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    La rédemption de DIIV … « Deceiver », c’est le titre du nouvel elpee de DIIV, un album qui paraîtra chez Captured Tracks, ce 4 octobre 2019.…

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jeudi, 29 novembre 2018 12:15

Artús

Début 2011, le premier elpee de Familha Artús, « Drac », m’avait complètement bluffé. Ce qui lui avait sans doute valu de sortir sur le célèbre label alternatif du Folklore de la zone mondiale (lancé par les Bérurier Noir). La chronique de cette bombe du pays basque est toujours disponible ici.

Rebaptisé plus sobrement Artùs, le collectif a entre-temps créé sa propre boîte, Pagans. Une écurie, qui se définit comme une plateforme commune pour les groupes, ouverte à la musique improvisée en téléchargement libre et propice à des laboratoires singuliers de rencontres éphémères.

Eponyme, ce nouvel opus constitue le résultat d’un long cheminement où chaque musicien a composé deux morceaux. Quant aux lyrics, ils sont issus de l’œuvre « Cantaplora » de Bernard Manciet, écrits entre 1961 et 1964. Robert Cahuzac était cependant intervenu au préalable, afin de récupérer les textes. Des textes chantés en occitan de Gascogne, mais traduits en français au sein du booklet.

Résultat des courses ? Et bien, on est entraîné au cœur d’un véritable voyage musical à travers les superbes paysages vallonnés et verdoyants des Landes. Entre ciel, mer et terre. Réalisé grâce à un savant dosage entre électro et instruments traditionnels comme la cornemuse, la guitare baryton ou encore le tambourin béarnais. Et lorsque des chants viennent parfois s’y poser, c’est de façon inattendue. Tantôt comme criés du haut d’une colline, tantôt chuchotés dans le creux de l’oreille, voire sous une forme tribale.

Bref, onze titres à écouter en manifestant une ouverture d’esprit aussi profonde que les forêts landaises. Mais susceptibles de procurer leur lot de surprises et de sensations fortes.

 

vendredi, 30 août 2013 14:03

Sziget Festival 2013 (Sébastien Leclercq)

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dimanche, 21 juillet 2013 03:00

Dour Festival 2013 : dimanche 21 juillet

Le programme de la journée est amputé. Pourquoi ? Non pas une mais deux annulations, communiquées en début d’après-midi. Klaxons tout d’abord, mais aussi et surtout Holograms. Pas de quoi gâcher le feu d’artifice final, et encore moins la fête célébrée par les Tropics, rebaptisés pour la circonstance The Belgians.

L’absence des Klaxons n’est qu’une demi-surprise. Les Britanniques viennent, en effet, de déclarer forfait au festival parisien ‘Days off’. ‘Afin de se consacrer aux dernières sessions d'enregistrement de leur futur troisième album studio’, suivant le communiqué de presse destiné à la presse d’outre-Quiévrain. Qu’importe, puisque le combo a été avantageusement remplacé par le band courtraisien Balthazar, qui est donc crédité d’un autre grand festival, cet été.

Par contre pour Holograms, c’est la douche froide. Je vous avais recommandé la formation dans mes ‘highlights’. Parce que leurs prestations en ‘live’ pètent littéralement des flammes. Elle devait, en outre, se produire dans le cadre du Micro festival, de Liège, ce 2 août. Pas de bol, elle fera aussi faux bond…

Lorsque je débarque sur le site de la Machine à Feu, Tryo squatte la Last Arena. Pas trop ma tasse de thé. Je préfère m’éclipser, laissant le grand public, dont de nombreuses familles, applaudir ses idoles hexagonales…   

Kate Nash ? Je ne veux pas manquer son set. Elle est parvenue à gommer les clichés britpop qui avaient grevé son premier opus. A travers un second essai, « Girl Talk », au cours duquel elle durcit littéralement le ton. C’est donc bien une ‘riot girl’ qui s’apprête à monter sur les planches. Le décor est bien planté. Un écran vidéo géant a été installé en en arrière-plan, et quatre petites télés vintage trônent sur les amplis. Un petit road movie est diffusé, avant que les trois musiciennes, vêtues d’une robe à pois plutôt sexy, ne s’emparent des lieux. Et Kate suit ses acolytes, vêtue d’une parure de couleur bordeaux, tout aussi affriolante. Elle est même coiffée d’oreilles de chat, de type fétichiste. Leurs look est aussi léger que leur pop. Et malgré la chaleur étouffante qui règne sur le site, le collectif girl-power semble monté sur ressorts. Les tubes s’enchaînent énergiquement : “Kiss that grrrl”, “Dickhead”, “Foundations”, “Under-estimate the girl”… Et pour corser le spectacle, la chanteuse n’hésite pas à se fondre dans le public, afin de recruter des choristes, pas toujours très doués, il faut le souligner. Ou invite un contingent de filles sur l’estrade, pour participer au final. Manifestement, elle a adopté ce qu’on appelle la ‘Girl-power attitude’.

Rayon découverte, il faut de nouveau se rendre dans la Petite maison de la prairie, pour satisfaire ses aspirations. Pas pour y assister au concert des Ingalls mais de Thee Oh Sees. Leur mélange de punk, rock, garage et psyché est toujours aussi enivrant. Malheureusement, je débarque en fin de parcours. En fait, j’ai un peu perdu mes repères, suite aux modifications de programmation, consécutives à l’annulation de Holograms…

Je décide donc d’aller faire un tour, sous la Cannibal Stage, pour jauger si les décibels font toujours rage. Et pour cause, Biohazard va entamer son set. Biohazard est une figure légendaire du hardcore qui a sévi au cours des 90’s. Le combo s’est d’ailleurs produit à Dour, en 95 et 96. Le line-up n’a pratiquement pas changé. Bien sûr, leur ex-leader, Evan Seinfeld, manque à l’appel. Il  s’est reconverti dans le hard… porno. Scott Roberts, qui a sévi chez Spudmonsters et Cro-Mags, se réserve une des grattes depuis 2011. C’est un peu le petit nouveau. Le chapiteau est bondé. Et la foule déborde même, plusieurs mètres à l’extérieur de la tente. Les pogos et autres circle pits éclatent instantanément. Les vétérans semblent toujours avoir bon pied bon œil et bondissent d’un côté à l’autre de l’estrade. La ligne de basse adopte un profil très nineties. Leur fusion de hardcore old school et de hip hop me fait penser à un boomerang sonore, que l’on prend en pleine poire…

Et puisqu’on évoque les nineties, à 22h30, Smashing Pumpkins investit la grande scène. En toute humilité, je dois avouer que c’est un groupe que j’ai adulé à ses débuts. Gravé en 1991, l’explosif « Gish » (dont aucun titre ne sera interprété ce soir), collait parfaitement au rock indie pratiqué au début de cette décennie. Si « Siamese dreams », publié en 1993, se révélait davantage mainstream, « Mellon Collie and the Infinite Sadness », paru en 1995, osait le retour au concept album. Et brillamment ! Puis le line up a commencé à se lézarder. L’aventure Zwan a tourné en eau de boudin. James Iha, Jimmy Chamberlin et Melissa Auf der Maur ont mis définitivement les voiles. Et lorsque j’ai assisté à la prestation du groupe en 2007, dans le cadre du Pukkelpop, je me suis rendu compte que les citrouilles s’étaient dégonflées. Mais revenons au set de ce soir. Qui ne commence pas trop mal. "Tonight", "Bullet with butterfly wings" et la cover du "Space oddity" de David Bowie mettent le feu aux poudres. Le public, pourtant sceptique au départ, commence à s’enthousiasmer. Mais le soufflet retombe assez rapidement. En fait, dès « Quasar » et « Pale horse », issus de l’elpee tout aussi transparent « Oceania » (NDR : sorti l’année dernière). Quelques titres parviennent cependant à maintenir l’attention des spectateurs (NDR : sous respiration artificielle ?) ; et notamment « Disarm », « Chebub rock » ou encore en fin de parcours, « Ava adore », « Zero » et le final, « Today ». Mais difficile de s’enflammer, lorsqu’on observe l’attitude de Billy Corgan, de plus en plus nonchalante, pour ne pas dire pathétique…

La fête (nationale) ne doit pas être gâchée. Juste après ce spectacle un peu trop mollasson à mon goût, on assiste à un feu d’artifice, lancé depuis l’arrière de la grande scène. Était-ce la surprise prévue pour le 25ème anniversaire du festival ?

Car pour clore le quatrième jour en beauté, rien de tel qu’un set de The Experimental Tropic Blues Band. Surtout quand le trio est encore plus délirant que d’habitude (NDR : si, si, c’est possible !) Rebaptisé pour l’occasion The Belgians, le combo s’est paré des couleurs nationales, soit de noir, jaune et rouge. Et peu importe si un des chanteurs a perdu la voix, puisqu’une fanfare est venue booster le show. Mais également un melting-pot d’images de propagande consacrées à notre Belgitude (NDR : oscillant de nos exploits footballistiques à notre JCVD national). Bref, un grand moment de surréalisme à la Belge. De quoi en jeter plein les yeux à nos visiteurs étrangers. Et lors du final, on assiste à une farandole géante sur l’air de la Brabançonne. Même le Gand Jojo n’y aurait pas pensé ! Un pari réussi donc, et qui n’était pourtant pas gagné d’avance. Et dans la grande histoire du festival, encore un épisode de plus à marquer d’une pierre blanche. C’est une certitude, ce set fera date, au même titre que ceux de Didier Super ou Rémy Bricka.

Quelques chiffres pour terminer cet article. Les organisateurs ont enregistré une fréquentation de 183 000 personnes, du mercredi au dimanche. 35 000 campeurs, 39 0000 entrées le vendredi, 40 000 le jeudi ainsi que le samedi. Record absolu ? Le dimanche. 42 000 festivaliers !

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

samedi, 20 juillet 2013 03:00

Dour Festival 2013 : samedi 20 juillet

En cette fin d’après-midi, je croise (NDLR : j’enjambe ?) de nombreux corps étendus sur le sol. On entend également moins de hurlements. Et les batailles de pistolets à eau se sont évaporées. Faut dire que la fatigue commence à entamer les organismes, au troisième jour de festival. Elle est même de plus en plus perceptible sur le visage des festivaliers. Y compris sur celui de votre serviteur, victime des excès de la veille.

Mais de l’énergie, Mass Hysteria en a à revendre. De la bonne et de la positive, en plus. C’est d’ailleurs par « Positif à bloc » qu’il ouvre son set sur la Last Arena. Embrayant par « Tout doit disparaître ». S’avançant à l’orée du podium, comme de valeureux Vikings en terrain conquis, les musicos enchaînent les titres pratiquement sans tant mort. La poussière se soulève au sein des premiers rangs. Les pogos éclatent. Les spectateurs les plus sceptiques et ceux qui ne connaissent pas ou peu le groupe, notamment de jeunes néerlandophones, se décident également à se joindre aux mouvements de foule. Et en fin de parcours, la formation invite une petite centaine de fans à monter sur les planches, afin de participer à la fête traduite par « Contraddiction ». Adoptant un discours constamment zen, le leader Mouss remercie ces aficionados, pour avoir respecté le matériel, ponctuant son propos par ‘Ca aussi c’est le bon esprit rock’n’roll’. Et le combo français d’attaquer « Furia », histoire de bien enfoncer le clou. Bref, fédérateur, ce groupe est vraiment taillé sur mesure pour allumer la Plaine de la Machine à Feu. D’ailleurs, lors de la présentation du band, Ponpon avait déclaré, à juste titre, ‘On n’imagine mal un 25ème anniversaire de Dour sans eux. Eux qui sont déjà venus à quatre reprises, en 1997, 1999, 2005 et 2010’. Et le groupe d’avouer, lors d’une interview accordée à la radio : ‘On fête aussi un anniversaire, celui de nos 20 ans d’existence, et on tenait à ce qu’il passe aussi par Dour’ (NDR : Mass Hysteria n’a sélectionné que quelques dates prestigieuses, dont le Hellfest et les Eurockéennes de Belfort).

Et tant qu’à baigner dans le hardcore, autant s’engouffrer sous la Cannibal Tent. Bleed From Within se produit en lieu et place d’un autre ensemble hexagonal, ETHS, qui lui a joué plus tôt que prévu. Les musicos sont jeunes. Ce qui ne les a pas empêchés de décrocher un Award aux Metal Hammer Golden Gods, en 2013. Des Ecossais aux cheveux longs, couverts de tatouages qui pratiquent du deathcore ! La batterie imprime un tempo frénétique. Les riffs claquent et déchirent l’atmosphère. De quoi déclencher pogos, circles, et autres ‘battles’ à la Bravehart.

Je me rends ensuite sous le Dance Hall, pour quelque peu m’oxygéner l’esprit. La tente est bondée pour accueillir Herbaliser. Encore un collectif fidèle au festival. Et leurs compos font à nouveau mouche, des morceaux qui mêlent savamment funk, hip-hop acid-jazz, tout en n’oubliant pas de les souligner de cuivres (saxophone, trompette), histoire d’apporter une touche ‘lounge’ à l’expression sonore. Un set très agréable à écouter, mais qui ne semble pas avoir tellement évolué au cours des dernières années (NDR : voir reviews concerts et festivals sur Musiczine).

Côté indie, DIIV et Suuns sont programmés à la même heure. Finalement, j’opte pour DIIV, tant son dernier opus « Oshin », sorti en 2012, m’avait bluffé. Lorsque les musicos débarquent sur l’estrade, on remarque leur look grunge. Ils sont également jeunes. Et doivent manifestement vouer un culte à la musique des 90’s. Ce band étasunien, issu de New York City très exactement, adopte cependant, en ‘live’, l’attitude des shoegazers, communiquant très peu avec leur public. Et finalement, si leur set est irréprochable, il ne diffère guère des enregistrements sur disque, ne réservant aucune étincelle particulière.

Je délaisse donc ce concert, à mi-parcours, pour rejoindre celui de Suuns. Il y a de l’électricité dans l’air également, mais beaucoup moins prévisible. Davantage d’énergie dispensée aussi. Le quatuor montréalais combine son électro, parfois minimaliste, aux riffs qu’il développe en crescendo. En n’oubliant pas d’arroser le show d’un lightshow psychédélique. Ce qui rend le spectacle bien plus vivant. Et si certaines compos plus longues sont susceptibles de faire tomber en léthargie le spectateur lambda, les sorties brutales et inattendues des guitares ramènent rapidement tout le monde sur terre. Encore un grand moment du festival. Score au coup de sifflet final : DIIV 1 – Suuns 2. Ce sont les détails qui ont fait la différence !

Changement de style, mais c’est aussi la spécificité de Dour, en compagnie des Ultramagnetic MC’s. Ils se produisent sous le Dance hall. Originaire du Bronx, ce groupe funk issu des 80’s s’est surtout forgé une réputation en faisant un usage intensif du sampler. Mais aussi à cause de textes à la fois déjantés et obscurs. Pas tellement étonnant, quand on sait que l’un des leaders, Kool Keith, a été plusieurs fois interné en hôpital psychiatrique. Ou que certains membres, à l’instar de Rooney Moon, sont constamment compromis dans des démêlés judiciaires. Sur le podium, trois MC’s et un DJ’s s’agitent. Ils dispensent un hip-hop old school à la Cypress Hill, Public Enemy ou House of Pain (qui sont d’ailleurs tous passés par Dour).

Poursuivons l’exploration des styles. Et pourquoi ne pas revoir Devendra Banhart, puisqu’il est capable de mettre tout le monde de bonne humeur ? Enfin c’est ce que je pensais. Tout d’abord, l’artiste a 20 minutes de retard sur l’horaire (NDR : ses techniciens semblaient s’empêtrer dans un fine-tuning sans fin), quand il débarque sur l’estrade, dans la Petite Maison dans la Prairie. En 2005, la foule chantait ses compos en chœur. En 2010, lors d’un set plus électrique, elle ne pouvait résister à taper du pied. Mais aujourd’hui, je ne parviens pas à pénétrer dans l’univers du Texan. Ses compos me semblent un peu trop versatiles, à l’instar de son dernier elpee, « Mala ». Puis, je ne parviens pas trop à comprendre, pourquoi, après seulement quelques titres, il abandonne le chant pour s’isoler discrètement sur le côté droit de la scène, afin de se consacrer à une percussion. Sans avoir oublié de présenter son guitariste Rodriguo Amarante, à qui il refile le micro. La prestation ne ressemble alors vraiment plus à rien. Trop, c’est trop donc.

Et ne voulant pas rester sur cette grosse désillusion, je trouve refuge sous la Jupiler X Marquee, où les Simian Mobile Disco, eux, j’en suis convaincu, ne vont pas nous tromper sur la marchandise. Il ne faudra que quelques titres pour que le band trouve sa vitesse de croisière. Le son finit même par devenir excellent (NDR : sur cette scène, cette qualité a constamment varié d’un set à l’autre). Les deux artisans James Ford et James Shaw se font face, et se livrent une sorte de battle, digne des meilleurs bidouilleurs. Les jeux de lumières flashy transforment rapidement l’espace en discothèque géante. Pas de doute, les Anglais connaissent parfaitement leur sujet. Mais l’heure avance, les basses commencent à accabler mes tympans. Et c’est sagement que je décide de rejoindre mes pénates, histoire ne pas accentuer l’acouphène, car il me reste encore une journée à couvrir…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

vendredi, 19 juillet 2013 03:00

Dour Festival 2013 : vendredi 19 juillet

Le soleil est généreux. Conséquence, un nuage de poussière plane au-dessus de la Plaine de la machine à feu. Cette deuxième journée de festival s’annonce chaude, très chaude même. En route pour un nouveau zapping musical !

En toile de fond, sur la Last Arena, se dresse un drapeau sur lequel le patronyme de Danko Jones est inscrit en lettres majuscules, couleur rouge sang. Pas de doute le trio canadien s’apprête à balancer du lourd. Et il y a plus de 17 ans que leur mélange de punk et de métal, légèrement teinté de blues, fait recette. Les vocaux sont puissants. Les riffs de gratte percutants. Mais le public semble encore assoupi, en cette fin d’après-midi.

Changement d’atmosphère sous la Petite maison dans la praire. Dan Deacon mobilise la foule. Et il va parvenir à la faire danser. Suivant un mécanisme, dont il est le seul à détenir le secret. Dès le troisième titre, il demande à l’audience de s’écarter, afin de former un dance-floor, où les battles/contests vont pouvoir se dérouler. Elles se succèdent en respectant le principe des farandoles, au cours desquelles les deux adversaires choisissent les deux suivants qui vont ensuite s’affronter. Un peu plus tard, une nouvelle chorégraphie improvisée démarre au milieu du parterre et s’étire sur toute l’aile gauche du chapiteau. L’électro de Dan est toujours aussi déjantée, souvent au détriment des vocaux, mais le concours de deux drummers communique une pêche d’enfer au set…

Je n’étais pas trop disposé à aller voir et écouter Mark Lanegan. Faut dire que les derniers concerts auxquels j’ai pu assister, m’ont presque plongé dans un état de léthargie. En fait à l’instar de son pote Greg Dulli (NDR : l’ex-leader d’Afghan Whigs et le boss de Twilight Singers), tout dépend du pied sur lequel il s’est levé. Et il faut croire qu’aujourd’hui, il a choisi le bon côté du lit, car il va nous dispenser une prestation en tous points remarquables. Même que la presse sera unanime pour la saluer. Il faut dire qu’il s’est entouré de musiciens talentueux, dont certains sont belges. Pourtant, pendant une bonne heure, Mark Mark ne va pratiquement pas bouger de posture. Droit, un pied légèrement en avant, le regard plongé dans le vide, il fait même presque peur. Il faut s’approcher du podium pour observer son visage rongé par les excès. Car il exige que seule une lumière rouge l’éclaire, pour bien dissimuler son faciès. Un lightshow qui se transforme rapidement en cauchemar pour les photographes. Mais malgré cette mise en scène, le set est de toute beauté. Les compos se succèdent dans un style qui me rappelle Lou Reed voire un Leonard Cohen, au début de sa carrière. Le songwriter est plus crooner que chanteur, malgré l’intensité électrique véhiculée par sa musique. Pas pour rien qu’à une certaine époque, il a milité chez Queens of The Stone Age. Un des grands moments du festival et finalement une grosse surprise, au vu des prestations inégales accordées, en général, par l’artiste.

Retour face à la Last Arena, où la grande foule n’a pas encore décidé d’installer ses quartiers. Et pourtant, ce sont The Vaccines qui vont bientôt monter sur l’estrade. Caractérisée par sa déferlante de basse, la longue intro est plutôt étourdissante. De quoi décider les retardataires et les curieux à rejoindre l’auditoire. Le band londonien entame les hostilités, sans en faire trop. Directes, mélodieuses leurs compos trempent dans la pop, mais une pop susceptible d’exploser à tout instant. Malheureusement les premier titres sont un peu trop brouillons ou alors carrément crades. Au fil du temps, l’ingénieur du son trouve ses marques, et « Ghost town » permet au set de monter d’un cran. En milieu de parcours, leur tube « Post break-up scene » incite les premiers rangs à remuer. Les musicos se démènent comme de beaux diables. Mais ce qui me frappe toujours autant, c’est la voix si particulière du chanteur. Qui est également le leader du combo. Justin Hayward-Young possède un timbre nasillard qui n’est pas sans rappeler Pete Fijalkowski (du défunt Adorable) et même parfois celui de Richard Ashcroft. En fin de show, la formation insulaire aligne les inévitables « Bad Mood », « If you wanna », « I Always Knew » et « Nordgaard ». Elle semble ravie de jouer ce soir. Faut dire que l’accueil qui lui est réservé est chaleureux. Leurs ‘Oh oh come on’ sont repris en chœur par un public ado qui balance les bras de gauche à droite et semble alors manifestement passer un bon moment…

Il est un peu plus de minuit et les concerts cèdent le relais aux DJs sets. Une fois n’est pas coutume, je décide de prolonger la soirée jusqu’aux petites heures, histoire de vivre un peu plus ce festival de l’intérieur.

Je me laisse donc guider par mes amis clubbers, et me retrouve sous le Dance Hall en compagnie d’Amon Tobin. C’est également un fidèle du festival. En 2005, il avait été rejoint par Mike Patton sur la Red Frequecy. Sa discographie, essentiellement publiée sur le célèbre label Ninja Tune, est impressionnante. Pour la circonstance, c’est son projet Two Fingers (DJ set) qu’il a décidé de mettre sous les feux de la rampe. Ce projet a connu un regain de popularité, en 2013, en signant le thème musical de la série TV nord-américaine, ‘Orphan Black’. Très éclectique, le public est au rendez-vous. Des plus jeunes qui commencent seulement à se réveiller jusqu’aux quadras qui sont venus exclusivement pour le Brésilien. Les compos sont assez variées. Elles oscillent aisément du dubstep à la techno circa 90’s, mais n’hésitent pas à surfer sur le drum’n’bass. Son set d’une petite heure paraît, du coup, trop court. Le public en redemande mais il ne reviendra plus.

Place alors à Sub Focus sur la Last Arena. Derrière ce patronyme se cache Nick Douwma, dont le cv est particulièrement impressionnant. Il affiche ainsi déjà 10 années au compteur. Mais j’avoue humblement n’avoir regardé sa prestation que de (très) loin. Le bar est situé à une bonne cinquantaine de mètres, à l’arrière de la scène. Ce ne sont pas des notes mais plutôt des bières blanches qui vont défiler devant votre serviteur, mais cela aussi c’est vivre le festival de l’intérieur…

(Voir aussi notre section photos ici)

jeudi, 18 juillet 2013 03:00

Dour Festival 2013 : jeudi 18 juillet

Certains événements qui se déroulent au cours de l’année me font toujours prendre conscience à quel point le temps passe vite. Il y a toujours les dates d’anniversaires, les réveillons, mais aussi pour votre serviteur, le festival de Dour (NDR : à propos d’anniv’, c’est le 25ème). Assidûment, depuis plus de deux décennies, je remets le couvert. Et si on parle de temps, cette année, il est particulièrement ensoleillé. Bonne nouvelle donc, pour cette édition, car on ne devra pas s’imposer le port d’un k-way ni jouer à l’équilibriste sur un tapis de boue…

Mais j’ai toujours besoin d’un moment d’adaptation quand j’arrive sur les lieux. Lorsque je pénètre sur la Plaine de la Machine à Feu, je me demande toujours dans quel monde je viens d’atterrir. Il faut dire que les festivaliers purs et durs eux, ont déjà débarqué, pour la plupart, la vieille, et ont déjà passé une nuit (blanche ?) dans un des plus grands campings d’Europe.

La mode est aux lunettes solaires aux montures colorées, mais également aux revolvers à eaux. Et Dour n’y échappe évidemment pas. Bien que le chiffre (record) de 40 000 spectateurs soit annoncé, devant les différents podiums, l’assistance est encore clairsemée, en ce début de soirée.

On ne se bouscule d’ailleurs pas devant la Last Arena, pour voir et écouter la prestation de The Aggrolites, dont les musicos sont tout de noir vêtus. Il faut dire que leurs ska/reggae n’est pas très inspiré. La ligne de basse et la boîte à rythmes finissent même pas me casser les oreilles. Dans leur style, la présence d’une section de cuivres aurait certainement était judicieuse. Pourtant ils se démènent sur les planches, et j’ai même chaud à leur place… Mais un set bien plus intéressant m’attend sous la Jupiler X Marquee.

Est-ce dû à la chaleur encore étouffante qui règne sous ce chapiteau ? Ou parce que la plupart des jeunes glandent au camping ? Mais pour assister au concert de The Horrors, il n’y a que quelques centaines de personnes. Toujours fidèle au poste, Jacques de Pierpont (alias Ponpon) nous rappelle qu’ils s’étaient déjà produits, à Dour, en 2007 et 2009. Je me souviens d’ailleurs très bien de la première fois, à une époque où ils bénéficiaient d’une certaine hype. Ils avaient d’ailleurs été sélectionnés pour participer au ShockWaves NME Awards Tour 2007. Pourtant, outre le côté kitsch de leur déco puisée dans les films de série B, leur spectacle avait plutôt déçu. Six ans plus tard, ces artifices visuels ont disparu. Le combo devrait sortir son quatrième elpee en septembre. Et on sent que ses membres ont acquis de la maturité, en ‘live’. Ce qui donne une autre dimension au groupe. Pourtant le début de parcours est chaotique. Faut croire que les réglages et les balances sont opérés au cours des deux premiers titres. Pire encore, ces cafouillages vont même durer trois-quarts d’heure. Le public quitte alors progressivement les lieux, et il ne reste sur place qu’une centaine de persévérants. Qui seront récompensés par un final de toute beauté. Un « Moving further away » (NDR : issu de l’elpee « Skying », paru en 2011) de 10 bonnes minutes. Le band sort alors du climat nonchalant et ténébreux au sein duquel il était plongé (NDR : et nous avait plongés) pour atteindre le point de rencontre parfait entre Mogwai et les Dandy Warhols au sommet de leur forme. Faris Badwan et sa bande vont (enfin) lâcher toute leur intensité au cours de ce morceau construit en crescendo et transpercé, en son cœur, d’un superbe solo de guitare. (Setlist : Mirrors Idaye – Who Can Say – Scarlett Fields – Endless Blue – First Day Of Spring – Sea – ? – Elixir Spring – Still Life – Moving Further Away)

Retour sur la Last Arena pour Tomahawk. La grande foule n’est pas encore au rendez-vous, mais les premiers rangs sont occupés majoritairement par des trentenaires et quadragénaires. Manifestement la présence de Mike Patton suscite un intérêt certain, auprès de cette génération. En outre, on doit admettre qu’il y a des atomes crochus entre l’ancien leader de Faith No More et le festival. Que ce soit au sein de groupe phare, Fantomas ou de Peeping Tom, ses apparitions ont toujours été remarquées voire même remarquables. Les cheveux gominés, Mike s’excite sur sa boîte à rythmes et son microphone. A l’instar d’Audioslave ou de Velvet Revolver, Tomahawk et un super groupe, puisqu’il implique des membres de Jesus Lizard, Melvins ou encore Helmet (NDR : la batterie sonne d’ailleurs très 90’s). L’ensemble tient la route. Une route toute tracée au milieu des terrils, sur fond de coucher de soleil, à l’Américaine. Mais après avoir suscité un légitime sentiment de curiosité, le set nous laisse sur notre faim. Pas de surprise ni d’éclat. Le côté déjanté est parfaitement maîtrisé. Reste bien sûr une question à se poser : ‘Patton est-il toujours fou ?’ ‘Oh oui’ titrait un confrère photographe.

Quand un festival propose différents spectacles sur plusieurs scènes, il y a toujours des moments où il faut faire des choix cornéliens. Ainsi sur le coup de 22 heures, Bonobo et Trentemøller entrent en concurrence. Je jette un premier et rapide coup d’œil au sein du dance hall. Il est saturé de monde pour accueillir le trip-hop hype de Bonobo, fleuron du non moins label ‘tendance’, Ninja Tunes. Autour du DJ Simon Green, gravitent pas moins de quatre musiciens, dont un surprenant saxophoniste, et suivant les circonstances, la chanteuse black à la voix somptueuse, Szjerdene. Dans un style électro proche des Cinematic Orchestra.

Mais mon cœur penche résolument vers Trentemøller. Première surprise, la Jupiler Marquee est noire de monde, alors qu’elle était désespérément vide lors du concert de The Horrors, exécuté une heure auparavant. Les jeunes se réveillent-ils plus tardivement ? Ou les beats dispensés par le leader danois Anders ont-ils le don de rameuter le peuple ? Après avoir assuré plusieurs opening acts pour Depeche Mode, au cours de ces derniers mois, Trentemøller semble bien rôdé pour réaliser un grand show. Le décor est indus. L’electro baigne davantage dans une forme d’ambient progressive. Mais la cerise sur le gâteau est posée par la chanteuse, Marie Fisker. Atypique, sa voix évoque Channy de Poliça et son physique, Jehnny des Savages. Et la finale, tapissée sur fond de « Lullaby » du Cure et mixée à d’autres sonorités oldies réminiscentes d’Hithouse, va nous confirmer que cette prestation était bien une des meilleures de cette journée.

Les Yeah Yeah Yeahs étaient donc la tête d’affiche de ce jeudi. Mais les têtes d’affiche sont-elles nécessaires à Dour ? Perso, je pense qu’elles ne collent manifestement pas à ce festival... La formation est également programmée sur la Last Arena. Et elle est très attendue. Après avoir gravé un chouette premier LP (« Fever to tell »), elle s’est produite en Belgique, au Bota, au Pukkelpop, puis à Werchter en 2009. Une belle progression ! Sur le podium, en arrière-plan, une bannière affiche trois lettres ‘Y’. Et elles sont gigantesques. Les musiciens montent discrètement sur l’estrade. Ils ont quelques minutes de retard. Suit alors l’excentrique vocaliste Karen O.. Elle est d’origine polonaise et asiatique, et cette ascendance se lit sur les traits de son visage. Son look est toujours aussi extravagant. Chaussée de Converse et exhibant des chaussettes roses, elle est vêtue d’un jeans et d’une veste blanche à paillettes et porte sur le nez, une paire de lunettes ‘mouche’. Paradoxalement, elle ouvre son set par « Mosquito », le titre maître de son dernier opus. Le public est conquis et entame rapidement quelques pas de danse ou se lance dans l’un ou l’autre pogo. Surtout lorsque le band attaque le tube « Heads will roll ». Karen se déhanche, fait le grand écart, crie, avale son micro ou le dissimule près de ses parties intimes. Mais ses frasques finissent par lasser. Pourquoi en fait-elle autant ? En outre, la musique souffre de l’absence d’un véritable claviériste. Comme chez les Ting Tings, le synthé rythme la plupart des titres. Mais il n’y a personne pour occuper ce rôle sur les planches, et on a la pénible impression de se farcir une bande préenregistrée. Heureusement, « Maps », dispensé pour clôturer le set, va quelque peu me consoler. A cause de cette déferlante de riffs de gratte. Le groupe semble avoir pris un réel plaisir en ‘live’. D’ailleurs, le guitariste a régulièrement pris des clichés de l’auditoire. Et le public semblait heureux de leur prestation. Mais j’en reviens à ma question : est-ce que des formations de ce calibre sont vraiment taillées pour ce festival ? Est-ce que ces ‘têtes d’affiches’ correspondent bien à l’esprit de Dour ? Réponse sans doute, d’ici quelques jours…

(Voir aussi notre section photos ici)

samedi, 06 juillet 2013 03:00

Open’er 2013 : samedi 6 juillet

L’occasion est belle, en ce samedi, de visiter les environs du festival polonais. Gdynia appartient à la ‘Tri-cité’ (Trój-miasto) : Gdansk – Sopot – Gdynia. Trois cités proches mais aux spécificités très différentes. Et qui réunissent, à elles seules, plus d’un million d’habitants.

 

Gdansk (Dantzig pour les Allemands) est une magnifique ville portuaire qui a un passé, un futur certain et surtout une âme. Une terre de contrastes, entre d’affreux paysages où s’érige l’industrie lourde, le cadre bucolique de la vieille ville et les abords de la Moltawa. Pas étonnant qu’elle ait posé sa candidature pour devenir capitale européenne de la culture, en 2016. Sopot constitue (toutes proportions gardées) le Saint-Tropez polonais. Une station balnéaire qui revient sur le devant de la scène. Une grande jetée en bois (molo) de plus de 500 mètres prolonge la rue principale jusque dans la mer baltique. C’est également une destination très prisée par les nightclubbers. De quoi permettre aux festivaliers de faire une ‘after’ jusqu’au petit matin. Quant à Gdynia, il aurait fallu disposer d’un peu plus de temps pour pouvoir poser un avis pertinent.  

Car depuis la veille, une rumeur persistante circule. Après 20 heures, aujourd’hui, se déroulera un concert à ne manquer sous aucun prétexte : celui de Crystal Fighters. Suivant les échos recueillis, en 2011, il avait littéralement mis le feu au festival. Et votre serviteur, avait pu vérifier, l’an dernier, dans le cadre du Sziget, l’engouement que suscite le groupe, auprès des populations issues des pays de l’Est. Crystal Fighters s’empare de l’alterklub stage en plein air, et ne va plus nous lâcher. Ce combo anglo-hispanique pratique un mélange improbable entre pop et electro/dance. En extrapolant, on pourrait imaginer le chaînon manquant entre Metronomy et CoCorosie. Encore que pour les sœurs Casady, c’est plutôt l’attitude hippie qui inspire les musicos. Leur premier elpee, « Star of love », est paru en 2010 et a connu un fameux retard à l’allumage. C’est la diffusion d’un spot publicitaire pour un smartphone, utilisant comme bande sonore leur single « Follow », qui va véritablement lancer leur carrière. Ce n’est d’ailleurs pas une première ; ce phénomène est même plus courant qu’on ne l’imagine. « Cave rave », leur second long playing, est paru il y a à peine deux mois. « Sola system » puis le tube « Follow » permettent au band de démarrer sur les chapeaux de roue. Sur les planches, les musiciens bougent dans tous les sens. Et sur le site, les spectateurs aussi. « I love London », « You and I » ou encore « At home » boostent l’ambiance. Sebastian, c’est le leader. Il a un look de maître Krishna. Sa voix et celle d’Eleanor, aux backing vocals, se complètent à merveille. Lors du final, « Xtatic truth », les spectateurs sont invités à s’assoir pour mieux bondir de joie ensuite…

Un petit grief que l’on pourrait adresser au festival, c’est la présence de cette ‘Beatstage’, située à une cinquantaine mètres, derrière la scène principale, sur la gauche. En fait, elle renvoie régulièrement des retours de basses. Et pendant les concerts en plein air, c’est assez désagréable. Je décide cependant, d’aller y jeter un œil. Il y a peu de monde. Pourquoi dès lors les DJs ou ingénieurs du son ne réduisent-ils pas leur consommation de décibels, en fonction du passage des autres artistes ? La question mérite d’être posée…

Bref, cette remarque ne doit pas gâcher la prestation de la tête d’affiche, prévue ce samedi, Kings of Leon. La toute grande foule se masse devant l’Open’er Stage. Si bien qu’il est difficile de s’approcher à moins de 50 mètres. Et dans la série ‘on prend les mêmes et on recommence’, la famille sudiste (NDR : issue du Tennessee, très exactement) participe, presque chaque année, aux plus grands festivals. Pas de changement majeur, cependant, dans leur musique. Les morceaux s’enchaînent, sans émotion ni coup d’éclat, et sont repris en chœur par un public conquis d’avance… (Set list : Crawl/ Four Kicks/ Taper Jean Girl/ My Party/ Molly's Chambers/ The Immortals/ Fans/ Back Down South/ Pyro/ Be Somebody/ It Don't Matter/ The Bucket/ Cold Desert/ Closer/ On Call/ Notion/ Knocked Up/ Use Somebody. Rappel : Radioactive/ Sex on Fire/ Black Thumbnail).

J’aurais voulu assister à la fin du set de Devendra Banhart, mais il ne lui reste qu’un gros quart d’heure à prester, et la Tent stage sous laquelle il se produit est située à une bonne dizaine de minutes de marche de la scène principale. Pas grave, car il revient dans deux semaines au festival de Dour.

Je reste donc près de la main stage, pour finir la soirée en douceur. Y est programmé Steve Reich et l’ensemble moderne. A 76 ans, le musicien et compositeur new-yorkais n’a plus grand-chose à prouver. Durant les 15 premières minutes, Jonny Greenwood (membre de Radiohead) vient interpréter « Electric counterpoint », une longue compo signée Reich, datant de 1987. Le tout sans grand artifice. Seul un light show inonde l’estrade d’une gamme de teintes bleues. Place ensuite à l’ensemble moderne et le « Music for 18 musicians ». Il me semble même qu’ils sont bien plus nombreux... Bientôt 2 heures du matin, le public commence à déserter les lieux ; faut dire que ce type de concert serait mieux adapté en salle, et à une autre heure de la journée.

Sur la route du retour, l’heure est au bilan de ce festival

On épinglera donc

Comme points forts :

- de grands espaces sur le site

- la possibilité de visiter en journée la tri-cité polonaise (cf. ci-dessus)

- les prix d’entrée et des bières, moins chères pour un demi-litre que 25cl en Belgique

- les navettes de bus permanentes et les trains de nuit vers Gdansk

Et comme points faibles :

- la tolérance zéro et les fouilles minutieuses

- le nombre limité de W.C.

- le froid qui tombe rapidement le soir

- la programmation de Steve Reich le samedi soir

 

vendredi, 05 juillet 2013 03:00

Open’er 2013 : vendredi 5 juillet

Nouveau trajet Gdansk-Gdynia pour la seconde soirée de festival. La foule est beaucoup plus dense en cette veille de week-end. 50 000 spectateurs sont annoncés… Mais je ne me souvenais plus que la fouille était aussi minutieuse à l’entrée. Amis belges et hollandais, soyez sur vos gardes : même les paquets de cigarettes sont examinés minutieusement. Seules les clopes ordinaires sont tolérées. Et sur le site, des agents de sécurité contrôlent les jeunes lorsqu’ils sont assis en groupe… Côté météo, la grisaille de la veille a cédé le relais à un soleil généreux.

Skunk Anansie termine son show sur la grande scène par « Charlie Big Potato » et « Little Baby Swastikkka ». Le groupe compte déjà près de 20 années de carrière. Et sa charismatique chanteuse Skin, plus de 45 balais. Mais elle se dandine comme une jeune première, moulée dans un pantalon qui laisse clairement transparaître des sous-vêtements sportifs. En outre, elle ne craint toujours pas les bains de foule. Faut croire que le temps ne semble pas avoir de prise ni sur elle, ni sur ses fidèles musiciens, que ce soit le bassiste Cass ou le guitariste Ace. Le groupe aurait néanmoins intérêt à publier un album percutant, s’il souhaite remonter au sein de l’affiche.  

La musique de These New Puritans, qui se produit sous la ‘Tent stage’, est beaucoup moins facile à cerner. D’ailleurs leur dernier album, « Field of reeds », brouille encore davantage les pistes. Il y a de la pop et du post-punk, mais pas seulement. La voix de Jack Barner passionne autant qu’elle excède. Travaillée, indolente, elle évolue à la limite du faux. La formation dispense de longs morceaux qui découragent une partie du public, déjà pas très nombreux, face au podium (NDR : un petit millier de personnes). Puissantes, les compos sont galvanisées par les drums de George, le frère jumeau de Jack, mais également parfois balayées par une section de cuivres qui tantôt les rend encore plus ténébreuses, tantôt rallume soudainement rallume la flamme, en empruntant une nouvelle direction. Une expression sonore intrigante qui exige une oreille avertie…

Retour vers la grande scène pour un set bien plus prévisible : celui de Queens of The Stone Age. Il nous balance un « Feel good hit of the summer », alors que des images rappelant le clip vidéo défilent sur des écrans installés derrière le groupe. Des corbeaux et des routes américaines y seront régulièrement projetés. Sculpté dans le stoner, « You think I ain't worth a dollar, but I feel like a millionaire » incite la foule à se remuer. « No one knows » embraie, dans le même ordre que sur l’album « Song for the deaf », gravé en 2002. Et dès les premières notes de ce titre-phare, l’enthousiasme du public monte d’un cran. Paradoxalement, le combo n’est vraiment pas pressé d’interpréter les titres de son dernier opus, « Like clockwork ». Il faudra même attendre la fin de parcours pour entendre « My God Is the Sun » et « The Vampyre of Time and Memory ». Des compos nettement moins métalliques mais au cours desquelles Josh Homme peut démontrer toute l’amplitude de ses vocaux. La prestation s’achève par « A song for the dead », encore une plage issue de « Song of deaf »…

Place ensuite à The National. Et à l’instar de Nick Cave, qui s’était produit la veille, leur dernier elpee, « Trouble will find me », n’est guère transcendant. Le climat mélancolique est parfois un peu trop ténébreux. Mais en ‘live’, The National est capable de prendre une toute autre dimension. Tout comme The New Puritans, cet après-midi, une section de cuivres soutient le line up de base. Les frères jumeaux Dessner sont toujours aussi difficiles à différencier. D’autant qu’ils sont les deux guitaristes du band. Et les autres frangins Devendrof sont extrêmement complémentaires, à la basse et à la batterie. Matt Berninger affiche une attitude (faussement ?) éthérée. Sa voix de baryton s’étend sur la plaine comme la brise fraîche et légère de cette fin de soirée. D’entrée de jeu « Fake empire » met tous les spectateurs d’accord. LA grande messe du dimanche matin a commencé. Si « Bloodbuzz Ohio », « Sea of love », « This is the last time » (tous deux issus du dernier opus) ou encore « Sorrow » constituent les moments-clé du set, le reste ne souffre d’aucune faiblesse. Et lors du final, « Terrible love » Matt descend, comme c’est la tradition, une dernière fois allumer le public. C’est sûr The National reste une valeur sûre… en ‘live’ du moins.

Il est déjà deux heures du mat’ ; il est donc grand temps de regagner sagement son appart’. Avec déjà des souvenirs plein la tête, en attendant la suite…

 

jeudi, 04 juillet 2013 03:00

Open’er 2013 : jeudi 4 juillet

Une fois n’est pas coutume, une petite touche de géographie s’impose avant d’attaquer mon compte-rendu. L’Open’er festival se déroule à Gdynia, au (centre) Nord de la Pologne, en bordure de mer Baltique. Des vols low-costs relient Eindhoven ou Cologne à Gdansk (2 heures). Et la compagnie régulière scandinave vous propose même des vols à prix modérés vers Gdynia ou Gdansk, au départ de Bruxelles, avec escale en pays nordique (3 heures y compris cette escale). Seulement voilà, il faut s’y prendre à l’avance, et je ne reçois mon accréditation qu’après d’âpres négociations (merci à Johan), et moins d’une semaine avant le jour ‘J’ ! Je suis donc encore parti pour un long chemin de croix, et un nouveau voyage ‘à l’arrache’, en compagnie de deux acolytes. Après s’être levé à 4h30 du mat’, il a fallu combiner voiture, avion (via Varsovie), train (comptez 6 heures pour le trajet Varsovie-Gdynia), bus, tram et de longues marches, pour atteindre le site du festival. Soit le jeudi soir vers 20 heures. Mais si l’affiche s’aligne sur celle de Werchter, la desserte des lieux est bien plus organisée. Navettes de bus en permanence, débarquement des festivaliers à proximité de l’entrée du site, et surtout de grands espaces qui ne donnent jamais l’impression de devoir vivre dans une boîte à sardines. En fait, l’événement se déroule en bordure de l’aérodrome Kosakowo.

Ma soirée débute par la fin du set de Tame Impala. A l’instar de leur fameux clip « Elephant », le jeu de lumière est plutôt flashy et kaléidoscopique. Tout comme pour leur dernier album, « Lonerism », la musique oscille entre rock expérimental et psychédélisme. Un concert qui aurait gagné à se dérouler sous un chapiteau plutôt que sur ce podium central. La chaleur de l’après-midi a laissé place à des averses incessantes. Mais c’est surtout une pluie d’applaudissements qui s’abat en fin de parcours…

Les techniciens s’activent sur l’estrade (NDR : il n’y a que peu de temps mort entre chaque prestation). Deux grands pylônes d’éclairage à l’arrière de la scène forment un A et un M inclinés. Pas de doute donc, les Arctic Monkeys vont débouler sur les planches. Et l’entamer par un « Do you wanna know », issu du dernier opus. Enchaînant aussitôt par deux tubes qui remontent à leurs débuts, en 2007, « Brianstorm » et « Dancing shoes ». De quoi se rendre compte de l’évolution du groupe, en ‘live’, sur 5 ans. Un show beaucoup plus mature et posé, à l’image de son leader, Alex Turner. Un petit incident technique causé par la guitare durant « R U mine » ne perturbera même pas le déroulement minuté du concert.

Car les surprises, elles se dénichent ailleurs. Comme sur l’Alterklub stage, où Matisyahu termine sa prestation. Il s’est produit, il y a quelques jours, en Belgique, dans le cadre du Couleur Café. Et comme lors du festival bruxellois, l’ambiance y est plus conviviale. Quelques milliers de personnes assistent au spectacle, devant cette seconde scène en plein air, contre quelque dizaines de milliers sur la principale. La formation propose un savant mélange de reggae, dub et hip-hop. Les interventions du guitariste sont particulièrement solides ; il nous balance même des riffs capables de prendre le relais de la beatbox. Le leader, Matthew (Matisyahu en hébreu), nous réserve une véritable démonstration au chant, passant d’un registre à l’autre avec puissance et décontraction à la fois. En outre, l’aspect religieux (juif hassidique) n’est pas trop pompeux. Bref, un artiste à redécouvrir.

Mais il est déjà minuit, le moment choisi par Nick Cave pour s’emparer de la scène principale. Il a publié, il y a quelques mois un LP intitulé « Push the sky away », qui m’a laissé mi figue-raisin. Et le line up est aujourd’hui orphelin de pions majeurs, comme Mick Harvey et Blixa Bargeld, même s’il a été compensé par le renfort d’Ed Kuepper. Néanmoins, l’Australien va une nouvelle fois démontrer qu’il reste une bête de scène. En nous réserver un véritable best-of. Le quinquagénaire se dépense comme un beau diable. Il ne reste pas figé au milieu de l’estrade, et vient le plus souvent chanter en front-stage, auprès de ses fans. Il n’hésite pas à demander aussi à son auditoire quel titre il souhaite entendre. Lui répondant meme par un ‘OK, we’ll play “Red right hand” for you, it’s a song from the Arctic Monkeys’. De quoi clôturer sur une note humoristique, cette soirée déjà bien chargée, sachant que les jours suivants ne seront pas davantage de tout repos, pour les jambes et les oreilles.

 

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Et même plus encore lorsqu'il nous recommande sur son propre mur.

Félicitations au rédacteur néerlandophone Gerrit Van De Vijver.

Et merci Roger, ‘Take the long way home !’

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