Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook    Instagram   Youtube   Myspace Myspace

Se connecter

Nos partenaires

Newsletter

Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !
Please wait

Vraiment dans la nuit?

Écrit par

Hugh Cornwell, chanteur et membre fondateur des Stranglers a donc décidé d'abandonner le navire. Une résolution qui aurait tout aussi bien pu se solder par le naufrage de l'ensemble. Pour pallier ce départ, Jean-Jacques Burnel, Dave Greenfield et Jet Black ont décidé d'élargir la formation à un quintette. Tout d'abord en engageant Paul Roberts, un illustre inconnu, pour remplacer Hugh au chant. Ensuite en confirmant à la guitare John Ellis, un musicien qui avait déjà participé à certaines sessions d'enregistrement des Stranglers. Et le groupe vient de concocter un nouvel album : "Stranglers In The Night" avant d'entreprendre une nouvelle tournée. C'est au candide Paul Roberts et au quadragénaire Jet Black qu'est revenue la périlleuse mission de répondre à notre questionnaire. Des Stranglers bien décidés à ne pas se laisser se laisser étrangler (!) par les vicissitudes du destin...

Paul, pourrais-tu nous éclairer sur ton passé musical. Comment es-tu devenu membre des Stranglers ?

Paul : J'ai fréquenté plusieurs groupes indépendants au cours des dix dernières années. J'ai également enregistré quelques disques en Angleterre et en Allemagne. En fait, je suis un fan des Stranglers depuis 1977. Aussi, lorsque j'ai appris que la formation cherchait un remplaçant pour Hugh, je n'ai pas hésité à poser ma candidature. J'ai même insisté pour décrocher le job. J'ai sans doute été suffisamment persuasif pour l'obtenir.

Jet : Je souhaiterais apporter un rectificatif. Paul n'a pas décroché un job chez les Stranglers. Il est devenu membre du groupe à part entière.

Quel sentiment as-tu éprouvé en te joignant aux Stranglers, Paul ?

P. : Fantastique ! Etre inconditionnel d'un groupe et puis devenir membre de ce groupe, c'est comme un rêve qui se réalise. Je suis ravi de pouvoir poursuivre l'œuvre des Stranglers.

Participes-tu à la confection des chansons ?

P. : Absolument. Chaque musicien du groupe est directement concerné par la composition. C'est une manière de travailler qui a fait ses preuves. Elle est propre aux Stranglers. Il n'y avait donc pas lieu d'en changer.

Faut-il cependant s'attendre à une nouvelle direction musicale de la part des Stranglers ?

P. : Compare "Rattus Norvegicus", "Black & White" et "Feline". Ce sont des albums totalement différents. "Stranglers In The Night" se singularise par un chant différent, un phrasé de guitare différent. Le résultat ne peut être que différent. D'autre part, des musiciens différents ont en général une approche différente de la musique. Heureusement d'ailleurs. La musique des Stranglers est en constante évolution. L'important, c'est qu'elle reste de bonne qualité, qu'elle conserve sa véritable nature. Mais entendre la musique n'est pas suffisant. Il faut savoir l'écouter. Malheureusement, l'auditeur ne prête pas toujours une oreille attentive à ce qu'il perçoit. Et cette règle est nécessaire pour apprécier le musique des Stranglers...

Quels sont tes artistes préférés ?

P. : Les Doors, Iggy Pop, Fishbone, Sly & The Family Stone, John Coltrane et puis surtout Roxy Music. Malheureusement, aujourd'hui, je n'ai plus beaucoup le temps d'écouter autre chose...

Quelles sont les principales caractéristiques de votre nouvel album ? Comment s'est déroulé son enregistrement ?

J. : Il s'agit certainement de la session la plus facile à laquelle le groupe ait été appelé à participer. Et nous sommes satisfaits du résultat.

P. : Je suis passé à la TV. C'est une première (rires). Je dois également souligner que les Stranglers ont engagé un cinquième membre, le guitariste John Ellis. Par rapport aux cinq albums précédents, il a été accordé plus d'importance aux parties de guitares.

J. : Et il y a plus de chant !

P. : Oui, plus de chant ! (Ah ! Ah ! Ah ! ....)

L'enregistrement s'est déroulé à Bruxelles?

J. : Non. Nous avons enregistré à Bruxelles à plusieurs reprises, mais celui-ci a été conçu dans un studio anglais; et c'est Mike Kemp qui l'a produit.

Pourquoi avez-vous changé de label ?

J. : Parce que nous n'avions pas le contrôle de notre création. Je m'explique. Nous ne voulions plus être subordonnés à une boîte qui détermine en fonction de ses états d'âme ce qui sera ou ne sera pas distribué. Nous désirions disposer d'un certain pouvoir de décision. Travailler avec une compagnie de disques, plus dépendre d'un label. Nous avons obtenu satisfaction. C'est la raison du changement.

Les chansons des Stranglers deviennent de plus en plus douces, est-ce intentionnel?

J. : Ce n'est certainement pas délibéré mais instinctif. Nous sommes incapables de déterminer à l'avance quel style de chanson nous allons écrire. Agressive ou romantique, tout dépend de l'état d'esprit du moment, du feeling...

De quoi se compose le nouveau répertoire des Stranglers 'live' ?

J. : Nous interprétons aussi bien les anciennes compositions que les plus récentes. Nous n'avons pas tracé une croix sur notre passé!

Rencontrez-vous encore Hugh Cornwell?

J. : Il y a plusieurs mois, voire une bonne année que nous ne l'avons plus vu. Il est très occupé, voyage beaucoup. Il devient de plus en plus difficile de le rencontrer.

Que pensez-vous du courant musical qui sévit aujourd'hui en Grande-Bretagne?

J. : Ces sons mécaniques destinés à la danse ressemblent à tout sauf à de la musique. J'avoue que ces sonorités préfabriquées ne m'emballent pas particulièrement. L'aspect mélodique est totalement négligé; alors que chez les Stranglers, il est primordial. Enfin je dois avouer que je ne dispose pas assez de temps pour écouter d'autres styles musicaux. Je suis suffisamment absorbé par les Stranglers...

Est-il exact que les Stranglers n'apprécient guère la critique négative?

J. : La presse est souvent négative. Ce n'est pas un grave problème. J'estime que ce sont plutôt les journalistes négatifs qui ont un problème. C'est bien dommage, car ils ne font pas preuve de beaucoup d'imagination. C'est également regrettable pour les lecteurs, car ils doivent se contenter d'immondes articles. M'enfin. Les journaux finissent également leur carrière aux immondices (Ah ! Ah ! Ah !)

Est-il exact que les Stranglers ne sont pas toujours faciles à vivre?

J. : Nous sommes des êtres humains comme tout le monde. Avec nos défauts et nos qualités. Lorsque tu es mal disposé, il arrive de t'emporter, puis sans doute de regretter ta réaction impulsive. Mais personne n'a le droit de porter un jugement sur qui que ce soit sans connaître le fond d'un problème...

Que pensez-vous des artistes qui refusent systématiquement d'accorder des interviews?

J. : Je suppose que c'est un choix! Il m'est difficile de critiquer quelqu'un qui refuse d'accorder des interviews. Personnellement j'aime communiquer avec les autres, donc ce problème ne me concerne pas. Pour certains comme Michael Jackson par exemple il s'agit ni plus ni moins que d'une stratégie de management. D'autres encore ne désirent pas s'exprimer, peut-être par paresse ou tout simplement parce qu'ils n'ont rien à dire. Il existe une multitude de raisons...

Vous sentez-vous concernés par la construction de l'Europe?

J. : L'idéal européen est merveilleux. Acheter ou vendre où bon te semble constitue une excellente perspective. Mais d'énormes difficultés enraient son processus. Trop de conflits, d'influences, de lois politiques et économiques sont en jeu. De nombreux britanniques pensent au fond d'eux-mêmes que l'union européenne est une bonne chose. Mais, ils se méfient des clauses cachées du Traité de Maastricht. Certains accords sont trop nébuleux, et on se pose des questions au sujet des répercussions que pourrait entraîner l'application de ces articles. Les Britanniques souhaiteraient s'exprimer à travers un référendum. Comme en France ! C'est plus démocratique!

(Version originale de l'interview parue dans le n° 6 - octobre 1992 - de Mofo)

 

 

 

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: The Stranglers
  • Date: 31-10-1992
Lu 691 fois