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Philippe Blackmarquis

Philippe Blackmarquis

 

 

Pour ouvrir les Nuits Botaniques 2015, les organisateurs nous proposaient une nuit très électro au cours de laquelle allaient se produire des artistes en concert et des DJ sets, au sein de trois salles du Botanique : l'Orangerie, la Rotonde et le Grand Salon. Le point commun entre les artistes programmés : ‘Une vision forte de ce que la scène électronique bouillonnante a en stock cette année, et une personnalité musicale marquante qui les fait surgir de la multitude des productions actuelles’.

Dès minuit vingt, on se presse dans la Rotonde pour (re)découvrir Elizabeth Bernholz aka Gazelle Twin. Issue de Brighton, cette Anglaise s'était distinguée dès 2011, en publiant « The Entire City », une petite merveille de dark art-pop/synth-pop. On y identifiait l'influence de Kate Bush mais aussi du légendaire John Foxx, en compagnie duquel elle collabore. En 2014, changement de cap au profit d'une musique expérimentale, industrielle, voire bruitiste : c'est « Unflesh ». Dans la Rotonde, cet avatar est proposé sous la forme d'une Gazelle Twin habillée en jogging bleu électrique et affublée d'un bas nylon qui déforme son visage. Elle est accompagnée d'un acolyte aux commandes d'un contrôleur Ableton.

Qu'il s'agisse de « Guts », « Anti-Body » ou « The Belly of The Beast », la musique est sombre, déstructurée et la voix, trafiquée par de multiples effets. On pense surtout à The Knife / Fever Ray et à Björk mais aussi parfois à Pharmakon, tant la démarche est radicale et sans concession. Un concert que l'on prend comme un coup de poing en pleine face... Perso, surtout fan de son premier opus, je suis resté sur ma faim. J'attends impatiemment sa 3ème production qui, je l'espère, synthétisera les deux Gazelle Twin.

Direction le Grand Salon pour découvrir une des curiosités des Nuits Botaniques 2015 : Walter Hus. C'est lui qui interprétait le générique de fin du film « The Sound Of Belgium », une adaptation pour Orgue Decap du cultissime « Universal Nation » du producteur electro trance Push. L'Orgue Decap est un instrument inventé par W. Hus : il se compose de flûtes d'orgue et de différents instruments (percussions, accordéon,...), le tout est piloté par des automates programmables reliés à un ordinateur et un clavier. Ce soir, l'orgue de barbarie version 2.0 se la joue techno au travers d'une programmation qui fait la part belle aux rythmes modernes. L'étrange orchestre impose une ambiance unique, hypnotique. Le compositeur gantois accuse 56 ans mais semble s'amuser comme un petit fou. On est en plein surréalisme belge et... ça fait du bien. Courrez voir Walter Hus : il est ‘résident’ au Grand Salon pendant toute la durée des Nuits.

Un passage rapide par l’Orangerie pour voir Clark, un des artistes incontournables du label Warp. Attention, on parle ici de Chris Clark, pas de Dave Clarke, un autre DJ techno anglais notoire ! Agé à peine de 35 ans, Clark a gravé son septième elpee, fin de l'année dernière. En live, c'est de la techno de qualité, très mélodique, combinée à des touches noise, classical, ambient et post-rock. Le musicien se sert de ses machines derrière une table, et la scène est illuminée par les créations de l'artiste visuel Julian House, du label Ghostbox. Les beats sont compulsifs, adossés à des murailles sonores glacées d'où émanent des myriades de textures électroniques de toute beauté. L'ambiance générale est fascinante, assez 'dark' (à nouveau) : il y a un côté apocalyptique, 'dystopien' dans cette bande-son de fin du monde.

Forcé l’opérer des choix cornéliens, on quitte Clark pour retourner dans le Grand Salon, car... C.A.R. est au programme. C.A.R., acronyme de ‘Choosing Acronym Randomly’ (assurément un des noms de groupes les plus originaux), est le nouveau projet de la Franco-britannique Chloé Raunet (ex-Battant). Lumineux et radical, son premier disque, paru fin de l'année dernière sur Kill The DJ, a tout de suite impressionné. J'avais découvert son titre « Idle Eyes », grâce à mon cher collègue Pierre Sensurround, dans le cadre de notre émission WAVES, sur Radio Vibration. Mais c'est surtout le remix de ce titre par Roman Flügel qui m'avait impressionné, au point de le passer plusieurs fois lors de mes DJ sets. Je ne serai pas déçu par le show de C.A.R. Accompagnée par Thorbjorn Kolbrunarson aux claviers, Chloé Raunet propose un mélange subtil et glacé de pop synthétique eighties et de sonorités martiales. Ou si vous préférez, réalise la fusion entre l’inspiration berlinoise, baroque mais aussi ténébreuse et la légèreté pop aérienne et furtive. Affichant un look de tomboy synthétique, elle chante d’une voix fragile et nous réserve des moments intenses et envoûtants. Je réclame « Idle Eyes » et, quelques minutes plus tard, à l'entame du morceau, l'artiste se dirige vers votre serviteur pour lui faire un 'high five'. Sympa ! Très chouette concert ! 

Retour vers la Rotonde pour assister à la prestation de Blanck Mass, la moitié de Fuck Buttons. Projet solo de Benjamin John Power, Black Mass a publié un 2ème long playing sur l'excellente écurie Sacred Bones. On y retrouve ces élans épiques propres à Fuck Buttons, mais aussi des sonorités chaleureuses émanant de la techno nineties, des drones puissants laissant un espace considérable pour des sub basses envoûtantes. Les rythmiques quasi tribales font le reste. Le tout nous renvoie évidemment à cet indie post rock électronique qui est la marque de fabrique des Buttons. Et le public du Botanique ne s'est pas trompé, transformant la Rotonde en un dancefloor sous transe.

Plus tard, dans l'Orangerie, Helena Hauff, la productrice / DJ hanséatique (Hambourg !), nous a balancé une sélection de tracks puisée dans les sonorités EBM, wave et new beat des 80’s, qu'elle a confrontée à des productions plus récentes aux accents electro, acid et techno. 

Malheureusement, vu l'heure tardive, nous n'avons pas pu voir Orphan Swords mais un vent favorable nous a signalé que sa prestation avait été en tous points remarquable. Pour rappel, ce duo belge exécute une techno abstraite et industrielle, au sein de laquelle on décèle des éléments de la scène noise électronique. On attend son prochain disque, publié sur l'excellent label français Desire Records.

Dans l'ensemble, cette nuit a été une vraie réussite. Seul bémol, les superpositions de concerts nous ont confrontés à des fameux dilemmes : il aurait peut-être fallu concentrer la programmation dans deux salles et permettre aux concerts de se succéder sans se concurrencer…

Néanmoins, très audacieuse, elle nous a permis de découvrir des artistes hors normes, passionnants et attachants. On notera avec plaisir que la dominante musicale était très noire, très 'dark', un cadre sonore idéal pour les hiboux nocturnes que nous sommes...

(Organisation : Botanique)

Chelsea Wolfe, une de nos chanteuses américaines favorites, vient de dévoiler un nouveau titre sur Youtube: “Iron Moon”. Parallèlement, elle a annoncé son prochain elpee, qui s'intitulera "Abyss". Publié par le label Sargant House le 7 août prochain, il verra la participation exceptionnelle de Mike Sullivan, le guitariste de Russian Circles, une autre formation du label californien.
 
Ce sera déjà le cinquième opus de cette étonnante 'singer-songwriter' venant de Sacramento, en Californie (elle vit maintenant à L.A.). Après deux albums drone-metal-folk et une compilation de titres acoustiques, elle nous avait livré son oeuvre maîtresse, “Pain Is Beauty”, tout simplement le meilleur disque de 2013, à mon humble avis.
 
Aujourd'hui, ce premier single laisse entrevoir un retour aux origines, de par l'athmosphère lourde, voire 'doom' qui y est dominante mais vu que l'artiste aime plus que tout brouiller les pistes, on peut s'attendre à un nouveau kaléidoscope musical.
 
Les autres musiciens présents sur "Abyss" sont, tout d'abord, Ben Chisholm, le co-compositeur, multi-instrumentiste et partenaire de longue date de Chelsea Wolfe, le batteur Dylan Fujioka et la violoniste Ezra Buchla. D.H. Philips, de True Widow, fait une apparition à la guitare 'lap steel'. L'album a été produit et enregistré par John Congleton à Dallas. Il a été mastérisé par Alan Douches. La peinture originale figurant sur la pochette est de Henrik Uldalen et le layout, de Ben Chisholm.
 
Pour écouter “Iron Moon”: https://www.youtube.com/watch?v=pvbJY2CjrUI

ORGANIC, le groupe belge créé par Raphaël Haubourdin aux voix, claviers et programmations (également dans Graceland et Kinex Kinex) et Joris Oster à la basse et aux programmations (aussi dans Silver Riot), annonce son second album: "Empty Century". Le premier opus de la formation, « Under A Carbon Constellation », avait causé la sensation en 2012 grâce à une musique innovante, combinant post-rock, électro, progressif, psyché, stoner, new-wave et postpunk.

Leur nouvelle production, qui peut être écoutée en streaming sur Bandcamp, propose des titres plus courts et plus directs. On retrouve bien entendu les fondamentaux d'Organic: les puissants staccatos de basses saturées, les batteries nerveuses (programmées avec l'aide de l'excellent batteur Olivier Justin) et surtout la voix de baritone si caractéristique d'Haubourdin.

Le style musical est à classer entre New Order, Agent Side Grinder, Editors ou Queens Of The Stone Age. ORGANIC confirme ici son énorme potentiel et est appelé à connaître un succès international. En cela, la formation sera aidée par les deux labels qui publient "Empty Century": Manic Depression Records, un label français, qui sort l'album en format vinyle et SwissDarkNights, label suisse, qui prend en charge le CD et Bandcamp.

Ecoutez le nouvel album ici. Pour pré-commander le CD: ici. Le vinyle sortira à la fin du mois de mai. Pour être informé, suivez ORGANIC sur Facebook ici

On peut aussi relire leur interview, parue dans les colonnes de ce webzine en janvier 2013: http://www.musiczine.net/fr/interviews/organic/comme-un-yeti-dans-l-eau/

Notons enfin que Raphaël Haubourdin sera l'invité de l'émission WΛVES sur Radio Vibration le 10 mai prochain à 20h.
Quelques jours avant la sortie officielle le 14 avril prochain, le nouvel album de Marie Davidson, « Un Autre Voyage », est disponible en streaming sur Soundcloud.
 
Etablie à Montréal, Marie Davidson produit une musique électronique très novatrice, sublimée par une prose déclamée ou chantée. Un peu comme la bande-son sensuelle d'un film imaginaire.
 
Cette artiste très attachante est influencée par les musiques de film des années '70, surtout celles de John Carpenter ("Assault On Precinct 13"). Au-dessus des séquences et des boîtes à rythmes, éclosent des couleurs ambient, kraut, psyche, minimal, italo-disco. Pour couronner le tout, il y a la voix de Marie, à la fois sensuelle et ingénue, qui clame ou chante des textes poétiques écrits dans la langue de Molière ou de Shakespeare. Un discours sobre, humble, violent et tellement sensible à la fois. Malgré le côté froid des synthétiseurs, on sent dans chacun des titres une pulsation humaine, presque physique.
 
Ecoutez « Un Autre Voyage » ici.
 
Marie Davidson sera en concert à Bruxelles le 22 mai dans le cadre du festival de Weyrd Son Records. Cet excellent label, dirigé par Michael Thiel, le fils du légendaire Micky Mike (Snowy Red), fête déjà ses deux années d'existence.
 
A l'affiche du festival à côté de Marie Davidson, rien que la crême de la crème d'une musique dark/cold/minimal synth en plein 'revival':
  • Pure Ground : duo de L.A. - minimal body music aux accents industriels

  • All Your Sisters : San Francisco – postpunk futuriste

  • Weird Candle : Vancouver – synthpunk.

Plus d'infos sur le festival 

Pré-commander l'album de Marie Davidson

Découvrez le clip de "Je ne t'aime pas" (Marie Davidson) ici.

Weyrd Son Records: http://weyrdsonrecords.com

Photo : Safyée (Alice Thiel)

mardi, 31 mars 2015 01:00

Deeper

« Deeper » constitue le troisième album de The Soft Moon, le projet du Californien d'origine cubaine Luis Vasquez. Créé en 2010, il a contribué à l'émergence d'un nouveau style de musique, quelque part entre post-punk, cold-wave, shoegaze, krautrock, psychedelia et electronica. Nous avons rencontré Luis Vasquez, à Bruxelles, le 18 février dernier, dans le cadre de sa tournée de promotion. Il nous avait confié, à propos de cet album : ‘Deeper reflète mon évolution comme songwriter. J'ai voulu explorer de nouveaux territoires, composer de véritables chansons, alors qu'auparavant, je privilégiais l'expérimentation des sons. Inclure plus de mélodies, de structure. Parallèlement aussi, apprendre davantage sur moi-même, de façon extrême. Ce qui explique pourquoi je l'ai intitulé « Deeper »'.

Au cours de l'interview, nous avons passé en revue les titres de l'elpee et Luis Vasquez a laissé ses commentaires. Les voici : 

« Black » :

C'est une chanson qui me rend confiance. En général, je suis anxieux. Et de ce « Black » émane un sentiment de puissance, une impression que tout est ok.

« Far » :

Parfois, je crains de devenir fou et je veux m'échapper de ma tête. « Far » m’y aide. J'ai besoin de cet éloignement, parce que ma conscience est mon ennemie.

« Wasting » :

Ici, c'est la première fois que je compose une véritable chanson, avec de vraies voix, de vraies mélodies. C'est presque de la synth-pop, dans le style de Depeche Mode ou de Tears For Fears. Elle ressemble assez à « Shout », mais c'est une ressemblance qui n'est pas volontaire.

« Wrong » :

Je voulais que ce morceau soit plus électronique, automatique. Je chante une ligne, puis une voix robotique répond ‘right’ ou ‘wrong’. C'est comme un jeu entre moi et mon inconscient. Je me suis amusé en réalisant cette chanson, surtout grâce aux expérimentations.

« Try » :

Ma chanson suicidaire. Je me souviens que j'étais très déprimé à Venise, une nuit. J'en étais arrivé au point où je voulais contacter mes amis pour sortir de ma solitude. Je l’ai donc alors écrite. Au départ, elle était très lente, très désespérée ; mais ensuite, je l'ai accélérée, pour la rendre plus positive. Elle m'a sauvé la vie !

« Desertion » :

Mon plaisir coupable. Mon 'guilty pleasure'. Je voulais une compo pop, dance-pop, destinée à un large public. Quelque chose de dansant, comme du Madonna ou du Prince.

« Without » :

On dirait une chanson d'amour mais en fait, elle parle de ma relation avec ma mère. Au cours de mon enfance, nous avons été séparés, pendant de nombreuses années. C'est drôle parce que je ne lui ai pas montré le texte ; mais si c’était le cas, je ne dirais pas que c'est à son propos !

« Feel » :

Une chanson sur la difficulté de vivre. « Why am I alive ? » C'est un thème à répétition qui me concerne.

« Deeper » :

Ici, je présente mon enfer intérieur, comment je me sens à l'intérieur de moi-même. Fondamentalement, ce titre exprime ma lutte totale pour la vie. Je suis torturé par l'écriture. J'ai l'impression que c'est un péché. Ce qui m’a rappelé l'Enfer de Dante ; vous savez, les sept niveaux de l'Enfer. Donc, j'ai adapté la structure en fonction du poème.

« Being » :

Là, je mets tout sur un plateau. Tout est dans cette chanson : la tristesse, la colère mais aussi l'optimisme. Elle clôture l'album mais sans apporter de réponse. La fin, c'est juste trois minutes de bruit. Sur le vinyle, c'est une boucle sans fin : il faut retirer l'aiguille sinon elle tourne à l'infini...

Bref, cet album est une vraie réussite. Luis Vasquez a réussi à donner forme à la quintessence de son art et à ouvrir de nouvelles portes pour les développements futurs. ‘Felicitaciones, Luis!’

The Soft Moon se produira en concert, le 17 mai prochain, à Bruxelles, dans le cadre des Nuits Botanique.

Pour découvrir l'interview complet de Luis Vasquez, c’est ici 

 

 

 

De son véritable nom Stéphanie Alexandra Mina Sokolinski, Soko est originaire de Bordeaux et est apparue un peu comme un(e) ovni dans le paysage musical. C'était en 2007, grâce à un hit involontaire et 100% viral, « I'll Kill Her ». Plus tard, elle s'est également illustrée lors de ses prestations d'actrice dans des films comme ‘Bye Bye Blondie’ de Virginie Despentes et ‘Augustine’ d'Alice Winocour. En 2012, elle a gravé « I Thought I Was An Alien », sur lequel figure le hit « We Might Be Dead by Tomorrow », qui, lui aussi, a vécu un rayonnement viral grâce à ce clip où des étrangers s'embrassaient pour la première fois.

Aujourd'hui, Soko est en tournée pour promouvoir son tout nouvel opus, « My Dreams Dictate My Reality », un pur chef-d'oeuvre de dark pop orientée postpunk, qui rappelle The Cure et Siouxsie & The Banshees, sans oublier cette petite touche empruntée à Ariel Pink (qui chante sur deux chansons). La salle de l'Orangerie est presque pleine lorsque Soko monte sur l’estrade, accompagnée d'un groupe au grand complet. Il implique Max Sokolinski et Edible Kate aux guitares, Nico Musset aux drums ainsi que Christine Owman à la basse et au violoncelle.

Pour être honnête, j'avais un peu peur du son de Soko en live. La mise en forme de Ross Robinson, ex-producteur de Cure, est tellement énorme sur le disque qu'il me semblait impossible de reproduire ces sonorités en ‘live’. Et bien, que nenni ! Ces artistes sont des perfectionnistes ! Ayant pu assister au soundcheck, j'ai constaté qu'ils sont prêts à y passer des heures. Et le résultat dépasse toutes les espérances : un son ample, précis et puissant !

Dès le premier titre, la plage titulaire de sa dernière plaque, Soko s'affirme sur scène comme une artiste pleine d'énergie et considérablement déjantée. Son visage de gamine espiègle suscite aussitôt la sympathie et son contact avec le public est immédiat et impressionnant.

Pour « I Thought I Was An Alien », elle convie une de ses fans sur le podium et lui demande d'incarner la 'dancing coach' du public. Avant « Bad Poetry », c'est une autre fan qui est invitée à déclamer un poème en... flamand. Sur son dernier single, « Who Wears The Pants ? », Soko s'adonne sans hésiter au 'stage diving'. En fait, avec Soko, il se passe toujours quelque chose ; et donc on ne s'ennuie à aucun moment !

Après des instants de folie, elle sait aussi jouer sur nos sentiments, notamment grâce au merveilleux titre « Forgive The Ones You Hate », qui donne la chair de poule en ‘live’. Autres grands moments : « Peter Pan Syndrome », une ode au refus de vieillir et « First Love Never Dies », à la fin duquel la formation quitte l’estrade.

En rappel, Soko nous gratifie d'un titre atypique qu'elle interprète seule en s'accompagnant à la batterie : « Nervous Breakdown » : fun ! Le set se termine ensuite tout en douceur. Pendant « Keaton’s Song », on entend les mouches voler, tant l'émotion est palpable, surtout grâce aux sons étranges dispensés par le violoncelle. Et sur « We Might Be Dead By Tomorrow », la voix ingénue et craquante de Soko parvient à nous achever...

Au final, on déduit qu'on a peut-être vu éclore une super star de demain ? Soko a tout pour réussir : talent, simplicité, énergie, personnalité et surtout authenticité. Et c'est très réconfortant pour nous, qui sommes de la génération de Robert Smith, de voir une jeune pousse comme elle, remettre le postpunk et la cold-wave au goût du jour. Soko is so-cold-wave mais pourtant si chaleureuse !

En première partie, votre serviteur a eu l'honneur de s'acquitter d'un DJ set en 'warm-up'. La setlist, qui avait été approuvée par Soko en personne, proposait une sélection de classiques anciens et plus récents de post punk et de new-wave.

Organisation : Botanique

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

C'est par cette affirmation très positive que Paul Dujardin, CEO et directeur artistique, a clôturé la conférence de presse organisée par Bozar à l'occasion du lancement de la saison 2105-2016.

Malgré des coupes bugétaires importantes de plus d'1,5 millions d'EUR, soit 9,3%, Paul Dujardin estime que les activités musicales de l'institution qu'il dirige se portent très bien. L'année passée, Bozar a accueilli quelque 405 concerts, vendu 180.000 tickets et si on ajoute les événements organisés via les locations, le nombre de visiteurs total culmine à 225.000. Dujardin concède que son public connaît un certain vieillissement, mais grâce à de nouvelles initiatives et à l'élargissement progressif du spectre musical en direction de la « world music » ou « musique savante » et de l'électronique, les jeunes sont de plus en plus nombreux à fouler le sol du Palais de la rue Ravenstein.

Quant à la nouvelle saison, elle est placée sous le thème de la ville. « Urban Vibes » emmènera les visiteurs à New-York avec Dvörak, Rachmaninov ou Bartok, à Londres avec Haydn, à Paris avec Gershwin, à Hambourg avec Telemann et bien entendu, à Bruxelles. Epinglons Daniel Barenboim qui, soixante ans jour pour jour après ses débuts à Bruxelles, donnera un récital le 6 décembre. Une semaine plus tard, l'ensemble Musique Nouvelles invitera le public à partager sur la scène une expérience méditative inspirée par la musique d'Arvo Pärt et de Silvestrov.

Au chapitre World / Jazz / Electro, on notera la venue de Cassandra Wilson pour un hommage à Billie Holiday. Enfin, comme chaque année, le Bozar Electronic Arts Festival (BEAF), se tiendra en octobre dans une formule pluri-disciplinaire qui s'impose toujours davantage au niveau européen.

Il se murmure également dans les couloirs que Bozar essaierait depuis quelque temps déjà de faire venir Kraftwerk à Bruxelles. On le sait : la formation légendaire de musique électronique donne pour l'instant des concerts exceptionnels dans plusieurs pays européens mais la Belgique est cruellement absente du tableau. On ne peut qu'encourager cette excellente initiative en espérant qu'elle soit couronnée de succès !

Les informations complètes sur la nouvelle saison et sur les abonnements se retrouvent ici .

mercredi, 11 mars 2015 16:54

L’esprit de contradiction…

Le troisième album de The Soft Moon, ‘Deeper’, paraîtra le 30 mars prochain. Créé en 2009 par le Californien d'origine cubaine Luis Vasquez, ce projet américain est devenu le fer de lance d'une nouvelle génération de groupes alternatifs. Consécration suprême : il accède même aux programmations d'un niveau supérieur, comme en témoigne le concert prévu le 17 mai prochain à Bruxelles, qu’il accordera dans le cadre des Nuits Botanique. Nous avons rencontré Luis Vasquez, à Bruxelles, le 18 février dernier, dans le cadre de sa tournée de promotion.

A l’instar du premier opus éponyme de The Soft Moon, ‘Deeper’ a été concocté par Luis Vasquez dans un isolement presque total ; ce qui a conféré à l'oeuvre une dimension très introspective. Il confirme : « L'album reflète essentiellement mon évolution comme compositeur. Je voulais explorer plus profondément mon fors intérieur, ce qui explique le titre ‘Deeper’, et expérimenter à travers des compositions davantage structurées, des mélodies vocales plus élaborées, alors qu'auparavant, ma musique reposait surtout sur des sons et des expérimentations. »

Pour y parvenir, il a choisi de s'isoler en Italie. « Je voulais me rendre en territoire inconnu. Me mettre en danger, afin de me surpasser et dépendre de mon art pour survivre. Je me suis donc installé pendant plusieurs mois à Venise, à 10 minutes de l'île, en pleine campagne. Je voulais être aussi pur et honnête que possible dans mon expression, sans influences extérieures... » Comme dans la plupart des compos de The Soft Moon, les thèmes récurrents tournent autour du mal de vivre. Dans ‘Feel’, notamment, Vasquez s'exclame : ‘Why Am I Alive, Why Are We Alive’. Dans ‘Being’, il murmure : ‘I Can't See My Face, I Don't Know Who I Am’. Il confesse : « Oui, il y a juste quelques thèmes que je régurgite chaque fois. »

A propos des influences.

Dans certaines plages de ‘Deeper’, on découvre une similitude avec Nine Inch Nails, tant dans les inflexions de voix que les arrangements et les sujets abordés. « Ce n'est pas voulu », précise-t-il. « D'ailleurs, je ne connais pas bien NIN. Je possède seulement deux albums, ‘Downward Spiral’ et ‘The Fragile’. Mais je crois qu'on doit être deux âmes sœurs, Trent Reznor et moi. On a ce sentiment de colère, le côté ‘Fuck You’. Nous chantons tous les deux sur le fil du rasoir, en puisant dans nos vulnérabilités. En fait, lui aussi considère que son pire ennemi, c'est lui-même. Il faut se battre contre la dépression, pour survivre et être heureux. »

Mais connaît-il des groupes belges ? La réponse fuse : « Bien sûr ! Front 242, The Klinik... Snowy Red est aussi belge, je crois ? » Of course, voyons ! « J'ai acheté un de ses disques récemment parce qu'il y avait une réédition. Il y a aussi Neon Judgement : j'ai un ami, chez Dark Entries, qui a réédité leurs premiers morceaux » (NDR : l'album 'Early Tapes', paru en 2010).

Concernant les influences extérieures, on ne peut ignorer John Foxx, le légendaire pionnier de la new wave, en compagnie duquel Vasquez a enregistré un titre, ‘Evidence’. « On s'est rencontré à Londres », raconte-t-il. « C'est un très chouette gars ». Après avoir interviewé Foxx, je ne peux que confirmer. En outre, c'est un génie mais il est très modeste, un vrai gentleman. « Oui, on a envie de l'appeler 'Sir' », conclut le musicien en souriant.

La rencontre la plus importante qui soit arrivée à Vasquez, au cours des dernières années, c'est sans nul doute celle de Depeche Mode. The Soft Moon a en effet eu la chance inouïe d’assurer la première partie de la formation anglaise pendant une partie de la tournée ‘Delta Machine’. « Une expérience révélatrice, émotionnelle et très amusante! », raconte-t-il. « Pour moi, passer de la petite chambre de mon appart’, en 2009, à des salles de 20 000 personnes chaque soir, c'était juste fou. Je reste très reconnaissant et humble par rapport à cette opportunité unique. Chaque soir, je devais me pincer pour y croire. Ce qui a soulevé encore plus de questions existentielles au fond de moi-même ! »

La complicité entre Luis et Martin Gore semble s’être parfaitement déroulée. « Martin a beaucoup d'humour ! Une nuit où nous avions pas mal bu, je lui ai confié que je pleurais très facilement en regardant des films tristes. A partir de ce moment-là, chaque fois que je relatais un événement qui m'était arrivé, il répliquait en riant : ‘Oh et tu as pleuré alors ?’, ce qui déclenchait l'hilarité générale. »

Les origines

Les expériences musicales originelles vécues par notre interlocuteur remontent à son enfance et appartiennent à l'univers du heavy metal et du punk. « La première cassette que je ai achetée était ‘Seventh Son of a Seventh Son’ d'Iron Maiden (1988). Puis celles de Slayer et de groupes comme Bad Religion. » Ce n'est que plus tard qu'il découvrira la musique new wave, grâce à The Cure.

En 2010, quand il publie son premier opus, il contribue à l'émergence d'un nouveau style musical, quelque part entre postpunk, shoegaze, darkwave, électro et psychédélisme. Les exégètes de la musique alternative, dont votre serviteur, se demandent si c'est The Soft Moon (en Californie) ou plutôt The KVB (en Angleterre) qui a lancé ce mouvement. Pour Luis Vasquez, « C'est un produit de l'inconscient collectif. Des événements peuvent se produire en même temps à des milliers de kilomètres. Evidemment, mon ego se plait à récupérer la paternité du mouvement ; mais je crois tout simplement que c'est un synchronisme. Je me souviens qu'à cette époque, une vague 'dark' a envahi la scène musicale et cette vague est toujours active aujourd'hui. »

Berlin

Après son aventure italienne, il s'est installé à Berlin. Un très gros changement d'atmosphère par rapport à San Francisco ! Il argumente « Berlin m’inspire. Quand j’y suis, ma créativité est optimale. Cette ville libère un sentiment de tristesse et en même temps, les gens essaient de vivre et de s'amuser. » On se souvient que, quand il était à San Francisco, il ressentait le besoin de s'opposer à son environnement en composant de la musique triste et obscure. « En fait, je suis ce qu'on appelle en anglais un 'antiloquist' (celui qui a l’esprit de contradiction). Je veux toujours faire ou dire le contraire de ce que quelqu'un d'autre fait ou dit. Si j'allais vivre sur la plage, je serais habillé comme un gothique, par exemple. » (Rires)

En toute logique, maintenant qu'il s’est établi à Berlin, doit-on s'attendre à ce qu'il joue à l'avenir de la musique 'surf' genre The Beach Boys ? « Ha Ha Ha ! Very funny ! », conclut Luis en dégustant sa bière belge...

La suite de la conversation avec ce musicien attachant se poursuivra ‘off the record’. J'apprendrai, entre autres, qu'il travaille sur un nouveau projet en compagnie de John Foxx et qu'il va en monter un autre en solo, plus 'noise', parallèlement à The Soft Moon. A suivre !!

The Soft Moon se produira au Botanique le 17 mai dans le cadre des Nuits Botaniques. Pour plus d’infos voir ici 

Merci à Geert (Konkurrent) pour cette interview.

 

samedi, 20 décembre 2014 00:00

Concours-Circuit 2014 : samedi 20 décembre

La finale du Concours-Circuit se déroulait ce samedi 20 décembre au Botanique de Bruxelles, occupant alternativement l’Orangerie et la Rotonde. Cette fois encore, le concours a permis à des groupes débutants de présenter leur musique à un public composé de professionnels, de journalistes et de curieux. Vu l’indisponibilité de notre rédacteur en chef, c'est votre serviteur qui a eu l'honneur de représenter Musiczine au sein du jury. Court-Circuit, l'ASBL organisatrice, a maintenant laissé tomber l'appellation 'Pop Rock' pour s'ouvrir encore davantage aux différents styles de musique. Les cinq finalistes, Alaska Gold Rush, Forest Bath, Mambo, MAW//SIT//SI et Thyself, reflètent bien cette diversité et espèrent tous pouvoir succéder aux lauréats précédents : Kiss & Drive en 2010 et Billions of Comrades en 2012. Il y a beaucoup de monde et il faut parfois se bousculer pour pouvoir accéder à Rotonde, où débutent les hostilités, à 20h tapantes.

En lever de rideau, Forest Bath, un projet de l’illustratrice bruxelloise Joanna Lorho. Elle se consacre au chant et au piano et est accompagnée d'un violoncelliste ainsi que d'un batteur/guitariste/trompettiste. La musique évolue dans un univers très intimiste et aussi mélancolique. La voix fait penser à Agnès Obel, Lisa Gerrard, Joanna Newsom ou Jana Hunter. Les arrangements sont discrets mais fouillés et les compositions, parfaitement en place. Seuls petits bémols, la prononciation anglaise est parfois un peu hésitante ; en outre, après 4 à 5 morceaux le set se révèle quelque peu monotone. Mais dans l'ensemble, on a été ému par la sensibilité à fleur de peau de Joanna Lorho. Un projet à suivre !

Le programme se poursuit au sein de l'Orangerie dans un tout autre style, très cross-over, de MAW//SITT//SII. Le patronyme de ce groupe issu de Braine l'Alleud est plutôt bizarre, mais en surfant sur Google, on découvre qu'il se réfère probablement à Maw-Sit-Sit, une pierre précieuse que l'on trouve en Birmanie. Articulée autour du chanteur Christophe Willems (qui milite chez From Kissing), MAW//SITT//SII (auparavant Lady Crazy Madrid), propose un mélange de rock alternatif, de post-rock et de psyché. On pense surtout à M83, surtout en raison des voix haut perchées et des passages atmosphériques. Il y a aussi un côté clairement tribal dans les cris scandés de Willems, mais surtout dans les percussions qu’on pourrait également qualifier d’hypnotiques. Seul problème, luxuriante, l’expression sonore est desservie par un son criard. On reste donc sur sa faim même si le projet recèle un véritable potentiel.

Retour dans la Rotonde pour une leçon de mathématiques. On y découvre Mambo, une formation liégeoise de 'math-rock'. Pour ceux qui l’ignorent, le math-rock est caractérisé par des signatures rythmiques atypiques, telles que 7/8, 11/8, 13/8 etc. C'est cette complexité ‘mathématique’ qui donne son nom au genre. Les influences sont puisées dans le metal, le rock progressif, l'indie et même le punk. Fan fan de 'prog', je ne peux que me réjouir de voir des jeunes pousses embrasser les complexités infinies de la musique avec une telle virtuosité. Les deux guitaristes, Julien Conti et Matthieu Charray, sont véritablement époustouflants et l'ensemble est très cohérent. On pense à Yes, Captain Beefheart, Redneck Manifesto, Honey for Petzi mais aussi à Rage Against The Machine pour les moments plus 'metal'. C'est 100% instrumental, frénétique, nerveux, inventif et toujours surprenant. Ils recueillent un joli succès auprès d'un public assez médusé. Incontestablement la prestation la plus originale de la soirée !

On croit avoir trouvé les lauréats de la finale mais c'est sans compter sur la prestation de Thyself, qui est venu semer le doute dans nos esprits. Réunissant quatre jeunes ingénieurs du son, ce combo namurois a présenté le set le plus 'professionnel' de la soirée. Leur indie-rock teinté de touches trip-hop/prog évoque Radiohead, Coldplay, Muse voire Archive. Les mélodies vocales de Florestan Thiry sont très belles, et les orchestrations, très subtiles. Bizarrement, ce qui devrait être un atout est ici plutôt ressenti comme un désavantage. C'est peut-être trop 'mainstream' pour un concours comme celui-ci ? En tout cas, une prestation en tous points impressionnante ; incontestablement notre coup de coeur de la soirée.

Clôturant le concours, Alaska Gold Rush a bénéficié de l'effet du dernier en lice, susceptible de mettre tout le monde d'accord. Dans une Rotonde bourrée à craquer, Renaud Ledru et Alexandre De Bueger ont démontré que la sincérité et la fraîcheur sont des facteurs décisifs. Ici, pas d'esbroufe, juste un chanteur/guitariste et un batteur pour dispenser un folk-rock indie on ne peut plus efficace. Leur musique américaine sent la poussière, le blues, le rock'n'roll de Jerry Lee Lewis, le folk de Ramblin’ Jack Elliott et le songwriting est même hanté par Bruce Springsteen. On pense ainsi à War On Drugs, Fleet Foxes, Sun Kil Moon, mais en plus musclé. Evidemment, le côté 'Americana' peut faire sourire, voire même agacer, mais la simplicité du propos et l'authenticité des musiciens ont quelque chose de désarmant. Le public présent leur réserve un triomphe et on sent bien qu'il sera difficile de ne pas couronner cette dernière vague déferlante...

Nous rejoignons ensuite le jury dans la salle du Witloof Bar pour une délibération qui se révélera être très rapide, tant les avis convergent vers Alaska Gold Rush. La formation bruxelloise remporte donc le premier prix, qui comprend une aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’une valeur de 2000€, une session live offerte par Sabam For Culture, un accompagnement médiatique et un enregistrement studio de 2 jours accordé par Noise Factory. Le second prix est décerné à Mambo. Les Prix ‘Coup de Cœur’ ont également été attribués par les différents partenaires. Ils comprennent notamment la participation à différents festivals (Les Ardentes, Dour, Les Aralunaires, ...), mais aussi une programmation dans différentes salles et notamment, celles appartenant au Club Plasma (Belvédère/Namur, Rockerill/Charleroi, Alhambra/Mons).

(Voir aussi notre section photos ici)

Le palmarès complet:

    Premier prix : ALASKA GOLD RUSH

    Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles (2000€)

    Prix Sabam For Culture : une session live réalisée par «Bruxelles Ma Belle»

    Un accompagnement médiatique offert par This Side Up

    Le studio Noise Factory offre un prix studio composé de :

        2 jours d’enregistrement

        la mise à disposition d’un ingénieur son

        la possibilité de loger sur place

Deuxième prix : MAMBO

    Prix de la Fédération Wallonie-Bruxelles (1000€)

Prix Coup de Coeur

    Prix Club Plasma : ALASKA GOLD RUSH

    (750€ offert à un groupe choisi par les programmateurs représentant le réseau)

    Prix Pure FM : EPK (une interview+ session « live ») : ALASKA GOLD RUSH

    Prix Ça Balance : MAMBO

    (1 jour d’enregistrement / 1 jour de mixage / la mise à disposition d’un ingénieur son)

    Prix Roland :  ALASKA GOLD RUSH

    (Un bon d’une valeur de 400€ pour n’importe quel article de la marque Roland)

    Prix Musictown :  ALASKA GOLD RUSH

    (Mise à disposition d’un studio de répétition - durée 30h)

    Prix VNYL+Biplan :  ALASKA GOLD RUSH

    (Une tournée de 4 dates dans le Nord-Pas-de-Calais pour un groupe choisi par VNYL et Le Biplan)

Prix salles de concerts et festivals (programmation en 2015)

    Dour Festival :  ALASKA GOLD RUSH

    Les Ardentes :  ALASKA GOLD RUSH

    Les Aralunaires : THYSELF

    Lasemo Festival : MAMBO

    Bucolique Festival : ALASKA GOLD RUSH

    Alhambra/Mons: MAMBO et ALASKA GOLD RUSH

    Belvédère/Namur : THYSELF

    Rockerill/Charleroi : MAMBO

    Eden/Charleroi : ALASKA GOLD RUSH

    Bruxelles Les Bains: MAMBO et ALASKA GOLD RUSH

Prix T-Heater

    T-Heater a offert aux 5 finalistes une résidence d’un week-end à La Marlagne durant le mois de novembre.

    T-Heater offre également la présence d’un des groupes à l’affiche du Trix Anvers: MAW//SITT//SII

Compilation

Tous les finalistes sont présents sur une compilation pressée en collaboration avec Wolfpack United et masterisée par Angstrom Mastering.

Pour écoutez la compilation, c’est par ici 

Retrouvez Court-Circuit :

https://www.facebook.com/courtcircuitasbl?fref=ts

https://twitter.com/Court_Circuit

et sur le site www.court-circuit.be

 

vendredi, 14 novembre 2014 00:00

Une Dark-Pop aux accents expérimentaux

C'était il y a tout juste trois ans. Zola Jesus, de son vrai nom Nika Roza Danilova, était parvenue à hypnotiser le public de la Rotonde du Botanique, grâce à une musique très sombre, gothique, ensorcelante. Aujourd'hui, l'Américaine d'origine russe revient pour présenter son nouvel opus : « Taiga ». Je dois avouer que l'écoute cette nouvelle production m'avait laissé perplexe. Elle marque un virage en direction du monde 'pop', voire 'mainstream'. Ayant déclaré à Billboard Magazine qu'elle souhaite tout simplement ‘devenir n° 1’, Zola Jesus a quitté le label alternatif Sacred Bones pour la grande maison Mute. C'est donc avec une certaine appréhension que nous rejoignons l'Orangerie.

Le concert n'est pas sold-out et la salle n’est remplie qu’aux trois-quarts. Sur l’estrade, on découvre une installation blanche qui ressemble un peu à une grande cocotte en papier.

La première partie est assurée par Black Asteroid, le projet solo de Bryan Black, la moitié de MOTOR. Sa musique évolue dans une forme de dark techno aux accents EBM. Seul aux commandes de son laptop, Black livre ses dernières créations, dont « The Engine », « Black Acid », « Grind » et « The Metal », mais sans susciter de véritable intérêt.(Voir photos ici)

Après la pause, Zola Jesus prend possession de la scène au son de « Taiga ». L'intro est très 'ambient' et on découvre le nouveau look de l'artiste : la chevelure est de couleur châtain et sa robe, ample et sombre. Elle porte de larges bracelets d'argent aux bras et son attitude est grave et solennelle. Derrière elle, un nouveau groupe l'accompagne. Il est constitué d'un batteur/percussionniste, d'un tromboniste et d'un claviériste.

La setlist réunit presque exclusivement des titres issus de « Taiga ». En live, ils gagnent en puissance et expressivité. « Dangerous Days », single qui m'avait vraiment déçu, prend ici une tout autre dimension. Les arrangements électro et les arpèges aux synthé évoquent Austra, tandis que le refrain lorgne du côté de Lykke Li. On l'a compris : Zola Jesus évolue maintenant dans la catégorie de la dark-pop, quelque part entre Lykke Li, Florence And The Machine et Lorde. Mais la Russo-américaine apporte une touche expérimentale toute personnelle. Le côté tribal est également important dans les rythmiques et la chanteuse n'hésite pas à se lancer, par moments, dans une danse primitive.

Le trombone et les cuivres procurent une touche majestueuse voire martiale à l’ensemble, dans l’esprit de Woodkid. Et quel bonheur de retrouver sur « Ego », l’aspect très expérimental du premier LP, « Conatus ». Les seuls 'anciens' titres repris en live sont « Clay Bodies » et « Sea Talk ». Mon morceau préféré de « Taiga », « Lawless » est interprété à la perfection et on est impressionnés par la maîtrise vocale de Zola Jesus qui, rappelons-le, a suivi une formation de chant lyrique.

Au fil du set, on a l’impression que le concert manque de chaleur humaine en ‘live’ ; lorsque soudain, Zola Jesus remercie le public et ajoute en souriant: ‘I love Belgium. I love all the cities I've visited here’. Pendant « Hollow », elle quitte les planches, et réapparaît dans le fond de la salle. Elle traverse la foule en chantant dans son micro sans fil et reçoit l’aide de fans pour remonter sur le podium. Le concert s’achève ensuite par « It's Not Over », un des titres les plus 'catchy' de « Taiga ».

En rappel, Zola Jesus reprend « Night », son titre le plus connu, mais dans une version retravaillée, dominée par les cuivres et les percussions synthétiques. Superbe ! Enfin tribal, « Vessel » constitue un point d'orgue du spectacle.

Même si le côté monotonique de sa voix peut s’avérer lassant, la prestation de Zola Jesus a séduit dans l’ensemble. La nouvelle direction musicale est plus 'pop' mais la chanteuse n'a pas abandonné ce qui forge son originalité : les ambiances sombres, le chant et les arrangements expérimentaux.(Voir photos )

Setlist :

01. Taiga
02. Dangerous Days
03. Dust
04. Hunger
05. Go (Blank Sea)
06. Ego
07. Clay Bodies
08.
Sea Talk
09. Lawless
10. Nail
11. Long Way Down
12. Hollow
13. It's Not Over

Encore :

14. Night
15. Vessel

(Organisation : Botanique)

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