Langues

Mots-clés

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait

Nos partenaires

Ronquières 2018 : dimanche 5 août

Écrit par

Seconde et dernière journée sur le site du plan incliné de Ronquières.
Le farniente n’est pas au programme de votre serviteur, même si une bonne sieste dominicale aurait été la bienvenue
De surcroît, c’est toujours la canicule. Une chaleur tropicale s’est lourdement abattue sur toute la Belgique. Les festivaliers peinent à rester debout.
La popularité dont jouit le festival a dépassé les frontières. De nombreux anglophones ont débarqués.

Au loin, résonnent les incantations de Thérapie Taxi. Bis repetita puisqu’il s’et déjà produit la semaine dernière dans le cadre des Nuits Secrètes, à Aulnoye-Aymeries. Du déjà vu !

Cette ‘thérapie de taxi’ balaie large puisque le style campe un patchwork entre pop, rock et rap. Apparemment, le concert va bientôt se terminer.

Suivant son habitude, le trio bouscule les convenances en dispensant des textes crus. « Bisous tendres » provoque un ‘roulage de pelle’ à grande échelle.

« Hit sale » ne fait pas davantage dans la fine dentelle. Une gonzesse, hôtesse d’un jour, monte sur l’estrade pour scander à la foule en délire que ‘Ici tout l'monde déraille, tout l'monde déraille/T'es cent fois trop, cent fois trop bonne/T'as beugué nos entrailles, beugué nos entrailles/T'es mille fois trop, mille fois trop sexe’

Cette « Salope » met tout le monde d’accord !

Une constance dynamique booste le combo et fait le bonheur des plus jeunes… à défaut de parfaire un cursus en langue de Molière…

Intergalactic Lovers prend la relève côté bâbord. Depuis 2008, les Alostois ont bien bourlingué. Notamment en Europe, mais également en Russie et au Japon.

Les guitares punchy se posent sur la voix sensible et assurée de Lara Chedraoui.

Naviguant quelque part entre ceux d’Interpol et de Yeah Yeah Yeahs, l’univers sonore, tour à tour ténébreux ou coloré, s’observe tel un prisme tantôt mélodique, tantôt abrupt. Lorsqu’il n’embrasse pas tout ces antonymes en  même temps…

La formation flamande ne parvient pas (s’)enflammer. La sincérité ferait-elle défaut ?

Si d’aucuns prennent possession de la scène comme d’un terrain de jeu où il fait bon vivre et s’amuser, Lara et ses potes font mine de ne pas l’entendre de cette oreille. C’est vraiment dommage !

Les compos sulfureuses de Tamino parviendront-elles à nous rendre un peu de baume au cœur ?

Flanqué d’un batteur et d’un claviériste, l’Anversois s’exprime dans un français assez approximatif. Qu’importe !

A peine quelques centaines de personnes se sont pressées devant le podium, alors que le talent du gaillard a séduit l’Hexagone, lorgnant même vers les Pays-Bas, Paris et Londres.

Clope dans une main et pinte dans l’autre, de petites grappes humaines se sont constituées. Elles se sont assises sur ce qui ressemble plus à de la terre battue qu’à une plaine verdoyante. Faut dire que les guindailleurs de la veille n’ont pas fait les choses à moitié…

La musique coule dans les veines de ce chanteur/auteur/compositeur d’origine égyptienne depuis sa tendre enfance. Il a suivi les traces de son père. Sa mère, pianiste, lui a inculqué les préceptes de la culture musicale. En outre, le grand-père, Muharram Fouad, star dans son pays, était considéré comme l'une des plus grandes voix, au cours des sixties…

On le sent proche de l’expression artistique de Maarten Devoldere (Warhaus) dont il assurera d’ailleurs les premières parties à l'Ancienne Belgique.

Hypnotique, sa voix androgyne aurait pu naître d’une rencontre entre celle de feu Jeff Buckley et l’ex-Arid, Jasper Steverlinck. Elle impressionne lorsqu’elle grimpe dans le registre aigu, comme si elle était redevenue sur le moment enfantine, tout en bénéficiant du volume sonore produit par la capacité thoracique issue de sa maturité.

Les notes aériennes sont légères, presque éphémères, s’envolent et se posent délicatement, calmement. Elles s’effacent pour revenir chaloupées. C’est chaud et suave à la fois !

Ses compos enivrantes invitent au voyage de l'autre côté de la Méditerranée ; celui dont lequel Tamino cultive l’émotion !

Une prestation qui désarçonne !

Autre endroit, autre style : Nada Surf.

Décidément, la programmation a de quoi donner le tournis. De nombreux quinquas se sont agglutinés, comme des guêpes autour d’un pot de miel. Faut dire que depuis ses débuts, le groupe est toujours parvenu à fédérer…

Le leader s’exprime dans un français impeccable. Normal, puisque lui et Lorca ont fréquenté le lycée français de New-York. Il a aussi vécu à Paris entre 5 à 12 ans, lorsque ses parents étaient enseignants.

C’est justement son anniversaire. Une femme lui souhaite ardemment en agitant une pancarte cartonnée. Elle est excitée comme une puce(lle) !

Matthew Caws (guitare, chant), Daniel Lorca (basse, chant) et Ira Elliot (batterie) ont recruté un quatrième larron ; en l’occurrence le guitariste Doug Gillard, rencontré lors de l’enregistrement de « If I Had a Hi-Fi » (2010), un album consacré aux reprises où il posera sa patte sur trois titres. « You Know Who You Are » scellera définitivement cette collaboration judicieuse.

Lorca a une sacrée tignasse. Ses dreadlocks vont jusqu’au creux du dos. Ses cheveux n’ont probablement plus vu de peigne depuis des lustres…

Le groupe célèbre les 15 ans de « Let Go », sans aucun doute l’opus préféré des fans de la première heure, un disque qui recèle des titres incontournables, dont le fameux « Blonde on Blonde ».

Catalogué comme groupe indé au sein de l’univers du rock alternatif ou de power pop, le band peut se targuer d’être responsable d’une discographie relativement constante dans la qualité des chansons.

Le set sera tantôt puissant et lumineux, tantôt un brin mélancolique. Les compos planantes et ravageuses procurent un véritable feu de joie et d’allégresse.

Les guitares sont rageuses et font grimper les décibels. Parfois, l’ombre de Nirvana plane… subtilement…

C’est sur « Popular », chef-d'œuvre et pierre angulaire d’une carrière bien remplie, que les membres de NS toucheront le cœur et l’âme du public.

Faut dire que cette compo fédère une énergie libératrice qui sert encore aujourd’hui d'hymne pour toute une génération.

Les grondements d’applaudissements résonnent à mille lieues. Totalement mérités !

En guise de conclusion, à défaut d’avoir surpris le public, Nada Surf a eu au moins le mérite de le combler le temps d’une petite heure d’un set qui aura ravivé bien des souvenirs…

Il est temps de se rassasier. N’espérez surtout pas faire de la diététique une priorité. Hormis frites, pâtes industrielles sauce bolo imprégnée de mouchettes ou encore hamburgers brunis par les vicissitudes du temps, rien de bien intéressant…

Les files sont plus longues que la veille. Le temps de se rassasier, le trio anversois Triggerfinger a terminé sa prestation depuis un moment…

Dans ce genre de manifestation, des choix drastiques s’imposent…

Maintenant, place aux ‘filles’. N’y voyez là aucune désignation sexiste, mais tout simplement Girls In Hawaii.

Votre serviteur attend maintenant depuis une demie heure devant la crash que déjà on se sent serré comme des sardines. La comptine de Sébastien prend ici tout son sens. Heureusement que l’odeur n’y est pas…

Les Belges drainent du people. Faut dire que leur popularité est aussi grandissante que leur répertoire est impressionnant.

« Indifference », issu du dernier « Nocturne », marque le ton d’un concert qui sera survitaminé.

Pour la petite histoire, le clip a été tourné dans la Gare Centrale de Bruxelles, loin du bruit et de son agitation quotidienne dans le cadre de la campagne ‘La Belgique, autrement phénoménale’, destinée à redorer l’image du plat pays chez nos voisins.

La rythmique est diablement convaincante. Les grattes puissantes finissent par se perdre au-delà des nuages. Le son est à la fois très contemporain et organique. Une perle de toute beauté !

Fausse ballade douce extraite du triste et mélancolique « Everest », opus paru en 2013, « Switzerland », est largement hantée par la disparition accidentelle du batteur Denis Wielemans, petit frère d’Antoine (chant), survenue trois ans plus tôt.

Une chanson qui renvoie à quelque chose de lumineux et dangereux à la fois pour s’effacer sur la pointe des pieds, laissant « Misses », torrent jouissif, convaincre les oreilles des plus réticents.

L’amertume et la mélancolie cèdent rapidement le relais à une compo up tempo baptisée « Walk ». Le leader met en garde ses fans en lui signifiant ‘Profitez-en, c’est la seule chanson où on peut danser !’ La messe est dite…

Les Brabançons wallons tiennent fièrement à remercier Sébastien Beaumont, backliner (NDR : en gros celui qui gère l’installation du matos) pour tous les services rendus, au cours de ces derniers mois.

« Birthday Call » est spécialement dédié à Matthew Caws (Nada Surf). ‘Nous les écoutions beaucoup lorsque nous étions jeunes’ lance Wielemans. Joli et bienveillant clin d’œil intergénérationnel…

Caractérisé par ses envolées synthétiques, « Guinea pig » vient clôturer un set à la dimension surréaliste sans jamais dénaturer la nature même du band dont la pop reste malgré tout le fer de lance.

Le show ne souffrira d’aucun moment faible. Toute la discographie est finement balayée pour le bonheur des mélomanes lambda et des plus exigeants.

Kyo semble clairement incarner le groupe destiné aux plus jeunes au vu des centaines de milliers de jeunes filles qui poussent des coudes pour débarquer les premières sur le site.

Les t-shirts à l’effigie du quatuor se dressent comme un étendard aux couleurs bleu-blanc-rouge.

Fondé en 1994, ce combo français est drivé par Benoît Poher (chant et guitare) et implique ses potes Florian Dubos (guitare), Nicolas Chassagne (guitare) et Fabien Dubos (percussions et saxophone).

Ils avaient déjà foulé la plaine du RF, il y a trois ans. ‘C’était notre plus beau concert. Les Belges sont les meilleurs’, avouent-ils. On ne mesure pas toujours la sincérité des propos, mais force est de constater que ces compliments donnent le sourire aux organisateurs et renforcent leur confiance pour les années futures…

Les lumières se tamisent. D’un bleu profond, la pénombre laisse à peine entrevoir le minois du chanteur qui approche maintenant la quarantaine…

Le drummer habituel est remplacé par un inconnu. Impossible de connaître la cause de cette désaffectation aussi soudaine qu’imprévue.

Les premières notes d’« Omega interlude » déclenchent quelques larmes sur les joues des plus fragiles. Une intronisation bien étrange puisque ce titre est issu de l’elpee « 300 lésions », un disque publié en 2004.

« White trash » lui succède. Une décennie sépare cette compo de la précédente que déjà la peur de sombrer dans l’oubli atteint « Je cours ».

Sur fond de violence familiale, de maltraitance et d'alcoolisme, « Sarah » prend une dimension très profonde lorsque Benoît pose son grain de voix délicat et éthéré sur une nappe synthétique du plus bel effet.

Si à une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, les briquets étaient légion, les smartphones illuminent désormais cette chanson dont la volupté est vite oubliée à cause de « Ton mec » dont la thématique brosse l’adultère.

Si la recette de Kyo repose avant tout sur des textes introspectifs et des accords passe-partout, elle n’en demeure pas moins efficace. De textes incisifs et introspectifs, couchés sur une bande son moderne et modulaire…

Bref, un live à la hauteur de ce que tout festivalier est en droit d’attendre. Et ça, peu de groupes peuvent se targuer d’y parvenir.

Avant de « Tout envoyer en l’air », un petit détour chez les « Poupées Russes » s’impose afin d’y faire une « Dernière Danse ». Qui s’y frotte, s’y pique ! Résultat : « Je saigne encore »

Fort du succès rencontré, gageons que la bande à Benoît s’efforcera de garder le « Contact » !

Il est presque minuit lorsque Lily Allen pointe de bout du nez. Le temps de rejoindre la voiture, de sortir du parking, de faire une file interminable et de rejoindre mes pénates, trois bonnes heures au moins se seront écoulées. Trop peu pour moi, faut se lever à 5 heures 30 du mat’ !

Pourtant jeune festival, Ronquières a une fois de plus démontré qu’il avait tout de ses grands frères !

A l’année prochaine vieux frère !

(Organisation : Ronquières Festival)

Voir aussi notre section photos, sur le site nl, ici

Informations supplémentaires

  • Date: 05-08-2018
  • Festival Name: Ronquières
  • Festival Place: Plan incliné
  • Festival City: Ronquières
Lu 758 fois