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Béber

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vendredi, 27 avril 2018 14:00

All Together again

A seulement 31 ans, l’Américain Peter Broderick peut se targuer de déjà avoir un sacré parcours. Outre sa dizaine d’essais (albums, vinyles, cassettes, 7 inches, etc.), dont certains sont parus chez Erased Tapes, et d’autres, sur Bella Union, il a participé à de nombreux projets et multiplié les collaborations. Bossant notamment en compagnie de M.Ward, Loch Lomond ou encore son compagnon de label, Nils Frahm. Sans oublier son concours apporté lors des concerts de la formation danoise, Efterklang.

« All Together Again » réunit des plages composées lors de la dernière décennie. Un opus hétérogène où il affiche sa parfaite maîtrise instrumentale. Et il le démontre, dès le morceau d’ouverture, « If I Were A Runway Model », imaginé dans le cadre d’un défilé de mode organisé à New York, au cours duquel piano et violon font bon ménage. Tout au long de la paisible croisière « A Ride on the Bosphore », on a l’impression d’être caressé par une douce brise. Plus folk, « Emily » a été écrit pour un mariage.

Polyvalent, Peter est aussi à l’aise pour composer des B.O. ou des morceaux symphoniques, en solo ou au sein d’un groupe…

vendredi, 27 avril 2018 13:59

Permo

Après avoir publié plusieurs singles, quelques cassettes et accordé de nombreux concerts, notamment sur le Vieux Continent, en première partie de Teenage Fanclub et Real Estate (l’année dernière au Botanique), il est enfin venu le temps pour ce quintet originaire de Glasgow de livrer son premier album. Il s’intitule « Permo » et est paru chez Geographic Music (The Pastels).

Contrairement à beaucoup de groupes de leur génération, les Ecossais n’ont pas cédé aux sirènes des claviers et ont opté pour les bonnes vieilles guitares. Spinning Coin consomme un pop/rock efficace qui allie à merveille les morceaux mélodiques apaisés, parfait pour l’été, et les plages plus tranchantes et énergiques. Deux faces du groupe qui sont incarnées chacune par l’un des compositeurs. Davantage imprégnées de cet esprit punk bien britannique, Jack Mellin, se réserve les plus nerveuses. Sean Armstrong, les plus mélancoliques. Et ces dernières, à l’instar de « Raining on hope Street » ou encore « Money for breakfast » lorgnent plutôt vers Real Estate voire Whitney.

 

dimanche, 15 avril 2018 17:27

Call it Love

Deux ans seulement après la sortie de son deuxième album, « All Around Us », et après avoir accompli plusieurs tournées aux côtés de Jesca Hoop ou encore Alex Cameron, Briana Marela nous propose un nouvel LP, paru de nouveau sur l’excellent label américain Jagjaguwar (Bon Iver, Foxygen, Dinosaur Jr, …). La jeune femme installée à Seattle n’a donc pas chômé et surtout rien perdu de sa muse. Elle confirme ainsi tout le bien que l’on pouvait penser d’elle.

« Call it Love » recèle dix titres inspirés qui traitent des relations sentimentales (comme son titre l’indique, d’ailleurs). Sa musique évoque parfois Beach House, surtout la voix sensuelle de la jeune femme. La songwritrice alterne morceaux atmosphériques tels que « I’m Sorry » et titres plus rythmés à l’instar de « Give Me Your Love » ou encore « Quit ». Briana Marela superpose avec grâce les nappes de claviers pour aboutir à une musique éthérée qu’on pourrait qualifier de dream-pop. Elle parvient également à torcher des mélodies recherchées qui parviennent à emballer l’auditeur sans jamais le plonger dans l’ennui.

Autant dire que « Call it Love » est album très plaisant à écouter. On suivra donc de très près l’actualité de l’artiste...

 

lundi, 02 avril 2018 13:50

Musik

Agé de 78 balais, William Eggleston est davantage notoire pour son talent de photographe –art dont il est l’un des représentants contemporains les plus éminents– que pour sa carrière musicale. Paru sur l’excellent label Secretly Canadian, « Musik » constitue d’ailleurs son premier elpee. Apparemment, le natif de Sumner (NDR : c’est dans le Mississippi) a toujours été un passionné de musique. « Musik » se réfère à l’un de ses compositeurs favoris, à savoir Bach. Le piano l’a accompagné tout au long de sa vie et il s’est toujours prêté à des improvisations. Cet opus est d’ailleurs constitué de ces pratiques opérées sur un Korg O1/W FD pendant un laps de temps plus ou moins long.

Au-delà du nom de l’interprète qui suscite la curiosité, il faut bien avouer que cette suite d’expérimentations (qui oscille de la musique d’église à la B.O. de film d’épouvante, en passant par le néo-classique) ne présente guère d’intérêt, si ce n’est celui de flatter l’égo de son auteur. Aucune mélodie n’émerge de ces exercices de style. Après seulement quelques minutes, ces exercices de style qui souffrent, en outre, d’une absence totale d’homogénéité, deviennent insupportables.   

A contrario de son œuvre photographique, « Musik » risque fort de ne pas passer à la postérité…

 

lundi, 02 avril 2018 13:45

Eulogy for evolution (reissue)

Dix ans après la création du label anglais Erased Tapes et afin de célébrer le dixième anniversaire de la sortie de son premier album, Olafur Arnalds a donc décidé de le rééditer. Pour la circonstance, les morceaux ont été remasterisés par son collaborateur occasionnel, Nils Frahm. Cette initiative est une bonne occasion pour redécouvrir les débuts de carrière de ce génie de la musique néo-classique. A l’époque, l’Islandais n’a que 21 ans. L’écriture des dix morceaux est guidée par le décès de son oncle. Il s’agit pour le musicien d’une première confrontation avec la mort. Tout aussi morbide que puisse être l’inspiration, « Eulogy for evolution » n’est pas austère. Sa musique, pleine de lyrisme, alterne les moments mélancoliques et les passages plus entraînants, voire même électriques, comme sur la dernière plage. Ses talents de musicien sont déjà époustouflants. Outre le piano, il assure également la batterie, le mélodica, la guitare et la basse. Et le tout est enrichi de cordes.

A l’écoute de ce premier opus, on comprend aisément que, dix ans plus tard, Olafur Arnalds (aux côtés de Nils Frahm) soit devenu le fer de lance de la scène néo-classique.

 

C’est en 2016 qu’Imarhan –qui signifie ‘ceux qui nous veulent du bien’– se révélait au grand public, en publiant son premier elpee. Un éponyme. Poussée dans le dos par le succès de groupes tels que Tinariwen ou Tamikrest, cette formation originaire de Tamanzasset (NDR : c’est dans le sud de l’Algérie) a rencontré un succès immédiat ; ce qui a permis une tournée européenne, ponctuée par quelques dates dans de grands festivals. Le subtil mélange entre le blues/rock et la musique touareg traditionnelle, concocté par les cinq membres d’Imarhan, alimente encore ce nouvel opus. Mais le combo est parvenu à passer un pallier supplémentaire, glissant de la tradition méditative du blues du désert, vers une solution sonore plus électrique, en invitant funk, fuzz, disco et rock. "Temet" (Trad : ‘connexions’) est un appel à l'unité, rappelant au monde que nous sommes tous connectés et que si ce moment est important dans le temps, ce n'est que par l'acceptation et l'adoption de cette union que nous pourrons résoudre les problèmes rencontrés aujourd’hui par toutes les cultures…

Vers 20h15, le public est encore clairsemé. On y croise, quand même, le Bruxellois d’adoption, Anana Harouna, leader du groupe Kel Assouf (représentant bruxellois du blues touareg). D’ailleurs, la salle ne va se remplir qu’au fil du show, avant qu’elle ne finisse, quand même, par être comble…

Il est 20h30 lorsque les cinq membres d’Imarhan grimpent sur l’estrade. Iyad Ag Ibrahim, le chanteur/guitariste, prend place au centre. Le percussionniste (djembe et calebasse) et le bassiste se plantent à droite. Et à gauche, le second gratteur ainsi que le drummer. Les premiers morceaux se focalisent sur le dernier long playing. Rythmée par la calebasse et la batterie ainsi que par les lignes de guitare dispensées par Iyad, la musique du band algérien parvient à dérouiller les jambes des spectateurs, dont certains commencent même à danser. Soutenu par des chœurs, le chant –en tamasheq– est envoûtant et particulièrement efficace. Le combo glisse quelques titres du premier LP, entre ceux du second. Dont le superbe "Id Islegh", au cours duquel le chanteur a troqué sa gratte électrique contre une sèche. Et puis le single, "Imarhan", soit le titre maître de ce long playing, une compo marquée par l’irruption d’un quidam, vêtu d’un costume touareg traditionnel, sur les planches, à la grande surprise des musicos. Sous les applaudissements et les sourires des musiciens, il redescend de l’estrade, à l’issue de ce morceau. Après une heure de concert, les musiciens vident les lieux.

Ils reviennent quelques instants plus tard pour un rapide rappel. Le public est entièrement satisfait et quitte l’Ancienne Belgique, avec l’impression d’avoir accompli un voyage au soleil, quelque part dans le Sahara algérien. Peut-être près d’un oasis. Mais en sortant de l’institution, le froid nous ramène rapidement les pieds sur terre.

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

lundi, 26 mars 2018 19:46

The kid

Malgré le peu de notoriété dont elle jouit en Europe, Kaitlyn Aurelia Smith incarne une véritable pointure dans son univers, c’est-à-dire celui de la musique électronique. « The Kid » constitue déjà son sixième album. Il est publié sur le label américain Western Vinyl (Dirty Projectors, Peter Broderick, Here We Go Magic, …)

Plutôt atypique, son parcours transparaît à travers son expression sonore. Native des îles Orcas, sises au Nord de l’Etat de Washington, la jeune femme a débuté sa carrière au sein d’un combo folk. Elle ne s’est intéressée à l’électro, que par la suite. Mais si elle a finalement décidé de jeter son dévolu sur les claviers et les machines, ses racines folk sont toujours très présentes tout au long de cet opus, même si les morceaux ont été composés à l’aide des claviers. Et bien qu’évoquant la sérénité de la nature plutôt que la frénésie des villes, sa musique lorgne du côté d’Animal Collective tout en baignant dans une atmosphère proche de celle d’Alela Diane…

 

lundi, 26 mars 2018 19:40

Screen memories

Avant de lancer son projet musical, John Maus était professeur de philosophie à l’Université d’Hawaii et docteur en sciences politiques. Un intello, quoi ! Ce parcours peu commun lui a quand même permis d’atterrir sur la scène indie ; mais lui a valu le pseudonyme de ‘musicien-philosophe’. Le natif du Minnesota a cependant toujours eu des liens avec la musique. C’est d’ailleurs en 1998, alors qu’il vient de fêter ses 20 printemps et étudie à l’institut des Arts de Californie, qu’il rencontre son futur acolyte Ariel Rosenberg (alias Ariel Pink). En parallèle à ses études et recherches, il publie plusieurs elpees et se distingue pour ses performances live.

Pour ce quatrième opus, intitulé « Screen Memories » et publié chez Ribbon Music (Django Django, Laura Marling, Hamilton Leithauser), John reprend les choses là où il les avait laissées, lors de son précédent elpee, « We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves », paru en 2011. Il nous y propose douze morceaux de synth-pop caverneuse dont une écrite par son compagnon Ariel Pink, en l’occurrence, « Bombs Away ». D’une voix de baryton, il véhicule des textes loin d’être réjouissants. Rappelant les grandes heures des 80’s, Maus se sert de claviers, de rythmiques électroniques et d’une basse écrasante. L’Américain a un don pour explorer des codes connus, sans pour autant tomber dans le kitsch, même si parfois il est à la limite, à l’instar de l’excellent « Teenage Witch » ou encore de « Pets ».

Au final, l’ensemble s’avère surtout très efficace. On ne voit pas le temps passer, à l’écoute de cet LP, et lors d’une seconde lecture, on se surprend même à en fredonner les mélodies.

 

Ce samedi 10 mars, l’Ancienne Belgique accueillait l’un des groupes les plus excitants qui sévit depuis quelques mois : GoGo Penguin. Ce n’est pas la première fois que la formation anglaise rallie la capitale européenne. Il y a quelques mois, elle se produisait à Flagey, afin de donner sa propre version de la B.O. du film culte « Koyaanisqatsi », réalisé par Godfrey Reggio. Une belle illustration de son potentiel.

Originaire de Manchester, le trio appartient à cette catégorie d’artistes ou de groupes capables de gommer les frontières entre les genres musicaux. Plus exactement, à l’instar de Kamasi Washington ou de Badbadnotgood, le band tente de rendre le jazz accessible au plus grand nombre. Un jazz qu’il mêle à l’électronique, sans jamais perdre de vue le sens mélodique. Après voir gravé l’excellent « Man Made Object », elpee qui lui avait permis de se forger une certaine notoriété, GoGo Penguin est venu défendre son nouvel opus, le tout aussi épatant « A Humdrum Star ».

Le public, ce soir, est multigénérationnel. Tous les balcons sont accessibles et la salle est aux trois-quarts pleine. Peu de groupes de jazz peuvent se targuer d’attirer un auditoire aussi conséquent.

A 21h les lumières s’éteignent. Chris Illingworth s’installe au piano à droite du podium. Rob Turner, à l’autre extrémité, derrière ses drums, tandis que Nick Blacka, le préposé à la contrebasse, se plante au milieu. Derrière chaque musicien, un pingouin est projeté sur un écran. L’éclairage est sobre et efficace. Pendant une heure et demie, GoGo Penguin va puiser essentiellement son répertoire au sein de son dernier LP. Dès les premières notes, on est impressionné par la précision des trois instrumentistes, reflet de leur formation académique. Tels des équilibristes, ils enchaînent les constructions complexes et empruntent des chemins inattendus pour finalement toujours retomber sur leurs pattes. Sans laisser le moindre temps mort, ils enchaînent tour à tour les prouesses. Mêmes les transitions sont élaborées. Face à tant de technique et de richesse musicale, et afin d’en savourer pleinement la qualité, il faudrait que chaque prestation soit individuelle, plutôt que de se concentrer sur une perception d’ensemble. N’empêche que le mélomane ne peut que sortir comblé, d’une telle prestation. Un concert qui, j’en suis sûr, réconciliera beaucoup de monde avec le monde du jazz.

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Jeudi dernier, le Botanique accueillait un habitué des lieux. Et pour cause, c’est la cinquième fois que Baxter Dury foule les planches d’une salle du Botanique. La toute dernière, c’était en 2014, dans le cadre de la présentation de son album, « It’s a Pleasure ». Quatre ans plus tard, il est venu défendre son tout dernier, « Prince of Tears », paru en 2017. Un opus moins convaincant que le précédent, nonobstant ses quelques petites perles. Cette légère baisse de régime n’a pas pour autant découragé la foule, puisque le show est soldout depuis quelques jours. Faut dire que le fils de feu Ian Dury peut compter sur un large panel d’aficionados, au sein duquel toutes les générations sont représentées.

A 21 heures tapantes, les lumières s’éteignent. Les haut-parleurs crachent une musique de bal. Les musicos grimpent sur le podium. Deux choristes/claviéristes s’installent aux extrémités de l’estrade. Un guitariste, un bassiste ainsi qu’un batteur se plantent en retrait. Ils commencent à jouer, avant que Baxter Dury n’entre en piste. Vêtu d’un costard cravate, le dandy britannique, malgré quelques cheveux gris en plus, est toujours aussi élégant. Dès l’entame du set, il nous gratifie de quelques pas de danse désarticulés. En toute décontraction. Le concert s’ouvre par « Isabel », une excellent compo issue de son elpee, « Happy Soup ». Entre les morceaux, sourire en coin, Dury s’amuse à chauffer le public, voire à taquiner des spectateurs bavards. Il enchaîne les titres de son dernier LP, en passant du micro au piano. Mais également les chansons qui ont fait son succès. Le son est parfait. La guitare et la voix de l’Anglais sont bien mis en évidence et sont parfaitement soutenus par les choristes qui, elles aussi, n’hésitent pas à oser quelques mouvements de danse.

Un peu avant 22h, la formation vide les lieux. Quelques instants plus tard, après avoir reçu une rose, de la part d’une admiratrice, le natif de Wingrave et sa troupe accordent deux derniers morceaux ; en l’occurrence le savoureux « Cocaine Man » et son dernier single, « Prince of Tears ». On ne pouvait rêver mieux pour couronner un concert au cours duquel la bonne humeur était omniprésente...

(Organisation : Botanique)

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