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Béber

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dimanche, 16 juin 2019 17:04

The Anteroom

En dix années, Tom Krell est parvenu à se réserver une place au soleil au sein du paysage electronic/r’n’b américain et à récolter les faveurs de la presse. Pourtant, il faut bien avouer que la discographie de l’Américain est inégale. Ainsi, on se souviendra que son dernier album, davantage orienté vers la pop, avait été loin de faire l’unanimité. On espérait donc un retour aux sources pour son cinquième opus, “The Anteroom”.

Et How to Dress Well comble nos espérances, puisqu’il vient de graver un de ses meilleures elpees à ce jour. Tom Krell y développe une musique électronique aux rythmes complexes. Plusieurs écoutes sont d’ailleurs nécessaires avant d’appréhender cette expression sonore faussement minimaliste qui baigne au cœur d’une atmosphère austère. Il y a bien quelques titres plus rythmés, mais en général ils ne sont guère propices à faire danser toute la nuit. Bref, tout au long du cinquième opus de H.T.D.W., Krell dévoile résolument une facette mélancolique de sa musique à travers sa splendide voix aux accents r’n’b.

vendredi, 07 juin 2019 10:57

The route to the Harmonium

James Yorkston et King Creosote constituent certainement les meilleurs ambassadeurs du folk écossais. Enfin, depuis une quinzaine d’années. Ces songwriters ont l’art de jouer sur l’imaginaire, en brossant, à l’aide de leurs mots et de leur musique, les paysages abrupts et les ports de pêcheurs de la patrie de William Wallace. A près de cinquante balais, James n’a plus rien à prouver. Faut dire qu’il compte une discographie particulièrement abondante… et de qualité…  Et il vient de nous livrer son album le plus personnel depuis longtemps. Pour enregistrer “The Route to the Harmonium, il s’est retiré dans un studio de Cellardyke, un petit village de pêcheur et a confié la mise en forme à David Wrench (qui a notamment travaillé avec Caribou, Four Tet, Frank Ocean, FKA Twigs et David Byrne).

Sculpté dans le folk minimaliste, ce neuvième elpee recèle de nombreuses pépites. Des chansons mélancoliques bercées par des rythmes fluctuants. Bien sûr, l’instrumentation est en retrait, mais est bien plus complexe qu’elle n’y paraît. Ainsi, elle est notamment enrichie de cuivres sur les excellents “Shallow” et “Like Bees to Foxglove”, et même de cithare sur ce dernier. D’ailleurs chaque plage est alimentée par une instrumentions spécifique. Ce qui fait leur charme. En outre, les compos révèlent un sens mélodique parfaitement développé chez l’artiste. Et la superbe ballade romantique “Oh Me, Oh My” en est certainement le plus bel exemple…

A écouter, de préférence, au coin du feu, en hiver, en sirotant un verre de whiskey, élevé en fût de chêne, comme en Ecosse…

vendredi, 07 juin 2019 10:55

Hyper Super Mega

Si les noms des protagonistes de ce duo, à savoir Ives Sepulveda (voix, guitare, basse, clavier) et Manuel Parra (batterie), sont très susceptibles de vous éclairer sur l’origine de cette formation chilienne, sa musique, par contre, évoque davantage celle pratiquée par les groupes et artistes issus du Nord du continent américain. D’autant plus que les deux musiciens ont opté pour la langue de Shakespeare. L’expression sonore navigue d’ailleurs à des années-lumière des combos traditionnels du Chili. Et baigne plutôt au sein d’une forme de psyché/pop sise à la croisée des chemins fréquentés par Tame Impala, Beach House ou encore Deerhunter. “Hyper Super Mega” constitue son troisième elpee. Il est paru sur le label yankee Sacred Bones (Amen Dunes, Lust For Youth, Soft Moon, Moon Duo, ...). Tout au long de cet opus, le duo jongle à merveille avec les codes du psychédélisme : une voix éthérée et vaporeuse, des nappes de claviers qui se superposent et des rythmes langoureux. On ne voit pas le temps passer, à l’écoute de cet LP réunissant onze morceaux, un signe d’évidente qualité… Certaines mélodies se révèlent même contagieuses, à l’instar de “Forever End”, “I’ll Only Say This” ou encore “Ikebana Telephone Line”.

The Holydrug Couple se produira ce 24 septembre 2019 au Botanique….

mardi, 28 mai 2019 11:18

Buoys

Après avoir délaissé l’Animal Collective (NDR : il n’avait d’ailleurs pas pris part à la confection du dernier elpee), Noah Lennox, aka Panda Bear, vient d’enregistrer son sixième opus solo. Il fait suite à « Panda Bear Meets the Grim Reaper », paru en 2015.

Ce nouveau long playing a été enregistré à Lisbonne où Lennox vit depuis un bon bout de temps. Pour la circonstance, il a invité une vieille connaissance, en l’occurrence Rusty Santos, mieux connu pour avoir bossé en compagnie de Born Ruffians et Owen Pallett, mais qui s’était déjà investi auprès de l’Américain pour mettre en forme l’excellent « Person Pitch ». Parmi les autres collaborateurs, on épinglera la présence de la Dj chilienne Lizz et du chanteur portugais Dino d’Santiago. Des coopérations apparemment efficaces, puisque les 9 pistes de ce long playing sont excellentes. « Buoys » révèle un Lennox paisible, nonobstant le climat mélancolique au sein duquel baigne l’elpee. Bien sûr, Noah aime toujours autant bidouiller ses machines et poser les harmonies vocales –souvent auto-tunées– en couches, mais en général, l’esprit des compos demeure fondamentalement folk. Et lorsque les différents composants entrent en osmose, on ne peut s’empêcher de penser à l’Animal Collective originel, même si l’aspect expérimental n’est pas aussi exploré que celui prospecté par la formation issue de Baltimore. « Buoys » nous invite à entrer dans la bulle créée par Lennox, une bulle probablement aquatique, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « Dolphin »…

Bref, ce nouvel LP constitue certainement l’œuvre la plus sereine de Panda Bear, depuis 1999, c’est-à-dire ses débuts en solitaire. Cet artiste hors norme démontre en tout cas qu’il maîtrise toujours aussi parfaitement le sens de la mélodie…

mardi, 28 mai 2019 11:18

Lithium Zion

Trois années après la sortie de son premier elpee paru sur le mythique label indépendant Sub Pop, Deaf Wish propose son cinquième, un disque intitulé « Lithium Zion ». Si le quatuor australien jouit d’une belle notoriété dans l’univers de l’indie punk, votre serviteur doit reconnaître… qu’il vient de découvrir leur univers… et qu’il est particulièrement intéressant…   

En à peine 12 morceaux, pour un peu plus d’une demi-heure, le groupe parvient à nous replonger au sein de l’indie rock/punk/garage/noise (au choix), réminiscent de Sonic Youth voire de …And You Will Know Us By The Trail of Dead (« Metal Carnage »). Mais c’est celle du légendaire band new-yorkais qui s’avère la plus prégnante. Ainsi, les guitaristes prennent un malin plaisir à torturer leurs cordes et à les rendre incisives (« Ox ») ou à flirter avec les dissonances (« Easy »). En outre, le partage des voix en fonction des morceaux (parfois au sein d’un même) entre Jensen Tjhung et Sarah Hardiman (comme sur l’excellent « FFS ») rappelle cruellement le duo Gordon-Moore.

Bref, même si cet opus nous renvoie quelque part entre les eighties et les nineties, on prend beaucoup de plaisir à l’écoute de cet LP qui devrait figurer dans le peloton de tête des meilleurs de rock/garage pour 2019. Pas étonnant que le leader de Pissed Jeans soit un grand fan du combo et un de ses premiers promoteurs… 

dimanche, 02 juin 2019 06:50

Performance

Fondé il y a déjà 15 ans, ce groupe texan nous propose son septième elpee, un disque paru pour la première fois chez City Slang, label américain qui héberge notamment Calexico, Lambchop ou encore Timber Timbre. Une nouvelle étape dans le parcours de White Denim, qui n’a cessé de gravir les échelons.

“Performance” constituait une étape ‘périlleuse’ dans la progression de White Denim, vu le changement de batteur et claviériste. Et autant le dire d’emblée, la transition a été parfaitement opérée…  

Si le quatuor emmené par le chanteur/guitariste James Petrolli continue sur sa lancée, il a laissé de côté ses influences psychédéliques. Dès le morceau d’entrée, “Magazin”, les guitares blues/rock spécifiques au band sont bien présentes. Et dans la foulée, le titre maître épouse le même profil. “Fine Slime” s’emballe. Le funk et le blues se conjuguent, libérant alors une bonne dose de swing. “Double Death” nous entraîne dans un univers proche de James Brown. Et le reste vaut également le détour, les Yankees prenant manifestement beaucoup de plaisir à alterner ou agréger les styles tout en adressant des clins d’œil répétés au bon rock’n’blues des 70’s.

Quel bonheur de remonter les décennies, loin des synthés, boîtes à rythmes et autres sonorités électroniques qui sévissent actuellement. Une véritable bouffée d’air frais !

vendredi, 10 mai 2019 10:49

MITH

A l’âge de 68 ans, Lonnie Holley a eu une vie bien chargée. Né en 1950 à Birmingham dans l’Alabama au sein d’une famille de 27 enfants, il a grandi dans un système américain ségrégationniste et a connu les champs de coton. Ce passé a forgé son caractère et son art qu’il a développé durant toute sa vie que ce soit à travers la sculpture, la peinture ou la musique. Le seul fil rouge de l’artiste est l’expérimentation et l’engagement politique. “MITH”, son troisième opus, ne déroge pas à la règle.

D’abord, il a l’audace de proposer une plage épurée de plus de 18 minutes (“Snuck off the slave ship”). Tout en mêlant le gospel, le blues ou encore le free-jazz, Holley Lonnie revient sur les thèmes qui ont marqué sa vie tels que le racisme (“I’m a Suspect”) ou encore l’engagement politique (“I woke up in a fucked-up America”). La musique de l’Américain est cependant souvent dépouillée. A l’instar de “Back for me”, qu’il interprète seul au piano, dans un style qui évoque Benjamin Clementine, sa voix empruntant un timbre fort proche. Pourtant, lorsqu’on écoute plus attentivement les compos, on décèle une texture sonore plus riche qu’elle n’y paraît, une texture sur laquelle les nappes de voix et les instruments se superposent (”How far is Space-out?”). 

Difficile d’accès à la première écoute, cet album mérite pourtant que l’on s’y attarde, que l’on prenne le temps de le découvrir et d’explorer la musique et les paroles des différents morceaux. A cette condition, vous n resterez pas indifférent à ce long playing de ce vieux ‘sage’...

mardi, 30 avril 2019 08:06

La soul dans toute sa splendeur…

Ce mardi soir, veille de la fête du travail, l’Aéronef accueille un vétéran (et précurseur) de la soul. Peu connu du grand public, Elmer ‘Lee’ Fields a quand même une carrière bien remplie. Outre sa ressemblance physique et vocale avec James Brown, le natif de Caroline du Nord a notamment bossé en compagnie de Kool and the Gang et B.B King. Il a également été samplé à de nombreuses reprises par des groupes de hip hop contemporain (NDR : dont A$AP Rocky et Travis Scott). Depuis le début de son parcours, entamé en 1969 (NDR : il n’a alors que 18 printemps), l’Américain n’a jamais cessé d’enregistrer. Il y a une dizaine d’années que les musiciens de The Expressions apportent leur collaboration à Lee Fields. Son dernier opus, « It Rains Love », constitue le cinquième de cette équipe. Dernier survivant de la scène ‘retro-soul’, depuis le décès de Charles Bradley, en 2017, il est devenu le parrain d’une nouvelle génération qui monte et au sein de laquelle Durand Jones and The Indications incarnent la relève. On ne pouvait donc rêver mieux d’assister au concert de Lee Fields and The Expressions en la salle lilloise…

Il est environ 21h lorsque les lumières s’éteignent. La salle est quasiment comble. Sur le podium, bien fringués, les musicos de The Expressions prennent leurs marques. Deux cuivres s’installent à droite, un guitariste et un bassiste de l’autre côté. Le line up implique également un batteur et pianiste. Au bout de quelques notes, Lee Fields entre dans l’arène. Il est vêtu d’une chemise dorée à paillettes. Dès les premières phrases, le public frissonne. L’Américain maîtrise son sujet. Et il peut s’appuyer sur un solide backing group qui manifestement réunit des musicos talentueux, à l’instar du bassiste dont les doigts se promènent littéralement sur son manche. Lee Fieds, malgré ses 69 balais, déborde d’énergie et ne manque pas de sex-appeal. Il arpente l’estrade sur toute sa longueur. Son expérience permet d’enflammer un auditoire qui réagit en se trémoussant, dansant et même en poussant des cris. Et au fil du set, l’ambiance est de plus en plus torride. Ce concert nous replonge plusieurs décennies dans le passé en nous servant toute la panoplie de la soul : une voix sensuelle, des cuivres chauds et du swing. Le tout sur des morceaux traitant de l’amour et la spiritualité sur des rythmes alternant moments langoureux et énergiques. La quasi-totalité de ses deniers morceaux y passent, notamment les excellents « Love Prisoner » et « Blessed with the rest ».

Après une bonne heure et demie, dont un rappel de deux morceaux, Lee Fields & Expressions quittent les planches sous les applaudissements d’un public épuisé mais aux anges. Quelques minutes plus tard, le vétéran de la soul est déjà occupé de signer des autographes. Une véritable star que l’on espère revoir au plus tôt…

(Organisation : Aéronef)

 

dimanche, 28 avril 2019 07:45

In another life

Sandro Perri est un personnage qui jouit d’une belle notoriété au Canada, pour ses différents projets et collaborations en tout genre. Ce Torontois s’est cependant illustré sur le Vieux Continent en publiant l’album “Impossible Spaces”, sur le label montréalais Constellation, un opus qui avait révélé un artiste empreint d’une grande sensibilité et capable d’ingérer des tas de styles musicaux, de les digérer, avant de les restituer de manière originale. Une œuvre qui naviguait à la croisée des chemins de l’électronique, du folk et de la bossa-nova… entre autres…

« In another life » adopte un profil totalement different. Tout d’abord, il ne recèle que deux titres. Un de 25 minutes, l’autre de 20. Le titre maître se résume à une longue tirade électro-folk minimaliste et contemplative sur laquelle viennent se greffer des éléments jazzyfiants ; une plage limitée au piano, au synthé, à la guitare et à une voix. A premier abord, cette piste peut paraitre soporifique, mais elle est tout à fait propice à la rêverie…

Intitulée “Everybody’s Paris”, la seconde a bénéficié du concours de l’ex-Deadly Snakes, André Ethier, ainsi que de Dan Bejar (Destroyer) pour l’écriture des textes, chacun se partageant une moitié des lyrics. Toujours aussi planante, l’expression sonore est ici davantage étoffée ; et notamment grâce aux interventions de cuivres ou de flûte…

Mais pour savourer cet LP, on vous conseille de l’écouter sous casque audio afin d’en discerner toutes les subtilités tout en vous abandonnant au sein de cette atmosphère cotonneuse… 

samedi, 06 avril 2019 16:45

Obey

Exploded View est un projet né de la collaboration entre Annika Henderson, journaliste politique reconvertie à la musique, et de trois Mexicains, en l’occurrence Martin Thulin (producteur du groupe Crocodiles), Hugo Quezada (Robota, Lorelle Meets The Obsolete) ainsi que le préposé à la guitare et aux synthés, Amon Melgarejo. Depuis la sortie de son premier elpee, gravé il y a deux ans, la formation mexicano-britannique a perdu ce dernier. Ce départ a cependant été considéré comme une occasion rêvée pour revoir la manière de travailler d’Exploded View. Ainsi, alors que l’elpee précédent avait été enregistré dans des conditions ‘live’, “Obey” a été concocté en studio, à Mexico. Le résultat est saisissant. Le trio nous livre un opus riche en influences et ambiances, une œuvre qui agrège subtilement folk, krautrock, new wave et psyché/rock.

L’album s’ouvre par deux titres de dark folk imprimés sur un tempo relativement lent. L’univers macabre, voire angoissant (à l’image de cette nature morte qui sert d’artwork) d’Exploded View transparaît dès les premières notes. Caractérisé par ses rythmes techno, “Dark Stains” baigne au sein d’un même climat. Les choses sérieuses peuvent alors commencer. La basse s’emballe et les sonorités électroniques se réservent davantage d’espace lors de morceaux particulièrement hypnotiques. Anika s’autorise des incantations sur une trame bruitiste, voire psychédélique, sur le titre maître…  

Bref, se nourrissant de multiples influences, les onze plages de cet LP se distinguent par leur singularité ; mais si le résultat peut sembler hétérogène, il définit un style unique en son genre… 

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