• Qui s’y frotte s’y Pixx…
    Qui s’y frotte s’y Pixx… Pixx, c’est le projet de Hannah Rodgers, une artiste très particulière qui sort ce 7 juin son second elpee. Intitulé…

Langues

Trouver des articles (beta)

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Nos partenaires

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait

Ronquières 2018 : samedi 4 août

Écrit par

Le plus fidèle des festivaliers s’est de nouveau invité sur le site de Ronquières. Absent l’année dernière, il se fait très insistant depuis plusieurs semaines déjà, dans les toutes les organisations, petites ou grandes…
Mais de qui s’agit-il donc ? Du soleil pardi ! L’herbe verte a laissé place à des brindilles de paille roussies. Dire que 365 jours plus tôt, il fallait mettre sa casaque et son paletot ! Si les longues averses entrecoupées de brèves éclaircies avaient alors jeté l’opprobre et plombé l’ambiance, elles auraient été accueillies à bras ouverts, lors de cette septième édition…Heureusement que le dessous du plan incliné procure de vastes espaces ombragés. On se console comme on peut.
De nombreux points d’eau dispersés aux quatre coins du site permettent de se désaltérer pour pas un rond. Mais il faut s’armer de patience, le précieux sésame a un prix : de longues files ; et elles sont interminables…
Pas de grands changements notoires pour ce RF, si ce n’est un espace aménagé à l’extrême droite de la plaine permettant d’y placer encore plus de ‘food trucks’, autrefois concentrés en fond de parcelle, côté bâbord.
Le bracelet au poignet est désormais équipé d’une puce électronique facilitant l’achat de boissons ou de nourriture. Exit donc les cartes bancaires peu pratiques et encombrantes…
Un sold out est annoncé. 42 000 âmes sont attendues. Pas étonnant, car il y en a vraiment pour tous les goûts : du hip-hop au folk, en passant par le rap et le rock. Sans oublier un fleuron de la musique électro, Henri PFR. Une affiche aussi populaire qu’éclectique donc…

Lorsque votre serviteur débarque, Caballero & JeanJass sont sur le point de terminer leur set.

Une banderole géante rappelle qu’il s’agit d’une tournée destinée à défendre « Double Hélice 2 », la suite d’un premier projet commun qui avait mis tout le monde d'accord, en 2016.

Flanqués d’un Dj, ils scandent à qui veut bien l’entendre que ‘Celles qui sucent des bites, toujours les mêmes’ tout en invitant la foule à former un cœur à l’aide des mains, de manière à mettre l’amour en sécurité. On ne peut pas dire que les deux gaillards font dans la fine dentelle…

Le temps de cerner ces nouveaux porte-drapeaux de la scène hip-hop belge, que « Bruxelles arrive » sonne le glas. Une manière de visiter la capitale tout en restant chez soi.

Asaf Avidan se produit sur la ‘stage’ de gauche.

Il n’a pour seules compagnes que deux ou trois sèches posées à ses côtés et attend patiemment que les pompiers finissent d’arroser les spectateurs à grands coups de jets d’eau. C’est impressionnant ! Que feriez-vous si vous receviez sur la tronche l’équivalent de plusieurs jours de pluie en une seule fraction de seconde ?

Si de nombreuses personnes se délectent de ce torrent artificiel, mais providentiel, d’autres complètement lavées vont pousser une gueulante virulente à l’égard des ‘firemen’. Généreux et téméraires, oui, mais un peu fous tout de même !

C’est en 2006 que l’artiste a démarré sa carrière. D’abord soutenu par un backing group, baptisé The Mojos, puis sous son propre nom.

Auteur-compositeur-interprète, il se destinait initialement au cinéma d’animation. Sa passion pour le chant et la musique est soudainement née lorsque sa fiancée de l’époque met les voiles. Comme quoi, se faire larguer a parfois du bon…

Hautement perchée, hantée par Janis Joplin, Jeff Buckley ou encore Robert Plant, sa voix est reconnaissable entre mille...

Lorsqu’il exhibe son organe (vocal), l’assemblée se mure dans le silence et écoute presque subjuguée. Le temps s’arrête…

Ensuite, il y a ce corps. Fragile et athlétique à la fois. Une esthétique qui canalise l’attention des jeunes filles scotchées aux premiers rangs, salive dégoulinante sur les joues. Faut dire que le type est d’une beauté et d’un charisme à couper le souffle.

Les compos sont déchirantes, lancinantes, authentiques et personnelles. La mort est une obsession chez lui. A l’âge de 21 ans, il a failli succomber à un lymphome (cancer du sang). Ce qui peut expliquer sa vision de l’existence…

De temps à autre, il porte un harmonica en bouche ou se saisit de mailloches pour parfumer un peu plus encore l’habillage musical. C’est très épuré…

Le set s’écoute sans vraiment se vivre. Les gens se parlent (et s’assèchent) dans un brouhaha  sans vraiment tendre attentivement l’oreille au set qui se déroule sous leur yeux. La prestation est-elle trop ouatée en beau milieu d’après-midi ?

« One Day/Reckoning Song », hymne mondial qui a trusté largement les charts depuis qu’un Dj allemand s’en est emparé en 2013, mettra d’accord les plus indécis. Doigts délicatement posés sur sa gratte, son timbre de voix magique et majestueux déchire, retentit, provoque une déflagration ressentie à des centaines de mètres à la ronde. On cerne à ce moment toute l'étendue de ses émotions et sa créativité, sans aucune distinction de genre…

Le parterre est enfin conquis et se rend seulement compte qu’il vient d’assister à un moment d’anthologie… Un peu trop tardivement semble t-il.

Loïc Nottet lui emboîte le pas.

Chanteur et compositeur belge, c’est un produit issu de l’émission The Voice.

Propulsé à la suite de sa victoire en 2014, le Carolo est ensuite sélectionné pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la chanson l’année suivante où il termine à la 4ème place, grâce à un premier single qu'il a composé himself.

Lui et ses mucisos ont revêtu un accoutrement plutôt sobre. Blazer noir au-dessus d’une chemise blanche col mao. Sympa, mais osé par une chaleur pareille…

Une voix ‘off’ baragouine un propos en anglais pendant que des images inondent, en filigrane, la toile tendue à l’arrière du podium…

Dès « Mud Blood », il affiche ses prédispositions pour la danse. Ses deux compagnons d’arme et lui-même entreprennent des mouvements ordonnés, rythmés et remplissent énergiquement l’espace scénique.

Ca court ! Ca virevolte ! Les corps presque dénudés se chaloupent, flirtent pour plus d’étreinte sur fond de souplesse et de don de soi. Comme tirés par un fil invisible, les membres donnent l’impression d’être complètement désarticulés…

L’équipe a emporté une garde-robe bien achalandée. Quasi un costume par danse !

Si la gonzesse semble apprécier sa tenue de soubrette, style vieille pute de luxe, c’est dans sa longue robe blanche qu’elle est la plus sexy. Les galbes de son corps laissent plus d’un spectateur troublé…

Cette prouesse artistique recèle bien des efforts ; surtout quand on entend le souffle court du jeune homme de 22 ans qui parvient à peine à reprendre ses mots entre deux compos.

Il faudra attendre « Million Eyes » pour que cette parenthèse gestuelle laisse place à un moment plus doux et vaporeux, au cours duquel la voix du jeune homme prend une dimension fantasmagorique lorsque les aigus retentissent…

Il s’agit de sa dernière date. Il tourne depuis un an et demi et estime qu’il est temps de prendre du repos. ‘Je suis certain que mon équipe va me faire une surprise’ déclare-t-il, avant d’enchaîner par « Hungry Heart ».

Déguisé en clown flippant et schizo, salopette rouge, pull jaune et chaussettes orange, il s’attaque à « Doctor », puis prend congé de ses invités sur « Rhythm inside », caractérisé par son ‘rapapa tonight’ légendaire…

A tribord, maintenant, un prodige de la chanson française, en la personne de MC Solaar, y est programmé...

C’est d’un pas résolu qu’il débarque sur l’estrade, un béret blanc vissé sur la caboche…  

Son dernier opus, « Géopoétique », a été sacré disque de platine seulement un mois après sa sortie. Faut donc pas s’étonner de l’engouement populaire qu’il suscite aujourd’hui…

Vingt-six ans après avoir gravé « Bouge de là » et une décennie après la sortie de son précédent opus, Claude Honoré M'Barali n’a pas pris une ride et sa verve pointue et naturelle est demeurée intacte…

Son « Intronisation », plage titulaire de son dernier elpee, laisse entrevoir une musique solaire et positive où on apprend que ‘tout a commencé là-bas, dans la ville qu'on appelle Maisons-Alfort/En jean, en short ou en djellabah’...

Le temps de régler son « Sonotone », il exécute un bon en arrière en interprétant « Qui sème le vent récolte le tempo », titre issu du premier LP, paru en 1991. Le flow transgresse le poids des âges…

Son obsession textuelle laisse transposer des suggestions profondes et légères à la fois. Un véritable travail d’orfèvre pour ce chercheur de phrases.

Tout au long du formidable « Les Mirabelles », Solaar narre l’histoire d'un village de la Marne pendant la première guerre mondiale sur fond de rap. Son flot de guerre froide dira t-il.

Sa musique et la qualité littéraire de ses proses sont le fruit d'inspirations diverses, allant de Serge Gainsbourg –à qui il rendra hommage à travers « Nouveau western »– et aux musiques africaines (ivoiriennes, maliennes, tchadiennes), en passant par les classiques noirs américains (jazz et rap US).

« Bouge de là » et « Victime de la mode », titres-phares, ravivent pas mal de souvenirs au sein de l’auditoire…

La douceur de « Caroline » contraste avec un « Da Vinci Claude » diablement remuant. Pour prolonger cette ambiance festive, il propose au parterre de « Zomné des Zombies ».

Enfin, en préambule au rappel durant lequel « Solar pleure », alors que « La vie est belle », il présente généreusement l’équipe qui l’accompagne : Tom Fire, producteur et musicien reconnu et Maureen Angot, l’une des candidates les plus talentueuses de la saison 7 de The Voice. Elle se réserve une chanson, au cours de laquelle elle communique à son timbre soul, un relief chaud et granuleux digne d’Amy Winehouse. Grandiose !

Le spectacle s’achève, laissant des étoiles dans les yeux. Un MC… solaire !

Dernier concert de la journée en compagnie du mythique Etienne Daho

La star est engoncée dans son éternel blouson de cuir noir, toujours aussi trop étroit. Les fans se sont empressés. Faut dire que c’est sa seule date belge…

La soixantaine bien sonnée, d’aucuns s’étaient émus il y a encore quelque temps d’une certaine fragilité dans la voix. Etonnement, elle est devenue plus sensuelle, grave et maîtrisée.

S’il passe en revue des titres énergiques et puissants où les guitares grondent et tournoient, c’est sur des ballades à la rondeur absolue, à l’instar de « Week-end à Rome », où il pose délicatement un organe humble et fragile ou encore « Ouverture », que son authenticité prend véritablement tout son sens.

Poète des temps modernes, la texture vocale est uniforme, délavée et sublimée par un tremblement et une assonance d’une subtilité à toute épreuve.

Joli pied de nez à cette chaleur tropicale qui frappe l’Europe depuis quelques semaines quand il ose « Les flocons de l’été » où il aime à rappeler que… ‘c’est l’hiver en été’

S’il s’agit pour lui du « Premier jour du reste de ta vie », pour bon nombre de fans, c’est à tout le moins un des plus beaux !

Avant de regagner mes pénates, un petit détour vers le set d’Henri PFR s’impose. Il est vêtu d’un tee-shirt blanc et pantalon noir. Vu son visage de poupon, il ne doit afficher qu’une vingtaine de printemps, à tout casser. Ses deux mains triturent une série de consoles pour une déferlante qui se prolongera jusqu’à une heure du mat’…

A force de naviguer entre tribord et bâbord, votre serviteur tangue. Il est temps de lever l’ancre !

(Organisation : Ronquières Festival)

Voir aussi notre section photos, sur le site nl, ici

Informations supplémentaires

  • Date: 04-08-2018
  • Festival Name: Ronquières
  • Festival Place: Plan incliné
  • Festival City: Ronquières
Lu 2569 fois