi celui du projet drivé par le chanteur français, Timothée Régnier.

Paru en 2012, son premier elpee, avait été unanimement salué par la critique. Ce qui lui avait valu une nomination aux Victoires de la musique l’année suivante, comme groupe ou artiste révélation du public de l'année. Il a fallu attendre trois années pour voir paraître le deuxième opus, « Let it glow ». Confirmation ô combien délicate ! S’il a de nouveau été nominé aux Victoires de la musique, en 2016, dans la catégorie ‘Meilleur album rock’, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée début de cette année, aucun prix ne lui a toujours pas été décerné, le public français votant cette fois massivement pour la variété des Innocents, plutôt qu’un groupe en devenir.

Qu’importe, ce soir, même si le public est clairsemé, et l’Orangerie réduite à une configuration minimale, Rover ne va pas décevoir. Dès le titre d’ouverture, « Along », le décor psychédélique est planté. Un peu dans l’esprit de Blaudzun voire de Lumerians. Et la charge émotionnelle est bien palpable. Ce que confirme le leader à l’issue de la deuxième chanson : ‘C’était très important pour nous d’être ce soir à Bruxelles, on a dû reporter ce concert à plusieurs reprises à cause des événements tragiques, en Belgique et un peu partout en Europe’. Avant d’entamer son tube « Call my name ». Suivi de peu par un autre single, « Aqualast ».

Guère avare de commentaires entre les morceaux, Timothée nous raconte une anecdote relative à Bruxelles (NDR : un achat de ticket à la gare du Midi) ou improvise encore un cours de Breton pour introduire « Trugar ».

Mais Rover c’est avant une voix. Très british, Sir ! Sorte d’hybride entre celle d’un Roger Waters juvénile et de Neil Hannon (The Divine Comedy). Encore que parfois on y recèle des inflexions empruntées à Antony Hegarty, auquel il ressemble étrangement, mais également à Mark Kozelek (Red House Painters, Sun Kil Moon) ; mais ce dernier est américain. Une voix qui colle parfaitement aux ballades, réminiscentes des seventies.

Après 1h30 de show sans le moindre temps mort, le spectacle s’achève. Mais visiblement comblé, le public réclame un rappel. Rover va lui en accorder deux, aux cours desquels, il va interpréter « Let it glow », « Innerhum » et « Glowing shades ».

(Organisation : Botanique)

 

lundi, 14 mars 2016 11:25

Rats in the Burlap

Il y a bien 20 ans que Real McKenzies nous propose une musique, fruit d’un savant mélange entre folk celtique et punk enlevé. Troubadours des temps modernes, les musicos tournent énormément. En Belgique, ils avaient ainsi marqué de leur présence le festival de Dour, en 2006, et le Power de La Louvière, en 2011. Pourtant, à l’instar des Mahones, le combo ne nous vient pas d’Irlande ou d’Ecosse, mais du Canada.

« Rats in the Burlap » constitue son 10ème opus. Pas de surprise. La recette est identique. Titre d’ouverture, « Wha saw the 42nd » démarre sur un ballet de cornemuses, pour forger un hymne entraînant. « Who’d a tought » et « Catch me » balancent des accords simplistes et répétitifs qui auraient pu naître d’une rencontre hypothétique entre les Ramones et Motörhead. Plus country, « Spinning wheels » est enrichi par des accords de banjo. Quant à la voix éraillée de Paul, elle continue d’apporter cette touche punk à l’ensemble.

A l’instar des opus de Dropkick Murphys ou des Belges de Black Tartan Clan, cet LP a le don de mettre de bonne humeur. On a une irrémédiable envie de taper du pied et dégustant une bonne Guinness, au pub, en compagnie de ses voisins de comptoir…  

samedi, 04 juillet 2015 01:00

Open’er Festival 2015 : samedi 4 juillet

Accusant quelques jours de retard sur la Belgique, la canicule s’abat sur le Nord de la Pologne. On y dépasse allégrement les 30 degrés et le soleil cogne sec. Du coup, la plupart des spectateurs, y compris votre serviteur, débarquent plus tard en soirée. D’autant plus que cette année, les têtes d’affiches sont programmées en nocturne (2 heures du matin pour le ‘main act’ sur la scène principale).

Cette soirée commence tout en douceur par Hozier. Le jeune Irlandais est soutenu par deux jolies choristes et une contrebassiste, qui donnent une touche soul à son set. Et tout particulièrement sur la cover d’Ariana Grande, « Problems », « Work song » et son méga tube « Take me to church ».

De loin on entend les hurlements de Polonaises adolescentes. Sous une Tent stage bondée et plongée dans un véritable four, elles semblent aduler Years & Years. Et elles sont nombreuses à s’époumoner. Epaulé par un batteur et deux claviéristes, le chanteur possède une voix remarquable voix et affiche un physique juvénile. Bref, le public est conquis d’avance. De la set list, on épinglera les singles « Shines » (joué en milieu de set) et « King » (en clôture). Curieux, on avait quand même l’impression que ce concert était interdit aux plus de 18 ans.

D’autres chiffres : 48:13 s’illuminent en fond d’écran sur le podium principal. Et l’auditoire semble plus large. Pas de doute c’est bien Kasabian qui s’apprête à entrer en piste. Mais à force de les voir très (trop ?) fréquemment à l’affiche des grands festivals, ne risque-t-on pas de se lasser de leur présence ? L’entame porte à le croire, car le band apparaît fatigué, les traits tirés, sans doute par l’accumulation des dates de tournée. Et pourtant après un départ laborieux, les musicos retrouvent progressivement leurs marques. « Eez-eh » puis « Club foot » font bondir la foule sur un bon millier de mètres carrés. ‘You’re fuckin’ amazing’ lâche Tom Meighan. Boosté par ce public, Sergio Pizzorno commence à prendre réellement du plaisir sur scène et le concert finit vraiment par décoller. La machine à tubes est mise en marche. « Fire », puis en rappel « Vlad the impaler », « Lost souls forever » ou une surprenante cover du « Praise you » de Fatboy slim, sont autant de coups qui font mouche. Kasabian reste définitivement une valeur sûre pour ce type d’événement.

L’année dernière, St Vincent nous avait déjà bluffés lors du Primavera festival. Son dernier opus, sobrement intitulé « St Vincent », avait également recueilli les faveurs de la presse spécialisée. C’est donc enthousiaste que je rejoins la Tent stage, même si la fatigue commence à gagner en cette fin de séjour. Première surprise, la chanteuse, Annie Clark, a changé de look. Ses cheveux surtout. Elle n’est plus la blonde à la tignasse digne des Jackson Five, mais a opté pour une coupe plus proche de celle de Sinead O’connor. En outre, ses sourcils sont mal épilés ou (volontairement ?) grossièrement soulignés. Sa voix est en revanche toujours intacte, d’une limpidité qui lui a valu et qui lui vaut encore d’être comparée à Kate Bush. Et ce n’est pas usurpé. Quant au jeu de scène, il évoque davantage celui de PJ Harvey. Elle est perchée une structure cubique, dans l’obscurité et en retrait de l’estrade (NDR : une calamité pour les photographes !) Après avoir interprété un excellent « Digital Witnness » en milieu de parcours, le ton va radicalement changer. Annie s’avance sur le devant du podium et se lance dans de nouvelles chorégraphies en compagnie de sa claviériste Toko. Le concert devient beaucoup plus électrique, et la belle s’autorise plusieurs bains de foule. Elle va même rejoindre un des cameramen. Un show unique en son genre qui vient clôturer un festival tout en couleur et diversité.

L’heure du bilan a sonné. On cite le chiffre de 90 000 festivaliers pour les 4 jours. Une centaine d’artistes ou groupes se sont produits sur trois scènes différentes. Reste à analyser les points forts et les points faible de cette édition 2015 de l’Open’er :

Points forts :

-          Un temps toujours sec et pas trop chaud (sauf le dernier jour)

-          Une distribution de bouteilles d’eau aux premiers rangs

-          Une sécurité (un peu) moins drastique que dans le passé

-          Un public relativement bien discipliné (NDR : les quelques rares à uriner partout sont les Anglais)

-          Le prix des bières qui n’a pas augmenté (NDR : 2 € le demi-litre !)

Points faibles :

-          Une (toujours) trop grande distance entre les différents podiums

-          La suppression de la 4ème scène (alternative)

-          Son remplacement par une ‘beat stage’ bruyante et sans intérêt (sauf pour les clubbers)

-          La programmation des têtes d’affiche à des heures de + en + tardives (2 heures du mat’ pour le ‘main act’ sur la scène principale)

(Organisation : Open’er)

 

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