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Didier Deroissart

Didier Deroissart

dimanche, 07 avril 2019 19:25

BRDCST 2019 : dimanche 7 avril

Depuis quelques années déjà l’Ancienne Belgique organise le BRDCST, un festival qui se déroule quatre jours de suite. Ce dimanche 7 avril, il est programmé dans trois salles ; en l’occurrence l’AB Box, l’AB club ainsi que l’AB Salon, un espace situé au-dessus du Café. Lors des trois premières soirées, il a été délocalisé au Café Central, Beursschouwburg, Café Bonnefooi et La Machine, des endroits sis près de l’AB. Cet événement est destiné à faire découvrir des musiques issues de toute la planète ; et pour cette édition, il s’intéresse aussi bien au black metal féminin, au psychédélisme turc, à la noise abstraite, au classique contemporain, au hip-hop, à l’afrofuturisme, à l’electronica, à la poésie sonore, à l’avant-jazz, à la world d'Afrique du Nord, au dub, à l’american primitive guitar, au (post) punk, au piano préparé, au grime qu’au flamenco. C'est donc une belle occasion d'assister à des shows de groupes ou d'artistes qui sortent de l’ordinaire. Compte-rendu du dernier jour qui accueille la formation belge Whispering Sons, les artistes canadiens Jason Sharp et Yonotan Gat (qui a prévu le concours d’invités), américaines Morgan et Léa Bertucci, espagnol Refree, sans oublier le Dj gantois Bolt Ruin.

En débarquant, Refree (poulain de l’écurie global sounds Glitterbeat) a déjà entamé son set. Il joue de la gratte dans un style, ma foi, expérimental, entre flamenco et de jazz. Il y a pas mal de peuple au salon qui semble apprécier ce set empreint de sérénité…

Direction L’AB Box pour le set du Gantois Bolt Ruin qui vient de publier un vinyle, en février dernier, un disque baptisé "Circuit". Le Dj se produit, derrière une immense table de mixage, recouverte d'un drap noir, devant une salle quasi-vide qui va heureusement quelque peu se remplir au fil des minutes. Des images d'usagers qui se déplacent au sein d'un métro futuriste ou tournées en accéléré sur un place devant une église, défilent en arrière-plan, sur grand écran. Tantôt plus lentes, tantôt soutenues, les sonorités électroniques sont chargées d'infra-basses et alimentent l'univers sonore torturé et dark de l'artiste, alors que le light show inonde la fosse. Classique!

La prestation de Jason Sharp se déroule au même endroit. Il grimpe sur les planches à 19h00, flanqué d’un préposé en bidouillages. Un certain Adam Basana qui a recours à divers ustensiles en verre. Il dispose également de deux microphones. Quant à Jason, il se consacre à un énorme saxophone basse. Issu de la scène montréalaise expérimentale, il a milité au sein de nombreux groupes de jazz avant-gardistes et contemporaines. Il s’est forgé une solide notoriété, en pratiquant la respiration circulaire, une technique qui permet de maintenir, pendant un laps de temps assez long, un souffle d'air continu à l'aide de la bouche. Cette technique particulière focalise toute l’attention de l’auditoire, d’autant plus qu’elle est prolongée par des boucles. Malgré une fameuse dose d’impro, il faut reconnaître que les deux musicos se complètent parfaitement. Un concert aussi étonnant que captivant…

Direction l’AB Club pour y découvrir Léa Bertucci, une artiste américaine qui a publié un Ep en février dernier, un disque intitulé « Metal Aether ». Minimaliste, sa musique est alimentée par un saxophone alto, un pc mac et une petite machine qui ressemble à un dictaphone qui propage des sonorités électroniques ‘ambient’. Et elle est particulièrement habile pour jongler entre ses instrus, notamment lors d’un morceau de près de 20 minutes, au cours duquel elle ne reprend pas son souffle, tout tapotant sur son sax ou le triturant dans tous les sens.

Yonathan Gat est considéré comme un des meilleurs guitaristes au monde. Il se sert d’une double gratte à 12 et 6 cordes… comme Jimmy Page. Il est épaulé par une section rythmique basse/batterie qui semble prendre beaucoup de plaisir sur l’estrade. Mais le clou du spectacle sera atteint lorsque deux Amérindiens (The Eastern Medecine Singers) vêtus de parures rituelles (NDR : des Sioux, des Iroquois ?) viennent frapper sur un énorme tambour indigène à l’aide de manches terminés par un morceau de métal, tout en psalmodiant des incantations. Bien que saccadées et hypnotiques, leurs interventions collent parfaitement à la musique proposée par le trio. Ce cocktail de punk rock, pow pow drum et psychédélisme, ouvert à l’impro, en devient alors fascinant. Sans oublier que Gat en profite pour étaler toute sa virtuosité sur son double manche. Epatant !

Kelly Moran se produit au club, mais votre serviteur prend une petite pause avant le show final. Qu’assure un des meilleurs combos belges, actuellement sur le circuit. En l’occurrence The Whispering Sons. Et tant les médias que les mélomanes ne tarissent pas d’éloge le band. Pas étonnant que leurs concerts soient sold out. La salle est pleine à craquer.

Le quintet débarque sur le podium. Il réunit le guitariste Kobe Lijnen, le bassiste Tuur Vandeborne, le claviériste Sander Hermans, le drummer Sander Pelsmaekers et la chanteuse Fenne. Cette dernière est également la figure de proue du band. Sauvage, elle possède une manière particulière de se déhancher ; et puis androgyne, sa voix est capable de passer du plus clair au baryton. Régulièrement, elle ponctue sa véhémence de coups de poing dans le vide. On la sent habitée par sa chorégraphie.

Le post punk de la formation est paradoxalement énergique, glacial et dansant. Mais cette fusion tient parfaitement la route.

Whispering Sons ne devrait probablement pas s’éterniser dans les tournées des petites salles. A mon humble avis, il est à l’aube d’une carrière internationale fructueuse…

L’an prochain, le BRDCST se déroulera du 2 au 5 avril.

Setlist The Whispering Sons : « Stalemate », « Got A Light », « Alone », « White Noise », « Performance », « Skin », « No Time », « Fragments », « Hollow », « Waste », « Wall », « Insights », « Dense »

Rappel : « No Image ».

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

mercredi, 03 avril 2019 17:02

Avancez d’une place !

La Rotonde du Botanique constitue un endroit idéal pour une release party. Et celle de Beautiful Badness, qui va se dérouler ce mercredi 3 avril, va de nouveau le démontrer.

Beautiful Badness vient de sortir un troisième Ep, baptisé « Walking A Mirror », en mars dernier, des plages qui figureront sur le futur elpee « Rewind », dont la sortie est prévue pour cette année, un disque mis en forme par Marlon B (Brigitte, Benjamin Clementine, Juliette Armanet) et pour lequel Albin De La Simone a participé.  

Le supporting act est assuré par Léo Nocta. Il milite également au sein d’autres groupes, et notamment chez Delta, formation que votre serviteur avait découverte dans le cadre du festival Scène-Sur-Sambre, en août 2017. Elle va d’ailleurs repartir en tournée, à partir du 25 de ce mois. De grande taille, il est soutenu par un drummer. Les interventions au piano de Léo sont empreintes de délicatesse tout en révélant une grande agilité des doigts. Un véritable virtuose ! Il chante d’une voix vaporeuse, envoûtante, finalement assez proche de celle de Sesboué, des chansons ténébreuses, mais chargées d’émotion. Pas étonnant que Gabriel l’ait choisi pour se produire en première partie. Il va nous proposer des extraits de ses deux Eps, « Atom », paru en 2015, et « Origin », en 2017, dont « Satellites », en ouverture, et son nouveau single « When We All Fall », gravé en février dernier, pour clore ce set bref, mais de très bonne facture…

Setlist : « Satellites », « How Many Roads », « Higher Than Here », « Rose », « I Can’T Feel My Face », « When We All Fall ».

Outre le chanteur Gabriel Sesboué, Beautiful Badness implique Olivier Delescaille (NDR : d’ordinaire préposé à la gratte, ce soir il va se consacrer, à la basse, aux claviers et aux machines) et Gilles Servais (drums), un trio soudé depuis 7 longues années. Il s’est quand même élargi à un quatuor depuis l’arrivée de Lou Wery, qui se charge des claviers et également des vocaux.  

Gabriel vit intensément ses chansons. Il s’exprime aussi avec les mains, un peu à la manière de feu Joe Cocker. Capable de passer des graves aux aigus avec une facilité déconcertante, son spectre vocal est ample et lyrique.

La salle est comble et tous les spectateurs sont debout. « A Sunny Morning » ouvre le concert, un morceau au cours duquel Gabriel étale déjà toutes ses capacités vocales. Tour à tour, cette voix me fait penser à Jón Þór Birgisson (Sigur Rós), Antony/Anhoni Hegarty, Rufus Wainwright, Agnès Obel, Woodkid ou encore Freddy Mercury. Et lorsqu’elle se conjugue à celle de Lou et d’Olivier, on assiste à de véritables exercices de polyphonie vocale. Quant à l’univers sonore de Beautiful Badness, il navigue à la croisée des chemins empruntés par AaRON, Queen, ou encore Jeff Buckley.

L’atmosphère au sein de la Rotonde est tellement feutrée qu’on se croirait au sein d’une cathédrale. « Blackbird In The Storm » est littéralement raffiné par les ivoires. Gab signale qu’il s’agit de la 10ème fois qu’il se produit au Bota, et pour la première, comme tête d’affiche. Et il en est très fier. Mais encore qu’il a écrit « The Train », entre les sessions d’enregistrement, lorsqu’il se déplaçait de Paris à Bruxelles ou inversement. On le sent à la fois concentré et étonnamment cool…

 « I’ll Be There For You » se distingue par sa mélodie contagieuse. Bonne surprise, Sasha et Julie (Juicy) débarquent sur les planches pour assurer les chœurs de « Walking On The Mirror », en compagnie de Lou (NDR : on comprend mieux pourquoi Gab et Oli avaient assisté à leur show, samedi dernier). Toute l’équipe est en cercle sur le podium pour interpréter cette chanson, a cappella. Magique ! A vous flanquer des frissons partout !

En rappel, les filles sont encore de la partie pour nous réserver « Silent and still », avant que le groupe n’achève le concert par une plus ancienne compo, « One Step Forward »… et c’est le cas de le dire, Beautiful Badness, avancez d’une place…

Setlist : « A Sunny Morning », « Blackbird In The Storm », « Freedom », « Wave On Me », « 11011 Days », « The Game Is Over », « Winds Blows », « The Train », « I’ll Be There For You », « Everything I Have », « Walking On The Mirror » (avec Juicy)

Rappel « Silent And Still » (avec Juicy), « One Step Forward ».

(Organisation : Botanique)

Photo : Pierre Destrebecq

Larkin Poe est une formation yankee drivée par les sœurs Rebecca et Megan Lovell. Originaires de Georgie, elles se sont établies à Nashville, au Texas. Le patronyme du groupe est inspiré du nom de leur arrière-arrière-arrière-grand-père, un lointain cousin de l’écrivain Edgar Allan Poe. La formation vient d’achever une tournée, pour laquelle elle assurait le supporting act de Bob Seger, et se produira en ouverture du concert de ZZ TOP, ce 25 juin, à Forest National, dans le cadre des 50 ans de carrière du célèbre trio de blues/rock.

Ce soir Larkin Poe se produit à la Madeleine de Bruxelles, devant une salle à moitié pleine (ou vide, selon). D’ailleurs des tentures ont été tirées pour délimiter l’espace réservé à l’auditoire. Le quatuor va nous proposer de larges extraits de son troisième elpee, « Venom & Faith », paru en novembre dernier.

La première partie est dévolue à Foreign Affair, un duo issu de Bristol qui pratique une forme de country/rock, assez proche de celui pratiqué par les Pierce Brothers. Encore une histoire de famille, puisqu’il réunit les frangins Adam et Lawrence Purnell…

Puissante et lyrique, la voix de Lawrence, le cadet de la fratrie, est grisante. Les grattes (une semi-acoustique et une électrique) trament les compos soignées mais énergiques, des compos dynamisées par une cymbalette, pour l’un, et par une grosse caisse, pour l’autre, manœuvrées au pied. Une excellente entrée en matière !   

Setlist : « The Opener », « Piece Of Work », « Name On It », « Name On It », « I'm Your Man », « Faded », « Say What You Want About Me », « We Don't Know ».

Une bande enregistrée diffuse de la musique d’ambiance feutrée, comme celle programmée sur des tas de radios FM aux States, alors que le light show inonde la scène de tonalités bleutées... 

Chez Larkin Poe, Rebecca (NDR : la brune !) se consacre au chant et à la guitare électrique, et sa sœur, Megan (NDR : la blonde !) au chant et à la lap steel guitar. Si cette dobro se joue posée sur les genoux, contre le corps, elle est adaptée pour s’en servir en position debout. Ben Harper y est d’ailleurs accro. Les frangines sont soutenues par Robby Handley aux drums, planté sur une estrade, en retrait, et Chad Melton à la basse.  

C’est d’ailleurs ces deux derniers qui débarquent les premiers sur le podium. Lorsque Rebecca rapplique, d’un pas décidé, sa superbe Gibson à la main, elle s’adresse immédiatement aux premiers rangs en leur demandant : ‘Are you ready to rock’n’roll’, ajoutant sur un ton persuasif : ‘We do Rock’n’roll’.

Le show s’ouvre par « Summertime Sunset ». Déjà elle arpente les planches de long en large. Sa voix me fait penser à un hybride entre Beth Hart et (la petite fille de) Tina Turner. Le son est excellent. Très électriques, ses interventions aux cordes sont hantées par Joe Bonamassa voire Jimi Hendrix. Celles de Megan à la lap steel guitar sont particulièrement métalliques. Elles entrent régulièrement en duel, face à face. Les deux sœurs sont d’ailleurs très complices. On s’en rend compte à travers les regards qu’elles s’adressent. En général, Megan assure les chœurs. Son timbre est plus doux et éthéré. On le remarque dès qu’elle se réserve le lead vocal. Plus paisible, « Trouble in Mind » est un blues qui nous entraîne dans le Delta. La cover du traditionnel « Black Betty », popularisé par Ram Jam en 1977, galvanise le public. Lorsque la section rythmique s’emballe, c’est pour entretenir un rock bien sudiste.

Rebecca reprend le leadership au chant pour « Bleach Blonde Bottle Blues ». Les filles frappent sur le sol en cadence et les chœurs sont impeccables. La musique passe très facilement des traditions du roots & blues contemporain au rock & roll musclé, métallique et sauvage. Empreint de sérénité, « Look Away » permet à ce petit monde de reprendre sa respiration. La setlist va nous réserver quatre reprises. D’abord la version très roots du « Preachin’ blues » de Son House. Une autre adaptation d’un traditionnel, « John The Revelator ». En finale le « Wanted woman » d’AC/DC et lors du rappel le « Come On In My Kitchen » de Robert Johnson…

Rebecca troque sa gratte pour pour un banjo sur deux morceaux, « Mad As A Hatter », dédié à son grand-père paternel, et « Run For Your Money ». Avant d’attaquer ces compos, elle explique la thématique. Elle demande souvent à la foule si le public est satisfait du concert et s’il apprécie la musique proposée.

Au bout de 90 minutes, Larkin Poe tire sa révérence sous les acclamations nourries du public. ZZ Top a certainement eu le nez creux en choisissant ce combo pour ouvrir son concert-anniversaire à Forest National…

Setlist : « Summertime Sunset », « Trouble in Mind », « Black Betty » (traditional cover), « Bleach Blonde Bottle Blues », « Look Away », « Preachin' Blues » (cover de Son House), « Freedom », « California King », « John The Revelator » (traditional cover), « Might As Well Be Me », « Black Echo », « Hard Time Killing Floor Blues », « Mad As A Hatter », « Run For Your Money », « Blue Ridge Mountains », « Wanted Woman (cover d’AC/DC »).

Rappel : « Come On In My Kitchen » (cover de Robert Johnson).

(Organisation : Gracia Live)

 

lundi, 25 mars 2019 15:03

Tropical !

Crystal Fighters est une formation anglo-basque dont la musique résulte d’un mélange d’influences culturelles, musicales et stylistiques. Fruit d’un cocktail entre folk, électro, punk, techno, dubstep, world, hip hop et pop espagnole, elle se singularise par le recours à des instruments traditionnels, comme le txalaparta, le danbolin et le txistu, mais se veut d’abord festive. La formation est venue défendre son quatrième elpee, « Gaia And Friends », paru le 1er mars dernier. Et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Low Island, un groupe issu d’Oxford, cité universitaire qui a donné naissance à des band devenus notoires comme Radiohead, Swervedriver, Foals, Stornoway ou encore Glass Animals. Il implique deux Djs/producteurs, Carlos Posada (chant, guitare, claviers) et Jamie Jay (chant, guitare, claviers), ainsi que Jacob Lively (basse) et Felix Higginbottom (batterie, percussions). Elaborée, l’électro/pop de ce quatuor se singularise par la voix éthérée des vocalistes, ainsi que par le drumming jazzyfiant de Higginbottom. Le combo va nous réserver de larges extraits de son dernier opus, « Low Island And Friends 17-18 », gravé en octobre dernier. Un set fort intéressant pour un quatuor à suivre –suivant la formule consacrée– de très près… (voir aussi notre section photos ici)

Setlist : « We Drift Apart », « Stop Start », « I Do It For You », « Holding It Town », « Search Box », « In Person ».

Le line up de Crystal Fighters implique le chanteur/guitariste Sebastian Pringle, les gratteurs/percussionnistes Gilbert Vierich et Graham Dickson ainsi que les chanteuses Eleanor Fletcher (Ellie) et Tobi Gems (NDR : apparemment, elle remplace Nila Raja), une black remuante, assez sexy, dont la voix est susceptible de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves, avec une facilité déconcertante. Le drummer est perché sur une estrade assez haute, juste devant deux énormes balafons maliens, placés en miroir, dont tous les musicos, multi-instrumentistes, vont se servir, à tour de rôle.

Un light show de couleur blanche et bleue inonde le podium et la fosse, lorsque les musiciens, tous habillés de blanc, grimpent sur les planches, sur lesquelles une belle plante verte a été posée entre deux haut-parleurs. 

Le set s’ouvre par le frénétique « I Love London ». Dès les premières sonorités du txalaparta, ce fameux instrument basque si cher à la formation, l’ambiance contamine tous les étages de la salle. Elle va d’ailleurs croître graduellement au fil du set pour rapidement devenir tropicale. Le band embraie par le nerveux et désormais classique « Follow », un morceau très électro et au titre judicieusement choisi. Les compos vont rarement au-delà des 2 minutes. Et partout, la foule danse. Rarement vu une telle atmosphère à l’AB ! Sebastian Pringle et Gilbert Vierich occupent totalement l’espace scénique. Les deux chanteuses se déhanchent sensuellement. Et la jam de percus à laquelle participe l’ensemble du combo fait encore grimper la température de quelques degrés. Caractérisé par leurs mélodies ultra-accrocheuses, « Gaia & Friends », « The Get Down » et « Wild Ones » passent comme des fusées supersoniques. Acoustique et plus paisible, « Boomin’ In Your Jeep » permet aux musicos et à l’auditoire de reprendre leur souffle. Avant le calme, place alors à la tempête tropicale qui va se prolonger lors d’un rappel de trois morceaux. Bonne humeur communicative, énergie, intensité, rythmes exotiques, instrumentation insolite et beats bien percutants, tout était réuni pour passer une soirée inoubliable. Honnêtement, pour votre serviteur, il s’agit d’un des meilleurs concerts auxquels il a assisté, depuis le début 2019… (voir aussi notre section photos )

Setlist : « Intro », « I Love London », « Follow », « La Calling », « Yellow Sun », « Love Is All I Got », « Boomin’ In Your Jeep », « Circuit Of Life », « Percussion Jam », » Wild Ones », » I Do This Everyday », «  All My Love », « Runnin’ », « All Night, Champion Sound », « Love Natural « , « The Get Down », « Bridge Of Bones », « Xtatic Truth », « You And I ».

Rappel : « Everything Is My Falily », « At Home », « Plage ».      

(Organisation :  Live Nation)

 

 

 

Ce samedi 30 mars, Juicy vient présenter présenter son second Ep, « Crumbs », au Vaartkapoen (Vk). Mais au cœur d’une soirée qui proposera 5 sets, dont ceux de Commander Spoon et Darrell Coole, qui ont déjà participé aux tournage de clips des deux filles, ainsi que Dj Lefto, en after party. Et elles vont nous réserver une belle surprise, en nous livrant, dès l’ouverture, un petit concert acoustique. Il s’agit de la seconde release party, puisqu’une première avait déjà été accordée à Paris, une semaine plus tôt.

Quand on débarque dans la salle, on remarque la présence de six sièges devant la table de mixage entourant un énorme clavier (celui de Julie), des chaises devant lesquelles sont installés des supports de partitions. Elles sont destinées à un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle), un contrebassiste et deux flûtistes (NDR : dans le désordre Élise Rens, Amandine Flandre, Pascale Simon, Philippe Laloy, Pauline Boron, Marie-Sophie Van Goethem Sgarioni et Fil Caporali). Tout ce beau monde est tiré à 4 épingles. Les nanas de Juicy se plantent derrière les ivoires pour un duo à quatre mains. Cet hors-d’œuvre va nous réserver cinq morceaux réarrangés par Jean-Marie Rens (qui doit être le père de Julie), dont « Seed And Ride » et « I Wanna, Yes, I Wanna », deux plages issues du nouvel Ep. Et le moment est tout bonnement magique. La foule, déjà bien compacte, entoure le cercle et se montre particulièrement attentive. Bref, grâce à cet exercice de style périlleux, les filles ont démontré qu’elles étaient capables de se fondre au sein d’un autre environnement sonore. Une nouvelle preuve de leur immense talent ! Fallait donc pas manquer le début de la soirée… Rendez-vous à 23 heures pour le retour de Juicy, mais sur les planches…

Setlist : « Something Is Gone », « Seed And Ride », « La Gigue De La Ket », « I Wanna, Yes, I Wanna », « For Hands On Ass ».

Commander Spoon réunit le saxophoniste Pierre Spataro (Oyster Node, Rue des Pêcheries), le guitariste Florent Jeunieaux (Murmures, Geffrey Fiorese Tentet, La Chiva Gantiva, Aneta Nayan, Echt), le contrebassiste Fil Caporali et le drummer Samy Wallens. Le combo est venu défendre son premier Ep 4 titres, « Introducing », paru en novembre dernier. La musique du groupe bruxellois est essentiellement instrumentale. Les titres des morceaux respectent une simple numérotation logique (part1, 2, 3 et 4), un peu comme pour les concertos de musique classique. Pourtant, le quatuor pratique un jazz/rock contemporain, électrique et chargé de groove. Les duels sont permanents entre les différents instruments. Jimi Hendrix et Carlos Santana semblent hanter le gratteur, Florent. Mais bien que d’excellente facture, la musique de Commander Spoon s’adresse surtout à un public averti…

Darrell Cole est né à Londres, en 1989 à Londres. Sierra-léonaise, sa famille a fui les tensions politiques de son pays et s’est finalement réfugiée à Anvers, en Belgique. Très tôt, il s’est tourné vers le hip-hop. Son dernier elpee, « Fully Loaded », est paru en octobre dernier. Il va nous en proposer de larges extraits. Plutôt remuant sur le podium, il est soutenu par un préposé aux platines qui dispense des sonorités assez dansantes. Le flow de Cole est constant. Il invite la foule à se rapprocher de l’estrade. A partir de cet instant, l’interactivité va parfaitement fonctionner entre l’artiste et l’auditoire. Un second MC’s vient l’épauler le temps de quelques morceaux. Bref, un show aussi efficace que technique…

Réunissant Julie Rens et Sasha Vonck, Juicy pratique une forme de r&b insolite et complètement déjanté. Fidèles à elles-mêmes, elles continuent ici à développer leur univers délirant, à prendre cependant au second degré, en posant leurs voix singulières sur un visuel plutôt réussi.

A 22h00, les lumières s’éteignent. La foule est impatiente d’assister au spectacle ; et pour cause, il est chaque fois différent. Que ce soit la chorégraphie, l’interprétation et même l’interactivité. Sans oublier les costumes. Presque fusionnelles, les filles sont très complices. On imaginerait presque qu’elles sont sœurs.  

Les lumières bleues se focalisent vers le fond de la salle où elles tournent le dos à l’auditoire, les bras en l’air. Elles ont enfilé des pantalons et des vestes à capuche et franges de couleur noire. Et entament leur prestation par « LTGL ». Elles se consacrent aux synthés, samplers et vocaux. Sasha se réserve cependant la guitare et Julie, la boîte à rythmes. Ce qui ne les empêche pas de troquer leurs instruments. Elles amorcent « Mouldy Beauty en dubstep. Les donzelles se tortillent sensuellement, comme des geishas. Même les mains ondulent sur les instrus. Ce qui émoustille le public. Un fantôme remplace Julie derrière les machines. A l’issue de ce morceau, Sasha signale qu’elles sont contentes d’être là et ajoute que la foule est magnifique. Bien que d’ordinaire paisible, « Seed And Ride » se révèle davantage r&b et nerveux sur les planches. Pierre Spataro vient souffler dans son saxophone sur « I Wanna, Yes, I Wanna », une nouvelle compo. Elles en profitent pour nous proposer une chorégraphie très étudiée et dansante. Il est encore de la partie pour « What You Can’t Confess », mais également Darrell Cole au micro. Sasha se sert de sa gratte électrique tout au long de « Didn’t Knockout », un morceau au vocal empreint de sérénité. Les lumières s’éteignent pendant « Knock ». Julie dirige un spot orange vers son visage et Sasha de couleur verte. Et l’effet est bluffant. « See Me Now » clôt le set.

Lors du rappel, « Something Is Gone » et « Count Our Fingers Twice » vont mettre littéralement le souk dans la fosse.

A l’issue de la superbe prestation de Juicy, une bonne partie de la foule vide les lieux. Dommage pour Lefto, mais au bout de quatre spectacles, elle semble rassasiée…

Setlist : « LTGL », « Mouldy Beauty », « Seed And Ride », « Hard Nut To Crack », « I Wanna, Yes, I Wanna », « Didn’t Knockout », « Knock », « What You Can’t Confess » (Avec Pierre Spataro et Darrell Cole), « Over My Shoulder », « Ghb », « Mama Told Me », « See Me Now » 

Rappel : « Something Is Gone », « Count Our Fingers Twice ».

(Organisation : VkConcerts et Back In The Dayz)

 

mercredi, 27 mars 2019 11:20

L’univers intimiste de Hoshi…

De son véritable nom Mathilde Gerner, Hoshi est originaire de Versailles. Cette chanteuse a choisi ce pseudo (NDR : qui signifie étoile en japonais), car c’est une fan de culture nippone. Elle ressemble d'ailleurs à une héroïne de mangas (NDR : grands yeux pétillants bordés de khôl, tatouages, cheveux relevés en chignon) qui aurait grandi en écoutant Nirvana. D’ailleurs, la bande à feu Kurt Cobain figure parmi ses influences majeures, tout comme Brel, Serge Gainsbourg ou encore Patti Smith.

Après avoir opéré quelques passages dans les télé-crochets ‘The Voice’ (NDR : où elle avait claqué la porte parce qu’on lui imposait une chanson) et ‘Rising Star’, elle est repérée par un label. En mars 2017, elle sort son premier single, « Comment je vais faire ». En octobre 2018, elle publie son premier elpee, « Il suffit d'y croire », dans lequel figurent certains titres qui vont la révéler au grand public, dont « Je Vous Trouve Un Charme Fou », un titre signé par Gaëtan Roussel, qu’elle chante en duo avec le leader de Louise Attaque. Dans ses chansons, armée d'une simple guitare acoustique, elle balance tout, sans s'économiser. Depuis, elle fait l’unanimité dans le paysage musical hexagonal.

Le supporting act est assuré par deux frangines, Celena et Sophia, prénoms qu’elles ont décidé de contracter pour la scène en CelenaSophia. Issues de Chapelle-Lez-Herlaimont, les sœurs ont publié un premier Ep intitulé « A l’Aventure », en 2015. Dans la foulée, elles sont parties en tournée, en Belgique, mais également à travers le monde (Suisse, France, Canada, Côte d'Ivoire), participant à deux reprises aux rencontres d'Astaffort. Ce qui va convaincre Francis Cabrel et son équipe de les aider à peaufiner leur répertoire. Depuis 2016, elles sont épaulées par Jérôme Magnée (Dan San, Yew, Ebbène). C’est lui qui va se charger de direction du premier opus, qui devrait paraître au cours de cette année.

Sur les planches, elles sont soutenues par le drummer (pads électroniques, boîtes à rythmes) Mathieu Catala. Il doit y avoir de nombreux aficionados dans la salle, car lorsqu’elles grimpent sur l’estrade, elles sont chaleureusement applaudies. Brune, Céléna se consacre à la sèche ; blonde, Sophia, à la gratte électrique. Elles vont nous proposer de la chanson française réaliste et urbaine. Le set s’ouvre par « On s’en souviendra pas ». Mais ce qui frappe d’abord, ce sont les superbes harmonies vocales. Moins folk, davantage rock, mais aussi plus contemporain, vu le concours des percus électroniques, leur expression sonore se veut d’ailleurs de plus en plus urbaine. Et un nouveau morceau comme « Je cours après le temps », en est une parfaite illustration.  Bien sûr la setlist n’en n’oubliera pas pour autant de partir « A L’Aventure » (NDR : cette compo remonte à 2015) mais bien le tout nouveau single, « Seul Hôtel », un titre joliment teinté d’électro, qui paraîtra ce 29 mars. Dommage !  Un duo à suivre de très près…

Setlist : « On s’en souviendra pas », « Les Vents Contraires », « Je m’en remets a elle », « Je Te Vengerai », « Dis-Moi Le Plus Fort », « Je Cours Après le Temps », « Pile Ou Face ».

Le set débute à 21 heures précises. Des néons verticaux inondent le podium de leurs lumières aux teintes bleues et blanches, pendant que les musicos s'installent derrière leurs instruments. On remarque la présence d'un drummer ainsi que de deux multi-instrumentistes qui se partageront basse et claviers.

Pendant plus ou moins une minute, soit avant que Hoshi n’apparaisse, les haut-parleurs crachent une musique instrumentale. Soudain, elle débarque sous un tonnerre d’applaudissements. Elle est coiffée d'un chignon haut, vêtue d'un tee-shirt et d'un jeans classique. Sa voix est rauque, éraillée même, et lui arrive de la pousser à la limite de la rupture. Interactive, elle est parfaitement à l'aise derrière son micro. Après « Il Suffit d’y croire », elle embraie par « Ma Merveille », une chanson émouvante dédiée à sa maman dont le titre repose sur un subtil jeu de mots (sa mère veille) et qui relate la complicité établie entre la mère et la fille. Hoshi manie parfaitement la langue de Molière : les jeux de mots sont précis, recherchés et soignés.

Hoshi enthousiasme la foule, lorsqu'elle élève le tempo; à l'instar de  « Comment Je Vais Faire », « Te Parler Pour Rien », « Ta Marinière » ou « Femme A La Mer ». Un auditoire qui s'enflamme même tout au long de « Poupée Russe » et « Parking Sonne ». Le thème de l’eau revient souvent chez Hoshi, mais de manière différente d’un Flavier Berger, un compatriote un peu plus déjanté. Elle se consacre aux ivoires, sur « Je Pense A Toi », une ballade plus paisible, qui rappelle « La complainte De la Butte », une chanson écrite par Jean Renoir, au cours de laquelle la voix de Hoshi évoque Edith Piaf. Et en rappel, elle ose une version acoustique de « Ta Marinière ».

A travers ses chansons aux mélodies singulières, elle exprime la rage de sa jeunesse, relate son parcours chaotique, nous confie ses espoirs et ses doutes, nous parle tendrement de ses amours et de sa mélancolie. En outre, cette solitaire a le don d’observer en silence les gens qui l'entourent, avec finesse, sans jugement, avant de brosser leurs portraits. Un univers intimiste qu’elle nous invite à partager…

Setlist : « Il Suffit d’y croire », « Ma Merveille », « Manège A Trois », « Te Parler Pour Rien », « Je Vous Trouve Un Charme Fou », « Poupée Russe », « Parking Sonne », « Je pense à Toi », « Comment je Vais Faire », « Elle Rêve Encore », « En Gros Tout Est Gris », « Femme à La Mer », « Après Coup », « Ta Marinière ».

Rappel : « Ta Marinière ».

(Organisation : Live Nation en accord avec Caramba Spectacles)

jeudi, 28 mars 2019 18:27

Black Tenerre

Après le succès de son album « Tikounen » (NDR : The Guardian l’a qualifié de ‘bond en avant dans le son touareg moderne, vraiment radical’), Kel Assouf vient d’enregistrer un nouvel opus. Intitulé « Black Tenere », il a été produit par le claviériste du groupe, Sofyann Ben Youssef, le cerveau qui drive AMMAR 808.

Première constatation, cet elpee se recentre sur une formule trio boostée par l’énergie du leader nigérien Anana Ag Haroun. Né et élevé au Niger, ce guitariste et auteur-compositeur-interprète a émigré, il y a 11 ans à Bruxelles, pour y vivre avec sa femme. Il reconnaît qu’il existe une dualité dans sa vision du monde : ‘Mes trois filles sont nées en Belgique, donc ce pays est devenu une part de mon identité. Aujourd’hui je suis belge au Niger et nigérien en Belgique’. Et le line up est complété par le Belge Olivier Penu, un jeune batteur de jazz.

Kel Assouf a d’abord emprunté un parcours musical tracé par des pionniers du rock du désert comme Ishumar ou Tinariwen, qu’Haroun a rencontrés alors qu’il était un jeune musicien au Niger. Cet horizon s’est ensuite élargi au rock classique, institué par Led Zeppelin, Black Sabbath, Queens of the Stone Age, mais également au beat-club ainsi qu’à l’électro. Sur « Black Tenere », le groupe pousse ces différentes influences et textures dans leurs derniers retranchements.

Les messages véhiculés par les lyrics sont puissants et tragiques. La lutte des apatrides Kel Tamashek (qu’ils préfèrent au surnom colonial ‘Touaregs’) pour conserver le contrôle de leurs terres ancestrales ainsi que leur mode de vie nomade et leur dignité ne sont entrés que récemment dans les consciences occidentales. Pour immortaliser ces paysages sonores sous tension, le trio a bossé au sein du studio Stureparken, à Stockholm.

Kel Assouf est né à l’intersection d’un triangle d’influences, d’expressions culturelles et d’identités complexes. Ag Haroun conclut : ‘La musique est une arme de guerre sans violence. C’est une revendication de justice et l’âme de l’humanité. Elle rassemble des êtres humains de différents pays. Si nous investissions davantage dans la culture aujourd’hui et moins dans les armes, le monde serait différent. La musique est la paix pour nos âmes’. 

Pour découvrir le single « Fransa » qui figure bien sûr sur cet LP, c’est ici  

jeudi, 21 mars 2019 12:32

Après un Weekend Hobo fixe…

Préalablement programmé ce 4 décembre 2018, le concert de Charlie Winston a donc été reporté ce jeudi 21 mars. Pas de chance, c’est le soir de la rencontre de football Belgique-Russie ; et le Cirque Royal est loin d’être comble. Charlie est venu défendre son dernier elpee, « Square 1 », paru le 29 septembre de l’an dernier. Un opus où figure le single « The Weekend », une chanson ludique et estivale qui raconte comment, le week-end, nous devenons d’autres versions de nous-mêmes, mais également une œuvre au cours de laquelle il revient sur ses thèmes engagés de prédilection, comme celui des réfugiés politiques…

Le supporting act est assuré par un de ses potes, David Zincke. Un Britannique (NDR : il est issu de Doncaster, une petite ville sise au Nord de l’Angleterre) établi à Nice. Et c’est Charlie qui vient le présenter à 19h20, devant un auditoire quasi-vide. Un mec sympa, cool, qui chante en s’accompagnant à la semi-acoustique et aux percus électroniques. Il a gravé son premier elpee, « Soul and bones », en juin de l’an dernier. Un disque mis en forme par Medhi, un musicien qui bosse également en compagnie de Winston.

ll entame son set par « Bright New Day ». Il y étale déjà sa dextérité sur ses cordes, un titre enlevé et nerveux qui baigne au sein d’un univers proche de Mumford And Sons. Lorsqu’il frappe ses percussions du pied gauche, l’ambiance monte d’un cran. D’autant plus qu’il est plutôt interactif ; et comme le public est aussi attentif que réactif…

Pas de ukulélé pour « Settle Down », mais la version demeure de toute bonne facture. Zincke chante d’une voix atmosphérique et chargée de feeling des textes à la poésie élégante. Délicat et précis, son toucher de gratte en picking est épatant tout au long de « Unfinished Mountain Song ». Il adapte parfaitement « The Boxer » de Simon Garfunkel, une chanson pour laquelle il sollicite le concours de la foule afin de reprendre le refrain. En cours d’interprétation, il lève le doigt et lance un ‘Yes’, pour marquer sa satisfaction, vu la participation de l’auditoire. Et après « Last Dance », une compo qu’il a d’ailleurs traduite en clip vidéo, tourné dans les rues du Vieux Nice (à voir et écouter ici), il clôt son récital par « On My ». Une chouette découverte !

Setlist : « Bright New Day », « Settle Down », « Unfinished Mountain Song », « The Boxer (Simon Garfunkel) », « Last Dance », « Oh My »

Tout au long de « Another Trigger », morceau d’ouverture, la silhouette de Charlie Winston se dessine derrière un paravent blanc inondé de lumière. Il fait le pitre quand il n’exécute pas une chorégraphie assez pointue et termine même ce morceau en pratiquant du ‘human box’. Et lorsqu’il quitte cette protection, il apparaît tiré à 4 épingles, le chapeau mou vissé sur le crâne, comme d’habitude. Il est soutenu par un drummer, perché sur une estrade, et un préposé aux synthés, dont il s’agit de la deuxième participation. Malheureusement, Mehdi n’est pas de la partie. Dommage ! Winston empoigne sa gratte semi-acoustique, qu’il ne lâchera que rarement (NDR : parfois pour une basse ou pour s’installer derrières les ivoires), alors que des roadies débarrassent le paravent pendant que les musicos nous réservent une musique assez rythmée, trempée dans le dub step et l’électro. Charlie est déjà chaleureusement applaudi. Il balance alors ‘Bruxelles, vous êtes là ?’.

« Kick The Bucket » opère un retour dans le passé. Le public est déjà debout ! Le dandy hobo lui demande de l’aide pour le refrain.

Charlie présente les compos de son dernier elpee. En français et en anglais. Des chansons qui s’inspirent d’anecdotes personnelles sur sa vie de famille (il est désormais papa de deux enfants), de son départ raté en Afrique pour 4 mois au Malawi, à cause d’un mal de dos récurrent…

Il descend dans la fosse pour « A Light (Night) », en transportant un tube néon, et traverse toute la salle, sous les acclamations de la foule. Avant d’aborder « Here I Am », il avoue avoir rencontré des problèmes avec ses profs car il était un peu dyslexique. « Airport » met en exergue son talent au piano. Bien sûr, les tubes « In You Hand » et « Like A Hobo » n’ont pas été oubliés et constituent d’inévitables moment forts du concert.

Mais le point d’orgue du spectacle se produira lors de l’arrivée de Baptiste Lalieu, l’homme bio aussi grand et fort qu’un Saule. Le quatuor se lance alors dans une superbe version de « Dusty Man », pour laquelle le bassiste a troqué sa quatre contre une six cordes. Et ce show généreux, au cours duquel Charlie a tout donné sur scène, de s’achever au bout de 120 minutes, par « Losing Touch ».

Charlie se produira à Enghien, dans le cadre du festival LaSemo d’Enghien, au mois de juillet prochain.

Setlist :

« Another Trigger », « Kick The Bucket », « Speak To Me », « Hello Alone », « Here I Am », « Photograph », « Until Tomorrow », « Get Up Stranger », « Airport » (Solo), « Rendez Vous », « Feeling Stop », « Spiral », « Generation Spent, Smile », « Like A Bobo », « A Light (Night) », « In Your Hand ».

Rappel : « Dusty Man » avec Saule, « Losing Touch ».

(Organisation : Live Nation en accord avec United Talent Agency)

Agé de 21 printemps, Soham Dee est originaire de Durham, en Angleterre. Depuis la sortie de son premier single, « Confession », paru en mars 2018, sa popularité est montée en flèche. Et son premier Ep 4 titres, « The Next Nowhere », ne fait qu’accentuer cette notoriété. La presse insulaire le compare déjà à Isaac Gracie, Newton Faulkner voire même Daniel Docherty. Son toucher de cordes en picking est impressionnant. Légèrement graveleuse, sa voix est chargée d’intensité et quand elle prend son envol, on en attrape des frissons partout.
Soham De est annoncé au festival Pinkpop aux Pays-Bas le samedi 08 juin 2019. Il vaut le déplacement. En espérant peut-être une date près de chez vous ?
La vidéo, c’est par ici 

https://www.sohamde.com/

https://www.facebook.com/sohamdemusic

 

Après avoir conquis Tomorrowland et le Pukkelpop, respectivement en 2017 et 2018, Martin Solveig est de retour aux affaires cette année. Au programme : du matos inédit et un nouveau spectacle. Suite au succès de son dernier titre, « All Stars », pour lequel il avait reçu le concours de le chanteuse Alma, il a publié « My Love », qu’il interprète personnellement. Cette compo prélude un nouveau virage musical tout en reflétant une envie de défendre une musique au travers d’un format plus live et en laissant libre cours à sa créativité visuelle et scénographique.

Ce soir, l’auteur-compositeur-interprète-producteur se produit à l’AB, pour un concert, bien évidemment sold out…  

Le supporting act est assuré par (Michael) Creange, l’un des meilleurs Djs parisiens. Depuis plus de dix ans, il sévit au sein des meilleurs clubs et tout particulièrement le très à la mode ‘Chez Raspoutine’, à Paris, où il est devenu résident. Jouissant d’une large culture musicale, ce producteur est le responsable du tube « Le Soleil », diffusé sur toutes les plages branchées d'Ibiza.

Il entame son set par un remix de Jain (« On My Way »), mêlé à du Claire Laffut (« Mojo »). Spontané, interactif et énergique, il ne tient pas en place derrière ses platines, communiquant à la foule un incroyable sentiment de joie et de plaisir, grâce à une musique chargée de nuances et bien équilibrée. Il remixe, à sa manière, de grands standards funk et soul des nineties. La mayonnaise prend bien et le public commence à se déhancher sur le dancefloor. Bref, Creange a parfaitement joué son rôle de chauffeur de salle avant la prestation de Solveig...

20h45, les lumières s’éteignent, le rideau s’ouvre et dévoile le décor où on remarque de suite la présence d’un écran géant aménagé en fond de scène.

Martin Solveig ne reste pas planté derrières ses platines pour mixer. Il mouille sa chemise en monopolisant le podium, muni de son micro. Sa voix n’est pas parfaite, mais cette carence ne nuit jamais à l’ensemble. D’ailleurs, il est bien plus important de constater que l’artiste sort de sa zone de confort pour se consacrer au chant et interagir constamment avec une salle complètement acquise à la cause.

Lors de l’« Intro », il n’y a pas âme qui vive sur les planches. On entend juste la musique qui défile et les stroboscopes bleus et blancs qui scintillent. On reconnaît ensuite « Where It All », que chante Solveig ; mais il n’y a toujours personne sur l’estrade. En fait, il est occupé de traverser la fosse et débarque devant nous, vêtu d’une veste à lignes blanches et noires. Il balance alors ‘Ca y est, on y va Bruxelles ?’ Aussi modestement, il ajoute : ‘Bruxelles, cela va bien ?’. Tout continuant à parler, il invite le public à applaudir et à jumper. La réaction est instantanée. Pendant ce temps, un préposé aux synthés et un guitariste s’installent. Ils s’attarderont sur les planches, le temps de 3 morceaux.

Tout au long de « Buckjump », « Aint No Use » et « One Your Way Down », la section rythmique se révèle particulièrement percutante, sauvage et efficace. Le préposé aux synthés et celui à la gratte rythmique accomplissent parfaitement leur job. Ils apportent aux morceaux une touche à la fois funky et électro, tout en leur administrant des sonorités africaines. Solveig réalise un enchaînement magistral entre « The Night out » et « Aint No Use » qu’il opère en milieu de parcours. Bien vu ! Ce qui met, en outre, une sacrée ambiance dans la fosse.

Interlude : des roadies apportent un escalier à 3 marches de couleur noire, divisé une deux parties, sur lesquels vont grimper deux danseuses coiffées d’un grand chapeau noir. Et lorsque les deux éléments sont réunis, on devine, au-dessus, les platines de Solveig. Il part s’installer derrière et fait son show, tout au long de « One Your Way Down » et « Craziest Things », pendant que les danseuses exécutent, en avant-plan, des danses africaines. La température grimpe encore d’un cran, et la salle se transforme en immense dancefloor. Précision : les deux musicos ont alors disparu de la circulation et ne reviendront plus sur l’estrade.

Solveig récupère son micro et affronte à nouveau le public, tout en confessant qu’il s’agit de son second show, ce soir. Le premier, il l’a accordé à Paris. Il signale que Bruxelles est sa seconde ville, salue le public ainsi que Stephen Fasano, aka The Magician, présent dans l’auditoire. Solveig descend dans la fosse pour attaquer « My Love ». De quoi y mettre le souk. Il va d’ailleurs y rester un bon moment, de manière à s’immerger dans l’atmosphère qui règne au sein de la foule, accordant même quelques selfies…

Martin revient derrière les manettes pour « Lose My Mind ». Les danseuses sont également de la partie, mais ont changé de tenue, optant pour des joggings de couleur blanche. Elles exécutent des mouvements de break dance plutôt acrobatiques. Placés en bord de scène, les machines à fumigène sont réactivées. On en a alors plein la vue et les oreilles, Solveig en profitant pour libérer totalement ses samples et ses machines. Et le show de s’achever par « Do to me ». Malheureusement, malgré les demandes incessantes du public, Martin ne reviendra plus…

Plus pop et personnel, ce spectacle aura permis à Solveig de revisiter ses grands classiques, mais aussi d’interpréter ses nouveaux titres au sein d’un format exceptionnel. Aussi bon DJ que performer, malgré une petite faiblesse au chant, l’artiste français parvient à réinventer les codes du live à travers un show surprenant et unique en son genre…

Setlist : « Intro », « Where It All », « Buckjump », « Aint No Use », « One Your Way Down », « Craziest  Things », « Here come The Girls », « Suburbia »», « My Love » , « Sunny Side », « Tripped Out Slim » , « Lose My Mind », « Something Beautiful, Hurricane », « Do To Me ».

(Organisation : Live Nation)

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