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Considéré comme un des groupes les plus déroutants et les plus novateurs apparus à l'époque du punk, Wire vient donc de se reformer pour la deuxième fois. Et d'enregistrer deux Eps et un nouvel album : " Send. Un elpee qui a la pêche. Le groupe a retrouvé toute l'énergie de ses débuts. Mais avec un groove plus contemporain ; un peu comme si le quartet avait décidé de flirter avec le heavy metal dansant. Pas du nu métal, mais du rock puissant et qui remue les tripes. Colin Newman, le chanteur guitariste, avait donc beaucoup de choses à raconter. Il ne s'en est pas privé, tout au long de cet entretien, ma foi, riche en enseignements.

Avant de sortir leur nouvel album, le groupe avait commis deux Eps : 'Read and Burn 1 et 2'. Nonobstant le sigle, ces deux disques ne font aucune allusion au rythm'n blues ; ou alors elle est vraiment involontaire. Trois titres de chaque EP se retrouvent sur " Send ", une situation inédite chez le quatuor insulaire, qui avait toujours pris le soin de ne jamais graver le même morceau sur des supports distincts. Colin s'explique : " Ils sont légèrement différents. On a élargi le concept via ces 'R&B'. Imagine que sur l'album ils symbolisent une couleur ; et bien sur les 'R&B' ils en reflètent une et demie. C'est différent, mais cette différence est minime. " Mais pourquoi cette distribution des Eps est-elle exclusivement réservée au net ? " Au départ, nous voulions mettre un 'six track' sur le web, afin que les fans puissent le télécharger. Pendant quelques jours. Mais le concept a remporté un tel succès, qu'on a été un peu dépassé par les événements. On s'est ainsi rendu compte que ces disques pouvaient être commercialisés Mais nous avions déjà établi le tracklisting de l'album, et nous ne souhaitions pas mettre tous les œufs dans le même panier. Nous voulions préserver notre patrimoine ; et en particulier conserver les morceaux que les gens n'avaient jamais entendus. Nous avons ainsi dû batailler ferme pour que les distributeurs ne puissent pas en disposer. Nous en avons écoulé lors de nos concerts et via internet. Si les gens avaient pu se procurer les deux Eps sur le marché, ils n'auraient pas acheté l'album. Seuls les fans purs et durs qui commanderont ou qui ont commandé les deux maxis via le web (http://www.posteverything.com/pinkflag) recevront ‘Send’ et un 'live' en prime. Nous sommes autant consommateurs que musiciens. Il faut penser à ceux qui achètent. Qu'est ce qu'ils vont avoir en main ? Les inconditionnels achèteraient l'opus, même s'il n'y avait que 4 nouvelles chansons. Mais nous voulions leur offrir un peu plus. Certains ont acquis le premier, d'autres le second, d'autres encore rien du tout. Et je ne pense pas que ceux qui ont acheté le 'R&B 1' et le 'R&B 2' voudront délier les cordons de la bourse pour se procurer l'album. " Colin s'exprime maintenant en tant que boss de firme de disques et artiste : " Personne ne nous dicte notre ligne de conduite. Nous sommes seuls maîtres à bord. Si nous nous étions adressés à un label, il aurait voulu sortir d'abord l'album, alors que nous voulions un Ep. Nous aurions alors dû prévoir un budget marketing conséquent et dépenser beaucoup d'argent. Ensuite lancer le disque sur le marché. Il aurait alors fallu vendre une tonne d'elpees pour récupérer notre mise. Ce n'est pas la seule manière de procéder. C'est la raison pour laquelle nous avons travaillé autrement".

Qu'est ce qui pousse Wire à se reformer périodiquement ? Un coup de fil ? Un calendrier de rencontres ? Une envie instinctive de réactiver la machine. Colin rectifie : " C'est beaucoup plus formel que tu l'imagines. Nous avions été invités à participer à une réception organisée pour la remise de distinctions. Elle doit s'être déroulée début 2000. Nous nous sommes rencontrés. On s'est revu. Et le groupe s'est reformé naturellement. Puis on s'est remis à la création. Mais au départ, on n'imaginait pas encore que nous allions revenir avec quelque chose d'aussi neuf en aussi peu de temps. Nous craignions que ce soit la galère. D'autant plus que nous ne voulions pas d'approche traditionnelle de la composition. Pour nous, c'était un mauvais plan ; et nous n'aurions pas bien fonctionné sous cette optique. Nous sommes donc passés d'abord à l'écriture. Puis on a laissé macérer. La plupart du temps, nous avons travaillé dans mon studio. Et on y a concocté tout ce qui a permis d'enregistrer les Eps et l'album. " Wire est donc toujours aussi inventif. Aussi bien dans la forme que dans le fond. Colin précise : " On nous reproche souvent de vivre dans l'abstrait. Mais il faut bien faire la différence entre ce qu'on veut dire par concret et abstrait. Par littéral et non littéral. Par premier degré et second degré. Notre objectif est de faire autrement que les autres. Il est de plus en plus difficile d'être différent de manière flagrante ; donc nous essayons d'apporter des petites touches différentes à notre création ; même si globalement, aujourd'hui, tout le monde joue de la même manière. Nous avons tendance à être réducteur. Si quelqu'un décide de couper un morceau en trois parties, nous n'en concéderons que deux. S'il a recours à trois accords, on s'en contentera d'un seul. Si sa chanson compte un refrain, nous en écrirons deux. L'analogie est subtile, mais nous nous engageons volontairement dans ce processus réducteur. Ce qui est une bonne façon de gagner de l'argent. Mais tu sais, nous pensons à autre chose qu'à la rentabilité… " Maintenant, combien de temps la nouvelle aventure de Wire va-t-elle durer ? Colin est confiant pour l'avenir. Il existe une structure formelle autour du groupe. Bruce et lui se rencontrent deux fois par semaine. Au studio de Colin. Ils accumulent les démos. Le travail ne se limite pas à écrire 'x' chansons et puis de mettre la clef sous le paillasson. Il est constant. Organique. Et comme ils bossent de manière continue, ils ont le loisir d'opérer des choix. D'élaborer de nouveaux projets (concerts, etc.) et d'expérimenter tout ce qui peut les influencer dans la création : " Il existe beaucoup de choses qui m'intéressent. Notre vision n'est pas unique. J'aime voir le résultat de l'interaction entre plusieurs composants. Voir comment ils se rencontrent. Observer le fruit de ces rencontres. C'est comme le monde, il n'est qu'interaction. Ce ne sont donc pas uniquement des choses simples, mais comment les choses communiquent entre elles. "

Cependant, que sont devenus les projets parallèles des musiciens de Wire ? Et en particulier ceux de Bruce Gilbert et de Graham Lewis ? C'est à dire Dome et He Said ? Les deux premiers appartiennent à l'histoire. Bruce travaille cependant sur un nouveau projet, en Suède. Duet Emmo, celui de Bruce et de Daniel Miller ? Il est au frigo. Colin rencontre encore le boss de Mute, de temps à autre, lors de l'un ou l'autre concert. Il ajoute : " Lorsqu'il me téléphone, c'est pour me demander quelque chose de spécifique. Bruce n'envisage pas de reprendre la collaboration pour l'instant. Peut-être l'année prochaine. Ils disposent encore de démos qui doivent être remodelées, car elles sont toujours à l'état brut. Mais il y aura une suite. "

Minimal Compact, vous vous souvenez ? C'était le groupe au sein duquel figurait l'excellente chanteuse Malka Spiegel, l'épouse de Colin. Un groupe cosmopolite que j'appréciais beaucoup, et qui a disparu comme par un mauvais enchantement. Je n'ai pu m'empêcher de demander à Colin des nouvelles de cette formation. Et il semble ravi que je lui pose cette question. " Ah, tu savais que j'étais l'époux de Malka ! Elle a enregistré trois albums solos. Un avec moi. Puis deux 12 inches sous le nom d'Emotion. Sans oublier son projet destiné à mêler art et musique. Concernant Minimal Compact, un réalisateur israélien a tourné un film sur l'histoire du groupe. Un documentaire fort intéressant. Il y a eu une première à Tel Aviv, voici 2 semaines. Ils ont parlé de refaire quelque chose ensemble. Enfin Samy, surtout. Les deux guitaristes sont de grandes stars en Israël. Et Berry (NDR : Sokhoroff), probablement une super star. Mais pas ailleurs. Ils ont accordé un concert prestigieux à Tel Aviv. Et ils vont probablement se produire aux Transmusicales de Rennes, à la fin de l'année. Mais j'ignore s'ils vont enregistrer quelque chose de neuf…"

Pour les références et les influences, il faut un peu poser la question à l'envers. En fait, fondé en 1976, Wire est une référence ou une influence pour de nombreux groupes. Lors de la sortie de sa trilogie indispensable ('Pink Flag', 'Chairs Missing', '154'), il a été taxé de Pink Floyd du punk. A cause de son approche psychédélique vaguement réminiscente de Syd Barrett. Pour Colin, le psychédélisme n'a rien à voir avec Wire. Il s'agit, pour lui, de musique sous l'influence de drogues. " La dernière fois que j'ai entendu parler de groupes pratiquant ce style, c'était à l'époque de l'acid house et du baggy. Depuis lors, je ne pense pas que l'on puisse encore parler de psychédélisme. En tout cas, je ne l'ai pas remarqué. " Et pourtant… Concernant Syd Barrett, Colin reconnaît que Wire a peut-être quelque chose de commun avec lui dans la tonalité, mais pas dans l'intention. Pour lui, Barrett était l'esprit, l'essence même du Floyd…

Mais que ressent-il lorsqu'un groupe ou un artiste se réclame de Wire ? La réponse fuse : " Tout est relatif. REM ? Il ne faut pas exagérer. Je ne voudrais pas que la responsabilité de ce qu'ils font nous soit attribuée. Je serais mal à l'aise. Nous ne le revendiquons certainement pas. Même si certaines personnes le clament. Peut-être à une certaine époque. Mais s'ils avaient persisté, ils n'auraient jamais eu de succès. Les Pixies ? Je ne les connais pas suffisamment. Mais j'ai lu que nous les aurions influencés. Certaines personnes seraient fières de cette situation. Nous en sommes conscients, mais nous n'en tirons aucune vanité. "

 Merci à Vincent Devos.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Wire
  • Date: 31-12-2003
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