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samedi, 29 décembre 2012 17:21

Song for two Sisters

Blackie & the Oohoos est la nouvelle révélation issue du nord du pays. Un combo signé par le label Unday, dont le noyau dur réunit les sœurs Loesje et Martha Mahieu. Elles signent l’essentiel des compos et se réservent le micro et les claviers. Outre ces deux jeunes filles, le line up implique Milan Warmoeskerken à la basse, Alfredo Bravo aux guitares et Hannes D’Hoine aux drums. Leur participation ne se limite cependant pas au rôle de backing group, puisqu’ils cosignent quelques partitions et sont responsables de certains arrangements.

Musicalement, le combo anversois navigue dans des eaux troubles, à mi-chemin entre dream-pop et folk psychédélique. L’atmosphère est sombre, mélancolique. Les voix des deux filles plongent le mélomane au sein d’une ambiance tantôt nostalgique ou lugubre mais également fascinante et envoûtante.

Si aucune mélodie ne se détache vraiment pour se transformer en hit potentiel, l’ensemble s’avère d’une cohérence jamais prise en défaut, du début à la fin de l’elpee. De quoi captiver l’auditeur. Une fois de plus, les voix des frangines, telles deux sirènes, nous charment et refusent de nous lâcher. Nous sommes alors, tel Ulysse lors de son périple, prisonnier de ces deux nymphes ou sorcières, c’est selon.

Un beau voyage au cœur d’un univers riche, enchanté (en chanter ?) ou cohabitent fantômes, ondines, et autres créatures du même acabit.

« Song for two sisters » est judicieusement intitulé ; et il constitue déjà le second effort des deux sœurs Mahieu. Il fait suite, en outre, à un album éponyme, paru en 2010.

Une découverte intéressante et surprenante, même si elle ne déborde pas d’optimisme… 

 

samedi, 29 décembre 2012 17:05

The Tangible Effect Of Love

The Loved Drones est un groupe belge issu de la famille Freaksville, label fondé par Miam Monster Miam. Un concept que Benjamin Schoos, son fondateur, a imaginé afin de faire de la musique autrement avec d’autres gens…

Rappelez vous de ces ‘Fantômes’ qui ont accompagné Lio, Marie-France et Jacques Duval. Et bien, sous l’impulsion de Benjamin, ce band belgo-belge a assuré une nouvelle vie à des artistes pourtant considérés comme morts ou presque…

Finalement ces spectres ont muté et se sont transformés en drones ; amoureux qui plus est !

Autour du producteur multi-instrumentiste, gravitent Marc Wathieu (Marc Morgan) et Jampur Fraize aux guitares, Jérôme Danthinne aux drums, Pascal Scalpschyns à la basse, ‘Man From Uranus’ et Brian Carney aux claviers ainsi que Philippe Laurent à la trompette. Il s’agit du line up de base ; car si on tient compte de tous les intervenants et invités, on peut presque doubler le nombre de musicos impliqués dans l’aventure. On est donc davantage en présence d’une concentration de musiciens adhérant à un même projet que d’un groupe proprement dit.  Soit, l’idée peut paraître séduisante, reste à écouter l’album.

Dans un vaisseau aux couleurs rock et électro, Schoofs et sa bande d’amoureux nous emmènent dans un voyage rétro-futuriste (ça existe ?) En effet, tout au long de ce parcours quasi instrumental –la voix d’Emmanuelle Parrenin opérant quelques apparitions furtives– le style supposé avant-gardiste se révèle au final plutôt revivaliste. Un peu comme si on assistait à un film de science-fiction tourné dans les années 70 ou 80, friand de décors en carton-pâte et de trucages grossiers. Pas que la musique dispensée soit ringarde ou dépassée, mais vu l’instrumentation à la sauce Kraftwerk et les sonorités adoptées, on pourrait facilement imaginer que les partitions avaient été oubliées au fond d’un tiroir durant quelques années (au moins). Et comme par enchantement, elles réapparaissent ré-instrumentées à la sauce seventies. Drôle !

D’ailleurs, y’a pas que du Kraftwerk là-dessous. La première plage, « The Tangible Effect of Love » concède des relents du Floyd période « Meddle », et… Ian Anderson n’aurait-il pas apporté discrètement sa flûte sur « Red City » ? Les comparaisons ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Jean-Michel Jarre ou Alan Parsons semblent également avoir mis un pied dans « Love Interlude » et Barry White l’autre lors sur « Easy Love ». Bref, vous en avez conclu que ces neuf morceaux nous ramènent quelques années en arrière. Jamais désagréable, l’opus multiplie les références et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’il se laisse écouter de bout en bout.

Une bonne surprise de fin d’année. Fallait simplement avoir de l’audace et le talent pour concrétiser un tel projet !

 

mercredi, 19 décembre 2012 17:41

Allô la Terre ?

Green Moon est un trio réunissant Lorcan Fahy (violon, mandoline), Lucas Deru (contrebasse) et Téo Crommen (guitare). De formation classique, ces trois artistes se sont rencontrés lors de stages musicaux. Ils se trouvent alors assez rapidement des atomes crochus. Et suite logique des événements, de leur amitié naît un groupe. Passionnés par leur instrument respectif, ils adoptent un consensus susceptible de permettre à chacun de s’exprimer. Aucun n’étant ‘une voix’, c’est naturellement vers un univers acoustique et instrumental qu’ils se dirigent. En 2010, ils enregistrent une démo afin de participer au concours Imagine-Festival. Grand bien leur en a pris puisqu’ils arrivent en finale, décrochant comme récompense quelques engagements pour des festivités locales jusqu’à recevoir une invit’ aux Francos de Spa.

« Allô la Terre ? » D’entrée, « The Lady » donne le ton. Une tonalité résolument folk émane de cet album. Les racines musicales émanent sans aucun doute du côté de l’Irlande. Néanmoins, quelques petites touches pop ou rock pimentent agréablement l’ensemble. Mais mieux encore, ce sont des sonorités typiquement jazzy qui communiquent un parfum très original à ce disque. Les onze plages suivantes sont du même acabit, un véritable culte au mouvement celtique basé sur la combinaison bien agréable du violon, de la contrebasse et des guitares. Indéniablement, Lorcan est un virtuose de l’archet, car omniprésentes, ses interventions donnent largement le ton sur chaque compo. Cerise sur le gâteau, c’est le même homme qui dix fois sur onze prend la plume pour coucher sur le papier les partitions qu’il a imaginées. La dernière relevant du guitariste, tout aussi talentueux !

Jamais ennuyeux malgré qu’aucun mot ne soit prononcé, le dialogue s’opère par instruments interposés. Agréable à l’oreille, la musique se laisse écouter distraitement sans soulever un enthousiasme béat mais sans lasser non plus. Un album tranquille qui a le mérite d’explorer des horizons d’une autre époque, mélangeant les genres et les cultures. Intéressant et convaincant. 

 

mercredi, 19 décembre 2012 17:39

Hellos and Goodbyes

« Hellos and Goodbyes » constitue le premier album de cet artiste belge (un de plus). Il est seul (ou presque) et s’accompagne à la guitare. Il a mis en boîte, sur cet elpee, ses neuf premières chansons, qui oscillent entre indie, folk et pop ; et le tout est légèrement saupoudré de petites notes ou sonorités jazzy.

C’est pas le genre de disque susceptible de réveiller les foules ou de vous inciter, d’un coup de baguette magique, à décoller de votre fauteuil, non ! Au contraire… On aurait même plutôt tendance à somnoler en écoutant ces compos construites autour de quelques accords de gratte. Ah oui, il y a quand même un soupçon de drums sur « What is loosy » et quelques très discrètes percus sur « Eating up a Frog », l’avant-dernière plage. Enfin, il me semble percevoir de succincts accents rythmiques sur « Dead Song » qui clôture le disque, mais difficile d’identifier l’instrument (si c’en est un…) Le reste s’avère plutôt ennuyeux et on glisse très rapidement vers la piste suivante, car on a l’impression qu’il ne se passe rien.

C’est pas vraiment mauvais, mais ce n’est franchement pas bon non plus. Pas de goût, pas d’épices, rien ne relève le plat et n’enchante mes papilles auditives (ça existe ?)

De « Hellos », on passe rapidement aux « Goodbyes ». Ben alors, salut Loïc. Désolé, ta musique ne me botte pas du tout…

 

Point de chute de sa dernière tournée en date, la grande salle du Botanique de Bruxelles accueille les Toulousains d’Eiffel en cette fin d’année. Habitué des petits espaces, le quatuor français dont le line up est up est quasi inchangé depuis la précédente –un claviériste a cependant été engagé pour les besoins de la circonstance– aime partager une proximité palpable avec son public.

Hormis une apparition aux Francos de Spa en juillet dernier, Bruxelles était et reste à ce jour la seule date ‘belge’. Fallait donc pas se louper faute de les… louper, eux !

Marché de Noël oblige, notre capitale est complètement engorgée. Coup de bol, un emplacement se libère aux abords de la salle. Nous investissons malheureusement les lieux, alors que Les Twin Twisters en sont déjà à plus de la moitié de leur set. Ce duo super puissant réunit un batteur et un guitariste/chanteur. Ce binôme ‘surjoue’ quelque peu en voulant transmettre (ou tenter de le faire) une énergie dont l’objectif est de mettre les sens de l’auditoire en éveil avant l’entrée en scène de leurs illustres amis. Bof, bof…

Il faudra quasiment 40 minutes pour peaufiner les réglages. Une fois n’est pas coutume, mais parmi les 500 spectateurs présents ce soir, ne figurent pratiquement que des francophones. Il est vrai que le combo ne pratique pas l’idiome de nos amis qui crèchent au nord de Bruxelles…

L’attente est longue et après coup, on est en droit de se poser des questions sur la nécessité de tant de va et vient sur l’estrade. Et il faut croire que le préposé aux manettes est complètement sourdingue ou alors il est d’une incapacité rare. Alors que l’Orangerie jouit d’une acoustique vraiment impeccable, Eiffel s’est produit dans des conditions indignes de leur statut. Ça valait vraiment la peine de nous faire ch*** durant quasi trois quarts d’heure pour atteindre un tel résultat ! La basse est surpuissante et assourdissante. La voix du chanteur incompréhensible. Et les quelques instruments sont complètement inaudibles. De quoi démontrer le manque de savoir-faire du gugusse payé pour assurer une bonne couverture sonore. Quel désastre ! Quant à la scène, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Un éclairage qui le plus souvent aveugle les spectateurs et laisse les musiciens dans l’ombre. Est-ce voulu ? Perso je pencherais plutôt pour un délire (un de plus) du préposé aux interrupteurs qui fumera la chicha toute la durée du concert alors que… Ok c’est pas bien de cafter mais m****, sous son aspect technique, c’était vraiment du grand n’importe quoi, ce soir !

Et quand on sait que la com n’est pas la spécialité de Romain Humeau, on a dû se contenter du visuel à défaut d’autre chose. Cerise sur le gâteau, le leader nous avoue qu’une méchante ‘crève’ exerce des ravages au sein du band et vu que pendant leur tournée, lui, son épouse (à la basse) et le groupe partagent le confort exigu d’un mobil home, cette situation n’est pas prête de s’améliorer. Que de bonnes nouvelles !!!

Dès l’entame du concert, « Place de mon cœur » tente de secouer le public. Difficile de croire ce que l’on entend ; c’est Eiffel là ? Quelques fans tentent de se bouger un peu, mais le soufflet retombe vite. Heureusement que les mélodies sont reconnaissables, sans quoi…

La setlist est principalement consacrée au dernier album en date. Pas moins de 10 titres seront ‘interprétés’ et une place assez restreinte est laissée au reste du répertoire constitué quand même des morceaux imparables qui n’ont pas été retenus ce soir.

Dommage pour « Soul », « Minouche », la reprise du « Temps des cerises » et autres « Te revoir » que l’on aurait aimé (ré)entendre… Pas de chance pour cette fois ! A la place de ces standards, Romain nous fera humer (de loin) « Il pleut des cordes » et « Sombre » du premier opus du groupe, « Dispersés » du second et « A tout moment la rue », « Le cœur d’Australie », « Sous ton aile » ainsi que « Nous sommes du hasard » de l’avant-dernier né. Et fidèle à son habitude, c’est par un texte écrit de la plume de Boris Vian que Romain Humeau met un terme à la prestation d’Eiffel en interprétant « Je voudrais pas crever ».

Nous non plus on voudrait pas que toi et ton groupe creviez, Romain. Faudrait p’tète alors penser à renouveler les cadres au niveau de la sonorisation ou à tout le moins remettre un peu d’ordre dans le carré barricadé et ‘enfumé’ réservé à la technique. Moi, j’dis ça pour toi, hein…

Oui, je sais, je suis un peu dur mais il y a un minimum de respect à observer vis-à-vis des fans qui se déplacent souvent de loin et mettent de leur poche pour, en principe, passer une bonne soirée.

Pour la fin, une petite anecdote laissera un souvenir impérissable et surtout une belle cicatrice à une fan… A la mi-concert, Romain balance (involontairement je l’espère) son micro dans la foule. Celui-ci atteint une petite dame en plein visage et c’est en sang qu’elle est évacuée sous le regard interrogateur et soucieux du ‘vilain agresseur’…

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

mercredi, 12 décembre 2012 18:35

Borderland

Amateurs et/ou amoureux de Keane, Snow Patrol et tutti quanti, cet album est pour vous !

Tous les ingrédients sont présents pour réaliser exactement la même tambouille que ces formations spécialisées dans une pop bien léchée, bien sucrée. Rien à dire, c’est top ! Mélodies entraînantes, refrains imparables, production hyper pro, succès assuré.

Le hic, c’est un ‘léger’ manque d’originalité. On ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que les chansons ont déjà été entendues quelque part. On a comme un sentiment de déjà vu, de déjà entendu, de déjà rencontré. On ne se serait pas déjà croisé quelque part ?

Ce petit (?) défaut vite oublié, on profitera volontiers des dix titres très réussis qui peuplent ce premier elpee.

The Chevin est une formation ‘british’ qui nous vient en droite ligne de Leeds, sise en plein milieu de cette belle île, terreau propice, s’il en est, à une culture musicale dont les récoltes sont déjà très rentables grâce à des artistes ou groupes à la réputation bien établie.

The Chevin ne laisse pas passer l’aubaine et se lance à son tour dans la fosse aux lions. Le line up réunit Coyle Girelli (chant et guitares), Mat Steel (guitares and claviers), Jon Langford (basse) et Mal Taylor (drums). Un quatuor dont le premier elpee est partagé en dix titres impeccables, au cours desquels musicalité et efficacité se conjuguent pour un résultat plus que convaincant.

Dès l’entame, « Champion » creuse un sillon hors duquel aucune autre des neuf plages ne sortira. Rien, tout au long de l’album, ne viendra gripper la machine.

Il est certain que la bande à Coyle a du talent et une sacrée facilité tant au niveau de l’écriture que des compositions. Reste le ‘petit défaut’ à gommer au plus vite afin de trouver une personnalité qui ne devra rien à personne et qui permettra au groupe de sortir de l’ombre des grosses pointures dans laquelle The Chevin est confiné pour l’instant. A revoir !

Très plaisant malgré tout…

 

mercredi, 05 décembre 2012 17:34

Retribution (Ep)

Originaire de la ville australienne de Brisbane, Greenthief est un trio drivé par Julian Schweitzer. Il assume le chant et la guitare. Gwen Warnick lui se réserve la basse et Steve Tyssen, la basse. Hormis la section rythmique, le petit Julian se réserve tout le reste : partitions, lyrics et la majorité des autres instruments.

« Retribution » constitue le second effort du band. L’inaugural, déjà un Ep, "Images of Anicca", remonte à 2009.

Alors que l’on parle d’autoproduction, il est bon de noter que Greenthief a pu compter sur la bonne volonté de Steve James (Sex Pistols, The Jam) aux manettes et de Tim Young (Placebo) au mastering, ce qui n’est pas rien !

Parlons un peu des 5 titres qui peuplent cet Ep. A la première écoute de « Sanity », plane d’ouverture, on a l’impression d’écouter un cousin lointain de Muse venu des Antipodes. Très loin de valoir son illustre modèle, le combo remet le couvert sur « Salad Toys », pâle imitation un peu naïve frisant même le ridicule. « Retribution » se veut un peu plus rock classique, entre hard et symphonique, mais une nouvelle fois, ce titre ne convainc vraiment pas. Pour les deux dernières plages, « Vultures » et « Mayan Dawn » d’une longueur excessive, le groupe se perd dans des sonorités oscillant entre métal vaniteux et garage bruyant et sourd.

En résumé, c’est un peu un replay de la fable de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.

Découpée en cinq petits morceaux, de bien piètre qualité, la grenouille se fera bien vite oublier.

Vaut d’ailleurs mieux pour elle… et surtout pour nous !

 

mercredi, 05 décembre 2012 17:31

Maya's Moving Castle

Depuis quelques semaines déjà, le single « Next Life » fait le buzz sur Youtube et autres sites sociaux… 

Et non ! Ce titre n’est pas l’apanage de la plus cinglée des Islandais(es), Björk, pour ne pas la citer !

On pourrait pourtant s’y méprendre ; mais c’est ici de Maya’s Moving Castle qu’il s’agit ;  Maya est le prénom de la belle voix qui sévit sur ce nouvel opus. 

C’est, vous vous en doutez, dans un univers proche de ce que réalise cette dingue insupportable que naviguent Maya et ses petits copains. Car évidemment, même si elle compose et écrit tout, toute seule, elle a malgré tout besoin de petites mains… C’est donc sous la houlette des producteurs Stefan Bracke (Raveyards, ex-The Subs) et François De Meyer (Raveyards, Villa), et flanquée des excellents musiciens Nele De Gussem (voix, guitare), Stijn Vanmarsenille (basse, synthé) et Simon Segers (batterie) que son disque a pu être enregistré.

Maya a, dans un premier temps, grandi dans une fermette de campagne, un environnement peuplé d’insectes et de papillons et habité des sons de son vieux violon. C’est là qu’elle a construit son univers, solitaire, fantastique et secret. Exilée en ville, elle devient multi-instrumentiste ; et de soliste, elle passe à une vie plus sociale en rencontrant ses futurs collaborateurs. Ses chansons sous le bras, elle troque alors sa fermette contre un studio et le résultat vient de nous être servi tout chaud.

Une dizaine de chansons mélancoliques et charmantes, autant de mélodies envoûtantes, interprétées dans un anglais parfait, nous emmènent dans le monde féérique de Maya. Le parallèle avec Björk est toujours bien présent. A la différence près que l’Islandaise a le don de pondre de temps à autre un hit monstrueux, tube que l’on ne retrouve pas sur la galette de notre petite Belge. Il n’empêche qu’elle fait preuve d’une bonne dose de créativité et d’innovation dans ses jolies chansons. Le tout, dix plages au total, s’écoule de façon assez linéaire et s’écoute sans déplaire mais sans étonner beaucoup non plus. Une fois les trois premières pistes digérées, plus aucune ne parvient à surprendre même si la qualité reste au rendez-vous.

Maya aura sans aucun doute bientôt d’autres créations à nous révéler, dans son registre empreint de charme et de séduction…

 

mercredi, 28 novembre 2012 02:00

Dites-le avec des fleurs…

Hier, j’suis allé voir un ‘vieux’ en concert ! Un vieux bonhomme de 64 ans ! Un papy ! Oui, je sais, n’est pas l’seul. Y’a l’aut’ band de cinglés qui, de l’autre côté du Channel, font également de la résistance.

Dans un vieux théâtre encore bien plus âgé que le chanteur, les fauteuils et le décorum appartiennent eux aussi à une autre époque, un siècle d’existence au bas mot…

Le rouge domine. Tout est rouge, du sol au plafond, moquette, sièges, murs, tout, absolument tout, même le gilet de l’ancêtre adoptera le coloris, ce soir.

L’ancêtre, c’est Voulzy, Laurent Voulzy, frère de sang et de cœur de Souchon, Alain Souchon. Son alter ego, sa moitié, son bras droit, celui qui tient la plume et qui fait danser les mots sur les partitions géniales écrites par l’autre main, celle de Laurent.

Vieux… Ben faut croire que moi aussi j’suis vieux, puisque je dois avoir acheté son premier 45 tours, il y a près de 35 ans ! « Rockcollection », je devais avoir 14/15 ans à tout casser. Ça ne date pas d’hier, hein ! On est milieu des seventies, si ma mémoire ne me fait pas faux bond. Mais en près de 4 décennies, l’eau a coulé sous les ponts. Voulzy a pondu un véritable chapelet de hits en seulement 4 elpees studio, de 1979 à 2011. Ouais, pas pressé le mec. A sa décharge, il compose pour son pote et pour d’autre encore. Et puis, comme il le dit lui-même, il n’y a pas d’urgence. Chez lui, la qualité prend le pas sur la quantité.

En 2011, il publie un album concept qui transporte ses auditeurs en plein Moyen-âge de l’autre côté de la Mer du Nord. L’opus surprend mais reste néanmoins d’excellente facture. Musicalement, il tape dans le mille, usant d’instruments acoustiques nouveaux et anciens avec un égal bonheur.

Ce soir, c’est donc le ‘Lys & Love Tour’ qui nous est proposé, dix ans après la tournée qui illustrait « Avril », tombé dans les bacs, en 2001.

Fait pas chaud ce soir à Lille. En outre, les organisateurs en mettent du temps pour nous laisser entrer. Pour un spectacle prévu à 20h30, on n’ouvre les portes qu’à 19h45. On a déjà vu mieux…

Soit, on y est, ne boudons pas notre plaisir. La salle, 1000 sièges en tout et pour tout, se remplit rapidement et lorsque Sirius Plan prend possession de quelques mètres carrés, à l’avant-scène, tous les beaux fauteuils sont occupés. Les trois filles, jolies, ce qui ne gâche rien, sont présentées en voix off par Laurent lui-même avant d’entamer un mini-set de cinq morceaux jouissifs et dynamiques à souhait. Le public bien que majoritairement plus que cinquantenaire, dans l’ensemble, se laisse prendre au jeu et les deux derniers titres sont interprétés devant une foule conquise, debout et super excitée. Chapeau mesdemoiselles ! A revoir d’urgence…

Quelques réglages plus tard, la sonnette retentit (ben oui, on est au théâtre) et chacun regagne sa place avant d’être plongé dans une semi-obscurité. Place alors aux premiers accords d’« Un ange passe », introduction instrumentale, qui plonge immédiatement l’auditoire dans un décor et une ambiance baroque. Cloches, violon, violoncelle, harpe, chandeliers géants, bougies au sol et autre bouclier, tout nous rappelle l’époque des châteaux forts, des seigneurs et des folles épopées amoureuses de ses preux chevaliers. Laurent Voulzy lui-même a revêtu des habits qui collent à l’histoire : pantalon noir, chemise à jabot et dentelles aux poignets des manches, foulard et petit gilet de velours rouge. Par contre ses musicos, deux jeunes filles charmantes et trois messieurs un peu moins jeunes (ils se partagent une bonne dizaine d’instruments) sont accoutrés comme le commun des mortels de notre siècle. Marrant ! Le style musical, lui, ne se départira pas de l’époque médiévale. Astucieusement, Laurent mélange la quasi-intégralité de son dernier long playing à des titres plus anciens mais tout en gardant la même ligne de conduite. Un timbre moyenâgeux est toujours bien présent sur chaque morceau, même sur une reprise fabuleuse, « Scarborough Fair » de Simon & Garfunkel, est revisitée d’une façon incroyable. Mieux que l’original, tout en finesse, chœurs et subtilité. Quel talent !

Discret jusque là, Laurent se met à dialoguer de plus en plus avec son public, allant même jusqu’à téléphoner en direct à son ami de toujours qui, lui aussi, via un smartphone, échange quelques mots avec les fans lillois. Info ou intox ? Tout est possible vu la performance des téléphones portables actuels… Peu importe, l’essentiel réside dans la communion entre l’artiste et son public. Plus le concert avance, plus Voulzy se déride. Les tubes s’enchaînent, les cordes vocales tiennent le coup même si de temps à autre, ce sont celles de sa guitare qui donnent à frémir, par deux ou trois fois. Un trou de mémoire amuse la galerie et c’est le bassiste qui vient au secours de son seigneur. La bonne (l’excellente) surprise vient des instrumentistes, tous pétris de talent pour leur doigté musical ; mais que dire alors de leur prestation au micro… Rien, y’a rien à dire, juste se taire, écouter et se laisser envahir par la beauté, l’émotion. Les arrangements sont somptueux d’élégance, les voix sont divines tant chez les filles que chez les garçons. Voulzy a eu la main heureuse en dénichant trois jeunes collaborateurs pétris de talent : le bassiste, la harpiste et la violoniste. Les deux autres aux claviers et aux percussions sont des fidèles, des complices de longue date, ce qui n’enlève rien à leur mérite. La soirée se poursuit magnifiquement par quelques titres affichant pour la plupart une bonne dizaine d’années : « Liebe », « Paradoxal système », « Le pouvoir des fleurs », « Belle-Ile en mer ». Le public est ravi et Laurent le laisse chanter mais, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, il corrige avant de faire reprendre en s’assurant que la note est correcte.

Mais la nuit avance, deux heures déjà que le set a débuté. « Jeanne » et « J’aime l’amour » sonnent le glas. L’artiste se retire sous les acclamations mais ne peut rester longtemps dans les coulisses. C’est sous les ‘On n’est pas fatigué’ qu’il refait surface en répliquant tout sourire ‘Moi non plus’.

S’ensuit alors une petite histoire de rencontres dans les rues de Lille qui donnent lieu à quelques reprises raccourcies de chansons qu’il n’a pu insérer dans sa ‘set-list’, par manque de… temps…

« Fille d’avril », « Le cœur grenadine », « Karin Redinger » retrouvent la place qu’ils méritent.

Finalement au bout de deux heures trente, « La nuit » clôture définitivement le show de ce ‘vieux bonhomme’ qui nous a, une fois de plus, éblouis par la beauté de ses chansons, par sa gentillesse et son professionnalisme.

Ben, les p’tits jeunes, prenez-en de la graine car le pépère Voulzy a vraiment plus que de beaux restes, il pourrait même vous remonter les bretelles si votre ‘la’ n’était pas juste, juste…

Les fleurs, il les a reçues de quelques ‘jeunes dames’, les a précieusement gardées et il a même accepté de signer l’un ou l’autre autographe pour les admiratrices les plus persévérantes.

Quand on vous dit qu’il est gentil…

Superbe soirée, un remède bien meilleur que les antidépresseurs prescrits en cette période grise, froide et triste…  

OrganisationVérone Productions

(Voir aussi notre section photos ici)

 

mercredi, 28 novembre 2012 18:56

Vise le ciel

Que Cabrel soit un fan inconditionnel de Dylan n’est un secret pour personne. Merci Hugues Aufray ! C’est lui, en effet, qui dès 1965 (déjà) adaptait dans sa propre langue, quelques titres du bon Zimmerman et accrochait les oreilles de Francis, alors teenager. Depuis, celui-ci a découvert l’univers de Bob en version originale et n’a jamais, en 35 ans, renié son amour pour sa poésie et ses mélodies. Mais de là à réaliser un album de reprises et en français, il y a une marge qu’on imaginait jamais le voir franchir. D’autant plus que cet exercice de style relève plus de l’identification à son idole que de l’admiration qu’il lui porte…

Pourquoi ? Pourquoi donc un tel artiste aussi talentueux, tant au niveau de l’écriture que de la composition, a-t-il décidé de consacrer une œuvre, sa 14ème, à des covers de Dylan. Onze en tout !

Et bien la raison est toute bête, le manque d’inspiration tout simplement.

Alors qu’il préparait son nouvel opus, Cabrel cale après seulement avoir écrit 5 ou 6 chansons. Sa muse est tarie. Ne voyant plus rien venir, il choisit alors de changer de direction. C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers le répertoire de celui qu’il écoute et admire depuis le début des seventies.

Très adroitement, il évite de marcher sur les plates-bandes de Hugues Aufray en éliminant les chansons déjà revisitées et sélectionne des titres qui sont même pour certains, presque inconnus. On pourrait même penser que ces compos sont personnelles tant elles se rapprochent de ce que concocte habituellement notre homme.

Pour celui qui ne connaît qu’« I Want You », cet elpee pourrait servir de déclencheur et par là-même, servir les intérêts de Bob Dylan. Car le répertoire de cet immense artiste est loin d’être connu de tous. Il recèle encore pas mal de perles et de découvertes possibles ; Cabrel nous met ici le pied à l’étrier.

Musicalement parlant, on est très proche de « Des roses et des orties » sorti en 2008 et ses accents de la Nouvelle Orléans. On ‘nage’ toujours dans le Bayou…

Au niveau des lyrics, il faut reconnaître un talent certain à Francis Cabrel. Alors que le vieil Apache aux cheveux blancs se contentait de traduire quasi littéralement les propos de Dylan, Cabrel privilégie l’idée aux mots. Pas toujours fidèles, les paroles légèrement différentes gagnent en sens et en authenticité. Paradoxal me direz-vous ! En effet, mais Cabrel a privilégié l’esprit à la lettre, conférant une nouvelle dimension à ces onze splendides chansons.

Une excellente parenthèse dans la carrière d’un des meilleurs, si pas le meilleur, représentants de la chanson française. Francis nous promet de sortir son nouvel opus, dans le courant 2013. Fameuse idée que de nous inviter à patienter en publiant ce joli disque. Et puis, si cette formule lui permet de retrouver l’inspiration, perso, je ne dis pas non !

 

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