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Rock Werchter 2004 : samedi 3 juillet

Écrit par Johan Meurisse

The Rasmus : un ensemble finnois qui est parvenu à faire son trou sur la scène internationale, lors de la sortie de « Dead letters ». En 'live', son pop rock mélodique n'est guère surprenant et souffre de la médiocrité du chant Ylönen. Sans intérêt !

Bart Vincent et Does de Wolf ont donc réalisé leur rêve : jouer à Werchter ! Une récompense que le Thou gantois a bien mérité après avoir consacré plusieurs années à la création musicale. Ils ont interprété une majorité de compos issues de leur dernier album, « I like girls in Russia ». Et en particulier « I won't go to Nashville », « Roam » ainsi que « Breakin' up the heart of a girl », chanson pour laquelle ils ont reçu le concours du violoniste de Das Pop, Reinhard Vanbergen. Entre pop énigmatique et rock puissant, qu'épice agréablement un chant versatile, leur set a été reçu 5 sur 5 ! 

Drivé par Marco Roelofs, De Heideroosjes roulent leur bosse depuis 15 ans. Et on s'en est rendu compte tout de suite. Un set impeccable ! Leur mélange de punk rock mélodieux et de hardcore est secoué par de nombreux changements de tempo. Issus de la plume de Roelofs, les lyrics opèrent une critique de la société contemporaine. Une formation à l'attitude punk, mais douée d'une vision à long terme. Moment d'émotion lorsque leur roadie est monté sur scène. Victime d'un grave accident de voiture, accident qui s'est produit lors d'une tournée, il est à nouveau sur pied. Le public lui a réservé un accueil chaleureux. De Heideroosjes ont puisé dans leur large répertoire. Depuis « Ik wil niks » à « We're all fucked up » en passant par « Iedereen is gek behalve » et « Dick Advocaat », une chanson écrite pour fustiger la folie engendrée par le football chez les Néerlandais, lors de la coupe d'Europe au Portugal, et « Time is ticking away ». De leur dernier opus, « Sinema », on a eu droit à « Spacegoat revolution » et « Damclub hooligan ». Le public des Heideroosjes est très fidèle. Il est sans cesse invité à chanter, faire des rondes, lever le poing, etc. Un des meilleurs moments constitue assurément l'hommage à Urbanus, auquel le groupe doit le patronyme De Heideroosjes. Un terme issu d'une de ses conférences. Urbanus et De Heideroosjes avaient même chanté dans une version fullspeed « (Marie-Louisje aan de) Kodazuur ». Un set sympathique, amusant et qui mérite le respect. Une chose est sûre on venait de vivre un des meilleurs moments de cet après-midi.

Drivé par le duo Canning/Drew, le collectif Broken Social Scene vient de sortir son deuxième elpee en Europe (« You forgot it in people »), un disque commis voici déjà un an et demi. Mais en 'live', le spectacle est impressionnant. Broken Social Scene est un large collectif : une moyenne de quatre guitaristes, une section de souffleurs, un organiste et j'en passe. Toute une armada qui soutient une voix féminine. Les guitares entretiennent un certain climat où se mêlent de rock, psychédélisme et americana, un climat visionnaire, énigmatique, intense, fiévreux, opérant l'un ou l'autre détour vers la dance et le jazz, tout en adressant l'un ou l'autre clin d'œil à Badly Drawn Boy, à Wilco ou encore à Godspeed. Solidement construites, les chansons peuvent également évoluer sur un mode uptempo. De quoi permettre aux guitaristes de se libérer (NDR : les mauvaises langues diront de s'égarer). Impressionnant ! Un ensemble à suivre et surtout à revoir dans les circuits des clubs…

Daan Stuyven est un personnage particulièrement créatif. On a déjà pu le constater au sein de Dead Man Ray, mais en solo, le mélange capricieux de pop et d'électronica est particulièrement brillant. Et ses opus éponymes en sont la plus belle illustration. Tout de blanc vêtu, Daan entame son set par « Housewife », une compo dynamique dont la fusion d'électronique et de percussions, balayée de ses riffs de guitare, entraîne instantanément un mouvement de danse au sein de la foule. Et son timbre vocal rauque accentue le pouvoir d'expression de ses chansons. Notamment sur des compos comme « Victory » ou « Eternity ». Nous aurons encore le loisir de reparler de Daan, au cours des prochaines semaines, puisqu'il participe aux festivals d'été…

Lors du Pinkpop, j'avais eu l'occasion d'assister au set spectaculaire de Black Eyed Peas, un collectif américain responsable d'une musique à la croisée des chemins du hip hop, du r&b et de la pop. L'ombre de Faithless y avait même plané. Paru l'an dernier, leur dernier opus « Elephunk » leur a permis de percer en Europe. La barre était donc placée très haut, avant qu'ils ne montent sur les planches. Après un départ raggamuffin', invitant le public à lever les mains en l'air, le groupe a enchaîné par ses classiques : « Hey mama », « Let's get retarded » et « Shut up ». Sur scène, le groupe bouge beaucoup. Dans la plaine, le public aussi. Les vocaux plein d'âme flattent les tympans. Les danses du ventre de Miss Fergie nous en mettent plein la vue. Mais le collectif ne trouve pas l'équilibre et manque de conviction. En outre la musique est trop brouillonne, et l'étincelle ne jaillira jamais. Le set est d'ailleurs écourté, n'épinglant pour seul rappel que « Where is the love ». On espère mieux pour la prochaine fois !

Responsable d'un excellent premier elpee, Franz Ferdinand est parvenu à conquérir le public de sa musique très électrique. Un pop/rock pétillant, contagieux, dynamique, frais, dansant, bondissant, parfois réminiscent des eighties, aux mélodies simples mais terriblement efficaces et captivantes. La formule guitare/basse/batterie tient bien la route, mais ce sont les riffs de guitare qui se chargent d'entretenir l'adrénaline. Leurs deux singles, « Take me out » et « Matinée » ont chauffé l'ambiance. Et des compos telles que « Jacqueline », « Tell me tonight » et « Michael » ont libéré une intensité phénoménale. Le quartet écossais en a profité pour dispenser quelques nouvelles chansons dont un « Love destroy » vivement acclamé. Le groupe était fort ému par la réaction de la foule. Le guitariste Mc Carthy a hérité quelque chose de son compatriote Burchill, à l'époque où il sévissait chez Simple Minds. Lui et Kapranos, le chanteur, n'hésitent pas à accomplir quelques pas de danse pour dynamiser leur set. Un set court, puissant, tempétueux et surtout étourdissant.

Issue de Devon, en Angleterre, Joss Stone a sorti un premier opus remarquable, au printemps dernier : « The soul sessions ». Une jeune chanteuse de 17 ans, dont le timbre proche d'Aretha Franklin, soutient une soul/pop américaine chargée d'émotion et de vécu. Et elle a de très jolis yeux, ce qui ne gâche rien. Epaulée par deux backing vocalists, elle a touché le public de son set à la fois bouleversant et sensuel. Depuis un « Chokin' kind », à la sensibilité à fleur de peau, au groovy « Super duper love ». Stone a impliqué le public dans ses chansons, en les laissant parfois reprendre les refrains. Si l'ambiance procurée par « Victim of a foolish heart » et « Dirty man » était surchauffée, celle produite lors de la cover du « Fell in love with a boy » a littéralement déclenché un effet de serre. La sortie d'un nouvel elpee est prévu pour septembre. Il devrait ne contenir que des compositions issues de sa plume. En guise de prélude, des titres comme « Jet lag » et « You had me » sont très prometteurs. Une prestation qu'elle a achevée par « Some kind of wonderful ». Impressionnant !

L'an dernier, Moloko avait emballé le public d'une prestation cinq étoiles, sous la tente 'Pyramid'. Ce qui lui a valu, cette année, de se produire sur la scène principale. Mais pour cette édition, la chance leur a tourné le dos. Le matos électronique de Brydon a lâché pendant l'interprétation de « Sing it back » ; ce qui a obligé la chanteuse, Roisin Murphy, de se produire en acoustique. Le set avait bien débuté par « Familiar feeling », une compo joliment tissée dans le funk disco freaky et dansant, et enrichie de petites touches électroniques. Un début encourageant confirmé par « Fun for me » de « Do you like my tight sweeter ? » et « The time is now », deux fragments qui atteignaient la bonne température. Des moments très agréables que Murphy colorait de son timbre. « Where is the what if… » n'avait cependant pas sa place et ne suscita que l'ennui. Heureusement, « Pure pleasure seeker » et « Forever more » remettaient quelque peu les pendules à l'heure, mais sans jamais atteindre le niveau de l'année dernière, lorsque Moloko s'était produit dans le 'Pyramid'. En outre, les problèmes techniques ont entraîné une fin de set en mode mineur. Moloko nous doit une revanche. Peut-être l'année prochaine, si on lui accorde une nouvelle chance. Il le mériterait.

Sophia, c'est avant tout Robin Propper-Sheppard. Une formation très appréciée en Belgique. Sous la tente 'Pyramid', l'ambiance était étrangement austère. Faut dire que la puissance du son émise par Muse, qui se produisait alors sur le podium principal, avait de quoi perturber. Une situation d'autant plus dérangeante que Sophia a entamé son spectacle par deux compos plutôt calmes issues de son remarquable premier opus paru en 1996, « Fixed water » : « So slow » et « Are you hapy now ». Un moment au climat particulièrement captivant. Les accords de guitare pincés ainsi que la voix mélancolique et chaleureuse de Propper-Sheppard ont littéralement transporté les chansons, enrichies d'une instrumentation luxuriante. Et dans le même registre, « Swept back » et « Oh my love » du récent elpee « People are like seasons » ont maintenu cette impression. Joliment construits, « Every day » et le nouveau single « Holidays are nice » m'ont paru plus consistants. Sophia s'y est aventuré dans les beats électroniques. Mais ce sont « The river song » et « If a change is gonna come » qui se sont révélés les plus percutants. A cet instant, Sophia en est revenu à une sonorité plus tendue, plus aventureuse, plus sombre, presque noisy, comme à l'époque de God Machine, le précédent groupe de Robin. Quelle apothéose !

Le Novastar de Joost Zweegers est devenu un véritable groupe. Un quintette. Qui met bien à l'avant plan le piano de Zweegers. Sur disque Novastar se révèle plutôt paisible, humble, ambiant. Live, il devient énergique, musclé, acharné même, laissant une large part à l'intensité des compos. Zweegers se démène souvent tel un possédé. Il dégage un énorme charisme. Il a surtout interprété des compositions issues de son deuxième opus, « Another lonely soul ». Si le set s'est ouvert par « Lend me love », « Never back down » constitue le point d'orgue de sa prestation. Le vocaux sont clairs et convaincants. Le talent de Zweegers au piano soutenu par la puissance de la guitare a enchanté l'assemblée. Le groupe a bien sûr interprété « Rome », mais c'est « Wrong », un extrait de son opus éponyme qui sera le second point culminant. Pour interpréter « When the lights go down on the broken hearted » et « Don't ever let it get you down », Zweggers actionnait régulièrement le couvercle de son clavier pour s'en servir comme percussion. Il aura fallu attendre 4 ans pour voir la sortie d'un nouvel album de Novastar, mais le résultat est probant ; d'autant plus que sur scène sa transposition est impeccable. En guise de rappel, Novastar a accordé « This is the road to nowhere ». A cet instant, l'ambiance était à son paroxysme. Un moment d'émotion intense traversé par les accords du piano de Zweegers. Et puis « The best is yet to come », repris en chœur par le public…

Responsable d'un nouvel opus (« Baptism »), on se demandait bien ce que Lenny Kravitz allait nous réserver. S'il entame les hostilités par le solide titre « Where are we running », son concert sera essentiellement constitué de compositions issues de son ancien répertoire : « Mama said », « Always on the run », « It ain't over till it's over » et « Fields of joy ». Si d'un côté on y retrouve la puissance de son rock conjugué au passé, Lenny a eu la mauvaise idée de s'égarer dans des soli ennuyeux. Même la batterie et le sax sont tombés dans le piège. Sous cette forme, « Fear » en est devenu pénible. La cover d'« American woman » du Guess Who va lui permettre de remonter à la surface. Et « Fly away » ainsi que « Are you gonna go my way » de le remettre à flots. Sans oublier le bis, consacré traditionnellement au contagieux « Let love rule ». Si le show peut être crédité de bonne facture, il faut reconnaître qu'on n'y a rien découvert de bien neuf ; en outre, les soli inutiles ont donné l'impression que l'artiste était en panne d'inspiration. Are you gonna gonna go the way of Lenny ? Jusqu'à un certain point, oui ! Mais il serait temps qu'il prenne une nouvelle direction. C'est un message que la plupart des fans lui adressent. Puisse-t-il l'entendre !

Magnus est le projet musical de CJ Bolland et de Tom Barman. Pour ce DJ set, les deux compères avaient invité sur scène, la chanteuse/danseuse Zohra. Le duo a interprété quelques morceaux issus de leur elpee, « The body gave you everything » ; et en particulier « French movies » et « Summer's here ». L'accent a été mis sur la fête : des technobeats pompant la trance, l'électro et une bonne dose d'expérimentation. Barman dansait, bondissait, assistait régulièrement CJ Bollard et parfois chantait. « Drop the pressure » de Mylo à même mis le souk !

(Traduction Suzanne, adaptation Bernard Dagnies)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 03-07-2004
  • Festival Name: Werchter
  • Festival City: Werchter
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