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Un train d'enfer

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Drôle d'histoire : quatre garçons se rencontrent dans un train. Ils sympathisent, refont le monde et énumèrent leurs goûts musicaux. Pendant ce temps, la locomotive file à toute allure, traversant les paysages, chevauchant villes et prairies. A ce moment-là, les quatre garçons ne le savent pas encore, mais leurs échappées sonores seront à l'image de cette rencontre : spontanée, diversifiée et tortueuse. Généralement associé à la grande famille du post-rock, Tomàn n'adhère pourtant à aucun cadre réel. Sa musique s'égare dans des strates atmosphériques allant de la musique contemporaine à l'avant-garde. Un morceau de Tomàn ressemble à une commode. Chaque tiroir recèle son lot d'ingénieuses mélodies. A l'arrivée en gare, tous les tiroirs sont ouverts. Inutile de ranger.

Du côté francophone de la frontière linguistique, le public ne connaît pas encore Tomàn. Pouvez-vous retracer l'histoire du groupe, ses premiers pas dans la musique ? 

Deux d'entre nous (Bram et Wouter) se sont rencontrés à l'Université de Gand. Lode est le frère de Wouter. Pour compléter le quatuor, il ne manque que Jens. Nous l'avons rencontré dans le train. Nous parlions de musique. Jens est arrivé et a rejoint notre discussion. Il nous parlait de Joy Division, de la musique alternative. Cette rencontre nous a permis de parfaire notre éducation musicale. Jens nous a vraiment ouvert les yeux... Grâce à lui, Tomàn a évolué.

Votre musique est souvent comparée aux groupes de post-rock 'intelligents'. Nous pensons notamment aux Ecossais de Mogwai, aux Américains d'Explosions In The Sky ou encore, aux Canadiens de Godspeed You! Black Emperor. Qu'en pensez-vous ?

Ces groupes sont certainement des influences. Cependant, nous essayons d'échapper à ces comparaisons. A nos yeux, le post-rock est aujourd'hui coincé dans une impasse. Le genre n'évolue plus. Et, dans quelques années, il sera peut-être amené à disparaître. Tomàn souhaite découvrir de nouveaux horizons, esquisser des perspectives d'évolution. D'ailleurs, notre dernier album (« Perhaps We Should Have Smoked The Salmon First ») est moins rentre-dedans que le précédent (« Catching A Grizzly Bear, Lesson One »). Désormais, nos compositions sont plus fouillées, gagnant ainsi en profondeur et en mélancolie. Notre objectif, c'est de grandir.

Quel est le mode de fonctionnement privilégié par Tomàn ?

Le 'Do It Yourself'! Nous concevons notre musique de façon très artisanale. Nous sommes des perfectionnistes, nous cherchons à tout réaliser de nos propres mains. Cela ne présente que des avantages. Aussi, c'est Wouter qui a produit notre dernier album. La mise en place du site Internet est une conception maison. Nous concevons également nos affiches, nos t-shirts et trouvons des dates de concert.

Vos albums sont signés chez Zeal Records. Concrètement, que vous apporte cette structure ?

Une liberté totale ! Cette structure nous apporte aussi énormément de visibilité, grâce à un super travail de promotion. En fait, nous ne pouvions pas rêver mieux. Le label rencontre parfaitement notre mode de fonctionnement. Dans la mesure où notre travail est très artisanal, Zeal Records nous apporte l'encadrement dont nous avons besoin.

Votre premier album s'intitulait « Catching A Grizzly Bear, Lesson One ». Dans les notes du livret qui accompagnent votre nouveau disque, on trouve encore des anecdotes sur les grizzlys. D'où vous vient cette passion pour les ours ?

Le grizzly est gros et fort. En même temps, il s'agit d'un animal tellement vulnérable... Notre deuxième album fait référence au saumon, la nourriture favorite du grizzly. On retrouve donc un lien entre nos deux albums. En fait, nous n'étions pas enchantés par la qualité sonore de « Catching A Grizzly Bear, Lesson One », notre premier. C'est pour cette raison qu'on retrouve « Perhaps » dans l'intitulé de notre nouveau disque. Il s'agit d'un clin d'œil, d'une référence au précédent. En filigrane, on retrouve une interrogation : 'peut-être' aurions-nous dû le concevoir autrement ? Le saumon aurait dû venir avant son prédateur ! Le son de notre premier opus n'était pas satisfaisant... A nos yeux, ce deuxième essai est le premier véritablement abouti. En ce sens, les titres des deux s'inscrivent dans une certaine logique. Les nouvelles chansons ont été enregistrées dans un studio et Wouter s'est occupé du mixage. Cette fois, nous sommes vraiment satisfaits ! On ne rejette pas du tout notre premier, très bon d'ailleurs.

Du coup, dans le livret du nouvel album, vous étalez quelques amusantes anecdotes sur les différentes sortes de saumon. Doit-on y chercher une signification ?

Ces petites présentations animalières ont une signification pour nous. Mais nous préférons que le public se forge sa propre conception des choses. Chacun est libre d'interpréter nos petits saumons ! Pour la prochaine fois, on pense déjà aux albatros... (Rires)

Autre curiosité du livret : vos noms apparaissent par ordre de taille. Les musiciens de Tomàn apparaissent ainsi du plus grand au plus petit. Pourquoi ?

C'était une blague du moment... Nous sommes incapables de dire qui, de nous tous, est le plus important dans le groupe. Tomàn est un quatuor où chacun participe pleinement à l'aventure ! 

Le nouvel album vient juste de sortir. Comment le public réagit-il à l'écoute des nouvelles chansons ?

L'accueil du public est formidable ! Dans un premier temps, nous avons décidé de presser mille exemplaires de « Perhaps We Should Have Smoked The Salmon First ». Mais après trois semaines, il ne restait plus un seul disque de ce premier pressage... En moins d'un mois, c'est assez incroyable... Bientôt l'Ultratop ? (Rires)

Sur « Perhaps We Should Have Smoked The Salmon First », Tomàn ne change pas ses bonnes habitudes. Chaque morceau recèle d'une multitude d'astuces mélodiques. ? Quel est l'apport de chacun dans ce processus créatif ?

En réalité, nous sommes incapables de composer une chanson au sens restrictif du terme. Chez Tomàn, chacun pose sa pierre à l'édifice. L'un vient avec une mélodie, l'autre impose un rythme et, petit à petit, le morceau se construit. Nous enregistrons nos prises, les écoutons attentivement. Ensuite, nous conservons uniquement le meilleur, l'essentiel.  

Vos nouvelles compositions sont plus posées. Cette fois, votre univers gagne en profondeur et en mélancolie. Sur le disque, la batterie se veut plus discrète que par le passé. Est-ce une démarche volontaire de votre part ? 

Nous éprouvons énormément de plaisir à jouer une musique mélancolique. Encore une fois, nous voulions évoluer, grandir. Mais tous les ajustements que l'on peut entendre sur le nouvel album sont opérés de manière inconsciente. Tomàn doit encore mûrir. Et cela passe par une évolution de notre univers musical.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Tomàn
  • Date: 21-10-2006
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