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Taï

Taï

dimanche, 11 février 2018 18:42

Broken Homeland

Premier album pour Valparaiso, un groupe parisien né sur les cendres de Jack the Ripper et de The Fitzcarraldo Sessions. Drivée par les frères Mazurel, elle implique également le batteur Thomas Belhom, le guitariste Mathieu Texier (Les Hurleurs) et Adrien Rodrigue, un autre ex-Jack the Ripper.

Véritable tourbillon de noms au générique de « Broken Homeland », la formation parisienne y invite, en effet, une belle brochette de collaborateurs, dont Phoebe Killdeer (Nouvelle Vague), Dominique A., Rosemary Standley (Moriarty), Julia Lanoë (Mansfield Tya), Shannon Wright, Howe Gelb (Giant Sand) et Marc Huygens (Venus, JOY)… sans oublier John Parish qui se consacre au chant, à la guitare, au mixage et à la production ! Tel le port chilien dont il porte le patronyme, Valparaiso souhaite devenir un endroit d’échanges et de partages musicaux. Et la mission est plus que réussie… Sur d’élégantes instrumentations (rappelant Calexico ou Tindersticks), enregistrées entre Bristol, Versailles et Bruxelles, les musiciens viennent poser leurs voix et autres instruments pour alimenter des titres aux ambiances diverses. Outre le spoken word de Rosemary Standley tout au long de « Fireplace », la fougue de Shannon Wright sur « The River », la country alternative chère à Howe Gelb ou la langueur de Josh Haden (Spain), le long playing recèle des titres en français auxquels participent Dominique A et Julia Lanoë. Plus qu’un simple caprice collectif ou un concept album bateau, « Broken Homeland » constitue un beau laboratoire d’idées… et un port d’attache incontournable !

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

Ghosts (EP)

Liège semble, au fil du temps, être devenu le véritable épicentre de la scène pop/rock wallonne, grâce à des formations aux styles aussi variés que Leaf House, Hollywood Pornstars, My Little Cheap Dictaphone, Dan San, Piano Club, The Experimental Tropic Blues Band, The Scrap Dealers ou encore Pale Grey, responsable d’un nouvel Ep 4 titres, mystérieusement intitulé « Ghosts ».

La bande principautaire rêve d’orfèvreries pop déviantes chères à Radiohead (« Ghost ») ou Efterklang et tisse donc des vignettes léchées entre pop, indie-rock et folk en apesanteur légèrement parfumée d’électronica (« Billy ») ou de R’n’B (« Cupidon »). Une mise en bouche à l’écriture soignée et alléchante, à défaut d’être véritablement innovante…

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

Wolf Life Down

Quelques mois après avoir publié son dernier opus solo (NDR : l’un des plus beaux secrets cachés de 2017, soit dit en passant…), Tim Cohen nous propose une nouvelle livraison en compagnie de son groupe, The Fresh & Onlys. Même si la musique continue de naviguer quelque part entre psyché/rock, garage/pop et new wave, elle est davantage électrique.  

« Wolf Life Down » constitue le 7ème elpee de la formation issue de San Francisco. Découpé en 9 pistes, il s’inscrit dans la lignée de sa discographie précédente. Mais si ce nouveau chapitre n’est pas de nature à révolutionner l’univers sonore des Californiens, entre distorsions fuzzy (« Wolf Life Down »), moments plus paisibles (« Walking Blues ») et morgue country, (« Black Widow »), il démontre encore que ces vieux routiers de la Bay Area excellent dans l’art de torcher de solides compos… 

 

dimanche, 31 décembre 2017 02:00

Rocket

Alexandre Giannascoli, aka Alex G ou encore (Sandy) Alex G, s’est révélé grâce à sa participation aux albums de Frank Ocean ainsi qu’à la plate-forme Bandcamp. Et surtout lors de la publication de son sixième elpee (NDR : le premier qui n’a pas été autoproduit), « DSU », en 2014. Depuis, le natif de Philadelphie a été signé chez Domino et a gravé « Beach Music » en 2015 et enfin ce « Rocket », en mai dernier.

La musique de ce nouvel LP baigne au sein d’un style toujours résolument lo-fi et éclectique rappelant parfois Elliott Smith (« Proud »), et dans un esprit si cher au nineties (NDR : pensez à Pavement). 

Après, sans bien connaître le reste de l’œuvre de l’étrange G, l’ensemble semble à la première écoute parfois quelque peu bâclé ; et entre les nombreux instrumentaux de brève durée et les salves punkysantes sans grand intérêt (« Brick »), peu de véritables morceaux semblent sortir du lot. Mais, à force d’écouter ces plages, on finit par déceler quelques petites perles. Dont deux pistes plus country. Soit « Poison root », enrichi par des interventions de banjo, et « Bobby », à laquelle Emily Yacian à participé. Mais également l’americana « Powerful Man », le r&b déviant et autotuné « Sportstar, sans oublier les jazzyfiants « County » ainsi que « Guilty », au cours duquel s’invite le saxophone.

La solution sonore de « Rocket » est longue en bouche. Elle gagne en profondeur au fil du temps et son sens mélodique se dévoile tout aussi progressivement, laissant entrevoir une plume de très grand talent capable de livrer des compos à l’instrumentation riche et variée…

 

dimanche, 17 décembre 2017 12:36

Spooky Action

Jason Loewenstein, ce nom ne vous dit rien ? Mais si, il a sévi au sein de plusieurs groupes, dont The Fiery Furnaces et Sebadoh ; au sein de ce dernier, il y militait déjà en 1989 et a rejoint le trio, lors de sa reformation, en 2007.

« Spooky Action » constitue seulement son second LP solo. Son premier, « At Sixes and Sevens », était paru en 2002 ! Si vous souhaitez vous faire une idée plus ou moins précise de son style, imaginez un Dinosaur Jr. sous speed. Car sa musique flaire bon les nineties, ses grattes bavardes et saturées, une certaine indolence rebelle, un esprit grunge de circonstance et une ‘coolitude’ naturelle…

Mais quel plaisir de se coltiner les 13 morceaux de ce « Spooky Action » ! Les compos baignent dans un rock bien poisseux, à l’instar de « Machinery » et « Correction ». En outre, l’expression sonore puise également des références dans le métal et la country, un peu comme chez Pearl Jam au sommet de son art ! Que du bonheur pour les fans des groupes précités et un excellent cadeau de Noël.

 

mardi, 12 décembre 2017 12:57

My Love Divine Degree

Guère prolifique (NDR : 3 elpees en 15 années, c’est quand même peu), Cody ChesnuTT n’en délivre pas moins pour autant des œuvres d’une indéniable qualité. Sa soul teintée de r&b, rock et jazz défie les lignes habituelles du genre, à l’instar de son ‘pimpé’ d’un double ‘T’. « My Love Divine Degree » n’est cependant pas simplement un autre album de soul. Il pourrait à priori sembler un brin bordélique et manquer de véritable accroche –hormis, sans doute le contagieux « Africa The Future », une plage caractérisée par son riff funky– mais il recèle surtout des morceaux à tiroirs, à l’instar de « She Ran Away » qui se laisse pourtant apprivoiser progressivement. D’ailleurs, au fil des écoutes, les pépites soul, parfaitement produites par Anthony Khan (Kanye West, Common, John Legend), se profilent. Dont l’immédiat et funky « It’s in the Love », le plus bluesy « So Sad To See », un « This Green Leaf » aux accents gospel, le reggae décalé « Shine on the Mic » ainsi que le lo-fi –et punk dans l’âme– « Make a Better Man ». Si dans le futur, cet artiste continue à proposer des opus de la même trempe, on ne lui tiendra pas rigueur s’il a encore besoin d’une demi décennie pour composer de nouveaux morceaux…

 

mardi, 12 décembre 2017 12:55

Paradise (Ep)

Il y a quelques mois, Antony Hegarty, le leader d’Antony and the Johnsons, décidait de changer de sexe. Non seulement l’Anglais(e) transgenre et américain(e) d’adoption opérait une mue physique, optant alors pour le patronyme d’Anohni, mais aussi musicale. Une métamorphose scellée par l’album « Hopelessness », un disque qui lui avait permis d’aborder des sujets bien plus engagés, nonobstant les ténébreuses productions électro d’Hudson Mohawke et d’Oneotrix Point Never. Le tout cadrant parfaitement avec une bande-son du monde post-Trump…

« Paradise », son nouvel Ep, s’inscrit dans la lignée directe de ce dernier LP. On y retrouve ses critiques acerbes, qu’il focalise ici sur les gouvernements occidentaux et les grandes entreprises capitalistes. Le tout sous une forme assez brute, il faut le reconnaître… Anohni pointe la femme comme la seule capable de sauver le monde (NDR : ce qui explique les illustrations de la pochette) et, selon son avis, cloue au pilori la force masculine qu’il considère comme diabolique (« You Are My Enemy »)… L’écoute de ce « Paradise » n’est pas forcément plaisante ; ce n’est d’ailleurs probablement pas le but. Les plages sont très sombres, hantées par une âme soul (« Ricochet »), mais également et surtout collent bigrement à leur époque (« Jesus Will Kill You ») et bien loin du paradis auquel l’être humain aspire…

 

lundi, 20 novembre 2017 11:01

City Music

Album après album  –et quasiment sans la moindre faute de goût– l’ex-guitariste de Woods, également leader de The Babies, est parvenu à se forger une place de choix au sein de la pourtant très concurrentielle scène indie-folk contemporaine. Son 4ème opus, « City Music », devrait même asseoir son aura de messie folk et –peut-être– élargir son cercle d’admirateurs, tant il s’avère d’une imparable qualité…

Si le jeune songwriter est toujours sous haute influence du sacro-saint duo Dylan/Reed, il est bien loin de pasticher ses très recommandables idoles. Enregistré en Californie, sous la houlette du magicien Richard Swift (Foxygen, Damian Jurado, The Shins), cet opus est partagé entre compos citadines, très susceptibles de libérer une pure émotion urbaine (NDR : les 7 minutes tortueuses du somptueux « City Music »), velvetiennes (« Dry Your Eyes ») et plages ensoleillées, à l’instar du particulièrement bipolaire et très mélodique « Crybaby » ou encore d’un « 1234 », inévitablement hanté par les Ramones…

Véhiculant des accents surannés, mais judicieusement remis au goût du jour, cet opus conjugue rock et folk, au sein d’une atmosphère typiquement new-yorkaise…

vendredi, 10 novembre 2017 11:48

The Machine That Made Us

A ce jour, cette formation n’avait enregistré qu’un seul album, « Bluffer’s Guide to the Flight Deck ». Ce qui lui avait valu le flatteur –mais peu rémunérateur– statut de groupe culte… Encensée par la critique mais boudée par le grand public, cette œuvre puisait ses sources chez quatre formations alternatives, nées au cours des 90’s : Grandaddy, Mercury Rev, Flaming Lips et Sparklehorse. Et les mélomanes qui avaient eu la chance de découvrir cet opus à l’époque, imaginaient, sans doute, que ce disque allait rester un ‘one shot’…

Pourtant, 13 ans plus tard, le groupe ouvre un nouveau chapitre. Baptisé « The Machine That Made Us », il bénéficie du soutien de la toujours aussi audacieuse maison de disque française, Talitres. Quelle influence le temps allait-il avoir sur le génie musical de Flotation Toy Warning ? A l’écoute des 10 magnifiques titres… on serait enclin à dire : strictement aucune ! Dès l’inaugural « Controlling the Sea », on retrouve ce lyrisme et ce mélange unique de mélodies imparables rappelant Mercury Rev au sommet de sa forme ainsi que ce sens de la théâtralité, principalement incarné par la voix si singulière de Paul Carter. D’autres pistes, telles que le somptueux « Due to adverse weather conditions all of my heroes have surrendered », enrichi d’une myriade de cuivres, et le tout aussi réussi « Everything That is difficult will come to an end », enrobé de chœurs célestes, achèvent de nous convaincre, tout en espérant qu’il ne faudra pas 13 ans à ce combo anglais pour accoucher d’un successeur à ce nouveau chef-d’oeuvre !

Un regret ? La pochette. Pas vraiment à la hauteur. Mais bon, vu le contenu, on ne fera pas la fine bouche.

 

vendredi, 13 octobre 2017 17:36

Indigo (Ep)

Bien loin des quasi-caricaturaux Eros Ramazotti ou Tiziano Ferro, la scène transalpine regorge de formations ‘indie’ aux profils différents…

Pashmak est un patronyme inspiré d’un bonbon iranien. Pas étonnant quand on sait que le chanteur est d’origine perse. C’est donc également le nom choisi par cette formation italienne dont la musique oscillant entre electronica, post-rock et folk baigne au sein d’un climat dark voire new wave. Tourmentée, la voix de Damon Arabsolgar rappelle quelque peu celle de Dave Gahan (Depeche Mode). Et les nappes de claviers ainsi que les rythmiques tribales, dispensées tout au long des 4 titres de cet Ep intitulé « Indigo », communiquent le plus souvent à l’ensemble une dimension indus. A suivre de très près !

 

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