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Didier Deroissart

Didier Deroissart

samedi, 02 février 2019 15:11

Ne jamais se fier aux apparences…

Dans le cadre de l’Open Club Day’, le Salon de Silly (‘Clubs Plasma’), accueillait ce vendredi soir, Adam Naas, Tanaë et Dj Mixsoup, ces deux derniers respectivement comme supporting act et en after. Près de 250 personnes se sont déplacées pour cette soirée. L’Open Club Day (organisé par Live DMA) s’est déroulé pour la première fois en 2012 à Zurich, en Suisse et vise à sensibiliser les voisins, les acteurs culturels locaux, les autorités et les décideurs politiques à la réalité du travail quotidien dans un lieu de concerts. Le 2 février 2019, 120 clubs sis parmi 10 pays européens, dont Le Salon, ont ouvert leurs portes à un public qui pourrait ne pas être familier avec les activités de musique ‘live’ et de ‘clubbing’. Une occasion de dévoiler l’envers du décor et de proposer une série d’activités inédites : visites guidées, découverte des coulisses, échanges avec le personnel et les bénévoles, introduction aux différentes professions et activités, ateliers et activités participatives, concerts...

Tanaë est une jeune liégeoise (NDR : 22 printemps !) qui a été propulsée sur le devant de la scène, suite au buzz de sa reprise « One Dance » de Drake et une réinterprétation pour le moins surprenante de « Barbie Girl » de Aqua. Elle a gravé son premier, « Introspection », début 2018 et son premier elpee devrait paraître en mai prochain. Influencée par Lauryn Hill, Portishead et Amy Winehouse, mais également par la génération montante comme Jorja Smith, Billie Eilish ou Kali Uchis, cette jeune chanteuse/compositrice parvient à faire danser le public, sur des rythmes urbains.  

Quand elle grimpe sur les planches, on se rend compte qu’elle n’est pas très grande. Elle est soutenue par un préposé à la semi-acoustique, sans un poil sur le caillou, mais assez technique et talentueux. Et puis par une loop machine, dont les sonorités en couches collent parfaitement à la voix de Tanaë, une voix soul, graveleuse qui évoque tour à tour BJ Scott, Beth Hart voire Typh Barrow, et quand elle monte dans les tours, on est véritablement scotchés. Elle entame son set par « Shill be ». Pop, ses mélodies sont accrocheuses. Le son est excellent. Elle agite constamment les mains, à la manière de Joe Cocker. Sa setlist est partagée entre compos personnelles et covers, dont une d’« Addicted To You » du regretté Avicci, une version cool et acoustique… Une prestation bien sympathique…

Setlist : « Shill Be », « Addicted To You », « Need You Love », « All In You », « One Dance », « All In You », « Glory Box », « Heartless », « Wonder Why », « Let Me Love », « Don’T Go », « One  Night ».

Dans la catégorie des promesses pop alternatives, Adam Naas est considéré comme un des grands espoirs de la scène française. Il puise ses influences musicales chez The XX, James Blake, Dermot Kennedy, Hozier, Rag'n'Bone Man et Prince (NDR : ce look !), alors que soul et fragile, sa voix évoque tour à tour Anohni Hegarty, Benjamin Clémentine, Asaf Avidan ou Ben l’Oncle Soul.  

Sur scène, le Parisien semble timide, désorienté et mal à l’aise. Il communique très peu, et les quelques mots dispensés entre l’une ou l’autre chanson manquent d’assurance. Faut dire que plutôt chétif, son physique le rend vulnérable. On dirait presque un moineau tombé du nid plutôt qu’une future valeur sûre de la pop, biberonnée à la Motown. Pourtant, lorsqu’il chante, cette pusillanimité disparaît pour laisser place à la classe. Il est flanqué de deux claviéristes qui reproduisent les sonorités de cuivres, cordes ou ivoires et se sert parfois d’une gratte électrique ou acoustique. Et c’est loin d’être un manchot sur son manche ! Sa voix passe du plus grave aux aigus avec une facilité déconcertante, à tel point que parfois on se demande si ses cordes vocales ne sont pas artificielles. N’empêche elle sera parvenue à bouleverser l’auditoire pendant une bonne heure…  

Setlist : « Golden Drop », « You Shoud Now », « Fading Away », « No Love Without Risk », « Close To Me », « The Love », « Shalala Love », « Fool », « Untitled 1 », « Strange Love », « Holding Me », « Love Is Never To Blame », « Cherry Lipstick ».

(Organisation : Silly Concerts) 

mardi, 29 janvier 2019 08:02

Le nouvel axe du Stax…

Pour la seconde soirée consécutive, le Cirque Royal programme Nathaniel Rateliff, au sein d’un Cirque Royal complètement rénové et à l’acoustique digne de celle de l’Ancienne Belgique. Et l’hémicycle est comble pour accueillir le natif du Missouri, flanqué de ses Night Sweats. Il y a cinq ans, il avait gravé « In memory of loss », un album sculpté dans le folk/americana. En mars de l’an dernier, il a publié « Tearing at the steams », un opus tout au long duquel il a généreusement coloré sa musique de soul, de r&b et de gospel ; mais dans un style rétro, inspiré du meilleur des fifties et des sixties, dans l’esprit ‘Stax’ (NDR : pas pour rien que cet LP est paru sur le label Stax Records !) tout en conservant une touche bien personnelle. Et cet elpee a bénéficié des arrangements de Richard Swift (bassiste des Black Keys), un concours qui a apporté davantage de modernité et de fluidité à l’ensemble.

Beth Lowen assure le supporting act. Blonde, pétillante, féline et sexy, elle grimpe sur l’estrade en compagnie d’un bassiste, d’un guitariste et d’un batteur. Cette chanteuse/guitariste possède une voix puissante rappelant tour à tour Lzzy Hale (Halestrom), Beth Hart et même Tina Turner, quand elle monte dans les tours. Musicalement, le set va osciller entre blues et rock réminiscent des 70’s. Hormis le blues lent « Self control », le répertoire est plutôt énergique, le drumming technique et percutant constituant une remarquable assise pour l’ensemble du répertoire. Pas de « Stay » au menu, pourtant prévu dans la setlist…

Setlist : « Hitman », « Stay », « Self Control », « Natural Disaster », « Second Hand », « Home », « Oh No », « Wolf ».

Huit musiciens accompagnent Nataniel Rateliff sur les planches : le bassiste Joseph Pope III, le drummer Patrick Meese, le claviériste/pianiste Mark Shusterman, le trompettiste Scott Frock, les saxophonistes Andreas Wild et Jeff Dazey ainsi que deux guitaristes, dont Luke Mossman. Séducteur, Stetson rivé sur le crâne, Nataniel se consacre au lead vocal et à la gratte (électrique ou semi-acoustique).  A noter que la section de cuivres se charge des percus accessoires, et notamment du djembé, alors que tous les musicos assurent les chœurs, qu’on pourrait qualifier de gospel.

Amorcé par ces percus, pêchu et chargé de groove, « Shoe Boot » entame le set comme il ouvre le nouvel opus. Bien soutenue par les cuivres et le Hammond, la voix de Rateliff est à la fois très soul et sucrée/salée. « Be There » embrasse une multitude de styles, depuis le r&b au gospel, en passant par la soul, le folk, le blues et l’americana, synthétisant parfaitement celui de Nataniel. « I Did It » fait la part belle aux cordes dont l’intensité graduelle va être poussée jusqu’à la rupture. Des cordes qui vont se révéler étincelantes sur un lit de Hammond tout au long du bien cuivré « A Little Honey ». Des cuivres qui vont même s’enfiévrer sur « Babe I Know », incitant la foule à jumper

Entre chaque chanson –ou presque– Nataniel change de gratte et lorsqu’il la projette dans les airs, son roadie est attentif pour la rattraper… et éviter la casse.

« S.O.B. » achève show, une compo qui évoque l’épisode de ‘delirium tremens’ vécu par le chanteur, avant qu’il ne décide d’arrêter de boire. Nathaniel Rateliff avoue pourtant n’avoir jamais beaucoup aimé la chanson qui a pourtant permis de le faire connaître hors de son Colorado béni. Et pour la circonstance tous les musiciens nous gratifient d’un chœur… gospel.

Dans le genre, Nataniel Rateliff est devenu un fameux concurrent pour Marcus Mumford et Bon Iver…

Setlist : « Shoe Boot », « Be There », « Look It Here », « I've Been Failing », « I Did It », « Say It Louder », « Howling At Nothing », « A Little Honey », « Coolin' Out », « Out On The Weekend », « Shake », « You Worry Me », « Wasting Time », « Babe I Know », « Still Out There Running », « Intro », « I'll Be Damned », « S.O.B. ».

Rappel : « Hey Mama », « I Need Never Get Old ».

(Organisation : Live Nation)

 

mercredi, 30 janvier 2019 11:17

Dream Songs

« Dream Songs » constitue le troisième elpee de Stigman, un disque qui fait suite à « Broken Skins », paru en 2013 et « Fathers », en 2015.

Stigman, c’est le projet de François Borgers. Agrégé en philosophie, ce Namurois est fan de cinéma, et tout particulièrement d’Ingrid Bergman ainsi que du réalisateur russe Andreï Tarkovski. Son patronyme s’inspire d’Ira Stigman, le personnage central d’‘À La Merci D’un Courant Violent’, un roman signé Heny Roth, écrivain américain disparu en 1995, un livre qui traite sans concession de la perte de l’innocence ainsi que la transgression.

Nonobstant ces références, la musique concoctée par Stigman n’est pas cérébrale. Elle est même plutôt accessible. Il compose la musique et les textes, joue de tous les instruments (guitares, synthés/claviers, boîte à rythmes, en vertu de la technique du re-recording), chante d’une voix chaude et expressive dans la langue de Shakespeare, et diffuse ses propres films lors de certains concerts.

Dans l’ensemble, l’atmosphère de cet opus baigne au sein de la mélancolie. Délicates, la plupart des compos sont tramées par les cordes acoustiques, les cordes électriques créant les reliefs, alors que les parties de basse sont exécutées par les synthés.
Depuis le fragile « My Castle » au dansant « Wake up », en passant par le radiophonique « Are You As Alone As I Am ? », cet LP souligne le talent de mélodiste de Borgers. A vivement conseiller si vous aimez Marble Sounds, Saint Sister ou encore Soham D…

Le paternel de Hollie, Paul Cook, se chargeait des drums au sein du mythique Sex Pistols, un groupe légendaire (?!?!?) que votre serviteur avait eu l’opportunité de revoir à Lokeren, Il y a plus de 12 ans, lors d’une reformation éphémère, consécutive à une sombre histoire de pognon. Boy George est son parrain et sa mère, Jennie Matthias, était choriste chez Culture Club. Elle a entamé sa carrière musicale, en 2006, alors qu'elle est encore au lycée, en assurant les chœurs pour les Slits. Mais en 2010, Ari Up, sa chanteuse, décède des suites d’un cancer, disparition qui met un terme à l’histoire de ce band féminin.

A ce jour, Hollie a publié 4 elpees, dont un remix du premier, produit par Prince Fatty. Gravé en 2011, son premier opus recelait les hits « Body Beat » et « Shadow Kissing ». Son dernier, « Vessel of Love », est paru l’an dernier. Ce soir elle va largement puiser dans cet LP pour forger sa setlist.

Pas de supporting act. Le show débute à 20h30 précise. Il y a du peuple à l’AB Club ! Sur les planches, Hollie Cook est soutenue par un claviériste, un drummer et un guitariste. Vêtue d’une robe à fleurs assez ample, elle a la danse dans la peau. Sa musique est moelleuse, chaude et sucrée, une forme de reggae fortement teintée de dub et de rock steady, qu’elle qualifie elle-même de Tropical Pop.

Le début de set est prometteur : « Postman », « Body Beat » et « That Very Night » passent plus ou moins bien la rampe. Mais il y a quelque chose qui cloche. On n’entend pas trop ce qu’elle raconte. Le son est gâché par les infrabasses. Et le préposé aux manettes est probablement sourd pour ne pas se rendre compte que le décibelmètre dépasse allègrement les 100 db. D’ailleurs pas mal de spectateurs vident les lieux au bout de quelques titres. Et sans bouchons dans les oreilles, c’est insoutenable

Avant le rappel, votre serviteur tire sa révérence, déçu de na pas avoir pu savourer en live, les compos de son excellent dernier long playing…  

Setlist : « Intro SFX », « Postman », « Body Beat », « That Very Night », « Shadow Kissing Pull », « Shadow Kissing », « Sugar Water », « Ghostly Fading », « Used To Be », « Turn It Around », » Lunar Addiction », « Survive », « Sweet Little Chocolate », « Angel Fire », « Together », « 99 ».

Rappel : « Milk And Honey », « Stay Alive ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

     

mardi, 29 janvier 2019 19:29

Concert d’adieu pour Freaky Age !

Après 15 années de créations musicales, 4 albums et des centaines de concerts accordé aux quatre coins du pays et au-delà, les rockeurs indé de Freaky Age ont décidé de mettre fin à leur collaboration. ‘Ça a été une expérience incroyable d’avoir pu participer à la scène musicale belge et européenne dès notre jeune adolescence, enchaînant les concerts dans les clubs locaux jusqu’aux grands festivals, que ce soit en Belgique mais aussi en France, en Angleterre ou aux Etats-Unis’. expliquent Lenny Crabbe et ses copains. ‘Freaky Age restera toujours une aventure unique et nos fans conserveront une place chère dans nos cœurs, mais pour nous, le temps est venu de tracer des nouvelles voies’ a  ajouté le groupe.
Vendredi 20 septembre 2019, Freaky Age se produira une dernière fois sur scène à l’Ancienne Belgique à L’AB Box. Ce concert d’adieu marquera le chapitre final de l’histoire de Freaky Age, l’une des histoires les plus extraordinaires des annales de la scène musicale belge.

Aujourd'hui, le chanteur Lenny Crabbe est en train de finaliser son premier album solo. Le bassiste, Wouter Van den Bossche, est actif dans de nombreux autres projets musicaux et le batteur Jonas Pauwels et le guitariste Mathias Declercq s'investissent également dans de nouveaux projets créatifs. En conséquence, les quatre amis ont pris la décision de laisser tomber le rideau sur le groupe dans sa forme actuelle. Mais pas sans dire au revoir : Freaky Age fera une dernière tournée des festivals en 2019, et après l'été, il y aura un grand concert de clôture. En attendant, le groupe sortira des inédits. Ils travailleront aussi sur un spectacle live qui soulignera le statut de Freaky Age comme l'un des groupes les plus performants sur scène en Belgique.
https://www.facebook.com/freakyage/

Endless Dive est une formation belge dont la musique instrumentale, caractérisée par ses multiples textures sonores, oscille entre vagues atmosphériques et couplets percutants. Puisant ses influences dans le post rock, le math rock et le post hardcore, cette expression sonore nous entraîne dans une plongée sans fin dans l’imaginaire… Après avoir publié un premier Ep éponyme qui lui a notamment permis de tourner à l’étranger, Endless Dive sort son premier album intitulé « Falltime ».

Pour la vidéo d’Above The Trees », c’est par là 

Ils seront en concert en 2019 :

01.03 – PARIS – Supersonic
02.03 – ANGOULEME – Le Mars
03.03 – TULLE – Le Conseil Général
04.03 – SAINTES – Dans l’Oeil du Silo
05.03 – ANGERS – Joker’s Pub
07.03 – TOURS – Le Campus
08.03 – LILLE – Private Show
16.03 – LILLE – Do It Yourself
06.04 – BASTOGNE (BE) – Ardeur Better
13.04 – BEAURAING (BE) – Bind Festival
17.04 – GIESSEN (DE) – AK44
20.04 – LEUZE (BE) – Rock n’Troll
11.05 – GAND (BE) – Den Drummer
01.06 – TUBIZE (BE) – Antistatic Zone
05.06 – BRUXELLES (BE) – Botanique
28.06 – ANDENNES – Bear Rock Festival
05.07 – BAILLEUR – En Nord Beat Festival

https://www.facebook.com/endlessdive/

https://endlessdive.bandcamp.com/album/falltime

 

Fort de ses 30 années d’expérience dans le monde du spectacle, Richard Walter Productions a décidé de consacrer une tournée au concept ‘Rock Legends’ à travers l'Hexagone et la Belgique, un concept réservé aux cover bands de mythes de l'histoire du rock'n'roll, concept devenu un véritable phénomène outre-Atlantique. Nostalgie, nostalgie ! En montant ces shows, RWP cherche à bouleverser les codes et surtout à tordre le cou aux idées reçues sur l’intérêt suscité par les Tribute Bands. Le Cirque Royal est presque complet pour accueillir les clones des Doors, du Led Zeppelin et de Queen, bien décidés à nous faire vibrer au son des « Whole Lotta Love », « Riders in the Storm » ou encore « We are the Champions! ». Enfin, excellents musiciens, les membres de Letz Zep, Gary Mullen and The Works  et The Doors Alive sont déterminés à faire revibre leurs modèles, à travers leurs prestations.

La soirée est divisée en 3 parties de 45 minutes. The Doors Alive ouvre le bal...

The Doors Alive :  Morrison s’est mis dans la peau de Mike Griffioen. Il est épaulé par un trio réunissant un drummer, un claviériste et un gratteur, qui se servent d’instruments vintage afin de restituer le plus fidèlement possible le son du trio de référence. Mike ressemble étrangement au Roi Lézard lorsqu’il était jeune et beau. Et son baryton est très proche de feu Jim. « Break On Through (To The Other Side) » et « Alabama Song (Whisky Bar) » ouvrent les portes d’un univers que l’auditoire espérait secrètement pénétrer. Plutôt enthousiaste, ce public se lève de temps à autre pour applaudir les artistes et reprendre les refrains. Et tout naturellement, « The End » clôt le show. On ferme les yeux et on se remémore les images de guerre reproduites dans le film ‘Apocalypse Now’, un long métrage sorti en 1979.

Setlist : « Break On Through (To The Other Side) », « Alabama Song (Whisky Bar) », «Back Door Man », « Light My Fire », « Riders On The Storm », « Touch Me », « The End » 

Letz Zep :  Billy Kulke veut réincarner Robert Plant. Non seulement, il lui ressemble, mais sa voix est capable de monter dans les aigus jusqu’à presque rompre ses cordes vocales, comme le natif de West Bromwich, lorsqu’il avait 20 ans. Il s’autorise, en outre, les mêmes déhanchements. Pour gouverne, Plant avait confié au sujet de Letz Zep : ‘I walked in, I saw Me!!!’. Un fameux compliment ! Billy est épaulé par le gratteur Andy Gray, le claviériste/bassiste Jack Lonergan et le batteur Pete Tullock. Très concentré et jouissant d’une fameuse technique, il impressionne par ses solos, surtout à la double guitare, en l’occurrence une Gibson EDS-1275. De « Kashmir » à « Immigrant Song », en passant par « Stairway To Heaven » et « Whole Lotta Love », les morceaux interprétés sont bluffants d’authenticité. Et la mise en scène l’est tout autant. Le public est debout pour reprendre les refrains et applaudir ces artistes. En fermant les yeux, on se croirait presque face aux idoles originales. Un beau voyage en dirigeable de trois quarts d’heure.  

Setlist : « Rock And Roll », « Black Dog », « Since Loving You », « Kashmir », « Stairway To Heaven », « Whole Lotta Love », « Immigrant Song ».

Gary Mullen and The Works : Place enfin au plat de résistance. ‘One Night Of Queen’ with Gary Mullen and The Works va rendre un hommage très authentique et particulièrement impressionnant à Queen. Mullen est la véritable réincarnation de Mercury. C’est une authentique bête de scène comme l’était Freddy. Il est soutenu par un batteur, un guitariste, un bassiste et un claviériste. « Tie Your Mother Down » ouvre le set. Mullen gambade et sautille un peu partout sur le podium. Il aime bien se faire toucher les fesses par la gente féminine et masculine. A plusieurs reprises, il les offre aux premiers rangs. Les hits sont passés à la moulinette. Les interventions du gratteur sont imparables. Et celles de Mullen qui a alors empoigné une six cordes semi-acoustique, le sont tout autant sur « Crazy Little Thing Called Love ». Il s’autorise régulièrement des bains de foules, et inévitablement, on ne peut que se remémorer le concert mythique accordé à Wembley en 1986 lors de la tournée ‘Magic’, 6 mois avant le décès de Mercury…

Setlist : « Tie Your Mother Down », « Another One Bites The Dust », « Somebody To Love », « Under Pressure », « I Want To Break Free », « Don't Stop Me Now », « Fat Bottomed Girls », « Crazy Little Thing Called Love », « Bohemian Rhapsody », « Radio Ga Ga », « We Will Rock You », « We Are The Champions ».

(Organisation : AA Productions en accord avec Richard Walter Productions)

 

 

 

mardi, 22 janvier 2019 18:12

La Gueule de l’Emploi

Lénine Renaud évoque inévitablement la révolution, la contestation et les chants de partisans. Mais il raconte, avant tout, nos moments d'égarements. Pourtant, en le choisissant comme patronyme, les musicos voulaient également adresser un clin d’œil gauche à Mademoiselle from Armentières, Line Renaud… Parce que ce sont aussi des gars du Nord, parmi lesquels on retrouve deux figures emblématiques des ex-Marcel et son Orchestre : Franck Vandecasteele et de Cyril Delmote, ex-chanteur des VRP, Nonnes Troppo et Suprême Dindes. Dans cette aventure, ils sont soutenus par des compères joviaux : Sonia à l’accordéon, Gauthier à la basse, ainsi que JB et Guillaume aux grattes.

Il a donc fallu trois longues années à ce combo, pour donner suite au précédent opus, « Rue Brûle Maison ». Entretemps, les musiciens ont pris le temps de voyager à travers le monde et de s’imprégner de différentes cultures.
Ces joyeux lurons analysent la vie de tous les jours, un peu comme Renaud ou Bénabar, en affichant un vécu certain, mais aussi en maniant l’humour potache ou tragique. Selon. A l’aide de textes riches en mots, en rimes, en rebondissements, sur fond de piano à bretelles, de guitares manouche ou carrément punk. Quand ce ne sont pas les rythmes balkaniques, le swing ou la valse qui mènent la danse. Le tout dans une ambiance digne des troquets et des guinguettes du temps passé. Cependant, on peut être déconneur, titiller les zygomatiques, et avoir envie de toucher le cœur des gens, à la manière des Têtes Raides, l’engagement militant revient chaque fois à la surface. A l’instar de « Mon petit doigt m’a dit » qui nous parle des religions. ‘Mon petit doigt m’a dit, si Allah est grand, Jésus l’est aussi, Yahvé a tout compris, Bouddha est un visionnaire et moi je suis le missionnaire de mon auriculaire’.

Un disque à écouter en sirotant une bonne bière et devant un bon feu au charbon, en pensant pourquoi pas, à Emile Zola et Victor Hugo…

lundi, 14 janvier 2019 15:24

Trop peur d’en perdre une goutte…

Plus de 20 ans que Flogging Molly écume les concerts en proposant une musique qui mêle punk, rock et folk celtique. Partout où il passe, on assiste ou plus exactement participe, à une fête géante. Un peu comme si on fêtait la Saint Patrick. Dans l’esprit de The Pogues, Social Distortion, Rancid, Bad Religion ou encore Dropkick Murphys, pour lequel il avait assuré le supporting act, en février dernier, au même endroit. Bien que fondé en 1997, à Los Angeles, aux Etats-Unis, son guide, Dave King, est fier de ses origines irlandaises. Pas étonnant qu’il tape les paroles de ses chansons sur une machine à écrire datant de 1916, année au cours de laquelle s’est déroulée l'insurrection de Pâques, en Irlande.

Buster Shuffle est programmé en première partie. Son dernier LP, « I'll Take What I Want », remonte à 2017. Son principal slogan ? ‘Fuck the Brexit’ ! Et il va nous le rappeler, tout au long du set. Lorsqu’il grimpe sur le podium, à 19h45, il y a déjà bien du peuple dans l’AB. Le quatuor réunit le chanteur/pianiste –coiffé d’une casquette noire– Jet Baker (NDR : dont la voix évoque curieusement Suggs, le vocaliste de Madness), le drummer Terry Mascali, le guitariste rythmique James Stickley ainsi que le bassiste Gravy (NDR : son chapeau mou vissé sur le crâne lui confère une binette bien sympathique). Un rideau noir masque le matériel –imposant, par ailleurs– de Flogging Molly. Le show s’ouvre par « Brothers and sister », un ska incendiaire qui incite déjà la foule à sautiller. Le combo va nous réserver deux superbes covers. Tout d’abord le « You Never Can Tell » de Chuck Berry, puis le « Out of Sapce » de Prodigy, un rock steady qui va mettre une ambiance du tonnerre. Le chanteur est hyper-interactif. De quoi entretenir le souk qui agite la fosse. Point d’orgue du concert, un pot-pourri constitué de reprises de Queen, Madness et Specials…

Setlist : « Brothers And Sisters », « I'll Get My Coat », « Petit Pot Pourris », « We Fall To Pieces », « You Never Can Tell (cover Chuck Berry), « Our Night Out », « Out Of Space (cover The Prodigy).

Le line up de Flogging Molly réunit Dave King (gratte semi-acoustique et chant), Bob Schmidt (mandoline, banjo, bouzouki), Matt Hensley (accordéon), Nathen Maxwell (basse, chant), Dennis Casey (guitare électrique), Bridget Regan (violon, flûte irlandaise, uilleann pipes) et le drummer George Schwindt, qui se plante au centre, légèrement en retrait sur une estrade. Ce soir, le septuor va puiser généreusement dans son dernier elpee, « Life Is Good », paru en 2017, mais également au sein des 9 autres long playings, en privilégiant, bien entendu, ses hits. En toile de fond, le sigle distinctif du band est affiché, soit un énorme trèfle à 4 feuilles au cœur duquel 2 serpents sont entrelacés, l’un d’entre eux brandissant dans sa gueule, un poignard vengeur, lame vers le haut.

Dès le début du set on est plongé dans un univers bien celtique. Banjo, violon, fifre et accordéon favorisant cette impression. Les mélodies sont irrésistibles. Les refrains, contagieux. Les chansons, rafraîchissantes, allègres et récréatives. Et lorsqu'un pogo impliquant 1200 personnes éclate, c’est impressionnant. Le personnel de sécurité ne chôme pas. Il y a d'ailleurs longtemps que votre serviteur, calé dans son fauteuil au balcon, n’a plus assisté à un tel spectacle !  Sur les planches, les musicos profitent du moment présent autant que l'auditoire, régulièrement illuminé par un light show dominé par les lumières bleues, vertes et jaunes. King est partout, harangue les premiers rangs et arpente la scène dans tous les sens en sautillant comme un cabri. Hormis « Laura », un vieux standard que votre serviteur apprécie, tous les tubes sont passés en revue, des compos aux textes intelligents et engagés. Et pas question de profiter des titres plus mélancoliques pour prendre une pause, aller aux toilettes ou aller chercher un rafraîchissement. Trop peur d'en perdre une goutte. Et de manquer, par exemple, le magique « Crushed (Hostile Nations) ».

Le rappel est carrément bordélique. Et lors du final, le groupe au grand complet fait le mariole sur l’air du ‘montypythonesque’ « Always Look On The Bright Side Of Life », les musicos balançant tout ce qu'ils ont sous la main, Dave King se délestant même de sa chemise, chargée de transpiration. Un moment à revivre le plus tôt possible.

Setlist : « There's Nothing Left Pt. 1 », « (No More) Paddy's Lament », « The Hand of John L. Sullivan », « Drunken Lullabies », «The Likes Of You Again », « Swagger », « The Days We've Yet To Meet », « Requiem For A Dying Song », «Life In A Tenement Square », «Float », «The Spoken Wheel, Black Friday », The Spoken Wheel, Black Friday », « Life Is Good », « Rebels Of The Sacred Heart », « Devil's Dance Floor », «  Crushed (Hostile Nations) », « What's Left Of The Flag », « The Seven Deadly Sins ». 

Rappel : « If I Ever Leave This World Alive », « Salty Dog », « Always Look on the Bright Side of Life » (Monty Python cover).

(Organisation : Ancienne Belgique)

Photo : Richie Smyth

mercredi, 16 janvier 2019 15:21

Lucie in the sky with Obispo…

Obispo a décidé d'entamer sa tournée 2019 par la Belgique. Elle va se dérouler à guichets fermés. Ce soir, il est programmé pour le deuxième jour consécutif au Cirque Royal. Une semaine bien chargée, puisqu'il se produit encore à Liège et à Charleroi, avant de revenir aux Solidarités de Namur et le 29 novembre à Forest National (tickets en vente ici). Obispo a publié son onzième elpee studio, en octobre dernier. Il est éponyme. Pourquoi débuter son périple dans la capitale européenne ? Parce qu’il s'y sent bien, y possède une solide fan base et estime que le public y est chaleureux.

A 19h45, le maître de cérémonie vient annoncer la première partie : Antoine Galey. Un jeune artiste qui a participé au télé-crochet, 'The Voice France’, en 2016. Ne pas oublier qu'Obispo a été membre du jury de cette compétition. Et puis, Antoine est la vedette du clip d’Obispo, « Rien Ne Dure ». Cheveux longs, il chante en s'accompagnant à la gratte semi-acoustique et en s'éclairant à l'aide d'une lampe de chevet. Petit prodige de la six cordes, il va nous présenter quelques extraits de son premier album, « On Ne Sauvera Pas Le Monde Ce Soir ».  

Le temps de déménager la lampe de chevet et le micro, et Pascal Obispo grimpe sur les planches. A brûle-pourpoint, il concède que le public belge est indulgent. Son backing group implique un drummer –barbu, il est installé sur une estrade dans le fond à gauche, derrière un paravent en plexi, deux guitaristes, dont un coiffé d'un chapeau haut de forme de couleur rouge, ainsi que deux claviéristes dont l’un double aux cuivres (sax, clarinette, trompette). Pascal se charge de la basse. Il signale d'ailleurs qu'il n'est pas facile d'en jouer et de chanter en même temps ; et puis qu'il souhaite ébranler la machine à hits pop/rock empreinte de nostalgie qui fait rêver, à Bruxelles. Vu la réaction du public, on peut affirmer qu’il est entièrement acquis à sa cause. Une rampe composée de 40 spots tapisse le fond du podium devant quatre immenses écrans led sur lesquels sont projetées les paroles en mode karaoké. Pascal Obispo est un artiste sympa mais particulier. Généreux, il n'hésite pas à accorder des prestations de plus de 3 heures. Ce sera encore le cas ce soir dans un Cirque Royal bourré comme un œuf.

Le set débute par « Je Rentre ». Le natif de Bergerac glisse au milieu de la chanson un 'Vous m’aviez manqué', particulièrement touchant. Il est largement applaudi pour sa déclaration. Conquis, le public se lève de son siège pour entamer « Au paradis », et tout particulièrement le refrain. La soirée sera électrisée, rock, nostalgique et fortement teintée de sonorités issues des années 80. Pascal rend hommage à John et Paul à travers « A Forthlin Road », un morceau qu'il a coécrit. Caractérisée par des guitares un peu dark et des effets de pédales, il baigne au sein d'un climat réminiscent du célèbre "Sgt Pepper's" des Fab Four.  Premier hommage à Souchon qui apparaît en hologramme pour remercier Pascal et le public. Et c’est parti pour « Les Chansons De Souchon et Voulzy », des pointures de la chanson française, dans les années lumières. On ressent l’empreinte du fan avant d’être un artiste. Ensoleillé, « Ou Et Avec Qui Tu M’aimes », issu de l'elpee « Millésimes », est balayé de rythmes africains. « Assassine » se révèle particulièrement percutant. Mais c'est lors des titres les plus doux que Pascal se révèle le plus séducteur, sa voix montant alors dans les tours. Chaque trait d'humour fait mouche, renforçant l'interactivité entre l'artiste et la foule. Des roadies apportent un piano sur le podium. Place au moment « Lucille ». Pascal sollicite une Lucie de 23 ans, dans l'auditoire, en référence à sa chanson du même titre. Plusieurs bras se lèvent donc celui de votre serviteur qui tente sa chance. Directement, Pascal le regarde et s'exclame : ‘ Toi le barbu sympa, tu t’appelles Lucien, pas Luciole’. Après un contrôle d'identité, une Lucille de 31 ans grimpe sur scène et vient se placer à la gauche de Pascal. La fille est jolie, émue et… elle ‘a chaud’. Après quelques embrassades et quelques selfies, le duo nous réserve un joli duo plein d'émotion. Lucie est alors dans les cieux, avec Obispo dans les yeux. Mais l'hommage qu'il rend à sa pote, feu Maurane, sur « Rentrer Chez Soi », est bien plus bouleversant. Claudine apparaît alors en hologramme, derrière, sur l’écran. « Et Bleu » constitue une ode passionnante consacrée à la femme. A la fin de « 1980 », les musicos embraient par « Someone, somewhere in summertime » de Simple Minds, puis « Relax » de Frankie Goes To Hollywood, et enflamment inévitablement la fosse. Max s’invite à la trompette pour « D'un Ave Maria ». C’est à la fois beau et déroutant. Avant qu’Obispo ne nous incite à rejoindre le dancefloor, grâce aux rythmes endiablés et africains qui dynamisent « Chante La Rue Chante ». On se croirait alors, à Bamako.

(Organisation : Next Step / AA productions en accord avec Arachnée Productions)

 

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