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Béber

Béber

mardi, 30 octobre 2018 15:08

Taillé pour le ‘live’…

En à peine deux ans et autant d’albums, Idles est parvenu à se hisser au sommet du mouvement punk. Et plus exactement du post-punk énergique et jouissif qui véhicule des textes caustiques signés par Joe Talbot, le leader de ce quintet. Issu de Bristol, il est parvenu à conquérir l'Europe ainsi que le Nouveau Continent, en y multipliant les concerts. Des concerts à ne manquer sous aucun prétexte, tant il s’y est forgé une réputation irréfutable. Et la présence d’un nombreux public ce soir, parmi lesquels figurent un fort contingent de convaincus, en est la plus belle démonstration. En quelque sorte, les Anglais sont donc en territoire conquis…

C’est le duo guitare/batterie John qui ouvre la soirée. Malheureusement, malgré une évidente bonne volonté, le punk sauvage du tandem insulaire ne semble guère intéresser l’auditoire. En fait, il attend surtout la tête d’affiche…

Et c’est à 21 heures que le quintet monte sur l’estrade. Réunissant de nombreux fans, le public est chauffé à blanc. Plusieurs aficionados sont déjà dans les starting-blocks afin de se lancer dans les pogos. Joe Talbot se plante au milieu du podium. Le bassiste Adam Devonshire et le guitariste –chevelu– Lee Kiernan optent pour le côté gauche alors que le gratteur –moustachu et torse nu– le droit. Enfin, le drummer Jon Beavis s’installe en retrait, derrière ses fûts.

La formation britannique entame les hostilités par « Colossus », c’est-à-dire le morceau qui ouvre son dernier elpee, « Joy as an Act of Resistance ». De quoi donner le ton d’un set qui ne baissera jamais d’intensité. Les deux sixcordistes prennent beaucoup de plaisir en arpentant les planches de droite à gauche ou inversement. Joe Talbot débite ses paroles en y mettant beaucoup de cœur. Idles enchaîne les morceaux issus de ses deux long playings. Il dédie « Danny Nedelko » aux migrants. Ce qui provoque les acclamations de l’auditoire. Mais également un autre titre, à sa fille. La foule est apparemment ravie du spectacle et si la température monte au sein de la fosse, les odeurs de transpiration se répandent inéluctablement. Le pogo et le crowdsurfing s’y déroulent sans interruption. Véritables boules d’énergie, les deux gratteurs –armés de leurs instruments– prennent régulièrement un bain de foule. Ils vont même ramener plusieurs fans sur le podium, lors de cet exercice. On peut donc comprendre qu’au bout de 90’, après avoir donné tout ce qu’ils avaient dans les tripes, les musicos soient éprouvés. D’ailleurs, en fin de parcours, Talbot signale qu’il s’agit du dernier morceau du concert et qu’il est inutile d’espérer un rappel.

Ce soir, Idles a prouvé que sa notoriété n’était pas usurpée. Il s’agit bien d’une formation taillée pour le ‘live’. L’auditoire a été littéralement électrisé et surtout conquis par l’énergie libérée tout au long du concert par le combo. Le punk est loin d’être mort et enterré. On a même l’impression qu’il renaît de ses cendres…

(Organisation : Aéronef, Lille)

mardi, 23 octobre 2018 15:39

Un concert… phosphorescent…

Dans le cadre du festival Autumn Falls, Phosphorescent se produisait à l’Orangerie du Botanique. Drivée par Matthew Houck, la formation est habituée des lieux, puisqu’il s’agit déjà de la cinquième fois qu’elle se produit au sein du complexe culturel bruxellois. Au fil du temps, Phosphorescent est devenu une valeur sûre de l’indie rock. Pas étonnant que le concert de ce soir soit sold out. Un public impatient de découvrir en ‘live’ « C’est la vie », le septième opus de ce band originaire de l’Alabama.

Il est tout juste 21 heures lorsque les lumières s’éteignent. Matthew Houck se plante au centre du podium. Coiffé d’une casquette il a enfilé un tee-shirt rentré dans le pantalon qui laisse apparaître un léger bide. Quelque part, à l’instar de plusieurs de ses musicos –deux claviéristes, un guitariste, un drummer et un percussionniste– il illustre bien le stéréotype du routier sudiste, aux States. Le set s’ouvre par « New Birth in New England », un morceau issu de son dernier elpee. Mais va ensuite piocher dans l’ensemble du répertoire du combo yankee, alternant ballades langoureuses telles que « My beautiful Boy » et « Christmas Down Under » et compos énergiques, comme « Terror in the Canyons (The Wounded Master) » ou « Around the Horn ». Et finalement, l’aspect americana ressort davantage sur les planches que sur disque. Phosophorescent n’en oublie pas pour autant sa reprise du « Hey That's No Way To Say Goodbye » de Leonard Cohen. Les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet. Pas une seule faille dans l’ensemble. L’équilibre est parfait. Manifestement, Phosphorescent est aussi apte à se produire dans les grands festivals qu’au sein d’espaces plus intimistes. Quant à l’expression sonore elle navigue quelque part entre celles de War on Drugs, Wilco et Bruce Springsteen. Après une bonne heure de prestation, le groupe vide les lieux, avant que Matthew Houck ne revienne seul sur l’estrade, seul, armé de sa gratte. En l’espace de deux morceaux dont l’excellent « C’est la vie », il va nous démontrer toute l’étendue de son talent, mais également communiquer un feeling déchirant à l’ensemble de l’auditoire. Impressionnant ! Ses musicos le rejoignent ensuite pour interpréter le morceau final, « Song for Lula ».

Très inspiré, Matthew Houck et son team nous ont accordé, ce soir, un concert… phosphorescent…

(Organisation : Autumn Falls + Botanique)

mercredi, 24 octobre 2018 15:43

Warrior

Trois années après avoir gravé son deuxième opus (« Parting Glances »), Nicole Schneit, aka Air Waves, nous propose son nouvel album. Intitulé « Warrior », il est paru sur l’excellent label Western Vinyl ». Le titre et l’artwork de cet essai illustrent parfaitement la philosophie prônée par l’Américaine basée à Brooklyn. Tout au long des onze morceaux qui jonchent « Warrior », elle relate ses différents combats. Celui mené pour la tolérance vis-à-vis de la communauté queer à laquelle elle appartient, de sa mère contre la maladie ou encore contre la présidence de Donald Trump…

Portées par sa voix androgyne, ses mélodies sont captivantes mais complexes. Outre la qualité de ses compos destinées à répercuter ses émotions à travers la musique, la songwritrice a bénéficié du concours de quelques excellents collaborateurs, dont John Taveniere, producteur et guitariste de Woods, derrière les manettes, ou encore Kevin Morby, aux chœurs, sur le titre electro-pop-rock éponyme. Des compositions indie/folk à l’instrumentation riche. A l’instar du titre qui ouvre l’opus, « Home », une plage colorée de cuivres. Ce qui n’empêche pas Nicole de libérer toute sa sensibilité, en ne se servant que d’une simple gratte électrique. Comme sur « Sky » et « Hold on Hope », deux pistes qui montent en intensité grâce à leurs longs crescendos…

D’excellente facture, « Warrior » nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Des lectures qui permettront, progressivement, de révéler la richesse des douze morceaux et de s’immerger totalement dans l’univers d’Air Waves...

 

vendredi, 19 octobre 2018 15:34

Soil

Derrière le patronyme Serpentwithfeet se cache Josiah Wise, un Américain originaire de Baltimore, dans le Maryland. Après avoir effectué un court passage par le Conservatoire duquel il s’est fait virer, ce personnage âgé aujourd’hui d’à peine 30 ans roule sa bosse sur la scène néo soul, que ce soit à Paris ou Philadelphie. C’est après avoir mis le cap sur New York que Josiah Wise monte son projet Serpentwithfeet et signe un premier Ep sur le label électronique Tri Angle. Le look du Yankee est aussi particulier que sa musique ; ce qui a sans doute attiré l’oreille des critiques. Les retours positifs lui permettent alors de signer chez Secretly Canadian (Antony and the Johnsons, Damien Jurado, Suuns,…) et de graver « Soil », un premier opus déroutant à plus d’un titre…

Le premier choc, en écoutant ce disque, c’est la voix haut perchée de Josiah. Chaque morceau lui permet d’effectuer une performance en soulevant les émotions et en essayant toujours d’atteindre l’octave supérieure. Outre sa capacité à moduler sa voix androgyne, Wise les superpose à l’aide une loop machine. Bien accompagné (notamment par Clams Casino à la rythmique), il mélange intelligemment les styles. Depuis la soul au r’n’b, en passant par le gospel et l’électronique, sans toutefois que l’instrumentation ne passe au-delà de sa voix qui reste le point central de son expression sonore.

Difficile de définir le style de cet artiste. On ne peut dès lors que vous inciter à écouter cet LP qui révèle l’une des personnalités vocales les plus intéressantes de cette année 2018.

 

dimanche, 16 septembre 2018 19:10

Jericho sirens

Il a fallu attendre quatorze ans pour que la troupe originaire de San Diego décide enfin de se réunir pour nous livrer un quatrième album. Cette décision, certainement motivée en partie par la proposition du légendaire label de Seattle, Sub Pop, devrait ravir les adeptes de punk-hardcore. Et bonne nouvelle, l’attente en valait la peine.

Toujours emmené par le mythique duo réunissant Rick Froberg (guitare, voix) et John Reis (guitare), Hot Snakes revient donc aux affaires en publiant « Jericho Sirens », un opus d’une efficacité redoutable. Dix morceaux en une demi-heure. Aucun répit à déplorer tout au long de ce quatrième essai. Dès les premiers riffs de « I Need a Doctor », les quinquagénaires démontrent qu’ils n’ont rien perdu de leur savoir-faire. Une plage qui donne le ton au long playing ! Si l’énergie est toujours bien présente, le band est également capable de ralentir le tempo afin de torcher des mélodies accrocheuses, à l’instar de l’excellent « Six wave hold-down ».

Le retour aux affaires des Californiens est une réussite. Hot Snake n’a pas pris une ride ! Espérons simplement qu’il ne faudra pas attendre une autre décennie avant de voir naître un successeur à « Jericho Sirens ». Mais avant de penser à la future et hypothétique discographie du combo, il serait sans doute intéressant d’aller voir ce qu’il a dans le ventre, lors de son concert, qui accordera à Courtrai (au Wild Westen), ce 18 octobre prochain...

 

mardi, 21 août 2018 19:07

Union Cafe

Il y a quelques mois, votre serviteur chroniquait l’album « The Imperfect Sea » de Penguin Cafe. Il s’agissait du premier elpee gravé par Arthur Jeffes qui avait voulu, quelque part, ressusciter le projet imaginé par son paternel, en 1974. Un disque publié sur le label anglais, Erased Tapes (Nils Frahm, Olafur Arnalds,…) La même écurie a décidé de rééditer « Union Cafe », un opus du collectif originel. Brian Eno avait été charmé par les qualités de l’orchestre, dès le départ, et l’avait pris sous son aile. « Union Cafe » constitue le cinquième et dernier album de ce groupe. Paru en 1993, il est rapidement devenu culte. En 1997, le leader et fondateur, Simon Jeffes décède…

« Union Cafe » est découpé en seize pistes. Elles sont toutes issues de la plume de Simon Jeffes. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’une trentaine de musiciens. Si le piano sert de fil rouge, l’instrumentation s’avère particulièrement riche, le collectif prenant le soin de varier les climats. De ce long playing, impossible de ne pas passer à côté de la version du traditionnel « Discover America », dont la mélodie est restée incontournable...

L’initiative d’Erased Tapes (NDR : une écurie en vogue !) permet de (re)découvrir le projet de Simon Jeffes. A cette époque, Penguin Cafe Orchestra était parvenu à extraire la musique classique et le jazz de son carcan d’initiés et de disciples. Quelques décennies plus tard, manifestement, ce travail de précurseur a payé…

 

jeudi, 29 novembre 2018 12:24

I'm bad now

Deux ans après avoir gravé son deuxième opus, « Thought Rock Fish Scale », ce quatuor canadien (NDR : il est issu d’Halifax, en Nouvelle-écosse) nous propose un nouvel elpee. Baptisé « I’m bad now », il est paru sur le label Jagjaguwar…

Drivé par le parolier/scientifique (il est technicien/chimiste) Nigel Chapman, le band nous y propose une musique enracinée dans les sixties, à l’instar du ‘velvetien’ « Judgment », tout en lorgnant vers un indie rock pratiqué au cours des 90’s, par des groupes comme Pavement, Wilco ou encore Neutral Milk Hotel (« I’m Bad »). Les riffs de grattes sont accrocheurs et la basse est caoutchouteuse. En outre, les textes sont à la fois soignés et profonds. Pas pour rien que son expression sonore est taxée d’‘intellect-rock’. Bien que de bonne facture, elle manque cependant d’aspérités, de fluctuation, voire de frénésie…

 

mardi, 21 août 2018 18:54

Superorganism

Si un groupe devait incarner le progrès technologique, la mondialisation et la circulation des êtres humains sur le globe (à l’exception, bien sûr, de la population issue de l’hémisphère Sud), Superorganism constituerait certainement le meilleur ambassadeur de cette évolution. Tout a commencé par la prise de contact entre une jeune Japonaise d’à peine 16 ans, Orono Noguchi, et un groupe néo-zélandais, dont elle est fan. Le courant passe bien entre les correspondants qui échangent des fichiers audio. Elle est finalement invitée à y poser la voix. Il s’agit des balbutiements qui précèdent la formation du band. Quelques mois plus tard, Superorganism est né. Le line up implique huit musicos issus d’Angleterre, du Japon, de Nouvelle-Zélande et d’Australie, dont sept vivent ensemble, dans une maison équipée d’un studio DIY, sis à l’Est de Londres. De leur collaboration va éclore un premier single baptisé « Something for Your M.IN.D ». La compo devient virale. Frank Ocean et Ezra Koenig (Vampire Weekend) ne tarissent pas d’éloges le combo. Domino le signe. Ce qui permet à Superorganism de publier un premier elpee et puis de se voir ouvrir les portes des festivals les plus prestigieux, dont le Pukkelpop. Tout baigne pour l’octuor cosmopolite…

D’une efficacité redoutable, ce premier LP marche sur les traces de MGMT voire d’Architecture in Helsinki. Une pop foutraque, jouissive et colorée (à l’image des clips et ‘costumes’ de scène) qui contraste avec la voix faussement apathique d’une Orono abordant des sujets de société, comme l’importance de l’image ou la célébrité. Une expression sonore alimentée par des synthés, de la guitare, des chœurs, des samples et des bruits issus de la vie quotidienne. En résulte dix singles potentiels dont les plus notables s’intitulent « Everybody Wants To Be Famous », « SPRORGNSM » et, bien sûr, « Something For Your M.I.N.D ».

Pour conclure, rien de tel qu’une citation d’Orono elle-même : ‘J'aime penser que Superorganism est juste une faute d'orthographe à Superorgasme’. Vu la jouissance ressentie à l’écoute de l’album, cette phrase prend alors tout son sens.

 

dimanche, 05 août 2018 11:57

Hundred Acres

Sean Carey est surtout connu pour son boulot exécuté auprès de Justin Vernon, chez Bon Iver, comme drummer et vocaliste. Pourtant, le natif d’Eau Claire (NDR : c’est dans le Wisconsin) mène un projet personnel depuis 2014. Et il tient parfaitement la route. « Hundred Acres » constitue déjà son 3ème opus solo.

Maintenant, n’imaginez pas que la musique de Sean Carey se contente de marcher sur les plates-bandes de Bon Iver. Bien sûr, on reconnaît la voix si présente dans les chœurs de ce dernier. 

Et rien que l’image reproduite sur la pochette donne le ton. Elle évoque un retour à la nature. Sculptés dans une forme de folk sophistiqué, les morceaux constituent autant de coins, dans la forêt, à explorer. De balades bucoliques au cœur de l’Amérique des espaces verts. Quoique essentiellement acoustique, l’instrumentation (sèche, violon, piano, …) est riche, mais discrète. Bien sûr, l’ensemble est enrichi par le concours d’une lap steel ainsi que de quelques touches de synthés et d’ingrédients électroniques, que se réserve Justin Vernon en personne. Paisible, la voix de Carey est régulièrement soutenue par des chœurs, auxquels participe Gordi, une jeune songwritrice australienne qui avait reçu l’aide de Carey, lors des sessions d’enregistrement de son premier elpee.

Résultat des courses, l’expression sonore dispensée tout au long de ce « Hundred Acres » navigue à la croisée des chemins de celles développées par Asgeir et Sufjan Stevens. Dommage que l’ensemble manque un peu de punch. Un zeste d’adrénaline aurait permis à cet LP de sortir de l’ordinaire…

 

dimanche, 05 août 2018 11:56

Pinned

Depuis 2003, année de sa fondation, A Place to Bury Strangers, s’est forgé une solide notoriété sur la scène musicale alternative. Il est d’ailleurs reconnu comme un des groupes les plus bruyants de la Grosse Pomme.

Depuis la sortie de son dernier opus, le groupe a vécu quelques changements de line up. Le batteur, Robi Gonzalez, a décidé de quitter le navire après la dernière tournée du band. Il a été remplacé par Lia Simoni Braswell, une ex-Le Butcherettes. « Pinned » constitue le cinquième elpee du combo et le troisième publié chez Dead Oceans. Et c’est un petit tournant dans la discographie de A Place to Bury Strangers.

Pourtant, dès le morceau qui ouvre le long playing, « Never Coming Back », on se rend compte que la musique du combo new-yorkais n’a guère baissé en intensité. Le tempo est frénétique. Lia Braswell assure les chœurs. Ses backing vocals sont même quasi-omniprésents. Mais si la ligne de basse est toujours aussi appuyée et directrice et les sonorités, bien saturées, l’ensemble se révèle un peu moins noise… lorgnant même parfois vers la pop, baissant même quelque peu la garde tout au long du post-punk « There’s only one of us » ainsi que « Situations Changes » et s’autorisant même un accès mélancolique, tout au long du ténébreux « Was it Electric »…

Le concours de Braswell a forcé le band à évoluer. Sans perdre pour autant son identité. Certains mélomanes vont apprécier. Les aficionados de la première heure, sans doute moins. A mon humble avis, la mutation est judicieuse… et surtout réussie…

 

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