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mardi, 24 août 2010 02:00

Love Forever

Alarma Man nous vient de Göteborg, en Suède. Une formation signée sur le label berlinois Sinnbus (We vs Death, Bleach, Troy Van Balthazar, …) « Love forever » constitue son second opus. Un disque dont la sortie a été retardée, suite à un problème de mastering. Il vient enfin de tomber dans les bacs…

Alarma Man pratique une forme de post punk couvert de forts accents math rock. Leur musique est excitante, sauvage et, ma foi, fort originale. Bref, difficile de rester indifférent à l’écoute de ce « Love Forever ». Pour vous donner une petite idée du style développé par le combo scandinave, le dossier de presse évoque le résultat d’une rencontre entre Don Caballero et Refused (NDR : ce sont des compatriotes !) Après avoir écouté cet opus, on peut vraiment douter de la pertinence de ces comparaisons...

L’elpee s’ouvre par « Pitch Grammar ». Le rythme incite à la danse, les guitares sont épileptiques et les chœurs tribaux empruntent aux Battles. Impossible de résister ! Surtout que l’intensité et l’énergie libérées, sont omniprésentes tout au long des huit plages. Tantôt solennelle, tantôt enjouée, la voix est susceptible de rappeler celle de Brian Molko. Différence, mais elle est de taille : l’écoute de plusieurs morceaux ne vous incite pas à vous taper la tête contre le mur. Des titres sculptés dans la pop. Tour à tour contagieuse ou élaborée. Les climats sont versatiles. Et peuvent osciller du plus austère (le chamanique « Uninterrupted Light » et le grave « Electric Flag ») au plus allègre (« Pitch Grammar »). Bref, un elpee qui ne suscite jamais l’ennui. Une raison suffisante pour suivre cet ensemble suédois à la trace…

mardi, 24 août 2010 02:00

You’ll Never Find us Here

Après avoir commis leur single « Louise On Earth », Pq nous propose son premier elpee, « You’ll Never Find us Here ». Une œuvre qui s’inscrit parfaitement dans la continuité, le duo brugeois y privilégiant, à nouveau, lyrisme, délicatesse et subtilité. Si les compos sont essentiellement acoustiques, les grattes sèches et les accords de piano se taillant la part du lion, l’expression sonore est également enrichie d’accents électro. Pour enregistrer cet opus, Samir Bekaert et Maarten Vanderwalle ont reçu le concours de Louise Raes. Aux vocaux. Elle vient poser sa voix sur « Louise On Earth ». Pourtant, c’est la forme instrumentale qui domine le sujet. Un peu comme dans l’univers post rock (« Jocelyn »). Mais aussi symphonique (« The Cairo Truth »). Ou la B.O. de film. A l’instar du contemplatif, visionnaire, lyrique (NDR : encore !) et paisible « You’ll Never Find Us Here ». Un titre davantage proche du « The Straight Story » de David Lynch que du dernier Stallone.

mardi, 24 août 2010 02:00

Tweak Bird

Et un duo, un de plus !!! Il réunit deux frères (NDR : de véritables frangins !), Ashton et Caleb Bird. Ils nous viennent de l’Illinois. Barbu, Ashton se charge des drums. Calb de la six cordes. Leur premier Ep, « Reservation », était paru l’an dernier. Il avait été très bien accueilli par la critique ; ce qui avait permis au tandem d’assurer les premières parties de Big Business et de Tool. Leur premier elpee vient de sortir. Et il est éponyme. Une œuvre qui a bénéficié du concours de la mise en forme de deux producteurs. En l’occurrence Dale Croover de Deaf Nephews et de Yoshi Yasai des Melvins.

L’opus ne s’étale que sur 25 minutes. Mais il manifeste une urgence, une violence, une hargne et une puissance considérables. Tout en se frottant au psychédélisme. Un peu comme si on assistait à une rencontre hypothétique entre Black Keys, Black Sabbath et Queens Of the Stone Age. Les vocaux sont souvent acérés et nerveux. Les riffs de guitare sont lourds et hypnotiques (NDR : les excellents « Tunneling Through » et « Beyond »). Et puis, un saxophone vient régulièrement faire son apparition dans le jeu de quilles. Notamment sur l’halluciné « A Sun/ Ahh Ahh » et le jazzyfiant « Distant Airways ». La plupart des plages libèrent une dose phénoménale d’énergie. A l’instar de Japandroids, White Stripes ou The Black Box Revelation, le combo yankee démontre que le nombre n’influe pas sur l’intensité. Tweak Bird se produira à l’AB en première partie des excellents Black Mountain, le 5 octobre prochain. A ne pas rater donc.

mardi, 17 août 2010 02:00

Two Feathers

Signé chez Wallace Records, Rollerball fait un peu office de mouton noir dans la bergerie. On se demande quand même comment ce trio américain (NDR : issu de Portland, très exactement) est parvenu à signer chez le label indépendant milanais. Car si la musique manifeste certains aspects expérimentaux, elle est tout à fait abordable, et évolue à des années-lumière des combos punks transalpins comme Bachi Da Pietra, R.U.N.I ou X-Mary, qui sévissent au sein de cette écurie.

« Two Feathers » constitue leur quatorzième elpee. En 15 années de carrière, on peut affirmer que la formation n’a pas chômé. Malheureusement, cette productivité ne leur a jamais permis de se faire une place au soleil. L’expression sonore de Rollerball évolue quelque part entre prog, jazz (NDR : la présence du saxophone n’y est pas étrangère), pop, psychédélisme et musique gothique. Quant à la voix de Mae, elle me rappelle plutôt celle de Beth Gibbons (Portishead). Tout au long de l’elpee, les claviers dominent le sujet. Circonstanciellement, des percussions tribales communiquent une belle énergie aux compos. A l’instar de l’excellent et aventureux « Say It ». A contrario, certaines compos embrassent un format plus pop. Et je pense tour particulièrement à « Split Pea » et « Aquapipe Netarts ». Bref, un opus bien sympathique, mais malheureusement très peu susceptible de toucher le grand public…

mercredi, 18 août 2010 16:56

L’esthétique des Blocs

« L’esthétique des Blocs » constitue le premier album de ce groupe français. Issu de Besançon (NDR : pour votre info, ce sont des Bisontins), très exactement. Bab, Tibô, Co, Cooz et Traï décrivent la vie de Mr Chapuis, personnage imaginé par un écrivain local, Jacky Schwartzmann. A travers Mr Chapuis, représentant Mr tout le Monde (‘Mr Chapuis, c’est moi, c’est vous, c’est eux’), Steno.p dresse le bilan de la société contemporaine tout en la stigmatisant. Traitant autant des problèmes écologiques (« Ecologue »), de l’emploi dans l’hexagone (« Patientez ») que des questions carcérales…

Essentiellement métal, énergique, la musique de Steno.p est cependant très susceptible d’être contaminée par le dub (« Monsieur Chapuis », réminiscent du combo français La Phaze) ou le hip hop (les scratches qui parcourent « Le grand sédatif »). Voire par tout ce qui leur tombe dans l’oreille. Dans l’esprit de Lofofora voire de Mass Hysteria. Sans jamais parvenir à se forger une véritable identité. Dans ces conditions, il faut admettre que leurs influences ont du plomb dans l’aile. En 37 minutes, les 7 morceaux de cet elpee étalent toutes leurs limites. Les compos ne sont pas de mauvaise facture, mais elles ne transcendent jamais le genre…

mercredi, 18 août 2010 16:55

Ocean Rapture

Ce quatuor français nous vient de Paris. Fondé en 2006, il lui a quand même fallu quatre années avant de publier son premier Ep. Un disque qu’il a concocté suivant la méthode DIY. Et pourtant, il faut avouer que la mise en forme est impeccable. Découpé en 4 plages, « Ocean Rapture » s’étale sur une durée de plus ou moins 20 minutes.

« The Prisoner » ouvre l’Ep. Hantés, les premiers accords semblent nous conduire dans l’univers du post rock. Mais au bout de quelques secondes, changement de décor. Si le climat demeure énigmatique, le tempo commence à s’emballer. Moment choisi par la chouette voix de Christophe Moinard, pour venir se poser sur la mélodie. Curieux, son timbre me fait terriblement penser à celui d’Eddie Vedder. Et en particulier tour au long de « Gray ». Une plage qui lorgne d’ailleurs vers le grunge des 90’s. Celui de Pearl Jam, très exactement. Plus stoner, « Baron Rouge » entretient ce feeling dynamique. Néanmoins, malgré ces arrangements parfaits et ces bonnes intentions rock’n’rollesques, on reste sur sa faim. Et pour cause, il manque un petit quelque chose. Ce qu’on appelle la folie, le goût du risque. L’originalité quoi. La production hyperléchée accentuant cette sensation. Tribecca semble prisonnier de son perfectionnisme. Sur cet Ep, tout au moins. En espérant que pour leur premier album, le combo parvienne à s’en libérer…  

mardi, 17 août 2010 02:00

Crazy For You

Si vous êtes attentif aux hypes, et en particulier celles et ceux qui alimentent la scène indie californienne, vous ne pouvez passer à côté de Bethany Consentino. Elle est âgée de 23 ans. Et c’est la nouvelle coqueluche locale. Egérie de la marque Converse, aux côtés du rappeur Kid Cudi et de Rostam Batmanglij de Vampire Weekend (NDR : le morceau enregistré pour la marque américaine est disponible sur http://www.myspace.com/beastycoasty) et petite amie de Nathan William de Wavves, la blonde a de quoi énerver. Mais voilà. Que ce soit au sein de son ancien groupe de psyché-folk Pocahaunted ou de son nouveau projet Best Coast, la jeune fille est irrésistible. D’un point de vue musical, bien entendu (NDR : la demoiselle à d’autres atouts, mais limitons-nous au sujet qui nous préoccupe).

« Crazy For You » est tout simplement le rayon de soleil qui nous manque en ce début de mois d’août pluvieux. Cet opus est le disque parfait pour devenir votre compagnon durant cet été (même si celui-ci semble plus que compromis). L’artwork annonce d’entrée la couleur. Ce premier album (NDR : avant de le publier, elle avait commis plusieurs Eps) sent la Californie et la fraîcheur à plein nez.

Soutenue par son ami Bobb Bruno (NDR : et en live par la drummeuse des Vivians Girls, Kickball Katy), Best Coast appartient à cette nouvelle scène qui mêle allègrement surf, rock, garage rock et lo-fi, tout en puisant son inspiration aussi bien chez les Beach Boys que Sonic Youth. Pensez à Vivians Girls (of course !), Dum Dum Girls ou encore Surfer Blood. Découpé en 13 morceaux, « Crazy For You » ne dure que 23 minutes. Mais elles se révèlent particulièrement vivifiantes. La chanteuse déborde d’énergie et sa voix se fond parfaitement dans les sonorités shoegazing de la guitare. Les mélodies sont contagieuses. Les thèmes abordés dans les lyrics sont légers : les petits amis, la vie. Rien de bien philosophique donc. Et c’est justement ce qu’on aime chez Best Coast. Pas besoin de se casser la tête. Les morceaux passent d’une seule traite.

Bethany Cosentino démontre sur cet elpee qu’elle est davantage qu’un(e) hype. Cet opus est un véritable bain de jouvence. Vous êtes déprimés ? A cause du temps. Je vous comprends. Ah, et vous n’arrêtez pas d’écouter « I See The Darkness » de Bonnie Prince Billy. Envie de retrouver un peu de punch et de bonne humeur ? Changez un peu de disque. Ce « Crazy For You » devrait vous regonfler le moral…

 

mardi, 17 août 2010 02:00

Waltham Holy Cross

Les duos sont dans l’air du temps. D’autant plus que la plupart du temps, ils ont fait leurs preuves. Pensez aux White Stripes, The Kills ou encore à The Dresden Dolls. Keiki réunit donc la chanteuse Dominique Van Cappelen et le guitariste Raphael Rastelli. Et « Waltham Holy Cross » constitue leur deuxième opus.

La musique de Keiki est minimaliste et rudimentaire. Le couple la taxe même de Satanic Pop. Evidemment, lorsqu’on milite chez un label répondant au nom de Cheap Satanism, l’explication tient mieux la route. Compagnon d’écurie, Joy As a Toy, pratique d’ailleurs du Vampire rock. Les contrats sont peut-être signés à l’aide de leur propre sang… Maintenant, question : à quoi peut bien ressembler de la satanic pop ? Le timbre vocal de Dominique libère une fameuse dose d’énergie, rappelant tantôt PJ Harvey ou Kim Gordon. Les accords de guitare sont tranchants. Les mélodies efficaces. Ajoutez-y une boîte à rythmes, et le tour est joué. Jusqu’ici rien qui puisse susciter l’épouvante. Et « Waltham Holy Cross » aligne 17 morceaux vite fait bien fait. Mais au bout de plusieurs écoutes, on décèle, sur certaines compos, des sonorités étranges, énigmatiques. Un peu comme dans les thrillers. Et « (A Girl Called) Healed » en est certainement la plus belle illustration. En outre, le climat au sein duquel baigne ces morceaux est troublant, malsain, étouffant, sudorifique… Sans quoi, hormis le paisible « Tiny White Flower » et l’excellent « Vital », le reste est sculpté dans le punk-noise. Avec plus ou moins de réussite. Selon. Le couple bruxellois aurait peut-être dû opérer une sélection plus drastique des plages de ce « Waltham Holy Cross », l’elpee aurait alors gagné en efficacité…

mardi, 10 août 2010 02:00

The Way Of The Animals Powers

La formation italienne Zu nous revient, un quatorzième album sous le bras. En 13 ans, on peut affirmer qu’elle ne s’est jamais accordé beaucoup de répit. Une persévérance et une productivité qui ont fini par payer ; puisqu’elle devenue une valeur sûre du prestigieux label américain, Ipecac (même si « The Way Of The Animals Powers » est paru chez Public Guilt). Faut dire aussi que Mr Patton a pris le trio romain sous son aile protectrice. Ce qui lui a permis de tourner en compagnie du leader de Faith No More, mais également des Melvins ou encore de Dalek. Des périples qui lui ont également apporté une fameuse dose d’expérience.

Le combo transalpin est surtout notoire pour son art à mêler free-jazz et métal. Sur « The Way Of The Animals Powers », la formule n’a pas changé : saxophone baryton, basse et batterie constituent la structure de l’expression sonore. Au sein de laquelle, des vocaux samplés viennent de faire leur apparition. Le band collabore régulièrement à de multiples projets. Il a ainsi participé a des sessions d’enregistrement pour M.Patton, les Melvins, The Ex, S.Mackay (The Stooges) ou encore Joe Lally (Fugazi). Pour cet elpee, il a reçu le concours du violoncelliste chicagolais Chicago Fred Lomberg-Holm.

« Tom Araya Is Our Elvis » (NDR : T. Araya, c’est le guitariste de Slayer) ouvre le disque. Le tempo est lent et lourd. Les riffs sont hypnotiques, obsessionnels même. Le spectre de Shellac est bien présent. Mais en plus jazzyfiant. Surtout à cause de l’omniprésence du saxophone. Le tracklisting est homogène. Mais 25 minutes, c’est un peu court. Et à l’issue de la première écoute de ce « The Way Of The Animals Powers », on éprouve un sentiment de trop peu. Pas de panique, quand même, puisque Zu est déjà occupé de bosser sur un futur long playing. Patience, il arrive !

mardi, 10 août 2010 02:00

Transylvania

Sombre. Oui, ténébreux même. C’est l’impression ressentie à l’issue de l’écoute du second opus de Creature With The Atom Brain. Faut dire que l’artwork, le patronyme du band ainsi que le titre de l’album ne laissent planer aucun doute sur les intentions du groupe. C.F.T.A.B. est un quatuor formé par l’ex-Millionnaire Aldo Struyf. Une formation dont la musique est autant influencée par Queens Of The Stone Age que Black Mountain. Tant la forme que le fond sont forgés dans le métal. Les riffs de guitare évoquent Kyuss. La rythmique est lente et lourde. Elle communique un climat empreint d’angoisse et de mélancolie sombre, aux compos de « Transylvania ». Le chant de Struyf est crépusculaire et souffre parfois d’une langueur… monotone… Mais les interventions de Koen Kohlbacher sur l’excellent « Darker than a dungeon » et sur « Lonely Light » ainsi que la participation du maître de la musique de l’ombre, Mr Mark Lanegan, sur « Lonely Light », apportent heureusement, davantage de nuances à l’ensemble. Chris Goss (Queen Of The Stone Age, Kyuss, Soulwax) a collaboré aux sessions d’enregistrement. Non seulement, il est derrière les manettes, mais il siège derrière les drums tout au long de « Lonely Light ». Dans le style, l’elpee est d’honnête facture. Les meilleurs fragments procèdent néanmoins des différentes contributions reçues. Une situation que le combo anversois a tout intérêt à rectifier, s’il veut devenir une valeur sûre de la scène ‘noir jaune rouge’ (NDR : enfin, tant qu’elle existe encore !) Creature With The Atom Brain se produira dans le cadre du festival FeestInHetPark, d’Audenarde, ce dimanche 15 août…

 

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