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Sebastien Leclercq

Sebastien Leclercq

vendredi, 07 décembre 2018 09:43

Deux vents de folie…

La météo est à la tempête ce vendredi. Les averses se multiplient avant de débarquer à Forest. Tout comme ce qui nous attend à l’intérieur ce soir, par ailleurs…

Prodigy était déjà parvenu à faire trembler les murs de Forest National en 2009. L'un de ses meilleurs concerts, selon les fans. Et aussi celui qui avait le plus fait vibrer le sol bruxellois (NDR : sans doute à égalité avec celui de Faithless en 2001). Ce soir, la foule est moins dense. Le prix des tickets chute sur Ticketswap au fil des heures. Les deuxièmes étages sont d’ailleurs condamnés, conférant la formule club à la salle. Sans doute la conséquence de l'omniprésence de Prodigy lors des festivals d'été ? Ou d'un agenda de concerts chargé à cette même période ? (NDR : Editors remplit une deuxième fois le Cirque et Magnus cumule plusieurs soirées de suite à l'AB).

Les premières parties manquent parfois d'intérêt. Mais pas ce soir. Slaves avait déjà fait forte impression à Dour en 2016. Et va encore confirmer, malgré un tout petit espace sur la toute grande scène (NDR : une batterie minimaliste, une guitare, son logo sur tubes néons et quelques amplis). Un matos de David face à celui de Goliath, en tête d’affiche. Le DJ bruxellois a la bonne idée de diffuser les Stooges en intro (NDR : et un peu plus tard les Buzzcocks en hommage à Pete Shelley, décédé la veille). Car le ‘Punk’s not dead’ va résonner dans l’arène. Bodybuildés et tatoués, le duo déboule sans coup férir sur l’estrade. Et balance une détonation de compos de deux minutes, qui renverrait les jets de pavés de gilets jaunes au rang de bac à sable. On pense à l'énergie et la virilité dispensées par Idles. Sans doute aussi à cause de son incursion dans le public après trois morceaux seulement. Le batteur/chanteur parvient à inciter la foule à reprendre le refrain ‘Fuck the high-hat’, alors que les premiers pogos éclatent. Pas de temps mort. Si ce n’est une séance de ‘hugs’ sollicitée par le leader (et exécutée dans la foule). Comme le titre de son elpee, « Take the control », le signale, Slaves a pris en esclave l’audience bruxelloise pendant 45 minutes. 

Les aficionados de Prodigy se massent de plus en plus dans le parterre, s’agitent et trépignent d’impatience. Un rideau sur lequel est imprimé une araignée géante (NDR : un logo déjà utilisé sur la pochette de son  album live « The world’s on fire », paru en 2011) masque la scène. Sur le coup de 21h25, impressionnant, le décor révèle deux demi bus londoniens à l’effigie du dernier opus, « No tourists ». Le maestro Liam Howlett s’installe derrière sa console. Et le concert démarre en force par « Breathe ». Qui provoque déjà des mouvements de foule et déclenche une véritable hystérie au sein des premiers rangs. On ne compte plus les spectateurs cherchant leurs lunettes ou gsm, égarés dans les bousculades. Sur « Omen », les deux MCs Keith et Maxim poussent leurs cris plus qu’ils ne chantent. Pendant « Champions of London », la détonation de basses est telle qu’on regrette d’avoir oublié nos boules Quies. « No Good » est enchaîné à « Smack My Bitch Up », deux morceaux qui ponctuent une première moitié de set.

En rappel, coloré de touches hip-hop et dub, « We Live Forever », issu du dernier opus, sonne comme un retour aux sources. Il est même difficile de croire que le groupe a plus de 25 ans d’existence, tant ses protagonistes ne semblent pas avoir pris une ride. Prodigy nous permet d’ailleurs de voyager entre ses albums, depuis son dernier (« No Tourists ») à son premier (« Experience »)

Quelques bémols quand même. D’abord la durée du show. A peine une heure dix, soit un set aussi court que lors d’un festival. Mais également le son hasardeux ainsi qu’un light show aveuglant. Cependant, on retiendra surtout cette ambiance de transe dans la fosse, du début à la fin…

Setlists :

Slaves

Sockets, Bugs, Magnolia, Fuck The High-Hat, Cheer Up London, The Lives They Wish They Had, Chokehold, Sugar Coated Bitter Truth, Beauty Quest, The Hunter

Prodigy

Breathe, Resonate, Nasty, Omen, Champions of London, Voodoo People, Run With the Wolves, Need Some 1, Poison, Everybody In The Place, Firestarter, Roadblox, Light Up The Sky, No Good, Smack My Bitch Up.

Rappel : We Live Forever, Fire, Take Me To The Hospital, Timebomb Zone, Out Of Space (outro)

(Organisation : Live Nation)

 

dimanche, 16 septembre 2018 19:12

A new kind of freedom

Bienvenue en Bretagne ! Là où la musique celtique est reine. Digne représentant du genre, The Celtic Social Club réunit bien évidemment des musicos du cru, mais également issu du reste de l’Hexagone, mais également d’Ecosse. Sans oublier les invités qui ne jurent que par la foi celte. Chevilles ouvrières du projet, Manu Masko et Jean-Pierre Riou ne sont pas des néophytes. Il ont même déjà bien roulé leur bosse ou plus littéralement brassé un breuvage similaire, notamment au sein de leur ancienne formation, Red Cardell. Ce collectif et celui de Buena Vista Social Club (NDR : cubain, faut-il le rappeler) ont un patronyme analogue. Et une démarche parallèle. Dans l’esprit, bien sûr ! Parce qu’ils cherchent à populariser un style musical, en y apportant des touches personnelles et contemporaines. En outre, pour mettre en forme cet LP, le band a bénéficié du concours d’un producteur notoire, en l’occurrence L’Irlandais John Reynolds (Sinéad O'Connor, U2, Brian Eno, Chieftains…)

Le titre maître ouvre la plaque, un titre punk/ska enrichi par le banjo et l’accordéon, qui lorgne manifestement vers Rancid. Entre ballades brumeuses (« Dream to believe in », « Aliens ») et plages davantage allègres (« Lucy Wan », « A dub for black donald »), on est plongé dans une ambiance d’un bon pub chauffé à blanc. Mais ce sont les pistes les plus tribales, comme « Hoolieman » ou en final, « After the fall », qui se révèlent les plus intéressantes. Et pour cause, elles affichent un feeling artistique breton et exploratoire qu’on retrouve, par exemple, chez Familha Artus, au sommet de sa forme…

Un chouette album à écouter, les longues soirées d’hiver, au coin d’un feu de bois, tout en sirotant une bonne bouteille de whisky (ou d’hydromel, selon) entre amis…

dimanche, 16 septembre 2018 19:07

Free your mind… and your grass will follow

Hayseed Dixie est issu du fin fond du pays de l’Oncle Sam. Et son patronyme –né d’une prononciation yankee d’AC/DC–ne trompe pas : il pratique du bluegrass. Il s’est d’ailleurs fait connaître, début du millénaire, en publiant un album constitué de reprises du band australien…

Quinzième elpee de la formation, « Free your mind… and your grass will follow » recèle à nouveau des covers, preparées dans le même esprit, mais de combos ou artistes différents. Ainsi, l’opus s’ouvre par une adaptation très rythmée du « Buffalo soldier » de Bob Marley. A contrario, « Oliver’s Amy » est beaucoup plus proche de la version originale d’Elvis Costello. Faut dire que le leader affiche un timbre vocal très proche du Londonien. Et tout au long du « Black or white » de Michael Jackson, l’afro pop et le folk américain font paradoxalement bon ménage… 

Cependant, ce sont les compos signées par le band qui se révèlent les plus intéressantes. Parce qu’originales. A l’instar de « So quickly we forget » ou du final « Ain’t no country big enough », deux véritables hymnes à l’ouverture. Sans oublier les ballades qui sentent bon le Tennessee natal, des pistes au cours desquelles le rockgrass se distingue par ses chœurs, alors qu’un banjo catalyse l’ensemble, en arrière-plan…

Hayseed Dixie se rapproche du cap des 1 500 dates de concerts à travers le monde. Il s’était déjà illustré lors d’un passage remarqué, dans le cadre du festival Roots & Roses, à Lessines, en 2011, et celui de Dranouter, en 2016…

samedi, 07 juillet 2018 03:00

Open’er 2018 : samedi 7 juillet

Votre serviteur aurait-il un peu trop fêté la victoire des Diables Rouges la veille ? En forçant sur la vodka, notamment ? Ou tout simplement est-ce dû à l’absence de tête d’affiche véritablement rock à l’affiche de ce samedi ? Toujours est-il qu’il rejoint péniblement le site du festival, ce dernier jour… Une sorte de Mission to Mars, en référence à l’épilogue de ce samedi…

L’inconvénient, lors d’un grand festival, étalé sur 4 jours, c’est l’éclectisme de la programmation proposée. Autant il fallait parfois opérer des choix au cours des trois premières journées, autant ce samedi il faut se gratter pour déceler des artistes intéressants (et rock de surcroît). Dans ce cas de figure une réaction pro est donc nécessaire. Par exemple, en tirant parti des infos recueillies auprès de spectateurs plus jeunes ou locaux.

Focus sur Dawid Podsialo qui foule les planches de la scène principale. Visiblement c’est un des artistes les plus célèbres en Pologne, puisqu’il cumule les albums de platine et diamant. Il s’est déjà d’ailleurs produit à plusieurs reprises dans son plus grand festival national. Parfois sa musique rappelle un certain Clouseau (NDR : des Belges, quand même). Ou alors Arctic Monkeys, mais plus pour le look élégant de son leader (NDR : proche de Matt Damon avec une moustache soignée) que par ses accents rock…

Vedette internationale, Bruno Mars a certainement dû rafler le plus gros cachet de la soirée (voire de tout le festival). Il va donc nous livrer un show d’1h30. Tout comme ses musicos, il est vêtu d’un pantalon à liseré blanc. Il déboule sur les planches sur le coup de 22 heures, sous l’ovation de la foule. L’Hawaïen ouvre les hostilités par « Finesse », un titre peu judicieux, puisqu’à l’instar de son t-shirt à l’effigie de l’équipe de Baseball de Pittsburgh, ‘Pirates’, le show va se révéler ‘à l’américaine’. Dans l’esprit du « Living in America » de James Brown, B.O. du célèbre film ‘Rocky IV’ (NDR : une références qui parle d’elle-même), même. Les tubes s’enchaînent, depuis « 24K Magic » à « Marry you », en passant par « Just the way you are ». Bruno Mars et ses acolytes n’en oublient pas pour autant leurs rituels pas de danse. D’ailleurs, le spectre de Michaël Jackson plane régulièrement, même si les compos sont… bien différentes. Et sans grande surprise, le seul titre interprété lors de rappel, « Uptown funk » nous réserve une longue intro funky, au cours de laquelle le bassiste et le batteur se donnent à cœur joie avant que les cuivres ne mettent le nez à la fenêtre. La foule frappe alors des mains, puis reprend les paroles en chœur. S’il faut quand même attribuer un mérite à Buno Mars et son équipe, c’est de parvenir à arranger la plupart de ses titres, pour leur communiquer une touche plus ‘live’ que sur disque…

Tout comme le rock ce dimanche, le soleil a bel et bien disparu. Il fait nettement plus frais et la grande foule se réfugie sous la Tent stage. La sensation synthpop Years&Years communique la fièvre du samedi soir à un public jeune, et en grande partie féminin. Le band londonien vient de publier son second elpee. Sur les planches, il aligne les hits tout en s’autorisant des chorégraphies sensuelles voire un brin fétichiste et provocantes. A la fin du set, Olly Alexander (NDR : le leader au physique et à la voix proche d’un jeune Justin Timberlake), ouvertement homosexuel, s’empare d’un drapeau arc-en-ciel, le brandit et l’attache autour de la taille. Sous les applaudissements d’un public conquis d’avance. Et même si, rappelons-le, la Pologne n’est pas vraiment le pays le plus ‘gay-friendly’ d’Europe. Ce qui n’empêchera pas  le tube « King » de sonner déjà, en final, comme un hymne, dans la bouche des teenagers…

(Organisation : Open’er)

 

vendredi, 06 juillet 2018 03:00

Open’er 2018 : vendredi 6 juillet

Ce vendredi la Belgique a rendez-vous avec l’histoire. Et pour cause, dans le cadre de la coupe du monde de football, ses Diables Rouges affrontent le Brésil, en quart de finale. Et il faut à la fois féliciter et remercier les organisateurs, qui malgré l’élimination prématurée de ses Aigles Blancs, ont quand même déployé un écran géant sur le site. Ce qui va nous permettre de commencer la journée par la rencontre Uruguay-France tant sur le plan football que musical (NDR : la rime est approximative).

Les Français et Belges qui se sont déplacés à l’Open’er, lors de cette édition, sont plus visibles, aujourd’hui. Et pour cause, ils portent les couleurs ou la vareuse de leur équipe nationale. Ce nombre semble en augmentation constante, même si on est encore loin de la fréquentation francophone au Sziget ou Balaton Sound, par exemple. Il existe encore une grande marge de progression, mais pour amplifier le phénomène, il faudrait cependant que davantage de médias étrangers s’y intéressent… 

Votre serviteur débarque à la fin du set de Kali Uchis. Dans un style r’n’b, la belle Américo-colombienne se dandine à la manière d’une Béyoncé ou de sa petite sœur Solange. Agée de 24 printemps, elle est plutôt jolie. Et sa voix est aussi lascive que son physique. Sans être un aficionado du genre, sa musique reste agréable à écouter (NDR : qui a dit à regarder ?) Son spectacle me fait penser à celui de  M.I.A., accordé un an plus tôt, mais s’y on y ajoute des touches ethniques ou world, si vous préférez, et un zeste de rock…

Il est 18h, la France s’est imposée face à l’Uruguay. L’euphorie des Bleus est palpable sur la plaine, face à l’écran vidéo. Mais aussi sous la Tent stage où se produit La Femme. La formation était sans doute informée du score, car elle s’est livrée à fond, sur les planches. Le décor est sombre. Les six musicos sont vêtus de perruques et fringues kitsch. Les singles déferlent tels des tirs au but convertis à chaque reprise. A l’instar de « Sur la planche », « Où va le monde » ou du final explosif « Anti-taxi ». Sacha n’hésite pas à opérer des incursions dans le public et à y jumper même. Les pogos se déclenchent (NDR : assez rares dans ce festival vu que la foule se masse toujours aux premiers rangs). Bref le temps d’un concert on se remet à fredonner dans sa langue maternelle (NDR : le refrain ‘prends le bus, prends le bus’) et à se sentir un peu chez soi. Et après avoir accordé un concert en demi-teinte, lors du Brussels Summer Festival, en août 2017, les Basques (la plupart sont originaire de Biarritz) ont cette fois-ci brûlé les planches et (re-)fait honneur à sa réputation de groupe tendance (NDR : bien que très décalé par moment).

Retour sur la Main stage pour une (soi-disant) valeur montante du rock : Kaleo. Soutenue par une certaine presse suite à sa nomination comme ‘Best Rock Performance’, lors de l’édition 2017 des Grammy Awards, cette formation islandaise rencontre un certain succès, au sein de son pays natal, depuis quelques années. Elle a d’ailleurs participé à l’‘Iceland Airwaves’ de Reykjavik. Mais depuis, elle a décidé d’émigrer à Austin, au Texas. Et c’est là que sa carrière a véritablement commencé à décoller. Si les riffs sont bien rock, la musique est surtout influencée par le folk et le blues yankee. Malheureusement cette expression sonore n’atteint jamais l’intensité de celle dispensée par Jack White, pour finalement s’enfoncer dans un style stéréotypé à la Kings of Leon. A l’instar du set proposé ce soir. On verra maintenant si le band choisit le succès mainstream comme le prétendent les bookmakers musicaux ou décide d’en revenir à ses racines…

Et puis… et puis, il est déjà 20h, place aux… Diables Rouges et à leur exploit face au Brésil. Une bonne vingtaine de Belges (dont votre serviteur) ont la liberté de bondir de joie. On est certes loin de la vidéo impressionnante de la foule en liesse, immortalisée à Werchter, au même moment, mais on est ravi d’avoir pu vivre ce match depuis le site du festival.

De quoi enfiler quelques bières avant de se diriger, tout feu tout flamme, vers la Main stage où est programmé Gorillaz. Autant Kaleo ne nous a pas vraiment convaincu, autant la bande à Damon Albarn va confirmer toutes les attentes placées en elle. Malgré son statut d’irrésistible showman, Damon semble cerné et sa voix un peu fatiguée. (NDR : peut-être que ce grand fan de football arrose-t-il un peu trop chaque victoire de l’Angleterre ?) Quoi qu’il en soit, il bénéficie du concours de six choristes, installées sur une estrade, à l’arrière gauche (NDR : rien à voir avec le football !) Et elles sont infatigables. Visuel, le spectacle nous réserve, bien évidemment, des projections vidéo semblables aux clips qui mettent en exergue des montages entre personnages d’animation et réels, comme dans le cartoon, ‘Roger Rabbit.’ Un show qui ne rencontre pas vraiment de temps mort. Un peu comme si un juke-box alimentait en continu ses singles, dont « Humility », « On melancholy Hill », « Feel Good Inc. », « Kids with guns » ainsi qu’en final, « Clint Eastwood ». Au cours du show, de multiples guests font leur apparition. A l’instar de la rappeuse anglaise Little Simz, du chanteur de jazz et gospel Peven Everett ou encore de Romye Robinson (aka The Phacyde). Tous viennent délivrer des assists à un Damon Albarn qui peine un peu à conclure. Mais quoiqu’il en soit, Gorillaz remplit son rôle de tête d’affiche ce soir, même si son centre-avant cherchait son second souffle…

(Organisation : Open’er)

 

jeudi, 05 juillet 2018 03:00

Open’er 2018 : jeudi 5 juillet

Journée historique pour le festival polonais ! Il est sold out pour la première fois depuis sa création. La présence de Depeche Mode à l’affiche (NDR : le groupe qui a rameuté le plus grand nombre de spectateurs en un an durant sa tournée) n’y est pas étrangère. C’est également la première fois que l’on croise des fans recherchant désespérément un ticket d’entrée. Et vu le contexte, également des spéculateurs patibulaires et sans scrupules qui achètent pour revendre aussitôt les sésames tant convoités…

En début de soirée, assure le spectacle seule, sur la grande scène. Elle n’est accompagnée que de trois musiciens : un batteur, un guitariste ainsi qu’un préposé aux claviers, bidouillages et samplings. Dès lors, vu le grand espace dont elle dispose sur l’estrade, elle doit bondir d’un côté à l’autre du podium pour le combler. Et à l’instar de Nick Cave la veille, Karen Marie Aagaard Ørsted Andersen (NDR : c’est son vrai nom) n’hésite pas à opérer de nombreuses incursions au sein de l’auditoire. Heureusement que sa tenue est sportive, car elle accumule les kilomètres tout au long de son set. Cependant, autant votre serviteur l’avait louangée, lorsqu’il l’avait découverte, sur une petite scène, autant il est devenu perplexe en assistant à ce show mainstream qui dérape parfois dans la lounge. Il faudra d’ailleurs attendre « Drums » et « Lean on » pour retrouver des beats davantage rythmés voire tribaux…

Grand merci à un ami journaliste qui avait souligné la bonne prestation de David Byrne, accordée dans le cadre du Primavera de Barcelone, en mai dernier. Sans son avis, j’aurais zappé la prestation de l’Ecossais, le considérant comme un ‘has been’. Direction donc la Tent stage... pour effectivement se prendre LA claque de la soirée. Le leader du défunt Talking Heads va livrer un show de toute beauté. L’entrée en matière est plutôt théâtrale. Il est assis derrière une table et tel un scientifique, tient la réplique d’un cerveau entre les mains. Il a enfilé un costume chic de couleur grise, qui colle parfaitement à sa chevelure cendrée. Débarquent ensuite ses neuf (!) musiciens et choristes, habillés dans le même style. Ils se répartissent aux quatre coins du podium. Le décor est sobre mais judicieux. Les différentes lumières projetées sur les murs latéraux permettent de subtils changements d’atmosphère.  Aucun musicien ne reste statique ; même le percussionniste trimballe son matos. Les artistes osent des chorégraphies amusantes, dignes d’une comédie musicale. Et malgré ses 66 balais, le leader est tout aussi mobile, empoignant, suivant les morceaux, sa guitare. Sa voix n’a pas pris une ride… comme les mythiques Peter Gabriel ou Robert Plant (NDR : n’ayons pas peur des superlatifs à la Marc Ysaye). En outre, sa communication est aussi classieuse qu’habile. Ce qui nous change des ‘you are amazing’ ou ‘we are very happy to be here’ formatés, dont les artistes américains sont friands. Et l’ovation récoltée auprès de l’auditoire en fin de spectacle est largement méritée.

Cap ensuite vers l’Alter stage pour la prestation de Yonaka. Faut dire que l’article élogieux consacré à ce band avait de quoi convaincre les plus sceptiques. Ce billet s’était même autorisé un ‘one of the UK’s most unique bands, during their ferocious live shows’ (sic !) Le combo est déjà programmé lors de la plupart des grands festivals. Pourtant, il n’a encore sorti que deux 7inches et un Ep. Sous sa longue crinière blonde, la vocaliste affiche un look de female metal singer. Et puis elle est capable de monter dans les aigus comme Sharon den Adel (Within Temptation). Mais à l’image du crowdsurfing entrepris par le gratteur, le style musical du band est encore trop vague. Il est fondamentalement rock, mais, comme en fin de parcours, s’autorise des incursions dans le hip hop. Manifestement, il y de la fougue et de la jeunesse chez ce combo, mais il faudra suivre son évolution avant de se prononcer définitivement sur son potentiel…

S’il existe un groupe qu’il ne faut plus encenser, c’est bien Depeche Mode. C’est le band qui a enregistré le plus grand nombre d’entrées sur sa tournée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : fin mai 2018, on avait enregistré pas moins de 2,3 millions de spectateurs pour assister à son ‘Global Spirit Tour’. Il est aussi frappant d’observer l’attitude des hordes de fans sur le site du festival. Et même en dehors : ils n’hésitent pas à faire la file devant l’hôtel où le groupe réside à Sopot. Ce soir le show revêt une version plus light que celle en salle (comme lors des deux dates accordées au Sportpaleis d’Anvers). Exit la passerelle vers la fosse, le grand décor cubique et lumineux sur lequel Dave entre en scène ou encore les canons à confettis. Qu’importe, leur unique présence ce soir, bien que limitée à 1 heure 30 minutes montre en main, semble raviver la ferveur sur la plaine. Dès l’intro vintage du « Revolution » des Beatles (NDR : tiens encore une reprise des Fab Four, après celle de Noël Gallagher, la veille), les cris s’élèvent au cœur de la fosse. A l’instar des autres grands festivals pour lesquels le band de Basildon est programmé, la set list est, sans surprise, quasi-respectée chaque soir, dans le même ordre. De « Going Backwards » en ouverture à « Personal Jesus », en passant par un interlude « Somebody » que Martin se réserve au micro, au sein d’un décor intimiste (NDR : enfin si on ne tient pas compte des GSM allumés ou des cameramen amateurs, dont les lumières scintillent aux premiers rangs). Juste avant le rappel, « Never let me down again » permet aux aficionados de balancer les bras de gauche à droite et inversement, sur un rythme signifié par Dave, tel un GO du Club Med. Et aucune touche inédite lors de l’encore, puisque les trois morceaux « Walking in My Shoes », « Enjoy the Silence » et « Just Can't Get Enough », seront interprétés sans la moindre surprise tout en respectant le timing...

En toute fin de soirée, votre serviteur fait un petit détour via l’after party organisée dans un club de Gdynia, juste à côté du site du festival. Véritable institution en Pologne, ce type de soirée y est organisée régulièrement tout au long de l’année par et pour les fans de Depeche Mode. On peut même y croiser des sosies de Dave Gahan, singeant sa manière de chanter sur un podium. Mais passé ce rapide coup d’œil, votre serviteur décide de rejoindre sagement ses pénates pour conserver suffisamment de ressources les deux jours suivants…

(Organisation : Open’er)

 

mercredi, 04 juillet 2018 03:00

Open’er 2018 : mercredi 4 juillet

A l’instar des 12 années précédentes, l’Open’er se déroule à Gdynia, au Nord de la Pologne, en bordure de mer Baltique, sur le site (gigantesque) de l’aérodrome Kosakowo, où les avions se posent facilement, même lorsque le festival est sold out comme ce sera déjà le cas ce jeudi.

Le début de soirée commence en mode mineur par Noël Gallagher, flanqué de ses Flying Birds. Chaussé de lunettes fumées, le leader est aujourd’hui bien grisonnant. Seule sa guitare est rutilante, sous les rayons –généreux, eux– du soleil. L’attitude du Mancunien n’a toujours pas changée, non plus. Tel un shoegazer, il regarde soit ses chaussures ou l’horizon lointain. Il ne communique que peu ou pas avec le public, mais râle régulièrement sur son ingé son. Heureusement, sa charmante claviériste/choriste apporte un dose de bonne humeur à un show, dont le début est plutôt soporifique. Il faut attendre la deuxième partie du spectacle et les titres d’Oasis, « Half the world away » et « Wonderwall », avant que la foule ne commence à s’enthousiasmer. Pourtant, si les versions sont correctes, elles ne sont pas pour autant transcendantes. Mais c’est la deuxième choriste (black) qui va apporter un vent de fraîcheur, en imposant son chant, tout en souriant et en se déhanchant (NDR : aux antipodes de Noël !) tout au long d’« Aka what a life ! » A partir du plus allègre « The right stuff  », la prestation monte cependant en crescendo et atteint son apogée sur l’incontournable « Don’t look back in anger », que la foule reprend en chœur. Faut dire que le public est constitué de fans, donc conquis d’avance. ‘We have just time for another song’ s’exclame le leader qui nous réserve alors une version surprenante du « All you need is love » des Beatles. Et il faut le reconnaître, la voix de Noël (r)assure. Anecdote, lors de son set, d’un ton ironique, Nick Cave va nous raconter avoir croisé John Lennon, en backstage…

On en arrive justement à Nick Cave. Il faut se déplacer dans un festival de grande envergure ou une salle à capacité conséquente (NDR : le Sportpaleis d’Anvers, par exemple), pour assister à un de ses concerts. Et sa présence à l’Open’er est une des raisons de mon déplacement en terre polonaise. Les musicos débarquent sur les planches, vêtus de costumes sombres mais élégants. Quel contraste avec le look du band précédent ! Et puis, ils affichent une telle énergie couplée à une bonne humeur non feinte. Au bout d’une trentaine de seconde, suivant sa bonne habitude, Nick rejoint ses aficionados agglutinés aux premiers rangs. Il quitte ainsi l’estrade en s’appuyant sur les barrières le séparant de la foule. Ce n’est qu’en milieu de parcours qu’il revient –un moment– sur le podium en plaisantant : ‘It’s really fucking hot here, I go back on stage’. Et il est vrai que le soleil cogne encore dur jusque son coucher. Mais pas question de se plaindre, car les derniers rayons illuminent alors la Main stage, et la vision est de toute beauté. Cave a de l’énergie à revendre. Il flanque un bon coup de pied dans son chevalet, faisant valser au loin les feuilles sur lesquelles figurent les lyrics. La set list regorge de bonnes surprises et ne recèle que très peu de morceaux issu de son dernier opus (NDR : en ouverture, quand même !), « Skeleton tree », paru en 2016. Elle privilégie les compos les plus notoires, un peu comme un forme de ‘best of’. Nick rejoint Warren Ellis au piano pour une version remarquable de « Do you love me ? » Warren est toujours aussi dynamique, troquant aisément ses ivoires contre un violon ou une guitare. Pendant « From her to eternity » le natif de Warracknabeal (NDR : c’est en Australie) invite une jeune Polonaise à exécuter un pas de danse en sa compagnie. Et elle est particulièrement émue. Le répertoire nous réserve cependant quelques titres plus paisibles, mais empreints d’une intense émotion, à l’instar d’« Into my arms », un morceau exécuté au piano. Ou encore de « The weeping song », moment au cours duquel on oublie presque l’absence du charismatique Blixa Bargeld. Finalement, le set de Nick Cave constitue déjà un des top acts de ce festival, voire de l’année, tout simplement.

Mais un festival c’est aussi l’occasion de faire des découvertes, notamment d’artistes locaux. Sur la Firestone stage, située à proximité de la scène principale, se produit le trio féminin Gang Sródmiescie. Un combo polonais qui pratique une musique agrégeant folk oriental et post punk réminiscent de Yeah Yeah Yeahs. Et totalement déjanté, son set déborde de vitalité. Les filles vident littéralement leurs tripes. Et franchement, elles ont suffisamment de potentiel pour dépasser les frontières de leur pays…

Hasard et coïncidence, comme lors de l’édition 2013, Nick Cave et Arctic Monkeys partagent l’affiche d’une même soirée. Mais la prestation du groupe insulaire devrait être très différente. Parce que son dernier elpee, « Tranquility base hotel & Casino », quoique agréable à l’écoute, est bien plus serein que les précédents, s’éveillant même au jazz. De quoi craindre une transposition ‘live’ terne. Le set s’ouvre d’ailleurs par le tendre « Four out of five ». Cependant, seul le titre maître et « Star treatment » (NDR : lors du rappel), morceau qui ouvre cet LP, seront interprétés. Alex Turner et ses comparses sont sapés et coiffés comme des dandys. Ils affichent, en outre, un flegme bien britannique. La formation va puiser dans l’ensemble de son répertoire et nous réserver notamment « Brainstorm », un titre qui remonte à 2007. Mais également des tubes aussi impétueux que « I Bet You Look Good on the Dancefloor » (juste avant le rappel) ou « Are you mine ? », lors du final. Bref un set tout à fait plaisant, mais qu’on pourrait tout aussi bien écouter dans son salon, assis dans un fauteuil bien moelleux…

Il est déjà minuit, et ChVrches doit encore se produire. Mais à 1h45 du mat’ ! Pourtant, il s’agit d’un trio que votre serviteur apprécie. Mais après s’être levé à 6 heures, ce matin, il est préférable de rejoindre ses pénates, car il y a encore de la marche et un long trajet en transport en commun, avant d’entamer une nuit réparatrice…

(Organisation : Open’er)

 

vendredi, 08 juin 2018 03:00

Le côté face de P.I.L.

Malgré un prix d’entée raisonnable (29€), l’Ancienne Belgique est loin d’être comble ce soir. Elle a d’ailleurs été configurée en Box/Ballroom. Pourtant P.I.L. est un rares groupes-phare qui soit parvenu à naviguer entre punk (NDR : logique, puisque Johnny Rotten est dans la place), post-punk (la ligne de basse tracée par Jah Wobble n’a pas totalement disparue, même s’il ne figure plus dans le line up) et disco (pour l’aspect dansant). 

Un bref historique, d’abord ! Après avoir sévi chez les Sex Pistols, comme chanteur, le turbulent John Lydon, surnommé ‘Rotten’, fonde P.I.L., en 1978. Ou si vous préférez Public Image Limited. Les débuts sont prolifiques, puisque la formation publie trois albums en quatre ans, soit l’année de sa fondation, « First Issue », « Metal Box » (NDR : considéré comme le meilleur par la critique, il constitue une référence pour tout bassiste, à cause de cette ligne dub reggae), en 1979, et « Flowers of romance », en 1981. Mais en 1984, juste avant d’enregistrer « This Is What You Want... This Is What You Get », Jah Wobble est remplacé par Keith Levene. Ce dernier n’y fera d’ailleurs pas long feu. Entre 86 et 92, le combo grave encore quatre opus d’honnête facture, sans plus. D’ailleurs, il va prendre une longue pause entre 1992 à 2009. Une période au cours de laquelle, Lydon va amorcer une brève carrière solo, avant de reformer les Pistols, pour sans doute renflouer sa situation financière. Puis, P.I.L. se reforme et part en tournée, se produisant notamment, en Belgique, dans le cadre du Rock Zottegem en 2010 et, déjà, à l’AB, en 2011.

Le décor est sobre. En fond de podium, une toile représentant un mur de briques, sur lequel figure le logo de la formation, est tendue. « Warrior » est un titre destiné à faire danser l’auditoire ; mais il reste impassible. John éprouve des difficultés à trouver sa voix (NDR : voie ?). En outre, il semble avoir perdu une partie de sa mémoire, puisqu’il doit s’aider de copions, disposés sur un chevalet, pour restituer les paroles de ses chansons. Il les quittera d’ailleurs, rarement des yeux. Vêtu d’une chemise à carreaux et chaussé de lunettes, on dirait qu’il sort de l’hospice. Le début de set est manifestement laborieux. Avant d’attaquer le quatrième morceau, « The one », John empoigne une grande bouteille de bourbon, boit au goulot, et recrache une partie du liquide. Le show démarrerait-il enfin ? « Death disco » semble confirmer cette impression. Une version ‘extended’ au cours de laquelle, la ligne de basse, le drumming tribal, les riffs de gratte saccadés et la voix spasmodique de Lydon font bon ménage au sein d’un climat carrément disco…

Evidemment, c’est lors du méga tube « This is not a love song » que le public sera le plus réactif. D’ailleurs, de timides pogos (NDR : les spectateurs ne sont plus tout jeunes, non plus) se déclenchent. Et tout au long de « Rise ». Ce qui provoque l’intervention d’un garde du corps particulier du band qui doit calmer un gars un peu trop agité, dans la fosse. Dommage d’ailleurs qu’il faille attendre ces tubes pour que celle-ci décide enfin de se remuer.  

Le groupe va quand même accorder un bref rappel, en délivrant l’inévitable « Public Image Limited », et pour clore la prestation, « Open up/shoom », dont les lyrics se bornent à une succession d’injures, rappelant un certain passé punk (NDR : ou la hype plus contemporaine des Sleaford Mods). A la demande de Johnny, la foule est invitée à scander en chœur, des ‘fuck off’. Au bout d’une heure trente, après la présentation des musicos, le spectacle s’achève…

Si la discographie de P.I.L. est toujours aussi incontournable, FACE au public, il fait vraiment pâle figure…

Set list : Warrior, Memories, The Body, The One, Corporate, The Room I Am In, Death Disco, Cruel, I’m Not Satisfied, Flowers of Romance, Fishing, This Is Not a Love Song,Rise

Rappel : Public Image, Open Up, Shoom

Pour les photos, c’est ici

(Org: Greenhouse Talent) 

 

 

 

dimanche, 10 décembre 2017 02:00

Thanks for braving the storm !

‘Thanks for braving the storm !’ ce sont les mots de remerciement adressés au public par Dan Bejar (alias Destroyer) pour clôturer son set. Il est vrai qu’il fallait s’armer de patience et de courage pour rejoindre la capitale quelques heures plus tôt. Tempête de neige et routes glissantes étaient au rendez-vous. Ce n’est d’ailleurs qu’au pied levé que votre serviteur remplace son confrère Adrien, forfait de dernière minute. Mais surprise à l’arrivée, bien que pas sold-out, la Rotonde est pleine à craquer, ce soir…

Nicholas Krgovich se charge d’ouvrir la soirée. Ce songwriter et multi-instrumentiste canadien est surtout connu pour avoir milité au sein de différentes formations. Il n’a entamé sa carrière solo que depuis quelques années. Ce soir, il berce l’assemblée de ses ballades folk réconfortantes. D’ailleurs la plupart des spectateurs restent assis. Seul au clavier et assez laconique durant une grande partie du set, le Canadien va se lâcher tout à la fin. Il nous parle longuement de son périple qui se termine ce soir et de la météo belge. Ou encore de sa crainte de reprendre l’avion par ce temps agité. Il invite ensuite plusieurs musiciens de Destroyer (le batteur, bassiste et saxophoniste) à le rejoindre sur les planches. Grand fan de Sade, il clôture le show par « Somebody broke my heart » (NDR : une histoire, inspirée de son histoire vécue, selon ses propos). 

Il est facile de voir que cette date est la dernière d’une longue tournée européenne. En effet Dan Bejar (alias Destroyer) arrive en titubant sur le podium. Visiblement éméché, il n’a pas moins de trois verres à la main (un de bière nationale, un de vin et un autre d’alcool). Il s’appuie tout au long du concert sur son pied de micro. Cheveux hirsutes, pantoufles aux pieds et chemise débraillée, il ressemble à un type, tout juste réveillé au lendemain d’une bonne cuite. Mais sa voix balaie rapidement la Rotonde, et nos doutes sur sa prestation vont vite s’envoler. La set list fait une part belle au dernier album « Ken » (NDR : ce qui tombe bien car il figure dans le Top 20 consacré à l’année 2017, de votre serviteur).

« Sky’s grey » ouvre le bal. Les compos oscillent entre titres introspectifs un peu sombres, et morceaux caractérisés par des envolées de guitares et cuivres. Un peu plus tard, « Tinseltown Swimming in Blood », au cours duquel les notes de basses sont bien accentuées, se révèle davantage post punk. L’ombre Mark Sandman (Morphine) plane aussi au-dessus de certaines compos. Sur « Chinatown », le saxophoniste passe allégrement de son instrument à une boîte de bidouillages sonores. Alors que « Cover from the sun » monte en crescendo, les vocalises semblent calquées sur celles de Brett Anderson (Suede). Bref, Destroyer est bien plus qu’une parenthèse dans la longue vie artistique du Canadien qui participe également aux aventures de  New Pornographers et Swan Lake. Et il le prouve une dernière fois lors du rappel en s’autorisant un « Bay of pigs » développé, au cours duquel le trompettiste et le saxophoniste vont se révéler particulièrement affûtés.

(Organisation : Botanique)

L’ouverture de la grande scène, à la Place des Palais, permet au BSF de prendre une toute autre dimension. Il s’agit déjà de la 7ème journée. Mais en ce samedi 12 août, il fait froid. Et il pleut. De quoi doucher l’enthousiasme des festivaliers. Car l’endroit n’est rempli qu’à moitié, alors que les années précédentes, il était carrément blindé de chez blindé. Pourtant, ce soir l’affiche est alléchante…

Rinôcérôse ouvre le bal et va nous réserver un retour gagnant. ‘Il y a plus de 7 ans qu’on ne s’était plus produit’, confie Jean-Philippe Freu, à l’auditoire, en début de set. Le combo montpelliérain (NDR : l’accent des musicos trahit ses origines, quand ils s’adressent à la foule !) n’a été actif qu’entre 1997 et 2009. Mais ce soir, le band va nous livrer un set sans le moindre temps mort  (NDR : hormis une petite panne technique provoquée par le chanteur). Jean-Philippe aurait dû préciser : « We are not the Infadels », titre du premier opus de ce band londonien, car l’ex-leader a rejoint son projet hexagonal. C’est bien Bnann Watts qui bondit d’un côté à l’autre du podium, comme au temps de son ancienne formation. Les beats électro émanent d’un minuscule synthé (NDR de la taille d’un autoradio !) contrôlé par l’un des guitaristes et balisé par la ligne de basse tracée par la (toujours) aussi charmante (et blonde) Patrice Carrié. Tour à tour, les différents membres se relayent au chant. De quoi donner l’impression d’assister à une démonstration entre les différents intervenants. Dans un style qui oscille de Primal Scream à Oasis, en passant par LCD Sound system. Quand les compos ne virent pas carrément au prog/rock, et notamment lors des morceaux les plus instrumentaux (NDR : dont certains ont servi à des campagnes publicitaires ou des génériques TV). Dommage qu’il n’y ait que quelques centaines de personnes dans la fosse. Car, suivant l’adage, les absents ont eu tort ! En espérant simplement ne plus devoir attendre (cent) 7 longues années avant les revoir, comme l’indiquent les Parisiens, quand ils parlent de leur cathédrale…

Goose a toujours joui d’une énorme popularité, au plat pays. On se souvient d’ailleurs, qu’à ses débuts, soit en février 2013, ses trois concerts prévus à l’Ancienne Belgique, avaient fait salle comble. Pas étonnant dès lors, qu’il y ait un peu plus de peuple. La fosse se transforme ainsi en immense dancefloor (NDR : enfin à l’échelle du BSF ; on n’est pas à Tomorrowland, non plus). « So Long », « Control », « Call me » et « Words » allient simplicité et efficacité. Bien que construite sur des beats électro, l’expression sonore invite riffs de gratte plus rock et ligne de basse new wave… Et si vous souhaitez en savoir davantage sur ce band courtraisien, rendez-vous dans ces colonnes, d’ici quelques semaines, pour lire l’interview réalisée par notre collègue, Philippe Blackmarquis…

Cap ensuite vers La Madeleine où l’ambiance est totalement différente. Et pour cause, le spectacle opère un retour aux 80’s, en compagnie d’Allez Allez. L’auditoire réunit essentiellement des quinquas. Devenu culte, le band belge a connu une carrière aussi fulgurante que courte, puisqu’elle s’est déroulée entre 1981 et 1985. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, il avait signé chez le label Virgin, s’était produit au festival Werchter et avait enregistré une ‘Peel Session’. Mais ce parcours a pris un fameux coup dans l’aile, lorsque la chanteuse, Sarah Osborne, a craqué pour le chanteur d’Heaven 17 (NDR : c’était une autre époque !) et a quitté définitivement la scène musicale. L’idée de la reformation est née, il y a tout juste un an, lorsque Serge Van Laeken, aka Marka (l’ex-bassiste du combo qui a ensuite embrassé une carrière solo), a invité ses potes dans le cadre du festival des Solidarités, à se réunir sur les planches. Et notamment le guitariste Kris Debusscher et le drummer Roby Bindels. Le nouveau line up implique le charismatique gratteur Paul Curtiz et le claviériste (NDR : un Tournaisien !) Thom Dewatt. Mais également deux chanteuses blondes (NDR : dont l’ex-Hooverphonic, Kyoko Bartsoen), qui se relaient sur le podium. Le set connaîtra quelques moments d’anthologie, dont « Marathon dance » et l’inévitable « African queen ». Moment choisi par le percussionniste africain de s’autoriser un pas de danse, et un chant liminaire. Après 1h10 de spectacle, le public exige un rappel en scandant le titre mythique « Allez allez ». Un hymne que le band va accorder lors d’un final déjanté…

La soirée s’achève au Mont des Arts, par un autre artiste belge, mais bien plus contemporain : Milow. S’exprimant dans un français parfait, Jonathan Vandenbroeck partage sa bonne humeur et sa joie de vivre entre les titres, ne cachant pas son bonheur de revenir au BSF. La réputation du songwriter n’est plus à faire. Très populaire au Nord du pays, il a aussi réussi à se forger un succès international. Sa voix est douce et lancinante. On se demande même parfois pourquoi il a engagé une choriste anglaise (NDR : encore une blonde, c’est la soirée !) Peut être pour exécuter ensemble, quelques pas sautillants. Malheureusement, le public ne semble pas très réceptif au concert. Les spectateurs qui squattent les premiers rangs se montrent les plus chaleureux ; mais la plupart des autres sont attroupés au bar ou préfèrent rester tranquillement assis sur les marches de la statue du Roi Albert Ier, sises à l’arrière de la place. M’enfin, il est vrai que la fatigue commence à envahir les organismes, et ce sont les oreilles bien remplies que nous quittons la capitale…

(Organisation : BSF)

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