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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 
vendredi, 05 mai 2017 19:03

Preview du nouvel album de Roger Waters

Aujourd'hui, votre website musical favori était invité chez Sony Music Belgium pour une pré-écoute presse du nouvel album de Roger Waters, le fondateur et co-leader du légendaire Pink Floyd, actif en solo depuis 1985. Intitulé « Is This The Life We Really Want ? », il s'agit de son premier album studio depuis « Amused To Death », paru il y a 25 ans.
 
Produit et mixé par Nigel Godrich (Radiohead, Beck,...), il comprend 12 nouvelles compositions qui marquent un retour à un certain « classicisme floydien ». Exit les extravagances et les featurings de stars qui caractérisaient son précédent opus, et place à des chansons plus calmes et davantage dépouillées. Le premier titre dévoilé, « Smell The Roses » fait irrémédiablement penser à « Have A Cigar ».
 
L'album sort officiellement le 2 juin : rendez-vous quelques jours avant pour une chronique détaillée d'un album qui, après une première écoute rapide, a toutes les allures d'un futur classique.

Pour pré-commander l'album : voir ici

Pour écouter « Smell The Roses » : voir ici.

Tracklist :
1. When We Were Young
2. Déjà Vu
3. The Last Refugee
4. Picture That
5. Broken Bones
6. Is This the Life We Really Want?
7. Bird in a Gale
8. The Most Beautiful Girl
9. Smell the Roses
10. Wait for Her
11. Oceans Apart
12. Part of Me Died

Depuis 2004, l'asbl Les Octaves de la Musique décerne des prix aux musiciens de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se sont illustrés par leur créativité. C'est un jury d'un millier de professionnels (agents, journalistes, labels, managers,...) qui effectue la sélection dans un éventail très large de styles différents.

Auparavant, les noms des lauréats étaient révélés lors de la grande soirée des Octaves mais cette année-ci, les organisateurs ont changé le concept. Les noms sont annoncés à l'avance et la grande soirée cesse d'être une soirée de remise de prix pour prendre les allures d'un concert à part entière, au cours duquel ces lauréats sont invités à se produire sous la forme de duos inédits.

On ne peut que saluer ce changement de formule. Les remises de prix sont en effet très ennuyeuses et surtout frustrantes pour ceux qui ont perdu ! Le 29 mai prochain, le public pourra donc découvrir ce qui fait véritablement la force des Octaves : la musique dans toute sa diversité!

Mais il est temps de mettre un terme à un insoutenable suspense. Voici les nominés des Octaves 2017 ainsi que les lauréats qui ont été annoncés lors de la conférence de presse organisée à l'Hôtel de Ville de Bruxelles en présence d'Yvan Mayeur, Bourgmestre de Bruxelles, Jean-Jacques Deleeuw, Président des Octaves de la Musique et Tony de Vuyst, Directeur général de PointCulture :

Nominés en Chanson française :
Françoiz Breut "Zoo"
Dalton Télégramme "Sous la fourrure"
Facteur Cheval "Adieu l’organique"
Faon Faon "Faon Faon"
Nicolas Michaux "À la vie à la mort"
> Lauréate : Françoiz Breut "Zoo"

Pop / Rock :
Alice on the roof "Higher"
Dan San "Shelter"
Mustii "The Darkest Night”
Puggy "Colours"
Robbing Millions "Robbing Millions"
> Lauréats : Robbing Millions "Robbing Millions"

Musiques 'urbaines':
Caballero & Jeanjass "Double hélice"
Convok "Un jour plus vieux"
Damso "Batterie faible"
Romeo Elvis "Morale"
Seven "2032"
> Lauréats : Caballero & Jeanjass "Double hélice"

Musiques électroniques :
Baleine 3000 "The Nap"
Fabrice Lig (&Kink) "Charleroi DC"
Lost Frequencies "Less is more"
Orphan Swords "Weehawken"
Simon LeSaint "Bus Stop in the Rain"
> Lauréat : Fabrice Lig (&Kink) "Charleroi DC"

Jazz :
Lorenzo Di Maio "Black Rainbow"
Jean-Paul Estiévenart "Behind the Darkness"
Nathalie Loriers, Tineke Postma, Nicolas Thys "We will really meet again"
Antoine Pierre "Urbex"
Taxiwars "Fever"
> Lauréat : Lorenzo Di Maio "Black Rainbow"

Musiques du monde :
Karim Baggili "Apollo You Sixteen"
Chicos y Mendez "Siempre de pie"
Ialma "Camiño de Bruxelas a Santiago"
Kel Assouf "Tikounen"
Utz "Todo Mundo é Feio"
> Lauréat : Kel Assouf "Tikounen"

Musique classique :
> Lauréats : Philippe Pierlot & Ricercar Consort pour l’interprétation d’œuvres de Biber et d’autres compositeurs du siècle dans « Imitatio ».

Musique contemporaine :
> Lauréats : Benjamin Glorieux et Sara Picavet - Aton’&Armide pour l’interprétation d’œuvres de Jean-Luc Fafchamps, Claude Debussy et Daan Janssens « En blanc et noir ».

Octave Zinneke (BX1) : Kel Assouf
Octave PointCulture : Le Quatuor Clarias
Octave des Jeunesses Musicales : La boîte à Musique
Octave du Ministère de la Culture : le Ba Ya Trio
Octave Fun Radio : Oxoon

Quant à l'Octave d'Honneur 2017, il est attribué à David Linx. Cette figure légendaire du jazz belge a enregistré plus de 15 albums et est un invité régulier des festivals du monde entier. Lors de la soirée du 29 mai, il sera directeur artistique des 'performances' uniques réalisées par les lauréats. On est impatient de découvrir le résultat de ces métissages musicaux !

L'album de l'année va aux incontournables Puggy (« Colours ») et le concert de l'année, au phénomène du hip-hop/rap : Roméo Elvis. Enfin, c'est le pianiste Florian Noack qui complète le palmarès comme artiste de l'année.

Lors de la conférence de presse, David Linx, aphone, était absent. C'est donc Aboubacar « Anana » Harouna, le chanteur et leader de Kel Assouf, double lauréat, qui a offert aux invités un titre interprété seul à la guitare acoustique. Composé par l'artiste, le morceau appartient au style « assouf », aussi appelé « blues touareg », issu de la région du nord du Niger.

Pour rappel, le concert du 29 mai aura lieu dans la Salle de la Madeleine à Bruxelles et est gratuit. Les inscriptions se font par email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

Le site web: www.lesoctavesdelamusique.be

La vidéo des lauréats : voir ici.

Le festival Couleur Café a présenté aujourd'hui son nouveau site à la presse. Après 22 ans passés à Tour et Taxi, Couleur Café est forcé de quitter le site, en chantier, et investit dès lors le parc d'Osseghem, au pied de l'Atomium. L'espace utile est comparable (60.000 m2) mais les organisateurs profitent de ce déménagement pour réduire la capacité du festival à 20.000 visiteurs par jour et revenir à leurs fondamentaux musicaux : les musiques 'black', le hip-hop, la 'world music' et l'électro festive. Exit les escapades vers le rock ou la chanson française 'mainstream'.

« La vraie tête d'affiche du festival, c'est le parc », souligne d'emblée Patrick Walens, l'organisateur. Le 'nouveau' Couleur Café se présente davantage comme une expérience multisensorielle, un voyage multimodal mêlant animations, activités, art, sport, découvertes et... « il y aura aussi de la musique ! ». Les lignes de force sont le métissage, l'éco-responsabilité et la pluridisciplinarité. « On a préféré réduire les budgets consacrés aux grands noms pour mettre l'accent sur les artistes à découvrir et sur les activités extra-musicales », poursuit P. Walens.

A épingler dans la programmation : le spectacle 'Lamomali' de -M-, un projet que Matthieu Chedid a créé avec des musiciens maliens, présenté en exclusivité à Couleur Café. Autres grands noms : Emir Kusturica, Alpha Blondy (le 'James Brown du Reggae'), Toots & The Maytals, Coely et Orishas. Au rayon belge, on retient Roots, Romeo & Elvis et la scène « Niveau 4 », qui permettra à nouveau la découverte de nouveaux talents locaux.

Le parcours du parc comprendra le traditionnel village culinaire offrant des saveurs du monde entier, un mur de graffitis de 200 mètres de long consacré à la thématique des migrants, un « Secret Bar » des Balkans, la « plus petite boîte du monde », le temple Namaste pour un chill out zen, une activité de funambulisme (stackline et highline), etc... On l'a compris : cette 27e édition sera une invitation au voyage, avec un petit côté 'Burning Man' de la 'world music'. On ne manquera ça pour aucun prétexte...

Pour en savoir plus : www.couleurcafe.be


Magique, sublime et mystique ! Les superlatifs ne manquent pas pour décrire « Arches », le dernier opus d'An Pierlé, paru chez PiaS. La chanteuse gantoise l'a enregistré dans une église ; c'est donc tout naturellement au sein d’édifices religieux qu'elle a choisi d’accorder les concerts de sa tournée. Non seulement l'atmosphère y est propice mais surtout, elle peut se servir des grandes orgues, omniprésentes dans ses dernières compositions. A Mons, comme d’habitude, le podium a été dressé à l'arrière du bâtiment, en dessous de ces orgues.

A 20 heures précises, An Pierlé apparaît au jubé. Il fait encore jour et sa silhouette gracile se détache devant les vitraux qui scintillent de milles couleurs. Elle entame « I Feel For The Child », le titre qui ouvre « Arches ». Quelques claquements de doigts et le son des orgues ainsi que la voix nous transportent d'emblée dans une dimension mystique. L'artiste se tient devant la balustrade. Elle est habillée d'une cape noire recouverte d'étoiles scintillantes. Le break incrusté au milieu de la chanson est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, la chanson se termine comme elle a commencée, en douceur, a capella.

S'ensuit un tonnerre d'applaudissements. Le public, qui occupe complètement la nef centrale, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », un inédit de « Cluster », le mini album qui formera la seconde partie du diptyque « Arches/Cluster ». Au moment du final instrumental, elle descend pour rejoindre son groupe. On y reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les deux chanteuses, Aline Goffin (qui remplace temporairement Loesje Maieu) et Kaat Hellings, sont plantées de part et d'autre d'An Pierlé ; elles créent des harmonies vocales d'une extraordinaire délicatesse tout en se consacrant aux claviers et aux percussions. Autre pièce maîtresse du band, bien sûr, l’organiste, Karel De Wilde.

La setlist est principalement constituée de titres issus d'« Arches », notamment « Certain Days », « Vibra » et « There Is No Time », mais l’artiste flamande nous replonge un peu dans son passé pour revisiter de superbe manière « How Does It Feel ». Si les chansons invitent à la mélancolie, voire à l'introspection, les intermèdes sont, eux, carrément hilarants. Elle multiplie les blagues, comme si elle voulait détendre l'atmosphère. Et son humour fait mouche. Dans un français presque parfait, elle présente ainsi Koen Gisen comme ‘la femme à barbe’. Plus tard, elle demande si quelqu'un ne souhaite pas profiter du cadre solennel pour faire sa demande en mariage. Et que dire de ce moment où elle propose aux photographes de la rejoindre sur scène pour photographier un public qu'elle invite à poser, debout dans une extase religieuse. On se souvient qu’au cours d'un autre concert, lors d'une interruption causée par un problème technique, elle avait chanté « Petit Papa Noël », a capella. Selon ses propres mots : ‘Voilà, maintenant, vous connaissez la véritable nature de l'artiste’. Génial !

Mais le moment le plus marquant du concert est atteint lors de « Birds Love Wires », le morceau phare du nouvel elpee. La mélodie est captivante et séduit dès la première écoute. Une ambiance romantique, médiévale, enveloppe la compo, qui chaloupe... sensuellement. Quand les orgues viennent souligner la partie plus 'dark', en milieu de parcours, des frissons nous parcourent l'échine et notre gorge se serre. Nous sommes tétanisés, comme crucifiés par une telle beauté. An Pierlé frappe sur son synthé/piano et quand elle a les yeux fixés vers le haut, sa posture est quasi christique.

On épinglera également les superbes jeux de lumière qui exploitent à merveille l'architecture de l'église. Les faisceaux viennent jouer sur les voûtes et l'effet est féerique. Au fil des harmonies gothiques, on peut apercevoir l'ombre de Lisa Gerrard qui ondule dans les travées…

Les deux autres inédits, « Sovereign » et « Bedroom Dust », sont superbes et empruntent une direction un peu plus expérimentale, plus brute. Enfin, l'épique « Changing Tides », issu d'« Arches », clôture en force le spectacle. Un tambour martial emmène la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur une harmonie finale époustouflante à trois voix. Le public, qui avait jusqu'alors écouté respectueusement, voire religieusement', se lève et les applaudissements fusent de toutes parts.

Pour le premier rappel, les trois chanteuses montent sur la tribune des orgues pour attaquer « Cold Song », une reprise de Klaus Nomi qui, lui, s'était inspiré du « What Power Art Thou » de Purcell. An Pierlé redescend ensuite sur le podium et, fidèle à son caractère fantasque, improvise alors un chant religieux en s'accompagnant à l'orgue mais surprise, elle adapte les paroles comme suit : ‘Si vous avez aimé le concert, vous pouvez nous emmener avec vous, sous la forme d'un... CD !’

Elle prend enfin congé sur une reprise époustouflante de « Such A Shame », le classique de Talk Talk. Il ne faut pas oublier que ce groupe anglais est une de ses références majeures ! L’approche est ici minimaliste : juste quelques notes de piano et les voix. La grande classe.

En conclusion : An Pierlé a de nouveau réussi à séduire un public nouveau, manifestement peu féru de concerts rock. C'est ce qui est remarquable dans la démarche de cette tournée « Arches » : elle introduit un public disons 'classique' à une musique indie 'dark', presque 'gothique'. En incorporant dans sa pop une dimension mystique, notamment grâce aux orgues, l'artiste a visiblement touché une corde universelle...

Rendez-vous le 23 mai à l'Eglise de Laeken, dans le cadre des Nuits Botanique, où l'artiste dévoilera son nouveau disque, « Cluster ».

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est ici

Pour écouter l'émission spéciale WAVES consacrée à « An Pierlé », c'est

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere
Vibra
How does it feels
Birds Love Wires
The Road Is Burning
There Is No Time
Sovereign
Bedroom Dust
Dragon JM
Changing Tides

Encore:

The Cold Song
Such a Shame (Talk Talk cover)

Photo 'live' : Gregory Lécrivain

(Organisation : Mars - Mons Arts de la Scène)  

Les 22 et 23 juillet prochains, ce sera déjà la 13ème édition du AMPHI FESTIVAL, un festival emblématique de la scène 'dark'. Plus de 12 000 corbeaux noirs afflueront de partout dans le monde à Cologne, sur le site 'Tanzbrunnen'. Au programme, 42 concerts dans les styles Goth-Rock, Darkwave, EBM, FuturePop, Cyber-Electro, etc. En haut de l'affiche, VNV NATION et EISBRECHER, ainsi que les légendaires FIELDS OF THE NEPHILIM. On sera également heureux de revoir APOPTYGMA BERZERK, COMBICHRIST, HOCICO, DIARY OF DREAMS et les pionniers du rock industriel : DIE KRUPPS.
 
Mais il y aura également des nouveaux venus sur la scène. Parmi eux, KITE , les étoiles filantes de la synthpop suédoise, LEGEND, les rockeurs épiques et électroniques venus d'Islande, ESBEN & THE WITCH, les chantres britanniques du 'dark indie-rock' et BOX & THE TWINS, la formation dreampop allemande qui jouera 'à domicile'.
 
En prélude au festival, les heureux détenteurs de tickets 'premium' auront la chance de participer à "Call The Ship To Port", une croisière-concert sur un catamaran géant, le MS RheinEnergie. Le lineup : nos gloires nationales FRONT 242, accompagnés de NEUROTICFISH et de SCHEUBER.
 
Pour plus d'informations sur le festival, visitez www.amphi-festival.de ou www.facebook.com/amphifestival .
Pour commander vos tickets : www.amphi-shop.de.

C'est un véritable évènement auquel nous assistons, ce soir, au Cirque Royal : le retour de Yes, la formation légendaire de rock progressif, dans un line up inédit, puisqu’il réunit Jon Anderson, le chanteur et fondateur, Rick Wakeman, le claviériste le plus important dans l'histoire du groupe ainsi que Trevor Rabin, le guitariste du combo, de 82 à 94. Pour de sombres raisons de droits, le trio ne peut pas utiliser le nom de 'Yes' ; donc il se produit sous l’appellation ‘Anderson, Rabin & Wakeman (ARW)'. Cette 'trinité' est complétée par Lee Pomeroy, à la basse (Archive, It Bites), et Louis Molino III, à la batterie.

En lever de rideau, les musiciens interprètent « Cinema », un instrumental tiré de « 90125 », l'elpee référence paru en 1983, au sein duquel figure l'énorme hit, « Owner of A Lonely Heart ». Vers la fin du morceau, la frêle et petite silhouette de Jon Anderson apparaît. Ce qui déclenche une véritable ovation, au sein de la foule. A 72 ans, le chanteur porte le poids de son âge sur les épaules mais son visage est toujours aussi lumineux et souriant. 'One, two, three, four !', balance-t-il, avant que la formation n’attaque « Perpetual Change », un titre remontant à 1971.

Dès le départ, on constate que, non seulement le groupe est au point ; mais, plus important encore, Jon Anderson est tout simplement parfait au chant. Sa voix n'a rien perdu de sa précision et de sa clarté, même lorsqu’elle monte dans les octaves.

La setlist parcourt toutes les périodes de la carrière de Yes et l'âme de Chris Squire plane au-dessus de ses anciens partenaires. Le bassiste, également membre fondateur, est décédé en 2015. Jon Anderson dédie donc « Long Distance Runaround » et « Fish (Schindleria Praematurus) » à cette figure tutélaire du rock progressif. 'Je suis heureux d'avoir travaillé pendant toutes ces années avec Chris', avoue-t-il. 'Il était un peu fou, mais c'était un gars très rock'n’roll ! Et son morceau s'appelle « Fish » parce né sous le signe du Poisson, il aimait s’attarder pendant des heures dans son bain !' Lee Pomeroy s'acquitte d'ailleurs impeccablement du légendaire solo de basse exécuté, comme il se doit, sur une Rickenbacker.

Quant à Trevor Rabin, particulièrement radieux, il a l'air en pleine forme. Il a mis sa carrière de compositeur de musiques de films entre parenthèses afin de pouvoir participer à cette tournée. Il a avoué, via Facebook, que ce choix n’a pas été simple pour lui. Et pour cause, pas évident de se replonger dans les complexités musicales de Yes, après 20 années d’absence. Au cours du set, il va d’ailleurs commettre quelques petites imperfections. Pendant « Changes », il se perd même entre ses pédales d'effets de guitare (il a perdu les pédales, en somme), au point de devoir s'arrêter en s'excusant : 'Give me one second'. Une petite erreur vite pardonnée, au vu de la prestation de ce virtuose, de ce surdoué à la guitare…

En parlant de virtuosité, on en vient tout naturellement au Maître des claviers, Rick Wakeman, probablement le plus grand claviériste de l'histoire du Rock. Tout comme il y a 30 ans, il a revêtu sa cape de velours et se dresse derrière une forêt de claviers disposés en arc de cercle. Seul son ventre, plus arrondi, le trahit –il affiche quand même 67 ans au compteur ! Aussi à l'aise dans les classiques comme « Heart of the Sunrise » que les extraits de « 90125 », auquel il n'a pourtant pas participé, il va connaître son plus grand moment de gloire sur « Awaken », un des nombreux 'magnum opus' de Yes, un extrait du chef-d'oeuvre « Going For The One » (1977). L'intro au piano est époustouflante mais ce sont surtout les sonorités d'orgue qui vous flanquent la chair de poule. Pendant le long passage plus 'ambient', au milieu de la compo, on n'entend pas une mouche voler. Jon Anderson joue quelques notes à la harpe et prélude une lente valse médiévale, rappelant Dead Can Dance. La chanson s'envole ensuite à travers une progression hallucinante de voix et d'harmonies pour retomber doucement et venir mourir sur le tapis diaphane de la voix d'Anderson. Parfait !

Pour clôturer le concert, comme prévu, rien de tel que le plus grand hit de Yes : « Owner of A Lonely Heart ». Ici, aussi, l'interprétation est brillante ; en outre, ARW nous réserve deux surprises. D'abord, Rick Wakeman enfile son clavier portable. Lui et Rabin descendent d’abord dans la fosse, puis accèdent aux gradins, afin d’y jouer leur partition ; et ce pour le plus grand bonheur des spectateurs. Ils reviennent ensuite sur le podium, moment choisi par le band pour adresser, au cours du morceau, un clin d'oeil au « Sunshine of Your Love » de Cream. Le final est paroxystique et suivi d'une très longue acclamation.

En rappel, « Roundabout » est dispensé dans une ambiance très électrique ; de nombreux spectateurs ont d’ailleurs quitté leur siège pour s’approcher du podium. Quand les cinq musiciens saluent et quittent les planches, ils ont la banane aux lèvres et sont visiblement très heureux d'avoir partagé ce moment en compagnie de leurs fans. Pour ces derniers, comme pour votre serviteur, cette expérience, chargée d'émotions fortes, restera inoubliable. Le trio travaille, semble-t-il, sur de nouvelles compos et laisse entrevoir la publication d'un nouvel opus. Et pourquoi ne pas reformer un Yes (quasi) au complet en rejoignant Alan White et Steve Howe? Une perspective que nous appelons de nos voeux !

Setlist :

Cinema
Perpetual Change
Hold On
I've Seen All Good People
Drum Solo
Lift Me Up
And You and I
Rhythm of Love
Heart of the Sunrise
Changes
Long Distance Runaround
The Fish (Schindleria Praematurus)
Awaken
Owner of a Lonely Heart
(with Cream's 'Sunshine of Your Love')

Encore:

Roundabout

(Organisation: Gracia Live)

 

 

Animal Youth, le tout jeune groupe bruxellois emmené par le chanteur-guitariste Guy Tournay, est clairement une des sensations de ce début d'année. S'inspirant de classiques comme Joy Division, Cocteau Twins ou Jesus And The Marychain, ils définissent un genre musical imprégné de postpunk et de shoegaze.

Après un EP publié sur Bandcamp, ils ont signé avec Weyrd Son Records, le label bruxellois de Michael Thiel, pour la publication d'un album complet au format vinyle, appelé tout simplement « Animal ».

Marchant sur les traces de Whispering Sons, Animal Youth pourrait bien devenir « The Next Big Thing »  en Belgique!

Pour pré-commander l'album, c'est ici.

Pour regarder le clip de « To Burn Is The Next Big Thing », c'est ici.

Après une première partie de YEWS accordée en février dernier au Botanique, dans la Rotonde, Animal Youth a un agenda 'live' bien rempli :

  • 13/4 : Trix à Anvers avant Duane Serah

  • 4/5 : Magasin 4 à BXL avant Buildings

  • 20/5 : Vecteur à Charleroi avant Bleib Modern

  • 27/5 : Beursschouwburg à BXL avant Soviet Soviet et Charnier (Weyrd Son Records festival)

  • 30/5 : La Zone à Liège avant Soviet Soviet

  • 22/6 : Atelier 210 à BXL avant Pile


Tracklist de l'album « Animal »:
  1. Darkest Place

  2. Rainy Day

  3. Eat You Alive

  4. Feeling

  5. Love You (When You're Dead)

  6. To Burn Is The Next Big Thing

  7. Sunday

  8. In Heaven (Lady In The Radiator)

  9. You Don't Know Love


Quasi un an jour pour jour après avoir accordé son dernier passage en nos contrées, And Also The Trees était de retour pour un concert exceptionnel au Magasin 4, à Bruxelles. Emmenée par deux frères, Simon Hugh et Justin Jones, la formation anglaise a débuté sa carrière en 1979. The Cure lui avait alors filé un petit coup de pouce, en lui permettant de se produire en première partie de ses concerts, mais également en produisant ses premiers disques. Le lien entre les deux groupes est également musical, puisque les deux projets naviguent au sein des eaux glacées de la cold wave.

Au fil du temps, And Also The Trees est parvenu à se constituer une 'fan base' très fidèle et ce, dans le monde entier. Sans jamais atteindre un succès commercial important, il est devenu un 'cult band', que l'on est toujours heureux de revoir, au gré de ses nouvelles parutions.

Ce soir, dans un Magasin 4 aux trois-quarts complet, l'atmosphère est unique. Dès l'entame du set, le public, majoritairement 'du mauvais côté de la quarantaine', est bercé par la voix envoûtante de Simon Hugh Jones et les arabesques guitaristiques de Justin Jones.

Les titres extraits du dernier elpee, « Born Into The Waves », sorti l'an dernier (voir la chronique ici), sont adaptés à la perfection sur les planches. « Your Guess », « Winter Sea » et « Hawksmoor & the Savage » sonnent déjà comme des classiques du groupe.

Mais ce qui frappe surtout, par rapport aux autres concerts que nous avons pu voir de ce combo, c’est la puissance de feu libérée par le batteur, Paul Hill. On est loin de la relative 'mollesse' dont était accusé AATT il y a quelques années. La pulsation est forte et Hill entraîne ses acolytes vers des moments de frénésie très post-punk voire même 'noisy', comme, par exemple, à la fin de « Rive Droite ». Autre élément frappant : l'apport technique et musical des deux petits nouveaux arrivés en 2016 : Grant Gordon, absolument brillant à la basse et Colin Ozanne, multi-instrumentiste de talent (clarinette, saxophone, guitares, claviers). Ce sont surtout les claviers qui manquaient lors des précédentes itérations du groupe : ils donnent une tout autre dimension et ajoutent de superbes couleurs aux compos.

Quant aux deux frères Jones, le temps semble n'avoir aucune prise sur eux. Après 35 ans de carrière, Justin affiche toujours sa frimousse d'adolescent, les cheveux gominés coiffés en arrière et une impeccable tenue de couleur noire. Sa mæstria à la gratte est tout aussi exceptionnelle, alternant les délicates arpèges et ce staccato de mandoline, devenu une marque de fabrique. Enfin, le ténébreux Simon Jones ne s’est pas encore départi de son élégance naturelle. Le visage fermé, il est depuis longtemps tourmenté, torturé même, par la poésie qui hante les compositions.

Si l'on se fie aux réactions du public, ce sont les classiques qui ont bien entendu récolté le plus franc succès : « Prince Rupert », proposé en premier rappel et « Slow Pulse Boy », lors du second encore, le tout dernier titre du concert.

Visiblement heureux d'être de retour en Belgique, Simon Hugh Jones nous confiera même, dans un français presque parfait : ‘C'est toujours un plaisir d'être ici’. Et il rajoute, faisant sans doute allusion au Brexit : ‘We will always be Europeans’.

Seul bémol dans la prestation de ce soir, l'absence de titres extraits de « Green Is The Sea », l’album préféré de votre serviteur. On aurait aussi aimé entendre le sépulcral « Mermen of The Lea ». En conclusion : après une période plus jazzy et un intermède acoustique, And Also The Trees est de retour et a retrouvé sa nature originelle, celle d’une cold wave romantique et ensorcelante. Un excellent concert, intimiste mais puissant ; sombre mais illuminé par une indéfectible foi en la musique...

Setlist :

Domed
Shaletown
Dialogue
Your Guess
Hawksmoor & the Savage
The Sleepers
The Legend of Mucklow
Virus Meadow
Winter
Sea
Angel, Devil, Man and Beast
The Suffering of the Stream
Bridges
Brother Fear
The Skeins Of Love

Rappel:

Prince Rupert
Wallpaper Dying
Rive Droite

Rappel 2:

Slow Pulse Boy

Pour regarder un extrait du concert (« Virus Meadow »), c’est ici.

Pour lire l'interview de Simon Hugh Jones, réalisée par Musiczine, c’est .

(Organisation : Intersection Booking Agency)

vendredi, 24 mars 2017 12:52

Une vague puissante et glaciale

Quasi un an jour pour jour après leur dernier concert en nos contrées, And Also The Trees est de retour pour un concert exceptionnel au Magasin 4, à Bruxelles. Emmenée par deux frères, Simon Hugh et Justin Jones, la formation anglaise a débuté sa carrière en 1979. Elle bénéficia d'un petit coup de pouce de The Cure, qui leur permit de jouer en première partie de leurs concerts et qui produisit leurs premiers disques. Le lien avec la bande de Robert Smith est également musical, les deux projets naviguant dans les eaux glacées de la cold-wave.

Au fil des ans, And Also The Trees est parvenu à se constituer une 'fan base' très fidèle et ce, dans le monde entier. Sans jamais atteindre un succès commercial important, ils sont devenus un 'cult band', que l'on est toujours heureux de revoir, au gré de leurs nouvelles parutions.

Ce soir, dans un Magasin 4 aux trois-quart complet, l'atmosphère est unique. Dès l'entame du concert, le public, majoritairement 'du mauvais côté de la quarantaine', comme on dit en Angleterre, est bercé par la voix ensorcelante de Simon Hugh Jones et les arabesques guitaristiques de Justin Jones.

Les titres extraits du dernier elpee, « Born Into The Waves », sorti l'an dernier (voir la chronique ici), fonctionnent à la perfection sur les planches. « Your Guess », « Winter Sea » et « Hawksmoor & the Savage » sonnent déjà comme des classiques du groupe.

Mais ce qui frappe surtout, par rapport aux autres concerts que nous avons pu voir de cette formation, c'est la puissance de feu du batteur, Paul Hill. On est loin de la relative 'mollesse' dont était accusé AATT il y a quelques années. La pulsation est forte et Hill entraîne ses acolytes vers des moments de frénésie très post-punk voire même 'noisy', comme, par exemple, à la fin de « Rive Droite ». Autre élément frappant : l'apport technique et musical des deux petits nouveaux arrivés en 2016 : Grant Gordon, absolument brillant à la basse et Colin Ozanne, multi-instrumentiste de talent (clarinette, saxophone, guitares, claviers). Ce sont surtout les claviers qui m'avaient manqué dans les précédentes itérations du groupe : ils donnent une tout autre dimension et ajoutent de superbes couleurs.

Quant aux deux frères Jones, le temps semble n'avoir aucune prise sur eux. Après 35 ans de carrière, Justin a toujours sa frimousse d'adolescent, les cheveux gominés coiffés en arrière et une impeccable tenue noire. Il maîtrise toujours la guitare avec une maestria exceptionnelle, alternant les délicates arpèges et ce staccato de mandoline qui est sa marque de fabrique. Et Simon Hugh est toujours aussi élégant et ténébreux. Le visage fermé, il est toujours aussi tourmenté, torturé par la poésie qui anime les compositions.

Si l'on se fie aux réactions du public, ce sont les classiques qui ont bien entendu récolté le plus franc succès : « Prince Rupert », joué en premier rappel et « Slow Pulse Boy », offert en second rappel, le tout dernier titre du concert.

Visiblement heureux d'être de retour en Belgique, Simon Hugh Jones déclare même, dans un français presque parfait : « C'est toujours un plaisir d'être ici ». Et il rajoute, faisant sans doute allusion au Brexit : « We will always be Europeans».

Seul bémol dans la prestation de ce soir, l'absence de titres extraits de « Green Is The Sea », mon album préféré du groupe. Nous aurions aussi aimé entendre le sépulcral « Mermen of The Lea ». En conclusion : après une période plus jazzy et un intermède acoustique, And Also The Trees est de retour et a retrouvé sa nature originelle, une cold-wave romantique et ensorcelante. Un excellent concert, intimiste mais puissant ; sombre mais illuminé par une indéfectible foi en la musique...

Setlist :

Domed

Shaletown
Dialogue
Your Guess
Hawksmoor & the Savage
The Sleepers
The Legend of Mucklow
Virus Meadow
Winter Sea
Angel, Devil, Man and Beast
The Suffering of the Stream
Bridges
Brother Fear
The Skeins Of Love

Rappel:

Prince Rupert
Wallpaper Dying
 Rive Droite

Rappel 2:

Slow Pulse Boy
 
Pour regarder un extrait du concert (« Virus Meadow »): cliquer ici.
 
Pour lire l'interview de Simon Hugh Jones, réalisée par Musiczine: voir ici.
 
Organisation : Intersection Booking Agency

Grâce à Sony Music, nous avons des tickets gratuits pour la Launch Party du nouvel album de Depeche Mode, qui aura lieu au fuse ce jeudi 16 mars à 19h30. Pour participer, c'est ici.

Cerise sur le gâteau, Musiczine est un des tout premiers médias belge à avoir pu écouter le nouvel album avant sa sortie officielle. Lisez la chronique ici.

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