• Où ça en est si Ceylon
    Où ça en est si Ceylon Ceylon est une formation toulousaine, dont le premier album, « Où ça en est », paraîtra ce 24 janvier 2020. Il fait…

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Sebastien Leclercq

Sebastien Leclercq

jeudi, 18 juillet 2013 03:00

Dour Festival 2013 : jeudi 18 juillet

Certains événements qui se déroulent au cours de l’année me font toujours prendre conscience à quel point le temps passe vite. Il y a toujours les dates d’anniversaires, les réveillons, mais aussi pour votre serviteur, le festival de Dour (NDR : à propos d’anniv’, c’est le 25ème). Assidûment, depuis plus de deux décennies, je remets le couvert. Et si on parle de temps, cette année, il est particulièrement ensoleillé. Bonne nouvelle donc, pour cette édition, car on ne devra pas s’imposer le port d’un k-way ni jouer à l’équilibriste sur un tapis de boue…

Mais j’ai toujours besoin d’un moment d’adaptation quand j’arrive sur les lieux. Lorsque je pénètre sur la Plaine de la Machine à Feu, je me demande toujours dans quel monde je viens d’atterrir. Il faut dire que les festivaliers purs et durs eux, ont déjà débarqué, pour la plupart, la vieille, et ont déjà passé une nuit (blanche ?) dans un des plus grands campings d’Europe.

La mode est aux lunettes solaires aux montures colorées, mais également aux revolvers à eaux. Et Dour n’y échappe évidemment pas. Bien que le chiffre (record) de 40 000 spectateurs soit annoncé, devant les différents podiums, l’assistance est encore clairsemée, en ce début de soirée.

On ne se bouscule d’ailleurs pas devant la Last Arena, pour voir et écouter la prestation de The Aggrolites, dont les musicos sont tout de noir vêtus. Il faut dire que leurs ska/reggae n’est pas très inspiré. La ligne de basse et la boîte à rythmes finissent même pas me casser les oreilles. Dans leur style, la présence d’une section de cuivres aurait certainement était judicieuse. Pourtant ils se démènent sur les planches, et j’ai même chaud à leur place… Mais un set bien plus intéressant m’attend sous la Jupiler X Marquee.

Est-ce dû à la chaleur encore étouffante qui règne sous ce chapiteau ? Ou parce que la plupart des jeunes glandent au camping ? Mais pour assister au concert de The Horrors, il n’y a que quelques centaines de personnes. Toujours fidèle au poste, Jacques de Pierpont (alias Ponpon) nous rappelle qu’ils s’étaient déjà produits, à Dour, en 2007 et 2009. Je me souviens d’ailleurs très bien de la première fois, à une époque où ils bénéficiaient d’une certaine hype. Ils avaient d’ailleurs été sélectionnés pour participer au ShockWaves NME Awards Tour 2007. Pourtant, outre le côté kitsch de leur déco puisée dans les films de série B, leur spectacle avait plutôt déçu. Six ans plus tard, ces artifices visuels ont disparu. Le combo devrait sortir son quatrième elpee en septembre. Et on sent que ses membres ont acquis de la maturité, en ‘live’. Ce qui donne une autre dimension au groupe. Pourtant le début de parcours est chaotique. Faut croire que les réglages et les balances sont opérés au cours des deux premiers titres. Pire encore, ces cafouillages vont même durer trois-quarts d’heure. Le public quitte alors progressivement les lieux, et il ne reste sur place qu’une centaine de persévérants. Qui seront récompensés par un final de toute beauté. Un « Moving further away » (NDR : issu de l’elpee « Skying », paru en 2011) de 10 bonnes minutes. Le band sort alors du climat nonchalant et ténébreux au sein duquel il était plongé (NDR : et nous avait plongés) pour atteindre le point de rencontre parfait entre Mogwai et les Dandy Warhols au sommet de leur forme. Faris Badwan et sa bande vont (enfin) lâcher toute leur intensité au cours de ce morceau construit en crescendo et transpercé, en son cœur, d’un superbe solo de guitare. (Setlist : Mirrors Idaye – Who Can Say – Scarlett Fields – Endless Blue – First Day Of Spring – Sea – ? – Elixir Spring – Still Life – Moving Further Away)

Retour sur la Last Arena pour Tomahawk. La grande foule n’est pas encore au rendez-vous, mais les premiers rangs sont occupés majoritairement par des trentenaires et quadragénaires. Manifestement la présence de Mike Patton suscite un intérêt certain, auprès de cette génération. En outre, on doit admettre qu’il y a des atomes crochus entre l’ancien leader de Faith No More et le festival. Que ce soit au sein de groupe phare, Fantomas ou de Peeping Tom, ses apparitions ont toujours été remarquées voire même remarquables. Les cheveux gominés, Mike s’excite sur sa boîte à rythmes et son microphone. A l’instar d’Audioslave ou de Velvet Revolver, Tomahawk et un super groupe, puisqu’il implique des membres de Jesus Lizard, Melvins ou encore Helmet (NDR : la batterie sonne d’ailleurs très 90’s). L’ensemble tient la route. Une route toute tracée au milieu des terrils, sur fond de coucher de soleil, à l’Américaine. Mais après avoir suscité un légitime sentiment de curiosité, le set nous laisse sur notre faim. Pas de surprise ni d’éclat. Le côté déjanté est parfaitement maîtrisé. Reste bien sûr une question à se poser : ‘Patton est-il toujours fou ?’ ‘Oh oui’ titrait un confrère photographe.

Quand un festival propose différents spectacles sur plusieurs scènes, il y a toujours des moments où il faut faire des choix cornéliens. Ainsi sur le coup de 22 heures, Bonobo et Trentemøller entrent en concurrence. Je jette un premier et rapide coup d’œil au sein du dance hall. Il est saturé de monde pour accueillir le trip-hop hype de Bonobo, fleuron du non moins label ‘tendance’, Ninja Tunes. Autour du DJ Simon Green, gravitent pas moins de quatre musiciens, dont un surprenant saxophoniste, et suivant les circonstances, la chanteuse black à la voix somptueuse, Szjerdene. Dans un style électro proche des Cinematic Orchestra.

Mais mon cœur penche résolument vers Trentemøller. Première surprise, la Jupiler Marquee est noire de monde, alors qu’elle était désespérément vide lors du concert de The Horrors, exécuté une heure auparavant. Les jeunes se réveillent-ils plus tardivement ? Ou les beats dispensés par le leader danois Anders ont-ils le don de rameuter le peuple ? Après avoir assuré plusieurs opening acts pour Depeche Mode, au cours de ces derniers mois, Trentemøller semble bien rôdé pour réaliser un grand show. Le décor est indus. L’electro baigne davantage dans une forme d’ambient progressive. Mais la cerise sur le gâteau est posée par la chanteuse, Marie Fisker. Atypique, sa voix évoque Channy de Poliça et son physique, Jehnny des Savages. Et la finale, tapissée sur fond de « Lullaby » du Cure et mixée à d’autres sonorités oldies réminiscentes d’Hithouse, va nous confirmer que cette prestation était bien une des meilleures de cette journée.

Les Yeah Yeah Yeahs étaient donc la tête d’affiche de ce jeudi. Mais les têtes d’affiche sont-elles nécessaires à Dour ? Perso, je pense qu’elles ne collent manifestement pas à ce festival... La formation est également programmée sur la Last Arena. Et elle est très attendue. Après avoir gravé un chouette premier LP (« Fever to tell »), elle s’est produite en Belgique, au Bota, au Pukkelpop, puis à Werchter en 2009. Une belle progression ! Sur le podium, en arrière-plan, une bannière affiche trois lettres ‘Y’. Et elles sont gigantesques. Les musiciens montent discrètement sur l’estrade. Ils ont quelques minutes de retard. Suit alors l’excentrique vocaliste Karen O.. Elle est d’origine polonaise et asiatique, et cette ascendance se lit sur les traits de son visage. Son look est toujours aussi extravagant. Chaussée de Converse et exhibant des chaussettes roses, elle est vêtue d’un jeans et d’une veste blanche à paillettes et porte sur le nez, une paire de lunettes ‘mouche’. Paradoxalement, elle ouvre son set par « Mosquito », le titre maître de son dernier opus. Le public est conquis et entame rapidement quelques pas de danse ou se lance dans l’un ou l’autre pogo. Surtout lorsque le band attaque le tube « Heads will roll ». Karen se déhanche, fait le grand écart, crie, avale son micro ou le dissimule près de ses parties intimes. Mais ses frasques finissent par lasser. Pourquoi en fait-elle autant ? En outre, la musique souffre de l’absence d’un véritable claviériste. Comme chez les Ting Tings, le synthé rythme la plupart des titres. Mais il n’y a personne pour occuper ce rôle sur les planches, et on a la pénible impression de se farcir une bande préenregistrée. Heureusement, « Maps », dispensé pour clôturer le set, va quelque peu me consoler. A cause de cette déferlante de riffs de gratte. Le groupe semble avoir pris un réel plaisir en ‘live’. D’ailleurs, le guitariste a régulièrement pris des clichés de l’auditoire. Et le public semblait heureux de leur prestation. Mais j’en reviens à ma question : est-ce que des formations de ce calibre sont vraiment taillées pour ce festival ? Est-ce que ces ‘têtes d’affiches’ correspondent bien à l’esprit de Dour ? Réponse sans doute, d’ici quelques jours…

(Voir aussi notre section photos ici)

samedi, 06 juillet 2013 03:00

Open’er 2013 : samedi 6 juillet

L’occasion est belle, en ce samedi, de visiter les environs du festival polonais. Gdynia appartient à la ‘Tri-cité’ (Trój-miasto) : Gdansk – Sopot – Gdynia. Trois cités proches mais aux spécificités très différentes. Et qui réunissent, à elles seules, plus d’un million d’habitants.

 

Gdansk (Dantzig pour les Allemands) est une magnifique ville portuaire qui a un passé, un futur certain et surtout une âme. Une terre de contrastes, entre d’affreux paysages où s’érige l’industrie lourde, le cadre bucolique de la vieille ville et les abords de la Moltawa. Pas étonnant qu’elle ait posé sa candidature pour devenir capitale européenne de la culture, en 2016. Sopot constitue (toutes proportions gardées) le Saint-Tropez polonais. Une station balnéaire qui revient sur le devant de la scène. Une grande jetée en bois (molo) de plus de 500 mètres prolonge la rue principale jusque dans la mer baltique. C’est également une destination très prisée par les nightclubbers. De quoi permettre aux festivaliers de faire une ‘after’ jusqu’au petit matin. Quant à Gdynia, il aurait fallu disposer d’un peu plus de temps pour pouvoir poser un avis pertinent.  

Car depuis la veille, une rumeur persistante circule. Après 20 heures, aujourd’hui, se déroulera un concert à ne manquer sous aucun prétexte : celui de Crystal Fighters. Suivant les échos recueillis, en 2011, il avait littéralement mis le feu au festival. Et votre serviteur, avait pu vérifier, l’an dernier, dans le cadre du Sziget, l’engouement que suscite le groupe, auprès des populations issues des pays de l’Est. Crystal Fighters s’empare de l’alterklub stage en plein air, et ne va plus nous lâcher. Ce combo anglo-hispanique pratique un mélange improbable entre pop et electro/dance. En extrapolant, on pourrait imaginer le chaînon manquant entre Metronomy et CoCorosie. Encore que pour les sœurs Casady, c’est plutôt l’attitude hippie qui inspire les musicos. Leur premier elpee, « Star of love », est paru en 2010 et a connu un fameux retard à l’allumage. C’est la diffusion d’un spot publicitaire pour un smartphone, utilisant comme bande sonore leur single « Follow », qui va véritablement lancer leur carrière. Ce n’est d’ailleurs pas une première ; ce phénomène est même plus courant qu’on ne l’imagine. « Cave rave », leur second long playing, est paru il y a à peine deux mois. « Sola system » puis le tube « Follow » permettent au band de démarrer sur les chapeaux de roue. Sur les planches, les musiciens bougent dans tous les sens. Et sur le site, les spectateurs aussi. « I love London », « You and I » ou encore « At home » boostent l’ambiance. Sebastian, c’est le leader. Il a un look de maître Krishna. Sa voix et celle d’Eleanor, aux backing vocals, se complètent à merveille. Lors du final, « Xtatic truth », les spectateurs sont invités à s’assoir pour mieux bondir de joie ensuite…

Un petit grief que l’on pourrait adresser au festival, c’est la présence de cette ‘Beatstage’, située à une cinquantaine mètres, derrière la scène principale, sur la gauche. En fait, elle renvoie régulièrement des retours de basses. Et pendant les concerts en plein air, c’est assez désagréable. Je décide cependant, d’aller y jeter un œil. Il y a peu de monde. Pourquoi dès lors les DJs ou ingénieurs du son ne réduisent-ils pas leur consommation de décibels, en fonction du passage des autres artistes ? La question mérite d’être posée…

Bref, cette remarque ne doit pas gâcher la prestation de la tête d’affiche, prévue ce samedi, Kings of Leon. La toute grande foule se masse devant l’Open’er Stage. Si bien qu’il est difficile de s’approcher à moins de 50 mètres. Et dans la série ‘on prend les mêmes et on recommence’, la famille sudiste (NDR : issue du Tennessee, très exactement) participe, presque chaque année, aux plus grands festivals. Pas de changement majeur, cependant, dans leur musique. Les morceaux s’enchaînent, sans émotion ni coup d’éclat, et sont repris en chœur par un public conquis d’avance… (Set list : Crawl/ Four Kicks/ Taper Jean Girl/ My Party/ Molly's Chambers/ The Immortals/ Fans/ Back Down South/ Pyro/ Be Somebody/ It Don't Matter/ The Bucket/ Cold Desert/ Closer/ On Call/ Notion/ Knocked Up/ Use Somebody. Rappel : Radioactive/ Sex on Fire/ Black Thumbnail).

J’aurais voulu assister à la fin du set de Devendra Banhart, mais il ne lui reste qu’un gros quart d’heure à prester, et la Tent stage sous laquelle il se produit est située à une bonne dizaine de minutes de marche de la scène principale. Pas grave, car il revient dans deux semaines au festival de Dour.

Je reste donc près de la main stage, pour finir la soirée en douceur. Y est programmé Steve Reich et l’ensemble moderne. A 76 ans, le musicien et compositeur new-yorkais n’a plus grand-chose à prouver. Durant les 15 premières minutes, Jonny Greenwood (membre de Radiohead) vient interpréter « Electric counterpoint », une longue compo signée Reich, datant de 1987. Le tout sans grand artifice. Seul un light show inonde l’estrade d’une gamme de teintes bleues. Place ensuite à l’ensemble moderne et le « Music for 18 musicians ». Il me semble même qu’ils sont bien plus nombreux... Bientôt 2 heures du matin, le public commence à déserter les lieux ; faut dire que ce type de concert serait mieux adapté en salle, et à une autre heure de la journée.

Sur la route du retour, l’heure est au bilan de ce festival

On épinglera donc

Comme points forts :

- de grands espaces sur le site

- la possibilité de visiter en journée la tri-cité polonaise (cf. ci-dessus)

- les prix d’entrée et des bières, moins chères pour un demi-litre que 25cl en Belgique

- les navettes de bus permanentes et les trains de nuit vers Gdansk

Et comme points faibles :

- la tolérance zéro et les fouilles minutieuses

- le nombre limité de W.C.

- le froid qui tombe rapidement le soir

- la programmation de Steve Reich le samedi soir

 

vendredi, 05 juillet 2013 03:00

Open’er 2013 : vendredi 5 juillet

Nouveau trajet Gdansk-Gdynia pour la seconde soirée de festival. La foule est beaucoup plus dense en cette veille de week-end. 50 000 spectateurs sont annoncés… Mais je ne me souvenais plus que la fouille était aussi minutieuse à l’entrée. Amis belges et hollandais, soyez sur vos gardes : même les paquets de cigarettes sont examinés minutieusement. Seules les clopes ordinaires sont tolérées. Et sur le site, des agents de sécurité contrôlent les jeunes lorsqu’ils sont assis en groupe… Côté météo, la grisaille de la veille a cédé le relais à un soleil généreux.

Skunk Anansie termine son show sur la grande scène par « Charlie Big Potato » et « Little Baby Swastikkka ». Le groupe compte déjà près de 20 années de carrière. Et sa charismatique chanteuse Skin, plus de 45 balais. Mais elle se dandine comme une jeune première, moulée dans un pantalon qui laisse clairement transparaître des sous-vêtements sportifs. En outre, elle ne craint toujours pas les bains de foule. Faut croire que le temps ne semble pas avoir de prise ni sur elle, ni sur ses fidèles musiciens, que ce soit le bassiste Cass ou le guitariste Ace. Le groupe aurait néanmoins intérêt à publier un album percutant, s’il souhaite remonter au sein de l’affiche.  

La musique de These New Puritans, qui se produit sous la ‘Tent stage’, est beaucoup moins facile à cerner. D’ailleurs leur dernier album, « Field of reeds », brouille encore davantage les pistes. Il y a de la pop et du post-punk, mais pas seulement. La voix de Jack Barner passionne autant qu’elle excède. Travaillée, indolente, elle évolue à la limite du faux. La formation dispense de longs morceaux qui découragent une partie du public, déjà pas très nombreux, face au podium (NDR : un petit millier de personnes). Puissantes, les compos sont galvanisées par les drums de George, le frère jumeau de Jack, mais également parfois balayées par une section de cuivres qui tantôt les rend encore plus ténébreuses, tantôt rallume soudainement rallume la flamme, en empruntant une nouvelle direction. Une expression sonore intrigante qui exige une oreille avertie…

Retour vers la grande scène pour un set bien plus prévisible : celui de Queens of The Stone Age. Il nous balance un « Feel good hit of the summer », alors que des images rappelant le clip vidéo défilent sur des écrans installés derrière le groupe. Des corbeaux et des routes américaines y seront régulièrement projetés. Sculpté dans le stoner, « You think I ain't worth a dollar, but I feel like a millionaire » incite la foule à se remuer. « No one knows » embraie, dans le même ordre que sur l’album « Song for the deaf », gravé en 2002. Et dès les premières notes de ce titre-phare, l’enthousiasme du public monte d’un cran. Paradoxalement, le combo n’est vraiment pas pressé d’interpréter les titres de son dernier opus, « Like clockwork ». Il faudra même attendre la fin de parcours pour entendre « My God Is the Sun » et « The Vampyre of Time and Memory ». Des compos nettement moins métalliques mais au cours desquelles Josh Homme peut démontrer toute l’amplitude de ses vocaux. La prestation s’achève par « A song for the dead », encore une plage issue de « Song of deaf »…

Place ensuite à The National. Et à l’instar de Nick Cave, qui s’était produit la veille, leur dernier elpee, « Trouble will find me », n’est guère transcendant. Le climat mélancolique est parfois un peu trop ténébreux. Mais en ‘live’, The National est capable de prendre une toute autre dimension. Tout comme The New Puritans, cet après-midi, une section de cuivres soutient le line up de base. Les frères jumeaux Dessner sont toujours aussi difficiles à différencier. D’autant qu’ils sont les deux guitaristes du band. Et les autres frangins Devendrof sont extrêmement complémentaires, à la basse et à la batterie. Matt Berninger affiche une attitude (faussement ?) éthérée. Sa voix de baryton s’étend sur la plaine comme la brise fraîche et légère de cette fin de soirée. D’entrée de jeu « Fake empire » met tous les spectateurs d’accord. LA grande messe du dimanche matin a commencé. Si « Bloodbuzz Ohio », « Sea of love », « This is the last time » (tous deux issus du dernier opus) ou encore « Sorrow » constituent les moments-clé du set, le reste ne souffre d’aucune faiblesse. Et lors du final, « Terrible love » Matt descend, comme c’est la tradition, une dernière fois allumer le public. C’est sûr The National reste une valeur sûre… en ‘live’ du moins.

Il est déjà deux heures du mat’ ; il est donc grand temps de regagner sagement son appart’. Avec déjà des souvenirs plein la tête, en attendant la suite…

 

jeudi, 04 juillet 2013 03:00

Open’er 2013 : jeudi 4 juillet

Une fois n’est pas coutume, une petite touche de géographie s’impose avant d’attaquer mon compte-rendu. L’Open’er festival se déroule à Gdynia, au (centre) Nord de la Pologne, en bordure de mer Baltique. Des vols low-costs relient Eindhoven ou Cologne à Gdansk (2 heures). Et la compagnie régulière scandinave vous propose même des vols à prix modérés vers Gdynia ou Gdansk, au départ de Bruxelles, avec escale en pays nordique (3 heures y compris cette escale). Seulement voilà, il faut s’y prendre à l’avance, et je ne reçois mon accréditation qu’après d’âpres négociations (merci à Johan), et moins d’une semaine avant le jour ‘J’ ! Je suis donc encore parti pour un long chemin de croix, et un nouveau voyage ‘à l’arrache’, en compagnie de deux acolytes. Après s’être levé à 4h30 du mat’, il a fallu combiner voiture, avion (via Varsovie), train (comptez 6 heures pour le trajet Varsovie-Gdynia), bus, tram et de longues marches, pour atteindre le site du festival. Soit le jeudi soir vers 20 heures. Mais si l’affiche s’aligne sur celle de Werchter, la desserte des lieux est bien plus organisée. Navettes de bus en permanence, débarquement des festivaliers à proximité de l’entrée du site, et surtout de grands espaces qui ne donnent jamais l’impression de devoir vivre dans une boîte à sardines. En fait, l’événement se déroule en bordure de l’aérodrome Kosakowo.

Ma soirée débute par la fin du set de Tame Impala. A l’instar de leur fameux clip « Elephant », le jeu de lumière est plutôt flashy et kaléidoscopique. Tout comme pour leur dernier album, « Lonerism », la musique oscille entre rock expérimental et psychédélisme. Un concert qui aurait gagné à se dérouler sous un chapiteau plutôt que sur ce podium central. La chaleur de l’après-midi a laissé place à des averses incessantes. Mais c’est surtout une pluie d’applaudissements qui s’abat en fin de parcours…

Les techniciens s’activent sur l’estrade (NDR : il n’y a que peu de temps mort entre chaque prestation). Deux grands pylônes d’éclairage à l’arrière de la scène forment un A et un M inclinés. Pas de doute donc, les Arctic Monkeys vont débouler sur les planches. Et l’entamer par un « Do you wanna know », issu du dernier opus. Enchaînant aussitôt par deux tubes qui remontent à leurs débuts, en 2007, « Brianstorm » et « Dancing shoes ». De quoi se rendre compte de l’évolution du groupe, en ‘live’, sur 5 ans. Un show beaucoup plus mature et posé, à l’image de son leader, Alex Turner. Un petit incident technique causé par la guitare durant « R U mine » ne perturbera même pas le déroulement minuté du concert.

Car les surprises, elles se dénichent ailleurs. Comme sur l’Alterklub stage, où Matisyahu termine sa prestation. Il s’est produit, il y a quelques jours, en Belgique, dans le cadre du Couleur Café. Et comme lors du festival bruxellois, l’ambiance y est plus conviviale. Quelques milliers de personnes assistent au spectacle, devant cette seconde scène en plein air, contre quelque dizaines de milliers sur la principale. La formation propose un savant mélange de reggae, dub et hip-hop. Les interventions du guitariste sont particulièrement solides ; il nous balance même des riffs capables de prendre le relais de la beatbox. Le leader, Matthew (Matisyahu en hébreu), nous réserve une véritable démonstration au chant, passant d’un registre à l’autre avec puissance et décontraction à la fois. En outre, l’aspect religieux (juif hassidique) n’est pas trop pompeux. Bref, un artiste à redécouvrir.

Mais il est déjà minuit, le moment choisi par Nick Cave pour s’emparer de la scène principale. Il a publié, il y a quelques mois un LP intitulé « Push the sky away », qui m’a laissé mi figue-raisin. Et le line up est aujourd’hui orphelin de pions majeurs, comme Mick Harvey et Blixa Bargeld, même s’il a été compensé par le renfort d’Ed Kuepper. Néanmoins, l’Australien va une nouvelle fois démontrer qu’il reste une bête de scène. En nous réserver un véritable best-of. Le quinquagénaire se dépense comme un beau diable. Il ne reste pas figé au milieu de l’estrade, et vient le plus souvent chanter en front-stage, auprès de ses fans. Il n’hésite pas à demander aussi à son auditoire quel titre il souhaite entendre. Lui répondant meme par un ‘OK, we’ll play “Red right hand” for you, it’s a song from the Arctic Monkeys’. De quoi clôturer sur une note humoristique, cette soirée déjà bien chargée, sachant que les jours suivants ne seront pas davantage de tout repos, pour les jambes et les oreilles.

 

Quand le co-fondateur et chanteur de Supertramp, Roger Hodgson nous "like" sur notre page Facebook cela fait plaisir.

Et même plus encore lorsqu'il nous recommande sur son propre mur.

Félicitations au rédacteur néerlandophone Gerrit Van De Vijver.

Et merci Roger, ‘Take the long way home !’

https://www.facebook.com/rogerhodgson

https://www.facebook.com/musiczine.net/posts/10151665562411948?comment_id=28978289&offset=0&total_comments=1

 

 

mardi, 26 février 2013 02:00

Les Nuits de l’Alligator

Le festival ‘Les Nuits de l’Alligator’ permet à plusieurs groupes ou artistes, imprégnés à des degrés divers au blues/roots, de tourner à Paris et en province. Un festival itinérant qui en 2013, s’est arrêté 26 fois dans 23 villes différentes. Cette 8ème édition se déroulait du 5 au 26 février, et transitait notamment par le Grand mix à Tourcoing. Le 6, s’y produisait les revenants Gallon Drunk ; et ce 26 Motorama ainsi que Wovenhand.

Motorama ouvre les hostilités. Ce combo russe commence à prendre de l’envergure. Aux Pays-Bas, en Allemagne et en Angleterre, il s’est ainsi illustré dans des salles prestigieuses. En Belgique, il s’est produit au ‘trendy’ Madame Moustache de Bruxelles, un endroit plus intimiste. Dès les premiers accords, le band nous plonge dans son post punk revivaliste. Le début du set se révèle plutôt introspectif. Les lumières sont tamisées. Le baryton du leader me fait immédiatement penser à Matt Berninger, le chanteur de The National (NDR : coïncidence, les deux formations sont signées chez le même label, Talitres). Parfois, le spectre d’I Like Trains hante leurs compos. Bien maîtrisées, elles montent progressivement en crescendo. Les musicos viennent souvent au bord de l’estrade. En fin de parcours, le chanteur se lâche et entame quelques pas de danse saccadés, un peu comme s’il voulait pasticher Ian Curtis. Malgré toutes ces références, leur prestation tient parfaitement la route. Motorama est certainement à suivre de très près, d’autant qu’à ce jour, il n’a publié que deux albums et qu’il a encore une belle marge de progression devant lui…

En septembre dernier Wovenhand nous livrait un concert remarquable à l’Eden de Charleroi. J’avais donc vraiment envie de revivre ces moments privilégiés. Première constatation le line up est réduit à un trio. Gregory Garcia Jr a quitté le navire. Et Chuck French a troqué sa guitare contre une basse. Il y a donc une gratte en moins. Evidemment, la musique en devient moins électrique. Explosif, le dernier opus du band, « The laughing stalk », était davantage sculpté dans le rock que le folk. Ce soir, sa transposition en live –la set list se concentrant largement sur cet opus– est beaucoup moins percutante. « Sinking hands » et « A Holy measure » accentuent pourtant le feeling appalachien de l’expression sonore. De quoi permettre au charismatique David Eugene Edwards d’exprimer ses convictions religieuses. Mais j’éprouve énormément de difficultés à entrer dans l’univers de Wovenhand, ce soir. Mon fol enthousiasme est retombé. Pourquoi ? Pourquoi ai-je l’impression de ne pas vivre le meilleur concert du groupe ? L’enchaînement trop rapide des titres ? La durée du set ? Une heure et dix minutes, en tout ! Même le rappel me semble bâclé. « Whistling girl » est un titre sublime. Il est mentionné sur la setlist. Mais ne sera pas interprété. A la place, on a dû se contenter du très pâle « Kicking Bird »…

Wovenhand nous doit une revanche. Jugez plutôt ce que votre serviteur racontait de la prestation accordée à l’Eden de Charleroi ici, et vous comprendrez plus facilement la raison de ma déception.

Setlist

-  Closer
-  Maize
-  In the Temple
-  Sinking Hands
-  Kingdom Of Ice
-  Long horn
-  As wool
-  Good shepherd
-  The Speaking Hands
-  Holy Measure
-  His Rest
-  King o king

Rappel

-  Whistling girl (NDLR : sur la setlist mais passé à la trappe !)
-  Kicking Bird

Motorama + Wovenhand

(Organisation : Les Nuits de l'Alligator)

 

vendredi, 28 septembre 2012 03:00

Sur le sentier de la guerre…

En me rendant à ce concert, mon objectif était double. D’abord, compenser une grave lacune : celle de ne jamais avoir mis les pieds à l’Eden à Charleroi. Cette salle est capable d’accueillir 750 personnes, en configuration debout, lorsque les gradins sont accessibles. Mais ce soir, le groupe a demandé de se produire en formule ‘club’. La capacité est donc réduite à 312 places assises. Ce qui confère aux lieux une ambiance intimiste tout en favorisant la communion (?!?!?!) entre le band et le public. Ensuite, c’était l’occasion de revoir Wovenhand sous une autre formule ; le concert accordé en compagnie des Muzsikas, en 2010, ne m’ayant guère convaincu. Enfin, le moment était idéal, puisque le nouvel opus de la formation étasunienne, « The laughing stalk », bien que plus musclé, tient parfaitement la route…

La prestation s’ouvre par la plage finale de cet elpee, le très bruitiste « Glistening black ». Faut dire que l’opus est nettement plus rock que folk. Appuyés, les riffs de guitare évoluent même à la limite du punk. Le départ de Pascal Humbert a été compensé par l’arrivée de deux jeunes musicos chevelus et tatoués. Un guitariste et un bassiste. Ce dernier a la tête enserrée par un superbe bandana rouge. Il ressemble à un Apache (Cochise ? Geronimo ?). Des nouveaux collaborateurs qui apportent inévitablement du sang neuf à l’expression sonore. Et ce changement est aussi perceptible sur scène : David Eugene Edwards (DEE) ne reste plus vissé sur sa chaise, mais se produit bel et bien debout. Un détail qui a toute son importance. Car cette situation communique davantage d’énergie au show. Pas moins de cinq titres du dernier album s’enchaînent sans temps mort (NDR : dont « Closer » et « Long horn »). Avant que « Sinking hands » et un peu plus tard « Speaking hands » ne contentent les fans de la première heure. L’ambiance au sein de l’auditoire demeure paradoxalement paisible. Ce qui n’est pas plus mal. Pas de chahut intempestif. Pas de lourdaud qui vous cache la vue en filmant la scène à l’aide de son gsm ou de groupie adolescente gesticulant aux premiers rangs. Fin de cette première partie de spectacle, Wovenhand nous réserve le point d’orgue du spectacle : un « Holy measure » de toute beauté. On est comme transporté au cœur des montagnes Appalaches. Et tout au long de l’intermède précédant le rappel, des percussions indiennes (NDR : comme avant le début du concert d’ailleurs) prolongent cette vision de cette région de l’Amérique profonde, autrefois peuplée de Creeks, Cherokees et Iroquois. Ces rythmes tribaux finissent par envoûter une partie des spectateurs dont certains commencent à se lever. Avant que DEE et sa bande ne reviennent pour interpréter deux titres. Dont en finale, un « As wool » particulièrement puissant. A l’instar des compos figurant sur leur dernier long playing, faut-il le rappeler…

En tournée pour l’instant, Wovenhand a un agenda particulièrement chargé. Pour la Belgique, il s’agit déjà du cinquième concert accordé dont quatre au Nord du pays. Un privilège lorsqu’on sait que cette date était intercalée entre les deux seules prévues pour la France, soit à Paris et Rouen. Et DEE sera également de retour chez nous, le 29/10 au Vooruit de Gand, en compagnie du groupe mythique australien Crime and the City Solution.

L’Eden de Charleroi accueillera ce 9 novembre Stupeflip (NDR : des provocateurs en puissance !) et Reptile Youth ce 8 décembre. La formation danoise que l’on compare déjà aux explosifs Friendly Fires se produira cependant dans la brasserie, local d’une capacité de 250 places.

(Orgnisation : CC de Charleroi – Eden)

Programme complet sur : www.pba-eden.be

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mercredi, 11 juillet 2012 03:00

Brussels Summer Festival : mercredi 11 juillet

Après une journée maussade, les nuages se dissipent et cèdent la place à un large soleil que l’on n’avait plus vu depuis longtemps. La soirée s’annonce bien. Enfin presque, car c’est un peu le labyrinthe pour atteindre le site du BSF. La police, présente en masse, a quadrillé les rues adjacentes, mais sans trop savoir où se situe l’entrée. Après quelques allers-retours, nous arrivons enfin devant les Bains de la ville de Bruxelles (NDR : dont la piscine, caractérisée par sa baie vitrée et son architecture ancestrale, vaut le détour). 

Et quel cadre original que cette Place du jeu de balle ! Un haut-lieu du marché de la brocante ouvert chaque matin. Les badauds à la recherche de fripes en tout genre laissent cependant aujourd’hui la place à un public tout aussi hétéroclite. On y croise une pléiade de journalistes pro, mais également des bobos, des altermondialistes purs et durs ou encore de vieux punks nostalgiques de la Mano Negra. Sans oublier les enfants qui respirent littéralement la joie de vivre. Bref, un auditoire de tous les styles et de tous les âges… Ce coucher de soleil sur le quartier des Marolles apporte au décor une touche world supplémentaire, si elle était encore nécessaire. Et même si les deux soirées ont été décrétées sold-out, on déambule encore aisément parmi les 5 000 personnes présentes…

Programmé en première partie, La Troba Kung-Fú chauffe déjà bien le public, même si celui-ci n’est massé que timidement devant le podium. Les files devant les tickets boissons et bars sont nettement plus longues (NDR : une situation qui apportera de l’eau au moulin chez les éternels insatisfaits). Toutefois le groupe semble avoir entraîné son contingent de fans, surtout d’origine hispanique. Il faut dire que son leader, Joan Garriga, est une figure emblématique du rock catalan ; son groupe Dusminguet s’est d’ailleurs forgé une solide réputation en Espagne. Allègre, leur ska évolue à mi-chemin entre celui des vétérans de Negu Gorriak et du band plus contemporain à Fermin Muguraza. Le tout baignant dans un climat mestizo.

Un peu avant 21 heures, La Ventura déboule sur les planches. Un line up qui ne diffère pas tellement de l’ancienne formation Radio Bemba (NDR : en fait, on dénombre moins de musiciens sur l’estrade). A la basse et au clavier, le fidèle Jean-Michel Gambit (dit Gambeat) met déjà l’ambiance. Avant que Manu Chao n’arrive en bondissant. Il n’en faut pas plus pour allumer un public conquis d’avance. Pendant plus de deux heures (NDR : émaillées de plusieurs rappels), les tubes vont s’enchaîner : « Clandestino », « Me gustas tu », « Rainin in paradise », « Politik kills », « Mala vida », etc. Quelques nouveaux titres, quand même. On ne compte plus les ‘hoyo-yo-yo’ repris en chœur, les sirènes qui ressortent de la boîte à rythme, ni les démarrages punks répétitifs. Bref rien de bien neuf à l’horizon (NDR : ou sous le soleil, fait tellement rare en ce début d’été, pour le souligner). Pas de délire collectif non plus, comme celui qui avait retourné l’AB en avril 1991, lors des deux concerts accordés par la Mano. Finalement, minimaliste mais bien rôdée, la prestation s’est révélée plutôt proche de celle dispensée à l’Openluchttheater Rivierenhof d’Anvers, un an plus tôt. Heureusement, la ferveur du public favorisée par une météo favorable, a transformé ce set sans surprise, en fête collective…

Organisation : Brussel Summer Festival (BSF)

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Manu Chao (La Ventura) + La Troba Kung-Fú

 

 

 

 

jeudi, 16 février 2012 16:07

Lviv Sessions

Du ‘russian jazz/indie’, c’est ce qui m’était annoncé, lorsque j’ai accepté de chroniquer cet opus.

Tanya Balakyrska est originaire de Kramatorsk, en Ukraine, mais réside à Dubna (NDR : c’est à 125 kilomètres, au Nord de Moscou). Elle jouit d’une certaine notoriété comme journaliste et bosse comme éditorialiste chez jazz.ru.

Après avoir participé à différents projets (NDR : notamment Fan et le trio Yekaterinburg Free-Spoken Band), elle décide de se lancer dans une aventure solo.

Dès les premières notes de « New Horizon », le ton est donné : la musique sera dominée par le jazz. Mais un jazz bien contemporain. Les interventions à la basse et les percus alimentent tout particulièrement ces pulsations rythmiques swinguantes. Une expression sonore sur laquelle vient se poser la voix de Tanya, dont le timbre peut rappeler Sade.

Si « Auburn-haired maiden » lorgne vers la lounge, et pourrait aisément sonoriser un resto branché, « Thank you god » épouse un format plus pop.

Pourtant, si les lyrics sont empreints de poésie, textes pour lesquels elle a reçu le concours de la Canadienne Sienna Dahlen, je ne retrouve pas chez Tanya Balakyrska les sonorités bien spécifiques des pays de l’Est. Et c’est cette identité propre qui manque à cet album qui devrait cependant plaire aux aficionados de Morcheeba voire de Devotchka.

 

jeudi, 16 février 2012 15:56

Stage whisper

L’année 2011 a été bien remplie pour Charlotte Gainsbourg. Elle a en effet accouché de son troisième enfant, ainsi que de ce double album, intitulé « Stage Whisper ».

Cet opus réunit 11 enregistrements live et 8 nouveaux titres studio, dont 4 écrits par Beck. Un Beck que l’on retrouve à la production, tout comme Noah & the Whale, The Villagers ou encore Connan Mockasin.

Sur « Terrible angels», le titre d’ouverture, l’empreinte de Beck (à l’écriture et à la production) est bien visible (ou plutôt audible). La voix de Charlotte berce littéralement « Memoir », une longue ballade. Une voix toujours imparfaite, mais qui vient se poser délicatement sur cette compo signée Conor O’Brien et Renaud Letang.

Pour le reste, cette partie ‘studio’ semble provenir de chutes de bandes, abandonnées lors d’une session d’enregistrement. De quoi satisfaire les fans, mais pas vraiment en rameuter de nouveaux. Pas de quoi non plus remonter sa cote de popularité dans les critiques, qui ont tendance à la délaisser au profit d’autres artistes issues de l’Hexagone.

Le live est bien plus intéressant et surtout diversifié. Depuis l’entraînant « IRM », caractérisé par son côté disco/pop, au plus intimiste « Just like heaven », en passant par un « Heaven can wait » plus allègre que sa version studio.

C’est d’ailleurs de ses enregistrements en public que nous est donc venue la bonne surprise. Elle qui  fuyait la foule comme la peste ou semblait si angoissée lors de ses rares passages TV, nous épaterait presque par moment.

Et si à l’image de feu son père, son chant n’est jamais impeccable, Charlotte semble tout comme ‘Gainsbarre’ perfectionniste. Peut-être qu’un jour, elle parviendra à conquérir sa France…

 

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