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W-Festival 2018 : mercredi 15 août - Bauhaus

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C'est une vague, voire même un tsunami new wave (?!?!) qui a déferlé sur les scènes du W-Festival, au Mont-de-l'Enclus, ce long week-end du 15 août. Jugez plutôt : pas moins de 62 groupes ou artistes se sont relayés pendant les quatre jours de ce qui est bel et bien devenu le plus grand festival 'dark' de l'année en Belgique, voire même en Europe.

Il est vrai que la musique des années 80 et les sonorités plus sombres redeviennent 'in' ces derniers temps ; et de plus en plus de formations s'inspirent de la synthpop, la cold wave ou l'EBM. Les organisateurs ont donc eu la bonne idée de mélanger les 'classiques' des années 80, comme Marc Almond (Soft Cell), D.A.F., Kim Wilde, ABC ou Propaganda (sous le patronyme de D:uel) à des grands noms de la 'darkwave' des 90’s (Project Pitchfork, Front Line Assembly, Die Krupps), sans oublier d’y insérer les 'petits jeunes' qui montent, comme par exemple, She Past Away ou Ash Code.

Cerise sur le gâteau, le festival s’ouvre, ce mercredi soir, par un concert exceptionnel de Peter Murphy. L'ex-chanteur de Bauhaus célèbre, cette année, les 40 ans du mythique combo anglais. David John Haskins, alias David J, son bassiste emblématique, participe à cette tournée anniversaire…

Vu la programmation de ce concert hors festival qui coûte quand même 60€, seuls les véritables fans se sont déplacés pour la cérémonie. Néanmoins, l'imposant chapiteau 'Wave' est quand même quasi-rempli à l'entame du show ; ce qui équivaut à plus ou moins la capacité de l'AB.

Bauhaus a été fondé, en 1978, à Northampton, par Peter Murphy, Daniel Ash, Kevin Haskins et David J. C’est le clip d'introduction du film « Les Prédateurs » (The Hunger) qui l’a révélé au grand public. Il y interprétait « Bela Lugosi's Dead », derrière un grillage, lors d’une soirée post punk décadente. Au cours de sa brève carrière, il a jeté les bases d'un genre musical nouveau, le rock gothique, en combinant le punk et le glam rock, tout en affichant un côté théâtral et cinématique sombre inspiré des films de vampires des années 30. Après sa séparation, en 83, Peter Murphy forme un éphémère duo (Dali's Car) en compagnie de Mick Karn, le bassiste de Japan, mais se concentre surtout sur une carrière solo au succès inégal. Il va publier huit albums qui vont embrasser un éventail beaucoup plus large de styles musicaux. Bauhaus se reforme brièvement à deux reprises. D’abord pour un périple accompli en 1998, puis entre 2005, pour un autre (notamment avec Nine Inch Nails) et l’enregistrement d’un elpee recelant de nouvelles compositions, "Go Away White".

Les dernières apparitions de Bauhaus en Belgique remontent à 2006. S’il avait réservé un très bon concert à l'Ancienne Belgique, celui accordé dans le cadre des Lokerse Feesten s’était révélé décevant, reflétant les évidentes dissensions entre les musiciens. C'est donc en manifestant un grand intérêt et une grande curiosité que les mélomanes attendent ce concert.

Lorsque le chanteur charismatique monte sur les planches, il est flanqué, bien entendu, de David J, mais également du batteur Marc Slutsky et du guitariste John Andrews, un gratteur qui milite au sein du backing group de Nena. Habillé d'un long kimono bleu marine et d'une longue chemise blanche, son look est totalement différent de celui auquel il nous avait habitués. En outre, une barbe grise et une moustache fournie lui confèrent l'apparence d'un patriarche. Il est vrai qu'il affiche quand même 61 balais au compteur...

Par contre, tant au niveau des prestations vocales que dans son attitude, il est clair qu'il assure un maximum! La formation entame le set en douceur par "King Volcano", une valse quasi-acoustique interprétée dans la pénombre. Mais ce calme relatif est de courte durée car, après « Kingdom's Coming », le rouleau compresseur se met en marche. Ainsi, caractérisé par son riff de basse saturé, carrément métallique, ‘blacksabbathique’ même, « Double Dare » constitue le premier brûlot du show. Extrêmement sauvages, les parties vocales sont exécutées à la perfection par Murphy. Sa maîtrise est étonnante et il varie la distance entre le micro et sa bouche afin de moduler la puissance des sons émis par sa voix... Et quelle voix ! Une voix profonde de baryton qui vous glace le sang dans les basses et explose de puissance dans les aiguës. 

« In the Flat Field » déclenche une première grosse réaction au sein de l’auditoire. Et quelques pogos commencent à se déclencher. Murphy va ensuite puiser dans un répertoire un peu moins connu de Bauhaus pour en extraire des perles comme « God in an Alcove », « Boys » et surtout le magnifique « Silent Hedges ». Second hit du groupe de la soirée, l'extraordinaire club-killer « She's in Parties » demeure un hymne incontournable pour toute soirée 'dark' digne de ce nom. Au moment du break, Murphy se place à côté du drummer pour jouer du melodica et l’accompagner aux percussions. On est en plein dub-reggae ! Poursuivant sur sa lancée, la formation nous offre ensuite un autre sommet : « Kick in the Eye ». La basse quasi-funky/disco de David J insuffle un groove irrésistible au morceau alors que le déhanchement de Murphy est particulièrement élégant…

Mais le moment est déjà venu pour le titre emblématique de Bauhaus : « Bela Lugosi's Dead », un chef-d'oeuvre de 9 minutes paru en 79, considéré comme la première chanson ‘gothique’ de l'histoire du rock. On attendait évidemment les musiciens au tournant sur ce titre et le résultat est époustouflant. En fermant les yeux, on imagine Bauhaus renaître de ses cendres. La foule et Murphy chantent à l'unisson ‘White on white, translucent black capes, back on the rack... Bela Lugosi's Dead’. Un superbe moment...

A partir de cet instant, une succession imparable de purs joyaux, dont le lumineux « The Passion of Lovers », au cours duquel Murphy virevolte comme un derviche, vont déferler. Puis « Stigmata Martyr », qui nous crucifie sur place et pour terminer, « Dark Entries », provoquant un joli pogo au sein des premiers rangs.

En premier rappel, Murphy surprend ses fans en choisissant d’attaquer « Severance », une reprise de Dead Can Dance. Très calme, la composition installe une ambiance plus recueillie, propice à la compo suivante, « Hollow Hills ». Ce long morceau est une pure merveille de rock psyché dark, comme si le « The End » des Doors était revisité par des vampires. Dans l'obscurité presque complète, rond et menaçant, le son de la basse se répand… Encore un moment magique, qui flanque la chair de poule ! Enfin, l'explosion finale sera atteinte lors de deux reprises que Bauhaus interprétait en concert, pour rendre hommage à ses idoles. Tout d'abord, le « Telegram Sam » de T. Rex et enfin, « Ziggy Stardust », ce titre de Bowie auquel le groupe avait rendu une seconde vie.

Au moment de quitter la plaine, force est de constater que Peter Murphy a réussi son pari. Musicalement, c'était parfait et surtout, le ‘godfather of goth’ a démontré qu'il avait conservé l'énergie et la motivation pour ressusciter le moribond Bauhaus et ce, de très belle façon ! Pas de doute, Peter Murphy est toujours le Prince des Ténèbres...

(Organisation : W-Festival)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 15-08-2018
  • Festival Name: W-Festival
  • Festival Place: Rue Couture d'Orroir
  • Festival City: Mont-de-l'Enclus
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