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Sebastien Leclercq

Sebastien Leclercq

jeudi, 03 juillet 2014 01:00

Open’er Festival 2014 : jeudi 3 juillet

Sommes-nous bien en juillet 2014 ? Vu les têtes d’affiche –Pearl Jam, Afghan Whigs, etc.– je suis en droit de me poser la question. Maintenant, il est vrai qu’en général, les grands festivals peinent à en dénicher de nouvelles accroches ou à les renouveler. Ce qui explique pourquoi les organisateurs engagent des big bands qui ont marqué les décennies précédentes, afin d’attirer la foule. Mais il n’y a pas que les artistes qui ont pris de l’âge. Les transports en commun, aussi. Tout comme en Belgique, les retards de train sont légion. Aussi, au lieu de 30 minutes de déplacement prévu par l’horaire, je me tape 1h30 de trajet avant de débarquer sur le site… 

Raison pour laquelle je n’assiste qu’à la fin du set de MGMT. Après avoir entamé sa carrière en boulet de canon, la formation étasunienne (NDR : elle est issue du Connecticut) semble éprouver d’énormes difficultés à retrouver son second souffle. Ce qui explique pourquoi elle est programmée si tôt en journée. Les compos sont pourtant variées et la voix d’Andrew Vanwyngarden se révèle tantôt lancinante, tantôt ‘crooneuse’, comme sur le long « Siberian Breaks », mais demeure toujours aussi savoureuse. Bien sûr, le tube « Kids » parvient à faire danser la foule ; d’ailleurs les jolies Polonaises (NDR : oui, oui, vous pouvez me croire…) grimpent sur les épaules de leurs copains. Et elles sont toutes ravies d’être filmées et de passer sur écran géant. Le concert s’achève en douceur par Alien days » et « Congratulations ». Un reproche ? Les sonorités de basse sont beaucoup trop puissantes. Un regret ? Que le spectacle ne se soit pas déroulé au moment du crépuscule, de manière à bien mettre en exergue un light show, qu’on pourrait qualifier de kaléidoscopique ou psychédélique, selon. Bref, un combo à revoir dans de meilleures conditions ; même s’il devait être sevré de jolies Polonaises…

Changement d’atmosphère sous la ‘Tent stage’ (NDR : à la manière de Louis Jouvet dans ‘Hôtel du Nord’, on verrait bien Greg Dulli nous lâcher ‘Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?’) Afghan Whigs fait son come-back. Le concert qu’il avait accordé au Cirque royal, en juin 2012, ne m’avait pas particulièrement emballé. Mais ce soir, il débarque pour défendre un nouvel opus intitulé « Do to the beast », un disque paru en avril 2014. Et la setlist fait d’ailleurs la part belle à ce dernier elpee. « Parked outisde » et « Matamoros » ouvrent le show. « On the corner » nous rappelle l’aventure de Greg Dulli chez les Twilight Singers. Les fans les plus anciens vibrent en écoutant « Gentlemen », « My enemy » ou le très remuant « Miles Iz Ded », combiné en fin de parcours à un plus paisible « Into the floor », qui achève la prestation…

Je décide de zapper d’un concert à l’autre, ensuite. (NDR : de son vrai nom Karen Marie Ørsted) chauffe l’‘Here and now stage’ (NDR : c’est en plein air !) en deux temps trois mouvements. Pas de pause. Pas de sous-vêtements, non plus. Fin mars, La Danoise avait fait un tabac au Botanique. Entre hip-hop mainstream et rock indie, elle assure. Et en extrapolant, on pourrait définir son style comme un mix entre CocoRrosie et sa voisine Lykke Li. Elle conclut par le très paradoxal « Don’t wanna dance », au cours duquel elle est acclamée par un public chaud boulette. De quoi faire oublier quelques moments plus faibles, comme une reprise des Spice Girls ou ces titres inutilement gorgés de beats électros répétitifs…

Finalement, j’aurai peut-être dû aller voir et surtout écouter le concert de Jagwar Ma. Il est beaucoup plus raffiné. Le spectacle se déroule sous le chapiteau de l’Alter stage. L’auditoire est enthousiaste. Les jolies Polonaises (NDR : c’est comme les indiens de Carlos, il y en a partout, finalement) se déhanchent. Le plancher vibre sous le déferlement de beats et de riffs dispensés par le band aussie. Mais comme je débarque en fin de parcours, je vous renvoie au compte-rendu rédigé par mon collègue Redouane (voir ici) pour mieux vous faire une idée du show. Un groupe à suivre, c’est une certitude. Et qui risque de mettre le feu aux festivals auxquels il participera cet été ; comme celui de Dour, où il se produira ce samedi…

La tête d’affiche de cette journée est incontestablement Pearl Jam. Raison pour laquelle bien avant le début des hostilités, les spectateurs sont déjà agglutinés près du podium de la ‘Main stage’. Après son dernier passage à l’Open’er, en 2010, l’auditoire rêve d’un remake. Et il ne va pas être déçu. Eddie Vedder est vêtu d’un vieux jeans et d’un t-shirt à l’effigie ‘peace & love’. Grungy ! Bouteille de vin à la main (NDR : et en réserve), il déboule sur l’estrade un grand sourire aux lèvres. Et dès « Go » et « Corduroy », les pogos (pourtant rares jusqu’alors) se déclenchent. Des tubes comme « Even flow » ou « Jeremy » semblent ne pas avoir pris une ride. Et les nouvelles compos issues du dernier LP « Lightnining Bolt » s’intègrent plutôt bien à l’ensemble. Eddie interprète la cover du « Public Image Limited » de P.I.L. à la manière de John Lydon. Epatant ! Et juste avant le rappel « Rearview mirror » nous en met plein les oreilles. Un ‘encore’ particulièrement généreux, puisque in fine, la prestation va dépasser les 2 heures. « Better man » est repris en chœur par les fans massés aux premiers rangs. Et l’énorme « Alive » constitue manifestement le clou de la soirée. Avant qu’Andrew Vanwyngarden ne vienne se joindre aux chœurs. Eddie s’empresse de vider son stock de vin, et le partage avec ses comparses ou quelques spectateurs, qui entrent alors quasiment en transe. Sympa ! Et la reprise du « Baba O’Riley » des Who résume finalement bien l’esprit du band. Cette chanson commence par les mots ‘I don't need to fight to prove I'm right’. A cet instant, il se confirme qu’il n’a pas besoin de forcer son talent pour s’imposer. Malgré un décor sobre (NDR : autre retour à une forme de simplicité vécue au cours des 90’s), un son et un jeu de scène sans artifice, le concert a été remarquable. La maîtrise des musicos et leur sens de l’harmonie sont intacts. Ce qui explique aussi pourquoi, Pearl Jam nous a permis de vivre un des moments forts de ce festival.

(Organisation Open’er)

mercredi, 02 juillet 2014 01:00

Open’er Festival 2014 : mercredi 2 juillet

Pourquoi se farcir 1 300 km pour assister à un festival qui se déroule au Nord de la Pologne, quand on peut voir les mêmes artistes à Werchter, en Belgique ? Tentatives de réponses ci-dessous.

L’avion Bruxelles-Gdansk transporte une majorité des festivaliers. Il y a même une Louvaniste qui a grandi au rythme de notre festival national, mais elle souhaite changer d’air. Convaincue, tout comme votre serviteur, pour y avoir déjà participé, l’an dernier, que celui proposé en bord de mer Baltique, se distingue par bien des spécificités.

La route est pourtant longue pour arriver aux portes du site de Gdynia. Un site implanté sur un aérodrome qui confère un espace gigantesque. Et un sentiment d’évasion, de propreté et de liberté à la fois. Vu son étendue, il n’y a ici pas vraiment de mouvement de foule, ni de bruit constant. Ni même de brassages de mauvaises odeurs. Le point négatif, ce sont les deux kilomètres qui séparent les deux scènes. Raison pour laquelle, les festivaliers les plus insatiables (NDR : ceux qui veulent voir un maximum de groupes) n’hésitent pas à courir entre les podiums. Heureusement, le terrain est bien entretenu, et ressemble plus à un terrain de football foulé en division supérieure qu’à un champ de patates, en Belgique.

Autre règle susceptible de déstabiliser : la discipline. On croise de très nombreux vigiles aux quatre coins du secteur et on est soumis à une fouille minutieuse dès l’entrée. Avec une tolérance zéro pour les drogues, y compris douces (NDLR : même votre paquet de cigarettes est inspecté de fond en comble). Néanmoins, vous ne verrez ici personne urinant où bon lui semble, allumant des feux intempestifs ou poussant des cris de barbare (style ‘Boeeeren’). Une (trop ?) grande quiétude qui permet d’apprécier les concerts sans être continuellement interrompu par des fêtards ou des parasites. 

Interpol se produit en fin d’après-midi. Toujours aussi peu loquace, Paul Banks parvient à glisser au micro, juste avant de commencer le set du band, un ‘we can enjoy the sunset’. « Say hello to the angels » ouvre logiquement le concert. « Evil » embraie et réveille la foule. Suivi de « C’mere », une nouvelle compo fort intéressante. Elle figurera sur le prochain elpee, « My Desire ». Un titre qui s’achève par des riffs dispensés en crescendo. De quoi briser un peu la monotonie d’un répertoire qui aligne une majorité de compos sculptées dans le post punk ou balisées par une ligne de basse new wave. Malheureusement, le second inédit, « Anywhere », nous replonge dans ce climat monocorde. En outre, son refrain est répétitif et pompeux. Il faut attendre la fin du show pour que le public (et moi-même je l’avoue) s’emballe à nouveau à l’écoute de « PDA » et « Slow hands ».

Vu la critique favorable dont bénéficie le dernier opus de Metronomy, « These songs go places Metronomy never have before, and they do so spectacularly », il était presque obligatoire de vérifier le bien fondé de cette opinion. Hum, non, je ne vois pas pourquoi cette formation bénéficie d’un tel engouement. Les fans d’electro britpop ont bien sûr le loisir de taper dans les mains ou de balancer les bras de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon). Mais laissons ce plaisir aux ados insulaires et aux hipsters qui glorifient leurs remixes. Bien sûr, le band tente parfois de s’éloigner de son électro kitsch pour embrasser un profil rock plus chaleureux. Mais ces bonnes intentions sont de trop courte durée, et invariablement le style retombe dans une forme mainstream acidulée, peut-être second degré, mais finalement irritante.

Bref, mieux vaut retourner sur la main stage, pour savourer du rock, du vrai, du tatoué ! Certes, les Black Keys nous en mettent moins la vue, sur une scène qui semble même deux fois trop grande pour eux, mais bien plein les oreilles. Dès les premiers accords, Dan Auerbach met tout le monde d’accord (y compris votre serviteur) en balançant ses riffs incisifs sur « Dead and gone ». Il me fait d’ailleurs penser à un autre prodige de la gratte, Jack White. Coïncidence, l’ex-leader des White Stripes est aussi à l’affiche de cette édition. Oscillant d’un folk US à un rock plus psychédélique, le set connaît cependant des hauts et des bas. Il faut même attendre la deuxième partie, et le long rappel, pour que le groupe retrouve tout son éclat. « Fever », le tube incontournable « Lonely Boy » ou encore « Little Black Submarine » remettent les pendules à l’heure. Et plus intéressant encore « I got mine » se révèle particulièrement audacieux. Un titre issu de leur cinquième LP, « I Got Mine », sorti en 2008. Soit avant « Brothers », et bien entendu « El Camino », deux opus peuplés de tubes en puissance, et à la sensibilité mélodique plus pop. Ce qui leur a permis de faire la tête d’affiche des plus grands festivals. Car, qu’on le veuille ou non les Black Keys sont devenus une machine bien trop huilée. Il semble loin le son garage, un peu crade, qui me mettait dans un état proche de l’Ohio.

Changement de podium et changement de style, pour accueillir trois sœurs dans le vent : les frangines Haim (prononcez Hy-im). C’est qu’elles ont également enchaîné de gros festivals, comme Glastonbury ou le Primavera, juste avant d’atterrir en Pologne. Recueillant les faveurs de nombreux médias, comme artistes à découvrir absolument. Vu le type de public captivé, j’ai d’abord été tenté d’écrire qu’il s’agissait d’un groupe de jeunes filles jouant pour des jeunes filles. Mais passé cette première impression, il faut avouer que les trois artistes féminines se débrouillent plutôt bien en front de scène, éclipsant par conséquent leur propre drummer. Un mâle ! En affichant une aisance presque désinvolte, les Californiennes alignent leurs tubes, cassant cette image pop juvénile qui leur colle à la peau. Elles s’excitent sur leurs grattes et n’hésitent pas à changer de registre, en affichant une belle maîtrise. Ce qui m’autorise à penser qu’elles ont un bel avenir devant elles, même si leur soft rock n’est pas vraiment ma tasse de thé.

Je clôture cette journée par un autre band californien, Foster The People. Il est venu défendre son deuxième opus, fraîchement sorti, « Supermodel ». Le premier elpee, « Torches » regorgeait de hits, un disque qui leur avait permis de décrocher quelques ‘Grammy awards’. Cependant, quand on a gravé un tel disque, difficile de faire mieux. Et on va rapidement s’en rendre compte. Le light show est impeccable. Sur l’estrade, le combo déborde d’énergie. Mais la voix de Mark Foster est un peu trop fluette à mon goût, à tel point que parfois elle devient aussi irritante que celle de Mika. La journée a déjà été bien longue, et je préfère prendre un peu de repos (mérité), sans attendre le final dansant de leur set, « Pumped Up kicks »…

 

 

mercredi, 23 avril 2014 01:00

Séance d’essayage…

En ce 23 avril, Saint-Georges est célébré un peu partout en Angleterre. Et pour fêter cet événement, rien de tel que d’assister au concert de Kaiser Chiefs, un groupe de britpop toujours en vogue, dans une petite salle... Surtout lorsqu’on sait que ce combo a plutôt l’habitude de se produire devant des milliers de spectateurs, que ce soit indoor ou lors de grands rassemblement en plein air. Pour ponctuer sa tournée, et avant d’entamer la saison des festivals d’été (NDR : il est notamment programmé à Dour, ce 20 juillet), il a décidé de réserver à ses aficionados, quelques set intimistes. Dont la Flèche d’Or à Paris, la veille, et l’Orangerie du Botanique, ce soir.

Parfois on se demande pourquoi programmer une première partie. Surtout quand elle ne sert qu’à faire patienter le public. Et le DJ set de l’abonné Brett Summers en est une nouvelle illustration. Il tente pourtant de chauffer la salle. Mais sans succès. Faut dire que les aficionados de Kaiser Chiefs sont déjà agglutinés aux premiers rangs ; et ils attendent le concert principal. Et rien d’autre. La météo clémente invite plutôt à rejoindre le bar ou aller profiter des derniers rayons de soleil en terrasse et jardin.

Drôle d’intro sonore que le titre « War » version Tom Jones (à choisir, celle de Springsteen est quand même meilleure) ! Bref, enfin, les musicos de Kaiser Chiefs montent sur l’estrade comme une équipe de football, prête à aborder un match de ‘Champion’s league’ (NDR : ah oui, c’est vrai il y a une demi-finale ce soir). La prise de risque est minimale en débutant les hostilités par le tube « Everyday I Love You Less and Less ». Dans la foulée, Ricky Wilson, jamais avare de commentaires entre les titres, lance un ‘Brussels, I want to see you dancing !’ Qui ne provoquera guère d’effet. Car bien que chaleureux, le public ne remue pas tellement, et les pogos ne semblent pas figurer au programme de l’auditoire, ce soir. Les chansons s’égrènent et le turbulent leader joue au responsable de vestiaire. Il déplace un par un les blazers que des spectateurs ont entassé sur une enceinte. Et s’amuse à les revêtir au fil des morceaux. Avant d’inviter les propriétaires à récupérer leurs jaquettes sur l’estrade. Et à redescendre dans la fosse, tout en ajoutant ‘You’re wasting my time and the time of all the audience’. Il est vrai que vu la durée de la prestation prévue (NDR : 1h15), il était préférable de ne pas perdre trop de temps. Wilson introduit « The factory gates » par ‘It was the first song of our last album’ et « Coming home », par ‘Now we’ll play the second song’. Ben oui, ce sont deux plages issues de leur dernier elpee, fraîchement paru en mars, « Education, education, education war ». Manifestement, n’y a pas que les compos qui sont directes et un peu bourrues chez Kaiser Chiefs, la communication aussi. Les tubes « I predict a riot » ou « Ruby » ne sont pas oubliés. Et on a bien sûr droit au one-man show rituel du leader qui tour à tour descend dans le public ou lui demande de s’asseoir sur le sol. Il convie également une fan, (NDR : et pas une moche) à danser un slow. Puis, sur « Canons », il fonce comme un boulet vers la table de mixage et retraverse la foule en crowd surfing…

Après une brève interruption, le rappel met à nouveau une plage du dernier opus en évidence, « Meanwhile Up In Heaven », avant un retour aux origines en compagnie du premier single « Oh my god ». 

Bref, un set plutôt court comme annoncé –d’ailleurs quand l’heure de fin d’un spectacle est déjà annoncée, on est mis immédiatement au parfum– mais finalement, très agréable.

(Organisation Botanique)

Set list :

Everyday I Love You Less and Less
Ruffians On Parade 
Everything Is Average Nowadays 
Never Miss a Beat 
Little Shocks 
The Factory Gates 
Coming Home 
You Can Have It All 
Modern Way 
Misery Company 
I Predict A Riot 
Ruby 
Cannons 
The Angry Mob  

Rappel :

Meanwhile Up In Heaven
Oh My God 

 


vendredi, 11 avril 2014 01:00

Un peu de douceur dans ce monde de brutes !

Un peu de douceur dans ce monde de brutes ! En cette fin de semaine printanière, que demander de plus lorsqu’on est installé dans un siège confortable, au Cirque Royal, pour admirer la belle Géorgienne et écouter sa douce voix qui va nous bercer le temps d’une soirée.

Votre serviteur débarque à la fin de la première partie assurée par Joel Harries, qui a le courage d’affronter une salle bondée, seul à la gratte. Ses ballades intimistes, dont le style oscille quelque part entre Jeff Buckley (pour le meilleur) et James Blunt (pour le pire), reçoivent un accueil poli du public.

Peu avant 21 heures, Katie Melua monte tout simplement sur les planches, accompagnée de deux musiciens. Et le décor est tout aussi sobre : quatre paravents surplombés par trois imposants spots vintage poussent les artistes vers l’avant du podium. De manière à donner l’impression que les musicos se produisent dans votre salon. Cette tournée a été baptisée ‘Simplified – First Acoustic European Tour’, car les sets se déroulent sous une formule trio inédite : guitare, basse et piano.

Une robe assez ample et un visage quelque peu bouffi et fatigué alimentent les rumeurs selon lesquelles la chanteuse serait enceinte. A vous de juger, les photos sont ici. Mais qu’importe cette parenthèse people, car dès les premières notes, sa voix douce et envoûtante plantent directement le décor. Et les ondes transmises parviennent directement jusqu’aux spectateurs, confortablement assis, mais qui semblent déjà vibrer sous le charme de la belle brune. D’ailleurs les lumières ne se posent que sur elle. Ses musiciens, discrets mais plutôt expérimentés et efficaces, restent en arrière-plan, dans l’obscurité.

Dans la lignée de son cinquième album « Secret symphony », et du dernier « Ketevan » (NDR : son véritable prénom), le set lorgne donc plus vers le jazz, la country ou le blues. Il faut oublier l’instrumentation plus lourde et les notes électro qui grevaient l’opus « The House », sorti plus tôt, en 2010. Au sein de la setlist, certains titres sortent du lot, comme « Nine Million Bicycles », dont les chiffres dithyrambiques cités égalent presque le nombre de singles vendus. Katie nous réserve, pour certaines chansons, un long commentaire introductif. Elle nous explique ainsi que lors de la promotion de son album, les journalistes lui demandent régulièrement si les compositions sont personnelles. Et celle qui va suivre « Where does the ocean go? » l’est manifestement, puisqu’elle évoque la Mer Noire qui n’a pas changé selon elle, contrairement à son village d’enfance. La prestation bénéficie de quelques variations dans les ambiances, de manière à conserver l’attention de l’auditoire. Ainsi le ténébreux « The flood » est enchaîné au plus énergique « God on Drums, Devil on the Bass ». Et lorsque le band prend congé du public, la plupart des spectateurs décollent enfin de leur siège pour accorder une ‘standing ovation’. Qui se prolonge jusqu’au moment où le groupe décide enfin de revenir sur l’estrade. Un rappel consacré à « Call Off the Search » et surtout une reprise surprenante de « Diamonds are Forever ». Une version que Katie Melua exécute en solo, et joue sous un angle inédit (NDR : c’est ce qu’elle nous certifie). Histoire de manifester un max de délicatesse avant de quitter définitivement la scène et de laisser une délicieuse impression d’avoir passé un bon moment d’intimité auprès de son public…

(Organisation Live Nation)

Set list :

Chase Me
The Cry of the Lone Wolf
Spooky
Dedicated to the One I Love
I Never Fall
Bridge Over Troubled Water
In My Secret Life
Nine Million Bicycles
Where Does the Ocean Go?
Spider's Web
Love Is a Silent Thief
Red Balloons
No Fear Of Heights
Nothin' in the World Can Stop Me Worryin' 'Bout That Girl
The Flood
God on Drums, Devil on the Bass
Shiver and Shake
The Closest Thing to Crazy
Kozmic Blues

Rappel:

Call Off the Search
Diamonds Are Forever

samedi, 05 avril 2014 10:23

Bérurier Noir, macadam massacre

Cette réédition ne me rajeunit pas ; mais alors pas du tout ! Enregistré en décembre 1983, « Macadam massacre » souffle donc ses 20 bougies. Il a été remasterisé en janvier 2004. Soit l’année de leur reformation, le temps de quelques concerts. Comme celui du Dour festival (NDR : la chronique est toujours disponible ici)

Ce premier album, remis au goût du jour, est sans conteste le plus épuré du groupe phare de la scène punk/alternative française. Un morceau d’intro très brouillon mais aux riffs sans concession, et un deuxième au titre évocateur (« Baston ») plantent le décor. Une attitude rebelle bien sûr, mais ténébreuse. Les interventions de guitare ont le chic pour plomber l’ambiance et les couplets ne transpirent pas la joie (« La nuit noire », « J’ai peur »). Leurs compos naviguent alors à des années-lumière de leur période de gloire, soit fin des années 80, lorsque déguisements loufoques et clowneries en tout genre émailleront leurs prestations ‘live’. Après avoir atteint le sommet, Bérurier Noir finira par mourir de sa belle mort, lors d’un concert d’adieu accordé l’Olympia… Sur « Berurier Noir, macadam massacre », la guerre et la mort constituent les thèmes majeurs de leurs lyrics. Difficile de faire plus noir obscur. Les polars français et les films de guerre dramatique des années 80 sont en vogue. Le tempo nous le rappelle, un peu comme le bruit des bottes sur le macadam. Les interventions de sax un peu plus ‘festives’, si caractéristiques chez les Bérus, sont plutôt discrètes, et ne débarquent vraiment que sur le dernier titre, « Noir les horreurs ». Une piste qui laisse néanmoins entrevoir un peu de lumière au bout du tunnel. Car tout au long de l’œuvre, les lyrics dressent un tableau noir susceptible de conduire au suicide.

Le second cd retrace les prémices des Béru. Enregistré quelques mois plus tôt (en mars 1983), il reprend les 6 plages de leur 45tours initial « Nada », et recèle 4 inédits. Autant de morceaux qui ressemblent à des œuvres inachevées ou à des brouillons ou maquettes qui seront réutilisés plus tard, dans leur carrière. Ainsi « Nada 3 » et « Manifeste » incarnent différentes variantes du titre « Lobotomie ». Des inédits qui devraient donc ravir les fans soucieux de découvrir la parturition d’un groupe devenu culte malgré lui, mais qui lancera en France la vague de rock alternatif entre 1983 et le début des années 90.

 

jeudi, 29 novembre 2018 12:15

Artús

Début 2011, le premier elpee de Familha Artús, « Drac », m’avait complètement bluffé. Ce qui lui avait sans doute valu de sortir sur le célèbre label alternatif du Folklore de la zone mondiale (lancé par les Bérurier Noir). La chronique de cette bombe du pays basque est toujours disponible ici.

Rebaptisé plus sobrement Artùs, le collectif a entre-temps créé sa propre boîte, Pagans. Une écurie, qui se définit comme une plateforme commune pour les groupes, ouverte à la musique improvisée en téléchargement libre et propice à des laboratoires singuliers de rencontres éphémères.

Eponyme, ce nouvel opus constitue le résultat d’un long cheminement où chaque musicien a composé deux morceaux. Quant aux lyrics, ils sont issus de l’œuvre « Cantaplora » de Bernard Manciet, écrits entre 1961 et 1964. Robert Cahuzac était cependant intervenu au préalable, afin de récupérer les textes. Des textes chantés en occitan de Gascogne, mais traduits en français au sein du booklet.

Résultat des courses ? Et bien, on est entraîné au cœur d’un véritable voyage musical à travers les superbes paysages vallonnés et verdoyants des Landes. Entre ciel, mer et terre. Réalisé grâce à un savant dosage entre électro et instruments traditionnels comme la cornemuse, la guitare baryton ou encore le tambourin béarnais. Et lorsque des chants viennent parfois s’y poser, c’est de façon inattendue. Tantôt comme criés du haut d’une colline, tantôt chuchotés dans le creux de l’oreille, voire sous une forme tribale.

Bref, onze titres à écouter en manifestant une ouverture d’esprit aussi profonde que les forêts landaises. Mais susceptibles de procurer leur lot de surprises et de sensations fortes.

 

vendredi, 30 août 2013 14:03

Sziget Festival 2013 (Sébastien Leclercq)

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dimanche, 21 juillet 2013 03:00

Dour Festival 2013 : dimanche 21 juillet

Le programme de la journée est amputé. Pourquoi ? Non pas une mais deux annulations, communiquées en début d’après-midi. Klaxons tout d’abord, mais aussi et surtout Holograms. Pas de quoi gâcher le feu d’artifice final, et encore moins la fête célébrée par les Tropics, rebaptisés pour la circonstance The Belgians.

L’absence des Klaxons n’est qu’une demi-surprise. Les Britanniques viennent, en effet, de déclarer forfait au festival parisien ‘Days off’. ‘Afin de se consacrer aux dernières sessions d'enregistrement de leur futur troisième album studio’, suivant le communiqué de presse destiné à la presse d’outre-Quiévrain. Qu’importe, puisque le combo a été avantageusement remplacé par le band courtraisien Balthazar, qui est donc crédité d’un autre grand festival, cet été.

Par contre pour Holograms, c’est la douche froide. Je vous avais recommandé la formation dans mes ‘highlights’. Parce que leurs prestations en ‘live’ pètent littéralement des flammes. Elle devait, en outre, se produire dans le cadre du Micro festival, de Liège, ce 2 août. Pas de bol, elle fera aussi faux bond…

Lorsque je débarque sur le site de la Machine à Feu, Tryo squatte la Last Arena. Pas trop ma tasse de thé. Je préfère m’éclipser, laissant le grand public, dont de nombreuses familles, applaudir ses idoles hexagonales…   

Kate Nash ? Je ne veux pas manquer son set. Elle est parvenue à gommer les clichés britpop qui avaient grevé son premier opus. A travers un second essai, « Girl Talk », au cours duquel elle durcit littéralement le ton. C’est donc bien une ‘riot girl’ qui s’apprête à monter sur les planches. Le décor est bien planté. Un écran vidéo géant a été installé en en arrière-plan, et quatre petites télés vintage trônent sur les amplis. Un petit road movie est diffusé, avant que les trois musiciennes, vêtues d’une robe à pois plutôt sexy, ne s’emparent des lieux. Et Kate suit ses acolytes, vêtue d’une parure de couleur bordeaux, tout aussi affriolante. Elle est même coiffée d’oreilles de chat, de type fétichiste. Leurs look est aussi léger que leur pop. Et malgré la chaleur étouffante qui règne sur le site, le collectif girl-power semble monté sur ressorts. Les tubes s’enchaînent énergiquement : “Kiss that grrrl”, “Dickhead”, “Foundations”, “Under-estimate the girl”… Et pour corser le spectacle, la chanteuse n’hésite pas à se fondre dans le public, afin de recruter des choristes, pas toujours très doués, il faut le souligner. Ou invite un contingent de filles sur l’estrade, pour participer au final. Manifestement, elle a adopté ce qu’on appelle la ‘Girl-power attitude’.

Rayon découverte, il faut de nouveau se rendre dans la Petite maison de la prairie, pour satisfaire ses aspirations. Pas pour y assister au concert des Ingalls mais de Thee Oh Sees. Leur mélange de punk, rock, garage et psyché est toujours aussi enivrant. Malheureusement, je débarque en fin de parcours. En fait, j’ai un peu perdu mes repères, suite aux modifications de programmation, consécutives à l’annulation de Holograms…

Je décide donc d’aller faire un tour, sous la Cannibal Stage, pour jauger si les décibels font toujours rage. Et pour cause, Biohazard va entamer son set. Biohazard est une figure légendaire du hardcore qui a sévi au cours des 90’s. Le combo s’est d’ailleurs produit à Dour, en 95 et 96. Le line-up n’a pratiquement pas changé. Bien sûr, leur ex-leader, Evan Seinfeld, manque à l’appel. Il  s’est reconverti dans le hard… porno. Scott Roberts, qui a sévi chez Spudmonsters et Cro-Mags, se réserve une des grattes depuis 2011. C’est un peu le petit nouveau. Le chapiteau est bondé. Et la foule déborde même, plusieurs mètres à l’extérieur de la tente. Les pogos et autres circle pits éclatent instantanément. Les vétérans semblent toujours avoir bon pied bon œil et bondissent d’un côté à l’autre de l’estrade. La ligne de basse adopte un profil très nineties. Leur fusion de hardcore old school et de hip hop me fait penser à un boomerang sonore, que l’on prend en pleine poire…

Et puisqu’on évoque les nineties, à 22h30, Smashing Pumpkins investit la grande scène. En toute humilité, je dois avouer que c’est un groupe que j’ai adulé à ses débuts. Gravé en 1991, l’explosif « Gish » (dont aucun titre ne sera interprété ce soir), collait parfaitement au rock indie pratiqué au début de cette décennie. Si « Siamese dreams », publié en 1993, se révélait davantage mainstream, « Mellon Collie and the Infinite Sadness », paru en 1995, osait le retour au concept album. Et brillamment ! Puis le line up a commencé à se lézarder. L’aventure Zwan a tourné en eau de boudin. James Iha, Jimmy Chamberlin et Melissa Auf der Maur ont mis définitivement les voiles. Et lorsque j’ai assisté à la prestation du groupe en 2007, dans le cadre du Pukkelpop, je me suis rendu compte que les citrouilles s’étaient dégonflées. Mais revenons au set de ce soir. Qui ne commence pas trop mal. "Tonight", "Bullet with butterfly wings" et la cover du "Space oddity" de David Bowie mettent le feu aux poudres. Le public, pourtant sceptique au départ, commence à s’enthousiasmer. Mais le soufflet retombe assez rapidement. En fait, dès « Quasar » et « Pale horse », issus de l’elpee tout aussi transparent « Oceania » (NDR : sorti l’année dernière). Quelques titres parviennent cependant à maintenir l’attention des spectateurs (NDR : sous respiration artificielle ?) ; et notamment « Disarm », « Chebub rock » ou encore en fin de parcours, « Ava adore », « Zero » et le final, « Today ». Mais difficile de s’enflammer, lorsqu’on observe l’attitude de Billy Corgan, de plus en plus nonchalante, pour ne pas dire pathétique…

La fête (nationale) ne doit pas être gâchée. Juste après ce spectacle un peu trop mollasson à mon goût, on assiste à un feu d’artifice, lancé depuis l’arrière de la grande scène. Était-ce la surprise prévue pour le 25ème anniversaire du festival ?

Car pour clore le quatrième jour en beauté, rien de tel qu’un set de The Experimental Tropic Blues Band. Surtout quand le trio est encore plus délirant que d’habitude (NDR : si, si, c’est possible !) Rebaptisé pour l’occasion The Belgians, le combo s’est paré des couleurs nationales, soit de noir, jaune et rouge. Et peu importe si un des chanteurs a perdu la voix, puisqu’une fanfare est venue booster le show. Mais également un melting-pot d’images de propagande consacrées à notre Belgitude (NDR : oscillant de nos exploits footballistiques à notre JCVD national). Bref, un grand moment de surréalisme à la Belge. De quoi en jeter plein les yeux à nos visiteurs étrangers. Et lors du final, on assiste à une farandole géante sur l’air de la Brabançonne. Même le Gand Jojo n’y aurait pas pensé ! Un pari réussi donc, et qui n’était pourtant pas gagné d’avance. Et dans la grande histoire du festival, encore un épisode de plus à marquer d’une pierre blanche. C’est une certitude, ce set fera date, au même titre que ceux de Didier Super ou Rémy Bricka.

Quelques chiffres pour terminer cet article. Les organisateurs ont enregistré une fréquentation de 183 000 personnes, du mercredi au dimanche. 35 000 campeurs, 39 0000 entrées le vendredi, 40 000 le jeudi ainsi que le samedi. Record absolu ? Le dimanche. 42 000 festivaliers !

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samedi, 20 juillet 2013 03:00

Dour Festival 2013 : samedi 20 juillet

En cette fin d’après-midi, je croise (NDLR : j’enjambe ?) de nombreux corps étendus sur le sol. On entend également moins de hurlements. Et les batailles de pistolets à eau se sont évaporées. Faut dire que la fatigue commence à entamer les organismes, au troisième jour de festival. Elle est même de plus en plus perceptible sur le visage des festivaliers. Y compris sur celui de votre serviteur, victime des excès de la veille.

Mais de l’énergie, Mass Hysteria en a à revendre. De la bonne et de la positive, en plus. C’est d’ailleurs par « Positif à bloc » qu’il ouvre son set sur la Last Arena. Embrayant par « Tout doit disparaître ». S’avançant à l’orée du podium, comme de valeureux Vikings en terrain conquis, les musicos enchaînent les titres pratiquement sans tant mort. La poussière se soulève au sein des premiers rangs. Les pogos éclatent. Les spectateurs les plus sceptiques et ceux qui ne connaissent pas ou peu le groupe, notamment de jeunes néerlandophones, se décident également à se joindre aux mouvements de foule. Et en fin de parcours, la formation invite une petite centaine de fans à monter sur les planches, afin de participer à la fête traduite par « Contraddiction ». Adoptant un discours constamment zen, le leader Mouss remercie ces aficionados, pour avoir respecté le matériel, ponctuant son propos par ‘Ca aussi c’est le bon esprit rock’n’roll’. Et le combo français d’attaquer « Furia », histoire de bien enfoncer le clou. Bref, fédérateur, ce groupe est vraiment taillé sur mesure pour allumer la Plaine de la Machine à Feu. D’ailleurs, lors de la présentation du band, Ponpon avait déclaré, à juste titre, ‘On n’imagine mal un 25ème anniversaire de Dour sans eux. Eux qui sont déjà venus à quatre reprises, en 1997, 1999, 2005 et 2010’. Et le groupe d’avouer, lors d’une interview accordée à la radio : ‘On fête aussi un anniversaire, celui de nos 20 ans d’existence, et on tenait à ce qu’il passe aussi par Dour’ (NDR : Mass Hysteria n’a sélectionné que quelques dates prestigieuses, dont le Hellfest et les Eurockéennes de Belfort).

Et tant qu’à baigner dans le hardcore, autant s’engouffrer sous la Cannibal Tent. Bleed From Within se produit en lieu et place d’un autre ensemble hexagonal, ETHS, qui lui a joué plus tôt que prévu. Les musicos sont jeunes. Ce qui ne les a pas empêchés de décrocher un Award aux Metal Hammer Golden Gods, en 2013. Des Ecossais aux cheveux longs, couverts de tatouages qui pratiquent du deathcore ! La batterie imprime un tempo frénétique. Les riffs claquent et déchirent l’atmosphère. De quoi déclencher pogos, circles, et autres ‘battles’ à la Bravehart.

Je me rends ensuite sous le Dance Hall, pour quelque peu m’oxygéner l’esprit. La tente est bondée pour accueillir Herbaliser. Encore un collectif fidèle au festival. Et leurs compos font à nouveau mouche, des morceaux qui mêlent savamment funk, hip-hop acid-jazz, tout en n’oubliant pas de les souligner de cuivres (saxophone, trompette), histoire d’apporter une touche ‘lounge’ à l’expression sonore. Un set très agréable à écouter, mais qui ne semble pas avoir tellement évolué au cours des dernières années (NDR : voir reviews concerts et festivals sur Musiczine).

Côté indie, DIIV et Suuns sont programmés à la même heure. Finalement, j’opte pour DIIV, tant son dernier opus « Oshin », sorti en 2012, m’avait bluffé. Lorsque les musicos débarquent sur l’estrade, on remarque leur look grunge. Ils sont également jeunes. Et doivent manifestement vouer un culte à la musique des 90’s. Ce band étasunien, issu de New York City très exactement, adopte cependant, en ‘live’, l’attitude des shoegazers, communiquant très peu avec leur public. Et finalement, si leur set est irréprochable, il ne diffère guère des enregistrements sur disque, ne réservant aucune étincelle particulière.

Je délaisse donc ce concert, à mi-parcours, pour rejoindre celui de Suuns. Il y a de l’électricité dans l’air également, mais beaucoup moins prévisible. Davantage d’énergie dispensée aussi. Le quatuor montréalais combine son électro, parfois minimaliste, aux riffs qu’il développe en crescendo. En n’oubliant pas d’arroser le show d’un lightshow psychédélique. Ce qui rend le spectacle bien plus vivant. Et si certaines compos plus longues sont susceptibles de faire tomber en léthargie le spectateur lambda, les sorties brutales et inattendues des guitares ramènent rapidement tout le monde sur terre. Encore un grand moment du festival. Score au coup de sifflet final : DIIV 1 – Suuns 2. Ce sont les détails qui ont fait la différence !

Changement de style, mais c’est aussi la spécificité de Dour, en compagnie des Ultramagnetic MC’s. Ils se produisent sous le Dance hall. Originaire du Bronx, ce groupe funk issu des 80’s s’est surtout forgé une réputation en faisant un usage intensif du sampler. Mais aussi à cause de textes à la fois déjantés et obscurs. Pas tellement étonnant, quand on sait que l’un des leaders, Kool Keith, a été plusieurs fois interné en hôpital psychiatrique. Ou que certains membres, à l’instar de Rooney Moon, sont constamment compromis dans des démêlés judiciaires. Sur le podium, trois MC’s et un DJ’s s’agitent. Ils dispensent un hip-hop old school à la Cypress Hill, Public Enemy ou House of Pain (qui sont d’ailleurs tous passés par Dour).

Poursuivons l’exploration des styles. Et pourquoi ne pas revoir Devendra Banhart, puisqu’il est capable de mettre tout le monde de bonne humeur ? Enfin c’est ce que je pensais. Tout d’abord, l’artiste a 20 minutes de retard sur l’horaire (NDR : ses techniciens semblaient s’empêtrer dans un fine-tuning sans fin), quand il débarque sur l’estrade, dans la Petite Maison dans la Prairie. En 2005, la foule chantait ses compos en chœur. En 2010, lors d’un set plus électrique, elle ne pouvait résister à taper du pied. Mais aujourd’hui, je ne parviens pas à pénétrer dans l’univers du Texan. Ses compos me semblent un peu trop versatiles, à l’instar de son dernier elpee, « Mala ». Puis, je ne parviens pas trop à comprendre, pourquoi, après seulement quelques titres, il abandonne le chant pour s’isoler discrètement sur le côté droit de la scène, afin de se consacrer à une percussion. Sans avoir oublié de présenter son guitariste Rodriguo Amarante, à qui il refile le micro. La prestation ne ressemble alors vraiment plus à rien. Trop, c’est trop donc.

Et ne voulant pas rester sur cette grosse désillusion, je trouve refuge sous la Jupiler X Marquee, où les Simian Mobile Disco, eux, j’en suis convaincu, ne vont pas nous tromper sur la marchandise. Il ne faudra que quelques titres pour que le band trouve sa vitesse de croisière. Le son finit même par devenir excellent (NDR : sur cette scène, cette qualité a constamment varié d’un set à l’autre). Les deux artisans James Ford et James Shaw se font face, et se livrent une sorte de battle, digne des meilleurs bidouilleurs. Les jeux de lumières flashy transforment rapidement l’espace en discothèque géante. Pas de doute, les Anglais connaissent parfaitement leur sujet. Mais l’heure avance, les basses commencent à accabler mes tympans. Et c’est sagement que je décide de rejoindre mes pénates, histoire ne pas accentuer l’acouphène, car il me reste encore une journée à couvrir…

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vendredi, 19 juillet 2013 03:00

Dour Festival 2013 : vendredi 19 juillet

Le soleil est généreux. Conséquence, un nuage de poussière plane au-dessus de la Plaine de la machine à feu. Cette deuxième journée de festival s’annonce chaude, très chaude même. En route pour un nouveau zapping musical !

En toile de fond, sur la Last Arena, se dresse un drapeau sur lequel le patronyme de Danko Jones est inscrit en lettres majuscules, couleur rouge sang. Pas de doute le trio canadien s’apprête à balancer du lourd. Et il y a plus de 17 ans que leur mélange de punk et de métal, légèrement teinté de blues, fait recette. Les vocaux sont puissants. Les riffs de gratte percutants. Mais le public semble encore assoupi, en cette fin d’après-midi.

Changement d’atmosphère sous la Petite maison dans la praire. Dan Deacon mobilise la foule. Et il va parvenir à la faire danser. Suivant un mécanisme, dont il est le seul à détenir le secret. Dès le troisième titre, il demande à l’audience de s’écarter, afin de former un dance-floor, où les battles/contests vont pouvoir se dérouler. Elles se succèdent en respectant le principe des farandoles, au cours desquelles les deux adversaires choisissent les deux suivants qui vont ensuite s’affronter. Un peu plus tard, une nouvelle chorégraphie improvisée démarre au milieu du parterre et s’étire sur toute l’aile gauche du chapiteau. L’électro de Dan est toujours aussi déjantée, souvent au détriment des vocaux, mais le concours de deux drummers communique une pêche d’enfer au set…

Je n’étais pas trop disposé à aller voir et écouter Mark Lanegan. Faut dire que les derniers concerts auxquels j’ai pu assister, m’ont presque plongé dans un état de léthargie. En fait à l’instar de son pote Greg Dulli (NDR : l’ex-leader d’Afghan Whigs et le boss de Twilight Singers), tout dépend du pied sur lequel il s’est levé. Et il faut croire qu’aujourd’hui, il a choisi le bon côté du lit, car il va nous dispenser une prestation en tous points remarquables. Même que la presse sera unanime pour la saluer. Il faut dire qu’il s’est entouré de musiciens talentueux, dont certains sont belges. Pourtant, pendant une bonne heure, Mark Mark ne va pratiquement pas bouger de posture. Droit, un pied légèrement en avant, le regard plongé dans le vide, il fait même presque peur. Il faut s’approcher du podium pour observer son visage rongé par les excès. Car il exige que seule une lumière rouge l’éclaire, pour bien dissimuler son faciès. Un lightshow qui se transforme rapidement en cauchemar pour les photographes. Mais malgré cette mise en scène, le set est de toute beauté. Les compos se succèdent dans un style qui me rappelle Lou Reed voire un Leonard Cohen, au début de sa carrière. Le songwriter est plus crooner que chanteur, malgré l’intensité électrique véhiculée par sa musique. Pas pour rien qu’à une certaine époque, il a milité chez Queens of The Stone Age. Un des grands moments du festival et finalement une grosse surprise, au vu des prestations inégales accordées, en général, par l’artiste.

Retour face à la Last Arena, où la grande foule n’a pas encore décidé d’installer ses quartiers. Et pourtant, ce sont The Vaccines qui vont bientôt monter sur l’estrade. Caractérisée par sa déferlante de basse, la longue intro est plutôt étourdissante. De quoi décider les retardataires et les curieux à rejoindre l’auditoire. Le band londonien entame les hostilités, sans en faire trop. Directes, mélodieuses leurs compos trempent dans la pop, mais une pop susceptible d’exploser à tout instant. Malheureusement les premier titres sont un peu trop brouillons ou alors carrément crades. Au fil du temps, l’ingénieur du son trouve ses marques, et « Ghost town » permet au set de monter d’un cran. En milieu de parcours, leur tube « Post break-up scene » incite les premiers rangs à remuer. Les musicos se démènent comme de beaux diables. Mais ce qui me frappe toujours autant, c’est la voix si particulière du chanteur. Qui est également le leader du combo. Justin Hayward-Young possède un timbre nasillard qui n’est pas sans rappeler Pete Fijalkowski (du défunt Adorable) et même parfois celui de Richard Ashcroft. En fin de show, la formation insulaire aligne les inévitables « Bad Mood », « If you wanna », « I Always Knew » et « Nordgaard ». Elle semble ravie de jouer ce soir. Faut dire que l’accueil qui lui est réservé est chaleureux. Leurs ‘Oh oh come on’ sont repris en chœur par un public ado qui balance les bras de gauche à droite et semble alors manifestement passer un bon moment…

Il est un peu plus de minuit et les concerts cèdent le relais aux DJs sets. Une fois n’est pas coutume, je décide de prolonger la soirée jusqu’aux petites heures, histoire de vivre un peu plus ce festival de l’intérieur.

Je me laisse donc guider par mes amis clubbers, et me retrouve sous le Dance Hall en compagnie d’Amon Tobin. C’est également un fidèle du festival. En 2005, il avait été rejoint par Mike Patton sur la Red Frequecy. Sa discographie, essentiellement publiée sur le célèbre label Ninja Tune, est impressionnante. Pour la circonstance, c’est son projet Two Fingers (DJ set) qu’il a décidé de mettre sous les feux de la rampe. Ce projet a connu un regain de popularité, en 2013, en signant le thème musical de la série TV nord-américaine, ‘Orphan Black’. Très éclectique, le public est au rendez-vous. Des plus jeunes qui commencent seulement à se réveiller jusqu’aux quadras qui sont venus exclusivement pour le Brésilien. Les compos sont assez variées. Elles oscillent aisément du dubstep à la techno circa 90’s, mais n’hésitent pas à surfer sur le drum’n’bass. Son set d’une petite heure paraît, du coup, trop court. Le public en redemande mais il ne reviendra plus.

Place alors à Sub Focus sur la Last Arena. Derrière ce patronyme se cache Nick Douwma, dont le cv est particulièrement impressionnant. Il affiche ainsi déjà 10 années au compteur. Mais j’avoue humblement n’avoir regardé sa prestation que de (très) loin. Le bar est situé à une bonne cinquantaine de mètres, à l’arrière de la scène. Ce ne sont pas des notes mais plutôt des bières blanches qui vont défiler devant votre serviteur, mais cela aussi c’est vivre le festival de l’intérieur…

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