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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

vendredi, 22 février 2019 18:06

Nobody told me

John Mayall est une légende vivante. Le vétéran du blues anglais a fêté ses 85 ans, fin novembre 2018. Et à coup sûr, c’est un des pères du blues anglais. Non seulement, il a fait le bonheur de plusieurs générations de mélomanes accros au blues, mais c’est un indiscutable découvreur de talents. Parmi ces promesses qui ont transité par son groupe, les Bluesbreakers, figurent Eric Clapton, Peter Green, Mick Taylor, dans les sixties ; et plus tard, Coco Montoya ainsi que Walter Trout, mais la liste est loin d’être exhaustive. Depuis le départ de son dernier gratteur, le Texan Rocky Athas, les Bluesbreakers sont réduits à une section rythmique, basse et batterie. Dès lors, il était facile d’imaginer que ce « Nobody told me » serait enregistré en format trio. Et bien non, le vieux John a cédé à la tentation d’inclure des guitaristes plus ou moins connus. 

Il vrai que l'ouverture est classieuse. Le "What have I done wrong" de Magic Sam laisse déjà le premier rôle au jeune et très doué Joe Bonamassa. Le choix des solistes révèle quelques surprises comme celui du Canadien Alex Lifeson, fondateur du groupe à succès Rush. Appliqué au piano et à l'harmonica, ses interventions sont fluides et chargées de feeling, face à Mayall. Plus étonnant quand même, la présence de Todd Rundgren, jadis leader de Nazz et Utopia, sans oublier sa carrière solo, qui mérite le respect. Il participe au funky/r&b "That's what love will make you do", un morceau signé Little Milton. Steven Van Zandt, le guitariste du E Street Band de Bruce Springsteen apparaît lui aussi sur "It's so tough". Carolyn Wonderland est moins connue du grand public, mais cette Texane (NDR : elle est issue de Houston) a de l'étoffe. Elle collabore à trois plages dont le blues lent de rigueur "Nobody told me". Et, dernière nouvelle, Miss Wonderland vient d'être invitée à assumer le rôle de gratteuse, au sein du Mayall Band. Encore une œuvre de qualité à créditer pour John Mayall, même si ce n'est, bien sûr, pas sa plus déterminante.

vendredi, 22 février 2019 18:01

We're your friends, man

The Bevis Frond est un groupe anglais bien ancré dans la musique underground anglaise. Nick Saloman en est le chanteur, multi-instrumentiste (surtout guitariste), compositeur, producteur. Il est originaire de Walthamstow, dans la banlieue nord de Londres. A 66 ans, l’artiste est considéré comme un monument au sein de l’univers psychédélique, outre-Manche. Plus de quatre décennies qu'il écume les scènes en pratiquant un rock alternatif, allumé et déjanté. A la fin des 70’s, il avait créé son propre label, Woronzow. En pleine vague punk, il monte Von Trap Family. Il enregistre ensuite en compagnie de Room 13 avant de former enfin the Bevis Frond, son véhicule sonore pour l'éternité. Fan de Jimi Hendrix et des Byrds, il aime alterner ses compositions, les colorant de sonorités distordues et trafiquées, tout en conservant une facette plus folk, paisible et mélodique. Le premier opus, "Miasma", date de 1987. Depuis, il en a aligné près de trente. Et ce dernier tient bien la distance. Il est également paru sous la forme d’un double LP, réunissant pas moins de 20 plages, dont certaines affichent un potentiel pop indéniable !

En ouverture, "Enjoy" campe un rock qui ne manque pas de charme. La voix est discrète, mais les éclairs de guitare traversent les compos, tels des flashes lumineux. Les plages sont variées et oscillent du folk rock ("We're your friends, man", "Mad love"), au punk énergique ("Pheromones"), en passant par l’excellent indie rock ("In the leaves", "A hard way to learn"), le blues rock ("When you cast me out"), sans oublier les trips psychédéliques saturés de cordes acides ("Lead on", " Growing", "Theft"), le tout ponctué par une extraordinaire finale de plus de 13' baptisée "You're on your own". Superbe ! 

lundi, 17 décembre 2018 11:47

Enjoy the ride

Cette chanteuse américaine n’est pas issue de Chicago, mais elle a été rapidement contaminée par ses comparses vocalistes issues de la Cité des Vents. Son beau-père était propriétaire d’un club baptisé The Topanga Coral, établi à Topanga Canyon, dans la banlieue de Los Angeles. C'est un endroit au sein duquel Canned Heat et Spirit se sont produits à leurs débuts ; et puis, il aurait inspiré le "Roadhouse Blues" de Jim Morrison. Deb s’est illustrée en assurant les premières parties, notamment pour Etta James, Big Joe Turner et Taj Mahal. Ses débuts discographiques remontent à 2012, année au cours de laquelle elle grave l’album "Might just get lucky". Elle publie ensuite "Let it rain", en 2015, au sein des studios Ultratone à Los Angeles, en compagnie des requins de studio locaux, Jimmy Lee Schell et Toni Braunagel, puis "Grit, Grease & Tears", en 2016, à nouveau mis en forme par ce dernier. Quatrième elpee, "Enjoy the ride" a bénéficié du concours du même backing group.

Blues funk lent, "A storm's coming" ouvre le long playing. L’intro est signée Coco Montoya (NDR : il a longtemps sévi au sein des Bluesbreakers de John Mayall. Taillée pour le r&b, la voix est autoritaire. Excellent West Coast Jump, "Temporary insanity" met en exergue les cordes de Kirk Fletcher (ex-Fabulous Thunderbirds) et l'harmonica du Batave Pieter Van der Pluym, dont les interventions sont tellement proches du regretté Lester Butler. Deb est soutenue par la voix profonde de Big Lou Johnson sur l’excellent r&b à coloration stax, "Bring the walls down". Boogie blues, "Nothin to lose" met en exergue Johnny Lee Schell et VDPluym. Coco Motoya intervient de nouveau aux cordes sur le blues lent, "For the last time", alors que Deb et l'étonnant Mike Finnigan –qui siège également derrière l'orgue Hammond– se partagent les vocaux. Elle et le Californien Chris Cain –il en profite pour se lâcher sur ses cordes– se consacrent au micro sur le west coast jump "Got to let it go". Entretenu par les percus de Tony Braunagel, le piano de Finnigan, la gratte de Debbie Davies et les cuivres, "Sweet sweet love" est une petite perle qui baigne dans le New Orleans funk. Schelle se réserve la slide sur "Red Line", un blues blues/rock bien équilibré qui nous replonge dans l’univers cher à ZZ Top. Excellent!

 

lundi, 17 décembre 2018 11:45

Bob Margolin

Ce guitariste légendaire a milité, de 1973 à 1980, au sein du backing group de l'authentique roi du blues de Chicago, Muddy Waters. Surnommé ‘Steady Rollin'’, il compte aujourd’hui 69 balais au compteur. Il a embrassé une carrière individuelle, début des années 80. Cependant, son premier opus personnel, "The old school", n’est paru qu’en 1989. Il en a ensuite publié une bonne douzaine sur différents labels notoires : Alligator, Bling Pig, Telarc ou Vizztone. Sur ce dernier LP, Bob a fait très fort, puisque outre son travail de production, d’enregistrement, et de mixing, il chante et joue de tous les instruments. Un véritable homme-orchestre ! Le long playing recèle six compos personnelles et neuf reprises de bluesmen mythiques.

L’elpee s’ouvre par "One more day". L’accompagnement est dépouillé, la voix bien en place, la guitare claire et flemmarde. Il chante alors Dylan ou plus précisément "I shall be released", la chanson qu'il avait écrite pour son groupe, The Band, un titre qui a décroché un énorme succès, en 1968. La slide est déterminante, tout au long de "Mercy", un Chicago Southside blues au cours duquel la voix s’intègre parfaitement à l’ensemble. Et un superbe hommage à Muddy Waters ! Elle se révèle hypnotique sur "Best I can do", un blues plutôt rythmé, à la structure très simple et au chant répétitif. Place ensuite à ces covers qui fleurent bonne la grande époque du blues : "Blues before sunrise" et "How long", deux pistes signées Leroy Carr, le "Dallas" de Johnny Winter, sculpté par un bottleneck acoustique, et surtout "Peace of mind", un shuffle écrit par l'harmoniciste Snooky Pryor. Bien entendu il témoigne toujours un profond respect à son maître, Muddy Waters, en attaquant l’enlevé "She's so pretty" ainsi que "Look what you done". Il rend ensuite justice à deux autres ex-musicos du Waters Band ; et tout d’abord Jimmy Rogers, à travers "Goin' away baby", puis James Cotton, en adaptant son "One more mile". "My road" est une jolie ballade roots issue de la plume de Bob, une plage dont la mélodie rappelle le "Hey Jude" des Beatles, malgré une dernière sortie, tout en douceur, sur sa slide…

 

lundi, 17 décembre 2018 11:44

Straitjacket

Bluesman yankee, Jeremiah Johnson est âgé de 46 ans. Il s’est établi dans la cité musicale de St Louis, au Missouri. Au début de ce siècle, il était parti vivre et travailler au Texas. Mais en 2009, il est revenu chez lui pour fonder son JJ Band. L'année suivante, il publie l’elpee, "9th and Russell". En 2011, il s’associe à la section de cuivres, The Sliders, pour graver "Brand spank'n' blue". Au cours de cette année, il a signé sur le label allemand Ruf. Jeremiah vient de sortir son cinquième LP, "Straitjacket", sous la houlette du très sollicité Mike Zito. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une section rythmique. Un opus qui met en exergue deux solistes : Johnson, à la guitare, bien sûr, mais également Frank Bauer, au saxophone. Les sessions se sont déroulées au studio Marz à Nederland, un patelin texan sis non loin de la frontière louisianaise…

Le titre maître ouvre la plaque, une piste qui véhicule des accents r&b. Si l’intro lorgne manifestement vers Albert King, la plage se distingue déjà par des envols remarqués sur les cordes et le saxophone. La voix passe bien la rampe tout au long de "Getting tired", un morceau imprimé sur un mid tempo. Blues lent, "Blues in her eyes" nous réserve d’excellents soli. "Believe in America" ne manque pas de charme, un titre que chante Jeremiah d’une voix théâtrale, alors qu’en milieu de parcours, sax, batterie et guitare, donnent un bon coup d’accélérateur. A l’instar de "Dirty mind", les interventions de Bauer au saxophone sont souvent bouleversantes. Une sonorité métallique émane de "9th and Russell". Nous sommes proches du Mississippi. Un morceau flemmard au cours duquel les solistes brillent de mille feux. Instrumental, "Bonneville shuffle" baigne dans le surf. Une seule reprise, le "Rock& roll music to the world" de Ten Years After. C’est également la plage qui clôt ce long playing. Non seulement Mike Zito se consacre au micro, mais il y conjugue ses cordes à celles de Johnson. Superbe !

 

lundi, 17 décembre 2018 11:40

Never say never

Cette chanteuse de blues/rock est originaire de New York City. Elle a tourné, à travers l’Europe, en compagnie d’artistes notoires comme Joe Louis Walker ou Popa Chubby. En 2016, elle a gravé "A force of nature", un disque pour lequel elle avait reçu le concours de The Engine Room, une formation drivée par le guitariste anglais Innes Sibun (ex-membre du backing group de Robert Plant), ainsi que de quelques invités, dont Walter Trout et Oli Brown ; mais également du célèbre producteur Mike Vernon (NDR : c’est lui qui a fondé le label Blue Horizon, au cours des 60’s). Ce nouvel opus a été enregistré en mai 2018, à Norfolk. Pour la circonstance, Sari a bénéficié de la collaboration de son backing group anglais, dont le line up implique le guitariste Ash Wilson, le drummer Roy Martin, le bassiste Matt Beable et le claviériste Bob Fridzema (ex-King King).

Caractérisé par son intro séduisante, "King of Rock'n'roll" ouvre l’elpee. Talonnée par la guitare, le piano et l'orgue, la voix puissante s’impose immédiatement, alors qu’Ash Wilson décroche déjà un billet de sortie. "Thank you" adopte un profil blues/rock classique. Miss Schorr est tout à fait convaincante tout au long de "Ready for love", une compo signée Mick Ralphs et traduite en hit au sein de son groupe Bad Company. L’orgue Hammond communique du relief à "The new revolution", une plage découpée par un riff rollingstonien. Eraillée, la voix de Sari rappelle celle de Kim Carnes, tout au long de "Turn the radio on", une superbe ballade pop/rock à la mélodie imparable. Et "Back to L.A" est une autre ballade qui ne manque certainement pas de charme. Excellent, "Freedom" baigne dans un power blues/rock. Le titre maître est également une ballade. Une compo écrite par l’ex-Faces, Ian McLagan. Et cette plage clôt cet opus de bonne facture.

 

lundi, 26 novembre 2018 10:44

Free

Issue de la scène soul et blues de Kansas City, Amanda Fish n'a entamé sa carrière qu’en 2012. Elle fonde son groupe en 2014 et publie un premier elpee intitulé "Down in the dirt", trois ans plus tard. Sa jeune sœur Samantha l'avait déjà précédée et s'est d'ailleurs forgée une solide réputation comme chanteuse et guitariste de blues-rock. Amanda compose l’essentiel de son répertoire. Douée d’une voix naturellement puissante, elle joue aussi bien de la guitare, de la mandoline, de la basse ou du piano. Lors des sessions d’enregistrement, elle s’est consacrée à la basse et au chant. Elle est soutenue par son drummer Glen James, ainsi que d’invités notoires, suivant les compos…

"2020" ouvre la plaque. La voix d’Amanda est exceptionnelle et en impose déjà. A la guitare rythmique, Dave Hays étale tout son talent, en dispensant des accords funkysants. Boogie primaire, "Not again" nous entraîne au cœur des collines du Mississippi, une piste au cours de laquelle, Richard Rosenblatt, le patron du label Vizztone, souffle dans un harmonica. Varié, ce long playing met également en exergue le talent des différents instrumentistes. Dominé par la voix éclatante de Mrs Fish, "The ballad of Lonesome Cowboy Bill" mêle cordes acoustiques et électriques ; Tyler Morris et Bob Margolin à la slide, signant une sortie décoiffante. Indolente et dépouillée, "Blessed" est une autre ballade. Les chœurs sont bouleversants, alors que chargée de reverb, la gratte de l’ex-Fleetwood Mac, Ken Valdez, s’incruste dans l’ensemble. Blues/rock, "Going down" est découpé dans des riffs puissants. Le Californien Alastair Greene se déchaîne sur sa slide, tandis que la voix s’enflamme et crève l’écran. Son ami de Kansas City, Coyote Bill, épaule Amanda sur deux plages. Ses interventions parcimonieuses sur sa slide sont d’une efficacité déconcertante sur "You could be" et le nerveux "Here we are", deux pistes tapissées par l’orgue Hammond. Le titre maître achève le long playing. Au piano, Amanda s’épanche seule, doucement, avant de se déchaîner à travers un gospel, soutenue par son amie Sara Morgan, un morceau coloré par l'orgue de Chris Hazelton. Excellent!

 

lundi, 26 novembre 2018 10:42

Dyna-Mite

D'origine anglaise, John Cleary est aujourd’hui âgé de 56 ans et réside à la Nouvelle Orléans. Chanteur et pianiste, il apprécie la musique colorée, et tout particulièrement le funk et le r&b.

C’est Walter Wolfman Washington qui découvre ce chanteur-pianiste et l'intègre à son Absolute Monster Gentlemen. De retour en Angleterre, il enregistre l'album "Alligator lips and dirty rice" pour le label Ace. Puis il retourne dans la cité des vents où il va longtemps sévir au sein du backing group de la chanteuse Bonnie Raitt. Cleary est reconnu par ses pairs, et notamment par les légendes locales Dr John ou encore le regretté Allen Toussaint. Il a d'ailleurs gravé, en 2012, "Occapella!", un opus entièrement consacré à des compositions de Toussaint.

John signe 9 des 10 plages de ce "Dyna-Mite" ; et la dernière est cosignée par le légendaire Taj Mahal. Quand il compose, Cleary enregistre chez lui en se réservant la majeure partie de l'instrumentation : chant, piano, guitare, basse et batterie. Pour concocter cet opus, il a cependant invité la crème des musiciens locaux, dont le guitariste Shane Theriot (Neville Brothers Band), le bassiste Calvin Turner et le drummer Jamison Ross. Sans oublier le concours circonstanciel d’un trio de cuivres. Des sessions qui se sont déroulées aux studios Music Shed et Parlor, à la Nouvelle-Orléans.

Le titre maître ouvre la plaque. Sculpté dans le funk, c’est également le meilleur morceau de cet LP. Le piano et le brass band libèrent énormément de groove. Et la plage finale, "All good things", est de la même veine. Le reste du long playing est moins rythmé et privilégie les ballades soul/jazz qui mettent en exergue la voix veloutée de Cleary. A l’instar des délicats "Skin in the game" et "Frenchman street blues". Blues indolent, "Best ain't good enuff" est tapissé par un orgue et souligné discrètement de chœurs. Dans le même esprit, "I'm not mad" est imprimé sur un tempo léger. Les interventions de gratte sont parcimonieuses et la voix de John vous flanque carrément des frissons partout…

 

lundi, 26 novembre 2018 10:41

Tough as love

Originaire de Halifax, dans l'extrême est du Canada, Lindsay Beaver s’est d’abord consacrée au chant avant de se tourner vers la batterie. Elle se passionne pour le jazz, après avoir écouté le notoire Earl Palmer. Son second coup de foudre, elle le destine au blues. A 24 ans, elle fonde les 24th Street Wailers qu'elle dirige, en se réservant drums et vocaux. Le groupe acquiert une fameuse popularité à Toronto et publie pas moins de cinq albums. Lindsay est remarquée par le célèbre guitariste texan Jimmie Vaughan qui la persuade de venir s'installer à Austin. Ce qu’elle accepte début 2018. Elle s'entoure rapidement de musiciens locaux talentueux, dont le guitariste Brad Stivers et le bassiste Josh Williams. Et pour graver son premier opus personnel, elle convainc Bruce Iglauer, le patron du célèbre label Alligator, de la signer. Les sessions se sont déroulées au studio Wire Recording, à Austin. Et pour la circonstance, les invités prestigieux se sont bousculés au portillon. Le résultat est plutôt spectaculaire. Dynamique, cette vocaliste qui joue de la batterie debout réussit à partager sa passion pour le blues, le R&B et le rock'n'roll.

Texas shuffle, "You're evil" ouvre la plaque. Sa voix n'est guère percutante mais engagée. Elle y reçoit le concours exceptionnel de Dennis Gruenling à l'harmonica. Et déjà Brad Stivers se déchaîne sur ses cordes. "Too cold to cry" nous entraîne au cœur des marais louisianais. Pianiste locale notoire, Marcia Ball, siège derrière le piano ; et elle est particulièrement bien inspirée, pendant que Stivers se libère une nouvelle fois à la manière de Jimmie Vaughan. Lindsay, c'est aussi une rockeuse, et elle le démontre, en affichant une attitude punk, sur le sautillant "Don't be afraid of love", qu’elle chante en compagnie de son guitariste, face à des ivoires déjantées. "Oh yeah" se distingue par un duel acharné entre les cordes de Brad et celles de la Texane Eve Monsees. Caractérisé par le piano roadhouse de Farrell, "Let's rock" semble sortir d'un vieux jukebox. L'insatiable Brad opère une sortie monstrueuse devant le piano de Matt Farrell (NDR : un ex-musicien du chanteur anglais Morrissey), sur l’excellent "Lost cause". Jump, "Dangerous" opère un dialogue raffiné entre les guitares de Stivers et du Texan Reo Casey. Et enfin lors du pur west coast jump "Mean to me", entre celles de entre Brad Stivers et de l'ex-gratteuse de Candye Kane, Laura Chavez…

 

lundi, 26 novembre 2018 10:40

Mama's Hometown

Brésilien, Celso Salim a chopé le virus du blues, très jeune. Il n'a pas encore vingt ans, lorsqu’il décide d’émigrer aux States où il va vivre pendant plusieurs années. Il va y découvrir différentes facettes de styles musicaux : roots, blues, country, folk et jazz, notamment. Ce chanteur, guitariste, compositeur et producteur a enregistré son nouvel opus du côté de Los Angeles, un disque qu’il a coproduit en compagnie de son bassiste Mike Hightower, alors que l’essentiel des parties vocales est assuré par son compatriote sud-américain, Rafael Cury.

Véhiculant des accents sudistes, néo-orléanais, plus exactement, "Mad dog" ouvre l'album. Les interventions au piano de David Fraser entretiennent cette impression. Celsa colore l’ensemble de sa slide dans un climat rappelant le Little Feat originel. Une superbe entrée en matière ! Une atmosphère qui baigne également "Got to find that babe". Darryl Carriere souffle dans son harmo et Lynn Coulter (ex-Rita Coolidge Band) imprime parfaitement le tempo sur ses fûts, lors du Chicago shuffle classique, "Locked out in misery". Ivoires et slide opèrent de solides et vigoureux échanges tout au long du boogie décapant "Let it burn". Le long playing recèle deux blues lents et dépouillés. En l’occurrence "No need to be alone", une plage caractérisée par un bel envol de cordes que tapisse l'orgue Hammond de Mo Beeks. Puis "Mama's hometown", une piste tracée par un dobro magique. Celso explore cependant d’autres styles, et notamment le jug band sur "Down the aisle" et le blues/jazz cool sur "Best of luck", un morceau au cours duquel la guitare est manifestement hantée par T-Bone Walker. La reprise du traditionnel "In my time of dying" (NDR : il remonte aux années 20) est respectueuse du blues originel ; Celso en profitant pour distiller ses dernières notes étranges et métalliques sur son dobro…

 

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