• Le chagrin du squale …
    Le chagrin du squale … Derrière le quasi-oxymore Requin Chagrin, se cache un animal à la dent dure, mais à la sensibilité à fleur de…

Langues

Mots-clés

Suivez-nous !

Facebook   Instagram   Youtube   Myspace

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait

Nos partenaires

W-Festival 2018 : samedi 18 août

Écrit par Philippe Blackmarquis + BD (*)

Ce 3ème jour du W-Festival s'annonce sous les meilleurs auspices : le temps est délicieux et l'affiche, plus qu'alléchante.

En débarquant sur la plaine d'Orroir (Mont-de-l'Enclus) à 14h, les concerts de Da Geist, l'excellent duo lillois et celui de Katrina (ex-Katrina & The Waves), se sont déjà déroulés. Mais face à la Wave-Scene, une des sensations de ces dernières années va bientôt se produire : Ash Code. ‘Il gruppo napoletano’ et She Past Away sont quasi les seuls représentants de la nouvelle génération 'wave', qui déferle depuis 2008-2010. On regrettera d’ailleurs que la programmation ne se consacre que peu aux 'jeunes pousses', préférant les anciennes gloires, voire les dinosaures, pour plus de sécurité. Enfin, revenons à Ash Code. Sur les planches, le groupe réunit les jumeaux Alessandro et Adriano Bellucio ainsi que Claudia Nottebella. Crossover entre postpunk, darkwave, synthpop et EBM, sa musique se distingue par des sonorités très classiques mais particulièrement efficaces. A cette heure encore matinale, il n'y a que 200, voir maximum 300 âmes devant le podium et le concert tarde à décoller. Mais au moment où le trio italien entame « Want », tout s'éclaire ; les rythmes claquent et l'ambiance monte immédiatement d'un cran. « Perspektive », la plage titulaire de son 3ème et plus récent elpee, et surtout « Dry Your Eyes », son titre le plus notoire, interprété en fin de set, confirment ce regain d'énergie lors d’une prestation finalement très prometteuse.

A l’instar de Sad Lovers & Giants, Modern English est une formation atypique née au tout début des eighties. Dans un style plus atmosphérique, mais à la ligne de guitare claire, elles ont eu une influence majeure dans l’histoire de la musique pop/rock, sans pourtant récolter le succès mérité, même celle qui nous concerne, en cette fin d’après-midi, a décroché un énorme tube ? Intitulé « I melt with you » et gravé 1982 (voir clip ici), il a également servi de B.O. pour le film « Valley girl » de Rachel Goldenberg, en salle l’année suivante. (*)

C’est ce morceau qui clôt un set d’excellente facture, un titre que la foule reprend à l’unisson en frappant des mains. Du line up initial, 4 des musiciens sont toujours au poste, soit le claviériste Stephen Walker, le bassiste Michael Conroy (NDR : de petite taille, lunettes vissées sur le nez, on dirait un fonctionnaire), le chanteur Robbie Grey (NDR : raide comme un piquet, on dirait le sosie de Hergé) et le guitariste Gary Mc Dowell (NDR : qui a eu la gentillesse d’accorder une interview à Musiczine). Lui il a toujours un fameux look ! Cheveux en broussaille et barbe longue, tatoué, même sur le visage, et affublé d’un costume imprimé en peau de léopard, il joue de la guitare en se servant d’un tapis de pédales et parfois jette un oeil sur une partition posée sur un chevalet, à sa droite. Roy Martin remplace Richard Brown, à la batterie, depuis la reformation du quintet, en 2010. Et il assure. Le son est puissant dès les premiers accords. Mieux vaut donc suivre la prestation, aux abords de la table de mixage. Et manifestement, il est distinct. Le band a le bon goût de proposer des morceaux issus de son dernier elpee, « Take me to the trees ». Et tout particulièrement « Trees » et « Moonbeam », une composition réminiscente de Wire, malgré les interventions vintage du synthé. Mais il n’en oublie pas pour autant ses titres les plus notoires, comme « Someone’s calling » « Gathering dust » et « Into the darkness ». Grey pratique toujours cette même gestuelle pour dépeindre ses chansons, galvanise la foule, l’invite à frapper dans les mains, quand il ne vient pas taquiner ses comparses. Amusantes, ses attitudes, sont comparables à celles d’un personnage de BD (NDR : Tintin ?) Etonnant, quand il ne déclame pas, il chante bien mieux que sur les compos de son dernier long playing. L’auditoire apprécie manifestement le show, répond aux sollicitations du chanteur et applaudit à tout rompre. Un très chouette concert qui aurait mérité une prolongation ; mais surtout un set dont la musique n’a pas pris une ride. Par rapport à de nombreux groupes ou artistes qui ne vivent que de leur glorieux passé, c’est une fameuse référence ! (*)

Vu qu'il faut également se restaurer et, surtout, se rafraîchir, on snobe honteusement Charcoalcity et Nouvelle Vague. Ces derniers écument depuis longtemps nos contrées et ses reprises lénifiantes de hits new wave en mode bossa-nova de supermarché finissent par agacer. Enfin, pas la foule présente qui semble apprécier. Rob Grey vient pourtant faire, lors du dernier morceau, son apparition, sur le podium, pour chanter en duo. Paradoxalement, ce sont ces cover bands qui attirent le plus de peuple, lors des petits festivals. Et pourtant, en général, ils ne font que reprendre le rôle d’orchestres de bals populaires organisés dans les villages, au cours des 60’s et 70’s…

C'est donc vers 17h que le véritable cours du festival reprend ses droits. Et pour notre plus grand plaisir, puisque Marsheaux se produit, sous le chapiteau 'Wave'. Ce duo féminin de synthpop a été créé à Athènes en 2009 par Marianthi Melitsi et Sophie Sarigiannidou. Le patronyme ‘Marsheaux’ s’inspire d’ailleurs de leurs deux prénoms. Soutenues sur l’estrade par deux musiciens pilotant des machines, les deux beautés hellènes nous ensorcèlent rapidement par leurs mélodies suaves et leurs arrangements voluptueux. Lors du lumineux « Summer » et le séduisant « Now You Are Mine », les influences de Ladytron et Fisherspooner sont palpables. Et ce sont de très belles références, il faut l’avouer. En outre, les lignes de synthés qui alimentent « Dream of a Disco » évoquent OMD. Autre jolie référence, avouée, celle-là : Depeche Mode. Marsheaux adapte en effet « Now This Is Fun », issu de « Broken Frame » (82). La version est considérablement ralentie, ce qui accentue le côté hypnotique de la composition. Une jolie prestation qui a traversé le festival, comme un éclair de lumière…

L’interview d’Ash Code, réalisée dans la press room, se déroule pendant le show The Devil and The Universe, un combo autrichien de neo-folk/dark ambient. Ashley Dayour, Stefan Elsbacher et David Pfister décrivent leur musique instrumentale comme de la ‘Goat Wave’ ('goat' signifie 'bouc'), une allusion à Baphomet, le dieu/démon à tête de bouc, dont les musiciens adoptent le masque en ‘live’ et dans leurs vidéos. Au loin, on perçoit quand même l'ambiance hypnotique, voire tribale du concert, qui navigue quelque part entre In Slaughter Natives, Enigma et Restive Plaggona. Un peu comme si Dead Can Dance embrassait l'esthétique satanique. Son dernier opus, « Folk Horror », est paru chez Aufnahme + Wiedergabe. Et il est à découvrir absolument !

L’épopée new wave se poursuit, mais sous la tente 'Synth' ; et c'est Heaven 17 qui s'y colle. Ce combo synthpop britannique est originaire de Sheffield. Il s’était déjà produit dans le cadre du festival, il y a deux ans. Il a été formé en octobre '80 par Martyn Ware et Ian Craig Marsh, après avoir quitté Human League, brouillés avec Phil Oakey. Rejoints par Glenn Gregory, les Anglais rencontrent un succès conséquent au cours de la première moitié des eighties. Ian Craig Marsh a quitté le line up en 2006, mais la prestation, rehaussée par la présence de jolies choristes, est toujours parfaitement en place. Du set on épinglera surtout « We don't need that Fascist Groove Thang », « Circus of Death », la reprise du « Let's Dance » de David Bowie et, bien entendu, « Let Me Go »...

‘Let Me Go’ : ça tombe bien : laisse-moi partir ! Car sur l'autre podium, le concert, très attendu de She Past Away, un duo issu de la nouvelle génération, va bientôt commencer. D'origine turque, il implique aujourd'hui Volkan Caner et Doruk Ozturkcan et propose un post punk teinté de darkwave et de gothic rock. Mais le chant en turc surprend ! Sur les planches, les morceaux sont interprétés exactement comme sur disque. Mais visuellement, la paire assure le minimum syndical. Visiblement assez timides, les deux compères sont très statiques et se concentrent sur leur musique. La voix de Volkan Caner rappelle clairement celle d'Andrew Eldritch, mais sans la hargne et sans les c********. Heureusement, les compositions tiennent très bien la route, surtout « Ritüel » et « Katarsis ». Résultat des courses, les  fans du groupe, très nombreux dans un chapiteau plein à craquer, accordent une véritable ovation à ce tandem promis à une belle carrière.

Après Limahl, l'ex-chanteur de Kajagoogoo, qui a ravi les nostalgiques sur la Synth-Scene en interprétant les hits : « Too Shy » et « Never-ending Story », ainsi que quelques reprises dispensables, on passe sans transition à Front Line Assembly, une formation créée en 1986 par le Canadien Bill Leeb, transfuge de Skinny Puppy. Bien qu’ayant déjà assisté aux concerts de FLA, à quatre reprises, celui-ci va se révéler tout bonnement hallucinant. Sa musique hypnotique, dont la base est l’EBM, est enrichie par des accents darkwave-electro-indus et empruntent une dimension 'big beat', très susceptible de faire penser à Fatboy Slim ou aux Chemical Brothers. Le tout, combiné à la touche tribale imprimée par le batteur et les percussions que se réserve, entre autres, le chanteur en personne. C'est un peu comme du Front 242 sous acide. La version live de « Plasticity », par exemple, s'étend sur près de 12 minutes. Une succession irrésistible de progressions électroniques, changements de dynamique et chants incantatoires d'une puissance inouïe. Un grand moment !

Pour clore la soirée, Paul Young est programmé sur la Synth-Scene ; mais après un rapide coup d'œil, tout en tendant l’oreille, à l'intérieur du chapiteau, il faut se rendre à l'évidence : Paul est plus 'old' que 'young' et il n'a plus beaucoup de voix. Il peine a exécuter (c'est le mot) ses propres chansons et quand il décide de massacrer « Love Will Tear Us Apart », une envie irrésistible de rejoindre ses pénates envahit votre serviteur. D’autant plus que demain, dimanche, le dernier jour du marathon l’attend…

(Organisation : W-Festival)

 

(*) : B.D.

 

Informations supplémentaires

  • Date: 18-08-2018
  • Festival Name: W-Festival
  • Festival Place: Rue Couture d'Orroir
  • Festival City: Mont-de-l'Enclus