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jeudi, 11 juin 2015 01:00

Ice-T in the Holland house …

Comme Body Count n’avait prévu aucune salle belge pour sa nouvelle tournée, les aficionados du plat pays ont dû traverser la frontière Nord (Eindhoven, Pays-Bas) ce jeudi, ou Sud, le vendredi (à Esch-sur-Alzette, au Grand-duché de Luxembourg), pour assister à son spectacle.
Finalement votre serviteur opte pour Eindhoven, mieux connu pour le stade de football du PSV, mais également pour son immense complexe Philips, véritable rempart de la cité. Après une petite visite touristique et la dégustation d’un plat au fromage sous le soleil, direction la salle Eiffenaar. Pas difficile à trouver ; suffit de suivre la marrée humaine, chevelue, tatouée ou/et motorisée qui partage la même destination… 
Un endroit à la configuration plutôt surprenante. En fait l’espace réservé aux concerts n’est qu’une partie de ce grand bâtiment, situé à deux pas de la gare. Différentes structures y coexistent, dont une discothèque. Il faut donc emprunter des escaliers plutôt raides, dans le style de l’Aéronef de Lille, avant de débarquer dans une pièce peuplée de gros bras, rendant les déplacements, notamment pour se rendre aux différents bars, assez difficiles. Faut dire que vu l’engouement suscité par ce spectacle, les 1 500 tickets se sont écoulés en quelques jours.

Powerstroke assure le supporting act. Une piètre caricature du band métal/hardcore yankee. Le combo pousse même le vice à s’exprimer dans un anglais américanisé, entre les titres, alors qu’il est belge, issu du Nord du pays même. Etonnant, il a déjà assuré la première partie pour Suicidal Tendencies et même réussi à figurer au line up du Graspop…

Après cette pénible ouverture, et malgré un peu de retard, Body Count s’apprête à monter sur le podium. Et le public de se réveiller d’un bloc. Les premiers musiciens débarquent masqués (ou la tête enserrée par un bandana), suivis par deux choristes. Les accords de « Body Count’s in the house » viennent à peine de retentir qu’Ice-T déboule le bras tendu, sur l’estrade. Ce qui déclenche déjà les premiers pogos. « Masters of Revenge », « Bowels of the Devil » et « Manslaughter » (NDR : le tire maître d’un elpee paru en 2014) s’enchaînent, tambour battant. Guère avare de communication entre les titres, Ice-T demande notamment aux filles de se mélanger un peu plus aux trop nombreux mecs agglutinés aux premiers rangs. Il nous présente aussi l’un des deux choristes, qui n’est autre que son fils. Et qui l’accompagnera au chant sur le très controversé « Cop killer ». Sa famille est également sur place ; notamment Coco Austin son épouse, plantureuse et star de télé-réalité. Elle se trémousse sur le côté de la scène. Ernie C. (NDR : c’est le dernier membre du backing group originel ; les trois autres sont décédés dans des conditions particulières, la plus spectaculaire frappant le bassiste Mooseman, tué lors d’une fusillade à Los Angeles) impressionne tant par son physique qu’à la gratte. Et tout particulièrement tout au long de « Talk shit, get shot ».

Lors du rappel Ice-T se fend d’un discours contre le racisme. Curieusement, l’auditoire accueille tièdement ses propos. Y aurait-t-il d’anciens disciples de Pim Fortuyn dans la salle ? Heureusement, les premiers rangs s’agitent à nouveau sur le tube « Born Dead », puis de la cover de Biohazard, « Institutionalized ». « Momma's Gotta Die Tonight » clôt le set en douceur, et les paroles ‘My mother taught me good things, taught me bad things’ transforment un gros dur en leader au cœur tendre. Si tendre, qu’il prend la peine de serrer des tas de mains, par poignées, avant de saluer longuement la foule. Il est vrai que cette tournée, il ne l’a pas organisée pour se faire du blé ; lui qui empoche de gros cachets en tournant dans la série TV à succès, ‘New-York unité spéciale’. Bref, un retour réussi pour le natif du New Jersey et sa troupe…

(Organisation : Eeffenaar)

 

 

 

Depuis 4 ans, le célèbre festival barcelonais Primavera s’est doté d’une succursale à Porto. Et même si l’affiche est un peu moins riche que chez son rival historique, l’édition lusitanienne a plus d’un charme. A commencer par un accès facile à la ville, de nombreux vols charters, des transports en commun à profusion, et toujours une personne âgée prête à vous renseigner poliment.
Autre point fort : la configuration du site, au milieu d’un parc verdoyant, en bordure de mer. Et les terrains sont en pente. Ce qui permet de voir les concerts à distance. Ce jeudi, il fait un peu frisquet, et l’ambiance est plutôt calme. Deux scènes sur les quatre sont d’ailleurs fermées.

Ce qui ne va pas empêcher l’auditoire de prendre sa première grosse claque du festival. Grâce à Mac Demarco. Son attitude totalement déjantée évoque instantanément Pavement voire les plus contemporains DIIV. Le Canadien (NDR : il est trahi par son accent) est multi-instrumentiste ; et puis il va enchaîner les variations de thèmes, passant d’un rock/garage couillu à de la franche ‘déconnade’, au cours dernier quart d’heure. Quart d’heure pendant lequel il va même s’autoriser un flirt avec une ‘variétoche’ à la Mike Brant. A prendre au énième degré, bien sûr. Guère avare de commentaires entre les titres, il déclare notamment : ‘I’m very sick with a lot of flu, so thank you for your support’. Mais là aussi les contrastes s’enchaînent, car d’un côté oui, il semble souffrant et tout fiévreux, mais il enfile également les bières nationales (NDR : de la ‘Super Bock’) tout au long de son set. Il termine même sa prestation par un long slam dans la foule, avant de montrer ses fesses en guise d’au revoir. Et ce n’est pas tout, car non seulement il change une corde de gratte pendant un titre, mais il démonte lui-même son matos après son show (NDR : il est sans doute le seul artiste se produisant au Primavera, à ne pas avoir de liner). Bref, une prestation qui surprend, mais sans jamais agacer, et qui surtout semble bien maîtrisée.

Autre scène, autre style, FKA Twigs verse dans R&B et le trip-hop, façon Tricky. Parfaite, la voix de Tahliah Debrett Barnett me fait penser à celle de Hannah Reid (London Grammar). Elle met facilement le public dans sa poche. Il est vrai que cette jolie métisse (qui a d’ailleurs conquis Robert Pattinson) exécute des déhanchements lascifs qui valent le coup d’œil. Cependant, mon estomac vibre plus que mes oreilles, et l’envie de goûter au plat typique (NDR : la célèbre Francesinha) est plus fort que tout.

Le volet ‘découvertes’ s’interrompt brièvement pour laisser la place à Interpol, un groupe qui tourne dans la plupart des grands festivals. J’ai déjà eu l’occasion de le voir à de nombreuses reprises, et depuis le départ du bassiste originel, il souffle le chaud et le froid en ‘live’. Néanmoins, le chouette set accordé à l’Olympia de Paris, en janvier dernier, me pousse à revoir le band. Qui commence en force par un « Say hello to the angels » bien en rythme. Le combo embraie par « Anywhere », « Hands away » et « Evil ». Et la prestation de s’achever par « Slow hands » et « PDA ». Le rappel ne semble pas gagné. Finalement, Interpol revient jouer trois titres, dont « All the rage back home », en clôture. N’empêche, le choix était judicieux d’assister au concert d’une des rares têtes d’affiche de ce festival.

Pour terminer la soirée, The Juan MacLean a fait forte impression. Réunissant la charmante Nancy Whang et John MacLean, le duo électro se produit sous une configuration live. Stimulés par un drummer inspiré, les tubes se propagent jusqu’au bout de la plaine, comme un vent de fraîcheur qui tombe sur la nuit… encore qu’au fil du temps, il fait de plus en plus froid, et les beats ‘dansants’ ne parviennent plus à me réchauffer. Aussi, comme une bonne partie du public, je décide donc d’aller me reposer quelques heures…

 

samedi, 04 avril 2015 01:00

Pias Nites 2015 : samedi 4 avril

Le célèbre label belge, éditeur et distributeur depuis 33 ans, prend ses quartiers dans le Palais 12 ce samedi 4 avril, l’espace d’une seule soirée. Un vent de changement a donc soufflé sur cette 6ème édition des PiaS Nites, car non seulement les éditions précédentes s’étalaient sur deux jours, mais elles se déroulaient à Tour et Taxis. Un déménagement qui ne m’a pas permis de rejoindre la fête à Pompon, organisé le même soir… Le Palais 12 est un endroit plutôt impersonnel. Il est surtout destiné à accueillir des événements qui attirent du peuple, mais n’est guère propice à l’atmosphère conviviale.

Victime des perturbations qui ont affecté le réseau du métro, je manque la prestation de BRNS, quatuor bruxellois dont le succès est croissant. Leur présence au prestigieux SXSW texan, quelques semaines auparavant, en est la plus belle démonstration.

Je débarque donc juste avant le set de Baxter Dury. Chaque fois que je le vois, je ne peux m’empêcher de penser à son père, Ian. Un paternel que j’avais découvert à la TV. Et tout particulièrement dans le show ‘I want to be straight’, au cours duquel il faisait le clown. Car le fils affiche une même attitude so british, à la fois décalée et déjantée. A l’instar des poupées gonflables réparties de chaque côté de la scène. Comme lors d’une sélection d’un bon vieux juke-box, les singles s’enchaînent : « Isabel », « It’s a pleasure », « Palm trees », entrecoupés par « Trellic » et « Picnic On The Edge ». Barbe négligée et chemise débraillée, on dirait qu’il vient de se lever, le lendemain d’une cuite. Une apparence qui contraste avec celle de ses musiciens. Ce qui ne l’empêche pas d’assurer au chant, de son timbre si particulier. Ses interventions entre les titres frisent parfois le ridicule ; mais le public lui pardonne ses frasques. ‘I’m sorry, I drunk too much cognac’ avoue-t-il en fin de set. Et pas seulement, car tout au long de son concert, il a pas mal picolé. Du vin, de l’alcool et même de bière. Belge, of course ! Son bassiste et guitariste sont posés mais efficaces. Son drummer s’investit totalement. Dommage que la voix de sa claviériste soit parfois irritante. Néanmoins, c’est certainement le meilleur concert de la soirée, en ce qui me concerne.

Suite à la publication de son premier elpee, « Entity », Oscar And The Wolf a connu un début de carrière fulgurant. Ce qui lui permet de se produire aujourd’hui dans la plupart des grandes salles et festivals, que ce soit en Belgique ou à l’étranger. Il y a d’ailleurs la toute grande foule pour assister à cette prestation. J’ai même l’impression que parmi les 30 000 spectateurs présents ce soir, une grande majorité s’est déplacée pour eux. Et essentiellement le public féminin qui agite de petits écriteaux et pousse même des cris, lorsque le chanteur monte sur l’estrade (NDR : Patrick Bruel, sort de ce corps !) Tout de blanc vêtu, il se dandine un peu à la manière de Prince voire de Madonna. C’est ce que soutient une de mes voisines dont le regard émerveillé en dit long. Le show est impeccablement rôdé. Le timing respecté. Pas de rappel. Malgré leur jeune âge, les musicos manifestent une parfaite maîtrise. C’est quand même la tête d’affiche. Leur tube « Strange entity » est savamment glissé au milieu de la set list, au sein de laquelle j’épinglerai quand même les envoûtants « Moonshine » et « Princes ». Les beats électro et r’n’b prennent souvent le dessus sur la basse et la guitare ; ces deux gratteurs sont d’ailleurs installés, très en retrait du podium. Des palmiers sont disposés sur les planches. Le light show est tamisé. De quoi accentuer cette impression de fréquenter un bar lounge branché, la nuit tombante, au bord d’une plage paradisiaque...

La soirée n’est pas terminée, car des Dj sets vont permettre aux clubbers de danser sur les beats électro, jusque 5h30 du matin. Oaktree & Avondlicht vient de céder le relais à Pelican Fly, sur la seconde scène, alors que Claptone (il est toujours masqué), Modeselektor, Raving George et N’to, vont embrayer sur la principale.

(Organisation PiaS)

 

samedi, 05 juillet 2014 01:00

Open’er Festival 2014 : samedi 5 juillet

Difficile de se remettre en route pour ce quatrième soir d’affilée. Comme de nombreux Belges présents sur place, j’accuse le coup suite à la défaite de nos Diables en coupe du monde, dans un match bien tristounet. Du coup, ma soirée débute plus tard que prévue, mais la consolation viendra là où je ne l’attendais pas (ou plus).

Et quand j’écrivais, il y a quelques jours, que les groupes chevronnés ont toujours la cote en Pologne, Faith No More corrobore ce point de vue. Bien que la formation californienne n’ait plus rien publié depuis 1997, elle est programmée, ce soir, sur la grande scène. Un podium dont l’avant est truffé de pots à fleurs. Des fleurs dont on ne distingue pas trop si le caractère est funéraire ou marital. Et les musicos accentuent cette intrigue en déboulant sur l’estrade dans une tenue vestimentaire de couleur blanche, que n’auraient pas reniée les adeptes de Hare Krishna. Le set s’ouvre par le titre maître de l’album « Real Thing », une œuvre parue il y a 25 ans déjà (NDR : ce qui ne nous rajeunit pas). Les 8 minutes d’intro de ce morceau tribal me paraissent néanmoins interminables. A cet instant, je crains de revivre un concert aussi plat que celui accordé dans le cadre du festival de Dour, en 2010. Heureusement, la suite va se révéler bien plus excitante. Des sirènes retentissent pour annoncer « From out of nowhere ». Le refrain du tube « Epic » est repris en chœur par les spectateurs des premiers rangs. Les musiciens débordent d’énergie ; mais à l’instar de Mike Bordin, derrières les fûts, elle est bien maîtrisée. Et la voix de Mike Patton n’a rien perdu de sa superbe. Même si le personnage fait toujours un peu peur. Ne jamais prendre l’ascenseur en sa seule compagnie. Il pourrait tomber en panne…

Autant je m’interroge sur le choix de la grande scène pour Faith No More, autant Warpaint méritait sans doute mieux que la ‘Tent stage’. Pourtant, ici aussi je restais sur une prestation en demi-teinte exécutée quelques semaines plus tôt, au Primavera. Mais ce soir, les Californiennes (NDR : c’est la soirée ouest américaine) ne vont plus se contenter de faire de la figuration. Et quand Theresa Wayman chante, on pourrait entendre les mouches voler (NDR : et tout particulièrement tout au long de « Love is to die » et « No way out »). Pas étonnant que James Blake ait craqué pour cette belle muse. Et le light show est tout aussi voluptueux. L’image de la pochette du dernier elpee est projetée en 3D sur le fond de la scène.  « Elephant » en version maxi, clôture un set bien plus agréable que prévu. Le quatuor féminin reviendra fin novembre à l’Aéronef de Lille ainsi qu’au Cirque Royal de Bruxelles.

Le reste de la soirée est essentiellement destiné aux midinettes. Place donc à Bastille, la nouvelle coqueluche londonienne. Leur album « Bad blood » (NDR : le titre maître est joué en ouverture) caracole au sommet des charts insulaires. La voix du leader, Dan Smith, constitue une chorale à elle seule. Devant un parterre réunissant principalement des jeunes demoiselles conquises à leur cause, le band se contente de restituer les plages de leur long playing. Un disque qui recèle une pléiade de tubes comme « Things We Lost In The Fire », « Flaws » ou encore « Pompeii », interprété en final. Et pour retenir toutes ces jeunes filles (NDR : euh pardon son public) jusque la fin de son concert, le combo va leur réserver un mash-up de « The Rhythm of the Night » (de Corona) et « Rhythm Is a Dancer » (Snap!), particulièrement dansant. Mais bon, dans l’ensemble, la pop de Bastille est on ne peut plus banale…

Et ce n’est pas Phoenix, programmé en finale du festival sur la grande scène qui va relever le niveau. Le groupe français ne prend d’ailleurs aucun risque et entame son set par le tube « Entertainement ». Le son est impeccable. Les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet et remuent bien sur les planches. Le leader Thomas Mars se dandine, glisse quelques mots flatteurs à l’auditoire, en français ou en anglais. Il l’invite à frapper dans les mains. Manifestement, il est en mode séduction. Les morceaux s’enchaînent. La seule étincelle rock’n’rollesque nous vient quand même de Thomas, lorsqu’il se lance dans la foule pour s’y déplacer en crowdsurfing. Sans quoi, il faut avouer que la musique de Phoenix s’adresse surtout aux ados bien sages. Encore que lorsqu’on connaît mieux le répertoire du combo, on peut regretter qu’il n’ait pas eu l’audace de tenter des arrangements plus aventureux, de proposer des versions plus vivantes, plus sauvages de ses compos…

Il se fait tard, et cette pop aseptisée commence à me gonfler. Et puis, moralement, la défaite de nos Diables me reste toujours sur l’estomac. Bref, vu le contexte, je préfère ne pas poursuivre mes prospections et en rester là pour ne retenir que la quintessence de ce festival. Un festival qui vu ses spécificités et son cadre spacieux, mérite quand même le détour…

(Organisation Open’er)

vendredi, 04 juillet 2014 01:00

Open’er Festival 2014 : vendredi 4 juillet

Alors que la pluie arrose plus que généreusement la Belgique (et notamment Werchter), le soleil baigne à nouveau le Nord de la Pologne. Les tenues sont plus légères, et les surprises nombreuses, en cette belle soirée.

Et elle commence plutôt bien, par les Wild Beasts. J’avais déjà eu l’occasion d’assister à leur set, au Sziget, en 2012. Leur dernier album, « Present tense », sorti cette année, marque un véritable tournant au sein de leur discographie. Il fait suite aux sublimes « Smother » et « Two dancers ». Et en ‘live’, le rôle prépondérant des claviers va confirmer le virage électro. A charge pour la basse et les guitares de donner davantage de relief aux compos. La voix de Hayden Thorpe est reconnaissable entre mille. Bien maîtrisée, elle exerce même une certaine fascination sur le public. Celle de Tom Fleming est plus grave et évolue davantage dans le registre baryton. Et finalement, les deux organes se conjuguent parfaitement, permettant ainsi plus facilement à la setlist de glisser des compos les plus introverties aux plus électriques. A l’instar du final, au cours duquel le tube « Wanderlust » a glissé sans temps mort vers « All the king’s men ». Une belle claque !

Jack White est considéré par le magazine Rolling Stone comme un des 100 meilleurs guitaristes de tous les temps. Il est classé à la 70ème place, devant John Frusciante et Robert Johnson. Mais en ‘live’, on ne sait jamais sous quel angle, il va attaquer son répertoire. La set list alterne titres de son dernier opus « Lazaretto » et morceaux des White Stripes. On a quand même droit à une compo des Raconteurs, « Steady as she goes ». Bref, une prise de risque minimale ! D’autant qu’en finale, il nous balance le plus que notoire « Seven nation army ». Réaction, la foule bondit sur toute la plaine. Maintenant, il faut reconnaître que les morceaux de John Anthony Gillis (NDR : c’est son véritable nom) passent bien mieux la rampe lorsqu’ils sont interprétés par un band complet, que sous la forme d’un duo avec Meg White à la batterie. Enfin, pour ce concert, il était difficile de s’approcher à moins de 100 mètres du podium. Le light show constitué d’une majorité de teintes bleues, ne m’a pas permis d’y voir plus clair. Bref, c’était un méga show aperçu du bout de l’horizon. Des conditions qui permettent rarement d’apprécier l’artiste et ses nombreux musiciens à leur juste valeur…

Le show de Banks sous la ‘Tent stage’ devrait se dérouler dans une ambiance un peu plus intimiste. Alors qu’elle n’a même pas encore gravé son premier elpee (NDR : il est attendu pour septembre 2014), Jillian Banks fait déjà le buzz. Elle est programmée dans les plus grands festivals, comme le Coachella ou le Roskilde. Décrochant même au passage le titre d’‘Artist To Watch’ par Fox Weekly. Ce soir, elle va limiter sa set list à 10 titres. Plutôt jolie, Jillian affiche un petit côté fashion qui évoque Lanna Del Rey. Elle est même capable de semblables envolées vocales ; mais lorsque son timbre se charge de douceur, c’est plutôt à Lykke Li que je pense. Une chose est sûre, elle a des planches, car elle est parvenue à mettre son public en poche. Reste à savoir si on est en présence d’un feu de paille ou du début d’une grande carrière…

Et pas de changement radical d’ambiance, puisque la soirée s’achève par Lykke Li. La Suédoise soigne également son image et son jeu de scène. Caractérisé par ses lumières tamisées, le light show est plutôt sombre. Pour y distinguer quelque chose, il est préférable de s’installer aux premiers rangs. Et puis, marre de voir tous ces jeunes qui pensent immortaliser l’événement à l’aide de leur GSM. On se croirait sur la place Place Tian'anmen, quand les militants communistes brandissaient leur petit livre rouge en pleine période maoïste. Manifestement, Lykke a une belle voix. Emouvante aussi. Mais elle bénéficie également de backing vocaux impressionnants. Illuminant même un titre comme « No rest for the wicked ». Dommage cette set list qui n’incluait qu’une seule plage du premier elpee, « Youth novels » (« Little bit »). Parce que la majorité des morceaux issus du dernier opus sont plus que soporifiques (« Never Gonna Love Again »). Bref, encore un show très pro et formaté programmé sur cette ‘Main stage’. Finalement, les bonnes surprises, on les rencontre sur les petites scènes annexes.

(Organisation Open’er)

jeudi, 03 juillet 2014 01:00

Open’er Festival 2014 : jeudi 3 juillet

Sommes-nous bien en juillet 2014 ? Vu les têtes d’affiche –Pearl Jam, Afghan Whigs, etc.– je suis en droit de me poser la question. Maintenant, il est vrai qu’en général, les grands festivals peinent à en dénicher de nouvelles accroches ou à les renouveler. Ce qui explique pourquoi les organisateurs engagent des big bands qui ont marqué les décennies précédentes, afin d’attirer la foule. Mais il n’y a pas que les artistes qui ont pris de l’âge. Les transports en commun, aussi. Tout comme en Belgique, les retards de train sont légion. Aussi, au lieu de 30 minutes de déplacement prévu par l’horaire, je me tape 1h30 de trajet avant de débarquer sur le site… 

Raison pour laquelle je n’assiste qu’à la fin du set de MGMT. Après avoir entamé sa carrière en boulet de canon, la formation étasunienne (NDR : elle est issue du Connecticut) semble éprouver d’énormes difficultés à retrouver son second souffle. Ce qui explique pourquoi elle est programmée si tôt en journée. Les compos sont pourtant variées et la voix d’Andrew Vanwyngarden se révèle tantôt lancinante, tantôt ‘crooneuse’, comme sur le long « Siberian Breaks », mais demeure toujours aussi savoureuse. Bien sûr, le tube « Kids » parvient à faire danser la foule ; d’ailleurs les jolies Polonaises (NDR : oui, oui, vous pouvez me croire…) grimpent sur les épaules de leurs copains. Et elles sont toutes ravies d’être filmées et de passer sur écran géant. Le concert s’achève en douceur par Alien days » et « Congratulations ». Un reproche ? Les sonorités de basse sont beaucoup trop puissantes. Un regret ? Que le spectacle ne se soit pas déroulé au moment du crépuscule, de manière à bien mettre en exergue un light show, qu’on pourrait qualifier de kaléidoscopique ou psychédélique, selon. Bref, un combo à revoir dans de meilleures conditions ; même s’il devait être sevré de jolies Polonaises…

Changement d’atmosphère sous la ‘Tent stage’ (NDR : à la manière de Louis Jouvet dans ‘Hôtel du Nord’, on verrait bien Greg Dulli nous lâcher ‘Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?’) Afghan Whigs fait son come-back. Le concert qu’il avait accordé au Cirque royal, en juin 2012, ne m’avait pas particulièrement emballé. Mais ce soir, il débarque pour défendre un nouvel opus intitulé « Do to the beast », un disque paru en avril 2014. Et la setlist fait d’ailleurs la part belle à ce dernier elpee. « Parked outisde » et « Matamoros » ouvrent le show. « On the corner » nous rappelle l’aventure de Greg Dulli chez les Twilight Singers. Les fans les plus anciens vibrent en écoutant « Gentlemen », « My enemy » ou le très remuant « Miles Iz Ded », combiné en fin de parcours à un plus paisible « Into the floor », qui achève la prestation…

Je décide de zapper d’un concert à l’autre, ensuite. (NDR : de son vrai nom Karen Marie Ørsted) chauffe l’‘Here and now stage’ (NDR : c’est en plein air !) en deux temps trois mouvements. Pas de pause. Pas de sous-vêtements, non plus. Fin mars, La Danoise avait fait un tabac au Botanique. Entre hip-hop mainstream et rock indie, elle assure. Et en extrapolant, on pourrait définir son style comme un mix entre CocoRrosie et sa voisine Lykke Li. Elle conclut par le très paradoxal « Don’t wanna dance », au cours duquel elle est acclamée par un public chaud boulette. De quoi faire oublier quelques moments plus faibles, comme une reprise des Spice Girls ou ces titres inutilement gorgés de beats électros répétitifs…

Finalement, j’aurai peut-être dû aller voir et surtout écouter le concert de Jagwar Ma. Il est beaucoup plus raffiné. Le spectacle se déroule sous le chapiteau de l’Alter stage. L’auditoire est enthousiaste. Les jolies Polonaises (NDR : c’est comme les indiens de Carlos, il y en a partout, finalement) se déhanchent. Le plancher vibre sous le déferlement de beats et de riffs dispensés par le band aussie. Mais comme je débarque en fin de parcours, je vous renvoie au compte-rendu rédigé par mon collègue Redouane (voir ici) pour mieux vous faire une idée du show. Un groupe à suivre, c’est une certitude. Et qui risque de mettre le feu aux festivals auxquels il participera cet été ; comme celui de Dour, où il se produira ce samedi…

La tête d’affiche de cette journée est incontestablement Pearl Jam. Raison pour laquelle bien avant le début des hostilités, les spectateurs sont déjà agglutinés près du podium de la ‘Main stage’. Après son dernier passage à l’Open’er, en 2010, l’auditoire rêve d’un remake. Et il ne va pas être déçu. Eddie Vedder est vêtu d’un vieux jeans et d’un t-shirt à l’effigie ‘peace & love’. Grungy ! Bouteille de vin à la main (NDR : et en réserve), il déboule sur l’estrade un grand sourire aux lèvres. Et dès « Go » et « Corduroy », les pogos (pourtant rares jusqu’alors) se déclenchent. Des tubes comme « Even flow » ou « Jeremy » semblent ne pas avoir pris une ride. Et les nouvelles compos issues du dernier LP « Lightnining Bolt » s’intègrent plutôt bien à l’ensemble. Eddie interprète la cover du « Public Image Limited » de P.I.L. à la manière de John Lydon. Epatant ! Et juste avant le rappel « Rearview mirror » nous en met plein les oreilles. Un ‘encore’ particulièrement généreux, puisque in fine, la prestation va dépasser les 2 heures. « Better man » est repris en chœur par les fans massés aux premiers rangs. Et l’énorme « Alive » constitue manifestement le clou de la soirée. Avant qu’Andrew Vanwyngarden ne vienne se joindre aux chœurs. Eddie s’empresse de vider son stock de vin, et le partage avec ses comparses ou quelques spectateurs, qui entrent alors quasiment en transe. Sympa ! Et la reprise du « Baba O’Riley » des Who résume finalement bien l’esprit du band. Cette chanson commence par les mots ‘I don't need to fight to prove I'm right’. A cet instant, il se confirme qu’il n’a pas besoin de forcer son talent pour s’imposer. Malgré un décor sobre (NDR : autre retour à une forme de simplicité vécue au cours des 90’s), un son et un jeu de scène sans artifice, le concert a été remarquable. La maîtrise des musicos et leur sens de l’harmonie sont intacts. Ce qui explique aussi pourquoi, Pearl Jam nous a permis de vivre un des moments forts de ce festival.

(Organisation Open’er)

mercredi, 02 juillet 2014 01:00

Open’er Festival 2014 : mercredi 2 juillet

Pourquoi se farcir 1 300 km pour assister à un festival qui se déroule au Nord de la Pologne, quand on peut voir les mêmes artistes à Werchter, en Belgique ? Tentatives de réponses ci-dessous.

L’avion Bruxelles-Gdansk transporte une majorité des festivaliers. Il y a même une Louvaniste qui a grandi au rythme de notre festival national, mais elle souhaite changer d’air. Convaincue, tout comme votre serviteur, pour y avoir déjà participé, l’an dernier, que celui proposé en bord de mer Baltique, se distingue par bien des spécificités.

La route est pourtant longue pour arriver aux portes du site de Gdynia. Un site implanté sur un aérodrome qui confère un espace gigantesque. Et un sentiment d’évasion, de propreté et de liberté à la fois. Vu son étendue, il n’y a ici pas vraiment de mouvement de foule, ni de bruit constant. Ni même de brassages de mauvaises odeurs. Le point négatif, ce sont les deux kilomètres qui séparent les deux scènes. Raison pour laquelle, les festivaliers les plus insatiables (NDR : ceux qui veulent voir un maximum de groupes) n’hésitent pas à courir entre les podiums. Heureusement, le terrain est bien entretenu, et ressemble plus à un terrain de football foulé en division supérieure qu’à un champ de patates, en Belgique.

Autre règle susceptible de déstabiliser : la discipline. On croise de très nombreux vigiles aux quatre coins du secteur et on est soumis à une fouille minutieuse dès l’entrée. Avec une tolérance zéro pour les drogues, y compris douces (NDLR : même votre paquet de cigarettes est inspecté de fond en comble). Néanmoins, vous ne verrez ici personne urinant où bon lui semble, allumant des feux intempestifs ou poussant des cris de barbare (style ‘Boeeeren’). Une (trop ?) grande quiétude qui permet d’apprécier les concerts sans être continuellement interrompu par des fêtards ou des parasites. 

Interpol se produit en fin d’après-midi. Toujours aussi peu loquace, Paul Banks parvient à glisser au micro, juste avant de commencer le set du band, un ‘we can enjoy the sunset’. « Say hello to the angels » ouvre logiquement le concert. « Evil » embraie et réveille la foule. Suivi de « C’mere », une nouvelle compo fort intéressante. Elle figurera sur le prochain elpee, « My Desire ». Un titre qui s’achève par des riffs dispensés en crescendo. De quoi briser un peu la monotonie d’un répertoire qui aligne une majorité de compos sculptées dans le post punk ou balisées par une ligne de basse new wave. Malheureusement, le second inédit, « Anywhere », nous replonge dans ce climat monocorde. En outre, son refrain est répétitif et pompeux. Il faut attendre la fin du show pour que le public (et moi-même je l’avoue) s’emballe à nouveau à l’écoute de « PDA » et « Slow hands ».

Vu la critique favorable dont bénéficie le dernier opus de Metronomy, « These songs go places Metronomy never have before, and they do so spectacularly », il était presque obligatoire de vérifier le bien fondé de cette opinion. Hum, non, je ne vois pas pourquoi cette formation bénéficie d’un tel engouement. Les fans d’electro britpop ont bien sûr le loisir de taper dans les mains ou de balancer les bras de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon). Mais laissons ce plaisir aux ados insulaires et aux hipsters qui glorifient leurs remixes. Bien sûr, le band tente parfois de s’éloigner de son électro kitsch pour embrasser un profil rock plus chaleureux. Mais ces bonnes intentions sont de trop courte durée, et invariablement le style retombe dans une forme mainstream acidulée, peut-être second degré, mais finalement irritante.

Bref, mieux vaut retourner sur la main stage, pour savourer du rock, du vrai, du tatoué ! Certes, les Black Keys nous en mettent moins la vue, sur une scène qui semble même deux fois trop grande pour eux, mais bien plein les oreilles. Dès les premiers accords, Dan Auerbach met tout le monde d’accord (y compris votre serviteur) en balançant ses riffs incisifs sur « Dead and gone ». Il me fait d’ailleurs penser à un autre prodige de la gratte, Jack White. Coïncidence, l’ex-leader des White Stripes est aussi à l’affiche de cette édition. Oscillant d’un folk US à un rock plus psychédélique, le set connaît cependant des hauts et des bas. Il faut même attendre la deuxième partie, et le long rappel, pour que le groupe retrouve tout son éclat. « Fever », le tube incontournable « Lonely Boy » ou encore « Little Black Submarine » remettent les pendules à l’heure. Et plus intéressant encore « I got mine » se révèle particulièrement audacieux. Un titre issu de leur cinquième LP, « I Got Mine », sorti en 2008. Soit avant « Brothers », et bien entendu « El Camino », deux opus peuplés de tubes en puissance, et à la sensibilité mélodique plus pop. Ce qui leur a permis de faire la tête d’affiche des plus grands festivals. Car, qu’on le veuille ou non les Black Keys sont devenus une machine bien trop huilée. Il semble loin le son garage, un peu crade, qui me mettait dans un état proche de l’Ohio.

Changement de podium et changement de style, pour accueillir trois sœurs dans le vent : les frangines Haim (prononcez Hy-im). C’est qu’elles ont également enchaîné de gros festivals, comme Glastonbury ou le Primavera, juste avant d’atterrir en Pologne. Recueillant les faveurs de nombreux médias, comme artistes à découvrir absolument. Vu le type de public captivé, j’ai d’abord été tenté d’écrire qu’il s’agissait d’un groupe de jeunes filles jouant pour des jeunes filles. Mais passé cette première impression, il faut avouer que les trois artistes féminines se débrouillent plutôt bien en front de scène, éclipsant par conséquent leur propre drummer. Un mâle ! En affichant une aisance presque désinvolte, les Californiennes alignent leurs tubes, cassant cette image pop juvénile qui leur colle à la peau. Elles s’excitent sur leurs grattes et n’hésitent pas à changer de registre, en affichant une belle maîtrise. Ce qui m’autorise à penser qu’elles ont un bel avenir devant elles, même si leur soft rock n’est pas vraiment ma tasse de thé.

Je clôture cette journée par un autre band californien, Foster The People. Il est venu défendre son deuxième opus, fraîchement sorti, « Supermodel ». Le premier elpee, « Torches » regorgeait de hits, un disque qui leur avait permis de décrocher quelques ‘Grammy awards’. Cependant, quand on a gravé un tel disque, difficile de faire mieux. Et on va rapidement s’en rendre compte. Le light show est impeccable. Sur l’estrade, le combo déborde d’énergie. Mais la voix de Mark Foster est un peu trop fluette à mon goût, à tel point que parfois elle devient aussi irritante que celle de Mika. La journée a déjà été bien longue, et je préfère prendre un peu de repos (mérité), sans attendre le final dansant de leur set, « Pumped Up kicks »…

 

 

mercredi, 23 avril 2014 01:00

Séance d’essayage…

En ce 23 avril, Saint-Georges est célébré un peu partout en Angleterre. Et pour fêter cet événement, rien de tel que d’assister au concert de Kaiser Chiefs, un groupe de britpop toujours en vogue, dans une petite salle... Surtout lorsqu’on sait que ce combo a plutôt l’habitude de se produire devant des milliers de spectateurs, que ce soit indoor ou lors de grands rassemblement en plein air. Pour ponctuer sa tournée, et avant d’entamer la saison des festivals d’été (NDR : il est notamment programmé à Dour, ce 20 juillet), il a décidé de réserver à ses aficionados, quelques set intimistes. Dont la Flèche d’Or à Paris, la veille, et l’Orangerie du Botanique, ce soir.

Parfois on se demande pourquoi programmer une première partie. Surtout quand elle ne sert qu’à faire patienter le public. Et le DJ set de l’abonné Brett Summers en est une nouvelle illustration. Il tente pourtant de chauffer la salle. Mais sans succès. Faut dire que les aficionados de Kaiser Chiefs sont déjà agglutinés aux premiers rangs ; et ils attendent le concert principal. Et rien d’autre. La météo clémente invite plutôt à rejoindre le bar ou aller profiter des derniers rayons de soleil en terrasse et jardin.

Drôle d’intro sonore que le titre « War » version Tom Jones (à choisir, celle de Springsteen est quand même meilleure) ! Bref, enfin, les musicos de Kaiser Chiefs montent sur l’estrade comme une équipe de football, prête à aborder un match de ‘Champion’s league’ (NDR : ah oui, c’est vrai il y a une demi-finale ce soir). La prise de risque est minimale en débutant les hostilités par le tube « Everyday I Love You Less and Less ». Dans la foulée, Ricky Wilson, jamais avare de commentaires entre les titres, lance un ‘Brussels, I want to see you dancing !’ Qui ne provoquera guère d’effet. Car bien que chaleureux, le public ne remue pas tellement, et les pogos ne semblent pas figurer au programme de l’auditoire, ce soir. Les chansons s’égrènent et le turbulent leader joue au responsable de vestiaire. Il déplace un par un les blazers que des spectateurs ont entassé sur une enceinte. Et s’amuse à les revêtir au fil des morceaux. Avant d’inviter les propriétaires à récupérer leurs jaquettes sur l’estrade. Et à redescendre dans la fosse, tout en ajoutant ‘You’re wasting my time and the time of all the audience’. Il est vrai que vu la durée de la prestation prévue (NDR : 1h15), il était préférable de ne pas perdre trop de temps. Wilson introduit « The factory gates » par ‘It was the first song of our last album’ et « Coming home », par ‘Now we’ll play the second song’. Ben oui, ce sont deux plages issues de leur dernier elpee, fraîchement paru en mars, « Education, education, education war ». Manifestement, n’y a pas que les compos qui sont directes et un peu bourrues chez Kaiser Chiefs, la communication aussi. Les tubes « I predict a riot » ou « Ruby » ne sont pas oubliés. Et on a bien sûr droit au one-man show rituel du leader qui tour à tour descend dans le public ou lui demande de s’asseoir sur le sol. Il convie également une fan, (NDR : et pas une moche) à danser un slow. Puis, sur « Canons », il fonce comme un boulet vers la table de mixage et retraverse la foule en crowd surfing…

Après une brève interruption, le rappel met à nouveau une plage du dernier opus en évidence, « Meanwhile Up In Heaven », avant un retour aux origines en compagnie du premier single « Oh my god ». 

Bref, un set plutôt court comme annoncé –d’ailleurs quand l’heure de fin d’un spectacle est déjà annoncée, on est mis immédiatement au parfum– mais finalement, très agréable.

(Organisation Botanique)

Set list :

Everyday I Love You Less and Less
Ruffians On Parade 
Everything Is Average Nowadays 
Never Miss a Beat 
Little Shocks 
The Factory Gates 
Coming Home 
You Can Have It All 
Modern Way 
Misery Company 
I Predict A Riot 
Ruby 
Cannons 
The Angry Mob  

Rappel :

Meanwhile Up In Heaven
Oh My God 

 


vendredi, 11 avril 2014 01:00

Un peu de douceur dans ce monde de brutes !

Un peu de douceur dans ce monde de brutes ! En cette fin de semaine printanière, que demander de plus lorsqu’on est installé dans un siège confortable, au Cirque Royal, pour admirer la belle Géorgienne et écouter sa douce voix qui va nous bercer le temps d’une soirée.

Votre serviteur débarque à la fin de la première partie assurée par Joel Harries, qui a le courage d’affronter une salle bondée, seul à la gratte. Ses ballades intimistes, dont le style oscille quelque part entre Jeff Buckley (pour le meilleur) et James Blunt (pour le pire), reçoivent un accueil poli du public.

Peu avant 21 heures, Katie Melua monte tout simplement sur les planches, accompagnée de deux musiciens. Et le décor est tout aussi sobre : quatre paravents surplombés par trois imposants spots vintage poussent les artistes vers l’avant du podium. De manière à donner l’impression que les musicos se produisent dans votre salon. Cette tournée a été baptisée ‘Simplified – First Acoustic European Tour’, car les sets se déroulent sous une formule trio inédite : guitare, basse et piano.

Une robe assez ample et un visage quelque peu bouffi et fatigué alimentent les rumeurs selon lesquelles la chanteuse serait enceinte. A vous de juger, les photos sont ici. Mais qu’importe cette parenthèse people, car dès les premières notes, sa voix douce et envoûtante plantent directement le décor. Et les ondes transmises parviennent directement jusqu’aux spectateurs, confortablement assis, mais qui semblent déjà vibrer sous le charme de la belle brune. D’ailleurs les lumières ne se posent que sur elle. Ses musiciens, discrets mais plutôt expérimentés et efficaces, restent en arrière-plan, dans l’obscurité.

Dans la lignée de son cinquième album « Secret symphony », et du dernier « Ketevan » (NDR : son véritable prénom), le set lorgne donc plus vers le jazz, la country ou le blues. Il faut oublier l’instrumentation plus lourde et les notes électro qui grevaient l’opus « The House », sorti plus tôt, en 2010. Au sein de la setlist, certains titres sortent du lot, comme « Nine Million Bicycles », dont les chiffres dithyrambiques cités égalent presque le nombre de singles vendus. Katie nous réserve, pour certaines chansons, un long commentaire introductif. Elle nous explique ainsi que lors de la promotion de son album, les journalistes lui demandent régulièrement si les compositions sont personnelles. Et celle qui va suivre « Where does the ocean go? » l’est manifestement, puisqu’elle évoque la Mer Noire qui n’a pas changé selon elle, contrairement à son village d’enfance. La prestation bénéficie de quelques variations dans les ambiances, de manière à conserver l’attention de l’auditoire. Ainsi le ténébreux « The flood » est enchaîné au plus énergique « God on Drums, Devil on the Bass ». Et lorsque le band prend congé du public, la plupart des spectateurs décollent enfin de leur siège pour accorder une ‘standing ovation’. Qui se prolonge jusqu’au moment où le groupe décide enfin de revenir sur l’estrade. Un rappel consacré à « Call Off the Search » et surtout une reprise surprenante de « Diamonds are Forever ». Une version que Katie Melua exécute en solo, et joue sous un angle inédit (NDR : c’est ce qu’elle nous certifie). Histoire de manifester un max de délicatesse avant de quitter définitivement la scène et de laisser une délicieuse impression d’avoir passé un bon moment d’intimité auprès de son public…

(Organisation Live Nation)

Set list :

Chase Me
The Cry of the Lone Wolf
Spooky
Dedicated to the One I Love
I Never Fall
Bridge Over Troubled Water
In My Secret Life
Nine Million Bicycles
Where Does the Ocean Go?
Spider's Web
Love Is a Silent Thief
Red Balloons
No Fear Of Heights
Nothin' in the World Can Stop Me Worryin' 'Bout That Girl
The Flood
God on Drums, Devil on the Bass
Shiver and Shake
The Closest Thing to Crazy
Kozmic Blues

Rappel:

Call Off the Search
Diamonds Are Forever

samedi, 05 avril 2014 10:23

Bérurier Noir, macadam massacre

Cette réédition ne me rajeunit pas ; mais alors pas du tout ! Enregistré en décembre 1983, « Macadam massacre » souffle donc ses 20 bougies. Il a été remasterisé en janvier 2004. Soit l’année de leur reformation, le temps de quelques concerts. Comme celui du Dour festival (NDR : la chronique est toujours disponible ici)

Ce premier album, remis au goût du jour, est sans conteste le plus épuré du groupe phare de la scène punk/alternative française. Un morceau d’intro très brouillon mais aux riffs sans concession, et un deuxième au titre évocateur (« Baston ») plantent le décor. Une attitude rebelle bien sûr, mais ténébreuse. Les interventions de guitare ont le chic pour plomber l’ambiance et les couplets ne transpirent pas la joie (« La nuit noire », « J’ai peur »). Leurs compos naviguent alors à des années-lumière de leur période de gloire, soit fin des années 80, lorsque déguisements loufoques et clowneries en tout genre émailleront leurs prestations ‘live’. Après avoir atteint le sommet, Bérurier Noir finira par mourir de sa belle mort, lors d’un concert d’adieu accordé l’Olympia… Sur « Berurier Noir, macadam massacre », la guerre et la mort constituent les thèmes majeurs de leurs lyrics. Difficile de faire plus noir obscur. Les polars français et les films de guerre dramatique des années 80 sont en vogue. Le tempo nous le rappelle, un peu comme le bruit des bottes sur le macadam. Les interventions de sax un peu plus ‘festives’, si caractéristiques chez les Bérus, sont plutôt discrètes, et ne débarquent vraiment que sur le dernier titre, « Noir les horreurs ». Une piste qui laisse néanmoins entrevoir un peu de lumière au bout du tunnel. Car tout au long de l’œuvre, les lyrics dressent un tableau noir susceptible de conduire au suicide.

Le second cd retrace les prémices des Béru. Enregistré quelques mois plus tôt (en mars 1983), il reprend les 6 plages de leur 45tours initial « Nada », et recèle 4 inédits. Autant de morceaux qui ressemblent à des œuvres inachevées ou à des brouillons ou maquettes qui seront réutilisés plus tard, dans leur carrière. Ainsi « Nada 3 » et « Manifeste » incarnent différentes variantes du titre « Lobotomie ». Des inédits qui devraient donc ravir les fans soucieux de découvrir la parturition d’un groupe devenu culte malgré lui, mais qui lancera en France la vague de rock alternatif entre 1983 et le début des années 90.

 

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