• Alison Barter fait de son mieux
    Alison Barter fait de son mieux L’Australienne Ali Barter est de retour avec son nouvel album « Hello, I'm Doing My Best », une collection révélatrice de chansons…

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Luc Herpoel

Luc Herpoel

vendredi, 17 septembre 2010 02:00

Sugarock 2010 : vendredi 17 septembre

Le Sugarock fêtait donc, ce vendredi 17 septembre, sa sixième édition. Coup d’œil dans le rétro… Ne changeant pas une formule qui gagne, les organisateurs du festival sucrier ont une nouvelle fois fait la part belle aux formations pour la plupart indigènes. Et pour contenter toutes les franges de la population, figurait à l’affiche des combos wallons, bruxellois et flamands. La musique peut décidément guérir tous les maux… même si ceux-ci sont d’origine communautaire !!! A l’instar de l’édition précédente, le public a répondu à nouveau présent en masse, mais pas de façon aussi exceptionnelle que l’on pouvait espérer. C’est donc une assistance d’environ 600 personnes qui peuplait la structure habituelle, un superbe chapiteau agrémenté d’un plancher sur lequel on a l’avantage d’évoluer les pieds au sec !

Cette année, il fait froid ! Rien à voir avec 2009 où chacun se baladait en tenue estivale, la chope ou la clope au bec sous un soleil d’été indien. Hélas, 12 petits degrés seulement règnent à l’intérieur ; c’est un ou deux de moins encore qu’à l’extérieur. C’est dire s’il fallait venir bien couvert. Et le peu de monde présent à l’ouverture des portes n’est pas fait pour réchauffer l’atmosphère. Bref, on attend impatiemment que les hostilités débutent, afin de pouvoir se bouger un peu…

Et c’est à Marvin Hood qu’échoit le privilège d’ouvrir le festival. Dure tâche s’il en est. Surtout lorsque le public, qui n’arrive encore qu’au compte-gouttes, n’a pas l’air très intéressé par cette (toute) jeune formation. Sélectionné par le jury du tremplin rock, les six membres de Marvin Hood se fendent d’un set plus que valable. Les accoudés au bar ou les premiers arrivés sont visiblement séduits par la qualité de leur musique ‘pop rock’ très fraîche et dynamique. Leur jeu scénique est également intéressant, surtout au niveau des accessoires, couvre-chefs et masques pour le moins originaux. Ces teenagers n’ont visiblement pas froid aux yeux et ce n’est sûrement pas le premier concert qu’ils nous proposent ce soir ; car ils ont déjà une approche assez pointue du métier… A noter que leur premier album est prévu pour très bientôt. Avis aux amateurs !

Le timing est presque respecté (ce sera la seule fois et une fois n’est pas coutume) lorsque Lucy Lucy prend possession des planches. Coupable d’une musique pop sucrée voire acidulée, comme beaucoup de bands contemporains ‘made in Belgium’, les Bruxellois nous gratifient d’un excellent moment. Nouvelle révélation musicale belge en date, les cinq musiciens enchaînent une quinzaine de morceaux dont quelques perles qui sont régulièrement programmées par nos meilleures stations FM, dont « Clock » et « I can give it ». L’essentiel de leur répertoire est puisé dans le premier Ep six titres sorti en septembre 2009 et au sein d’un futur album. Epinglons également une reprise bien réussie d’un morceau des Turtles. Le summum de leur prestation sera néanmoins atteint lors du tout dernier titre qui sonne beaucoup plus rock. Et là apparaît une formation qui a l’air de s’amuser encore plus. Tous les membres du band donnent le meilleur d’eux-mêmes pour nous proposer un final époustouflant de vigueur et de musicalité. Serait-ce là le vrai visage de Lucy Lucy ? En tout cas, on en redemande…

Il faudra une heure de patience avant de voir arriver David Bartholomé et ses deux acolytes de Sharko. Visiblement éméché (NDR : et le mot est faible !), notre Tintin du rock casse la baraque dès l’entame de son set, lors d’un « Wake up » du meilleur cru. S’excusant deux fois plutôt qu’une pour son retard, il enchaîne alors la quintessence de ses quatre albums pour le plus grand bonheur d’une assemblée complètement sous l’emprise et le charme de notre homme. Transpirant l’alcool par tous les pores mais usant de sa voix comme d’une arme fatale, ce fou chantant, cet énergumène très remuant, se démène et arrive à mettre le chapiteau à feu et à sang. Tout le monde saute, danse et reprend en chœur dès que l’occasion lui est donnée. Et David ne s’en prive pas. Nous avons droit à une prestation éblouissante dans une ambiance fabuleuse et ce, grâce également à une sonorisation bien plus efficace que lors de l’édition précédente. Ca promet pour l’année prochaine… Le final est à la hauteur de nos espérances, tout au long d’un « No Contest » au cours duquel le public va s’époumoner afin d’être entendu, comme le veut Sharko, jusqu’à Bruxelles. Sharko tire sa révérence en remerciant encore la foule, d’être restée dans le froid à l’attendre une heure.

Il est déjà minuit lorsque le très attendu duo flamand Black Box Revelation s’installe enfin, après avoir procédé aux réglages d’usage pendant un certain temps. Un temps certain même… cela commence tout doucement à faire long… Une heure de retard déjà… Et ce n’est pas fini ! Le public en prend visiblement ombrage et quitte déjà, en partie, le chapiteau. Et que dire de la prestation de ce duo de fous furieux ? En un mot comme en cent, le but de BBR est visiblement de faire le plus de bruit possible, de foutre la pagaille et le bordel dans le public. Quelques énergumènes s’en donnent d’ailleurs à cœur joie ; mais ils ne sont qu’une tout petite minorité. Réunissant un batteur et un guitariste, ce ‘miniband’ originaire de Brussel (ben oui néerlandophone quoi) a visiblement de l’énergie à revendre mais au bout de quatre morceaux, on a l’impression d’avoir déjà entendu ce type de musique. Côté originalité, il y a encore du boulot. Ne sont pas les White Stripes qui veulent… Même si le mimétisme est quelque peu poussé ! Le batteur réussissant même à désarticuler son matos !!! Faut dire qu’à force de taper comme un sourd, le phénomène devait forcément se produire. Et ce n’est pas grand-chose d’autre que l’on retiendra de ce set plus bestial que musical…

A minuit trente, heure à laquelle aurait dû débuter Piano Club, le duo sévissait encore. Las d’attendre, j’ai imité, hélas, la grande majorité du public encore présent à cette heure. Après un rapide calcul, il apparaissait que les deux fous furieux ne quitteraient pas les planches avant une heure du matin. Comme une bonne trentaine de minutes au moins seraient nécessaires afin de faire place nette, le dernier groupe n’entamerait pas son premier titre avant deux heures du matin. J’ai donc déserté les lieux, transi de froid et floué d’avoir été pris en otage d’un horaire une fois de plus non respecté. Mais les plus à plaindre sont sans aucun doute les membres de Piano Club, qui après avoir joué à Namur en début de soirée, avaient effectué le déplacement en hélico jusqu’à Frasnes et ce, pour jouer devant un parterre plus que réduit, dans un froid de canard et une ambiance du même acabit…

A quand une organisation un peu plus professionnelle ?

(Voir aussi notre rubrique photos)

 

mardi, 14 septembre 2010 02:00

Première Mue

Peau… Mais qui donc se cache derrière cet épiderme ? En fait, il s’agit de Perrine Faillet qui, après avoir milité, pendant cinq années, au sein de la formation vocale Crise Carmen (NDR : vous connaissez vous ?) a décidé de changer. De quoi ? Ben de peau, tiens ! Faut suivre hein les gars !!! D’où le titre de son nouvel album, « Première Mue » : ben oui quand on change de peau, c’est normal, non ? A vingt-huit ans, notre Grenobloise, après avoir passé une année à ‘traîner’ son ennui, suite à la séparation de sa ‘chorale’, s’est enfin remise à bosser ; et revêt donc sa nouvelle peau. Elle a enfin fait sa mue…

Auteur/compositeur, Perrine écrit depuis 2008 des chansons dans son home-studio. Les harmonies vocales ont cédé le relais à des guitares, des claviers et des beats. Le cadre vocal n’est donc plus d’actualité ; et Peau redessine les contours de sa carrière musicale. Après une année de recherches en solo, il est temps de passer à la vitesse supérieure.

Afin d’enfanter son projet, Perrine a convié deux explorateurs chevronnés du rock à la fois esthétique et électro : Olivier Depardon et Daniel Bartoletti. Interprétées tour à tour en français ou en anglais, les onze titres graciles ou vifs, nerveux ou intimistes mais toujours intelligemment construits, évoluent sur des rythmes lancinants. Et au sein d’un univers pop folk, ouvert tant à l’électricité qu’à l’électronique. Bien que souvent comparé à Emilie Simon voire à Noir Désir, la musique de cet opus intrigant, mais joliment maîtrisé, ne manque toutefois ni de personnalité ni d’originalité.

S’il n'est pas facile pour un jeune artiste de créer un univers fort et cohérent, dès ses premiers pas, Peau est quand même parvenue à faire l’unanimité autour d’elle, lors de la sortie de ce premier Cd. Un disque véritablement encensé par la critique. Bref, ce mélange de pop, d’électro et de folk n’attend plus que vous. Alors, entrez donc dans l’univers mystérieux et sensuel de Perrine susceptible de vous caresser à fleur de… Peau !

mardi, 20 juillet 2010 02:00

Live – The Short Version

Responsable de ‘petites chansons’ d’amour très particulières, Anaïs a décidé d’immortaliser ses chansons interprétées en ‘live. Où ? Aux Francofolies de La Rochelle. Quand ? L’an dernier. 

Comme d’habitude, la (re)belle grenobloise caricature grossièrement la relation amoureuse ou tout simplement le ‘couple’ dans ce qu’il y a de meilleur mais aussi souvent de pire… Un peu d’humour et de dérision ça passe. Tout au long d’un même cd, ça lasse. D’autant plus qu’il est pimenté, entre les différents morceaux, de commentaires et autres intermèdes du style. Et à la longue, son attitude devient vite agaçante et difficilement supportable ! Les titres ? Vous les connaissez tous. Donc, pas de surprise. Son tracklisting épingle tous les classiques. Depuis « Christina » à « Mon cœur, mon amour », en passant par « Le premier amour » ou encore « Peut être une angine ». Le tout complété par quelques compos un peu moins connues du grand public.

« Short Version » ? En existerait-il une longue ? Pas du tout ! Alors pourquoi baptiser son opus live d’un tel titre ? Et bien tout simplement pour deux raisons : la setlist est plus courte qu’un concert classique, et lors de cette prestation accordée aux Francofolies, Anaïs était vêtue d’un short ! L’explication vaut ce qu’elle vaut ; et pourtant, c’est la réalité. Il suffit de jeter un œil sur la pochette… Hormis ces quelques défauts, il faut reconnaître que la chanteuse démontre, tout au long de cet elpee live, qu'elle est une fameuse show girl, capable de se débrouiller plutôt entre plusieurs styles : rock, pop, r'n'b ou chanson française, ... En outre, elle parvient à enflammer son public, qui chante et s'éclate en même temps qu'elle ; surtout lors de l'intro de « Mon cœur, Mon amour », une interprétation très réussie au cours de laquelle, elle emprunte plusieurs gimmicks de guitare ultra-connus.

Aujourd’hui âgée de 34 ans, la jeune femme avait entamé sa carrière en 2003, au sein d’un groupe ‘illustrement’ inconnu répondant au patronyme d’Opposum. Un combo qu’elle a quitté en 2004 pour embrasser une carrière solo. Son premier elpee, « Cheap Show », sorte de ‘one-woman-song’ oscillait entre folk, blues, rock, rap et r'n b' (!?!!) Armée d'une simple guitare acoustique et d'une pédale, elle bouclait en live sa voix.

Mais c’est en 2005 qu’elle va enfin se révéler. Les médias vont alors découvrir sa première incursion dans les histoires de couple, à travers "Mon cœur mon amour". Le reste, vous le connaissez…

Le « Live Short Version » d’Anaïs est donc un condensé de 6 années de carrière solo qui se laisse écouter ; mais seulement à doses homéopathiques…

 

mardi, 13 juillet 2010 02:00

2020

La trentaine déjà entamée, Benoît Dorémus ne publie pourtant seulement que son troisième album. Il faut avouer que ce jeune homme préfère prendre le temps de se construire plutôt que de brûler les étapes et de risquer de se faire jeter vite fait bien fait.

Né donc un 20 mai en 1980, ce natif de Besançon, se consacre prioritairement à ses études. Une Licence en Arts du Spectacle (cinéma) en poche et la publication d’un premier roman resté confidentiel, il s’installe à Paris. Accompagné de Richard Posselt (accordéon et piano) et Franck Portal (basse), il commence à se produire en concert dès 2003, tournant dans plusieurs salles et bars parisiens. Il reconnaît pour influences majeures Eminem, Renaud, Alain Souchon et Philippe Djian, pour l'écriture.

En 2005, il publie donc sa première réalisation « Pas en parler ». Ce disque attire l’attention de Renaud qui le signe sur son propre label ‘Ceci cela’. En 2007, son opus « Jeunesse se passe » recueille un excellent accueil critique.

‘Taratata’ le reçoit même lors d’un hommage à Renaud et il tourne ensuite durant plus de deux ans, assurant principalement des premières parties de Renaud (encore lui) ou encore Renan Luce (restons en famille), dont il est très proche tant dans les textes que le style musical.

Découvrons donc ce nouvel elpee entamé automne 209 et paru il y a quelques semaines. Plus ouvert, plus sensible, plus léger, plus posé que le précédent, il nous propose des morceaux bien écrits et nettement moins vindicatifs que sur « Jeunesse se passe ». Quoique…

« Bilan Carbone » ouvre la série des 12 titres. Une bonne leçon environnementale, à la mode actuellement chez beaucoup de ses collègues… Autre coup d’œil sur les maux de la planète sur « Comment vont les autres », vision décalée des pseudo-problèmes de chacun. « T’as la loose » ou Renaud revisité,  surtout lors du refrain. On se croirait revenu 30 ans en arrière. « De l’autre côté de l’ordi » complètement autocritique nous démontre une personnalité assez inquiète de son avenir, de son métier, de la voie empruntée. Et puis, il y a « J’ai les deux pieds dedans », mélodie simplement efficace et la galère d’un artiste, petite histoire toute personnelle (?).

De jolies chansons à découvrir, à écouter, à la fois tendres, lucides et parfois même ironiques. ‘De l’intime à la sociologie, du politique au romantique, de lui-même à nous tous’», dixit Benoît himself…

Après avoir joué en première partie de la tournée de Renan Luce, il entamera la sienne dès l’automne prochain.

 

mardi, 13 juillet 2010 02:00

Coup de foudre

Higelin ? Tout un programme. Et pourtant ! Depuis quelques années, l’ami Jacques s’était fait plutôt discret. Il faut dire que la qualité des œuvres proposées n’était plus à la hauteur de son passé ni de son immense talent. A croire qu’il avait mis sa gouaille en mode vibreur, voire silencieux.

Mais en 2010, soit à 69 ans bien sonnés, il décide de nous revenir en publiant « Coup de foudre », son dix-septième album studio au compteur depuis les prémices de sa carrière, en 1965 (hé oui déjà !) Après quelques réalisations plutôt anodines, il nous sort un de ses meilleurs elpees, un peu comparable au superbe « Tombé du ciel », qui date de 1988. Cet opus fait suite à « Amor Doloroso » qui amorçait en 2006 un retour en force. Ce trublion de la chanson française, digne héritier de Charles Trénet, autre fou chantant, a repris dans son équipe les mêmes membres qui lui ont valu un retour aux sources. Et les recettes sont les mêmes pour un résultat encore meilleur que quatre années plus tôt. Comme il y a 22 ans, les mélodies sont au rendez-vous. Variées, agréables, ludiques ou tout simplement belles. L’accent est mis sur l’accessibilité de ses chansons.

Car à dire vrai, pour apprécier Higelin, il faut oser entrer dans son univers, accepter ses coups de gueule, ses avis bien tranchés, son sens désopilant de la réalité du monde dans lequel il vit. Pas si simple. Surtout quand lors d’une première écoute, on n’a pas l’oreille accrochée par la ligne mélodique de la chanson.

Ici, pour « Coup de foudre », Jacques a rendu ses textes directement accessibles grâce à une clarté, une pureté des sons qui vous capturent immédiatement. Il s’en sert alors royalement pour nous proposer son grand carrousel de mots. D’amoureux fou dans « Coup de foudre » qui ouvre l’album, il passe au statut de paumé du cœur dans « J’ai jamais su », puis critique notre société de consommation « Qu’est ce qui se passe à la caisse ». Comme en ses plus beaux jours, il visite ses thèmes préférés : l’amour, la joie, la misère, la violence parfois et puis la poésie encore et toujours.

Il nous faisait peur le bougre en sortant à près de 70 ans un nouvel album. Allait-il être capable de relever son niveau, de se hisser à nouveau au sommet de son art ? Visiblement, comme le bon vin, il s’améliore encore au fil des années. Mais il faut prendre soin de choisir alors la bonne bouteille ! Sortez les verres ! Santé !

 

mardi, 13 juillet 2010 02:00

AKA Lostboy

Jim Kerr, c’est le chanteur du légendaire groupe de rock écossais Simple Minds. Une formation qui a vendu plus de quarante millions d'albums, à travers le monde, depuis 1979. Sans oublier les hits planétaires (NDLR : et surtout les plus populaires) comme « Don't You (Forget About Me) » et « Alive And Kicking », qui leur ont permis d’entrer dans la légende. Jim a décidé de voler de ses propres ailes. Et d’enregistrer un premier album solo. En choisissant pour pseudonyme Lostboy! Pour la première fois, il a bossé sans le concours de son acolyte Charlie Burchill, musicien (NDR : guitariste, claviériste, saxophoniste, batteur et violoniste) et surtout compositeur hors pair. Depuis plus de 30 ans, il était la muse de Simple Minds. Cependant, Kerr a sollicité, pour concocter son premier album solo, le coauteur et producteur londonien Jez Coad, qui avait déjà collaboré à la mise en forme du 14ème elpee studio du combo écossais, « Black & White 050505 », en 2005.

Mais venons-en au fait. En perte de vitesse depuis quelques années, Simple Minds s’essouffle visiblement. Souhaitant donner un coup de fouet ou de lifting à son image, Kerr nous propose donc « AKA Lostboy », balade solitaire d’un leader actuellement en manque de reconnaissance.

Là où on attendait un renouveau, une tentative, une prise de risque, Jim nous sert des fonds de tiroir où se sont accumulés quelques titres poussiéreux et totalement dépassés pour l’heure. De « Refuggee » à « Mr Silversmith », Jim Kerr, alias Lostboy, ne s’est visiblement pas perdu en chemin. Il n’a pas dévié d’un poil des sentiers tracés. Il a parfaitement suivi les dizaines de petits cailloux blancs qu’il avait semés durant plus de 20 années en compagnie de ses acolytes. Bref, rien de bien nouveau à déguster mais simplement une repasse des plats bien connus des amateurs de pop/rock des eighties. La voix et les mélodies sont immédiatement reconnaissables ; et on en arrive à se demander pourquoi sortir un elpee solo si c’est pour faire exactement la même chose que durant son aventure vécue au sein des Simple Minds ???

Les amateurs du genre apprécieront et tomberont peut-être même sous le charme ; reste quand même un petit goût de trop peu ou plutôt de déjà vu ou entendu ! D’ailleurs, pour ne pas être trop négatif, on épinglera quand même le single « Shadowland » que n’auraient pas renié les habituels musiciens du band, restés cette fois à quai, pour voir partir leur ‘enfant perdu’…

mardi, 13 juillet 2010 02:00

Amour Carabine

Un peu d’histoire pour commencer. A vingt et un an, Patxi, jeune homme basque, participe à l’édition 2003 de la Star’Ac. Tout le monde s’en fout ? M’en doutais un peu. S’ensuit immédiatement un single « A l’anglaise » que personnellement je n’ai jamais entendu. En 2006 paraît un premier album « S’embrasser ». Aux manettes, on y retrouve JP Nataf (ex-Innocents) aidé dans les compos par Louis Chédid et Pierre Souchon. Pas n’importe qui… Pourtant, jamais entendu non plus ! Quatre années plus tard, c’est Sébastien Lafargue, bassiste du groupe Autour de Lucie qui s’y colle. Mais cette fois-ci, personne pour écrire ou composer, Patxi Garat (de son patronyme complet) s’affirme quasi seul, hormis une collaboration de l’écrivain Philippe Besson.

Onze titres peuplent cet opus qui, surprise, n’est pas si mauvais qu’on aurait pu le craindre. Visiblement, en se prenant en charge seul comme un grand garçon, en osant écrire et composer, ce Basque de 29 ans est devenu un chanteur à part entière. Un chanteur de (bonne) variété certes, mais de bien meilleure qualité que certains dont la notoriété est déjà bien assise dans le métier… Non, non, pas de noms…

« Paris » qui ouvre l’album semble quelque peu autobiographique, « Le Début du siècle » rend hommage à son grand-père, lorsqu’il a fui la dictature franquiste. « A l’évidence », titre phare de l’album, reste en tête grâce à son phrasé répétitif. La voix légèrement éraillée de Patxi soutenue d’un son acoustique fait mouche sur « Parachute », enveloppé d’un doux parfum de Raphaël. « Chaque ville », hymne au voyage, servi par les chœurs de Valérie Leulliot, ex-chanteuse d’Autour de Lucie, transporte ailleurs. Pour le reste, ses compos oscillent entre chanson française et pop-folk, parfois rehaussées d’une pointe d’électro, à l’instar de « Chercher la vitesse ».

En conclusion, Patxi se révèle enfin, il nous montre ses talents de jeune auteur-compositeur en alignant des titres tour à tour légers puis graves. Le résultat est intéressant, dans la bonne moyenne des chansons françaises qui fleurissent ces dernières années. Une petite réussite.

 

mardi, 13 juillet 2010 02:00

La vie du bon côté

Découverte en 2007 par son tube, « Allô le Monde », la chanteuse française, Pauline, sort aujourd'hui, son second album. « La Vie du Bon Côté » est partagée en 12 nouvelles compos dont a été extrait le premier single, « Tous les Jours ». Signant elle-même toutes les mélodies et quasiment tous les textes, la ‘nouvelle Zazie’ a cependant confié la réalisation du long playing à Jean-Luc Léonardon, qui a autrefois bossé pour Natasha Saint-Pier.

Jouant régulièrement du piano depuis ses cinq ans, c’est à douze que Pauline découvre sa passion pour la musique, en rentrant au Conservatoire de Lille. Trois ans plus tard, elle obtient son diplôme de fin d’études (NDR : de piano évidemment) et elle écrit sa première chanson « Vie de songes ». ‘J’ai toujours écrit, je voulais poser mes mots, parfois n’importe quoi, des citations, des pensées, ma journée… Le plus compliqué ensuite, c’est de les rassembler en trois minutes pour en faire une chanson’, précise-t-elle encore. Elle rencontre et collabore ensuite avec Martin Rappeneau, Léna Ka, Jean-Luc Léonardon et François Welgryn, en compagnie desquels elle coécrira quelques textes de ce premier opus, « Allô le monde » qui sera écoulé à plus de 100 000 exemplaires.

Son second, « La vie du bon côté » se décline en 12 titres, copies conformes de ce que réalise habituellement Zazie. Cette impression d’hommage encombrant se confirme dans « Music Pop », titre dancefloor, pétri d’effets électro qui rappellent l’esprit de « Tout le monde » ou « Cyber », et dans d’autres titres dont « Dormons mieux » et « A mourir ». Le mimétisme est assurément poussé à son paroxysme. Tout y est, mélodies, textes, voix et interprétation. Pourquoi un tel plagiat ? J’ai bien du mal à comprendre que l’on puisse produire un tel disque. En outre, quel est l’intérêt ? Assurément pas la découverte d’une ‘nouvelle artiste’…

Malgré un talent d’auteur-compositeur et de pianiste, difficile de voir éclore l’univers de Pauline ! Décevant !

 

jeudi, 06 mai 2010 02:00

Benjamin, LE Superbe !

‘Benjamin Biolay ne fait rien comme les autres et pas grand-chose pour qu’on l’aime’ ! J’avais lu cette phrase au sein d’un article, mais je ne me souviens plus de sa source. N’ayant que ma curiosité à opposer à ces paroles pas très ‘sympathiques’, je me demandais qui donc et surtout pourquoi on pouvait bien véhiculer ce genre d’affirmation gratuite… N’étant jamais si bien servi que par soi-même je décidai donc de vérifier la véracité ( ?) de ces propos.

Bien avant son entrée en scène, Biolay avait convié un duo bruxellois plutôt insignifiant pour ouvrir l’appétit d’un public éclectique où jeunes, moins jeunes et pas jeunes du tout même se pressaient afin d’entendre ce ‘mutant’ de la chanson française. Ses géniteurs seraient tous deux… masculins, le premier pourrait être Gainsbourg dont il aurait hérité le don des mélodies, le sens de l’orchestration et… la clope souvent suspendue aux lèvres. Le second pourrait être Bashung à qui il aurait hérité de la voix à la fois chaude et rocailleuse ainsi que la facilité d’écrire des textes d’une beauté et d’une justesse incomparables. Et puis, n’aurait-il pas eu comme ‘nounou’ Etienne Daho qui lui aurait laissé comme bagage le sens du rythme pop des eighties ?

Encore tout auréolé de son trophée aux victoires de la musique et à peine sorti d’un scandale médiatisé à souhait par la presse people, le plus mélancolique des sombres chanteurs français avait mis les petits plats dans les grands jeudi soir à Lille. Devant une salle comble (NDR : deux mille personnes entièrement dévouées à sa cause), l’ex-mari de Chiara Mastroianni, en compagnie de laquelle il avait signé un elpee de duos piquants et amoureux, nous l’a joué dandy, tendre et sensuel à souhait.

Benjamin sait que le public sera chaud/bouillant dès les premières notes et mots qui émergeront de l’obscurité. Et il se fait désirer pendant près de 40 minutes. Après les petits zakouskis sans saveur servis par le supporting act, de quoi encore faire monter la pression. Et inévitablement, dès les premiers accords de « Pour écrire un seul vers », c’est le délire dans les travées de l’Aéronef. Pari gagné pour ce beau brun un peu timide, réservé, qui remercie gauchement, et dix fois plutôt qu’une, ses admirateurs.

Un piano à queue noir trône au milieu de la scène devant un décor romantico-baroque, dont les pans de murs aux hauteurs différentes sont recouverts de feuilles d’aluminium qui scintillent aux rythmes des ballades chaloupées du ‘quintet biolesque’. Cinq, ils sont cinq pour donner vie au monde musical de Benjamin.

Une harpiste/violoncelliste/choriste, deux guitaristes, un batteur et un claviériste/touche à tout (utilisant le theremin, espèce de scie musicale) démontrent par cette richesse instrumentale, toute l’étendue du talent affiché par le beau Lyonnais. Le sixième c’est lui, seul au piano pour quelques morceaux plus intimes dont le sublime « Ton héritage » et une fois, une seule à la trompette, dos au public comme gêné de souffler, peut-être, dans un instrument un peu ringard aux yeux de ses fans…

Il faudra cependant plus d’une demi-heure pour que la tension, espèce de vernis dont est recouvert Benjamin, se craquelle. Enveloppé dans une timidité, une gêne quasi palpable, le trentenaire ténébreux lâchera enfin les chevaux à partir de « Lyon presqu’île » mais surtout « Prenons le large », repris en chœur par une salle en ébullition. 

Jouant à saute-mouton dans son répertoire, alternant le piano-voix (« Nuage Noir », « Novembre toute l’année », « Négatif »), les ambiances vaporeuses (« Même si tu pars »), la pop eighties (« Si tu suis mon regard », « Qu'est-ce que ça peut faire ? »), le déchirement glacé (« Night shop »), les boucles électro (« L'espoir fait vivre ») ou la nostalgie dansante (« Lyon Presqu'île »), Benjamin se remue, complètement décomplexé à présent, levant le poing plus souvent, et sur « A l'origine », finit même par se rouler par terre en vociférant, dans un tonnerre de guitares-batterie très réussi.

Deux heures passent hélas très (trop) vite et au vu du catalogue musical de Benjamin Biolay, on aurait volontiers écouté une dizaine de morceaux en plus ; car c’est réellement un très grand compositeur, un musicien hors pair et un arrangeur exceptionnel qui nous fait face ce soir.

Quatre rappels seront accordés dont le splendide « Padam », mais en guise de clôture, définitive cette fois, en duo avec sa complice harpiste, il nous délivre le déjà mythique « Brandt Rapsodhy » évoquant une liaison par post-it interposés ; et il met le doigt là où ça souffre, passant des éclaboussures d’un grand amour à une déchirure brutale.

Une fin dramatique pour un spectacle tout en nuances, sombre et lumineux, mélancolique et mélodique.

Quel est le con qui a dit : ‘Benjamin Biolay ne fait rien comme les autres et pas grand-chose pour qu’on l’aime’ ?

(Voir aussi notre section photos)

Organisation Vérone Prod 

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