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Béber

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dimanche, 05 août 2018 11:54

Dissolve

Tusks, c’est le projet d’Emily Underhill. Etablie à Londres, cette jeune productrice/multi-instrumentiste avait déjà gravé deux Eps, avant de publier ce premier opus. Ce qui lui avait permis, notamment, d’assurer la première partie d’Asgeir. « Dissolve » est paru sur le label anglais One Little Indian (Asgeir, Bjork, Jesse Malin, …)

Pour un premier essai, elle s’en sort plutôt bien. Sa synth-pop véhicule des accents dubstep. Une musique froide voire glaciale, mais élaborée, au cours de laquelle les sonorités de gratte et les nappes de synthé se conjuguent à la perfection, alors que parfaitement maîtrisée, la voix de l’artiste vient se poser sur l’ensemble, n’hésitant pas à monter dans les aigus, à l’instar du titre maître de l’opus. Si la plupart des plages sont atmosphériques, certaines sont balisées par les ivoires. Et « Ivy » en est certainement la plus belle illustration.

Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, avant de pouvoir apprécier une expression sonore chargée de nuances et dont les mélodies se révèlent au fur et à mesure…

 

lundi, 23 juillet 2018 18:24

I see you among the stars

Issue de Chicago, Jessica Risker milite au sein du groupe folk, Deadbeat. Mais la songwritrice défend également un projet solo, pour lequel elle vient de graver un premier opus, « I see you among the stars », un disque paru sur le Western Vinyl (J.Tillman, Dirty Projetors, …)

Découpé en huit pistes, l’elpee baigne au sein d’une forme de psyché/folk minimaliste, abordé dans l’esprit de Nick Drake, Elliot Smith, voire même parfois de Cat Power. D’une voix douce et paisible, elle nous raconte ses amours déchus, ses déboires mais aussi ses souvenirs de jeunesse, en s’accompagnant d’une sèche ou parfois d’un piano, produisant l’effet d’un puissant analgésique qui nous plonge en apesanteur. On ne redescend sur terre qu’une demi-heure plus tard, totalement réconforté. Car quoique apparemment simpliste, son expression sonore s’avère, finalement, d’une redoutable efficacité… 

 

lundi, 23 juillet 2018 18:23

Wide Awake!

En dix ans, Parquet Courts s’est imposé comme une des formations-phare de l’indie-rock américain. Chaque album publié par la bande à Andrew Savage et Austin Brown recueille des critiques favorables. Et son quatrième opus, « Wide awake ! », ne déroge pas à la règle. 

Pour ce nouvel essai, les New-yorkais d’adoption ont reçu le concours de Danger Mouse (Red Hot Chili Peppers, U2, Te Black Keys, A$AP Rocky), à la production. Un choix clairement indiqué, tant cet « Awake Wide ! » constitue l’elpee de Parquet Courts le plus hétéroclite, gravé à ce jour. Les influences 70’s, 80’s et 90’s sont légion et entrent en fusion.

L’album s’ouvre par deux morceaux sculptés dans le punk/rock (« Total Football », « Violence »). « Mardi Gras Beads » baigne davantage dans le rock californien. Epuré, « Almost Had to Start a Fight/In And Out of Patience” aurait pu figurer au répertoire de Beck. Le refrain est repris en chœur tout au long de « Freeebird 2 ». Le langoureux « Normalisation » concède des accents psychédéliques. Le titre maître trempe dans le funk. « Extinction » adopte un profil carrément rock’n’roll alors que « Tenderness » campe une ballade balisée par le piano.  

Tout au long de ce long playing, on est tellement impressionné par la maîtrise affichée par le band, qu’on en reste scotchés. La majorité des morceaux mériteraient de se transformer en tubes. Assurément un des albums de l’année !

 

dimanche, 08 juillet 2018 13:09

Oh My

Derrière ce patronyme se cache un trio (NDR : issu de Minneapolis) réunissant deux membres d’Ava Luna (Julian Fader et Carlos Hernandez) ainsi que Nadia Hulett, mieux connue sous le pseudo de Phantom Posse. « Oh My » constitue le premier essai de ce collectif inédit, un disque publié sur le label anglais, Memphis Industries (Field Music, Papercuts, Poliça, …)

Dès les premières notes de « Nook », on a la confirmation que Nadine a de la bouteille. La formation yankee pratique une forme de pop-lounge classieuse aux accents jazzyfiants, à l’instar de « Not My Kinda Movie ». Les arrangements sont subtilement brodés. Les claviers, la basse et les percus font bon ménage. Et la voix sensuelle de Nadia Hulett vient se poser naturellement sur l’expression sonore. Et elle devient même originale et visionnaire sur plusieurs plages, dans une atmosphère réminiscente des pianos-bars. Malheureusement, au fil de l’elpee, les morceaux commencent à se mordre la queue. Et par conséquent à manquer de relief. Suscitant quelque peu l’ennui. Dommage, car le début de parcours était particulièrement riche et plaisant…

dimanche, 08 juillet 2018 13:03

Sandgrown

Loin d'être un inconnu, Jack Cooper est surtout notoire au sein d’un duo qu'il forme avec James Hoare, chez Ultimate Painting. En outre, il participe régulièrement aux sessions d’enregistrement des elpees de Mazes, un groupe indie rock mancunien. Il vient donc d’ajouter une corde à son arc, en se lançant dans une aventure solo. Pour laquelle, il ouvre son compteur albums. Un premier elpee qui s’intitule "Sandgrown".

C'est chez lui à Londres que le songwriter a enregistré les neuf morceaux de cet opus publié sur le label Trouble in Mind (Jacco Gardner, J.C Satan, Ultimate Painting, ...) Et sur un simple quatre pistes. Pas étonnant que son folk/rock soit aussi minimaliste. L’Anglais pose sa voix faussement nonchalante tout en tramant ses mélodies à l’aide de sa gratte, alors que la batterie imprime paisiblement le tempo. A l’instar de l’excellent « Stranded Fleetwood Blues », ses ballades sont langoureuses et mélancoliques. On pense parfois à Ultimate Painting mais également à Pavement voire Silver Jews. Dommage ce manque de variation dans le rythme. Un petit coup de boost de temps à autre aurait été le bienvenu….

 

dimanche, 08 juillet 2018 13:01

Queens of the breakers

The Barr Brothers réunit deux frangins américains exilés à Montréal, Andrew et Brad. Lors des sessions d’enregistrement de cet opus, la fratrie était toujours soutenue par Sarah Pagé (NDR : elle a quitté le groupe en 2018, pour embrasser une carrière solo). Fondé en 2010, le combo a publié quatre elpees à ce jour, dont les trois premiers ont rencontré un certain succès. Ce qui lui a permis de décrocher plusieurs nominations aux ‘Juno Awards’, mais également d’assurer le supporting act pour, notamment, Calexico, War on Drugs ou encore My Morning Jacket.

Quatrième opus, « Queens of the Breakers » baigne, le plus souvent, dans une forme de folk/americana/roots réminiscent des 60’s voire des 70’s. Les harmonies vocales conjuguées par les deux frangins rappellent très souvent Simon and Garfunkel. Et « Song that I Heard » en est certainement la plus belle illustration. Les pistes les plus pastorales évoquent Cat Stevens. Mais l’expression sonore peut également se nourrir de psychédélisme (« Look Before it Changes »), de blues/rock bien électrique ou encore lorgner carrément vers Neil Young. 

Un long playing aux références très américaines, mais qui ne manque pas de charme…

 

samedi, 16 juin 2018 19:03

Exitoca

Cristobal and the Sea est le résultat du cosmopolitisme londonien. Fondée en 2012, cette formation réunit le drummer Elliott Arndt (un Anglais), le bassiste Alejandro Romero (un Espagnol), le guitariste João Seixas (un Portugais) et la flûtiste Leïla Séguin (une Française). Ces trois dernier participent aux vocaux. « Exitoca » fait suite à un premier opus, publié en 2015, un disque qui sort à nouveau sur le label City Slang (Caribou, Calexico, Lambchop, …)

La musique de Cristobal and the Sea est un melting-pot d’influences qui reflètent, on l’imagine, les origines des musiciens. L’album s’ouvre par plusieurs plages aux accents ensoleillés, tropicaux même, dont « Goat Flokk ». « Salsa Dude » et « The Seed » véhiculent des accents psychédéliques. Mais régulièrement, les références s’entremêlent au cœur d’un joyeux micmac, paradoxalement aux mélodies entêtantes. Et le tout baigne au sein d’une bonne humeur communicative. Idéal pour égayer les longues journées d’été !

 

samedi, 16 juin 2018 19:00

Lier

Depuis la sortie de son dernier album, « Imager », la vie de James Mathé, alias Barbarossa, a connu quelques turbulences. Le Londonien d’origine est devenu père et a quitté la frénésie de la capitale anglaise pour s’installer à Margate, une petite ville côtière, sise à l’Est de l’Angleterre. C’est dans ce nouvel environnement que le Britannique a composé son cinquième opus, intitulé « Lier », dont les thèmes principaux traitent de la géographie et des bouleversements personnels. 

Si on avait déjà discerné les penchants de James Mathé pour la musique électronique tout au long de ces long playings précédents, sur celui-ci, il a décidé de franchir une nouvelle étape, en se servant plus que généreusement des sonorités synthétiques. Une contribution qui souligne, cependant, un songwriting encore bien ancré dans le folk. Le piano constitue toujours le fil conducteur de ses compos, à l’instar de l’excellent « Cyclone ». Néanmoins, certaines plages se concentrent davantage sur les claviers et les rythmiques électro, une expression sonore sur laquelle vient se poser la voix paisible et sensuelle de James Mathé, tellement proche de celle de son compatriote James Blake (« Aluminium Skies »).

Sans faire de bruit, Barbarossa enchaîne des albums de très bonne facture. Hormis la reconnaissance de ses pairs (notamment de José Gonzalez, en compagnie duquel il a joué), James Mathé mériterait une reconnaissance au-delà de l’Albion. Espérons que « Lier » y parvienne !

 

mardi, 12 juin 2018 03:00

En véritable chef d’orchestre !

Qui est Rostam Batmanglij ? Un petit prodige qui a fait ses classes à l’Université de Columbia. Mais encore ? Lui et Wesley Miles, membre de Ra Ra Riot, ont fondé le groupe électro Discovery. Il a également sévi chez Vampire Weekend, au début de son aventure. Il a gravé, en compagnie de Hamilton Leithauser, « I Have a Dream That You Were Mine », un des meilleurs albums de l’exercice 2016. Et l’an dernier, ce multi-instrumentiste publiait son premier opus solo, intitulé « Half-Light », un disque salué unanimement par la critique. Enfin, il est plus que probable que vous ayez entendu une de ses compo sur l’une ou l’autre station radiophonique. On avait donc hâte de découvrir l’univers de ce musicien talentueux, qui se produisait donc ce mardi 12 juin, au Botanique de Bruxelles…

Dholes assure le supporting act. La formation belge est venue défendre un premier LP qui devrait bientôt sortir. Il n’y a malheureusement pas grand monde, dans la Rotonde, pour accueillir le quintet. Bien en place, il nous réserve une expression sonore rappelant Balthazar et ses déclinaisons, Warhaus et J.Bernardt, et au sein de laquelle la voix grave du chanteur, qui milite également au sein d’Elvis Black Stars, est particulièrement habitée…

Il est 21 heures lorsque les lumières s’éteignent. La salle est à présent à moitié pleine (ou vide, selon). Rostam se plante au beau milieu du podium. Devant lui prend place une section de cordes, réunissant trois violonistes et un violoncelliste. Et à l’une des extrémités, s’installe un percussionniste. Devant une toile sur laquelle sont projetés des vidéos, Rostam débute son show par « Wood », un morceau aux accents orientaux qui témoigne de ses origines iraniennes. Les arrangements sont recherchés et plein de finesse, preuve des talents du musicien. Polyvalent, il est capable d’alterner des morceaux pop tel que « Bike Dream », compos issues du répertoire de Discovery, et titres plus expérimentaux, sur lesquels il n’hésite pas à se servir de l’auto-tune.

Tout au long du set, il semble prendre du bon temps et surtout parvient à communiquer sa bonne humeur en faisant participer l’auditoire.

Lors du rappel, Rostam va nous réserver une chouette version du « Pink moon » de Nick Drake, à la sèche.

Pendant une bonne heure, le mélomane a pu s’immerger dans l’univers de ce véritable chef d’orchestre responsable d’une musique aux influences multiples. Des ingrédients qui ont contribué à une soirée pleinement réussie !

(Organisation : Botanique)

mardi, 05 juin 2018 03:00

I Can Feel the Night Around Me

Lorsqu’il ne se consacre pas à la basse chez War on Drugs, Dave Hartley s’investit au sein d’un projet qu’il a baptisé Nightlands. « I Can Feel the Night Around Me » constitue déjà son troisième opus, des disques publiés sur le label texan, Western Vinyl, une écurie qui héberge,  notamment, Bonnie Prince Billy et Dirty Projector…

L’Américain a enregistré cet elpee, seul, chez lui. Neuf plages de folk/rock atmosphérique légèrement teintées de psychédélisme. Le tempo est indolent et vous berce constamment. La voix de Hartley et l’instrumentation –riche par ailleurs– est chargée d’effets, comme si elle était recouverte d’un voile. L’expression sonore navigue quelque part entre The War on Drugs et Tame Impala, mais sous prozac. Pas vraiment idéal si vous souhaitez un bon coup de boost. Bien sûr, Dave affiche une impeccable maîtrise instrumentale, mais le long playing recèle bien trop de compos soporifiques pour maintenir l’esprit en éveil de bout en bout…

 

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