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Béber

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mercredi, 14 février 2018 02:00

Sans se soucier du qu’en-dira-t-on…

C’est après avoir publié l’album « Perpetual Motion People », en 2015, qu’Ezra Furman s’est réellement forgé une certaine notoriété aux States ainsi qu’en Europe. Il faut d’ailleurs reconnaître que ses disques précédents ainsi que ses collaborations auprès d’autres groupes, n’ont guère eu d’écho, surtout sur le Vieux Continent. Né à Chicago, cet artiste jouit également d’une excellente réputation de performer sur les planches, concerts au cours desquels il ne se cache jamais et donne tout ce qu’il a dans le ventre. Ce qui explique sans doute pourquoi, il figure régulièrement à l’affiche des plus grands festivals de la planète, comme le Primavera Sound, le Paloma ou encore le SXSW… On avait donc hâte de découvrir l’Américain, et surtout les nouveaux morceaux qui figurent sur son septième opus, « Transangelic Exodus », paru quelques jours plus tôt. La salle est comble. Plus aucune place n’était d’ailleurs disponible au guichet du Botanique.

Il est 20h30 lorsque les lumières de la Rotonde s’éteignent. Des panneaux blancs sont installés en fond de scène. Ils reproduisent différents signaux. Les haut-parleurs crachent une musique de bal. Quatre musicos entrent et s’installent aux extrémités du podium. En l’occurrence un bassiste (également contrebassiste), un claviériste (gratteur à ses heures perdues), un batteur et un saxophoniste/xylophoniste/guitariste, habile sur n’importe lequel de ses instruments. Fidèle à son image, Ezra Furman grimpe sur l’estrade vêtu d’une robe et maquillé. L’Américain se soucie très peu du qu’en-dira-t-on. Il n’hésite pas à jouer de son personnage en alternant les poses sensuelles, les crises de nerfs et les danses frénétiques. Jamais avare en paroles, il partage ses sentiments. Plutôt que d’exprimer ses sensations sur un canapé, Ezra Furman les extériorise sur scène, sur laquelle, il se met, en quelque sorte, à nu…

Le set s’ouvre par un titre du nouvel elpee, « Come Here Get Away From Me ». Départ raté comme il le reconnaîtra. Il faudra d’ailleurs attendre deux morceaux avant que la formation ne trouve la bonne carburation. Mais une fois mise en route, la machine ne s’arrêtera qu’une heure et demie plus tard. Le band nous réserve du bon vieux rock’n’roll aux accents punk et parvient à décider quelques spectateurs à danser. Du dernier LP, on épinglera « Love You so Bad », « Driving Down to L.A » et encore « Suck the Blood from my Wound ». Après une bonne heure de spectacle, la troupe vide les lieux. Furman revient d’abord seul et attaque plusieurs compos en s’accompagnant à la guitare. On découvre alors son talent de songwriter à l’état brut. Ses musicos reviennent ensuite pour interpréter les derniers titres, et notamment le tube « Restless Year ».

On ne regrettera pas cette soirée passée en compagnie d’Ezra Furman. On a découvert un personnage haut en couleurs qui assume ses choix. Sa musique réchauffe, insuffle une bonne dose d’énergie. Tout ce dont on avait besoin en ce mois de février hivernal.

(Organisation : Botanique)

Ces 8 et 9 février, l’Ancienne Belgique accueille l’étoile allemande de la musique néo-classique, Nils Frahm. Programmées quelques mois plus tôt, les deux performances consécutives du pianiste affichent ‘complet’ depuis belle lurette. Il faut dire que le musicien établi à Berlin est un digne représentant de cette scène musicale qui réalise un pont entre la musique indé et le classique. C’est lui qui a ouvert la voie à des artistes tels qu’Olafur Arnalds ou encore Peter Broderick. Son dernier opus, « All Melodies », paru au début du mois a, tout comme ses précédentes productions, récolté des avis unanimement favorables. Votre chroniqueur se consacre à la soirée du vendredi. Compte-rendu

Il est près de 20h30 lorsque Nils Frahm grimpe sur les planches. La salle est pleine à craquer. Votre serviteur opte pour le balcon. Il y restera bien confortablement assis dans son fauteuil de velours rouge, y bénéficiant, en outre, d’une vue imprenable.

Six pianos, orgues et autres filtres trônent devant la fosse et entourent l’artiste. Pendant deux heures, Nils Frahm va courir de l'un à l'autre. Ou de l'autre à l'un, selon. Quelque part entre classique, électro, rock et jazz, il crée sa propre musique en jouant de ou en bidouillant sur ses instruments.

Les plages de « Spaces » et du dernier LP, « All Melodies », se succèdent, entrecoupées par les remarques mi-gênées mi-amusantes de Nils. Hypnotiques, les plus enlevées passent parfaitement la rampe. Le public est enthousiaste, sans pour autant se lancer dans le pogo.

Le bât blesse lorsque Nils Frahm s'assoit devant son piano droit. Les bières tombent, les ‘chut !’, tout aussi désagréables, y répondent. Certaines personnes s’imaginent à la messe ou dans un stade de foot, pas à un concert à l'AB. Ici, la musique vit. Casque et canapé seraient peut-être à privilégier pour certains énergumènes.

Le concert se poursuit cependant et les morceaux se succèdent. Finalement, Nils annonce qu’il interprétera encore deux titres. Il n’en accordera pas davantage. Il ne consent d’ailleurs jamais de rappel ! En fin de set, il s'amuse à marteler son majestueux piano à queue avant de quitter la salle sous les applaudissements d’un public heureux d’avoir pu assister à une expérience musicale particulière, loin des concerts dits conventionnels. Ici, seules comptent la musique et l’ambiance. Exit le jeu de scène et le superflu, il ne reste que le musicien face à son public. 

(Organisation AB + Toutpartout)

dimanche, 11 février 2018 18:39

Lingering

Derrière Sleep Party People se cache le Danois Brian Batz que l’on a déjà pu remarquer aux côtés de Trentemøller et de Tomas Barfod, le batteur de WhoMadeWho. Trois ans après gravé "Floating", le multi-instrumentiste est de retour et propose un quatrième LP intitulé "Lingering". Comme le précédent, il est sorti sur le label américain Joyful Noise (Son Lux, Deerhoof, Lou Barlow, Why?, …) S’il assure l’écriture de son répertoire et toute l’instrumentation, hormis les percussions, il est seul à la composition et assure tous les instruments hormis les percussions. Le Scandinave a cependant reçu le concours de choristes pour enrichir des morceaux pourtant déjà forts fouillés. On peut notamment entendre la voix du leader de The Antlers, Peter Siberman, sur « Dissensions ».

L’univers de Brian Batz est particulier. On s’y perd aux premières écoutes, avant de finir par s’y blottir. En superposant des nappes de claviers, de guitares et autres instruments plus difficilement identifiables, il élabore des morceaux de pop/psyché sur lesquels vient se poser sa voix douce et moelleuse. Entre les plages plus atmosphériques rappelant des groupes tels que Flaming Lips, Mercury Rev ou Tame Impala, il parvient à insérer des passages plus rythmés qui peuvent rappeler Animal Collective. Et surtout, il ne néglige pas pour autant le sens mélodique…

La musique de Sleep Party People est complexe et mérite de s’y attarder. Le résultat est d’autant plus intéressant lorsque l’on sait qu’il a accompli le travail quasi en solitaire...

 

dimanche, 11 février 2018 18:37

Refractions

Hormis les valeurs sûres telles que Mogwai et Explosions in the Sky ainsi que quelques satellites aujourd’hui confirmés comme And So I Watch You From Afar, il faut bien avouer que depuis quelques années le post-rock ne parvient plus à accoucher que de pâles copies des groupes précités. Souvent ils se contentent de reproduire des schémas usés jusqu’à la corde. Il est même de plus en plus difficile d’en sortir un du lot.

Le dossier de presse de Meniscus stipule que le post-rock est une nouvelle fois mis à l'honneur. Pas de quoi susciter l’engouement chez votre serviteur. Pourtant, après une écoute attentive, il faut bien avouer que la musique de Meniscus est très intéressante. Issue de Sydney, cette formation affiche une belle carte de visite. Au cours de sa carrière, débutée en 2005, le quatuor australien a eu l'occasion de sillonner les routes européennes. On a pu l’apercevoir, par exemple, du côté de Zottegem, dans le cadre du Dunkfestival. Il a également eu l'occasion de partager la scène avec des combos mieux connus comme Caspian ou This Will Destroy You. Face à ce dernier, Meniscus n'a d’ailleurs pas à rougir.

"Refractions" constitue son troisième elpee. Il y maîtrise parfaitement les codes du genre. Mais surtout, il parvient à jongler entre différents tableaux. Sur "Doom", les riffs lourds et lents sont entrecoupés de passages plus atmosphériques, rappelant Isis voire Caspian. Tout au long de "Simulation", alors que le tempo s’accélère, les musicos démontrent leurs aptitudes techniques. Pourtant, le climat est aussi susceptible de virer à la mélancolie, à l’instar de "Daturas". Mais bien souvent, l’oppression, la dextérité et les variations rythmiques alimentent un seul et même morceau.

Pour tout amateur de post-rock, Meniscus est donc un groupe à découvrir au plus vite.

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

The Weather Station

The Weather Season, c’est le projet de Tamara Lindeman. Avant d’embrasser une carrière musicale, cette jeune torontoise a incarné quelques rôles dans quelques séries TV et au cinéma. Elle a ainsi notamment tenu un second rôle dans le ‘Crimson Peak’ de Guillermo del Toro. Rien de bien transcendant, cependant…

Avant de publier cet LP éponyme, elle avait déjà gravé trois long playings, qui n’ont guère eu d’écho sur le Vieux Continent. Et pourtant, elle possède des atouts indéniables.

Ce nouvel essai explore une forme country/folk, circonstanciellement teintée d’accents jazzyfiants. Superbe, la voix de Tamara évoque celle de Lisa Hannigan. 17 musiciens viennent jouer, à tour de rôle, banjo, violon, guitare slide ou encore de l’orgue. Parmi ceux-ci, figurent Daniel Martin Moore, Nathan Salsburg (Joan Shelley), Ben Boye (Ryley Walker) ou encore Mika Posen (Timber Timbre, Agnes Obel). Une œuvre qui nécessite, voire mérite, plusieurs écoutes avant d’en déceler la subtilité des mélodies, la variation des tonalités et la richesse ainsi que l’excellence de l’instrumentation. Partagées entre plages rythmées et paisibles, ce disque mérite clairement le détour. Cette artiste talentueuse, parfaitement entourée, a concocté un opus dont la beauté se révèle au fil de ses écoutes.

 

samedi, 20 janvier 2018 12:43

Elastic

Amy Oelsner, alias Amy O, est américaine. Et plus précisément originaire de Bloomington, dans l’Indiana. Au départ, elle faisait cavalière seule, mais au fil du temps, elle s’est entourée de musiciens, pour finalement driver un véritable groupe, dont elle assure, bien sûr, le leadership.

« Elastic » constitue son second album (mais le premier enregistré dans un véritable studio). Il fait suite à un premier paru en 2016 et intitulé « Arrow ». Elle nous y propose douze plages énergiques, sculptées dans un indie rock sans grande prétention, mais agréables à l’écoute, qui ne marqueront cependant pas l’histoire du rock de leur empreinte. Paradoxal, si certains thèmes de ses compos sont plutôt douloureux, comme celui de la mort d’amis proches, les mélodies paraissent particulièrement légères. Mais néanmoins efficaces, à l’instar de « Cherry Blossom » ou encore « Soft Skin ». Dominées par les guitares et la voix d’Amy O, les titres sont quelquefois soulignés par des chœurs ou soutenus par une ligne de clavier…

 

samedi, 20 janvier 2018 12:39

Bienséance, étiquette et galanterie

Excellente Attitude est un duo récemment formé, réunissant deux Mouscronnois exilés dans la capitale. Le tandem a décidé, depuis quelques mois, de répandre une énergie positive et communicative sur la capitale européenne. Un état d’esprit que traduit parfaitement son premier Ep, baptisé « Bienséance, étiquette et galanterie ».

Derrière ce doux patronyme se cache un projet aussi basique qu'efficace. Exit les guitares et autres claviers, Excellente Attitude a décidé de se limiter à la basse et la batterie, l’expression sonore autorisant, épisodiquement, quelques effusions vocales naviguant entre le chant et la déclamation. Difficile donc d'épurer davantage...

Malgré cet apparent minimalisme, les 5 plages de cet Ep gardent constamment l’esprit du mélomane en éveil. L’accroche est permanente. Outre les frappes lourdes et métronomiques du drummer, la ligne de basse dicte la marche du morceau tout en assurant la mélodie. Le duo ne privilégie donc pas la débauche d'énergie au détriment de la subtilité, comme de nombreuses autres paires. Il parvient à agréger ces deux composantes essentielles.

Bref, la musique d’Excellente Attitude évolue au sein d’un univers proche du combo français,

Gâtechien, puisant probablement son influence majeure chez Fugazi. IL y en a d’autre, mais on vous laisse le soin de les déceler… 

N'hésitez donc pas à prendre une bonne dose d'ondes positives, lors des concerts accordés par Excellente Attitude. Quand ? Le 8 mars au Rock Classic Bar et le 24 juin au Magasin 4…

 

dimanche, 31 décembre 2017 02:00

Selfless

Derrière le pseudonyme de Joni Voice se cache le Français Jean Cousin. Originaire de Lille, il s’est établi à Montréal, en 2012, pour y suivre des études de cinéma. Avant de sortir ce premier album, il a notamment publié quelques Eps sous le pseudo de Johnny Ripper. En peu de temps il est parvenu à se forger un nom dans la ville québecquoise, puisqu’il a eu la chance de pouvoir signer sur le prestigieux label Constellation (Godspeed You ! Black Emperor, Silver Mount Zion, Do Make Say Think, …)

Avant d’être compositeur, Jean Cousin est avant tout un bidouilleur hors pair. Sur ce premier opus, aucune ligne n’a été composée par le Français. La totalité des morceaux a été créée grâce à des samples que Joni Void sélectionne et colle bout à bout afin d’obtenir des pièces musicales originales d’une grande qualité.

« Selfless » est un album hétérogène qui, au-delà de la technique utilisée, présente des univers différents. Ainsi, si « Song Sienne », la plage qui ouvre l’elpee, trace des lignes de piano, « Doppler » lorgne vers l’électronica, mais dans l’esprit de Boards of Canada ; et alors que « Yung werther (ogun’s song) » adopte un profil hip hop, « Abjection » véhicule des accents indus, inspirés par Aphex Twin.

Même si l’opus est inégal, il faut reconnaître que l’artiste impressionne par sa technique ainsi que la force visuelle véhiculée par certains morceaux. On suivra donc avec intérêt, la suite de la carrière de Jean Cousin…

 

samedi, 30 décembre 2017 02:00

Snowdonia

Le parcours de Surfer Blood est loin d’être un long fleuve tranquille. Après avoir convaincu la critique musicale, grâce à un superbe premier album gravé en 2010 (« Astro Coast »), le groupe a été poursuivi par les malédictions. Outre des problèmes judiciaires et de label, il a été confronté à la maladie de son guitariste. Atteint d’un cancer, Thomas Fekete quitte d’ailleurs la formation, juste après la sortie du troisième elpee, « 1000 Palms ». Et décède quelques mois plus tard. Kevin Williams, le bassiste, tire également sa révérence. Pour d’autres raisons. Il est remplacé par Lindsey Mills, alors que le guitariste Michael McCleary rejoint le nouveau line up. Les deux remplaçants sont cependant d’anciens potes d’école des musicos originels.

Malgré le contexte difficile au sein duquel ce quatrième LP a été concocté, la musique de ce combo floridien n’a pourtant jamais parue aussi allègre, même si en filigrane, à travers les lyrics de certains morceaux, le deuil remonte à la surface (« Dino Jay », « Frozen »). Paradoxalement ensoleillées, les compos baignent dans une forme de pop/rock aux mélodies limpides et accrocheuses. Les riffs de guitare sont particulièrement efficaces et s’autorisent parfois une ligne en solo. Les chœurs soulignent judicieusement les refrains, à l’instar du single « Matter of time ». Certaines plages bénéficient de brisures de rythme. S’étalant sur un peu plus de 7’, et dans l’esprit de Whitney, le titre maître en est la parfaite illustration. Bref, en 8 pistes, le band yankee nous replonge au cœur des 90’s, évoquant tour à tour Weezer, Pavement ou encore Teenage Fanclub.

Une excellente surprise, à laquelle, franchement, on ne s’attendait pas…

 

samedi, 30 décembre 2017 02:00

Burst

Ce trio louvaniste a eu la bonne idée d’abandonner les reprises de metal pour se consacrer à son propre répertoire. Et franchement, sans ce virage à 180°, on serait certainement passé à côté de l’une des révélations belges, pour l’année 2017. Depuis la sortie de leur premier elpee, Stephanie Mannaerts, Stijn Vanhoegaerden et Peter Mulder ont connu une ascension fulgurante. Outre la multiplication de concerts aux quatre coins du Vieux Continent et sa participation à tous les grands festivals belges, Brutus vient de signer chez Sargent House, label qui héberge des artistes notoires (And So I Watch You From Affar, Russian Circles, Boris, Deafheaven, Chelsea Wolfe ou encore Earth).

Enregistré à Vancouver par Jesse Gander (Japandroids, White Lung, …), « Burst » est un album riche en influences tout au long duquel on ne décroche pas une seconde. Stephanie en est la figure centrale. Outre son excellent drumming, ses prouesses vocales sont chargées d’émotion tout en évitant de sombrer dans le lyrisme exacerbé ou de déraper dans les beuglements. Ses deux compères affichent une excellente technique. Et tout particulièrement Stijn, le guitariste, qui alterne interventions subtiles et percutantes. En outre, en jonglant entre les genres, le groupe rend sa musique imprévisible… 

Si « All Along » lorgne vers le hardcore, « Drive » et « Bird » baignent dans le post-rock/metal. Et « Crack/Waste » adopte un profil carrément math-rock. Des exemples, parmi tant d’autres, qui démontrent toute la richesse de style du band.

Tout comme Oathbreaker, Brutus est un nouveau groupe flamand à suivre de très près. Drivées par des chanteuses à la forte personnalité, ces deux formations parviennent à détacher le métal de ses codes machistes…

 

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