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Taï

Taï

jeudi, 28 septembre 2017 12:16

Trust

Une envie soudaine de post-punk bien énervé ? N’hésitez pas à prêter –curieusement– une oreille à « Trust », le dernier et second elpee du trio danois Less Win. Après les méfaits récents commis par Iceage et de Yung, le royaume scandinave démontre à nouveau qu’il semble en connaître un rayon sur le sujet…

Vous risquez en tout cas d’être charmés par ce saxo free-jazz un brin ivre, ces riffs acérés rappelant souvent Mission of Burma, ces voix martiales tout en scansions de Casper Kociszewski et Casper Morilla ou du chaos organisé de cordes et de cuivres (« Bury the Heart »). Dès le morceau d’entrée, « Rituals », on a l’impression d’assister à une messe noire, ambiance entretenue, notamment, par des titres comme « Crucifix » ou « Jealousy ». En 30 minutes, le band nous éclabousse de son énergie punk indéniable et d’une classe aussi torturée que désespérée. Trust Less Win…

 

samedi, 23 septembre 2017 18:32

Global - System - Error

A travers le titre de cet opus, « Global-System-Error », le message de Mokroïe est plutôt significatif. Et même son sous-titre : ‘L’incapacité de l’homme à éviter la guerre et les crises qui en découlent…’ Ce qui laisse présager une aventure sérieuse et engagée. Le projet a été imaginé par Francesco Virgillio. Il est soutenu par la chanteuse Carol Aplogan. Et pas seulement ; car tout en s’enfonçant au cœur d’une veine électro/hip-hop, il se veut pluridisciplinaire et invite, à chaque chapitre, une série de musiciens ou chanteurs différents, mais aussi des photographes et autres vidéastes. Ce nouvel essai est d’ailleurs inspiré par les photos de Sergey Ponomarev, photojournaliste russe actif au Moyen-Orient et auprès des réfugiés.

Mais revenons-en à l’aspect musical. Lors des sessions, Francesco a ainsi reçu le concours d’invités. Dont le percussionniste Cyril Atef (fondateur de Bumcello), le batteur Dave Collingwood (vu aux côtés de Yann Tiersen et Gravenhusrt) et le vocaliste Allonymous. Artiste américain notoire pour son spoken word vindicatif, il milite chez Basement Jaxx ainsi que Push-Up, auprès de Sandra Nkaké. Cet Ep propose deux fois deux titres enregistrés sous des versions différentes. Soit une moitié instrumentale, sculptée sous un format plus électro, et l’autre davantage acoustique. Et le résultat devrait assurément plaire aux fans de trip hop et de Saul Williams.

 

samedi, 23 septembre 2017 18:27

Tango (Ep)

Trio transalpin aux desseins délibérément émotionnels, Zebra publie « Tango », un second Ep 4 titres qui fait suite à « Home Habilis », paru en 2016. Hormis la très saugrenue idée de plagier le phrasé d’Anthony Kiedis (Red Hot Chili Peppers) sur le très mauvais et faussement funky « Branco », le reste de l’album expédie Zebra au sein d’un univers hanté à la fois par Grizzly Bear et Jeff Buckley. A cause de cette voix et puis des cordes de guitare cristallines. En outre, belles et délicates, les mélodies sont empreintes de mélancolie. Depuis Bassano Del Grappa (NDR : ce n’est pas loin de Venise), Zebra dessine des vignettes ‘indie’ qui ne manquent manifestement pas de charme...

 

dimanche, 27 août 2017 12:22

Spaceland

Sindri Mar Sigfusson, aka Sin Fang, propose son quatrième opus pour le compte de l’honorable label Morr Music. Teintée de folk et d’électro, la pop de chambre est passée avantageusement sous les doigts magiques d’Alex Somers, producteur de Sigur Rós… et compagnon de Jonsi, chanteur du band islandais, qui participe également à l’aventure (« Candyland »). Il n’est pas le seul, car Soley (NDR : qui milite chez Seabear… une formation fondée par Sin Fang, en 2003 ; le monde est décidément bien étroit sur l’île aux geysers…) ainsi que la Norvégienne Farao, ont également apporté leurs concours. 

« Spaceland » nous plonge au cœur d’un univers électronique à travers ses vignettes électro/pop uptempo (« Candyland », « Not Ready for Your Love ») ou atmosphériques (« Down »), qui nous réservent une belle collection de bips et beats, mais également de jolies mélodies, et qu’enveloppe la voix cotonneuse de Sin Fang. Les sessions se sont déroulées tantôt sous la chaleur de Los Angeles ou dans le froid de Reykjavik. Ce qui peut expliquer l’ambivalence de l’œuvre naviguant furtivement entre mélancolie et allégresse. L’Islande est définitivement une terre inépuisable de talents…

 

dimanche, 27 août 2017 12:19

Waiting for this Sound (Ep)

Suite à la tragique disparition de son bassiste, ce trio français à l’étrange patronyme a été réduit à un duo. Et ce crustacé mélomane a décidé de traverser l’Atlantique pour enregistrer son nouvel et second Ep. A Los Angeles pour être plus précis. Scampi est influencé par le trip hop, et tout particulièrement, Massive Attack et surtout Morcheeba. Mais également par  CocoRosie. A cause des sonorités produites par le ukulélé et le guzheng. Peu connu sous nos latitudes, cet instrument à cordes chinois appartient à la famille des cithares (NDR : Gû Zheng signifie ‘ancienne cithare’ d’après mon ami Wiki). En outre les voix rappellent manifestement celles des sœurs Cassidy. Si certains morceaux se révèlent tendres (« Get an Idea »), d’autres adoptent un ton plus énergique (« Waiting for this Sound ») ; mais en général, les plages privilégient le format pop (« Leave it Out »), parfois au sein d’un climat  légèrement ‘dark’ (« Magic House »). En conclusion, cet LP ne manque pas de charme…

 

dimanche, 27 août 2017 12:05

Pretty Years

Cymbals Eat Guitars est une formation issue de New York. De Staten Island (NDR : c’est une île !), plus précisément. Et progressivement, elle est parvenue à construite une œuvre solide et cohérente dénuée de toute faute de goût majeure… ‘Cymbals Eat Guitars’ sont des mots prononcés par un autre illustre habitant de la Grosse Pomme, Lou Reed, pour décrire la musique du Velvet Underground.

Plus influencé par le rock des 90’s que par le band underground mythique, la bande à Joseph d’Agostino propose donc son quatrième elpee, un disque qui a reçu le concours de John Congleton (The War on Drugs, Swans, St. Vincent) à la mise en forme. Zigzagant entre continuité sonique et nouveaux horizons sonores, « Pretty Years » recèle des plages nourries aux guitares shoegaze et grunge, dans un esprit souvent ‘slacker’. A l’instar du précédent elpee, « Lose », et tout particulièrement de la piste d’entrée « Finally » ainsi que sur « 4th of July, Philadelphia (Sandy) »). Néanmoins, le gang yankee n’en a pas pour autant oublié les salves punk réminiscentes de Titus Andronicus (« Beam »), mais aussi des pistes plus mélodiques tels que le plus groovy « Wish », une compo dont les interventions de saxophone à coloration eighties sont portées par la voix élastique du leader tout en lorgnant vers Modest Mouse. Enfin, de cet LP, on épinglera encore la ballade électrique « Dancing Days ». Nuancées et joliment référencées, ces « Pretty Years » (les années 90 ?) s’achèvent en feu d’artifice sonique, par le monumental « Shrine ». Une œuvre convaincante de bout en bout…

 

mercredi, 02 août 2017 18:42

Néon

Patrick Moriceau a baptisé son projet du patronyme –un brin mystérieux– Octave Noire. Et il nous propose son premier elpee. Cet ancien élève en musicologie de la Sorbonne ne manque pas son entrée en matière ; car ce « Néon » devrait en effet le mettre sous les feux des projecteurs, et très rapidement…

Entre chanson française subtilement arrangée de cordes, rappelant parfois l’univers d’Alex Beaupain (« Belem Belem ») et vignettes électro-pop ambitieuses susceptibles de se transformer en petites symphonies (« My Hand in Your Hand »), Octave Noire sculpte des morceaux très orchestrés aux multiples tiroirs qui baignent au sein d’un climat sombre, mais jamais accablant, tout en jonglant aisément de ses influences, passant, en outre, tout aussi facilement de l’anglais au français. Remarquable, cet opus devrait permettre à Octave Noire de se réserver une place tout à fait unique sur la scène hexagonale…

 

mercredi, 02 août 2017 18:40

Yo Amaneci

Andres Landero est né en 1931, à San Jacinto, en Colombie. A l’instar d’autres artistes issus de son pays, il a permis à la cumbia d’être reconnue, à sa juste valeur, sur la scène contemporaine. Un parcours qu’il a entamé, dès 1964, au sein de son premier groupe, Discos Curro. Réunissant 20 plages, cette superbe compile, concoctée par les ‘diggers’ espagnols qui prospectent chez Vampisoul, lui rend un bel et vibrant hommage tout en nous replongeant au sein de cette musique singulière enfantée par les esclaves africains qui ont débarqué sur les côtes des Caraïbes d’Amérique Centrale et du Sud.

Durant toute sa longue carrière, ce musicien au talent indéniable a, dans le style, délivré de véritables pépites illuminées par des textes poétiques relatant des épisodes authentiques, et lustrées par des mélodies tropicales alimentées à l’accordéon, aux rythmes caribéens et à la ligne de basse métronomique, que l’on croirait piquée… à un Johnny Cash dans sa genèse. Ce recueil rend donc hommage à ce maître ès cumbia, mort à Carthagène, peu avant ce nouveau millénaire ; soit il y a déjà 17 ans. Si vous aimez cette musique tropicale et n’êtes pas rebuté par la faiblesse de production, cette anthologie est une véritable mine d’or…

 

mercredi, 02 août 2017 18:37

Primitives

Patronyme curieux et insidieux pour le projet de ce discret artificier texan dont la musique baigne dans l’électronica. Roger Sellers ne sort, en effet, pas la grosse artillerie basque façon ‘Jean-Pascal de la Star’Ac’, mais des ritournelles électroniques minimalistes qui doivent autant à Animal Collective (« Intro », « Appeals »), aux rythmiques africaines (« Spectrolite »), au folk teinté d’americana (« Living Room ») qu’à l’ambient résolument dominée par les claviers (« Lates »). Judicieusement baptisé « Primitives », son premier opus solo a été, en général, enregistré au cours de l’année 2014. En s’aidant de son falsetto, rappelant parfois Sufjan Stevens, l’Américain tisse ses vignettes très mélodiques aux rythmes envoûtants… Belle découverte que cet artiste dont l’expression sonore baigne au sein d’une subtile douceur vaporeuse issue d’un Texas qu’on imagine tellement plus brutal…

 

vendredi, 07 juillet 2017 12:45

Life Will See You Now

L’univers du crooner de poche ‘Made in Sweden’ Jens Lekman est bien trop méconnu si on devait le comparer à l’aune de l’étendue de son talent, un talent qu’il étale avec une classe décalée depuis « Night Falls Over Kortedala » et « Oh You’re So Silent Jens »…

« Life Will See You Now », son 4ème  elpee, vise cette fois délibérément nos jambes à l’aide de ses beats quasi-disco, ses clappements de mains, ses mélodies radieuses qui jurent par rapport à la belle mélancolie de ses précédentes œuvres. Sa voix et ses mélodies singulières sont toujours bien présentes, mais les sonorités sont neuves pour le natif de Göteborg. A l’ultime limite du kitsch, Jens Lekman ose les touches électro cheap (« Hotwire the Ferris Wheel », auquel participe Tracey Horn d’Everything But the Girl), de bossa nova (« Wedding in Finistère »), de Nothern Soul (« To Know Your Mission ») ou de steel-drum euphorisant (« What’s that Perfume that You Wear ») pour construire des petites vignettes pop principalement dédiées au sentiment amoureux, tout en abordant des textes finement ciselés qui ne manquent pas d’humour. Le petit frère doué de Jonathan Richman dévoile ici une nouvelle facette de son écriture protéiforme…

 

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