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Béber

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vendredi, 25 mai 2018 19:00

Reservoir

Sophie Payten, alias Gordi, a grandi dans un village australien. Dès son plus jeune âge, elle est sensibilisée à la musique. Elle apprend, au fil des années, la guitare et le piano. Elle commence à écrire ses propres morceaux alors qu'elle est encore au lycée. Plus tard, elle migre à Sydney. C'est dans la métropole qu'elle décroche ses premiers succès. Elle bénéficie alors d'un programme gouvernemental qui lui permet de se forger un nom et d'être repérée par le célèbre label américain, Jagjaguwar (Bon Iver, Angel Olsen, Unknow Mortal Orchestra, ...) Son premier Ep (« Clever Disguise ») lui permet d'assurer la première partie d'artistes tels que Bon Iver, Asgeir ou encore Son Lux. Après avoir passé quelques temps aux USA et en Islande afin d’acquérir davantage d’expérience, la jeune artiste, âgée aujourd'hui de 25 ans, grave son premier album intitulé « Reservoir ».

Musicalement, Gordi excelle dans son mélange de folk et d’électronique. Le rapprochement avec Bon Iver est inévitable (d’autant qu’elle a été tout un temps sa choriste). Pas étonnant, dès lors, qu’elle ait invité S.Carey, musico qui a notamment bossé pour Justin Vernon, à participer au titre « I’m Done ». Comme sur le dernier opus de ce dernier, la demoiselle a recours aux beats électroniques et se sert de l'auto-tune pour la voix, une voix éthérée qu’elle superpose en couches. Ce qui ne l’empêche pas d’enrichir le tout d’instruments acoustiques, tels que le piano et la guitare. Elle excelle également dans la construction de morceaux qui prennent aux tripes, en tirant profit des crescendos. Et si certaines pistes baignent au sein d’un climat mélancolique, à l’instar de « Bitter End » ou « Myriad », elles sont toutes d’une efficacité remarquable. Mieux encore, ce premier essai est haletant de bout en bout !

Aux côtés des Bon Iver, Asgeir ou autres James Vincent Mcmorrow, Sophie Payten constitue certainement une incarnation féminine idéale de ce style musical...

lundi, 21 mai 2018 17:46

Two trains

Högni Egilsson est loin d’être un inconnu. Cet Islandais a notamment drivé un groupe pop répondant au patronyme de Hjaltalin, mais surtout milité au sein de la formation électro GusGus. « Two Trains » constitue son premier essai en solo. Un disque paru sur l’excellent label Erased Tapes, écurie qui héberge déjà pas mal de ses compatriotes…

La plus ancienne chorale islandaise chante a cappella, « Andadu », le morceau qui ouvre l’elpee. Une intro religieuse, avant d’entrer dans le vif du sujet. Et ce sujet est… essentiellement électro. En fait, l’artiste semble être revenu à ses premiers amours. A l’instar de l’excellent « Shed Your Skin », sur lequel il vient poser sa voix aigue, rappelant Thomas Dybdahl voire James Vincent McMorrow, sur des nappes de claviers… omniprésentes. Quand l’artiste a le bon goût d’y intégrer tantôt quelques cordes ou des chœurs, le résultat tient la route, par contre, lorsque les pistes sont exclusivement instrumentales (« Dragu Mig »), la forme électronique fait un peu pâle figure… 

 

mardi, 08 mai 2018 23:33

Microshift

C’est en 2013 que l’on découvrait ce quintet originaire du Nord de l’Angleterre, de Leeds très exactement, à travers son premier opus, « Pearl Mystic ». Son psyché/rock s’inscrivait directement dans l’esprit de celui pratiqué par Black Angels. Un an plus tard, il embraie par un deuxième elpee, également de toute bonne facture. Certaines épreuves vont cependant freiner son ascension. Comme lorsque son studio est ravagé par une inondation, en 2015. Il a donc fallu quatre années au groupe pour remonter la pente...

Contrairement aux elpees précédents, « Microshift » paraît résolument optimiste et se signale par ses mélodies réjouissantes. Sans pour autant négliger la forme psyché, toujours bien vivace. Les riffs sont hypnotiques, les claviers, omniprésents et les voix sous reverb’, persistantes. Sans oublier ce sens mélodique accrocheur qui contamine les plages de cet LP. C’est même plutôt impressionnant. Impossible de résister au jouissif « Ullwater » (NDR : plus de plus de six minutes, quand même) ou encore au planant « The Soft Season », qui aurait pu figurer au répertoire de Flaming Lips.

Après quelques années de disette, Hookworms revient en grande forme. Le changement d’état d’esprit qui le guide vers une musique plus colorée n’a rien enlevé au potentiel du combo insulaire... 

 

mardi, 08 mai 2018 23:27

Last night all my dreams came true

« Last Night All my Dreams came True » constitue une forme de testament pour Wild Beasts. En septembre dernier, la formation anglaise annonçait la fin de son parcours entamé début de ce millénaire. En une quinzaine d’années, ponctuées de cinq albums, Wild Beasts s’est inscrit sur la scène mondiale comme l’un des groupes de pop/rock les plus originaux.

Avant de nous quitter, le quatuor nous lègue un opus réunissant treize titres enregistrés en public au AT RAK Studio de Londres. La majorité des morceaux sont issus du dernier elpee, « Boy King », paru en 2016, mais quelques uns, de plus anciens long playings, à l’instar des excellents « Hooting & Howling » et « All the King’s men », deux plages qui figuraient sur leur meilleur opus, « Two Dancers », gravé en 2009. Tout au long de ce live, on peut se rendre compte de la qualité et la complexité des compos de ce band insulaire et surtout de la somptueuse combinaison entre les voix de Tom Fleming et de Hayden Thorpe.

Ce dernier essai paraîtra certainement inutile à celles et ceux qui possèdent déjà l’intégralité de sa discographie, car les versions ne diffèrent pas énormément des originales. Cependant, « Last Night All my Dreams came True » est un moyen parfait pour appréhender ce groupe que l’on regrettera certainement…

Après avoir ouvert une parenthèse, au cours de laquelle Tim Darcy (NDR : surnommé Tim Beeler, il est né en Arizona) a tenté une aventure en solitaire, Ought a enregistré un nouvel elpee. Paru sur le label Merge, « Room Inside the World » constitue le troisième opus du quatuor. Un combo établi à Montréal. Qui se produisait donc dans le cadre de l’édition 2018 des Nuits Botanique. Ce mercredi 2 mai, l’Orangerie accueille également la jeune Américaine Lucy Dacus et le combo suédois, Hater.

Malheureusement, votre serviteur est arrivé trop tard pour assister à la prestation de la formation scandinave. Ce n’est que partie remise…

Place donc à Lucy Dacus qui grimpe sur l’estrade devant un public plutôt clairsemé. Elle est épaulée par un trio classique, guitare/basse/batterie. Oscillant quelque part entre Cat Power et Angel Olsen, son indie pop ne manque pas d’allure, sur disque. En live, bien que mélodieuse, l’expression sonore fait un peu pâle figure. Le guitariste tire pourtant bien son épingle du jeu, mais la jeune dame ne parvient pas à transcender sa musique sur scène. Si bien qu’au bout de quelques minutes, l’attention de l’auditoire commence à se dissiper. Les spectateurs vident alors peu à peu les lieux ; si bien qu’au bout 30 minutes, temps dévolu à l’artiste, il n’y a plus grand monde dans la salle. Un concert qui ne restera pas dans les annales…

Après une petite demi-heure de break, retour dans l’Orangerie pour assister au set de la tête d’affiche. Et il s’agit déjà du troisième passage du quartet, au Botanique. Il est 22 heures, et la salle est à moitié pleine (NDR : ou vide, selon), quand Ought débarque sur les planches. Elle ne va se remplir qu’après quelques titres. Armé de sa gratte, Tim Darcy s’installe au milieu du podium entre le claviériste et le bassiste. Filiforme, le jeune dandy ne manque pourtant pas de charisme. Profonde, nasillarde, mais capable de monter dans les aigus, sa voix impressionne. Il interprète ses morceaux, comme si c’était un acteur. Un rôle qu’il joue à merveille. Il focalise tous les regards. Riche et diversifiée, la setlist ne compte aucun temps mort. Elle recèle de nombreux titres issus du dernier long playing, dont les deux singles, « Desire » et « Disgraced in America », compos qui s’enfoncent encore davantage dans un univers proche de Joy Division. Mais puise également au sein d’un répertoire plus ancien, à l’instar de « Men for Miles » et « Beautiful Blue Sky », deux plages issues du second LP. Et pour couronner cette prestation, il nous réserve les deux morceaux les plus excitants de sa discographie, « Today More than any other day » et « The Weather Song ».

Ce soir, Ought a démontré une nouvelle fois, qu’il avait un énorme potentiel, un groupe capable de torcher des mélodies implacables, mais également de concocter des compos progressives ou expérimentales. En outre, Tim Darcy confirme qu’il est des chanteurs les plus charismatiques de sa génération…  

Ought + Lucy Dacus + Hater

 

vendredi, 27 avril 2018 14:05

Froidepierre

Depuis la sortie de son premier elpee (« Symmetry »), Jean Jean a subi pas mal de bouleversements. Après avoir accompli une tournée de plusieurs mois à travers l’Europe mais également les USA et le Mexique, les deux membres fondateurs, Edouard Lebrun et Sébastien Terregossa avaient décidé de limiter leur projet à la formule duo avant de finalement intégrer un troisième larron. En l’occurrence le claviériste Gregory Hoepffner (Almeeva, Kid North).

Dès les premières secondes d’écoute de cet opus, le ton est donné. Alors qu’auparavant, Jean Jean nous proposait un math-rock énergique et enjoué, « Froiddepierre » baigne au sein d’un climat énigmatique. Les morceaux affichent une plus grande maturité et recèlent davantage de nuances. Outre l’énergie très ‘math-rock’ dont il a fait sa marque de fabrique, le combo français alterne ici passages atmosphériques et ondoyants. L’omniprésence d’un clavier apporte, à n’en pas douter, une dimension supplémentaire. Les conditions d’enregistrement (les sessions se sont déroulées dans un chalet au sein des Alpes) ont peut-être eu raison de l’humeur festive, vu le ton légèrement mélancolique des plages. Quoi qu’il en soit, c’est une réussite et on y adhère pleinement !

 

vendredi, 27 avril 2018 14:00

All Together again

A seulement 31 ans, l’Américain Peter Broderick peut se targuer de déjà avoir un sacré parcours. Outre sa dizaine d’essais (albums, vinyles, cassettes, 7 inches, etc.), dont certains sont parus chez Erased Tapes, et d’autres, sur Bella Union, il a participé à de nombreux projets et multiplié les collaborations. Bossant notamment en compagnie de M.Ward, Loch Lomond ou encore son compagnon de label, Nils Frahm. Sans oublier son concours apporté lors des concerts de la formation danoise, Efterklang.

« All Together Again » réunit des plages composées lors de la dernière décennie. Un opus hétérogène où il affiche sa parfaite maîtrise instrumentale. Et il le démontre, dès le morceau d’ouverture, « If I Were A Runway Model », imaginé dans le cadre d’un défilé de mode organisé à New York, au cours duquel piano et violon font bon ménage. Tout au long de la paisible croisière « A Ride on the Bosphore », on a l’impression d’être caressé par une douce brise. Plus folk, « Emily » a été écrit pour un mariage.

Polyvalent, Peter est aussi à l’aise pour composer des B.O. ou des morceaux symphoniques, en solo ou au sein d’un groupe…

vendredi, 27 avril 2018 13:59

Permo

Après avoir publié plusieurs singles, quelques cassettes et accordé de nombreux concerts, notamment sur le Vieux Continent, en première partie de Teenage Fanclub et Real Estate (l’année dernière au Botanique), il est enfin venu le temps pour ce quintet originaire de Glasgow de livrer son premier album. Il s’intitule « Permo » et est paru chez Geographic Music (The Pastels).

Contrairement à beaucoup de groupes de leur génération, les Ecossais n’ont pas cédé aux sirènes des claviers et ont opté pour les bonnes vieilles guitares. Spinning Coin consomme un pop/rock efficace qui allie à merveille les morceaux mélodiques apaisés, parfait pour l’été, et les plages plus tranchantes et énergiques. Deux faces du groupe qui sont incarnées chacune par l’un des compositeurs. Davantage imprégnées de cet esprit punk bien britannique, Jack Mellin, se réserve les plus nerveuses. Sean Armstrong, les plus mélancoliques. Et ces dernières, à l’instar de « Raining on hope Street » ou encore « Money for breakfast » lorgnent plutôt vers Real Estate voire Whitney.

 

dimanche, 15 avril 2018 17:27

Call it Love

Deux ans seulement après la sortie de son deuxième album, « All Around Us », et après avoir accompli plusieurs tournées aux côtés de Jesca Hoop ou encore Alex Cameron, Briana Marela nous propose un nouvel LP, paru de nouveau sur l’excellent label américain Jagjaguwar (Bon Iver, Foxygen, Dinosaur Jr, …). La jeune femme installée à Seattle n’a donc pas chômé et surtout rien perdu de sa muse. Elle confirme ainsi tout le bien que l’on pouvait penser d’elle.

« Call it Love » recèle dix titres inspirés qui traitent des relations sentimentales (comme son titre l’indique, d’ailleurs). Sa musique évoque parfois Beach House, surtout la voix sensuelle de la jeune femme. La songwritrice alterne morceaux atmosphériques tels que « I’m Sorry » et titres plus rythmés à l’instar de « Give Me Your Love » ou encore « Quit ». Briana Marela superpose avec grâce les nappes de claviers pour aboutir à une musique éthérée qu’on pourrait qualifier de dream-pop. Elle parvient également à torcher des mélodies recherchées qui parviennent à emballer l’auditeur sans jamais le plonger dans l’ennui.

Autant dire que « Call it Love » est album très plaisant à écouter. On suivra donc de très près l’actualité de l’artiste...

 

lundi, 02 avril 2018 13:50

Musik

Agé de 78 balais, William Eggleston est davantage notoire pour son talent de photographe –art dont il est l’un des représentants contemporains les plus éminents– que pour sa carrière musicale. Paru sur l’excellent label Secretly Canadian, « Musik » constitue d’ailleurs son premier elpee. Apparemment, le natif de Sumner (NDR : c’est dans le Mississippi) a toujours été un passionné de musique. « Musik » se réfère à l’un de ses compositeurs favoris, à savoir Bach. Le piano l’a accompagné tout au long de sa vie et il s’est toujours prêté à des improvisations. Cet opus est d’ailleurs constitué de ces pratiques opérées sur un Korg O1/W FD pendant un laps de temps plus ou moins long.

Au-delà du nom de l’interprète qui suscite la curiosité, il faut bien avouer que cette suite d’expérimentations (qui oscille de la musique d’église à la B.O. de film d’épouvante, en passant par le néo-classique) ne présente guère d’intérêt, si ce n’est celui de flatter l’égo de son auteur. Aucune mélodie n’émerge de ces exercices de style. Après seulement quelques minutes, ces exercices de style qui souffrent, en outre, d’une absence totale d’homogénéité, deviennent insupportables.   

A contrario de son œuvre photographique, « Musik » risque fort de ne pas passer à la postérité…

 

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