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    Le chagrin du squale … Derrière le quasi-oxymore Requin Chagrin, se cache un animal à la dent dure, mais à la sensibilité à fleur de…

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Béber

Béber

mardi, 31 octobre 2017 02:00

Bref mais convaincant !

Mardi soir, veille de la Toussaint, une petite centaine de personnes se sont déplacées pour assister au concert de Vagabon, qui va se dérouler au sein du Witloof, plutôt que de fêter Halloween. Il faut dire que, malgré un premier album (« Infinite Worlds » paru sur le label indépendant Father/Daughter) passé inaperçu dans nos contrées, la jeune New-yorkaise est encensée par la critique de l’autre côté de l’Atlantique. Ce qui explique, partiellement, sa présence dans la programmation (bien fournie) de l’édition 2017 du festival Autumn Falls.

Accusant un léger retard, la chanteuse d’origine camerounaise monte sur les planches. Elle est épaulée par une bassiste et une drummeuse. Exit donc la mode claviers à sonorité eighties, pour laisser la place à un trio basique, guitare/basse/batterie. Dès « Cold Appartement », le premier titre, Vagabon nous replonge quelques décennies en arrière, à l’époque d’un rock/garage binaire, imprimé par le drumming et souligné par une ligne de basse appuyée. L’énergie est présente, la finesse pas forcément, mais peu importe. Derrière son micro, la jeune femme chante avec son cœur et étale toutes ses capacités vocales. Cependant, il faut attendre deux morceaux et quelques réglages techniques avant que le trio ne puisse afficher toute la mesure de son talent. Le groupe parcourt l’intégralité de son répertoire (NDR : c’est-à-dire son seul album). Vu l’enthousiasme manifesté par le public, « The Embers » semble être le morceau le plus ‘populaire’ ; pas étonnant, puisque la mélodie est particulièrement accrocheuse. Vers 20h30, la section rythmique s’éclipse pour laisser l’Américaine seule face à son auditoire. Elle attaque alors une nouvelle compo en s’accompagnant au clavier. Ce sera sa seule incursion au sein des eighties. Et on ne s’en plaindra pas, car il faut avouer que sa musique est bien plus passionnante, en formule garage/rock. Elle achève son set en solitaire. Armée de sa gratte, elle interprète alors « Alive and a well », un titre dont l’intensité émotionnelle va atteindre son paroxysme. A vous flanquer des frissons partout !

Ce soir au Botanique, un véritable talent à l’état brut s’est révélé. Un potentiel qui ne demande qu’à être exploité et une discographie à s’étendre. Ce qui devrait lui permettre, notamment, d’accorder des shows de plus de 40 minutes. D’ailleurs le public était quand même très surpris de quitter le Botanique… à 20h45…

(Organisation : Botanique)

vendredi, 13 octobre 2017 17:39

Joan Shelley

Deux ans après avoir publié le paisible « Over and Even », Joan Shelley nous propose déjà son sixième elpee ; et il est éponyme. Première constatation, la native de Louisville (NDR : c’est dans le Kentucky) n’y réserve pas vraiment de bouleversement notable. Lors des sessions d’enregistrement, elle a d’ailleurs encore reçu le concours du guitariste Nathan Salsburg et du pianiste James Elkington. Pourtant, elle a quand même bénéficié de la collaboration de Jeff Tweedy (Wilco) à la production et de son fils, Spencer, à la batterie. Du beau monde, manifestement…

Minimaliste, l’instrumentation est cependant parfaitement calibrée ; et tout particulièrement les lignes de guitare. L’écriture est subtile. Les musiciens sont talentueux. Et la songwritrice parvient à insuffler aux compos un supplément d’âme, grâce à des variations parfaitement maîtrisées. Si certaines mélodies accrochent instantanément, à l’instar de « Where I’ll Find You », d’autres nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciées à leur juste valeur. 

Dépouillé et authentique, le folk de Joan Shelley se savoure au coin du feu, lors des longues nuits d’automne…

 

vendredi, 13 octobre 2017 17:38

The Imperfect Sea

En 1974, Simon Jeffes fonde le Penguin Cafe Orchestra. Son concept ? Simplement réunir des artistes issus d’horizons divers et les inviter à se produire ensemble. A l’époque, Brian Eno tombe sur le charme du projet et décide de prendre l’orchestre sous son aile en les signant sur son label. Grâce à son mélange de jazz, de world et de folk anglo-saxon, fruit d’une belle ouverture d’esprit, Penguin Café Orchestra va alors se forger une solide notoriété.

Après 20 ans de carrière, soit en 1997, Simon Jeffes décède des suites d’une tumeur au cerveau. Il lègue alors le projet à son fils, Arthur. C’est en 2009 que le fiston décide de reprendre le flambeau qu’il baptise alors Penguin Cafe. Presque 40 ans plus tard, Jeffes reçoit, tout comme son père, le concours d’un autre artiste avant-gardiste. En l’occurrence, Nils Frahm. Il le soutient et lui permet de signer chez Erased Tapes.

Arthur Jeffes pérennise ainsi le projet imaginé par feu son paternel. De nombreux artistes sont venus lui apporter leur collaboration. D’une plage à l’autre, les univers sonores se métamorphosent. L’opus s’ouvre par « The Imperfect Sea », une ballade allègre rythmée par des interventions de contrebasse et de piano, et sur laquelle des violons viennent virevolter. Toujours aussi intense, « Cantorum » adopte un ton plus sombre. On est alors assez proche de Go Go Penguin (NDR : à ne pas confondre !) Dépouillées, plusieurs plages baignent au sein d’un climat davantage paisible. Un simple mélodica illumine le très beau « Half Certainty ». « Protection » évoque le folk anglo-saxon du P.C.O.. A contrario, « Rescue » adopte un profil futuriste. Et le long playing de s’achever dans un élan lyrique, traduit par des cordes bien mises en exergue… 

Ce que Simon a laissé en héritage, Arthur l’a parfaitement respecté à travers ce Penguin Café ; mais il l’ouvre en même temps à de nouvelles perspectives. De quoi pointer fièrement du bec, vers le ciel ! 

 

vendredi, 13 octobre 2017 17:33

Best Troubador

Lorsqu'il ne compose pas son propre répertoire, Will Oldham, mieux connu sous le pseudo de Bonnie Prince Billy, prête sa voix à d'autres auteurs ou rend hommage à des légendes. En publiant "Best Troubador", l'Américain a voulu honorer la mémoire de Merle Haggard (NDR : il est décédé en avril 2016), une légende de la musique country qui a surtout marqué les seventies. Sur ce double elpee, Oldham n'a pas choisi les titres les plus notoires mais s'est davantage focalisé sur ceux qui reflètent la vie sentimentale du Californien. Pour enregistrer cet opus, il s’est entouré de musiciens rencontrés sur la route ; et en particulier Mary Feiock, Emmett Kelly, A.J. Roach ou encore Matt Sweeney. Une équipe qu’il a baptisée The Bonifide United Musician.

A travers seize morceaux, tour à tour allègres ou mélancoliques, Will nous invite donc à revisiter l’univers de cet artiste… sur le ton de la country la plus traditionnelle. La sèche et le violon sont bien sûr mis en exergue. Quelques pistes lorgnent parfois vers le blues ou le folk. Et dans le style, le résultat est vraiment brillant. Bien sûr, ce disque ne révolutionnera pas la discographie de Bonnie Prince Billy. Il prend son pied et ne se soucie guère de l’éventuel succès que pourrait rencontrer cet LP. Il y a longtemps que l’homme fait ce qui lui chante et chante ce qu’il veut. Comment critiquer cette philosophie implacable ?

 

samedi, 23 septembre 2017 18:34

Andy Warhol's dream

Lorsqu'il s'agit de dénicher de nouvelles pépites, le label Jagjaguwar n'est jamais en retard d’une guerre. Outre une valeur sûre comme Bon Iver et ses nouvelles recrues, parmi lesquelles on épinglera Foxygen et plus récemment Moses Somney, il vient de signer Trevor Sensor. Agé de 23 ans, cet artiste est issu de Sterling dans l'Illinois. Repéré par Dave Keunig (guitariste chez The Killers), il vient donc de graver son premier album, après avoir publié quelques Eps.

"Andy Warhol's dream" ne se distingue certainement pas par l’illustration de sa pochette. Par contre, lors des sessions d’enregistrement, l’Américain est parvenu s'entourer de grosses pointures pour la mise en forme. D’abord Richard Swift. Il a milité chez The Shins au sein duquel il était également producteur, avant de rejoindre les Black Keys, en 2014. Et son travail de prod, il l’a aussi réservé –notamment et de manière remarquable– aux œuvres de Kevin Morby, Valérie June ou encore Damien Jurado. Jonathan Rado (Foxygen) et Brandon Darner (Imagine Dragons) sont également derrière les mannettes. Une fameuse équipe !

La voix du songwriter est à la fois rocailleuse et nasillarde. Et elle surprend, dès la première écoute. Une forme d’hybride entre celles de Saras Per Kristian Matsson (Tallest Man on Earth), Bob Dylan et Tom Waits. Les mélodies sont contagieuses. Tramées dans le folk, les compos ne négligent pas pour autant les interventions de gratte, de piano, d’orgue ainsi que celles de chœurs. Finalement, l’expression sonore navigue à des années-lumière du folk minimaliste de Tallest Man on Earth, même si la palette d’émotions est aussi large. D’ailleurs certaines plages sont bien électrifiées. Bref, cet LP a vraiment de quoi séduire…

Trevor Sensor se produira ce 28 septembre au Botanique…

 

samedi, 23 septembre 2017 18:30

Forced Witness

Il y a quelques mois, le label américain Secretly Canadian rééditait le premier opus d’Alex Cameron, un œuvre qui compilait déjà des titres composés précédemment. Mais qui bénéficiait enfin d’une parution internationale. De quoi permettre à l’Australien, de mettre un terme à un parcours semé d’embûches. Enfin reconnu à sa juste valeur, il est alors invité à tourner en compagnie de Foxygen ainsi qu’à se produire lors de grands festivals estivaux. Et notamment, tout récemment, à Dour.

Quelques mois plus tard, il nous propose un nouvel elpee. Intitulé "Forced Witness", il a reçu le concours du talentueux Jonathan Rado, à la mise en forme. Pas une première, puisqu’il a déjà apporté son concours à la production pour des œuvres de Whitney et The Lemon Twigs.

"Forced Witness" s’inscrit dans la droite lignée du précédent LP. Il y a bien un saxophoniste, qui vient enrichir circonstanciellement, certaines plages. Mais sa musique est toujours aussi minimaliste. Tout en continuant de flirter avec le kitsch, elle se limite à des interventions de synthés et une boîte à rythmes, une expression sonore sur laquelle il vient poser sa voix de crooner, un peu dans l’esprit des eighties. Ce qui n’empêche pas certaines compos d’élever le tempo, à l’instar de « Country Figs », un morceau carrément dansant. Cependant, le sommet de ce long playing est atteint par « Stranger’s kiss », une piste au cours de laquelle Alex échange un superbe duo en compagnie de l’Américaine Angel Olsen.

Alex Cameron est à l’affiche, ce 27 novembre au Botanique. Gesticulations garanties !

 

samedi, 23 septembre 2017 18:29

Eucalyptus

Après avoir publié « Painting With », les membres d’Animal Collective sont retournés à leurs projets parallèles. Et Dave Portner, alias Ave Tare, nous propose seulement son deuxième opus solo, « Eucalyptus », un disque qui fait suite à « Down There », sorti en 2010. Car outre ses desseins en solitaire, l’artiste a également gravé plusieurs oeuvres en compagnie de Panda Bear ou de Kria Brekkan.

Bien que baignant dans le psyché/folk expérimental, la musique d’Ave Tare se rapproche très fort de celle d’Animal Collective. On y retrouve cette précision dans l’art de superposer les nappes de synthés, des chœurs et/ou des bruitages saugrenus. Et puis, sa voix, reconnaissable entre mille. Cet elpee est essentiellement partagé entre plages mélancoliques, minimalistes (« Season High »), et plus rythmées, à l’instar de « Jackson 5 ». Et puis l’une ou l’autre perle mélodique dont il a le secret dont l’excellent « Ms.Secret ». Malheureusement, certaines pistes bruitistes, ne présentent strictement aucun intérêt, si ce n’est celui de créer des intermèdes… qui rattrapent l’animal.

Bref, intéressant quoique inégale, cet LP mérite une écoute attentive et surtout répétée, avant de pouvoir en apprécier toutes les subtilités… 

Ave Tare se produira au Botanique, ce 10 décembre. Un spectacle qu’on peut déjà décréter comme expérience unique à vivre…  

 

lundi, 11 septembre 2017 16:31

Cistern

Actif depuis de nombreuses années, outre-Atlantique, Jherek Bishoff est un compositeur et multi-instrumentiste chevronné. Il a multiplié les projets en militant notamment chez Parenthical Girls et The Dead Science, sans oublier sa collaboration apportée à Xiu Xiu. Ce n’est qu’en 2012 que le Californien publie son premier elpee solo, sobrement intitulé « Composed ». Et embraie par « Scores ». Sur ces deux opus, Bischoff compose la musique et invite divers amis à y poser leur voix et/ou instrument. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment David Byrne, Caetano Veloso, Zac Pennington (Parenthetical Girls), Greg Saunier (Deerhoof) ou encore Nels Cline (Wilco). Du beau monde donc…

« Cistern » constitue donc la troisième œuvre de l’Américain. Pour concocter cet LP, il a reçu le concours d’un quatuor à cordes, mais également d’Amanda Palmer, mieux connue pour avoir participé à l’aventure du duo Dresden Dolls…

Découpé en 9 plages, ce long playing adopte très souvent un format classique. Faut dire que les cordes y occupent une place importante, même si certaines compos affichent leur spécificité. Certaines baignent davantage au sein d’un climat ambient. « The wolf » peint une fresque sombre et lyrique. « Cistern » s’abandonnent avec emphase au cœur de la mélancolie. Proche du post rock, « Headless » s’autorise même un crescendo instrumental…

Jherek Bishoff revisite la musique de chambre. Et le résultat tient parfaitement la route. Surtout, si vous écoutez cette œuvre confortablement installé, et le casque sur les oreilles.

 

lundi, 11 septembre 2017 16:29

Love is Love (Ep)

Une année seulement s'est écoulée depuis la sortie du précédent album de ce band new-yorkais, l'excellent "City Sun Eater in the River of Light". Au cours des derniers mois, il a parcouru différents continents afin d’accorder de nombreux concerts. Malgré un emploi du temps chargé, le groupe a tout de même trouvé le temps de composer et d'enregistrer six morceaux, en réaction à l'élection du grand affreux aux cheveux jaunes.

"Love is Love" propose des pépites de psyché/folk/rock qui s’inscrivent dans la lignée de l’opus précédent. Haut perchée, la voix de Jeremy Earl vient se poser sur une instrumentation chaleureusement cuivrée, fouettée par des rythmes afro et traversée par les solos de guitare, dispensés par Jarvis Taveniere, que l'on retrouve une nouvelle fois derrière les manettes. Un Ep au sein duquel figure un instrumental de 9 minutes qui fait la part belle à la six cordes. Dommage que ce disque soit d’aussi courte durée. 

« Love is Love » nous réserve un sursaut d’optimisme dans ce monde qui perd la boule. De quoi nous rendre un peu d’espoir face à ce futur de plus en plus angoissant…

 

dimanche, 27 août 2017 12:03

Jumping the Shark

Trois ans, c’est le temps qui a fallu au premier elpee d’Alex Cameron pour passer d’un hémisphère à l’autre. Cependant, tout au long de cette période, cet Australien a tellement rencontré d’imprévus, qu’au fil du temps, ces contretemps se sont mués en avantages…

Avant 2013, le natif de Sydney milite au sein d’un banal groupe électro. Mais c’est au cours de cette année qu’il décide de se lancer en solo. Il met en ligne ses compos et accorde plusieurs concerts. Après avoir publié un premier elpee, uniquement distribué en Australie, il a l’opportunité de tourner en Europe. Lors d’un concert à Paris, les musicos de Foxygen le remarquent et lui proposent de les accompagner lors de leur périple aux States. Au cours de celui-ci, Cameron est loin de passer inaperçu ; aussi le label Secretly Canadian lui propose de rééditer son album. Un concours de circonstance qui permet ainsi de découvrir cet excellent « Jumping the Shark ».

Partagé en huit pistes, cet opus se limite à 30 minutes. Les textes de ses chansons relatent les échecs du personnage auquel il donne vie. Un fil rouge qui peut finir par se révéler pathétique. La synth pop est minimaliste. Alex pose simplement sa voix sur des lignes de claviers, et rythme l’ensemble à l’aide d’une boîte à rythmes. Malgré cet apparent dépouillement, certaines plages se distinguent par une approche mélodique imparable. A l’instar des convulsifs « Happy Ending » et « Real Bad Looking ». Ou adoptent un profil austère. « Gone South » en est certainement le plus bel exemple.

S’il a fallu attendre trois longues années avant de voir débarquer ce premier long playing sur le Vieux Continent, on ne devrait plus patienter aussi longtemps pour connaître une suite, puisque l’Australien se produira en concert, au Botanique, ce 27 novembre, afin de défendre un second LP, dont la sortie est prévue pour cette année… 

 

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